- il y a 4 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, des influenceuses prônent la "littérature hallal".
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00:00Les invités qui m'accompagnent aujourd'hui, Judith Vintroupe, bonjour.
00:02Bonjour Elodie.
00:03Grand reporter, Maxime Leguay, bonjour.
00:05Bonjour Elodie.
00:05Du service politique de CNews et Eric Nolot, bonjour.
00:08Bonjour Elodie.
00:09Journaliste et écrivain.
00:10On commence donc avec ce dont je vous parlais dans mon édito,
00:13ces influenceuses qui réclament d'inverser la littérature française et ses classiques
00:19pour de la littérature dite halal, débarrassée de thèmes considérés comme incompatibles
00:24avec les codes de l'islam, le résumé de Félix Pérolas.
00:30Ça banalise la tromperie, ça romantise la violence.
00:32En fait, ça normalise absolument tout ce qui est contraire à mes valeurs.
00:36Cette vidéo, cumulant plusieurs milliers de vues sur les réseaux sociaux,
00:40appelle les musulmans à se débarrasser de certains classiques de la littérature française.
00:47Des ouvrages comme Boules de Suif de Guy de Maupassant sont cités dans les livres à ne pas lire.
00:52À la place, ces influenceurs prônent la halal romance.
00:56C'est une romance en fait qui respecte le cadre islamique pour se courtiser.
01:03Donc ça veut dire pas de relation charnelle, pas de relation romantique avant le mariage.
01:07Et donc s'il y a une relation qui commence, c'est vraiment très cadré et dans l'objectif de
01:13se marier.
01:15Pour Florence Bergeau-Blacler, auteure du livre Le Diyad par le marché,
01:19c'est l'extension du halal comme espace normatif.
01:22Disons que c'est du marketing sur une idéologie qui est pour moi celle du frérisme,
01:28qui demande, qui enjoint tous les musulmans de faire partager leur foi et même plutôt leur loi,
01:36c'est-à-dire d'imposer en réalité le halal et le haram,
01:39c'est-à-dire l'idée du licite et de l'illicite partout dans le monde.
01:43Ce phénomène reste marginal, mais il témoigne chez certains la volonté de créer un espace culturel
01:50avec des normes religieuses spécifiques.
01:54On va en parler notamment avec Florence Bergeau-Blacler,
01:56que vous avez pu entendre dans ce reportage anthropologue.
01:59Merci d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1.
02:02Je le disais, c'est loin d'être anecdotique parce qu'on voit,
02:05et vous le disiez vous-même également, une logique en fait d'imposer une culture
02:10et par définition d'en remplacer une autre d'ailleurs.
02:13Alors c'est quelque chose que j'étudie depuis près de 30 ans maintenant,
02:17en étudiant la question du marché halal global.
02:21Et donc cette romance halal qui en fait vient d'une romance chrétienne
02:26et des pays anglo-saxons, il faut l'inscrire plutôt dans un phénomène beaucoup plus large
02:31qui est l'extension du halal comme espace normatif,
02:35c'est-à-dire un lieu symbolique, disons culturel,
02:40où les musulmans vivent dans la lycéité et s'éloignent tout ce qui est illicite,
02:46ce qui évidemment pose pas mal de problèmes dans des sociétés multiculturelles comme les nôtres.
02:52Alors ce qu'on voit ici, c'est assez clair, c'est l'alliance de la norme islamiste
02:58avec la puissance de l'argent du marché,
03:00puisque ici on n'est pas dans un phénomène de niche.
03:04On a par exemple, si on prend le cas de Scrineo,
03:08je crois la maison d'édition qui propose ses romances halal,
03:13elle n'est pas musulmane.
03:15Donc elle va créer en fait une espèce de sous-catégorie halal
03:18qui va permettre à tous les musulmans de se conformer à l'islam,
03:23mais aussi d'aller chercher au-delà de la population musulmane
03:27des gens qui seraient intéressés par la pudeur, etc.
03:29C'est le même phénomène que pour le hijab running de Décathlon, par exemple,
03:35qui se vend à Décathlon, qui n'est pas une boutique islamique,
03:38et qui se vend sous l'étiquette pudeur, femme pudique, etc.
03:43Donc il faut inscrire ça dans ce projet d'analysation
03:49qui a démarré au début des années 80.
