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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00:01Bonsoir à tous, très heureux de vous retrouver pour Face à l'Info.
00:00:04Je vous présente l'équipe qui m'accompagne dans quelques instants, le programme aussi.
00:00:08Mais d'abord, il est quasiment 19h pile et c'est donc l'heure du journal.
00:00:12Les infos avec vous, Valentin Rouillon. Bonsoir, cher Valentin.
00:00:20Bonsoir, cher Thomas et bonsoir à tous.
00:00:22À la Une, ce soir, dans l'Aude, à Poma, l'heure est au Déblément et à la Solidarité.
00:00:27Solidarité, trois jours après le passage d'une violente tornade, 300 maisons ont été endommagées, dont 102 sont désormais inhabitables.
00:00:34La tornade a fait 48 blessés, dont 20 hospitalisations.
00:00:37La présidente de la région Occitanie demande des moyens exceptionnels pour accélérer la reconstruction.
00:00:43Pompiers, habitants et bénévoles s'activent pour sécuriser les lieux et protéger les habitations, comme en témoigne cette femme au
00:00:50micro de Jérôme Ramp.
00:00:51Village voisin, on a vu la tornade arriver et on l'a vu de chez nous à 4 km.
00:00:57Donc voilà, on imagine ce qui s'est passé. On ne mangeait pas aujourd'hui, donc on pouvait le faire.
00:01:01Les Météo France s'inquiètent. De violents orages vont s'abattre dès ce soir sur un large flanc ouest du
00:01:07pays.
00:01:0812 départements sont en alerte orange. Il existe un risque marqué de phénomènes violents.
00:01:13Des grêlons de 2 à 5 cm, de fortes pluies et des rafales de vent jusqu'à 100 km ratendus.
00:01:19Des orages après les fortes chaleurs de cet été avec une autre conséquence, la sécheresse qui continue de sévir.
00:01:24Le gouvernement assouplit temporairement les règles de production de Comté, de Beaufort et de l'abondance.
00:01:31Le manque de pluie a fortement réduit les pâturages, obligeant les éleveurs à adapter l'alimentation des vaches.
00:01:35Pour ces 3 fromages AOP, davantage de fourrage pourra exceptionnellement provenir de l'extérieur des zones habituelles.
00:01:42L'âge des femmes est le principal facteur de risque de fausse couche, selon une étude publiée par l'INED.
00:01:49Entre 10 et 14% des grossesses se terminent par une fausse couche, principalement au premier trimestre.
00:01:54Le risque est particulièrement élevé avant 20 ans, diminue ensuite puis augmente à partir de 35 ans.
00:01:59Il atteint 14% à 40 ans et 23% à 45 ans.
00:02:04Nouveau plan social dans le groupe français de restauration collectif Sodexo.
00:02:09Près de 1100 postes pourraient être supprimés en France.
00:02:13Une annonce vécue comme un tremblement de terre par les syndicats.
00:02:16Sodexo justifie ces suppressions par la nécessité de renforcer sa compétitivité dans un marché très concurrentiel.
00:02:23En France, l'entreprise emploie 25 000 personnes et exploite 4000 sites.
00:02:28Au moins 98 morts entre le Népal et le Tibet.
00:02:31Près de 650 touristes portaient disparu.
00:02:34Les deux tiers sont étrangers.
00:02:36Une quinzaine de personnes d'origine européenne pour l'instant.
00:02:38111 personnes n'ont pas encore été identifiées.
00:02:41Une crue d'une rare violence a tout emporté sur son passage.
00:02:44Des torrents d'eau boueuse ont submergé des quartiers entiers.
00:02:47Écoutez cet habitant témoin de la catastrophe.
00:02:52J'ai vu les eaux emporter 8 ou 9 camions, ainsi que des maisons et des personnes.
00:02:56C'était absolument déchirant.
00:03:00Cela fait 18 ans que j'enseigne ici et je n'ai jamais vu quelque chose de pareil.
00:03:05L'armée iranienne affirme avoir reconstruit tous ces systèmes d'armes endommagés pendant la guerre avec Israël et les Etats
00:03:11-Unis.
00:03:11Téhéran assure également avoir reçu de nouveaux équipements.
00:03:15Nouvelle annonce et dans le même temps, le président iranien affirme que les Etats-Unis n'obtiendront rien avec leur
00:03:21pression économique.
00:03:21Tout comme ils n'avaient rien obtenu pendant la guerre, selon les déclarations du président, citées par l'agence de
00:03:28presse ISNA.
00:03:29Sophie Adnaud effectuera mardi prochain une troisième sortie dans l'espace.
00:03:33L'astronaute française sera cette fois aux commandes de l'opération, accompagnée de sa collègue américaine Jessica Mer.
00:03:38Une nouvelle fois pendant 6h30, elles effectueront plusieurs opérations de maintenance,
00:03:42dont le remplacement d'un rétro-réflecteur et d'une caméra de haute définition, une sortie 100% féminine.
00:03:49Et puis un mot de sport pour terminer, l'Olympique lyonnais joue son avenir en Ligue des Champions ce soir.
00:03:54L'OL reçoit les Turcs du Fenerbahce dans le cadre des barrages retour de la Ligue des Champions.
00:03:59Après un match nul, un partout en Turquie, les coéquipiers de Corentin Tolisso vont tenter de rejoindre Paris, Lens et
00:04:06Lille.
00:04:07Déjà qualifiés pour cette compétition, une rencontre à suivre sur les antennes de Canal+.
00:04:11Merci beaucoup Valentin, on vous retrouve à 20h pour un nouveau journal.
00:04:15Au programme ce soir de Face à l'Info, la crise migratoire à Ceuta pourrait-elle arriver en France ?
00:04:22Est-ce que notre pays est prémuni contre ce cas de figure ?
00:04:25Est-ce que d'une certaine manière, Mayotte ne serait pas le Ceuta français ?
00:04:29En déplacement dans le département ultramarin, Sébastien Lecornu promet un tour de vis migratoire.
00:04:34Mais pour agir, encore faut-il analyser ce qui est à l'œuvre.
00:04:37La dynamique des flux migratoires, la réalité démographique et admettre que notre pays offre des conditions très attirantes pour les
00:04:45candidats à la migration.
00:04:46On aura l'un des tout meilleurs experts pour revenir sur ces questions puisque Nicolas Pouvremonti est avec nous ce
00:04:52soir.
00:04:53Ils font la une des journaux, s'invitent dans les matinales et sont bien décidés à faire passer le message.
00:04:58La campagne présidentielle se fera avec les patrons.
00:05:01Fini la discrétion habituelle, les entrepreneurs se rebifent pour imposer leur réalité aux candidats.
00:05:06invités à débattre aux rencontres du MEDEF, chacun doit désormais se positionner sur les enjeux économiques.
00:05:12Urgence parmi les urgences après dix années de macronisme.
00:05:16Comment Macron a ruiné le pays ?
00:05:18Titre d'ailleurs aujourd'hui le JD News.
00:05:20De son côté, Sarah Knafo s'apprête à publier le casse du siècle et explorer elle aussi les décisions qui
00:05:27nous ont conduit au désastre actuel.
00:05:29Va-t-on enfin vers une prise de conscience générale ?
00:05:31Qui sont les candidats sérieux et crédibles ?
00:05:34Ce sera l'objet de la chronique de Judith Vintraud.
00:05:37Et puis on reviendra sur ces discours anti-riches qui fleurissent en ce moment.
00:05:41Ils seraient nuisibles selon Manon Aubry.
00:05:44Ils ont fait sécession selon sa consœur insoumise Mathilde Panot.
00:05:48Alors de quoi cette chasse aux riches est-elle le nom ?
00:05:50Dans quelle tradition s'inscrit-elle ?
00:05:52On prendra un peu de hauteur, un peu de recul avec l'analyse historique de Guillaume Perrault.
00:05:58Et puis on vous dit souvent qu'on marche sur la tête.
00:06:00Et cette histoire en est une illustration de plus.
00:06:02Un soudanais de 27 ans a été libéré après une comparution devant la justice.
00:06:07Il lui était reproché d'avoir agressé sexuellement une femme de 83 ans.
00:06:11Mais suite à des irrégularités dans la procédure, voilà cet individu relâché dans la nature.
00:06:16Lui qui pourtant avait déjà été condamné pour une agression contre déjà une personne vulnérable.
00:06:22Censé quitter le territoire français, il est resté et le voilà concerné par une autre procédure judiciaire.
00:06:28Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans notre pays pour que la justice ne soit plus capable de
00:06:32protéger les plus fragiles de ces profils dangereux ?
00:06:35Analyse au vitriol de Pierre-Maricef qui est également avec nous.
00:06:38Vous découvrez donc l'équipe qui m'accompagne ce soir.
00:06:42Bonsoir à tous les quatre, je suis ravi de partager cette émission avec vous.
00:06:45On sera également avec Marc Varnot dans la deuxième partie de cette émission pour parler justement des patrons qui ont
00:06:51envie de se faire entendre.
00:06:52Et ce sera l'objet de votre édito, chère Judith.
00:06:54Mais on va commencer avec vous, Nicolas Pouvromanty.
00:06:56Alors je rappelle que vous êtes le directeur de l'Observatoire de l'immigration et de la démographie.
00:07:00Et l'actualité cet été, on en a beaucoup parlé sur notre antenne, c'est bien sûr la crise migratoire
00:07:04à Ceuta.
00:07:05On a vu le gouvernement espagnol déborder par l'afflux soudain de dizaines de milliers de migrants venus du Maroc.
00:07:11Donc cet épisode a retenu l'attention en France par ses conséquences pour notre pays, par les leçons qu'il
00:07:17faut en tirer aussi.
00:07:18Est-ce que vous pouvez nous faire un bref bilan à froid sur cette crise qu'on peut en dire
00:07:22aussi après son surgissement ?
00:07:24En effet, Thomas, il aura suffi de quelques heures au cœur de l'été pour que ce petit bout de
00:07:28territoire de 18 km²
00:07:30devienne en quelque sorte l'épicentre d'une crise européenne.
00:07:33Je ne vais pas revenir longuement sur les faits parce que vos spectateurs les connaissent maintenant bien.
00:07:37Le 30 juillet dernier, en l'espace de quelques heures, de 24 heures en l'occurrence,
00:07:41environ 70 000 migrants, des jeunes hommes marocains pour la plupart,
00:07:45ont franchi de manière irrégulière la frontière qui sépare le royaume du Maroc de l'enclave espagnole de Ceuta.
00:07:52Une partie importante de ces migrants sont repartis au Maroc,
00:07:55une autre partie reste sur le territoire aujourd'hui
00:07:57et la situation reste évidemment très difficile pour les habitants.
00:08:01À froid, il me semble qu'il y a deux leçons principales qui peuvent être tirées.
00:08:05La première, c'est qu'on a, avec ce cas de figure de Ceuta,
00:08:07la confirmation d'un phénomène dont on nous a souvent expliqué qu'il n'existait pas
00:08:11et qui est ce qu'on appelle l'appel d'air, précisément.
00:08:14Il se trouve qu'au mois de janvier dernier, le gouvernement espagnol, on le sait,
00:08:18a annoncé un plan de régularisation des clandestins
00:08:21qui devait concerner initialement 500 000 personnes.
00:08:24Alors, au 30 juin dernier, qui était la date limite pour déposer les dossiers,
00:08:27il y a finalement eu plus d'un million de demandes.
00:08:29Mais quoi qu'il en soit, ce plan de régularisation a évidemment envoyé
00:08:33un signal fort vers les pays de départ et en l'occurrence vers le Maroc pour l'essentiel.
00:08:37Et ça, on se rend compte quand on regarde les chiffres de Frontex.
00:08:40Vous savez, Frontex, c'est l'agence européenne qui aide les États membres
00:08:43à protéger les frontières de l'Union.
00:08:45Sur les sept premiers mois de l'année, donc janvier, juillet 2026,
00:08:49au global, l'ensemble des franchissements irréguliers des frontières de l'Europe
00:08:53ont baissé de 37% par rapport à 2025.
00:08:56Et la seule route qui a connu une augmentation, de 37% aussi en l'occurrence,
00:09:01c'est ce qu'on appelle la route de Méditerranée occidentale,
00:09:04qui est celle qui va du nord du Maroc vers l'Espagne.
00:09:06C'est-à-dire que l'appel d'air, le signal spécifique envoyé par l'Espagne,
00:09:10a produit des effets qui sont à rebours de la dynamique globale des flux migratoires en Europe.
00:09:15Donc ça, c'est un premier effet important.
00:09:16Et puis une deuxième leçon qui mérite d'être tirée, c'est évidemment,
00:09:20je parlais de crise européenne, le fait que cette ruée vers Ceuta
00:09:24a montré encore une fois l'état d'extraordinaire fragilité
00:09:28dans lequel nous place la configuration actuelle de l'espace Schengen.
00:09:33C'est-à-dire qu'un seul pays, même radicalement isolé en Europe,
00:09:37et aujourd'hui c'est le cas de l'Espagne sur l'immigration,
00:09:39est en mesure d'imposer les conséquences de ces décisions à l'ensemble des États de la zone,
00:09:44puisqu'on a évidemment ce principe de libre circulation
00:09:46qui s'applique tant aux citoyens européens qu'aux non-européens.
00:09:50Alors certes, on nous a dit, et c'est vrai qu'il y a des règles dérogatoires pour Ceuta,
00:09:54il y a des contrôles normalement quand on quitte Ceuta
00:09:56pour aller vers l'Espagne continentale ou vers le reste de l'espace Schengen.
00:10:00C'est vrai sur le papier, il ne faut pas faire abstraction de la réalité et de la situation.
00:10:04La majeure partie des migrants qui restent aujourd'hui à Ceuta va demander l'asile,
00:10:09et il se trouve que le tribunal suprême espagnol a déjà dit que les demandeurs d'asile,
00:10:13à partir du moment où leurs demandes étaient formellement enregistrées,
00:10:17pourraient circuler librement dans toute l'Espagne.
