00:00Vous avez sans doute découvert ces images peut-être sur vos réseaux sociaux, peut-être en nous regardant depuis tout
00:05à l'heure.
00:06Elles sont vraiment... Il est difficile de trouver les mots.
00:09Elles sont apocalyptiques, elles sont effrayantes, elles sont glaçantes tant par la brutalité, par leur soudaineté,
00:17par la violence de ce qui s'est passé, de ces torrents de boue qui se sont déversés à la
00:21frontière entre le Tibet et le Népal.
00:24Il est question malheureusement d'écoles, de villages qui ont été dévastés.
00:29Il y a aussi un nombre important de touristes qui est sur place.
00:34D'ailleurs, le Quai d'Orsay a appelé les citoyens français véritablement à donner de leurs nouvelles, à s'inscrire
00:39sur le fameux fil d'Ariane.
00:42Pour ceux qui nous regardez, peut-être vous avez un proche qui est sur place.
00:46Eh bien, il faut consulter ce fil.
00:48Évidemment, les communications sont coupées.
00:51Nous allons nous y arrêter dans quelques instants, à la fois d'un point de vue, j'allais dire, vous
00:56découvrez peut-être aussi ces images.
00:58Je vois comment tous vous les regardez.
01:01On va en parler.
01:02Et nos équipes de ligne rouge, vous allez le voir, ont consacré un sujet à cette brutalité, à cette violence,
01:10aussi à cette solidarité sur les réseaux sociaux.
01:13Quel que soit le pays aujourd'hui, tout le monde est en train de regarder ces images et de se
01:17dire, de faire la comparaison.
01:18Peut-être vous, chez vous, vous allez dire, la première image, c'est tsunami de 2004, quand cette immense vague
01:24a déferlé et qu'elle est arrivée,
01:26qu'elle est montée au premier, au deuxième, au quatrième étage de certains hôtels.
01:29Et puis, eh bien, les êtres humains, que nous sommes petites choses par rapport à cela, eh bien, il n
01:34'y a pas moyen d'échapper à cela.
01:36Malheureusement, le bilan est lourd.
01:38Regardez ce sujet signé Raphaël Redon et Bertrand Séguier.
01:46Vu d'en haut, un paysage entièrement enseveli, sous plusieurs mètres de boue.
01:53Sur des dizaines de kilomètres, la scène se répète dans ces villes à la frontière entre le Népal et la
02:01Chine.
02:03Ce soir, le bilan humain est dramatique.
02:07Impossible de compter les morts et les disparus.
02:12Pour les survivants, cette catastrophe naturelle a tout emporté.
02:21Il est environ 10h30 local ce mercredi matin, lorsqu'un tremblement de terre se serait produit entre la région chinoise
02:30du Tibet et son voisin, le Népal.
02:39Conséquence, d'immenses avalanches provoquent des inondations.
02:45La rivière en contrebas sort de son lit et se déchaîne dans la vallée.
02:53A 11h, comme on le voit sur cet enregistrement de vidéosurveillance,
03:00la vague déferle sur un poste frontière entre les deux pays
03:05et emportent avec elle des centaines de personnes.
03:19En aval, à l'aide de sifflets,
03:25ces ouvriers tentent d'alerter leurs collègues qui ne voient pas la coulée arriver.
03:35Le barrage en construction finit par céder.
03:44A toute vitesse dans la vallée, la crue continue
03:49et atteint finalement les premiers villages.
03:54Ses habitants filment impuissant son passage dévastateur
04:01qui emportent les plus lents
04:07et les plus imprudents.
04:17Dans ce paysage encaissé, rien ne peut arrêter cette catastrophe.
04:27La vague finit par s'attaquer à des villes plus peuplées.
04:39Rien ne résiste.
04:43Voiture, pont, maison, en quelques minutes,
04:46les milliers d'habitants de cette région
04:50viennent de tout perdre.
04:55J'ai vu les eaux emporter 8 ou 9 camions
04:58ainsi que des maisons et des personnes.
05:00C'était absolument déchirant.
05:02Ça fait 18 ans que j'enseigne ici
05:04et je n'ai jamais vu quelque chose de pareil.
05:08Du Népal au Tibet,
05:10cette vague meurtrière a tout emporté.
05:15Les opérations de secours au sol
05:17et dans les airs
05:19ne font que commencer.
05:26Voilà nos équipes de ligne rouge
05:28qui, avec la force de ces images,
05:31montrent véritablement la catastrophe majeure
05:35qui a lieu.
05:37Rien ne résiste à cela.
05:38Il y a plusieurs questions, évidemment.
05:39Elles sont à la fois internationales.