03:53Ce n'est pas un phénomène nouveau, mais qui s'étend de façon considérable
03:57avec l'aval des marchands.
03:59On voit aussi la vision de la femme que dévoilent ces jeunes femmes,
04:04c'est-à-dire qu'elles vantent notamment des romances
04:06où on parle de mariages forcés.
04:09Et on disait qu'il y a aussi quelque chose parfois de paradoxal,
04:11parce qu'elles vantent une application très stricte de l'islam,
04:14alors que sur ces mêmes réseaux sociaux, certes, elles portent le voile,
04:17mais elles sont souvent aussi très maquillées.
04:19Parfois, on se demande si elles savent vraiment ce qu'elles sont en train de dire
04:22et si elles connaissent vraiment en réalité leur religion.
04:26Alors ça, on est complètement dans l'idéologie frériste,
04:29on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre,
04:32c'est-à-dire qu'il faut accoutumer, acclimater ces jeunes musulmanes
04:36à une norme islamique qui sera, au cours de leur vie, de plus en plus stricte.
04:42Donc ce sont des filles qui vont à l'école de la République,
04:46qui s'assimilent, je dirais, sur le plan culturel aux autres,
04:50et c'est ce que le frérisme va absolument éviter,
04:53mais pas, sur le mot de salafiste, trop rigoriste,
04:57mais en les attirant peu à peu, grâce justement aux produits de consommation,
05:02à une culture rigoriste plus marquée.
05:07Et dans ce tunnel-là, puisqu'elles vont rentrer en fait
05:10dans une espèce de tunnel normatif, elles vont peu à peu accommoder
05:15leur pratique à la charia, à ce qui est licite dans l'islam.
05:20On le voit aussi, le fait de viser les réseaux sociaux,
05:23c'est sans doute pas anodin, ça permet aussi d'aller toucher
05:26des jeunes femmes qui ne sont pas forcément prontes à se renseigner
05:30sur l'islam, sur ses principes.
05:32Ça va chercher aussi une communauté précise,
05:34et ça permet en fait de diffuser finalement, comme vous le disiez,
05:37cet entrisme culturel vers des populations
05:40qui sont peut-être plus difficiles à cibler.
05:44Oui, c'est un projet prosélyte, un ultra-prosélyte
05:47que celui de la confrérie des frères musulmans,
05:49qui aujourd'hui a donné ce que j'appelle cette idéologie frériste,
05:53où tout musulman doit obligatoirement,
05:56non seulement s'imposer les règles de sa religion,
05:59pour son salut individuel et pour aider sa communauté,
06:01mais aussi l'imposer aux autres.
06:04Merci beaucoup Florence Bergeau-Blaclaire d'avoir été avec nous
06:07pour toutes ces précisions.
06:09On le voit Judith, ce projet, petit à petit,
06:12d'analyser, je reprends les termes de Florence Bergeau-Blaclaire à l'instant,
06:16toutes les sphères de la société.
06:17Et maintenant on se dit, pour les jeunes femmes,
06:19on peut s'en prendre aussi à l'univers culturel et à la littérature.
06:23Oui, ce qui caractérise ce projet, c'est qu'il est global.
06:27Aucune dimension, aucun aspect de la vie ne doit y échapper,
06:30que ce soit les rapports sociaux, les rapports hommes-femmes,
06:34les rapports institutionnels, la justice.
06:37On voit se développer en Angleterre, qui est plus avancée,
06:42si je puis dire que nous, dans la voie de l'analysation,
06:45des tribunaux islamiques.
06:47On voit des mariages réalisés sous ce régime-là.
06:51En France, un mariage qui ne passe pas devant la mairie
06:53n'est pas reconnu.
06:55Donc c'est un projet global.
06:58Permettez-moi un mot personnel.
07:00Je suis toujours infiniment triste de voir des femmes
07:06contribuer à la subordination d'autres femmes
07:09à un système qui les oppresse.
07:12Évidemment, sous couvert de choix,
07:14on voit le bon choix.
07:17Le mariage forcée, mon choix aussi.
07:18Voilà, le fameux slogan, le bonheur,
07:20le fameux slogan d'une campagne financée par l'Union européenne.
07:27Qui dit projet global, dit forcément incompatibilité
07:34avec notre modèle de société.
