- il y a 7 semaines
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00:00Je voulais qu'on en parle avec vous Raphaël Grabier, on va se plonger un petit peu dans les différentes
00:03mesures évoquées par les partis hier
00:06et vous avez constaté vous, chez la France Insoumise comme au Rassemblement National, une forme d'adoucissement face au patron.
00:14Oui exactement Julie, s'adoucir ou donner des gages, c'est une façon de résumer la stratégie de Jean-Luc
00:19Mélenchon ou de Marine Le Pen hier face au MEDEF.
00:22Alors les gages d'abord côté Rassemblement National, notamment sur le thème de la rigueur des finances publiques,
00:28Marine Le Pen va encore plus loin d'avant, regardez ce qu'elle proposait il y a seulement quelques mois,
00:32c'était en décembre 2025, sur le plateau de BFM TV.
00:36Nous pensons donc qu'il ne faut pas continuer à augmenter indéfiniment les prélèvements, qu'il faut faire des économies.
00:45Et nous en avons proposé dans notre contre-budget 57 milliards d'économies.
00:5157 milliards d'économies, donc ça c'était en décembre dernier, sauf qu'hier face au patron Marine Le Pen,
00:56elle a été encore plus loin et même beaucoup plus loin, écoutez.
01:00Le premier qui doit faire un effort, c'est l'État.
01:03Et il doit baisser drastiquement son train de vie, juste avant le débat budgétaire.
01:09Nous présenterons notre trajectoire de rétablissement des finances publiques,
01:14avec 125 milliards d'euros d'économies, parce qu'il est absolument nécessaire de le faire.
01:22Alors, le mot qui est important là-dedans, c'est trajectoire.
01:24Autrement dit, en fait, et j'ai eu confirmation, ce dont parle Marine Le Pen, ce n'est pas sur
01:28un an, évidemment.
01:29C'est sur l'ensemble du mandat.
01:31Donc, 125 milliards d'euros d'économies sur 5 ans.
01:33Donc, en gros, en moyenne, pas forcément tous les ans la même chose, mais 25 milliards par an.
01:37Et puis, il y a une autre évolution quand même que j'ai remarquée.
01:38Il y a 8 mois, Marine Le Pen voulait baisser les impôts de production pour les entreprises.
01:43Hier, face aux entrepreneurs et au MEDEF, elle a dit qu'elle voulait carrément les supprimer.
01:46– Jean-Luc Mélenchon aussi s'est adapté, Raphaël.
01:49– Sur sa volonté d'annuler la dette française, on en a beaucoup parlé,
01:52celle qui est détenue par la BCE, on va dire plutôt par la Banque de France.
01:55C'est assez saisissant.
01:57Regardez, pour rappel, quand même, comment il présentait cette idée fin juin dans une conférence de presse.
02:02– Où se trouvent les 18% de types de dettes, si vous voulez savoir où ils sont ?
02:06Dans les caisses de la Banque centrale de chaque pays.
02:09Donc, les 18% sont dans la Banque de France.
02:12Donc, il suffit d'y aller, de les prendre et les foutre au feu, il n'y en a plus.
02:14Et personne ne s'apercevra jamais que ça a disparu.
02:19– Cette fameuse expression « foutre au feu la dette »,
02:22hier soir, face au patron Jean-Luc Mélenchon, était beaucoup moins catégorique.
02:27– Je parle de la dette de la France auprès de la Banque centrale européenne.
02:32Si la proposition est sur la table, évidemment pas nous les Français,
02:35tout seul à décider que la dette n'existe plus.
02:38Mais si nous avons une proposition européenne, et si nous nous motivons,
02:41nous ferons baisser ces taux d'intérêt, et je vous prends le pari,
02:45si je suis élu, je trouverai des alliés en Europe.
02:48– Ça fait sourire Daniel Obono, mais on vous donne le micro.
02:51– C'est un peu la définition de deux salles, deux ambiances quand même.
02:53On est passé d'une dette à foutre au feu, à la recherche éventuelle d'un compromis européen.
02:57– Le RN et LFI n'ont pas pour autant tout renié, Raphaël.
03:00– Non, déjà Marine Le Pen allait rester ferme, notamment sur son projet de retraite à 62,
03:06voire 60 ans pour ceux qui auront commencé à travailler avant 20 ans.
03:09Alors côté LFI, c'est un peu différent.
03:11C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon a de nouveau appelé à la hausse du SMIC,
03:14une séquence qu'on a beaucoup vue notamment, qui a provoqué certains rires chez les patrons.
03:17Mais il y a quand même deux mots que je n'ai pas entendus du tout,
03:20et dont on a beaucoup parlé cet été.
03:21Le premier, c'est Zuckmann, et le deuxième, c'est Milliardaire.
03:24– Une réaction là-dessus ?
03:27– D'abord, pour rectifier quelques points,
03:31ça ne date pas de cet été ou de juin ou d'hier
03:34que nous proposons le gel d'une partie de la dette.
03:37C'est une proposition que nous portions déjà
03:40lors de la précédente campagne présidentielle.
03:42Et donc non, il n'y a pas de retournement.