00:10:19Et quand vous posez le pied en Andalousie ou en Extramadur,
00:10:22ou en tout cas dans la péninsule ibérique,
00:10:23vous entrez dans un espace de 4 millions de kilomètres carrés,
00:10:26avec un risque évident de migration, de rebond,
00:10:29que ce soit vers la France, vers l'Espagne ou vers un autre pays Schengen.
00:10:33Et même en dehors de cette voie légale qui a été ouverte par les juges espagnols,
00:10:36en pratique, il existe des réseaux de passeurs
00:10:39qui font traverser par le détroit de Gibraltar,
00:10:42depuis Ceuta vers l'Espagne continentale.
00:10:44Vous voyez, la largeur du détroit de Gibraltar, c'est 15 kilomètres.
00:10:47C'est deux fois moins large que la distance entre Calais et Douvres.
00:10:50Il se trouve que l'an dernier, il y a 40 000 migrants
00:10:52qui ont traversé avec succès la Manche depuis la France vers le Royaume-Uni.
00:10:56Donc on voit qu'on a un phénomène qui ne se limite pas
00:10:59aux protections que le droit Schengen est censé apporter
00:11:01et qui sont vraiment minimes.
00:11:02Alors puisque vous parlez de Calais, justement,
00:11:04parlons de la France avec cette question.
00:11:06Est-ce que notre pays pourrait connaître une crise similaire à celle de Ceuta ?
00:11:10Ou alors, vous allez nous dire peut-être que l'Espagne,
00:11:12c'est une situation vraiment particulière,
00:11:14compte tenu notamment de sa position géographique ?
00:11:16Oui, bien sûr. Et puis, si je puis dire, la différence est sans doute
00:11:19que les réalités de l'immigration clandestine en France
00:11:22sont peut-être moins spectaculaires qu'en Espagne,
00:11:24ce qui ne veut pas dire qu'elles ne sont pas importantes pour autant.
00:11:27Je dis moins spectaculaires parce qu'il se trouve qu'en France,
00:11:30on le sait, la majeure partie des clandestins
00:11:33sont entrés en France de manière régulière,
00:11:36donc avec un titre de séjour ou un visa,
00:11:38et qu'ils sont demeurés sur le territoire
00:11:40à l'expiration de ce titre de séjour ou de ce visa.
00:11:42C'est-à-dire qu'on a moins affaire à un phénomène
00:11:45d'entrée en masse et en force, comme on l'a vu à Ceuta,
00:11:48mais plutôt à une forme de détournement
00:11:50de nos dispositifs légaux.
00:11:51C'est ce qui explique d'ailleurs que, dans une large mesure,
00:11:54l'immigration régulière génère de l'immigration irrégulière.
00:11:57Politiquement, il faut être en mesure de penser les deux ensemble
00:12:00parce que ce sont les mêmes flux qui viennent des mêmes pays d'origine,
00:12:03avec bien souvent des immigrés qui passent d'un statut à l'autre
00:12:06selon le moment de leur parcours migratoire.
00:12:08Sur le plan des régularisations aussi,
00:12:10on évoquait la politique espagnole,
00:12:11notre propre politique est moins spectaculaire,
00:12:15elle n'en est pas moins généreuse.
00:12:16Il se trouve qu'en moyenne,
00:12:18nos gouvernements régularisent,
00:12:20par ce qu'on appelle l'admission exceptionnelle au séjour,
00:12:22qui est la voie classique des régularisations,
00:12:2530 à 35 000 clandestins par an.
00:12:27Ça fait plus de 300 000 clandestins sur 10 ans,
00:12:29600 000 sur 20 ans.
00:12:30La différence, c'est donc que,
00:12:32là où l'Espagne procède par grande vague de régularisations,
00:12:34la France régularise au fil de l'eau,
00:12:37en continu, de manière là aussi moins visible,
00:12:40moins spectaculaire, mais pas moins problématique.
00:12:42Et je dis pas moins problématique,
00:12:44parce que l'effet d'appel d'air que j'évoquais pour Ceuta,
00:12:47il vaut aussi pour la France, évidemment.
00:12:49De manière générale, il faut accepter de prendre les migrants
00:12:52pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des êtres humains,
00:12:53des individus rationnels, y compris dans les situations
00:12:56de détresse réelles qui sont souvent les leurs,
00:12:58avec un comportement rationnel,
00:12:59qui est évidemment encore plus aiguisé
00:13:01quand on pense aux filières mafieuses qui les accompagnent.
00:13:03Et quand on a un comportement rationnel,
00:13:05on mesure les opportunités et les risques.
00:13:08On voit la possibilité d'atteindre le sol
00:13:10d'un pays de l'Union européenne,
00:13:12le fait qu'on ne sera probablement jamais renvoyé,
00:13:14que même il y a une probabilité non nulle
00:13:15pour qu'on soit régularisé.
00:13:17Il faut que nos gouvernements et nos juridictions
00:13:19comprennent que lorsqu'ils envoient des signaux,
00:13:22parfois un peu irresponsables,
00:13:23ça a des conséquences directes sur la dynamique des flux.
00:13:25Ça s'est vu à Ceuta,
00:13:27mais ça se voit aussi en France au long cours.
00:13:28Alors, il a été beaucoup question de Mayotte,
00:13:29ensuite, après cette crise migratoire à Ceuta.
00:13:32D'ailleurs, le Premier ministre y est actuellement.
00:13:34Il y a eu aussi des propositions d'Edouard Philippe,
00:13:36candidat à l'élection présidentielle,
00:13:37sur la gestion de l'immigration dans ce département.
00:13:40On le sait, sous très forte pression migratoire
00:13:42depuis des années.
00:13:43Est-ce qu'on peut dresser, Nicolas Pouvromonti,
00:13:44un parallèle entre Ceuta et Mayotte ?
00:13:47Au moins en partie.
00:13:48S'il y a un territoire français qui ressemble à Ceuta,
00:13:50c'est Mayotte.
00:13:51Ça, c'est très certain.
00:13:53On a vu, pendant la crise de cet été,
00:13:57que l'apparent relâchement des contrôles policiers marocains,
00:14:00pour dire le moins au moment de la ruée vers Ceuta,
00:14:02nous a rappelé ou aurait dû rappeler à nos dirigeants quelque chose.
00:14:05C'est qu'aujourd'hui, l'arme migratoire, si on peut dire,
00:14:08est devenue à la fois l'un des leviers de déstabilisation
00:14:13les plus puissants, les plus efficaces contre les États européens,
00:14:15mais c'est aussi devenu, dans un certain nombre de cas,
00:14:18ce qu'on pourrait appeler un moyen d'annexion par le bas.
00:14:21C'est-à-dire qu'il y a des États qui revendiquent leur souveraineté
00:14:23sur des territoires qui ne leur appartiennent pas,
00:14:25et l'arme migratoire est un moyen de faire valoir ce droit.
00:14:28On le sait, pour le Maroc, Ceuta et Melilla,
00:14:31ce sont deux territoires marocains occupés par l'Espagne,
00:14:33quand bien même, évidemment, la majeure partie,
00:14:35la très majeure partie des habitants de ces deux enclaves
00:14:38souhaitent rester espagnols.
00:14:40De la même façon, l'Union des Comores déploie ce type de stratégie
00:14:44exactement le même à Mayotte depuis des années maintenant,
00:14:47en facilitant ou au moins en laissant faire les départs
00:14:50de ces ressortissants vers Mayotte.
00:14:52Et ça, c'est assumé de manière très explicite.
00:14:54Encore le mois dernier, le président comorien,
00:14:56à l'occasion du 51e anniversaire de l'indépendance des Comores,
00:14:59en 1975, a dit, et je le cite,
00:15:01« l'indépendance des Comores restera inachevée
00:15:03tant que Mayotte restera sous l'administration française ».
00:15:06Donc c'est bien cette logique-là d'annexion par le bas.
00:15:08Et on voit donc que les crises migratoires,
00:15:10aujourd'hui, ce ne sont plus seulement des crises humanitaires,
00:15:12ce sont aussi des crises diplomatiques, des crises stratégiques.
00:15:16Et si on veut y faire face de manière efficace,
00:15:18il faut sans doute commencer par éteindre
00:15:20tous les facteurs d'attractivité non désirés.
00:15:23Ça va avec le refus des régularisations, bien sûr.
00:15:26Ça va aussi avec d'autres réformes.
00:15:27Vous évoquiez Édouard Philippe,
00:15:29qui a proposé aussi de suspendre le droit du sol à Mayotte
00:15:32dans la continuité de certaines réformes récentes
00:15:34qui l'ont déjà limité par rapport à la métropole
00:15:36et qui ont déjà eu des premiers résultats sur place.
00:15:39C'est-à-dire que sur les trois dernières années
00:15:40où on a des chiffres,
00:15:41dans un contexte global de baisse de la natalité à Mayotte,
00:15:44le nombre de nouveau-nés issus d'une mer étrangère
00:15:47a baissé deux fois plus fortement
00:15:49que le nombre de nouveau-nés issus d'une mer française.
00:15:51Donc ce facteur d'attractivité de Mayotte
00:15:54comme maternité dans la perspective du droit du sol,
00:15:56il a sans doute été diminué par cette réforme.
00:15:59Évidemment, on peut se demander
00:16:00pourquoi Édouard Philippe ne pousse pas la réflexion
00:16:02jusqu'à la métropole.
00:16:03Parce qu'il se trouve que depuis l'an 2000,
00:16:05globalement, 3 millions de personnes
00:16:07ont acquis la nationalité française,
00:16:09dont un quart par le droit du sol.
00:16:10Et on sait, c'est établi par la littérature scientifique mondiale,
00:16:13que la facilité d'accès à la citoyenneté,
00:16:16c'est un facteur d'attractivité fort pour un pays,
00:16:19pour un migrant qui a déjà décidé de quitter son pays
00:16:21et qui va choisir une destination plutôt qu'une autre.
00:16:24Et à l'inverse aussi,
00:16:25la situation de la métropole,
00:16:27l'expérience de la métropole,
00:16:28pourrait éclairer les propositions d'Édouard Philippe sur Mayotte.
00:16:30Parce que dans le même entretien,
00:16:32il a proposé de suspendre les demandes d'asile.
00:16:34On y revient à Mayotte.
00:16:35Il se trouve que quand il était Premier ministre,
00:16:37au moment du premier confinement Covid,
00:16:40on avait suspendu en métropole,
00:16:41en l'occurrence en Ile-de-France,
00:16:43les demandes d'asile.
00:16:44Et c'est le Conseil d'État
00:16:45qui a contraint le gouvernement
00:16:46à reprendre l'examen des demandes d'asile,
00:16:49alors même que le pays était à l'arrêt,
00:16:50parce que le droit d'asile
00:16:51serait une liberté fondamentale supérieure.
00:16:53On rappelle que c'est quand même une période
00:16:54où les Français étaient enfermés chez eux.
00:16:57Et donc, qu'on parle de Ceuta
00:16:58ou qu'on parle de Mayotte,
00:16:59finalement, on retrouve toujours les mêmes facteurs
00:17:02à l'œuvre dans les crises migratoires.
00:17:04L'action de gouvernements étrangers,
00:17:05souvent, ou plus ou moins hostiles.
00:17:07L'État du droit, du droit européen,
00:17:09du droit constitutionnel.
00:17:11Et aussi, voire même plus encore,
00:17:12l'interprétation qui est faite
00:17:14de ce droit par les juges.
00:17:15Et c'est bien l'ensemble de ces sujets-là,
00:17:17fondamentaux,
00:17:18que les candidats à la présidentielle
00:17:20devront traiter explicitement,
00:17:21sur lesquels ils devront se positionner explicitement,
00:17:24s'ils veulent que les Français
00:17:25puissent voter en conscience au printemps prochain.
00:17:27Il est probable que l'immigration
00:17:28sera un sujet important.
00:17:29Oui, c'est plus que probable.
00:17:30Merci en tout cas,
00:17:30c'est toujours un plaisir, bien sûr, de vous écouter.
00:17:32Et vous avez du pragmatisme,
00:17:34de la rationalité dans des sujets
00:17:35qui sont souvent teintés d'émotion.
00:17:37Parce que moi, c'est ce qui m'a marqué aussi
00:17:38dans cette crise,
00:17:38c'est que personne n'a voulu analyser
00:17:40comme vous l'avez fait, cette crise.
00:17:41On nous a tout de suite dit
00:17:42qu'il ne faut pas faire circuler les images,
00:17:43vous allez nuire à l'Union européenne,
00:17:45vous allez semer la division.
00:17:46C'est ça qu'on a beaucoup entendu aussi,
00:17:47je vous dis, de cet été.
00:17:48Oui, ce qu'on a peu entendu en revanche,
00:17:51c'est dans la dimension diplomatique
00:17:53que vous évoquiez,
00:17:55le facteur économique.
00:17:57Parce que la diplomatie, c'est aussi de l'économie.
00:17:59Et les aides que la France verse
00:18:03très généreusement aux Comores,
00:18:05que ce soit par le biais de l'AFD,
00:18:08l'Association française de développement,
00:18:10ou par le biais de sa contribution
00:18:13aux aides versées par l'Union européenne,
00:18:16seraient un puissant levier
00:18:17si seulement on l'utilisait.
00:18:19Alors c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu,
00:18:20aujourd'hui, il veut mettre en place
00:18:21un système bonus-malus.
00:18:23Mais bon, on verra,
00:18:24c'est pour l'instant des promesses
00:18:25qui restent des promesses.
00:18:26Nicolas Pauv-Monti.
00:18:27Oui, et dans cette même veine
00:18:28que l'aide au développement,
00:18:29il y a aussi toute la question
00:18:29des transferts financiers vers les Comores.
00:18:31Il se trouve que les transferts financiers
00:18:32de la diaspora comorienne,
00:18:34qui est essentiellement établie en France,
00:18:35que ce soit à Mayotte ou en métropole,
00:18:38on pense notamment à Marseille,
00:18:39ça représente 25% du PIB des Comores.
