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  • il y a 4 semaines
Édouard Philippe, candidat Horizons à la présidentielle et ancien Premier ministre, est l'invité de BFMTV ce samedi 22 août

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00:00Bonsoir Eddard Philippe. Bonsoir. Merci de nous accorder ce temps sur BFMTV en clôture de vos deux jours de déplacement
00:06à Mayotte.
00:07Une première pour vous en cette rentrée. Vous avez fait des propositions fortes sur l'immigration.
00:13Vous promettez de fermer totalement, c'est votre terme, totalement les vannes de l'immigration à Mayotte.
00:19On croirait tout simplement entendre Marine Le Pen. Je ne crois pas.
00:24Alors, ce qui est vrai, c'est que la situation migratoire à Mayotte est caractérisée par une crise qui est
00:29unique en France.
00:31Une crise d'une acuité, d'une intensité absolument considérable. Une crise exceptionnelle.
00:36Face à une crise exceptionnelle, il me paraît non seulement légitime, mais nécessaire de prendre des mesures exceptionnelles.
00:43Moi, je ne propose pas de supprimer le droit d'asile en France, mais je considère que lors du prochain
00:48quinquennat,
00:48il faudra suspendre la possibilité de formuler une demande de droit d'asile sur le territoire maorais à Mayotte.
00:54Je ne suis pas contre l'idée qu'il puisse y avoir des demandes de titres de séjour délivrés pour
01:00accueillir des étudiants en France,
01:02pour accueillir des gens dont nous avons besoin dans notre activité professionnelle,
01:05mais je considère qu'il faut, à Mayotte, arrêter toute forme d'immigration légale et illégale,
01:12arrêter la délivrance de titres de séjour au titre du regroupement familial,
01:15et muscler notre jeu, à la fois par une présence à la mer avec des moyens maritimes,
01:20gendarmerie, garde-côte, marine nationale, beaucoup plus forts.
01:24Et je proposerai, dans le cadre du réexamen et de l'actualisation de la loi de programmation militaire,
01:30de muscler notre présence à la mer, parce que je le crois indispensable,
01:33et puis aussi de muscler notre discussion avec les Comores.
01:36Les Comores sont un État souverain que nous respectons, avec lequel nous entretenons des relations,
01:40mais les Comores contestent la souveraineté de la France sur Mayotte,
01:46et Mayotte, c'est la France.
01:47Et nous devons donc entrer dans une discussion qui sera polie, ferme,
01:52pour faire respecter les intérêts de nos concitoyens.
01:55Mais suspension du droit du sol, du droit d'asile, même du regroupement familial,
01:58c'est aussi ce que propose Marine Le Pen pour Mayotte.
02:01Vous assumez de dire une pareille-tête sur Mayotte ?
02:03J'assume de dire ce que je pense et ce que je crois nécessaire sur un territoire marqué par une
02:10crise migratoire
02:11dont, je le crains, toutes celles et ceux qui la commentent depuis Paris ne prennent pas complètement la mesure.
02:17Et de ce point de vue-là, venir sur ce territoire, se rendre compte du caractère continu, régulier,
02:24de l'impact sur le fonctionnement des services publics d'une immigration non-mécrisée.
02:28Lorsque les écoles sont contraintes de mettre en place un système de rotation
02:34qui fait que vous avez des élèves, des professeurs, un chef d'établissement qui travaille le matin dans l'école
02:39et puis la même école sert l'après-midi à d'autres élèves parce qu'on ne peut pas organiser
02:43les cours sur la journée.
02:44Parce que tout simplement, l'ensemble des services publics est saturé par l'augmentation continue d'une immigration irrégulière.
02:53Vous êtes obligés de prendre des mesures.
02:55Et peut-être que Mme Le Pen pense la même chose.
02:58Peut-être que d'autres pensent la même chose.
02:59Je crois qu'ici, à Mayotte, la situation exceptionnelle appelle une réponse exceptionnelle et exceptionnellement ferme.
03:06Vous avez dit qu'il faut venir à Mayotte.
03:07Vous avez appelé Jean-Luc Mélenchon à venir ici.
03:09Non, je n'ai pas forcément envie qu'il me rejoigne.
03:12Je n'ai pas forcément envie de faire mes déplacements avec Jean-Luc Mélenchon.
03:14Mais comme je crois qu'il a réagi à mes propos en disant que je ne comprenais pas la situation
03:18localement,
03:19je l'invite à venir ici.
03:22Il s'est rendu ici dès 2005, avant vous, c'est ce qu'il dit.
