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  • il y a 2 mois
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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Transcription
00:00La transition est parfois difficile avec les sujets de l'actualité, mais c'est ainsi.
00:05Revenons en France à ce qui se joue dans notre campagne présidentielle.
00:09Il y a des thèmes qui ont fait irruption, que ce soit le thème de l'héritage, que ce soit
00:14le thème de la famille.
00:15Ce sont des thèmes qui touchent à l'affect, à ce qu'on a de plus précieux.
00:18La famille, évidemment. L'héritage aussi, avec des moments douloureux dans la vie qui est celui de la mort.
00:24Et parfois, d'un côté du spectre politique, en l'occurrence c'est la France insoumise,
00:30cela a provoqué une polémique avec les propos, ce matin, de Clémence Guettet.
00:36Écoutez précisément les mots utilisés pour qualifier la famille, et en particulier la famille dite traditionnelle.
00:42Aujourd'hui, la famille traditionnelle, vous l'avez dit, elle est survalorisée.
00:46Le couple, majoritairement un couple hétérosexuel, la famille avec des enfants,
00:51comme institution, prônée d'ailleurs par la droite, par les réactionnaires de tout temps et de toute époque,
00:57est accompagnée par l'État, par le système socio-fiscal, par les aides sociales, etc.
01:01Quand M. Macron parle de réarmement démographique, sans s'intéresser une seconde aux causes,
01:05c'est-à-dire pourquoi on fait moins d'enfants aujourd'hui dans notre pays,
01:07aucune cause n'est remise en question, et M. Macron participe en ça d'une bataille idéologique
01:11qui est celle de l'extrême droite.
01:13C'est une forme d'extrême-droitisation de la société que de revenir à cette famille traditionnelle.
01:17– Alors, la famille dite traditionnelle, est-ce qu'en parler, tout simplement,
01:25justement, c'est être avec, si je puis dire, ou être taxée d'extrême-droite,
01:30et puis plus largement, la famille, l'héritage, est-ce que ce sont aujourd'hui des sujets qu'il faut
01:35combattre,
01:36ou est-ce que ce sont encore des sujets, finalement, qui donnent encore un peu de sens à notre société
01:40?
01:40On en parle avec Laurence Saillet, merci d'être là.
01:42– Bonsoir.
01:43– Bonsoir à vous, vous êtes ancienne députée européenne des Républicains,
01:46engagée sur plusieurs thèmes, on a la chance d'avoir deux femmes engagées ce soir.
01:50Bonsoir Daniel Obono, merci d'être présente, vous êtes députée de la France Insoumise de Paris.
01:54D'abord, je suppose que vous souscrivez 100% à ce qu'a dit ce matin Clémence Guettet ?
01:59– Effectivement, et je vous invite à lire son livre qui vient de sortir sur le thème de l'amitié
02:04et comment, justement, il faut repenser nos liens sociaux et les droits afférents.
02:09Je ne crois pas, l'extrait est assez court, que le propos de Clémence Guettet serait de considérer
02:16que la famille n'a pas d'importance, bien au contraire, mais de mettre en valeur la nécessité
02:21d'adapter, en fait, les moyens de la société aux familles qui sont les nôtres aujourd'hui.
02:26Les vôtres, les nôtres sont des familles qui ne ressemblent plus à celles du siècle dernier
02:32et il faut en tenir compte. Et les liens, les relations qu'on a avec des personnes
02:37qui n'ont pas de lien biologique, mais des liens sociaux, les amis notamment,
02:41s'intègrent aussi dans une vision de la famille. Je crois que c'est intéressant
02:45d'avoir ce type de débat politique. La question, c'est justement comment on organise
02:50nos sociétés.
02:50– Vous édulcorez beaucoup le propos de Mme Guettet qui l'a répété à deux reprises sur France Inter
02:56et qui a relié, en fait, la famille traditionnelle à l'extrême droite.
02:59Ce que vous êtes en train de faire, moi, je trouve ça très bien de parler
03:02de l'amitié, de la solitude, puisque c'est un fléau dans notre société.
03:06– Ah oui, des vrais sujets, oui.