00:18:42Et donc, si demain,
00:18:43on se donnait les moyens d'agir,
00:18:44de fermer ce robinet des transferts financiers
00:18:46comme un moyen de pression,
00:18:47ce serait, avec l'aide au développement
00:18:48et avec beaucoup d'autres choses,
00:18:50un moyen de faire entendre raison
00:18:51au gouvernement comorien.
00:18:52Est-ce que vous avez l'impression
00:18:53qu'on a bien analysé du côté du gouvernement
00:18:54ce qui s'est passé à Ceuta ?
00:18:56Parce qu'on était là cet été sur CNews
00:18:58à décrypter justement ce qui se passait,
00:18:59la réalité du terrain.
00:19:00Et ce qu'on nous opposait,
00:19:01c'était la crise a été bien gérée par l'Espagne.
00:19:04Schengen, c'est la solution.
00:19:05Ça, ce sont les propos
00:19:05qui ont été tenus par Laurent Nunez.
00:19:07Donc, on est un peu loin quand même
00:19:08du constat qui est dressé ce soir
00:19:10par Nicolas Pauv-Monti,
00:19:11qui repose sur les statistiques,
00:19:12sur les faits.
00:19:13Qu'est-ce que vous en pensez, Guillaume Perrault ?
00:19:15Oui, en ce qui concerne l'AFD
00:19:18qui serait le levier pour réagir,
00:19:22ils ont un statut d'agence.
00:19:23On leur a donné un statut d'agence.
00:19:24Ce qui veut dire que le gouvernement
00:19:26s'est dessaisi lui-même
00:19:28de certaines prérogatives
00:19:29à l'égard de l'AFD.
00:19:30Par définition,
00:19:31quand on donne un statut d'agence
00:19:32à l'administration,
00:19:33on lui donne une certaine autonomie.
00:19:34Je ne dis pas que le gouvernement
00:19:35ne peut rien faire.
00:19:36Mais il faut voir aussi
00:19:38les contradictions de la politique suivie.
00:19:41C'est-à-dire que l'État s'est dessaisi
00:19:43lui-même d'un certain nombre
00:19:44de prérogatives
00:19:45à l'égard d'administrations
00:19:47qui étaient jusqu'ici
00:19:48sous son autorité
00:19:50et dont il a voulu,
00:19:51on ne sait trop pourquoi,
00:19:52se dessaisir.
00:19:53Enfin, c'était, paraît-il,
00:19:54pour leur donner un gage
00:19:56d'efficacité, de crédit surtout,
00:19:59vis-à-vis de l'extérieur.
00:20:00Là, je pense qu'ils doivent se dire
00:20:01que c'est très regrettable.
00:20:04Et ce que je voudrais dire simplement,
00:20:05puisque ma marotte,
00:20:07vous le savez, c'est l'histoire,
00:20:08c'est qu'il y a quelque chose
00:20:09d'ironique,
00:20:09de tragiquement ironique
00:20:10dans la situation de Ceuta.
00:20:11C'est la première colonie européenne
00:20:14en Afrique, historiquement.
00:20:16C'est-à-dire que c'est les Portugais
00:20:17qui sont venus le conquérir
00:20:18au XVe siècle.
00:20:20Après, c'est devenu espagnol.
00:20:21Et quand l'indépendance du Maroc
00:20:24a été acquise en 1956,
00:20:26le roi de l'époque,
00:20:28Mohamed V,
00:20:29a voulu, depuis Hassan II,
00:20:30ont voulu, évidemment,
00:20:31récupérer le Maroc espagnol
00:20:33quand ils ont pu.
00:20:34Et il ne restait plus
00:20:34que cette enclave,
00:20:36ce confettis d'empire,
00:20:37si l'on peut dire,
00:20:38auquel les Espagnols
00:20:39se sont cramponnés.
00:20:40Et je pense que certains
00:20:42s'en osaient le dire aujourd'hui.
00:20:43Parce qu'il y a une espèce
00:20:44de patriotisme,
00:20:45de fixation patriotique
00:20:46un peu étrange de l'Espagne
00:20:47qui n'ont pas du tout
00:20:48une mauvaise conscience
00:20:49sur le fait de rester à Ceuta.
00:20:51Mais je pense que les dirigeants,
00:20:53eux, doivent se dire
00:20:53que c'est bien dommage
00:20:55de ne pas l'avoir restitué.
00:20:57M. Maricef,
00:20:58est-ce que vous voulez ajouter
00:20:58quelque chose
00:20:59sur cette crise à Ceuta ?
00:21:00Ce parallèle avec Mayotte aussi ?
00:21:01Sur l'action du gouvernement,
00:21:02moi j'avoue que j'ai été
00:21:03très choqué de voir
00:21:05que l'Europe entière
00:21:06a commis
00:21:08ou s'est associée
00:21:08à une déclaration
00:21:09de Mme Mélanie
00:21:10au moment de l'affaire
00:21:11de Ceuta
00:21:12qui n'appelait pas vraiment
00:21:13à des conséquences
00:21:14très concrètes.
00:21:16C'était simplement
00:21:16une déclaration
00:21:18d'inquiétude
00:21:19vis-à-vis d'une situation
00:21:20qui est évidemment inquiétante.
00:21:22Et quelques pays
00:21:23ne l'ont pas votée.
00:21:24Alors,
00:21:25on ne l'a pas signée.
00:21:26L'Irlande,
00:21:26le Luxembourg
00:21:27qui ont peut-être
00:21:27d'autres problèmes.
00:21:29Sinon,
00:21:29l'Europe entière
00:21:30l'a signée
00:21:31sauf la France.
00:21:32Je trouve ça
00:21:33très inquiétant
00:21:34et ça en dit long
00:21:35sur cette prise de conscience
00:21:37que j'estime
00:21:37proche de zéro
00:21:39d'Emmanuel Macron
00:21:40qui est sur les sujets
00:21:41sociétaux
00:21:42qui demeure un socialiste
00:21:43il l'a toujours été
00:21:45et donc notamment
00:21:46sur l'immigration.
00:21:48Je ne veux pas aller
00:21:49trop nous perdre
00:21:49dans d'autres sujets
00:21:50mais qu'on voit
00:21:50que le gouvernement pense
00:21:51avant de réguler
00:21:53l'immigration
00:21:53de baisser le coût
00:21:54de l'immigration
00:21:54dans le budget
00:21:55il préfère s'attaquer
00:21:56au coût des retraites
00:21:57par exemple.
00:21:57C'est une histoire
00:21:58de priorité.
00:21:59Pour Emmanuel Macron
00:22:01l'immigration
00:22:01est un totem
00:22:02qu'on ne peut pas toucher.
00:22:04Voilà ce qu'on pouvait dire
00:22:05sur cette crise
00:22:05à Ceuta.
00:22:06Merci Nicolas Pouvrementier
00:22:07d'avoir analysé
00:22:08pour nous
00:22:09ce qui s'est passé
00:22:10cet été
00:22:10et les conséquences
00:22:11à venir sans doute
00:22:12pour la France.
00:22:12On va parler maintenant
00:22:13de ce phénomène
00:22:13de la rentrée
00:22:14les patrons
00:22:15qui s'habitent
00:22:15dans la campagne
00:22:16présidentielle.
00:22:18Évidemment
00:22:18vous allez nous parler
00:22:19des universités
00:22:19du MEDEF
00:22:20chère Judith
00:22:21avec un débat
00:22:22où on aura
00:22:23Marine Le Pen
00:22:23Jean-Luc Mélenchon
00:22:24Édouard Philippe
00:22:25Bruno Rotaillot
00:22:25Gabriel Attal
00:22:26Raphaël Clouceman
00:22:27et Marine Tondelier.
00:22:28C'était un beau plateau
00:22:30je vais vous en parler
00:22:31mais pas seulement.
00:22:32Quand on dit
00:22:33les patrons
00:22:34s'invitent dans la campagne
00:22:36ça ressemble
00:22:37à ce qu'on appelle
00:22:37dans notre jargon
00:22:38un marronnier
00:22:39parce qu'en fait
00:22:40à chaque campagne
00:22:41présidentielle
00:22:42les patrons se rappellent
00:22:43au bon souvenir
00:22:43des politiques
00:22:44et d'ailleurs
00:22:44le MEDEF
00:22:45n'a pas attendu
00:22:472026
00:22:47pour recevoir
00:22:48des présidentiables
00:22:49même si c'est
00:22:50la première fois
00:22:50qu'il met en scène
00:22:51comme ça
00:22:51une confrontation
00:22:53un débat
00:22:54en même temps
00:22:55sur la même scène.
00:22:57Alors qu'est-ce
00:22:58qui les a convaincus
00:22:59de se prêter
00:23:00à l'exercice
00:23:01un peu moins
00:23:01de 8 mois
00:23:02avant l'échéance ?
00:23:04Eh bien
00:23:04à mon avis
00:23:05c'est l'irréfusion
00:23:06de l'économie
00:23:07dans les préoccupations
00:23:09quotidiennes
00:23:10et prioritaires
00:23:11des français
00:23:11et je ne parle pas
00:23:12seulement
00:23:13de la
00:23:14internelle question
00:23:15du pouvoir d'achat
00:23:16qui revient
00:23:18tout le temps
00:23:19elle est bien sûr
00:23:20présente
00:23:21mais pour une fois
00:23:22les candidats
00:23:23sont attendus
00:23:23sur les causes
00:23:24de ce qui est
00:23:25ou qui devrait être
00:23:27désormais une évidence
00:23:28pour chaque électeur
00:23:29quelle que soit
00:23:29sa sensibilité politique
00:23:32notre économie
00:23:33risque la faillite
00:23:35étouffée par la dette
00:23:36les dépenses publiques
00:23:37les impôts
00:23:38sans que les résultats
00:23:39soient au rendez-vous
00:23:40comme le dit
00:23:41le président du MEDEF
00:23:42Philippe Martin
00:23:43dans le Parisien
00:23:44on est à marée basse
00:23:46je le cite
00:23:46en termes d'emploi
00:23:47de croissance
00:23:48d'investissement
00:23:48et de balance commerciale
00:23:50alors face
00:23:51à cette situation
00:23:52vous avez des candidats
00:23:53déclarés
00:23:53qui parlent
00:23:54de foutre au feu
00:23:55je cite encore
00:23:56une partie de nos créances
00:23:57vous avez reconnu
00:23:58le leader de la France insoumise
00:24:00et puis des candidats potentiels
00:24:01nous en avez parlé
00:24:02comme Sarah Knafou
00:24:03qui explique que l'économie
00:24:04ne pourra pas se redresser
00:24:06tant qu'on n'aura pas mis fin
00:24:07à ce qu'elle appelle
00:24:07le 15 du siècle
00:24:08qui est donc le titre du livre
00:24:10qu'elle publie
00:24:10le 2 septembre
00:24:12et dont vous allez nous parler
00:24:13juste après cette courte pause
00:24:14puisque vous avez eu la chance
00:24:15d'en consulter
00:24:16les bonnes feuilles
00:24:17comme on dit
00:24:17et donc vous allez pouvoir
00:24:18nous en parler plus longuement
00:24:19très courte pause
00:24:20dans Face à l'Info
00:24:21on continue de parler des patrons
00:24:22on parlera de cette fameuse
00:24:24chasse aux riches
00:24:24avec vous Guillaume Perrault
00:24:26avec cette vue historique
00:24:28que vous allez pouvoir nous apporter
00:24:28et puis cette histoire
00:24:29de ce soudanais de 27 ans
00:24:32libéré
00:24:32avec des vices de procédure
00:24:34et vous allez revenir
00:24:34Pierre-Maricef
00:24:35sur les vices de procédure
00:24:36et puis restez avec nous
00:24:36puisque Marc Varnot nous rejoindra
00:24:38il pourra réagir
00:24:38à votre chronique Judith
00:24:39puis on parlera plus généralement
00:24:41du coup de gueule des patrons
00:24:42lors de cette rentrée
00:24:442026
00:24:45pour la campagne
00:24:452027 bien sûr
00:24:46très courte pause
00:24:47on revient dans Face à l'Info
00:24:48à tout de suite
00:24:52On est de retour
00:24:53dans Face à l'Info
00:24:54on écoute religieusement
00:24:55Judith Vintraub
00:24:56qui nous parle
00:24:56de l'entrée en campagne
00:24:57des patrons
00:24:57je vais le dire comme ça
00:24:58en tout cas
00:24:58qui s'invite dans la campagne
00:25:00c'est un sujet
00:25:00dont on parle souvent
00:25:01mais cette fois
00:25:01c'est vraiment assez important
00:25:03assez massif
00:25:04on a Marc Varnot
00:25:05qui nous a rejoint
00:25:06et je le salue
00:25:06bonsoir cher Marc
00:25:07vous écoutez vous aussi
00:25:08religieusement
00:25:09cet édito
00:25:10puis après on parlera
00:25:11avec vous justement
00:25:12du rôle des patrons
00:25:13vous étiez aux rencontres
00:25:14du Medef
00:25:14et vous allez pouvoir nous dire
00:25:15justement
00:25:15ce qu'on peut en dire
00:25:17alors on parlait juste avant la pause
00:25:18du livre à venir
00:25:20de l'ouvrage à venir
00:25:21de Sarah Knafo
00:25:21Le Casse du siècle
00:25:22elle le publie donc
00:25:24le 2 septembre
00:25:24mais alors Le Casse du siècle
00:25:25est-ce qu'on ne pourrait pas
00:25:26y voir cher Judith
00:25:27une formule
00:25:28quasiment aussi démagogique
00:25:29que foutre au feu la dette
00:25:31comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon
00:25:32alors dans son livre
00:25:34dont les bonnes feuilles
00:25:35seront dans le Figaro magazine
00:25:36cette semaine
00:25:37que j'engage tout le monde
00:25:38à acheter
00:25:39Sarah Knafo précise
00:25:41qu'elle ne parle pas
00:25:41d'un complot organisé
00:25:43pour ruiner les français
00:25:44mais d'un enchaînement
00:25:45infernal
00:25:45de mauvaises décisions
00:25:47de renoncement
00:25:48de lâcheté
00:25:48et de calcul
00:25:49elle est sans doute
00:25:50la seule énarque
00:25:51capable d'assimiler
00:25:53un rapport de la Cour des Comptes
00:25:54où elle a été magistrate
00:25:56et de le mettre
00:25:56à la portée de Nicolas
00:25:57vous savez le fameux
00:25:58Nicolas qui paye
00:26:00qu'elle met en scène
00:26:00dans son ouvrage
00:26:01le casse du siècle
00:26:03explique comment
00:26:04tous les gouvernements
00:26:05sans exception
00:26:06ont contribué
00:26:06à étouffer
00:26:07l'esprit d'entreprise
00:26:08dans notre pays
00:26:09et à l'appauvrir
00:26:10au bénéfice d'un État
00:26:12toujours plus incapable
00:26:13d'assumer
00:26:14ses missions fondamentales
00:26:15en contrepartie
00:26:17de ce qu'il exige
00:26:17des contribuables
00:26:18Sarah Knafo
00:26:19n'est pas seule
00:26:20sur ce créneau
00:26:20non
00:26:20et c'est aussi
00:26:21ce qui distingue
00:26:22cette campagne
00:26:22des précédentes
00:26:23non seulement
00:26:24les sujets économiques
00:26:25y tiennent une vraie place
00:26:27mais le discours libéral
00:26:28n'y est plus marginalisé
00:26:30en termes de propositions
00:26:31Sarah Knafo
00:26:32est celle qui va
00:26:33le plus loin sans doute
00:26:34puisqu'elle milite
00:26:34par exemple
00:26:35pour la suppression
00:26:35de la CSG
00:26:36ou encore
00:26:37pour la privatisation
00:26:39totale
00:26:39de l'audiovisuel public
00:26:41mais David Nislard
00:26:42qui lui
00:26:43a clairement dit
00:26:44qu'il voulait se présenter
00:26:45contrairement à Sarah Knafo
00:26:46n'hésite pas
00:26:48à se revendiquer
00:26:49carrément libéral
00:26:50libéral conservateur
00:26:52prenez le sujet
00:26:53des retraites
00:26:54ô combien important
00:26:55à part Jean-Luc Mélenchon
00:26:56tous les candidats
00:26:57veulent introduire
00:26:58une part de capitalisation
00:27:00obligatoire
00:27:01dans le système
00:27:01y compris
00:27:03le socialiste
00:27:03Philippe Brun
00:27:04et Gabriel Attal
00:27:05même si
00:27:06dans le programme
00:27:07de Gabriel Attal
00:27:08il est seulement question
00:27:09d'un compte
00:27:09de capitalisation
00:27:11où l'État
00:27:12verserait
00:27:131000 euros
00:27:14par enfant
00:27:14et qu'ensuite
00:27:14les parents
00:27:15pourraient abonder
00:27:16ou non
00:27:16mais quand même
00:27:17un tabou libéral
00:27:18est brisé à gauche
00:27:20alors on pourrait dire aussi
00:27:21que Marine Le Pen
00:27:21n'est pas plus favorable
00:27:23à la capitalisation
00:27:24que ne l'est
00:27:24Jean-Luc Mélenchon
00:27:25Effectivement
00:27:26elle veut simplement
00:27:27ajouter une part
00:27:28de capitalisation
00:27:29volontaire
00:27:30mais son allié
00:27:32Éric Ciotti
00:27:33qui est beaucoup plus libéral
00:27:34qu'elle ne désespère
00:27:35toujours pas
00:27:35de la convaincre
00:27:36d'aller vers un étage
00:27:37de capitalisation
00:27:38obligatoire
00:27:39et en prime
00:27:41un report
00:27:41de l'âge de la retraite
00:27:42à 64 ans
00:27:43c'est l'un des sujets
00:27:44sur lesquels
00:27:45les patrons
00:27:45attendent les candidats
00:27:47et la présidente du RN
00:27:48est en pleine opération
00:27:49de séduction
00:27:50alors sait-on jamais ?