03:25Très bien. Je ne suis pas sûr que la crise migratoire en 2005 avait l'amplitude, l'acuité qu'elle
03:31a aujourd'hui.
03:31Et par ailleurs, par ailleurs, M. Mélenchon n'est pas d'accord avec moi.
03:34Ça ne me pose aucun problème. Je suis rarement d'accord avec lui.
03:38Je ne crois pas, comme M. Mélenchon, qu'on puisse brûler les dettes de la France
03:41et n'en faire qu'à sa tête s'agissant du sérieux budgétaire.
03:46Je ne crois pas, comme M. Mélenchon, qu'il faille tout conflictualiser,
03:49qu'il faille créer des crispations dans la société.
03:51Je dis simplement qu'à Mayotte, une situation exceptionnelle appelle une réponse exceptionnelle.
03:55Lui, juge aux propos, je le cite, aberrant, pathétique, provocateur.
04:00Et vous accuse même de démagogie.
04:01Mais M. Mélenchon accuse quelqu'un de démagogie.
04:06Waouh !
04:07Bon, vous voyez, je veux dire, il n'est pas d'accord avec moi.
04:09Je ne suis pas d'accord avec lui.
04:10Moi, je vais continuer à faire la campagne telle que je le fais,
04:13c'est-à-dire en disant ce que je pense.
04:15Peut-être que M. Mélenchon ne sera pas d'accord avec moi.
04:17Peut-être qu'à la fin, il ne votera pas pour moi au premier tour.
04:21Peut-être.
04:22L'inverse est vrai.
04:23Je ne voterai pas pour lui au premier tour.
04:25Et je ne suis pas d'accord avec lui.
04:26Mais c'est la démocratie.
04:27Le débat public avec des gens qui proposent des choses
04:29et qui acceptent d'être en désaccord, c'est la démocratie.
04:32Qu'il propose ce qu'il croit bon pour la France, il le fera.
04:35Je ferai de même.
04:36Et les Français choisiront.
04:38Il dit que vous manquez d'humanité,
04:39que vous allez renvoyer ces demandeurs d'asile à la mer.
04:42– Bien sûr.
04:43Et lui peut, à des occasions récurrentes
04:48et avec toute l'onction de ceux qui pensent être dans le camp du bien,
04:52manier des concepts qui sont souvent marqués par un antisémitisme très fort.
04:56Franchement, le débat public mérite un débat proposition contre proposition.
05:00Il fait les siennes, je fais les miennes.
05:02Et j'aimerais entendre ces propositions sur Mayotte.
05:06Pas les grands principes, les propositions sur Mayotte.
05:09Parce que dans les grands principes qu'il faut prendre en compte,
05:11il y a aussi le principe de réalité.
05:13Et la réalité à Mayotte, elle est percutée par une immigration massive,
05:18incontrôlée, qui pose des problèmes considérables à nos concitoyens français
05:21et qu'il faut régler.
05:22Qu'il nous dise ce qu'il veut faire concrètement à Mayotte
05:25pour régler le problème de l'immigration.
05:26– Dans les prochains jours, il y a quelqu'un qui va vraiment venir à Mayotte,
05:29c'est le Premier ministre Sébastien Lecornu.
05:30C'est une mauvaise manière qui vous fait de venir juste après vous ?
05:33– Non, pas du tout. Pardon, mais je ne crois pas.
05:35D'abord, je connais Sébastien Lecornu, il a le sens de l'État,
05:38et il ne s'amuserait pas à ce genre de choses.
05:41Et je ne crois pas du tout à la polémique que j'ai vue prospérer sur le thème
05:43« Ah, s'il vient après Edouard Philippe, c'est pour gêner Edouard Philippe ».
05:45Je pense qu'il vient à Mayotte parce que Mayotte exige des mesures de l'État
05:49qui sont importantes, parce que des engagements forts ont été pris par l'État.
05:52Je crois qu'il vient voir de lui-même si ses engagements ont été tenus.
05:55Et franchement, lui faire ce procès me paraît absurde.
05:58Donc je ne crois pas du tout.
05:59– Vous avez appelé pour lui dire ce que vous avez vu ?
06:01– Bien sûr, mais vous savez, quand je fais des déplacements, que ce soit en France,
06:05dans un département d'outre-mer comme Mayotte, et parfois à l'étranger,
06:09j'appelle par courtoisie et par sens républicain le ministre compétent,
06:13en l'occurrence le Premier ministre, pour lui dire ce que je retiens,
06:16pour lui dire les messages que j'ai entendus, pour lui dire, le cas échéant,
06:21les gestes qui me paraissent devoir être faits à court terme,
06:24parce qu'ils correspondent à une nécessité.