03:06– Voilà, ce sont des vrais sujets. Mais l'objectif de Mme Guettet,
03:10de par le propos qu'elle a eu ce matin et réitéré, que vous édulcorez,
03:13je le dis, mais qui n'était absolument pas soft comme vous le présentez,
03:17c'est justement d'aller fracturer la société jusque dans son intimité.
03:21C'est comme ça que moi je l'ai ressenti. Pourquoi ?
03:23Aujourd'hui, on voudrait opposer une famille traditionnelle,
03:26qui serait un concept d'extrême droite, aux familles dites non traditionnelles.
03:29– Une famille traditionnelle, c'est un père, une mère.
03:31– Et puis vous savez, parfois, on part pour être une famille traditionnelle
03:34et puis la vie nous amène sur d'autres chemins.
03:36Donc vous voyez, mais c'est la stratégie de la France Insoumise.
03:39C'est-à-dire fracturer la société, Mélenchon l'a théorisée,
03:44parce qu'aujourd'hui, alors que vous opposez déjà les riches aux pauvres,
03:47les patrons aux salariés, les blancs aux noirs,
03:50qu'est-ce que vous faites par ce propos ?
03:51Maintenant, vous allez opposer des familles dites traditionnelles
03:54à des familles qui ne le seraient pas.
03:56Tout ça avec un pactage d'une théorie d'extrême droite.
03:59Ça n'a pas de sens.
04:01– Non, ce n'est absolument pas le problème.
04:02Je vous invite vraiment à vous également,
04:04vous procurer l'ouvrage de Clémence Guettet,
04:07et pour vous convaincre de l'idée qu'au contraire,
04:11nous prenons au sérieux le sujet de la famille,
04:14et surtout pas abstraitement dans le concret.
04:17Aujourd'hui, par exemple, on est à quelques jours de la rentrée scolaire,
04:21comment font les familles aujourd'hui pour faire en sorte
04:25que les enfants aient les moyens d'avoir des fonds de vie scolaires ?
04:29– Voilà les réponses que nous avons.
04:30– Répondez sur ce point-là, pourquoi l'extrême droite ?
04:34– Nous nous répondons, et je vous revois au propos,
04:38dans son intégralité de Clémence Guettet,
04:40la question c'est comment on réifie et on impose
04:42un point de vue de quelle famille doit avoir la primauté.
04:46C'est ça qui est une vision politique.
04:48– Pourquoi il y aurait une primauté, en fait, sur certaines familles ?
04:50– C'est ce que nous contestons, et l'idée, par exemple,
04:53je vous rappelle, notre pays a connu, au cours des dix dernières années,
04:57de grandes mobilisations de la part de personnes
05:00qui se revendiquaient de droite et d'extrême droite,
05:02contre le mariage pour tous.
05:04C'était une certaine vision de la famille qui considérait
05:06que la famille, le principe, et ce qu'il doit organiser…
05:10Excusez-moi, madame, ça y est, je vous réponds.
05:11– Je pense que vous n'assumez pas le propos de votre collègue,
05:13mais laissez-moi terminer…
05:15– Non, non, madame, ça y est, vous me coupez…
05:17– Je ne pars pas dans tous les sens, on parle bien de la famille.
05:19Le mariage pour tous, c'est la consécration d'une forme de famille.
05:23– Bien sûr.
05:23– Eh bien, il y a eu dans ce pays, vous vous en rappelez,
05:25je pense que vous faisiez partie…
05:26– Absolument pas, vous êtes mal tombée, vous voyez,
05:28parce que je faisais partie de ceux qui ne se sont jamais opposés
05:31au mariage pour tous.
05:32– Très bien, et donc vous reconnaissez
05:33qu'une bonne partie de votre famille politique
05:36s'était opposée au mariage pour tous.
05:37– Donc on est d'extrême droite.
05:38– Non, laissez-moi terminer et ne raccourcissez pas mon proco,
05:42ne le caricaturez pas.
05:44Mais vous voyez bien que là, dans un sujet de
05:46quelle famille doit avoir quel droit,
05:49il y a un désaccord, selon que l'on se trouve
05:52sur l'échiquier politique, entre une vision,
05:54je dis bien pas seulement de l'extrême droite,
05:56une vision de la droite conservatrice.
05:58Moi je n'ai rien contre des valeurs conservatrices,
06:00je ne les partage pas et je les critique.