00:27:52Le RN
00:27:52qui comme David Lissnard
00:27:53et Sarah Knaffo
00:27:55réclame la suspension
00:27:56du passage obligatoire
00:27:57à la facturation électronique
00:27:59Oui
00:27:59alors c'est un autre sujet
00:28:01mais en fait
00:28:01c'est le même
00:28:02Jean-Luc Mélenchon
00:28:03lui aussi
00:28:04veut un moratoire
00:28:05voilà un autre débat économique
00:28:07qui s'est imposé
00:28:08complètement dans la campagne
00:28:10et pas grâce au MEDEF
00:28:11plus attentif
00:28:12quoi qu'il en dise
00:28:13aux besoins des patrons
00:28:14de grands groupes
00:28:14et de PME
00:28:15qu'à ceux des micro-entrepreneurs
00:28:17Philippe Martin
00:28:18n'en parle même pas
00:28:19dans l'interview
00:28:20qu'il donne aux Parisiens
00:28:21aujourd'hui
00:28:21la réforme
00:28:22qui est censée
00:28:23commencer à s'appliquer
00:28:23mardi prochain
00:28:24concerne plus de
00:28:2510 millions
00:28:26d'acteurs économiques
00:28:28le gouvernement
00:28:29essaye de la vendre
00:28:31en affirmant
00:28:31que la facturation
00:28:32économique
00:28:33est je cite
00:28:34plus juste
00:28:35plus simple
00:28:36et plus efficace
00:28:37mais en fait
00:28:38elle est très injuste
00:28:39pour les petits patrons
00:28:40et les auto-entrepreneurs
00:28:41qui n'ont pas
00:28:42de logiciel
00:28:43de gestion intégré
00:28:44ni de budget
00:28:45pour rémunérer
00:28:45des informaticiens
00:28:47ou des fiscalistes
00:28:48et qui devront faire appel
00:28:50à une plateforme privée
00:28:51alors vous me direz
00:28:52si c'est privé
00:28:53ce sera peut-être
00:28:54plus efficace
00:28:55sauf que comme
00:28:57le très libéral
00:28:59Gaspard Koenig
00:29:00l'écrit
00:29:01l'innovation bureaucratique
00:29:03crée des bullshit jobs
00:29:05à foison
00:29:05c'est acquis
00:29:06proposera des tutos
00:29:08des services au départ
00:29:09gratuits
00:29:09dont les adhérents
00:29:10découvriront
00:29:11au fur et à mesure
00:29:12qu'ils sont trop basiques
00:29:14et pour avoir plus
00:29:15il faudra payer
00:29:17c'est l'argument
00:29:18de la France insoumise
00:29:19pour s'y opposer
00:29:20le groupe des insoumis
00:29:21a même déposé
00:29:22une proposition de loi
00:29:23pour suspendre la réforme
00:29:24tant que l'état
00:29:25n'aura pas fait
00:29:26son propre système
00:29:28entièrement gratuit
00:29:29comme ses homologues
00:29:30italiens
00:29:31ou polonais
00:29:32quand le tout
00:29:33digital a été voté
00:29:35en 2020
00:29:35c'était d'ailleurs
00:29:36ce qui était prévu
00:29:37le gouvernement
00:29:38y a renoncé en 2024
00:29:39au motif que
00:29:40mettre en place
00:29:41un tel dispositif
00:29:42prendrait trop de temps
00:29:42c'est vrai que chez nous
00:29:43le nombre de fonctionnaires
00:29:45ou de postes de fonctionnaires
00:29:46très exactement
00:29:47n'a augmenté
00:29:48que de 326 000
00:29:51326 000
00:29:52sous Emmanuel Macron
00:29:53qui avait promis
00:29:54d'en supprimer
00:29:54120 000
00:29:55lors de son premier mandat
00:29:56alors ça bizarrement
00:29:58la France insoumise
00:29:59n'en parle pas
00:30:00elle ne s'intéresse pas
00:30:01non plus
00:30:02au caractère
00:30:03extrêmement intrusif
00:30:04de la facturation
00:30:05électronique
00:30:06alors pour justifier
00:30:06ce passage
00:30:07à la facture électronique
00:30:08le gouvernement dit
00:30:08que c'est pour lutter
00:30:09contre la fraude
00:30:10oui
00:30:10il espère récupérer
00:30:11entre 2 et 3 milliards
00:30:13de TVA supplémentaires
00:30:14grâce à cette réforme
00:30:15c'est un objectif légitime
00:30:17mais la méthode choisie
00:30:18revient à traiter
00:30:19chaque acteur économique
00:30:21comme un coupable
00:30:22en puissance
00:30:22en lui demandant
00:30:24d'apporter la preuve
00:30:25a priori
00:30:26de la légalité
00:30:26de toutes ces transactions
00:30:29normalement
00:30:30l'Etat exerce
00:30:31un contrôle
00:30:32a posteriori
00:30:33sur l'activité
00:30:34d'une entreprise
00:30:35qu'il soupçonne
00:30:36de frauder
00:30:37avec la facturation
00:30:39électronique
00:30:40on bascule
00:30:41dans le contrôle
00:30:42permanent
00:30:42sans aucune garantie
00:30:44que l'administration
00:30:45fiscale
00:30:45saura préserver
00:30:46la confidentialité
00:30:47des informations
00:30:48qu'elle exige
00:30:49et surtout
00:30:50que ça intervient
00:30:51après le piratage
00:30:52les piratages en série
00:30:53des fuites aussi
00:30:54des données fiscales
00:30:55oui après
00:30:56c'est le mot important
00:30:57après
00:30:58on nous a même annoncé
00:30:59l'organisation
00:31:00mi-septembre
00:31:00d'un conseil de défense
00:31:01pour la première fois
00:31:02entièrement dédié
00:31:03à la cybersécurité
00:31:05la création d'une force
00:31:06militaire
00:31:06d'intervention spécialisée
00:31:08et toute une batterie
00:31:09de mesures d'authentification
00:31:10qui au passage
00:31:11vont encore allonger
00:31:12le temps que chaque entrepreneur
00:31:14devra consacrer
00:31:15à des démarches administratives
00:31:18je lisais
00:31:19sur le site
00:31:20de la revue
00:31:20écolo reporter
00:31:21le témoignage
00:31:23d'un petit éleveur
00:31:23nantais de vaches
00:31:24qui jusqu'à présent
00:31:26devait simplement
00:31:27fournir
00:31:28aux services fiscaux
00:31:29un récapitulatif
00:31:31trimestriel
00:31:31de ses ventes
00:31:32aux particuliers
00:31:33avec la facturation
00:31:35électronique
00:31:36et son corollaire
00:31:37qui est le e-reporting
00:31:38la vente
00:31:39de chaque morceau
00:31:41devra être
00:31:42dûment signalée
00:31:43il a calculé
00:31:44qu'il pourrait devoir
00:31:45rédiger jusqu'à
00:31:46150 lignes
00:31:47pour un animal
00:31:48entier
00:31:49Edouard Philippe
00:31:50et Gabriel Attal
00:31:51défendent ardemment
00:31:52cette réforme
00:31:53qui transpose
00:31:54en l'aggravant
00:31:55comme d'habitude
00:31:56dans notre pays
00:31:57une directive européenne
00:31:59son application
00:32:00est prévue
00:32:00en 2030
00:32:01au niveau européen
00:32:02mais
00:32:03ces deux-là
00:32:04devraient se méfier
00:32:05à débat
00:32:06même réussi
00:32:07devant le MEDEF
00:32:08ne suffit pas
00:32:08pour séduire
00:32:09les entrepreneurs
00:32:10surtout les plus petits
00:32:11qui comme chacun sait
00:32:12sont les plus gros
00:32:14créateurs d'emplois
00:32:15en France
00:32:16Merci Judith
00:32:17pour ce passage
00:32:18au crible
00:32:18des patrons
00:32:20de leurs messages
00:32:20de leurs attentes aussi
00:32:21il se trouve que
00:32:22nous avons Marc Varnot
00:32:23qui est lui-même
00:32:24on peut vous présenter
00:32:25comme un patron
00:32:26cher Marc
00:32:27un entrepreneur
00:32:27en tout cas
00:32:28chef d'entreprise
00:32:28chef d'entreprise
00:32:29vous êtes allé
00:32:30aux rencontres du MEDEF
00:32:31qu'est-ce que vous en retenez
00:32:32quel est le message
00:32:33que les patrons
00:32:34ont envie de faire passer
00:32:35à quelques mois
00:32:36l'élection présidentielle
00:32:37Écoutez
00:32:38moi j'ai vu
00:32:39un Patrick Martin
00:32:40combatif
00:32:40qui est sorti
00:32:41du Politically Correct
00:32:42qui caractérisait lui
00:32:43et son prédécesseur
00:32:44ou de Bézieux
00:32:44et qui enfin
00:32:45tape du poing sur la table
00:32:46pour dire
00:32:46maintenant ça suffit
00:32:47le MEDEF
00:32:48représente 240 000 entreprises
00:32:5012 millions de salariés
00:32:5112 millions de salariés
00:32:52le MEDEF
00:32:53représente 60%
00:32:54des salariés
00:32:54je tiens à le préciser
00:32:55parce que
00:32:56contrairement à tous
00:32:57les autres syndicats
00:32:57qu'on connaît tous
00:32:58tous les autres syndicats
00:32:59de salariés
00:32:59représentent tous ensemble
00:33:018% des salariés
00:33:02du privé
00:33:02le MEDEF représente
00:33:0462% des salariés
00:33:05des emplois privés
00:33:07en France
00:33:08première chose
00:33:09deuxième chose
00:33:09le MEDEF
00:33:10fait des études
00:33:11sans arrêt
00:33:12qu'est-ce que
00:33:13au monde ces études
00:33:1482% des patrons
00:33:15sont inquiets
00:33:1670 000 dépôts de bilan
00:33:19en 12 mois
00:33:20un record absolu
00:33:22le signal d'alarme
00:33:23est tiré
00:33:24mais personne ne veut
00:33:25l'entendre
00:33:25la rentabilité
00:33:26des entreprises françaises
00:33:27est 10% inférieure
00:33:28à celle
00:33:29des entreprises allemandes
00:33:30on a
00:33:31une dépense publique
00:33:32et des prélèvements
00:33:34obligatoires
00:33:34qui détiennent
00:33:35le record mondial
00:33:36et à côté de ça
00:33:37qu'est-ce que l'on voit
00:33:37des politiques
00:33:39tous
00:33:39qui nous parlent
00:33:40que de nouveaux impôts
00:33:41de nouveaux prélèvements
00:33:42de nouvelles taxes
00:33:43personne n'a un discours
00:33:45de réformateur
00:33:46donc Patrick Martin
00:33:47aujourd'hui
00:33:48il dit
00:33:48stop ça suffit
00:33:49le système va exploser
00:33:50et bien justement
00:33:51écoutons Patrick Martin
00:33:52un extrait de son discours
00:33:54et puis on continue
00:33:54à en parler
00:33:56notre pays
00:33:57doit avoir
00:33:58le courage
00:33:59d'acter
00:34:00que le redressement
00:34:01des comptes publics
00:34:02n'est pas une option
00:34:03c'est un préalable
00:34:05pas seulement
00:34:07pour satisfaire
00:34:08nos engagements
00:34:09européens
00:34:09qui sont importants
00:34:10ou pour apaiser
00:34:11les marchés
00:34:12c'est important aussi
00:34:13mais parce que
00:34:14c'est la condition
00:34:15première
00:34:15de notre souveraineté
00:34:16et ça doit se faire
00:34:18par la réduction
00:34:19des dépenses
00:34:20pas par un fantasme
00:34:21dangereux
00:34:22d'annulation
00:34:23des dettes
00:34:25on comprend très bien
00:34:26à qui il s'adresse
00:34:27mais Patrick Martin
00:34:28il parle aussi
00:34:29du bilan
00:34:29d'Emmanuel Macron
00:34:30d'une certaine manière
00:34:31parce que
00:34:31on va d'ailleurs
00:34:32pouvoir montrer
00:34:33la une du JD News
