00:00Madame Garaud disait de certains qui sont faits de, je ne veux pas être désobligeante,
00:05mais du marbre dont on fait les bidets et pas les statuts.
00:08Non, très bien, je ne vais pas dire.
00:09Mais est-ce que vous voyez aujourd'hui ce marbre dont on fait les statuts ?
00:11Vous me dites non.
00:12Par ailleurs, la situation est vraiment détériorée.
00:16Je voudrais en venir quand même, parce qu'on aimerait vous écouter sur ce sujet.
00:19La dette est un sujet éminemment politique.
00:21Éminemment politique parce qu'il en va de notre pays, de notre dépendance.
00:25Vous êtes d'accord ?
00:27L'un des candidats, en l'occurrence, Jean-Luc Mélenchon,
00:29a réussi malgré tout à imprimer ce début de campagne, pour l'heure,
00:32en proposant une annulation pure et simple d'une partie de la dette.
00:36Est-ce que vous dites, comme Thierry Breton, que c'est le parti de l'impossibilisme ?
00:40Non, ce n'est pas possible.
00:41Ce n'est pas possible, on ne peut pas le faire.
00:42Ou est-ce que vous apportez d'autres arguments ce soir ?
00:44Alors, moi d'abord, c'est la différence entre la politique qui concerne les fins,
00:52les objectifs, la société que vous voulez, l'idée que vous faites de l'homme,
00:56de la civilisation, de la culture.
00:58Et puis, ce que sont les instruments de la politique,
01:03qui concerne la politique sociale, la politique économique.
01:06Alors, ce n'est pas totalement disjoint,
01:08mais on peut de temps en temps avoir des discussions et des débats
01:11sur les questions économiques, par exemple,
01:14sans commencer par tout brouiller avec la lutte des classes,
01:18salaud de riches ou salaud de pauvres.
01:20Voilà, donc là, je pense qu'il faut revenir sur terre, se calmer.
01:25Moi, l'idée de...
01:27Je vais peut-être choquer beaucoup de gens, mais ça m'est égal.
01:30L'idée d'annuler une partie de la dette qui est cette partie
01:34qui est dans les comptes, dans les livres de la Banque centrale,
01:37de la Banque vote de France,
01:38est une idée que je défends depuis très longtemps.
01:40Voilà, c'est pour ça que je voulais vous poser la question.
01:42Alors, on va revenir juste...
01:45Vous la défendez depuis quasiment une décennie.
01:48Alors, je ne dis pas qu'on peut y arriver,
01:51je vais vous expliquer pourquoi.
01:53Mais si l'on se place du point de vue strictement économique,
01:56oui, ce serait une bonne idée.
01:58Oui, ce serait une bonne idée.
01:59D'annuler une partie de la dette, détenue...
02:01Alors, il faut laisser...
02:02Moi, je laisse de côté la partie qui est dans les livres,
02:04dans les comptes de la Banque centrale française.
02:06Voilà.
02:10Je voudrais d'abord écarter l'outrance de Jean-Luc Mélenchon,
02:17mais qui est une outrance, qui est une outrance voulue,
02:19et d'ailleurs qui a les effets, puisqu'elle provoque...
02:21Bien sûr.
02:22Elle provoque...
02:23Elle est scénarisée, alors que ça...
02:24Mais vous dites que la proposition...
02:26On va brûler cette partie de la dette,
02:30on va émettre le feu, c'est pas sérieux.
02:32Bon, ça c'est pas sérieux,
02:33ça c'est vraiment de la politique de la population.
02:34Oui, mais sur le fond, vous dites...
02:36Mais sur le fond, alors, sur le fond,
02:39c'est une dette qui nous appartient maintenant,
02:40enfin nous appartient, on va revenir sur ce mot,
02:42mais ça nous appartient.
02:44Donc, nous nous payons des intérêts à nous-mêmes,
02:46et si nous la gardions d'ailleurs dans la Banque centrale,
02:48nous, nous rembourserions à nous-mêmes.
02:50Et ça revient dans le budget de l'État
02:52par le biais des dividendes de la Banque centrale.
02:54Bon, donc, si vous la supprimez,
02:58d'abord, vous n'enlevez rien
02:59à tous les créanciers français de la France aujourd'hui,
03:02puisque, au contraire,
03:04vous dites, il y a plus d'argent pour vous rembourser,
03:05puisque je n'aurais pas à en rembourser celle-là.
03:07– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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