Passer au playerPasser au contenu principal
Pourquoi les entreprises pèsent-elles si peu dans le débat politique français ? Les Français détestent-ils leurs entreprises ?

À l'occasion de l'Université d'été du Medef, Étienne Gernelle analyse le manque d'influence des chefs d'entreprise auprès des décideurs. Entre méfiance historique de la droite comme de la gauche, faiblesse de la culture économique et enseignement peu axé sur le monde des affaires, l'entreprise peine à imposer ses sujets. Cité par le journaliste, Winston Churchill résumait ce paradoxe : au lieu d'y voir un prédateur ou une « vache à traire », il faut comprendre qu'elle est le « cheval qui tire la charrette ».

Retrouvez l'édito d'Étienne Gernelle, directeur du Point, sur RTL Matin, du lundi au jeudi

§
#EtienneGernelle #RTL #MEDEF #LePoint #Economie #Entreprise #WinstonChurchill #Politique

Suivez-nous sur :
Youtube : https://www.youtube.com/c/lepoint/
Facebook : https://www.facebook.com/lepoint.fr/
Twitter : https://twitter.com/LePoint
Instagram : https://www.instagram.com/lepointfr
Tik Tok : https://www.tiktok.com/@lepointfr
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/le-point/posts/
Bluesky : https://bsky.app/profile/lepoint.fr
Threads : https://www.threads.net/@lepointfr
WhatsApp : https://www.whatsapp.com/channel/0029VaDv82FL2ATwZXFPAK3c
www.lepoint.fr §

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ce matin, vous nous parlez des patrons qui vont débattre aujourd'hui avec 7 candidats à l'élection présidentielle.
00:05Ce sera lors de l'université d'été du MEDEF.
00:07Mais pour vous, Étienne, ils auront beaucoup de mal à se faire entendre des politiques.
00:10C'est simple, ils ne pèsent plus.
00:12Ils n'ont jamais vraiment pesé, Céline, en France.
00:15Et d'abord pour des raisons politico-culturelles, historiques.
00:19La méfiance du catholicisme pour l'argent, vous savez, par opposition au protestantisme.
00:23L'héritage révolutionnaire français avec la haine des riches qui l'accompagne.
00:27Puis la prévalence du marxisme, plus forte qu'ailleurs en Europe.
00:31Tout cela se rejoignant, par exemple, chez François Mitterrand, qui disait que l'argent corrompt.
00:38Et oui, la gauche française est plus à gauche sur l'économie que la gauche espagnole ou la gauche allemande,
00:43par exemple.
00:43Mais la droite a aussi sa méfiance pour le monde de l'entreprise.
00:47C'est, vous savez, la fameuse tirade du général de Gaulle.
00:50La politique de la France ne se fait pas à la corbeille, c'est-à-dire à la bourse.
00:55Et puis il y a aussi un sujet de culture ou d'inculture économique.
00:59C'est la deuxième grande explication.
01:01La culture économique de qui ?
01:03Alors il y a des politiques.
01:05Philippe Aguillon, prix Nobel d'économie, a été auditionné l'an dernier à l'Assemblée nationale.
01:09Il est ressorti atterré, c'est son mot, par le niveau moyen des députés en économie.
01:14Mais c'est beaucoup plus global que ça.
01:16Vous savez, l'OCDE, il y a quelques années, a posé une question simple par sondage.
01:20Vous placez 100 euros à 2%.
01:23Combien avez-vous au bout d'un an ?
01:26Bon, ça fait 100 euros, je dis ça pour Louis Baudin.
01:30Mais 102 euros, pardon.
01:31Et bien, je me suis trompé.
01:33Seuls 51% des Français avaient la réponse contre 64% des Allemands et 76% des Irlandais.
01:40C'est terrible.
01:41La faute, en partie, à la faiblesse de l'enseignement de l'économie dans le secondaire en France,
01:45à des programmes peu centrés sur l'entreprise et dans lesquels on évoque plus souvent Marx ou Keynes,
01:50les deux nuances de l'économie politique de gauche que des questions de compétitivité ou de concurrence ou bien de
01:56marché.
01:57Et puis, il y a aussi des choses beaucoup plus concrètes.
02:00Et c'est mon dernier point, les retraites.
02:02Qu'est-ce qu'elles viennent faire là-dedans ?
02:05Vous savez, ça revient dans le débat, la retraite par capitalisation.
02:08Et c'est aussi un enjeu culturel.
02:11Quand vous avez une part de retraite par capitalisation,
02:15votre pension dépend directement des succès des entreprises et, osons les gros mots, de leurs profits.
02:21Cela change un tout petit peu le regard qu'on porte sur elles et l'écoute pour les patrons.
02:26Winston Churchill, dont le pays est pourtant historiquement beaucoup plus pro-business que la France,
02:30résumait bien la question, et je le cite,
02:32« Certains considèrent l'entreprise comme un tigre prédateur qu'il faut abattre,
02:38d'autres la voient comme une vache qu'ils peuvent traire.
02:40Seule une poignée voit ce qu'elle est réellement, le cheval qui tire toute la charrette. »
02:46Signé Gernel, Étienne Gernel, directeur du Point.
02:49À la une de votre journal cette semaine, un homme qui n'est pas à Roland-Garros,
02:53aujourd'hui, pour débattre avec les grands patrons,
02:54puisqu'il n'est pas candidat officiel à la présidentielle pour l'instant.
02:58C'est François Hollande, l'embusqué, si la situation l'exige.
03:02C'est la citation.

Recommandations