06:26Je le ferai avec Sébastien, comme j'ai déjà fait, et je pense que je ne suis pas le seul
06:30responsable politique,
06:32à savoir qu'on doit, dans l'intérêt général et dans le bien commun,
06:37savoir faire passer un certain nombre de messages à ceux qui nous gouvernent.
06:40– Donc là, vous allez le faire avant sa venue, mercredi.
06:42– Bien sûr.
06:42– Vous ne croyez pas du tout, vous n'imaginez pas un seul instant,
06:44que Sébastien Lecornu, à la fin, puisse être candidat à la présidentielle ?
06:48– Mais ce n'est pas moi… Comment voulez-vous que je réponde à cette question ?
06:51Je connais Sébastien Lecornu, je le connais depuis très longtemps,
06:53j'ai travaillé beaucoup avec lui, on s'entend très bien,
06:56et ça fait très longtemps qu'on s'entend très bien.
06:58Moi, si vous me posez la question, je ne crois pas qu'il ait envie d'être candidat à l
07:02'élection président de la République.
07:03Je ne le crois pas.
07:04– Vous dites « je ne le crois pas », mais vous n'êtes pas sûr.
07:05– Je ne le crois pas, je ne le crois pas.
07:07Le connaissant tel que je le connais, sachant la situation dans laquelle il se trouve aujourd'hui d'être Premier
07:12ministre,
07:12je ne crois pas qu'il s'y intéresse ou qu'il le prépare.
07:16Mais peut-être s'y intéresse-t-il et le prépare-t-il ?
07:18Dans ce cas-là, c'est à lui de le dire.
07:19Mais je ne le crois pas, si vous me posez la question, je ne le crois pas et je ne
07:22le crois pas du tout pour tout vous dire.
07:23– En coulisses, Emmanuel Macron pousse cette hypothèse parce qu'il s'entend mieux avec lui
07:27qu'avec ses précieux comme vous, pardon, et Gabriel Attal.
07:30– C'est sans doute des questions qui intéressent certains et qui agitent.
07:35Je ne suis pas venu à Mayotte, à quelques milliers de kilomètres du Havre,
07:41pour parler des états d'âme, des projets, des calculs de certains.
07:49Et certainement pas pour conjecturer sur l'état d'esprit du président de la République,
07:52qui à mon avis a beaucoup d'autres choses à faire que cela.
07:56– Il a tort Emmanuel Macron de pousser, c'est la sérieux qu'on lui ?
07:58– D'abord, c'est vous qui le dites, je ne le crois pas.
08:00Et ensuite, ce n'est pas mon sujet et c'est assez indifférent à la situation de Mayotte.
08:05Et ici, ce qui se passe, encore une fois, est essentiel.
08:10Mayotte, c'est la France.
08:11Mayotte, c'est un département d'outre-mer qui, à chaque fois qu'on lui a posé la question,
08:15a manifesté avec une majorité incroyablement élevée le fait qu'il voulait être la France.
08:21Et ce département, dont l'attachement à la République est considérable,
08:26se retrouve confronté à des difficultés inouïes.
08:29Eh bien, je pense que notre responsabilité, c'est d'essayer de comprendre, d'entendre
08:34et d'apporter les bonnes solutions.
08:36Et c'est ça qui m'intéresse ici.
08:37– Mais vous êtes en campagne, et donc forcément, les questions liées à la campagne se posent aussi.
08:40Si Sébastien Lecornu n'est pas candidat à la présidentielle,
08:43c'est un de vos amis très proches, vous l'avez rappelé,
08:45est-ce que vous l'appelez à vous rejoindre ?
08:47– Je vais vous répondre autrement, puisque je ne veux pas redire quelque chose que j'ai déjà dit.
08:52Je considère que toutes celles et ceux qui se classent traditionnellement dans le camp de la droite,
08:59quelle que soit la droite conservatrice, libérale, gaulliste,
09:05la droite et le centre, ont vocation à travailler ensemble, à se rassembler, s'ils veulent prévaloir.
09:12S'ils veulent convaincre les Français, à la fois qu'ils ont un cap clair pour le pays,
09:16une stratégie cohérente pour le pays, et la capacité de la mettre en œuvre.
09:20Aucun d'entre nous ne réussira s'ils pensent que la réussite tient à la guerre,
09:26au combat contre les autres, ou à un calcul solitaire.
09:29Nous devons nous parler, et nous devons rassembler.