07:37Donc ce n'est pas la peine de passer des heures
07:40à se demander si l'islam est compatible ou là-bas.
07:43Cette forme d'islam-là, prônée et instrumentalisée
07:49est pilotée par les frères musulmans,
07:53revendique son incompatibilité avec notre système,
07:58notre système, nos valeurs, notre définition des rapports sociaux.
08:01Et on le voit, Éric, c'est la volonté véritablement
08:04de séparer deux communautés.
08:06C'est-à-dire qu'on aurait la communauté
08:08qui peut lire les classiques de la littérature française,
08:11qui peut écouter la musique qu'elle veut,
08:12qui peut voir les films qu'elle veut.
08:14Et une autre communauté qui le dit honnêtement,
08:16il faut remplacer la littérature pour les Blancs
08:19par d'autres livres, d'autres concepts.
08:21C'est deux cultures, donc forcément deux sociétés différentes
08:24et qui ne peuvent plus se retrouver
08:26puisqu'il n'y aurait plus aucun code en commun.
08:28Moi, ça m'intéresse beaucoup cette histoire.
08:29D'abord parce que parfois, on nous reproche
08:31de nous occuper des influenceuses en disant
08:34« Mais pourquoi occupez-vous de choses plus importantes ? »
08:36Moi, je ne crois pas.
08:37Je pense que les influenceuses,
08:39en tout cas ces influenceuses-là,
08:40sont parmi les agents les plus toxiques
08:42de l'islamisme d'atmosphère.
08:44Elles s'attaquent à des cibles assez faciles,
08:46des adolescentes qui sont en cours de formation intellectuelle.
08:50Donc les messages passent assez vite.
08:53Ensuite, il y a quand même un projet
08:54qui est porté non seulement par l'islamisme
08:56et par ses complices de la France insoumise,
08:58c'est de s'attaquer au cœur de l'identité française.
09:00La France est sans doute le pays le plus littéraire du monde.
09:03C'est le seul pays où il y a une rentrée littéraire.
09:05On est en plein dedans.
09:08La langue française aussi.
09:10Vous essayez de réformer l'orthographe.
09:12Ça déclenche une guerre civile, etc.
09:14Donc c'est absolument logique
09:15de s'en prendre au cœur de l'identité française
09:18qu'est la littérature.
09:19Ensuite, ce qui n'est pas dit,
09:20ce qu'on peut ajouter,
09:22c'est que c'est quand même fondé
09:23sur une inculture assez incroyable
09:24parce que la littérature arabe classique
09:27regorge d'érotisme et de pornographie.
09:30Je vous en parle en connaissance de cause
09:31parce que du temps où j'étais éditeur,
09:33j'ai édité plusieurs de ces classiques.
09:34Et je peux vous dire qu'à côté de ces classiques,
09:36l'amant de Lady Chatterley,
09:37c'est de la petite bière.
09:38Donc en fait, cet islamisme-là
09:40ne veut pas seulement remplacer
09:41la culture française par la culture islamiste,
09:43elle veut effacer dans les pays arabes
09:45tout ce qui a précédé l'islam.
09:47Ça n'existait pas.
09:48Mais si ça existait,
09:49il y avait des textes pornographiques.
09:51Moi, je souhaite à ces jeunes femmes
09:52de ne pas écouter les influenceuses,
09:53de lire Maupassant,
09:55qui est un des plus grands auteurs français,
09:57de lire les textes qui sont à leur disposition,
10:00d'être des femmes libres
10:01et de ne pas souscrire à ce programme
10:03de régression totale dans tous les domaines.
10:06Ou de lire La Boétie,
10:06La Servitude Volontaire.
10:08Oui, malheureusement.
10:09Texte essentiel.
10:10Là, le problème, c'est qu'elle n'est pas volontaire
10:12parce qu'il y a quand même des gens
10:13qui leur font entrer ça à coup de burin
10:14dans le crâne toute la journée.
10:16C'est-à-dire que ce n'est pas une démarche.
10:17Qui diffuse au fur et à mesure.
10:19Et puis ensuite,
10:20elles se font insulter
10:21si elles ne se soumettent pas à son congresse.
10:23Il y a une partie de pression sociale,
10:25évidemment.
10:26Il y a une partie de contraintes,
10:27mais il y a une partie volontaire.