05:42Je vous l'ai dit, il y a plusieurs nationalités,
05:43plusieurs touristes.
05:45Elles sont politiques, si je puis dire,
05:47parce que cela concerne aussi les autorités chinoises.
05:49Le président chinois a immédiatement réagi.
05:52Et puis elles sont tout simplement...
05:53On veut comprendre comment tout cela a pu être déclenché.
05:57Anthony Ferry, notre journaliste Météo et Climat,
06:00est avec nous Elsa Vidal,
06:02est étaliste politique internationale auprès de BFM
06:04et Ludovic Pingano, qui est consultant en gestion de crise.
06:07Merci d'être là.
06:08Anthony, est-ce que vous avez davantage,
06:10avec ce bilan,
06:11malheureusement, il ne va pas cesser, évidemment,
06:14de s'alourdir.
06:15Vous avez davantage d'informations,
06:16vraiment, sur le déclenchement.
06:17Comment ?
06:18Qu'est-ce qui a pu entraîner
06:20cette énorme catastrophe ?
06:22Alors, ce soir,
06:23on a toujours deux versions
06:25qui s'opposent.
06:27Est-ce que, de un,
06:29c'est, selon la version népalaise,
06:32un séisme de magnitude 4,4
06:35qui se serait produit
06:36et qui aurait ensuite, donc,
06:38déclenché une avalanche de glace et de roche ?
06:40Cette avalanche de glace et de roche
06:42aurait par la suite déclenché cette vague ?
06:44Première hypothèse.
06:45Ou, deuxième hypothèse,
06:46Eh bien, à cause des températures très élevées,
06:49en raison, évidemment, de la saison,
06:52mais aussi du réchauffement climatique,
06:53est-ce qu'un glacier, évidemment, en altitude,
06:56on est sur les plus hauts sommets du monde,
06:57près de 8 000 mètres par endroit,
06:59eh bien, l'un de ces glaciers aurait cédé,
07:02engendré lui-même, d'ailleurs, ce séisme,
07:04et ensuite engendré cette vague ?
07:05Ça, c'est la deuxième hypothèse.
07:07On ne peut, pour l'instant,
07:09pas dire laquelle est la plus favorisée,
07:11mais, en tout cas,
07:11ce que l'on peut simplement dire,
07:13c'est que c'est une avalanche de glace
07:15qui a donné, effectivement,
07:18cette énorme vague
07:19qui a généré, évidemment,
07:21ces inondations sans précédent.
07:22Image terrifiante,
07:24bilan qui va s'alourdir,
07:25mais aussi en jeu,
07:26quelque part, international, évidemment,
07:29pour les secours,
07:30pour les autorités chinoises.
07:32Elzabida, vous nous précisiez,
07:34à juste raison, tout à l'heure,
07:35il est très rare que le président chinois
07:36s'exprime aussi rapidement.
07:39Évidemment, la catastrophe, là,
07:41c'est une, j'allais dire,
07:42c'est tout à fait légitime de sa part,
07:44mais l'enjeu est important.
07:45Oui, à la fois,
07:46c'est tout à fait légitime,
07:47mais il y a un enjeu
07:48pour le président Xi
07:50à montrer à la fois
07:51qu'il prend la mesure
07:53de la gravité de la catastrophe
07:55et son intervention
07:56laisse aussi entendre
07:57que le bilan humain
07:59va être très élevé
08:00puisqu'il prend les devants
08:01en disant que
08:02la priorité doit être donnée
08:04à la possibilité
08:05de sauver le plus de vies.
08:07Or, côté chinois,
08:08on fait état de 265 disparus,
08:11trois morts,
08:11ça semble très peu
08:12étant donné l'importance
08:14de la catastrophe
08:15dont nous sommes en train
08:17d'être témoins.
08:19Et il est important
08:20puisqu'il s'agit
08:21d'une zone frontalière
08:22concernant le Népal
08:24d'un côté,
08:24le Tibet de l'autre,
08:25cette région autonome
08:26contre les pères Pékin
08:28de faire montre
08:29d'une grande rapidité
08:30de réaction
08:32pour les autorités chinoises
08:33pour qu'elles ne puissent pas
08:34être accusées
08:34de double standard
08:35vis-à-vis de cette population
08:36qui ne lui est pas acquise.
08:38Tout à fait.
08:39Ludovic Pingano,
08:42vous êtes consultant
08:43en gestion de crise.
08:44Mais une telle crise,
08:47nous avons des villages
08:49dévastés,
08:51dans la confusion générale
08:52il est très difficile
08:53d'avoir un bilan.
08:55Les secours,
08:56en plus,
08:56parfois dans des régions
08:57qui sont un peu plus reculées,
08:58c'est très difficile
08:59à organiser.
