00:00Mathieu, hier à l'ONU, l'Ukraine alertait sur une potentielle mobilisation russe de 500 000 hommes courant septembre.
00:06Les signaux se multiplient, dont un test de mobilisation qui vient de se passer à Kaliningrad.
00:10Oui, vous savez Kaliningrad, c'est ce petit bout de Russie qui est à l'ouest de l'Europe.
00:14Une enclave coincée entre la Pologne et la Lituanie, toutes deux membres de l'OTAN, et la mer Baltique.
00:21Là-bas vit un million de Russes.
00:23On apprend par le Wall Street Journal que des officiers russes ont testé le mois dernier comment loger, nourrir et
00:30armer cette population de Kaliningrad en cas de mobilisation.
00:34En s'appuyant sur ces services de renseignement, Vladimir Zelensky évoque une mobilisation russe à venir dans les régions les
00:42plus reculées, très loin des grandes villes.
00:44Pour rappel, en septembre 2022, six mois après l'offensive russe en Ukraine, Poutine avait annoncé une mobilisation partielle de
00:52300 000 réservistes.
00:54Ça avait alors déclenché à l'époque un afflux, un exode massif de 400 000 russes.
01:00Là, vous avez de nouveaux signaux qui apparaissent.
01:02La semaine dernière, la douane Moscovite a enregistré un pic de passagers à la frontière géorgienne.
01:08On parle de 20 000 passages en une seule journée.
01:11Ces dernières semaines, les rumeurs d'une mobilisation russe imminente ont aussi déclenché de nombreuses recherches en ligne pour voir
01:18comment quitter la Russie en urgence.
01:20Alors cette rumeur de mobilisation, elle reflète aussi une autre réalité, c'est le lourd bilan humain sur le front
01:25ukrainien.
01:25Oui, aucune grande puissance n'avait encaissé ça depuis la Seconde Guerre mondiale.
01:30Environ 1,4 million de pertes militaires russes au total.
01:34On parle de morts, de blessés et de disparus, selon le Sintang CSIS.
01:38On parle aussi de 400 000 à 450 000 morts au combat.
01:42Selon le directeur de la CIA, John Radcliffe, l'espérance de vie d'une nouvelle recrue russe, une fois arrivée
01:48sur le champ de bataille, serait aujourd'hui de seulement 20 à 30 minutes.
01:53Un chiffre sidérant que Washington attribue aux drones ukrainiens qui rendent le champ de bataille totalement transparent.
01:59Et un symbole qui fait très mal à Vladimir Poutine.
02:02Désormais, la Russie perdrait plus d'hommes qu'elle n'en recrute.
02:06Si bien que le ministère russe de la Défense a assoupli ses critères de recrutement dans l'armée, avec des
02:12étudiants, des étrangers et des résidents dans les territoires ukrainiens occupés.
02:17La Russie peut aussi compter sur les soldats nord-coréens.
02:20Selon Kiev, il serait 30 à 50 000 nord-coréens à être prêts à venir en renfort.
02:25Alors face à ces pertes humaines sur le front et à la difficulté à recruter, l'armée russe propose des
02:30bonus très alléchants pour attirer de nouveaux soldats.
02:32Oui, pour certaines unités de drones très spécialisées, Moscou propose des packages qui peuvent atteindre 7 millions de roubles par
02:40an, voire même 10 millions, c'est-à-dire 100 000 euros par an, dont 50 000 euros dès la
02:45signature à Saint-Pétersbourg.
02:47Ce montant des bonus, il a été multiplié par 10 en 4 ans et demi depuis février 2022 et l
02:54'invasion russe en Ukraine.
02:55Une conséquence de ces bonus, ça a provoqué des pénuries de main-d'oeuvre dans de nombreux secteurs dont les
03:00travailleurs ont rejoint l'armée.
03:02Ainsi, au moins 30 régions russes ont manqué de chauffeurs de bus.
03:07Par exemple, en Sibérie, la ville de Novokuznetsk a relevé le salaire des chauffeurs de bus à 100 000 roubles
03:14par mois, c'est 1 000 euros, mais l'armée en propose deux fois plus.
03:17Des chiffres qui remontent du front et qui font froid dans le dos et qui rappellent aussi la détermination sans
03:22faille quand même de Vladimir Poutine.
03:24Oui, et pour ceux qui en douteraient encore, que ce soit sur le plan économique, social ou stratégique, rien n
03:31'arrête Vladimir Poutine.
03:32Il veut à minima le Donbass, il cultive une nostalgie de l'Empire soviétique et joue depuis des décennies la
03:39même partition, la partition d'une Russie agressée par l'OTAN.
03:43Et tout ce qui arrive, il l'a dit publiquement, c'était il y a 20 ans, en février 2007,
03:49dans un discours choc prononcé à Munich, sous le regard à l'époque médusée d'Angela Merkel.
03:55Et un de ses arguments principaux à Vladimir Poutine, c'est celui de la population russophone restée dans les anciens
04:02pays satellites de l'Union soviétique.
04:04C'est au nom de leur protection qu'il justifie ces agressions territoriales, c'est au nom de leur protection
04:11que Vladimir Poutine intensifie sa guerre hybride dans les États baltes,
04:15où la Russie teste de plus en plus intensément la capacité de réaction des pays alliés de l'OTAN.
04:21Merci Mathieu, je l'y vais, c'était votre parti pris ce matin.