00:34:34qui est en kiosque
00:34:35à partir d'aujourd'hui
00:34:36comment Macron
00:34:36a ruiné le pays
00:34:37parce que
00:34:38les patrons
00:34:38alertent aussi
00:34:39sur l'état
00:34:40des finances
00:34:41en ce moment
00:34:41c'est ce que dit
00:34:42Patrick Martin
00:34:42à l'instant
00:34:43évidemment
00:34:43mais le discours
00:34:45de Patrick Martin
00:34:46est intéressant
00:34:46parce qu'il s'attaque
00:34:47à tous les problèmes
00:34:48il a un discours
00:34:48qui est quasiment politique
00:34:49il dit voilà
00:34:50il faut s'attaquer
00:34:50au problème
00:34:51de l'emploi des jeunes
00:34:51il faut arrêter
00:34:52de former les gens
00:34:53à des métiers
00:34:53qui mènent au chômage
00:34:54et ensuite
00:34:54faire bonheur des étrangers
00:34:55parce qu'on n'a pas
00:34:56formé d'informaticien
00:34:56en France
00:34:58il parle de l'interdiction
00:34:59du cumul des mandats
00:35:00en disant
00:35:00que c'est une erreur colossale
00:35:01qui a détruit
00:35:02la classe politique
00:35:03tout le monde est d'accord
00:35:04mais lui
00:35:04il met les pieds dans le plat
00:35:05il met les pieds dans le plat
00:35:06sur les régimes sociaux
00:35:07il dit ce qu'il faut
00:35:08qu'on copie
00:35:08ce qui marche ailleurs
00:35:09et qu'on arrête
00:35:10de vouloir toujours
00:35:11tout réinventer en France
00:35:12pour surtout éviter de réformer
00:35:13et surtout
00:35:14il a cité Clémenceau
00:35:15à un moment
00:35:15en disant
00:35:16il faut savoir ce que l'on veut
00:35:17et quand on sait ce que l'on veut
00:35:18il faut savoir le dire
00:35:19et quand on sait le dire
00:35:20il faut savoir le faire
00:35:21c'est-à-dire que ce message
00:35:22il était pour les politiques
00:35:23qu'est-ce qu'il leur dit
00:35:24il leur dit
00:35:25écoutez maintenant ça suffit
00:35:26vous savez tous
00:35:27quel est le problème
00:35:27vous connaissez tous le constat
00:35:29quand vous sortez
00:35:30d'un plateau de télévision
00:35:31vous êtes d'accord avec nous
00:35:33dans les couloirs
00:35:34mais par contre en public
00:35:35vous nous racontez n'importe quoi
00:35:36ça suffit
00:35:37vous partagez le constat
00:35:38il faut avoir le courage
00:35:39de faire les réformes
00:35:40et ce message
00:35:41il est destiné aux politiques
00:35:42et demain
00:35:42les politiques qui vont venir débattre
00:35:44à l'AREF
00:35:45je pense que Patrick Martin
00:35:46le nouveau Patrick Martin
00:35:48va leur faire passer
00:35:49un sale quart d'heure
00:35:49parce qu'il le mérite
00:35:50et notamment on peut parler
00:35:51de ceux qui sont
00:35:52les héritiers d'Emmanuel Macron
00:35:53qu'ils le veuillent ou non
00:35:54parce qu'on parlait
00:35:55de cet état des lieux
00:35:57est-ce qu'on peut dire
00:35:58Marc Varno
00:35:59qu'au cours des dix dernières années
00:36:00la situation
00:36:00elle s'est dégradée
00:36:01à quasiment
00:36:02tous les points de vue
00:36:05je crois que la France
00:36:05doit être réformée
00:36:06depuis 20 ans
00:36:07c'est pas la peine
00:36:07de se mentir
00:36:08ça fait 20 ans
00:36:09que les politiques
00:36:10passent la patate chaude
00:36:11au suivant
00:36:11la seule différence
00:36:13c'est que
00:36:14depuis qu'Emmanuel Macron
00:36:15est aux manettes
00:36:17il y avait une obligation
00:36:18de réformer
00:36:19et la raison pour laquelle
00:36:20on est aujourd'hui
00:36:20le dos au mur
00:36:21et qu'on va peut-être
00:36:22aller vers une catastrophe
00:36:23c'est parce qu'Emmanuel Macron
00:36:25n'a pas eu le courage
00:36:26de réformer
00:36:27comme l'a dit
00:36:28Judith Weintraub
00:36:29tout à l'heure
00:36:29quand il est arrivé
00:36:30il voulait supprimer
00:36:31150 000
00:36:32120 000 postes
00:36:33de fonctionnaires
00:36:34il a augmenté de 300 000
00:36:36quand il est arrivé
00:36:36il voulait que
00:36:37tous les OQTF
00:36:38soient exécutés
00:36:39on a 500 000 OQTF
00:36:40en cumule en France
00:36:41aujourd'hui
00:36:41c'est-à-dire qu'aujourd'hui
00:36:43le système ne peut plus
00:36:44se payer le luxe
00:36:45de ne pas être réformé
00:36:47on est au bout
00:36:49de la fiscalité
00:36:50on est au bout
00:36:51de tout
00:36:51il va falloir
00:36:52c'est pour ça que
00:36:53Patrick Martin
00:36:53tape du poing sur la table
00:36:54et change de discours
00:36:55parce qu'il y a un deuxième problème
00:36:56Patrick Martin
00:36:57ce sont ses adhérents
00:36:58c'est-à-dire qu'il y a
00:36:59beaucoup de gens au MEDEF
00:37:00qui disent
00:37:01oh là là
00:37:01allez ça suffit
00:37:02d'être poli
00:37:03et bien élevé
00:37:03maintenant
00:37:04la facturation électronique
00:37:06il faut qu'on refuse
00:37:07la facturation électronique
00:37:08mais pas qu'on refuse
00:37:09avec un discours
00:37:10qui est fait pour
00:37:10l'Académie française
00:37:11il faut qu'on refuse
00:37:12la facturation électronique
00:37:13en disant non
00:37:13on ne l'appliquera pas
00:37:14il y a un moment
00:37:16il va falloir se décider
00:37:17si les politiques
00:37:18n'écoutent pas
00:37:19Patrick Martin
00:37:20et le MEDEF
00:37:21je pense
00:37:22que certains adhérents
00:37:23du MEDEF
00:37:24pour ne pas dire
00:37:24Patrick Martin
00:37:25seront partisans
00:37:26de mesures
00:37:27vraiment fortes
00:37:28ça c'est intéressant
00:37:29ça c'est nouveau
00:37:29parce que les patrons
00:37:30prennent la parole
00:37:31de plus en plus
00:37:31ça c'est aussi
00:37:32un fait relativement nouveau
00:37:33même s'ils s'invitent
00:37:34dans la campagne
00:37:34ils faisaient passer
00:37:35des messages
00:37:35mais là on les entend
00:37:36et ça c'est important
00:37:37c'est bien
00:37:37je vous rappelle quand même
00:37:38que sur certains sujets
00:37:40une grande partie
00:37:41de la classe politique
00:37:42refusait de débattre
00:37:43sur les retraites
00:37:44il n'y a pas de tabou
00:37:45sur les retraites
00:37:46pourquoi ils refusaient
00:37:46de débattre ?
00:37:47parce qu'ils refusaient
00:37:48les réalités économiques
00:37:48on était tout le temps
00:37:49en train de nous opposer
00:37:50la vie
00:37:52d'accord
00:37:52la réalité économique
00:37:53elle est là
00:37:53la réalité économique
00:37:54en France
00:37:55les trois quarts des gens
00:37:56ça ne les intéresse pas
00:37:57ils considèrent que
00:37:58la différence entre
00:37:5910 millions et 100 milliards
00:38:00il n'y en a pas
00:38:01donc il y a un moment
00:38:02ce qu'il voulait
00:38:03il faut dire
00:38:03voilà la réalité
00:38:04elle est là
00:38:05on a une dette
00:38:06qui est insupportable
00:38:06une fiscalité
00:38:07qui est la plus élevée
00:38:08du monde
00:38:08on est le dos au mur
00:38:10il faut faire quelque chose
00:38:12en tout cas merci Marc Varnot
00:38:13d'être avec nous
00:38:14vous pouvez bien sûr
00:38:14rester avec nous
00:38:15puisqu'on va rester
00:38:16un peu dans cette thématique
00:38:17je le disais
00:38:18dans l'introduction
00:38:18dans le sommaire
00:38:19on a entendu
00:38:20ces dernières heures
00:38:21ces derniers jours
00:38:21cher Guillaume
00:38:23Mathilde Panot
00:38:23dire que les riches
00:38:24faisaient sécession
00:38:25Manon Brie parlait
00:38:26des nuisibles
00:38:27donc on en est dans
00:38:28cette logique
00:38:29de la chasse aux riches
00:38:30en ce moment
00:38:31oui cher Thomas
00:38:32il y a des propositions
00:38:33libérales certes
00:38:34en ce début de campagne
00:38:35Judith
00:38:35on vient d'en parler
00:38:36néanmoins
00:38:37la tonalité générale
00:38:39de ces dernières semaines
00:38:40reste sinistre
00:38:41on parle surtout
00:38:42de haïr les riches
00:38:43de punir la réussite
00:38:45de taxer l'héritage
00:38:46encore plus
00:38:47c'est à peine croyable
00:38:49nous avons d'ores et déjà
00:38:50des impôts
00:38:51parmi les plus élevés
00:38:52d'Europe
00:38:52moins d'un français sur deux
00:38:54paient l'impôt sur le revenu
00:38:55l'impôt sur le patrimoine
00:38:57n'a pas été supprimé
00:38:58contrairement à ce qu'on dit souvent
00:38:59on a restreint son assiette
00:39:01aux biens immobiliers
00:39:03on l'a réformé
00:39:03mais on l'a pas supprimé
00:39:04et on lui a donné
00:39:05un nouveau nom
00:39:05l'IFI
00:39:06les droits de succession
00:39:07chez la plupart de nos voisins
00:39:08soit n'existent pas
00:39:10soit sont beaucoup plus
00:39:12modérés
00:39:12qu'en France
00:39:13et pourtant
00:39:14ce n'est pas encore
00:39:15assez
00:39:16paraît-il
00:39:17aux yeux
00:39:18d'un certain nombre
00:39:19de candidats
00:39:19non seulement Jean-Luc Mélenchon
00:39:21mais aussi Raphaël Glucksmann
00:39:22qu'on présente
00:39:23comme modéré
00:39:24rivalise
00:39:25l'un comme l'autre
00:39:26de propositions anti-riches
00:39:27il y a des différences
00:39:28entre les deux
00:39:29bien sûr
00:39:29Mélenchon manie souvent
00:39:30la vective
00:39:31Raphaël Glucksmann
00:39:32lui est poli
00:39:33mais sur le fond
00:39:34les programmes
00:39:35de l'un et de l'autre
00:39:36sont inquiétants
00:39:38en matière économique
00:39:39cette obsession
00:39:39anti-riches
00:39:40a quelque chose
00:39:41d'irrationnel
00:39:42d'insensé
00:39:44le PIB par habitant
00:39:46de la France
00:39:46est maintenant inférieur
00:39:47à la moyenne européenne
00:39:49on devrait le dire
00:39:50matin, midi et soir
00:39:51ça aurait paru impensable
00:39:53il y a 20 ans
00:39:53et bien nous y sommes
00:39:55voilà un signe
00:39:55de déclassement
00:39:56incontestable
00:39:57les dépenses publiques
00:39:58sont les plus élevées
00:39:59d'Europe
00:39:59et hors de contrôle
00:40:00la dette publique
00:40:01atteint 3500 milliards
00:40:03d'euros
00:40:04en somme
00:40:05le pays est en pleine
00:40:06dégringolade
00:40:07il n'y a d'ailleurs pas grand monde
00:40:08pour le contester
00:40:09frontalement
00:40:10on biaise
00:40:11mais pour le contester
00:40:12frontalement
00:40:13et qu'est-ce qu'on en propose
00:40:14pour en sortir ?