06:02Donc on a bien le droit de critiquer.
06:03– Alors vous allez nous expliquer que maintenant,
06:05la droite est même contre le divorce.
06:06– Non mais est-ce que vous m'avez, Madame Saillet,
06:09vous m'avez entendu tenir ce propos ?
06:11– Votre collègue oui, Madame Saillet,
06:13vous ne parlez pas à Clémence Guettet,
06:18c'est un compliment de me prendre pour Clémence Guettet,
06:22mais c'est Daniel Le Baudet.
06:23– Non, je représente Daniel Le Baudet,
06:25et je représente la France insoumise,
06:27et je vais vous donner un exemple concret,
06:29qui montre et qui démontre, je crois très clairement,
06:31que selon notre positionnement politique,
06:33on n'a pas la même conception de la famille et des droits,
06:35qui doivent être afférents à ces familles.
06:38Et je vous dis très concrètement,
06:39là on ne parle pas en théorie,
06:40aujourd'hui il y a la rentrée scolaire,
06:41comment font les familles,
06:43notamment les familles monoparentales,
06:44qui ne sont pas des familles classiques avec un papet humain.
06:46– Toutes les familles ont des difficultés, Madame.
06:48– Notamment…
06:48– Que vous soyez monoparentale ou pas,
06:50il y a des familles que vous considérez comme traditionnelles
06:53et qui selon vous ont tous les avantages,
06:55qui ont des moyens très réduits, beaucoup de difficultés.
06:57– Elle termine son journal et vous répondez de n'est pas.
06:59Vous voyez, pour moi, toutes les familles françaises sont respectables.
07:02Et ce n'est pas parce qu'on est pour éventuellement une famille
07:05que vous appelleriez traditionnelle qu'on est d'extrême droite.
07:08Mais c'est votre problème, on est tous d'extrême droite.
07:10Moi je suis d'extrême droite, tout le monde est d'extrême droite.
07:12– S'il vous plaît, s'il vous plaît, m'écoutez attentivement
07:14et ne pas me faire dire des choses que je n'ai pas dites.
07:18Vous m'attribuez des propos que je n'ai pas tenus
07:19et je pense que les téléspectateurs qui nous entendent
07:21et qui nous écoutent le savent.
07:22– Oui, mais vous êtes solidaire de votre collègue.
07:26– Oui, mais j'essaie d'avoir un propos un peu construit.
07:29– Plus modérée, quelle ?
07:30– Je vous dis notamment, donc j'utilise ce terme
07:34pour dire que ce n'est pas exclusif, mais vous le savez madame,
07:37que les familles monoparentales sont notamment les familles
07:39dont ce sont les femmes qui sont en charge de la famille,
07:43souvent des familles précaires, donc ça c'est statistique.
07:46Et donc, aujourd'hui, si vous voulez, ce n'est pas les propos de votre collègue.
07:50– Pour nous c'est le sujet, la question c'est qu'est-ce que l'État fait
07:54pour permettre à ces familles de pouvoir subvenir à leur besoin.
07:54– Peut-être, vous avez raison, c'est légitime.
07:56Madame Bonneau, je peux vous poser la question différemment, pardonnez-moi mesdames.
07:59– Et quel droit doit-on avoir pour les différentes familles de votre sujet ?
08:02– On entend, mais est-ce que pour vous, alors pour poser la question différemment,
08:05est-ce qu'il faut déconstruire la famille dite traditionnelle ?
08:08– Je pense que ce n'est pas qu'il faut, de fait, elle a été reconfigurée.
08:11– Non mais ça c'est une chose, attendez, heureusement on a des choix personnels.
08:16– Oui, mais ce n'a pas été…
08:16– Mais est-ce que votre projet plus politique, non mais est-ce que vous l'assumez ?
08:20Parce que jusqu'où il faut aller dans la chambre à coucher, si je puis dire ?
08:23C'est une vraie question, quand on parle d'amitié, de relations intimes,
08:26on rentre quand même dans la maison des gens, non ?
08:29– Oui, écoutez, nous faisons partie justement de cette famille politique
08:33qui ne se mêle pas de ce que les gens font dans leur intimité,
08:36pour autant que ça reste du domaine de la loi.