09:01Là, nous sommes,
09:02j'allais dire,
09:02dans quelque chose
09:03qui est une gestion
09:04de crise,
09:04d'une complexité
09:05et d'un aspect tragique,
09:08tout véritablement
09:09est concentré
09:09dans ce qui s'est passé là.
09:10Tout est hors normes.
09:13La puissance,
09:13la violence de ce phénomène,
09:15son origine,
09:16puisque Anthony l'expliquait,
09:18il y a plusieurs causes possibles,
09:20mais une chose est certaine,
09:22c'est que c'est la succession
09:23de plusieurs événements
09:24qui font qu'on arrive
09:24à cette situation
09:25absolument catastrophique.
09:27D'ailleurs,
09:27catastrophique,
09:28je pense que ce n'est
09:28même pas le terme.
09:29Vous avez employé,
09:30Sonia,
09:30le terme de terrifiant
09:31et je crois que c'est vraiment
09:32ce qui ressort
09:33quand on voit ces images.
09:34et ce sont des opérations
09:36extrêmement difficiles
09:37à organiser
09:38de par l'étendue,
09:39bien sûr,
09:39de cette catastrophe.
09:40Le nombre de victimes potentielles,
09:42il est évident
09:42que c'est un bilan provisoire
09:44et il va bien entendu
09:45s'alourdir.
09:46Et puis,
09:47ce qu'il faut aussi comprendre,
09:48c'est qu'on va retrouver
09:48des victimes encore
09:49après plusieurs semaines
09:51de recherche,
09:52voire peut-être
09:53même plusieurs mois.
09:54Il faut mettre en place
09:55des dispositifs
09:56extrêmement importants,
09:57des hôpitaux de campagne,
09:59les moyens aériens
10:00qui doivent pouvoir
10:00effectuer les reconnaissances
10:02et voir où est-ce qu'on peut
10:03encore espérer
10:04sauver des gens
10:04qui pourraient se retrouver
10:06miraculeusement
10:07sur un toit
10:08ou un endroit
10:09où on peut encore
10:09venir les récupérer.
10:10Les accès par les moyens
10:11terrestres sont extrêmement
10:12difficiles parce que
10:13les routes ont été endommagées,
10:14les ponts ont été détruits.
10:16Mais regardez,
10:16on dirait,
10:16pardonnez-moi,
10:17on dirait que ce ne sont pas
10:18des ponts de béton,
10:19on dirait que c'est de la paille
10:20qui est emportée,
10:21c'est terrible.
10:22On a l'impression de voir,
10:22écoutez,
10:23vraiment comme une maquette
10:25sur ces films catastrophes
10:27qu'on peut voir parfois,
10:28on a vraiment l'impression
10:29de voir une maquette,
10:30sauf que ce n'est pas une maquette,
10:31ce sont des images
10:32à vitesse réelle
10:33et c'est véritablement
10:35terrifiant
10:35et on s'aperçoit
10:36que finalement
10:37on n'est rien du tout
10:38par rapport à la force
10:38de la nature.
10:39Moi je voudrais aussi
10:39avoir une pensée
10:40d'abord pour les secours
10:41parce que forcément
10:42cette vague a aussi
10:43emporté des policiers,
10:44des pompiers,
10:45etc. sur place,
10:46donc ça rend aussi
10:46des opérations difficiles
10:47pour ceux qui vont
10:48continuer à intervenir
10:48et puis bien sûr
10:50il y a toutes ces victimes
10:50mais il y a aussi
10:51tous ceux qui ont survécu
10:52à cette catastrophe
10:54mais qui sont encore
10:55dans des situations
10:56psychologiques
10:56extrêmement difficiles
10:57puisqu'ils s'inquiètent
10:58pour ceux qui ne voient plus,
10:59pour leur famille,
11:00pour leurs amis.
11:01Donc ça reste vraiment
11:02une prise en charge globale
11:03de cette situation
11:04qui est très très complexe
11:05et très difficile pour eux.
11:06Et nous allons continuer
11:07évidemment à suivre
11:08de très près cette situation.
11:09Madame, Monsieur,
11:09je vous remercie
11:10mais évidemment
11:11on va continuer à suivre cela
11:12dans cette émission
11:12et après avec Maxime Suitek.
11:16Peut-être que si vous rentrez
11:17chez vous à cette heure-ci,
11:18vous découvrez
11:19ces images,
11:20ces images terrifiantes.
11:22J'emploie le mot,
11:23il faut faire parfois attention
11:24avec les mots,
11:24mais apocalyptique,
11:26je pense que là malheureusement
11:27c'est ce que nous ressentons.
11:30Je vous remercie encore.