10:30Alors, est-ce que parfois,
10:32on l'observe,
10:33ça peut prendre la forme
10:35d'une révolte adolescente.
10:39À des époques différentes,
10:41c'était,
10:41je mets le jean le plus troué possible,
10:44et comme ça...
10:46Je mets des colis un peu gênants.
10:49On l'a fait vécu.
10:49Mais malheureusement,
10:50ça va beaucoup plus loin.
10:50Oui, mais il y a aussi cette dimension-là
10:53de révolte adolescente.
10:54Donc, il ne faut pas traiter ces femmes
10:57comme des victimes involontaires
10:59qui ne comprendraient ce qui se passe.
11:02D'ailleurs,
11:03dans tous les systèmes
11:04qui asservissent les femmes,
11:06que ce soit au sein de cette forme d'islam
11:08ou dans d'autres pratiques,
11:10je pense par ailleurs à l'excision,
11:12ça ne peut pas marcher
11:13sans la participation active d'autres femmes.
11:17Bien sûr.
11:17Ce n'est pas les hommes contre les femmes.
11:19C'est avec d'autres femmes
11:21qui asservissent les leurs.
11:23Il faudra s'intéresser aussi
11:24à ces nouveaux canaux de diffusion,
11:27Instagram, TikTok,
11:29les réseaux sociaux,
11:30par lesquels la pensée frériste
11:32est massivement relayée.
11:34Emmanuel Macron lui-même,
11:35rappelez-vous,
11:35il n'y a pas si longtemps que ça,
11:36disait que lorsque l'on tapait
11:38le mot « islam »
11:38dans la barre recherche de TikTok,
11:40en trois contenus qui suivaient,
11:42on tombait sur un contenu salafiste.
11:44Qu'avons-nous fait depuis ce constat
11:46qui est fait par le président de la République ?
11:48Pas rien.
11:49Rien.
11:50C'était une forme de question rhétorique,
11:52effectivement.
11:53Je vous réponds.
11:55Merci pour ceux qui ne l'avaient pas.
11:57Ce qui me frappe aussi,
11:59c'est qu'on est désarmé juridiquement
12:02pour faire face à ce phénomène
12:04de contre-société,
12:05de contre-culture.
12:06Vous savez,
12:07on a une loi pour lutter contre le séparatisme
12:09qui a été votée en 2021.
12:11et on court toujours après quelque chose
12:14qu'on ne pourra pas légiférer
12:15parce que là,
12:16on est de l'ordre de ce qui représente,
12:18ce n'est pas simplement la République française.
12:20Éric Nolot le disait,
12:21c'est l'essence même de la France,
12:22la littérature.
12:23Vous voyez,
12:24on ne va pas légiférer,
12:25ça nous paraît ubuesque de légiférer
12:27pour dire qu'on ne peut pas interdire
12:29la lecture de mots passants.
12:30Donc vous voyez aussi,
12:31on est désarmé à la fois moralement,
12:34intellectuellement,
12:34et on n'a pas les outils législatifs
12:37pour contrevenir à ce type de phénomène
12:39qui plus est
12:40avec ces nouveaux canaux
12:42de diffusion massif
12:43via les réseaux sociaux.
12:44Juste une remarque.
12:44Bien sûr.
12:45Le désarmement législatif,
12:46je veux bien,
12:47mais le désarmement intellectuel,
12:48c'est pas très difficile
12:51de procéder à ce réarmement.
12:52Il suffit que quelqu'un de haut placé,
12:54le président de la République
12:55ou quelqu'un d'autre,
12:56le ministre de l'Éducation nationale
12:57ou de la Culture,
12:58qui a complètement disparu,
12:59de toute façon,
13:00dise, écoutez,
13:00on est en France,
13:02la culture française,
13:04la littérature française
13:05est une part importante
13:06de notre culture.
13:07Nous estimons que les livres
13:09doivent être lus par tout le monde,
13:10le principe universaliste.
13:12Mais si le débat se limite
13:15au plateau de CNews,
13:16si c'est pas repris par les autorités
13:18avec un discours fort
13:19et qui ne supporte
13:20aucune contradiction,
13:21on n'avancera pas.