09:33Moi je propose ce rassemblement, je ne considère pas avoir d'adversaires politiques dans l'espace central,
09:41mais j'ai des concurrents qui donnent leurs idées, qui proposent leurs programmes,
09:46qui font état de leur personnalité, et c'est bien naturel et c'est bien légitime.
09:50J'espère, et en tout cas je ferai tout, pour qu'au fur et à mesure de la campagne qui
09:54avance,
09:55la dynamique de rassemblement, dont je constate qu'elle a commencé,
09:59avec un certain nombre de gens qui sont venus vers moi, alors même qu'ils n'étaient pas avec moi
10:03spontanément,
10:05et bien j'espère que cette dynamique va s'accroître.
10:07Et j'espère surtout qu'avec l'ensemble des responsables politiques,
10:09nous allons pouvoir réfléchir et mettre en œuvre la stratégie qui nous permettra,
10:14après l'élection présidentielle, de pouvoir gouverner,
10:18et de pouvoir mettre en œuvre des mesures qui seront des mesures extrêmement importantes,
10:22à un moment où le pays a besoin de pouvoir repartir en avant.
10:26Mais vous appelez au rassemblement, vous rappelez votre dynamique avec vos soutiens,
10:29c'est un appel sans le nommer à Gabriel Attal, Gabriel Attal il appelle à ce rassemblement en février.
10:34Est-ce que vous ne jugez pas que c'est trop tard février ?
10:36Est-ce que vous ne demandez pas d'accélérer ce calendrier ?
10:38Écoutez, je vous répondrai ce que ma grand-mère répondait à chaque fois qu'on lui posait une question de
10:42cette nature,
10:43parce que sa philosophie a imbibé mon action.
10:46Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure.
10:49Et c'est quand après l'heure ?
10:50Eh bien je ne sais pas quand elle sera, mais je sais qu'une fois que l'heure sera passée,
10:53ce sera trop tard.
10:53Et que si vous posez cette question trop tôt, eh bien les choses ne sont pas mûres.
10:57Les Français rentrent dans l'élection présidentielle, nous rentrons dans l'élection présidentielle.
11:02J'ai fait une proposition qui a été très fortement contestée par Mme Le Pen, très fortement contestée par M.
11:07Mélenchon.
11:08Ce qui me laisse à penser que je dois être dans le vrai.
11:11Et ces propositions, les miennes, les autres, elles vont venir enrichir le débat public.
11:16Les Français vont voir les personnalités, ils vont voir la façon de parler, le style, ce qu'on veut faire,
11:21avec qui on se propose de le faire.
11:22Voilà. Et progressivement, ils vont trancher.
11:25Et c'est à ça que sert une campagne.
11:27Vous ne pouvez pas demander aux Français ou aux candidats de décider avant la campagne quelle va être l'issue
11:33de la campagne.
11:33Donc vous pensez que c'est les sondages qui, à la fin, vont donner le candidat du bloc central ?
11:36Les propos, la tenue de la campagne. Une campagne, ce n'est pas une succession de sondages, c'est une
11:41dynamique de campagne.
11:42Ça se passera quelque part entre novembre et février. Si c'est après, ça sera trop tard. Déjà, février, c
11:48'est tard.
11:48Si c'est avant, ça me paraît impossible. Mais il n'y a pas de règle d'or. Et en
11:53tout cas, il n'y a pas de certitude sur le moment où ça se passera.
11:56Mais ça se passera. Ça se passera.
11:58Vous en êtes convaincu ?
11:59Parce que je crois que tous les responsables politiques à l'intérieur de cet espace sont responsables.
12:04Et en tout cas, je ne fais le reproche à personne avant le début de cette campagne.
12:09Je pense que chacun est responsable. Et moi, je m'attacherai à l'être.
12:12On a évoqué Gérald de Darmanin qui vous a rejoint il y a très peu de temps.
12:15Gérald de Darmanin, il pense que Xavier Bertrand ferait un très bon Premier ministre si vous étiez, vous, élu président
12:21de la République.
12:21Est-ce que vous partagez son avis ?
12:23Je ne me pose pas cette question à ce stade. Je ne crois pas utile de l'évoquer.
12:29Je pense que tout ça est infiniment prématuré.
12:32J'ai beaucoup de respect pour Xavier Bertrand, que je connais depuis très longtemps, qui est un président de région,
12:37qui a été ministre, qui a une expérience.
12:39J'ai parfaitement vocation à travailler avec lui.
12:41Et j'espère que nous serons capables tous ensemble de construire un rassemblement.
12:44Mais franchement, on est en août. Je suis à Mayotte.
12:49La crise ici... Alors les gars qui font des plans sur la comète...
