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  • il y a 7 semaines
Chaque matin dans Europe 1 Matin, Dimitri Pavlenko reçoit un invité pour évoquer les dernières actualités. Aujourd'hui, Geoffroy Roux de Bézieux, ancien président du Medef.

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00:009h, Europe 1 Matin.
00:037h11 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko, vous recevez ce matin le chef d'entreprise et ancien président du MEDEF, Geoffroy
00:09Roux de Bézieux.
00:09Bonjour Geoffroy Roux de Bézieux.
00:11Bonjour.
00:12Bienvenue sur Europe 1, vous avez dirigé le MEDEF pendant 5 ans, pendant le premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
00:17Vous faites beaucoup de choses, vous dirigez des entreprises, vous êtes administrateur de plusieurs grands groupes, vous êtes investisseur aussi.
00:23Alors les 7 candidats déclarés à l'élection présidentielle ont confronté leur proposition économique devant le MEDEF.
00:30Expérience d'ailleurs, peut-être que je crois que vous aviez mené à l'époque où vous présidiez l'organisation
00:34patronale.
00:34Votre sentiment général d'abord sur la qualité de ce débat, est-ce que vous en avez eu pour votre
00:39argent ?
00:41Alors c'était gratuit pour les candidats, donc je ne sais pas si on avait eu pour notre argent, mais
00:45plus sérieusement, oui d'une certaine manière.
00:49Parce que ce qui est positif pour le pays, je pense, c'est qu'on a mis l'économie, et
00:54notamment le sujet de la dette, au cœur du débat, du premier débat présidentiel.
00:58Ça a obligé tous les candidats à se positionner.
01:02Et l'autre chose que j'ai trouvée positive, je vais dire d'un point de vue un peu démocratique,
01:05c'est que le débat était de qualité.
01:09Je signale quand même qu'on avait des candidats, notamment Jean-Luc Mélenchon, très anti-entreprise.
01:14Il n'a été absolument pas hué.
01:17Vous voyez, donc il y a un niveau de démocratie qui a été plutôt positif.
01:23Après, il y avait des réponses très très différentes en fonction des candidats, mais ça, ça ne nous a pas
01:28surpris.
01:28Il y a eu beaucoup de choses dites sur la dette qui a été le sujet d'introduction, le sujet
01:32d'entrée, mais c'est un peu l'éléphant dans la pièce en cette rentrée.
01:35Sur la place aussi de l'État en France.
01:38Alors si je prends les candidats dans l'ordre de leur poids dans les sondages, Marine Le Pen, est-ce
01:43que, d'après vous, elle a acquis une crédibilité économique auprès de ses chefs d'entreprise,
01:47qui, longtemps, a eu un regard quand même assez méfiant à son égard.
01:52On a entendu un peu marine la rigueur hier, un plan de 125 milliards d'euros d'économie, l'inscription
01:57d'un respect du déficit des 3% dans la Constitution.
02:03Vous avez été surpris, Geoffroy Roude-Bézieux, de l'entendre de cette manière ?
02:07Oui et non. Indiscutablement, Marine Le Pen a travaillé le sujet par rapport notamment au débat qu'elle avait eu
02:16avec Emmanuel Macron.
02:18On sentait quand même que ce n'était pas du tout son terrain de jeu.
02:22Donc là, elle a aligné les chiffres, elle avait travaillé le sujet.
02:26Le problème reste que, quand on creuse un peu, l'équation ne boucle pas.
02:32C'est-à-dire qu'il y a effectivement sa nombre de promesses plutôt, j'allais dire, favorables pour l
02:37'entreprise de notement de baisse d'impôt de production.
02:40Mais le financement ne paraît pas crédible, parce qu'il y a deux éléphants dans la pièce, pour reprendre votre
02:46expression.
02:46La première, les 125 milliards de baisse de dépense ne semblent pas crédibles,
02:52parce qu'on ne peut pas trouver 125 milliards sur la fraude sociale, les agences de l'État et l
02:57'immigration.
02:58Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'économie à faire, bien sûr.
03:00Mais je ne suis pas sûr que c'est cela où ça se passe.
03:04Et de l'autre côté, il y a les retraites, où elle revient en arrière,
03:08enfin, pas sur son programme, mais sur ce qui a été fait en faisant une retraite à 62 ans,
03:12et même 60 ans pour ceux qui ont commencé plus tôt.
03:15Alors je comprends, parce qu'effectivement, son électorat est plutôt sensible à ça.
03:18Mais ça, ça va nous coûter, elle annonce 9 milliards, je pense, beaucoup plus.
03:22Donc il y a quand même un problème de, j'allais dire, la progression de crédibilité personnelle,
03:26mais il y a un problème de crédibilité du programme qui ne boucle pas.
03:29Donc à retravailler d'une certaine manière, si je vous suis bien.
03:32Je ne suis pas sûr, parce que, comment dire, elle est prise,
03:35enfin, je ne veux pas faire l'analyse politique, mais ce n'est pas mon métier,
03:38mais elle est prise entre une contradiction d'être crédible,
03:41mais un électorat populaire qui est attaché aux dépenses sociales.
03:46Tout le problème, d'ailleurs, de tous les candidats, c'est qu'il faut dire la vérité,
03:49la seule manière de redresser les comptes, c'est de réduire les dépenses sociales,
03:56c'est le gros des dépenses, c'est-à-dire maladie et retraite.
03:59Évidemment, ça fait mal.
04:00Ça fait mal aux gens de travailler plus longtemps, en tout cas pour une partie d'entre eux,
04:03et ça fait mal que les médicaments augmentent, que la franchise augmente.