00:40:15Faites faire payer
00:40:16les riches
00:40:17vu d'Allemagne
00:40:18vu d'Italie
00:40:19c'est une névrose
00:40:21une véritable névrose
00:40:22Alors Guillaume Perrault
00:40:23la passion anti-riches
00:40:25est-ce que c'est une particularité
00:40:26française
00:40:26qui remonte loin ?
00:40:28Dans une large mesure
00:40:29oui
00:40:29la jalousie
00:40:30c'est un défaut universel
00:40:31des individus
00:40:32moi
00:40:33comme tout le monde
00:40:33on peut éprouver
00:40:35de la jalousie
00:40:35contre quelqu'un
00:40:36dans certaines circonstances
00:40:37et il faut essayer
00:40:38de réfréner
00:40:38ce mauvais sentiment
00:40:40mais l'envie
00:40:41c'est un trait
00:40:42du caractère national
00:40:43un trait des français
00:40:44leur défaut numéro un
00:40:46et ses racines
00:40:47sont anciennes
00:40:48sous l'ancien régime
00:40:49lorsque nous avions des rois
00:40:50la culture aristocratique
00:40:52dominait les esprits
00:40:53créer de la richesse
00:40:55gagner de l'argent
00:40:56c'était une activité
00:40:57non noble
00:40:58un aristocrate
00:40:59ne pouvait pas
00:41:00devenir négociant
00:41:01ou industriel
00:41:02s'il le faisait
00:41:03il perdait
00:41:04sa qualité de noble
00:41:05on appelait ça
00:41:06déroger
00:41:07c'était le mot à l'époque
00:41:08déroger
00:41:08il nous en reste
00:41:09la conviction
00:41:10que servir l'état
00:41:11c'est plus respectable
00:41:12que d'être dans le privé
00:41:13ça serait plus honorable
00:41:15pour beaucoup de gens
00:41:16parce que l'état
00:41:16lui est censé défendre
00:41:17l'intérêt général
00:41:18nécessairement supérieur
00:41:20à des intérêts privés
00:41:21en théorie
00:41:22donc il existe
00:41:23l'idée très tenace
00:41:24très enracinée
00:41:25que l'argent public
00:41:27est propre
00:41:27fondamentalement propre
00:41:29mais que l'argent privé
00:41:31serait sale
00:41:32serait louche
00:41:33tout le monde connaît
00:41:34le bourgeois gentilhomme
00:41:35de Molière
00:41:36on en a appris des scènes
00:41:37on les a interprétées
00:41:39pour les plus chanceux
00:41:40et bien la femme
00:41:41de monsieur Jourdain
00:41:42dans cette pièce
00:41:43elle s'inquiète
00:41:44des goûts de luxe
00:41:45de son mari
00:41:45mais pourquoi ?
00:41:46parce qu'elle dit
00:41:47à un moment
00:41:47qu'elle a peur
00:41:48du candiraton
00:41:48elle a peur
00:41:49de ce que vont dire
00:41:50les voisins
00:41:51et elle l'imagine
00:41:52qui sont en train de dire
00:41:53je cite
00:41:53on ne devient guère si riche
00:41:55à être honnête gens
00:41:56fin de citation
00:41:58autrement dit
00:41:58Molière met en scène
00:41:59une madame Jourdain
00:42:00qui a peur
00:42:01de passer pour malhonnête
00:42:02parce que son mari
00:42:04marchand de tissu
00:42:05a magnifiquement réussi
00:42:07dans la vie
00:42:07gagner de l'argent
00:42:08dans la culture française
00:42:10c'est vulgaire
00:42:11et c'est louche
00:42:12même si tout le monde
00:42:12essaie quand même
00:42:13de gagner le mieux possible
00:42:14sa vie
00:42:14mais il ne faut pas trop
00:42:15le montrer
00:42:16ça ne fait pas classe
00:42:17par contre
00:42:17recevoir les subventions
00:42:19de l'Etat
00:42:19aucun problème
00:42:20ça c'est très bien
00:42:21c'est très respectable
00:42:22et puis
00:42:23dernier élément
00:42:24il faut le dire
00:42:25il y a une certaine tradition
00:42:26disons cathode gauche
00:42:27qui joue sans doute
00:42:28un rôle
00:42:29attention
00:42:30la religion catholique
00:42:31n'a rien contre les riches
00:42:32la doctrine sociale
00:42:33de l'église
00:42:34réfute l'idée
00:42:35de lutte des classes
00:42:36elle vise à l'entente
00:42:37autant qu'il est possible
00:42:38entre patrons
00:42:39et salariés
00:42:40mais dans l'évangile
00:42:41il y a aussi
00:42:42la figure du mauvais riche
00:42:43et cette figure du mauvais riche
00:42:44elle a marqué
00:42:45un imaginaire
00:42:46dans les pays catholiques
00:42:47pas protestants
00:42:48pendant des siècles
00:42:49alors est-ce qu'au 19ème siècle
00:42:50les français
00:42:51Guillaume
00:42:52continuent à se surveiller
00:42:53et à se jalouser
00:42:54et oui
00:42:55et ça commence
00:42:56dès la révolution française
00:42:57notre chère révolution française
00:42:58elle est contradictoire
00:42:59cette révolution
00:43:00d'un côté
00:43:01elle est libérale
00:43:01la déclaration des droits de l'homme
00:43:03de 1789
00:43:04proclame l'égalité en droit
00:43:06avec un S à droit
00:43:07au pluriel
00:43:08il y a des différences sociales
00:43:09entre les hommes
00:43:10dit la déclaration des droits de l'homme
00:43:12mais la seule chose
00:43:12qui les justifie
00:43:13c'est le talent
00:43:14et le mérite
00:43:15bon très bien
00:43:16mais d'un autre côté
00:43:17sous la révolution
00:43:18apparaît aussi
00:43:19l'égalitarisme
00:43:20la surenchère
00:43:21égalitariste
00:43:22qui nous caractérise tant
00:43:23en France
00:43:24en 1793
00:43:25les sans-culottes
00:43:26chantaient
00:43:27il faut raccourcir
00:43:28les géants
00:43:28et rendre
00:43:29les petits plus grands
00:43:30tout à la vraie hauteur
00:43:32voilà le vrai bonheur
00:43:35à l'époque
00:43:35la guillotine servait à ça
00:43:37et puis il y avait
00:43:38d'autres révolutionnaires
00:43:39qui trouvaient
00:43:39qu'on n'allait pas assez loin
00:43:40ils étaient encore plus radicaux
00:43:41ceux-là
00:43:42ils refusaient
00:43:43toute idée de différence
00:43:44de revenus
00:43:45sur la base du mérite
00:43:46tout le monde
00:43:47devait avoir
00:43:48la même chose
00:43:49quelle que soit
00:43:49son effort
00:43:50son travail
00:43:50son talent
00:43:51leur chef avait un nom
00:43:52il s'appelait
00:43:53Gracchus Babov
00:43:54et bien
00:43:55bien plus tard
00:43:55Lénine et les bolcheviques
00:43:57russes
00:43:58salueront
00:43:59Gracchus Babov
00:44:00comme un de leurs ancêtres
00:44:01un ancêtre du communisme
00:44:03vous voyez
00:44:03il n'y a pas de fier
00:44:03nous avons finalement
00:44:04le père spirituel
00:44:05du communisme international
00:44:06enfin le communisme
00:44:08soviétique
00:44:09en France
00:44:09et ça continue après
00:44:10après la révolution
00:44:11tout au long du 19ème siècle
00:44:13l'envie sociale
00:44:14reste particulièrement
00:44:15forte en France
00:44:16alors
00:44:17en partie
00:44:18pour des raisons
00:44:18compréhensibles
00:44:19parce que les différences sociales
00:44:20elles étaient énormes
00:44:21tout le monde a en tête
00:44:22les misérables de Victor Hugo
00:44:23mais il y a aussi
00:44:24des raisons
00:44:25tout à fait mesquines
00:44:26et c'est ce que raconte
00:44:27un chansonnier
00:44:29qui était célèbre
00:44:29au milieu du 19ème siècle
00:44:31c'était le Thierry Le Luron
00:44:32du 19ème siècle
00:44:33il s'appelait
00:44:33Gustave Nadeau
00:44:34oublié aujourd'hui
00:44:35il se célèbre à l'époque
00:44:36il a écrit une chanson
00:44:37qui s'appelait
00:44:38Les impôts
00:44:38en 1850
00:44:39il s'adresse aux députés
00:44:41qui sont en train
00:44:41de voter le budget
00:44:42il leur explique
00:44:43que son voisin
00:44:44a des chevaux
00:44:45et que lui
00:44:46ça l'énerve
00:44:47ça c'est dire
00:44:47parce que lui
00:44:47ça l'énerve
00:44:48il n'a pas de chevaux lui
00:44:49et donc il trouve scandaleux
00:44:50que son voisin ait des chevaux
00:44:51et il demande aux députés
00:44:53de taxer son voisin
00:44:54écoutez les paroles
00:44:55j'entends dans son écurie
00:44:57énire
00:44:58trois chevaux fringants
00:45:00imposez-les
00:45:00je vous prie
00:45:01messieurs les représentants
00:45:02les représentants
00:45:03c'était le nom des députés
00:45:04à l'époque
00:45:05vous voyez que les français
00:45:06n'ont pas changé
00:45:06alors aujourd'hui Guillaume
00:45:08à l'heure de la mondialisation
00:45:09ce que vous nous racontez
00:45:11est-ce que c'est pas
00:45:11un peu dépassé
00:45:12ça devrait être dépassé
00:45:14mais ça ne l'est pas du tout
00:45:15la France est un pays
00:45:17idéologique
00:45:18chez nous les faits
00:45:19ont peu d'influence
00:45:20voire aucune
00:45:21sur les croyances
00:45:22les croyances sont plus importantes
00:45:24que les faits
00:45:24les inégalités restent
00:45:25moins élevées en France
00:45:26que chez nos voisins
00:45:27voilà un fait
00:45:28l'état Providence
00:45:29est beaucoup plus développé
00:45:31voilà un autre fait
00:45:32et bien ces faits
00:45:33n'intéressent personne
00:45:34ou presque
00:45:35pour tout arranger
00:45:36l'environnement européen
00:45:38de la France
00:45:38a beaucoup changé
00:45:39l'acte unique européen
00:45:40en 1985
00:45:41le traité de Maastricht
00:45:42en 1992
00:45:43ont institué
00:45:44la liberté de circulation
00:45:45et d'installation
00:45:46des Européens
00:45:46dans l'Union Européenne
00:45:47et même une citoyenneté européenne
00:45:49ça existe
00:45:49c'est dans les traités
00:45:50or dans le même temps
00:45:51les croyances
00:45:52que je viens
00:45:53ancestrales
00:45:53que je viens de décrire
00:45:55isolent la France
00:45:56de ses voisins
00:45:57pour ce qui concerne
00:45:58les mentalités collectives
00:45:59ce n'est pas tenable
00:46:01parce que ces choix
00:46:02ont mis en concurrence
00:46:03les systèmes économiques
00:46:04et sociaux
00:46:04des pays membres
00:46:05alors les contribuables
00:46:07visés par l'agressivité
00:46:08anti-riches
00:46:09ils vont s'adapter
00:46:10de plusieurs façons
00:46:11lever le pied
00:46:11moins travaillé
00:46:12à quoi bon se donner du mal
00:46:13pour les uns
00:46:14partir faire leur retraite
00:46:16prendre leur retraite
00:46:17à l'étranger
00:46:17l'Italie est très à la mode
00:46:18en ce moment
00:46:19ou bien pour les plus jeunes
00:46:20et c'est plus dramatique que tout
00:46:21partir dans des pays
00:46:22plus normaux
00:46:23et ne plus revenir
00:46:24alors pour conclure
00:46:25vous allez nous parler
00:46:25d'une figure historique
00:46:26qui a été à l'honneur
00:46:27cet été
00:46:27parce qu'il y a eu
00:46:28le succès du film
00:46:29des films
00:46:30sur De Gaulle
00:46:31et oui on parle beaucoup
00:46:32de De Gaulle en ce moment
00:46:33et bien en plein
00:46:33on est en plein
00:46:34dans notre sujet
00:46:34sur les riches
00:46:35voilà ce qu'il écrivait
00:46:36dans ses mémoires d'espoir
00:46:38en France
00:46:39je le cite
00:46:39les rapports sociaux
00:46:41demeurent emprunts
00:46:42de méfiance
00:46:42et d'aigreur
00:46:43chacun ressent
00:46:44ce qui lui manque
00:46:45plutôt qu'il n'apprécie
00:46:47ce qu'il a
00:46:48on ne peut pas mieux dire
00:46:49aujourd'hui
00:46:50ce trait du caractère français
00:46:51est en train de tourner
00:46:52à la folie
00:46:52parce qu'on ne nous sommes plus
00:46:53dans les 30 glorieuses
00:46:54il n'y a plus d'ambition
00:46:56pour la France
00:46:56il n'y a plus d'espoir
00:46:57d'un avenir meilleur
00:46:58il reste surtout
00:47:00de la rancœur
00:47:01et de la hargne
00:47:02contre ceux
00:47:03qui sortent du lot
00:47:03et qu'on veut punir
00:47:05qui nous guérira
00:47:06de cette folie
00:47:07qui fait de la France
00:47:09une énigme
00:47:10pour ses voisins
00:47:11passionnant
00:47:12merci
00:47:12cette plongée
00:47:13dans l'histoire
00:47:13de la haine des riches
00:47:15avec vous
00:47:15Guillaume Perrault
00:47:16ça vous parle forcément
00:47:17Marc Varnot
00:47:18ce sont les sujets
00:47:18dont on a parlé
00:47:19avec les patrons aussi
00:47:21qui veulent arrêter
00:47:21qu'on stigmatise
00:47:23en permanence la réussite
00:47:24en fait on pourra avoir
00:47:24des mesures politiques
00:47:25il faudra aussi un peu
00:47:26changer les mentalités
00:47:26peut-être
00:47:27il faudra surtout
00:47:28changer les discours
00:47:29parce que les mentalités
00:47:30vous savez
00:47:30les salariés
00:47:31qui sont en contact
00:47:32de leurs patrons
00:47:32ils savent bien
00:47:33que tout le monde
00:47:34ne s'appelle pas
00:47:34Bernard Arnault
00:47:35or vous avez des partis politiques
00:47:36qui passent leur temps
00:47:38à expliquer
00:47:38que tous les patrons
00:47:39sont super riches
00:47:40et ils sont tous
00:47:41des Bernard Arnault
00:47:42en puissance
00:47:42il y a un Bernard Arnault
00:47:43il n'y en a pas deux
00:47:44on aimerait qu'en est plus
00:47:45d'ailleurs
00:47:46parce que c'est un modèle
00:47:47de réussite
00:47:47absolument
00:47:47et donc on a eu l'occasion
00:47:49d'en parler à plusieurs reprises
00:47:50sur le plateau de CNews
00:47:51du groupe LVMH
00:47:53et de ce que
00:47:53monsieur Bernard Arnault
00:47:54a porté à la France
00:47:55et je crois que
00:47:55ce qui est important
00:47:56de souligner
00:47:57c'est lorsqu'un très riche
00:47:59s'en va
00:47:59ça coûte très très cher
00:48:01et que donc en réalité
00:48:02le souci des politiques
00:48:04devraient être de préserver
00:48:05les gens les plus riches
00:48:06d'ailleurs
00:48:06les pays
00:48:07pardonnez-moi
00:48:07les plus intelligents
00:48:08essayent d'attirer
00:48:09les ultra riches
00:48:10pourquoi ?