12:54C'est pas tout ça, c'est Gérald de Darmanin, c'est pas moi.
12:55J'entends. Et je vois bien qu'il dit que nous avons intérêt à nous rassembler et que nous pouvons
12:59le faire.
12:59Il a raison. Je partage son avis.
13:02Enfin, les questions sur les binômes, les trinômes, les machins...
13:04Honnêtement, vous ne croyez pas que c'est un peu ridicule.
13:07Mais est-ce que par contre vous pourriez révéler le nom de votre Premier ministre avant le premier tour ?
13:10C'est quelque chose à laquelle vous pensez ?
13:12Mais je le ferai quand je sentirai que c'est nécessaire, quand je sentirai que c'est prêt.
13:16Et en fait, je vais vous dire, personne ne me forcera à le faire.
13:18J'ai une dernière question qui n'a rien à voir avec Mayotte.
13:21On va un peu s'éloigner. Mais vous êtes un ancien Premier ministre.
13:23Vous avez été aussi confronté au budget, comme Sébastien Lecornu va l'être là dans quelques semaines.
13:2749-3, ordonnance, deal avec les socialistes.
13:30Quel conseil, l'ancien prémice que vous êtes, fait à l'actuel prémice qui est confronté à ce budget ?
13:37Écoutez, le Premier ministre a une tâche qui ne ressemble pas à celle qui était la mienne,
13:41puisqu'il se trouve devoir préparer un budget dans une année électorale alors qu'il n'a aucune majorité.
13:46C'est une tâche redoutablement difficile. On l'oublie sans doute, mais c'est une tâche redoutablement difficile.
13:51Donc je sais qu'il va prendre évidemment des initiatives, qu'il va essayer de préparer ce budget,
13:56qu'il a essayé de préparer ce budget dans les meilleures conditions,
13:59mais je ne dirais rien qui soit susceptible de gêner cet exercice redoutablement complexe qui est le sien.
14:04La seule chose que je sais, c'est que les finances de la France ne sont pas bonnes
14:11et que si vous les comparez à l'ensemble des finances des pays de l'Union européenne,
14:20eh bien nous sommes ceux qui ont le plus de mal à revenir dans les clous.
14:25Et ça m'inquiète, parce que contrairement à Jean-Luc Mélenchon,
14:30je ne crois pas que la dette ne soit pas un sujet. La dette est un sujet.
14:34L'endettement de la France est un sujet. La maîtrise de nos finances publiques est un sujet.
14:39C'est même une priorité.
14:43Je pense qu'imaginer qu'il est possible de se désintéresser de tout cela,
14:51qu'au fond, il n'y a qu'à subventionner tout, qu'on peut s'en sortir en ne faisant
14:56pas attention au déficit,
14:57c'est condamner la France à un déclassement, à un déclin.
15:04C'est condamner les Français soit à des chocs terribles dans les années qui viennent,
15:09soit à un lent étouffement de leur capacité d'action.
15:12C'est le contraire de ce que devrait être la politique.
15:16Quand j'étais Premier ministre, on a fait passer un déficit budgétaire qui était à 3,2 au moins.
15:23Quand nous sommes arrivés, nous l'avons fait descendre à 2,1.
15:27Et ça n'a pas été facile.
15:28Et ça a suscité beaucoup de critiques.
15:30Mais au moins, dans ces trois années-là, le déficit a baissé.
15:35La dette a été stabilisée.
15:37Les investissements ont augmenté.
15:38Le chômage a baissé.
15:40Je crois que ce moment-là était un moment qui allait dans la bonne direction.
15:43Ça ne veut pas dire que c'est facile aujourd'hui,
15:45mais ce moment-là était un moment qui allait dans la bonne direction.
15:47Mais donc ce soir, vous appelez le Premier ministre à aller, à frapper fort et dur.
15:51Mais il est parfaitement conscient.
15:51Maintenant, il n'a pas rejambé d'élection présidentielle.
15:53Il est parfaitement conscient de la responsabilité qui est la sienne.
15:56et de la difficulté de sa tâche.
15:57Et je ne dirai rien qui puisse le gêner.
15:59Parce qu'encore une fois, je pense que l'intérêt de la France,
16:01c'est que nous puissions sortir de la discussion budgétaire
16:03avec le meilleur budget possible.
16:04Et certainement pas avec les postures les plus hystériques
16:09venant à s'affronter et plaçant la France pour 2027
16:12dans une situation encore plus périlleuse.
16:14Merci beaucoup, Edouard Philippe.
16:15Merci à vous.
16:16Merci.
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