04:07Pourtant, c'est la vérité, et à un moment, on n'y coupera pas,
04:10sinon, ça viendra de l'extérieur, du FMI, de la BCE, etc.,
04:13et ça, ça sera une catastrophe.
04:15Il y a quand même eu beaucoup de promesses de rupture,
04:17c'est un mot qui est souvent revenu hier dans la bouche des candidats,
04:20mais vous posez quand même la question de la sensibilité des Français à ces réformes.
04:24Comment, après les Gilets jaunes, après la crise des retraites,
04:26avec des gouvernements sans majorité aussi,
04:29comment on fait pour réformer la France, Geoffroy Arroud-Bézieux ?
04:32C'est un peu l'équation.
04:33C'est simple, moi, je ne suis pas dans les Yaka Faucon, c'est facile,
04:36c'est toujours facile quand on n'est pas aux manettes,
04:39mais je crois que la France, vous savez, il y a cette phrase de Mendes France,
04:42la France peut supporter la vérité.
04:44Il faut faire de la pédagogie en expliquant aux Français
04:47qu'il y a des efforts à faire,
04:50en ayant quand même un discours positif, au final,
04:53parce que ces efforts, ce n'est pas des efforts justes pour souffrir
04:57de la sueur, des larmes et du sang.
05:00Si on réduit raisonnablement les dépenses,
05:03il ne s'agit pas de travailler jusqu'à 70 ans,
05:05il ne s'agit pas d'avoir des franchises médicales à, je ne sais pas, 3-4 euros,
05:09mais si on fait ces efforts-là,
05:11alors on redresse les comptes,
05:12et alors on peut développer l'économie,
05:14parce que la France n'est pas foutue,
05:15il y a quand même beaucoup, beaucoup de potentiel.
05:17Et donc, ce discours, j'allais dire,
05:19qui est un discours raisonnable,
05:22réaliste, mais qui doit être un discours d'espoir,
05:24je pense que c'est le bon positionnement,
05:26parce qu'il y a un point, moi, qui m'a beaucoup frappé,
05:28quand même, hier,
05:30tous les sondages montrent que les Français
05:31font confiance aux chefs d'entreprise et aux entreprises.
05:34Plus de 80%.
05:35Après l'armée, l'entreprise,
05:37c'est l'institution à laquelle les Français font confiance.
05:42Or, vous avez quand même deux catégories qui sont passées hier,
05:44il y a ceux qui ont un discours pro-entreprise,
05:47et puis il y a quand même des gens,
05:49pour ne pas les nommer,
05:50Jean-Luc Mélenchon et Marine Tandelier,
05:51qui tapent à bras raccourcis sur les entrepreneurs.
05:54Et c'est à la fois stupide économiquement,
05:57mais je pense que c'est stupide électoralement.
05:59C'est-à-dire qu'on ne peut pas être élu président de la République
06:01contre les entreprises.
06:03Justement, les chefs d'entreprise,
06:06je les ai trouvés plutôt offensifs,
06:07en tout cas le panel qui a été choisi
06:09pour poser des questions aux candidats,
06:12mais même plus généralement.
06:13Il y a quelques années,
06:14un grand patron qui prenait publiquement position
06:17sur tel sujet de société,
06:19même au-delà de l'économie,
06:21c'était rarissime.
06:22Or, aujourd'hui,
06:23vous avez un Patrick Pouyanné,
06:25vous avez le patron de Michelin
06:26qui s'exprime ouvertement,
06:27qui l'ouvre d'une certaine manière.
06:29Qu'est-ce que ça nous dit, ça, Geoffroy Roux-de-Bézieux ?
06:32Ça rebondit un peu ce que je vous ai tout à l'heure,
06:34c'est-à-dire que comme les entreprises sont crédibles,
06:36les Français attendent qu'elles proposent des solutions.
06:39C'est d'ailleurs une responsabilité lourde,
06:42parce qu'ils attendent peut-être plus
06:43que ce que les entreprises peuvent donner.
06:45C'est-à-dire que les Français attendent
06:47que les entreprises créent des emplois,
06:49créent de la prospérité,
06:50mais aussi résolvent des problèmes,
06:53quelquefois, de société,
06:55d'intégration,
06:55qui ne sont pas complètement évidents à résoudre.
07:00Est-ce que les patrons, aujourd'hui,
07:02vous pensez qu'ils ont trouvé leur candidat
07:04dans le panel des sept qui étaient présents hier devant le MEDEF ?
07:07Je ne vais pas vous faire de langue de bois.
07:09Il y a trois candidats qui sont quand même plutôt,
07:12qui se détachent pro-entreprise,
07:14qui sont en fait les candidats de la droite et du centre,
07:17très clairement,
07:18parce que c'est ceux qui connaissent le mieux l'entreprise
07:20et qui ont des mesures plus pro-business.
07:23Après, il y a un choix d'incarnation.
07:25Chacun jugera plus crédible tel ou tel.
07:28Primaire ou pas primaire ?
07:30Ça, ce n'est pas mon sujet, si j'ose dire.
07:32Je pense que sans primaire,
07:34ou en tout cas sans désistement,
07:36on se retrouvera face à un duel Mélenchon-Le Pen.
07:40Mais moi, je ne suis pas encarté dans aucun des partis,
07:42donc je n'ai pas à me prononcer là-dessus.
07:44Merci en tout cas, ce matin,
07:46de nous avoir répondu Geoffroy Roux-de-Bézieux,
07:48l'ancien président du MEDEF.
07:49Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Europe 1.
07:51Bonne journée à vous.
07:52Au revoir.

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