00:48:11parce que fiscalement
00:48:12c'est extrêmement intéressant
00:48:14lorsque vous avez quelqu'un
00:48:15qui est très très riche
00:48:15qui s'en va
00:48:16il ne s'en va pas uniquement
00:48:17pour aller faire son shopping
00:48:19en Belgique
00:48:19ou à Genève
00:48:21ou à New York
00:48:22il s'en va
00:48:23et il part
00:48:24totalement fiscalement
00:48:25et là
00:48:26effectivement
00:48:26vous avez une perte
00:48:27qui est colossale
00:48:28c'est pour ça que
00:48:28personne ne comprenait
00:48:29que l'ISF
00:48:30avait coûté
00:48:31140 milliards d'euros
00:48:32à l'époque
00:48:33parce que
00:48:35les économistes
00:48:35triple guillemets
00:48:36disaient
00:48:36bah oui mais l'ISF
00:48:37c'est quand même pas beaucoup
00:48:38bah non
00:48:38quelqu'un qui part pour l'ISF
00:48:39il ne paye plus d'impôts sur le revenu
00:48:41il ne paye plus d'impôts fonciers
00:48:41il ne paye plus rien
00:48:42et donc du coup
00:48:43vous avez une perte
00:48:43qui est colossale
00:48:44donc faire la guerre
00:48:45aux très riches
00:48:47c'est une stupidité
00:48:48le message est désormais bien passé
00:48:51on va finir avec cette histoire
00:48:53invraisemblable
00:48:54je ne sais pas comment on peut la qualifier
00:48:55les monuments
00:48:55un peu
00:48:56de ce Soudanais
00:48:57donc qui a été
00:48:59qui a comparu
00:49:00devant la justice
00:49:01et qui a été relâché
00:49:02alors expliquez-nous
00:49:02parce que c'est incroyable
00:49:04du début à la fin
00:49:05Pierre-Maricef
00:49:05alors il y a une phrase
00:49:07qui a été prononcée au procès
00:49:08par le traducteur
00:49:09qui était en charge
00:49:09de traduire
00:49:10les propos du procès
00:49:12et des magistrats
00:49:13à ce Soudanais
00:49:14qui résume vraiment
00:49:15l'incongruité de la situation
00:49:16cette phrase
00:49:17c'est du coup
00:49:17il sort madame la juge
00:49:19oui parce que
00:49:20comment comprendre
00:49:21qu'un Soudanais
00:49:21en situation irrégulière
00:49:23accusé d'une agression sexuelle
00:49:24sur une femme de 83 ans
00:49:26c'était à Paris
00:49:26dans le cinquième arrondissement
00:49:27ressort sans aucune punition
00:49:29mais en fait la réalité
00:49:30c'est qu'il a bénéficié
00:49:31de ce qu'on appelle
00:49:32un vice de procédure
00:49:33alors c'est le journal
00:49:34Le Parisien
00:49:34qui rapportait cette affaire
00:49:35dans son édition d'hier
00:49:37c'était une octogénaire
00:49:38qui se rendait
00:49:38chez son coiffeur
00:49:39en robe fleurie
00:49:40et en basket
00:49:40précise le journal
00:49:42quand elle était bousculée
00:49:43par ce Soudanais
00:49:44en situation irrégulière
00:49:45sur le territoire français
00:49:46l'homme qui était également
00:49:47en état de récidive
00:49:49tiens donc
00:49:49palpe sa poitrine
00:49:50puis l'ensemble du corps
00:49:51de l'octogénaire
00:49:52la victime crie
00:49:53se débat
00:49:54et chute au sol
00:49:55où les attouchements
00:49:56continuent
00:49:56et c'était l'arrivée
00:49:57d'une passante
00:49:57que l'agression cesse enfin
00:49:59la police se rend sur place
00:50:01elle arrête l'agresseur sexuelle
00:50:02en flagrant délit
00:50:04et au commissariat
00:50:04la victime reconnaît
00:50:05l'agresseur à deux reprises
00:50:06donc il n'y a pas vraiment
00:50:07de doute pour elle
00:50:08celui-ci ayant par ailleurs
00:50:09déjà été condamné
00:50:10pour agression sexuelle
00:50:11peu de temps auparavant
00:50:12l'affaire est considérée
00:50:13comme simple
00:50:13par le procureur de la République
00:50:14et donc il l'oriente
00:50:15vers ce qu'on appelle
00:50:16la comparution immédiate
00:50:17qui est une procédure
00:50:18beaucoup plus rapide
00:50:19et bien plus simplifiée
00:50:20que la procédure habituelle
00:50:21mais devant le juge
00:50:22les choses ne sont plus aussi claires
00:50:24le rapport des policiers
00:50:25est effectivement sommaire
00:50:26et trop sommaire
00:50:27pour la présidente
00:50:28de la chambre
00:50:28des comparutions immédiates
00:50:29il manque notamment
00:50:30le procès verbal d'interprétation
00:50:31et le procès verbal
00:50:32de garde à vue
00:50:33qui sont plus ou moins
00:50:34obligatoires
00:50:35il y a des jurisprudences
00:50:36effluctuantes
00:50:37donc la présidente
00:50:38des comparutions immédiates
00:50:39explique donc
00:50:39à l'agresseur sexuelle
00:50:41qu'il ne subira
00:50:41aucune conséquence
00:50:42pour les actes
00:50:43qu'il a commis
00:50:44et ce qui est amusant
00:50:45c'est que cette affaire
00:50:46est survenue seulement
00:50:46trois jours après
00:50:47une autre affaire
00:50:48assez similaire
00:50:49d'une plus grande ampleur
00:50:50d'ailleurs
00:50:51un autre vice de procédure
00:50:52a fait tomber
00:50:53une enquête de grande ampleur
00:50:54toujours au tribunal de Paris
00:50:55en janvier 2026
00:50:57un important point d'île
00:50:58était repéré dans le 20ème
00:50:59arrondissement de Paris
00:50:59à proximité d'un bar
00:51:01la police ouvre une enquête
00:51:02qui aboutit en juin
00:51:03à l'interpellation
00:51:04de cinq trafiquants
00:51:05de cannabis
00:51:06et de cocaïne
00:51:06mais là encore
00:51:08les avocats
00:51:09de la défense
00:51:09des trafiquants
00:51:10relèvent un vice de procédure
00:51:12donc c'est toujours
00:51:13le parisien
00:51:13qui le raconte
00:51:14et les policiers
00:51:15se sont trompés
00:51:15de cadre d'enquête
00:51:16je vous le fais simple
00:51:17il y a deux cadres d'enquête
00:51:18en procédure pénale française
00:51:19l'enquête de flagrance
00:51:20donc de flagrant délit
00:51:21et l'enquête préliminaire
00:51:22qui est une enquête
00:51:23au long cours
00:51:24et bien en l'occurrence
00:51:25ça s'est déroulé sur plusieurs mois
00:51:26ils étaient dans l'enquête
00:51:27au long cours
00:51:27et seulement
00:51:28au moment de l'arrestation
00:51:30les policiers
00:51:30se sont trompés
00:51:31dans l'écriture
00:51:32et ils ont mis
00:51:32enquête de flagrant délit
00:51:33enquête de flagrance
00:51:35et le juge
00:51:36a estimé
00:51:37que c'était une erreur
00:51:38ce qui est vrai
00:51:38c'était une erreur
00:51:39on ne peut pas changer
00:51:39de cadre d'enquête
00:51:40aussi facilement
00:51:41et donc
00:51:41les arrestations
00:51:43ont été annulées
00:51:44et les dealers
00:51:44sont ressortis libres
00:51:45selon le parisien
00:51:46je cite
00:51:47la nouvelle a été accueillie
00:51:48avec enthousiasme
00:51:49par les dealers
00:51:50et leurs proches
00:51:50on peut les comprendre
00:51:51alors est-ce que ces décisions
00:51:52sont le simple fait des juges
00:51:54ou est-ce qu'elles ont une origine
00:51:55plus complexe ?