13:22Vous parlez bien d'Emmanuel Macron
13:23qui est arrivé de déclarer
13:26que la culture française
13:27n'existait pas
13:28ou qu'on pouvait très bien
13:29porter le voile
13:30et être féministe.
13:31Vous parlez de ce président-là ?
13:33Exactement.
13:33Et de ceux qui se taisent ?
13:35Juste pour être sûr.
13:36Oui,
13:36juste pour être sûr
13:37que vous attendiez vraiment
13:38une réaction,
13:38Éric Nolo.
13:39On va parler maintenant
13:40de cette nouvelle
13:41justement officialisée hier
13:43par le président de la République.
13:456 milliards investis
13:46par l'Arabie Saoudite
13:47dans un nouveau parc
13:48d'attractions
13:49dans le Val d'Oise,
13:50un parc avec trois thématiques.
13:52Entre enthousiasme
13:53et inquiétude,
13:54on fait le point
13:55sur les réactions
13:55avec Laurence Ellarier,
13:56François Tiskevitch
13:57et Inès Salikan.
13:59Ici,
14:00il ne restait quasiment
14:02plus rien de Mirapolis.
14:03Ouvert en 1987,
14:05le parc avait fermé
14:06ses portes
14:07cinq ans plus tard.
14:08Aujourd'hui,
14:09le site pourrait retrouver
14:10une nouvelle vie
14:11avec un parc d'attractions
14:13consacré à Dragon Ball
14:15pour un investissement
14:16annoncé à 6 milliards d'euros.
14:18Mais sur une partie
14:19de cette ancienne friche,
14:20près de 300 personnes
14:22issues de la communauté
14:23des gens du voyage
14:24vivent légalement
14:25depuis plusieurs années.
14:26Ce qu'on a peur,
14:27c'est qu'il faudra
14:30quitter le site.
14:33Donc,
14:34nous,
14:35ça fait neuf ans
14:35qu'on est ici.
14:38On a pris un accord
14:39avec le propriétaire.
14:40Nous,
14:40on est prêts
14:41à dialoguer
14:41avec le préfet,
14:43l'agglo,
14:44pour essayer
14:45de trouver
14:46un terrain
14:47pour nous reloger.
14:48Mais autour du futur parc,
14:50les réactions sont divisées.
14:51Ça peut être compliqué
14:52sur le nombre
14:53d'années de fabrication,
14:55mais le résultat final,
14:57je pense qu'il peut être
14:58très bien
14:59pour l'ensemble
14:59de la commune.
15:01Je pense que la ville,
15:02elle n'est pas prête
15:04pour recevoir
15:05autant de personnes.
15:06Je ne sais pas,
15:06je suis positif,
15:08mais aussi un peu sceptique.
15:09Pour les porteurs
15:10du projet,
15:11l'ambition est considérable.
15:13Attirer touristes
15:14et visiteurs internationaux,
15:15créer des milliers
15:16d'emplois
15:17et redonner vie
15:18à un site abandonné
15:19depuis plus de 30 ans.
15:22Et parmi les questionnements
15:23autour de ce parc,
15:24est-ce à l'Arabie saoudite
15:26d'investir en France ?
15:27On va justement écouter
15:28la réaction de Nicolas Devilliers,
15:30le président du Puy-du-Fou,
15:31qui n'est pas franchement
15:32de cet avis.
15:33Écoutez.
15:34Le surprend,
15:35c'est qu'on aille chercher
15:35des capitaux étrangers,
15:37alors même qu'en France,
15:39on aurait les moyens.
15:40Vous savez,
15:41une entreprise
15:41comme le Puy-du-Fou,
15:42aujourd'hui,
15:42qui est partie de rien,
15:43qui s'est développée
15:44sans aide publique,
15:45elle aurait les moyens
15:46aujourd'hui
15:47de lever avec des partenaires
15:48les sommes dont on parle
15:50pour le fameux projet
15:52remplaçant Mirapolis,
15:54le projet Dragon Ball.
15:55Donc,
15:55on va chercher
15:56une puissance extérieure
15:58qui a elle-même
15:59une vision très claire
16:00qui, bien sûr,
16:01vient défendre
16:02un projet culturel.