03:44Je sais que vous vouliez absolument renvoyer dos à dos.
03:46– Non, non, de façon de présenter les choses, de façon de la communication.
03:49– Oui, mais dans ce cas, écoutez et lisez ce qui est écrit
03:51et qui a été développé depuis plusieurs années dans notre proposition.
03:55– Donc en vérité, non, il y a tout simplement, dans l'attitude de Jean-Luc Mélenchon,
03:59et je pense que pour le coup, il était le seul à ne pas être venu courtiser
04:04les grands patrons, puisqu'on parle du MEDEF, c'est les grands patrons.
04:06Il est venu en chef de départ, présenter le plan d'action,
04:12qu'en tant que président de la République, il mettrait en œuvre,
04:14et comment il entend mettre au service de l'intérêt général les entreprises.
04:19Je pense que c'est ça qu'il a distingué de tous les autres.
04:21– Pour le coup, Jean-Luc Mélenchon était le seul à ne pas être venu courtiser
04:25les chefs d'entreprise, vous visez notamment le Rassemblement national ?
04:28– Disons que la droite et l'extrême droite sont arrivés avec toute une liste de cadeaux,
04:32sans d'ailleurs expliquer comment il permettrait de faire fonctionner un pays
04:36en mettant à bas son état social, en remettant en cause…
04:39– Lesquels vous ont marqué, vous ? Lesquels vous ont marqué concrètement ?
04:41– On va dire pour l'extrême droite, je crois que le coming out ordo-libéral de Marine Le Pen,
04:46qui explique qu'elle va inscrire dans la Constitution le TSCG, c'est-à-dire la règle d'or,
04:52moi ça ne me surprend pas puisque l'extrême droite est à droite, très très à droite.
04:56Mais c'est quand même un reniement total de la posture qu'elle avait pu avoir
05:02et présenter comme si c'était une opposition par exemple au TCE à l'époque en 2005.
05:08– Alors que, juste pour expliquer, le TSCG c'est encore pire que les règles d'austérité
05:14et de coupure budgétaire qu'il y avait dans le TCE, quand on sait l'impact de ce TCE, c
05:20'est quand même assez…
05:21– Oui, il y a un pacte de stabilité en Europe avec des règles budgétaires
05:24qui sont plus ou moins contraignantes selon les circonstances.
05:27Pour la France, ça va devenir contraignant, on était en procédure de déficit excessif.
05:31Mettre une règle d'or, c'est rajouter presque de la règle à la règle en réalité,
05:34ça veut dire contraindre réellement sur les finances publiques la trajectoire.
05:38Et donc ça peut être beaucoup plus imposant même que les règles européennes,
05:41c'est ce que la France n'a jamais fait.
05:43C'est vrai que c'est aujourd'hui dans le discours, c'est quelque chose qui est en train d
05:46'arriver de plus en plus.
05:47La question c'est quelles règles d'or vous adoptez ?
05:49C'est-à-dire quelles règles d'or, sur quelle trajectoire, comment est-ce que vous sortez des investissements ou
05:52pas ?
05:53Est-ce que vous prenez l'aspect cyclique ou pas ? Il y a beaucoup de choses à dire.
05:56Mais c'est vrai que le RN a une vision plus orthodoxe du coup budgétairement qu'auparavant.
06:02Mais peut-être que la situation le nécessite, après c'est un débat politique.
06:04Ça c'est une nouveauté, Alexandre Nicoli, qui a une volonté désormais de plaire au milieu économique ?
06:10Ça fait des années que Marine Le Pen avait signalé que la trajectoire économique et budgétaire du pays était très
06:18inquiétante.
06:18On a été les premiers à évoquer ce problème et les difficultés quand on regardait les déficits publics de plus
06:24en plus chroniques,
06:25qui s'expliquent par plusieurs raisons.
06:28Une hausse des dépenses publiques, d'ailleurs quand j'entendais François Hollande, on ne tire aucune leçon de ce qui
06:33a pu se passer.
06:34On a, avec 57% de dépenses publiques dans le PIB le plus haut montant de dépenses publiques des pays
06:41de l'OCDE.
06:42Et on a en même temps le plus fort montant de prélèvements obligatoires.
06:46Donc si on veut relancer l'économie de ce pays, il va falloir que les entreprises se portent mieux.
06:53Comment redresser les comptes de ce pays en proposant de rabaisser l'âge à 62 ans ?
06:57Ce que confirme encore Marine Le Pen.
06:59Marine Le Pen, ce qu'elle dit, c'est qu'aujourd'hui, il faut qu'on incite les jeunes à
07:03aller vers des filières où il y aura des besoins.
07:05Une des grandes difficultés qu'on a pour recréer de la richesse, c'est justement refaire en sorte de développer
07:09l'industrie.
07:10Parce qu'aujourd'hui, on a un déficit commercial et donc il faut inciter nos jeunes à aller vers des
07:15filières où il va y avoir des besoins.
07:16L'industrie recherche 70 000 personnes formées aujourd'hui et c'est un des freins.
07:21Il y en a plusieurs, l'augmentation du prix de l'électricité, notre retard en termes d'adaptation de la
07:26robotisation et de la modernisation de l'appareil industriel,
07:29mais aussi les jeunes formés.