00:51:56alors les vices de procédure
00:51:57qui permettent
00:51:58la libération des délinquants
00:52:00dont la culpabilité
00:52:01ne fait aucun doute
00:52:02comme c'est le cas en l'occurrence
00:52:03suscitent à la fois
00:52:03la colère du grand public
00:52:05et des syndicats de policiers
00:52:06colère que je partage
00:52:07d'ailleurs personnellement
00:52:08mais il faut comprendre
00:52:09que ces décisions
00:52:10apparaissent fondées en droit
00:52:11tout est question d'interprétation
00:52:12mais il y a quand même
00:52:13un fondement
00:52:13les juges ont appliqué
00:52:14le droit français
00:52:15et c'est donc ce droit
00:52:16qu'il faut ausculter
00:52:17ce que je vous propose
00:52:18de faire ensemble
00:52:19je vais essayer d'être
00:52:19très pédagogue
00:52:20et très simple
00:52:21la procédure pénale française
00:52:22subit une révolution
00:52:24depuis les années 90
00:52:24en fait depuis
00:52:26Guillaume Perrault
00:52:27qui aime l'histoire
00:52:28on remonte aussi
00:52:29un petit peu dans l'histoire
00:52:29depuis Saint-Louis
00:52:30qui rendait la justice
00:52:31sous son chaîne
00:52:32en France c'est le roi
00:52:33c'est l'état
00:52:34qui rend la justice
00:52:35sous son chaîne
00:52:36donc cette procédure
00:52:37vise à protéger
00:52:38les intérêts de la société
00:52:39c'est son objectif
00:52:39plutôt que les intérêts particuliers
00:52:41c'est la procédure
00:52:42qu'on appelle inquisitoire
00:52:44l'enquête est menie
00:52:44par un magistrat
00:52:45qui recherche la vérité
00:52:46à charge et à décharge
00:52:48sans a priori
00:52:49positif ou négatif
00:52:49ni pour la victime
00:52:51ni pour l'accusé
00:52:52et ça c'est l'inverse
00:52:53de l'autre grand modèle
00:52:54de procédure
00:52:55qui est le modèle accusatoire
00:52:56le modèle britannique
00:52:57dans lequel le juge
00:52:58ne mène pas l'enquête
00:52:59mais il tranche
00:53:00c'est un arbitre neutre
00:53:00qui tranche entre les versions
00:53:01qui lui sont proposées
00:53:02en France le juge
00:53:04recherche la vérité
00:53:04en Angleterre
00:53:05il cherche à savoir
00:53:06qui a gagné
00:53:07le duel judiciaire
00:53:09alors en quoi justement
00:53:10ça a un lien
00:53:10avec les vices de procédure
00:53:12alors j'y arrive
00:53:13en 1950
00:53:14la France a signé
00:53:15la convention européenne
00:53:16des droits de l'homme
00:53:16qui est sanctionnée
00:53:18par la fameuse
00:53:19cour européenne
00:53:19des droits de l'homme
00:53:20mais il y a un autre pays
00:53:21qui a signé cette convention
00:53:22européenne des droits de l'homme
00:53:23c'est le Royaume-Uni
00:53:23et vous voyez peut-être
00:53:24le problème qui va se poser
00:53:25c'est que cette cour européenne
00:53:27doit donc unifier
00:53:28deux procédures
00:53:29la procédure inquisitoire
00:53:30française ou continentale
00:53:31et la procédure
00:53:32des îles britanniques
00:53:33accusatoires
00:53:34qui sont inversées
00:53:35qui sont vraiment
00:53:36très différentes
00:53:37l'une de l'autre
00:53:38la cour est officiellement neutre
00:53:40mais dans la façon
00:53:41de la cour
00:53:42de défendre le procès équitable
00:53:43c'est une évidence
00:53:44qu'on va vers
00:53:45la cour penche clairement
00:53:47du côté du modèle
00:53:48accusatoire
00:53:48ce qui explique
00:53:49que la CEDH
00:53:50elle condamne en permanence
00:53:51la France
00:53:52l'Italie
00:53:52l'Espagne
00:53:53ou les pays continentaux
00:53:54de manière générale
00:53:54plutôt que le Royaume-Uni
00:53:56et il y a eu plusieurs lois
00:53:57en France
00:53:57qui ont donc été votées
00:53:59sous l'influence
00:54:00de la CEDH
00:54:00pour rapprocher
00:54:01notre modèle inquisitoire
00:54:02vers le modèle accusatoire
00:54:04ce qui fait qu'aujourd'hui
00:54:05en France
00:54:05nous avons une base
00:54:06de modèles inquisitoires
00:54:07sur lesquelles
00:54:08se sont posées
00:54:09des couches
00:54:09de modèles accusatoires
00:54:10donc on est un petit peu
00:54:11si je puis dire
00:54:12pardonnez-moi l'expression
00:54:12le cul entre deux chaises
00:54:13et le résultat
00:54:14ce sont des nids
00:54:15de vis de procédure
00:54:16une autre affaire
00:54:17qui m'a marqué
00:54:18extraordinairement absurde
00:54:19elle aussi
00:54:19au mois de juin
00:54:20il y a un groupe de policiers
00:54:21qui a contrôlé un camion
00:54:22sur un parking
00:54:23un gros camion
00:54:25et qui repère
00:54:26plus de 250 kg
00:54:27de cannabis
00:54:27dans ce camion
00:54:29le chauffeur
00:54:29est amené devant le tribunal
00:54:31et puis là
00:54:31on se rend compte
00:54:32que
00:54:33non non
00:54:33les avocats
00:54:34se rendent compte
00:54:35le contrôle a eu lieu
00:54:36à plus de 20 km
00:54:37de la frontière
00:54:38en l'occurrence
00:54:39de l'Espagne
00:54:39et nous étions
00:54:41à 25 km
00:54:42et les contrôles
00:54:43sont interdits
00:54:44à plus de 20 km
00:54:45de la frontière
00:54:46la procédure a donc
00:54:47été cassée
00:54:48à la grande surprise
00:54:48du chauffeur routier
00:54:49qui s'est immédiatement
00:54:50envolé pour le Maroc
00:54:51et vous qui êtes juriste
00:54:53je le rappelle
00:54:53Pierre-Marie Sèvres
00:54:54vous allez quand même
00:54:55nous dire que c'est important
00:54:55de respecter la procédure
00:54:57bien sûr
00:54:58les vices de procédure
00:54:59ont vocation
00:55:00à ne pas rendre
00:55:01le parquet
00:55:01et la police tout puissant
00:55:02c'est non seulement légitime
00:55:03c'est nécessaire
00:55:04c'est très important
00:55:05un procès c'est un concert
00:55:06et pour que tous les instruments
00:55:08jouent ensemble
00:55:08il faut des règles communes
00:55:09qu'il faut sanctionner
00:55:10mais le droit pénal
00:55:11doit aussi trouver
00:55:12un équilibre
00:55:13entre la protection
00:55:13des droits individuels
00:55:14et la protection
00:55:15des intérêts collectifs
00:55:16notamment en réprimant le crime
00:55:17la matrice intellectuelle
00:55:19du droit pénal français
00:55:19vient de la seconde guerre mondiale
00:55:21où le risque
00:55:22c'était les abus
00:55:22des états totalitaires
00:55:23mais il n'y a-t-il pas aussi
00:55:24un risque d'abus
00:55:25des dictatures
00:55:26des droits individuels
00:55:27c'est tout à fait possible
00:55:28aujourd'hui
00:55:29on a une filière
00:55:30qui donnait envie
00:55:31à tous les policiers
00:55:31pendant des années
00:55:32qui était la filière judiciaire
00:55:33aujourd'hui
00:55:34on a
00:55:34c'est un rapport
00:55:35des parlementaires
00:55:37qui nous le dit
00:55:37entre 10 et 30%
00:55:38d'effectifs en moins
00:55:39que par rapport
00:55:40aux années 90
00:55:41de la police judiciaire
00:55:42plus de complexité
00:55:45judiciaire et procédurale
00:55:46moins d'effectifs
00:55:46ça a un impact
00:55:47sur l'élucidation des crimes
00:55:48en 2017
00:55:49on élucidait
00:55:5081% des meurtres
00:55:51en 2024
00:55:52c'était 65%
00:55:53et malheureusement
00:55:54tout ça n'est pas du tout
00:55:55de bonne augure
00:55:56sur l'évolution
00:55:57de la criminalité en France
00:55:58merci d'avoir analysé
00:55:59pour nous
00:55:59ce qui est à l'origine
00:56:00de cette libération
00:56:01si je devais résumer
00:56:02il faut alléger
00:56:04le code du travail
00:56:05alléger le code pénal
00:56:06en fait
00:56:06je pense qu'on sera
00:56:07à peu près tous d'accord
00:56:08après cette émission
00:56:09en tout cas merci
00:56:09à tous les cinq
00:56:10c'est l'heure du journal
00:56:11il est 20h
00:56:12Valentin Rouillon
00:56:12nous a rejoint
00:56:14rebonsoir cher Valentin
00:56:15c'est à vous pour les infos
00:56:22rebonsoir Thomas
00:56:22et bonsoir à tous
00:56:24le MEDEF
00:56:25fait sa rentrée
00:56:26Patrick Martin
00:56:26le président
00:56:27a fait un discours
00:56:29d'ouverture
00:56:30très offensif
00:56:31à la rencontre
00:56:31des entrepreneurs
00:56:32de France
00:56:33il réclame
00:56:34un programme présidentiel
00:56:35de liberté
00:56:36et dénonce
00:56:37les prophètes
00:56:38de malheur
00:56:39les entrepreneurs
00:56:40représentent le courage
00:56:41dit-il
00:56:41dans le pays
00:56:42face aux décideurs politiques
00:56:44écoutez-le
00:56:45notre pays
00:56:47doit avoir
00:56:48le courage
00:56:49d'acter
00:56:49que le redressement
00:56:51des comptes publics
00:56:52n'est pas une option
00:56:53c'est un préalable
00:56:54pas seulement
00:56:56pour
00:56:57pour satisfaire
00:56:58nos engagements
00:56:58européens
00:56:59ils sont importants
00:57:00ou pour apaiser
00:57:01les marchés
00:57:01c'est important aussi
00:57:02mais parce que
00:57:03c'est la condition
00:57:04première de notre
00:57:05souveraineté
00:57:07un cycliste
00:57:08poignardé
00:57:08à Paris
00:57:09après un différent
00:57:10avec un automobiliste
00:57:11les deux hommes
00:57:11se sont d'abord
00:57:12invectivés
00:57:13avant que le cycliste
00:57:14ne frappe
00:57:14le conducteur
00:57:15à travers sa fenêtre
00:57:16l'automobiliste
00:57:17lui aurait porté
00:57:18un coup de couteau
00:57:19à la gorge
00:57:20avant de prendre
00:57:20la fuite
00:57:21interpellé
00:57:21quelques heures plus tard
00:57:23il est désormais
00:57:23visé par une enquête
00:57:24pour tentative de meurtre
00:57:25le cycliste
00:57:26transporté à l'hôpital
00:57:27en urgence absolue
00:57:28en est finalement sorti
00:57:29avec des blessures
00:57:30peu profondes
00:57:32Anne Hidalgo
00:57:32et Patrick Bloch
00:57:33visés par trois plaintes
00:57:34pour non-assistance
00:57:35à personne en danger
00:57:36trois familles
00:57:37qui ont décidé
00:57:38d'attaquer
00:57:38l'ancienne maire de Paris
00:57:40et son ex-premier adjoint
00:57:41chargé de l'éducation
00:57:42de la petite enfance
00:57:43et des familles
00:57:44trois jeunes filles
00:57:45auraient été victimes
00:57:46de violences
00:57:47d'agressions sexuelles
00:57:48et l'une d'entre elles
00:57:48de plusieurs viols
00:57:49les faits se seraient déroulés
00:57:50dans une école
00:57:52du 7e arrondissement parisien
00:57:54à Poma dans l'Aude
00:57:56l'heure est au déblément
00:57:57et à la solidarité
00:57:58trois jours après le passage
00:57:59d'une vélande tornade
00:58:00300 maisons ont été endommagées
00:58:02dont 102 sont désormais
00:58:04inhabitable
00:58:05la tornade a fait
00:58:0648 blessés
00:58:06dont 20 hospitalisés
00:58:08la présidente de la région
00:58:09Occitanie demande
00:58:10des moyens exceptionnels
00:58:11pour accélérer la reconstruction
00:58:12pompiers, habitants
00:58:13et bénévoles s'activent
00:58:14pour sécuriser les lieux
00:58:16et protéger les habitations
00:58:17et Météo France
00:58:19s'inquiète
00:58:20de violents orages
00:58:21vont s'abattre
00:58:22dès ce soir
00:58:22sur un large flanc ouest
00:58:2412 départements
00:58:26sont en alerte orange
00:58:27il existe un risque
00:58:28marqué
00:58:29de phénomènes violents
00:58:30des grêlons
00:58:31de 2 à 5 centimètres
00:58:32de fortes pluies
00:58:33et des rafales de vent
00:58:33jusqu'à 100 km heure
00:58:35sont attendus
00:58:36à Mayotte
00:58:37Sébastien Lecornu
00:58:38veut accélérer
00:58:38la reconstruction
00:58:39un an et demi
00:58:40après le cyclone Chido
00:58:41mais le Premier ministre
00:58:42s'est d'abord penché
00:58:43sur l'immigration clandestine
00:58:45la France conditionnera
00:58:46son aide
00:58:47à plusieurs pays africains
00:58:48à leur coopération
00:58:49contre les passeurs
00:58:50et la reprise
00:58:51de leurs ressortissants
00:58:52situation irrégulière
00:58:53écoutez-le
00:58:55une militarisation
00:58:56plus importante
00:58:56des approches
00:58:57de souveraineté
00:58:57un recours
00:58:58au haut du spectre
00:58:59des hautes technologies
00:59:00que la loi de programmation
00:59:01militaire
00:59:01que les lois de programmation
00:59:02militaire
00:59:03nous ont donné
00:59:03assumer un continuum
00:59:06ministère des armées
00:59:07ministère de l'intérieur
00:59:08qui soit
00:59:08beaucoup plus robuste
00:59:09en respectant
00:59:10le rôle de chacun
00:59:10mais avec une militarisation
00:59:11plus importante
00:59:13bilan réévalué
00:59:14à l'instant
00:59:14au Népal
00:59:15au moins 160 morts
00:59:16des centaines de touristes
00:59:18portaient disparu
00:59:19les deux tiers
00:59:19sont étrangers
00:59:20une quinzaine de personnes
00:59:21d'origine européenne
00:59:22111 personnes
00:59:23n'ont pas encore
00:59:24été identifiées
00:59:25une crue d'une rare violence
00:59:27a tout emporté
00:59:28sur son passage
00:59:29des torrents d'eau
00:59:30boueuses
00:59:30ont submergé
00:59:31des quartiers entiers
00:59:33Sophie Adnaud
00:59:34effectuera mardi prochain
00:59:35une troisième sortie
00:59:36dans l'espace
00:59:36l'astronaute française
00:59:37sera cette fois
00:59:38aux commandes
00:59:39de l'opération
00:59:40accompagnée de l'américaine
00:59:41Jessica Mer
00:59:42une nouvelle fois
00:59:43pendant 6h30
00:59:44elles effectueront
00:59:44plusieurs opérations
00:59:45de maintenance
00:59:46dont le remplacement
00:59:47d'un rétro-réflecteur
00:59:48et d'une caméra
00:59:49de haute définition
00:59:49une sortie 100% féminine
00:59:52le prince Harry
00:59:54et Meghan
00:59:54sont de retour
00:59:55au Royaume-Uni
00:59:55plus de 6 ans
00:59:56après leur départ
00:59:57pour les Etats-Unis
00:59:58le couple
00:59:59et leurs deux enfants
01:00:00ont atterri en Angleterre
01:00:01leurs enfants
01:00:02Archie et Lilibet
01:00:03doivent faire leur rentrée
01:00:04dans une école britannique
01:00:05un retour qui pourrait
01:00:06aussi marquer
01:00:07un rapprochement
01:00:08avec la famille royale
01:00:09Harry a récemment
01:00:10retrouver son père
01:00:11le roi Charles III
01:00:12mais avec son frère William
01:00:13la réconciliation
01:00:14semble toujours difficile
01:00:16et puis pour terminer
01:00:17cette triste nouvelle
01:00:19l'acteur britano-américain
01:00:21Tim Curry
01:00:21s'est éteint
01:00:22connu pour ses rôles
01:00:24dans The Rocky Horror Picture Show
01:00:25ça ou encore
01:00:27dans Maman
01:00:27J'ai encore raté l'avion
01:00:29il est décédé
01:00:29à l'âge de 80 ans
01:00:30Tim Curry souffrait
01:00:32de problèmes de santé
01:00:32depuis plus de 10 ans
01:00:34après un grave AVC
01:00:35il avait laissé
01:00:36lourdement handicapé
01:00:38Merci Valentin Rouillon
01:00:39pour le journal
01:00:40merci à tous les 5
01:00:41de m'avoir accompagné
01:00:42ce soir
01:00:42c'était un véritable plaisir
01:00:43à partir de demain
01:00:44Christine Kelly
01:00:45est de retour
01:00:46notez bien
01:00:47un changement d'horaire
01:00:4818h30
01:00:48pour Face à l'Info
01:00:50en attendant
01:00:50moi je vous retrouve
01:00:51dans l'heure des pros 2
01:00:52dans quelques instants
01:00:53quelques minutes à peine
01:00:54on va vous montrer
01:00:55notamment la dernière perle
01:00:56en date
01:00:57de Clémence Guettet
01:00:58députée de la France Insoumise
01:00:59qui s'en prend à la famille
01:01:00on commencera avec ce sujet
01:01:01dans l'heure des pros
01:01:01restez bien avec nous
01:01:02à tout de suite
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