16:04Éric Nolot,
16:05effectivement,
16:05les parcs d'attraction
16:06sont aussi des outils
16:08d'influence parfois
16:09et c'est vrai
16:09que c'est la question
16:10est-ce que véritablement
16:11en France aujourd'hui,
16:12on est obligé d'attendre
16:13l'Arabie saoudite
16:15pour investir ?
16:16Visiblement,
16:17Nicolas Devilliers
16:17a l'air de dire
16:18qu'on aurait d'autres solutions
16:19si vraiment on voulait
16:20et on voulait prendre
16:21le temps aussi
16:22de chercher ces fonds.
16:23Il y a deux manières
16:24d'aborder le problème.
16:25Soit on estime
16:26qu'il y a des milliards
16:28qui sont investis
16:29et ça clôt le débat,
16:30soit on commence
16:31à fouiller.
16:31Moi, excusez-moi,
16:32mais je ne vais pas
16:33sauter de joie
16:34à l'annonce
16:34d'un parc d'attractions
16:35créé sur le thème
16:37de Dragon Ball,
16:38s'il vous plaît,
16:39par l'Arabie saoudite
16:40qui découpe
16:41ses opposants
16:41à la scie vivant.
16:42Excusez-moi,
16:43je veux dire,
16:44il y a quand même
16:44un message,
16:45sans compter
16:45le soutien
16:46de l'Arabie saoudite
16:47à des tas
16:49de mouvements
16:50opposés
16:50et pour ne pas dire
16:51ennemis farouches
16:52et mortels
16:53de la France.
16:54Moi, je pense
16:55que l'argent
16:55n'excusent pas tout.
16:56Il y a quelque chose
16:57de problématique
16:57et moi, je suis sur
16:59la ligne de M. De Villiers,
17:00j'aurais préféré
17:01que ça soit
17:02un financement français
17:03et beaucoup moins douteux
17:05que celui de l'Arabie saoudite.
17:06Ce n'est d'ailleurs
17:06pas le financement
17:08étranger en tant que tel,
17:09mais je trouve
17:09que l'Arabie saoudite
17:10pose un problème particulier.
17:12Oui, parce qu'il y a
17:12à la fois l'influence
17:14par le parc en lui-même
17:15et les idées
17:16ou les thèmes
17:17qu'il peut développer.
17:18On sait qu'il y aura
17:19une partie effectivement
17:19plutôt Dragon Ball,
17:21on ne sait pas encore
17:21pour le reste.
17:22Puis la question
17:23toujours de ces fonds
17:23quand on a de cesse
17:24de parler d'ingérence,
17:25il faut faire attention
17:26aux ingérences
17:27des pays étrangers.
17:296 milliards d'investissements
17:30dans un parc d'attractions,
17:31je ne suis pas sûr
17:32que ce soit une offre caritative
17:33de la part de l'Arabie saoudite.
17:34Oui, même si l'Arabie saoudite
17:35de Mohamed Ben Salman
17:37n'est pas tout à fait comparable
17:38à ce qu'il a précédé
17:40et on peut...
17:41Je n'ai pas envie
17:42de m'y établir quand même.
17:43Oui, non, moi non plus.
17:44Mais enfin,
17:45on peut lui reconnaître
17:46d'essayer de faire des choses,
17:47notamment pour émanciper
17:49les femmes d'un système
17:51qui les a servis.
17:52Il ne faut pas non plus
17:53tout mettre sur le même plan.
17:54Mais vous avez prononcé
17:55le bon mot,
17:56c'est le mot d'ingérence
17:57et on peut faire
17:59exactement la même réflexion
18:01avec les investissements
18:02du Qatar.
18:03Oui.
18:03On parlait des outils
18:04d'influence.
18:06Le site Agi Plus en français
18:08Agi pour Al Jazeera,
18:10la chaîne qatarie
18:11qui cible les jeunes,
18:14fait un travail
18:16d'endoctrinement
18:19tout à fait tranquille.
18:21Il n'a jamais été question
18:22de la fermer
18:22comme on a fermé
18:24des médias russes
18:26sans que personne
18:28n'y voit d'inconvénient.
18:30C'est comme ça
18:31qu'on se fait infiltrer.
18:34On voit en tout cas,
18:35Maxime Le Guet,
18:36que le président de la République
18:37est extrêmement satisfait.
18:38C'est lui-même
18:39qui l'annonce.
18:40Il se félicite
18:41des retombées économiques
18:42notamment à venir.