08:38Parce que je vous rappelle que les reconfigurations familiales,
08:42elles ont été aussi le produit de luttes et de revendications,
08:45notamment des femmes.
08:46parce que ce n'est pas arrivé tout de suite,
08:48le droit d'avoir son propre chéquier encore,
08:51il y a encore 50 ans, ce n'était pas le cas dans notre pays.
08:54Le droit de vote c'est encore plus intéressant.
08:57Mais donc en fait, les reconfigurations des familles
08:59et des droits des femmes dans les familles
09:02a beaucoup évolué.
09:03– Quand votre parti défend par exemple
09:06que des femmes soient couvertes sur des plages,
09:08quand votre parti considère que le voile n'est qu'un serre-tête.
09:13Vous voyez, je suis désolée de vous le dire,
09:14madame, le droit des femmes, pour moi, ce n'est absolument pas vous qui le portez.
09:18– Eh bien, moi, je me revendique d'une tradition.
09:20Je n'ai pas nié votre engagement, par exemple,
09:23pour les droits pour toutes les familles.
09:25Permettez de ne pas nier mon engagement,
09:28qui est celui d'un engagement féministe.
09:29– Je le respecte, vous savez, je le respecte,
09:32mais par contre, je vous conseille…
09:33– Et donc, il ne s'agit pas de faire qui serait…
09:35– Je vous conseille, madame, de faire le point avec votre collègue
09:37qui ne tient pas du tout les mêmes propos que vous.
09:39– J'ai écouté son interview, son association de la famille traditionnelle
09:43à l'extrême droite est une faute, me semble-t-il,
09:46et très violent pour les familles, de manière générale,
09:49qui n'ont pas envie d'être dans des clans,
09:51la famille traditionnelle, la famille non traditionnelle.
09:54Vous voyez, le fait d'opposer comme ça,
09:56et d'être une telle violence avec la famille dite traditionnelle,
09:58qui est un concept d'extrême droite, selon votre collègue,
10:01moi, je peux vous dire que c'est quelque chose de très agressif et de très violent.
10:04– De toute évidence, vous ne souhaitez pas avancer dans le débat
10:07puisque vous continuez à attribuer, et à m'attribuer,
10:10et à attribuer à Clémence Guettet, des points de vue qui ne sont pas les siens.
10:14Je me permets de vous expliciter le propos politique
10:18qui est tenu par Clémence Guettet,
10:19parce que nous partageons les mêmes idées,
10:22et nous défendons les mêmes idées.
10:23Donc, voilà, de toute évidence, vous êtes arrêtés de manière assez rigide.
10:28– En tous les cas, mesdames…
10:29– Mais à coup pas, nous faisons de la politique, madame, ça y est.
10:31Nous essayons de défendre des idées.
10:33Et très concrètement, il y a des propositions politiques,
10:36nouvelles, intéressantes, que porte Clémence Guettet,
10:38que nous nous portons, qui ont à voir aux nouvelles relations sociales,
10:42et qui ont à voir aussi aux familles,
10:44quelle que soit leur configuration, nous en sommes aussi le produit.
10:48Et c'est à ça que nous répondons,
10:51les aspirations nouvelles qui existent dans la société.
10:53– Ces projets contre projets, c'est…
10:55Alors, différentes, peut-être même des versions antagonistes de féminisme,
10:59mais vous avez pu les exposer.
11:02Peut-être que vous avez un mot pour notre invité qui va suivre,
11:05avant de parler de l'enjeu qui est autour de lui, de Bruno Rotaillot.
11:10– M. Rotaillot est candidat, je crois que vous soutenez Mme Sayer.
11:15– Je suis qu'à personne, Mme, je suis une femme libre.
11:17– Très bien, vous ne soutenez donc pas M. Rotaillot,
11:20mais c'est un adversaire politique,
11:23et je crois qu'il fait partie du problème,
11:26il a été en responsabilité,
11:28et on a vu que le bilan est loin d'être positif pour le pays,
11:35et je crois que…
11:37– Tu peux peut-être pouvoir dire nos mots ?
11:38– Allez-y, c'est la conclusion.
11:40Nous mobilisons la droite.
11:41– Bien.

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