18:44Alors visiblement,
18:44si on en croit
18:45les réactions en local,
18:46les élus et les maires
18:48autour n'étaient pas prévenus
18:49en revanche.
18:49Oui, c'est une initiative
18:51personnelle d'Emmanuel Macron
18:53qui se félicite,
18:54on pourrait même dire
18:54se gargarise l'annonce
18:57comme une victoire.
18:58Et au fond,
18:59ça symbolise un peu
19:00ce qu'a été
19:01le double quinquennat
19:02d'Emmanuel Macron
19:02avec ce Choose France
19:04et ce prisme économique.
19:06Emmanuel Macron
19:06n'a eu de cesse
19:07de ne pas regarder
19:09la couleur de l'argent,
19:10si j'ose dire.
19:11Il a vendu Alstom
19:13aux Américains.
19:15La question
19:16de la souveraineté française
19:17lui passait
19:18derrière la tête.
19:19Là,
19:20ce sont des fonds étrangers
19:22d'Arabie saoudite.
19:24On pourrait dire aussi
19:25que 60% de la dette française
19:27est détenue
19:27par des étrangers.
19:29Les titres obligataires
19:30sont achetés par des étrangers.
19:31Emmanuel Macron
19:31c'est money,
19:33peu importe.
19:34Donc évidemment,
19:35son prisme
19:36le conduit
19:37à se féliciter.
19:38Et moi,
19:38ce qui me frappe
19:39avec le sujet
19:40qu'on vient de voir
19:41juste avant,
19:41ce qui montre
19:42que cette émission
19:43est très bien construite,
19:44c'est qu'à la fois...
19:44Je vous remercie,
19:45Maxime Leguay.
19:46On a l'étier.
19:47C'est le métier.
19:48La culture française
19:49est attaquée
19:50de par les fréristes
19:52qui s'en prennent
19:52à notre littérature.
19:54Et puis,
19:54il y a une autre forme
19:55plus pernicieuse
19:56d'attaque
19:56de la culture française
19:57parce qu'on parle
19:58de Dragon Ball Z
19:59qui est l'imaginaire français,
20:02la référence culturelle
20:03pour les jeunes français.
20:06On se souvient,
20:06on avait découvert
20:07un peu estomaqué
20:08que lorsque l'on avait donné
20:10de l'argent
20:10pour le pass culture
20:11aux français,
20:12qu'ils allaient majoritairement
20:13acheter des mangas.
20:14Mais là aussi,
20:15lorsque vous...
20:15Le signal qu'envoie
20:16Emmanuel Macron
20:17avec Dragon Ball Z,
20:18je n'ai rien contre
20:18Dragon Ball Z en lui-même
20:20et que vous ne mettez pas...
20:22Ce n'est pas une référence
20:23c'est une culture française.
20:24Donc là,
20:24le signal qui est envoyé aussi,
20:25c'est une forme
20:26plus insidieuse
20:27mais d'attaquer aussi
20:29d'une certaine manière
20:29la culture française.
20:30Oui,
20:31et puis effectivement,
20:31on voit qu'Emmanuel Macron
20:32est très satisfait
20:33et se félicite
20:34des 22 000 emplois
20:35qui seront créés
20:36dans la zone
20:38et à proximité
20:39de ce site.
20:40On va marquer...
20:41Vous voulez rajouter
20:41un petit mot ?
20:42Non, mais si c'est le seul paramètre
20:43les emplois,
20:44alors ouvrons les portes
20:45à tout le monde.
20:45Oui, c'est la question
20:46de est-ce que la France
20:47ne peut pas créer
20:48l'industrie française.
20:50sous prétexte
20:50qu'il y a de l'argent
20:51ou des emplois.
20:51Je pense que c'est important
20:52mais ça ne peut pas
20:53être le résumé de tout quand même.
20:54Évidemment,
20:54on va marquer
20:55une première pause
20:56dans cette heure des pros
20:57et on se retrouvera
20:58pour évoquer
20:59le maire de Saint-Denis
21:00puisque le parquet
21:01national financier
21:02ouvre une enquête
21:03notamment pour des tournements
21:05de fonds publics
21:06concernant son emploi.
21:07À la RATPC
21:08juste après la pause,
21:09restez avec nous.