07:31Et je parlais de la fiscalité en plus, notamment des impôts de production qu'on voudrait supprimer.
07:36Eh bien, notre réforme des retraites, elle va inciter les jeunes à aller vers ces filières-là, à commencer à
07:41travailler plus tôt.
07:42Donc, un avantage quand on commence à travailler entre 17 et 20 ans, quand on va vers l'apprentissage, vers
07:47des emplois manuels et notamment vers l'industrie,
07:49pour recréer de la richesse.
07:51Parce qu'on ne peut pas se dire que le modèle d'aller en fac de socio sans déboucher et
07:56inciter nos jeunes à faire ça, c'est le bon modèle.
08:01Aujourd'hui, nous, ce qu'on dit, c'est que quand on commence à travailler à 24 ans et demi,
08:04par exemple avec 42 annuités,
08:05bah oui, vous partez évidemment plus tard.
08:08Mais donc, vous avez un avantage quand vous commencez à travailler tôt.
08:11C'est pour, au final, créer de la richesse avec une vision sur le long terme.
08:15C'est comme ça qu'on redéveloppera une économie dans le pays.
08:17Départ la retraite à 62 ans pour le Rassemblement National, 60 ans même pour la proposition de la France Insoumise,
08:23c'est votre objectif.
08:24Est-ce que c'est tenable ? Est-ce que c'est réaliste ? Je me tourne vers l'économie.
08:28Alors, c'est difficile de prendre des positions là-dessus.
08:30La réalité, c'est comme vous le dites, c'est que la situation des finances publiques est extrêmement délicate,
08:36qu'on va devoir faire des ajustements budgétaires.
08:39Si on veut stabiliser la dette publique en point de PIB dans les prochaines années, la question, c'est comment
08:43on fait ?
08:43Comment on fait ? A quelle vitesse on le fait ?
08:46Quelles sont les mesures qu'on prend ? Est-ce que c'est des mesures d'économie ?
08:49Est-ce que c'est sur la sphère de l'État ? Est-ce que c'est sur la sphère
08:50sociale ?
08:51Est-ce que c'est sur les collectivités locales ?
08:52Est-ce qu'on augmente les prélèvements sur les ménages, sur les entreprises ?
08:55Sur les ménages, sur quel type de ménage ?
08:57Ce que je veux dire, c'est que les montants qui sont en jeu, les fameux 125 milliards,
09:00qui est issu d'un rapport de quatre économistes de cet été,
09:03qui dit que pour stabiliser la dette, il faut trouver 125 milliards par an, d'ici à 2032.
09:07Donc c'est par an, ça veut dire qu'il faudra mettre beaucoup de choses sur la table.
09:10Et donc il y a des choix à faire.
09:12Si vous faites ça, vous ne faites pas autre chose.
09:14Et puis si vous rajoutez des mesures, par exemple, comme la retraite à 62 ou 60 ans,
09:17ça veut dire qu'il y a un surcoût budgétaire et qu'il faudra faire plus que 125.
09:20Et comment on va compenser ça alors ?
09:22C'est tout l'enjeu de ce débat présidentiel,
09:25parce qu'au-delà de la question comptable, nous on a des réponses très précises.
09:29En augmentant l'assiette 0,25 points par an, ça fait rentrer de l'argent dans les cotisations,
09:37y compris on l'intègre avec une augmentation des salaires,
09:42une proposition que seul Jean-Luc Mélenchon a portée,
09:44qui a créé aussi une réaction, je pense, qui a beaucoup choqué,
09:48parce que pour les gens aujourd'hui qui sont au SMIC, ce n'est pas drôle.
09:52Et donc augmenter les salaires, ça veut dire quelque chose.
09:55Donc il faut une politique globale.
09:57Mais si vous permettez, je voulais quand même réinscrire...
10:02Non, mais en fait, je ne réponds pas à M. Nicolique, je souhaiterais...
10:05C'est un débat.
10:06Oui, d'accord, mais je souhaiterais finir le propos pour expliquer
10:09pourquoi cette politique, et c'est Jean-Luc Mélenchon qui était le seul à avoir une vision,
10:13pourquoi on a besoin d'avoir une protection sociale
10:17qui permet d'assurer le présent et d'assurer l'avenir.
10:21Parce qu'il faut une vision.
10:22Il faut une vision pour lesquelles seule la France insoumise propose aujourd'hui
10:28comme règle, non pas la règle d'ordre des coupes budgétaires
10:31et d'une vision comptable, mais la règle verte.
10:33La règle verte qui permet d'engager le pays
10:36dans le plus grand défi civilisationnel que l'humanité ait connu,
10:39c'est-à-dire la bifurcation écologique,
10:41l'atténuation de la crise climatique
10:43et l'adaptation de notre société.
10:44C'est ça la vision qu'il faut.
10:46Et ensuite, on se donne les moyens.
10:47Et nous avons tous les ans, nous n'avons pas attendu l'élection présidente,
10:52tous les ans, nous avons un contre-budget
10:53où nous expliquons où nous allions chercher les moyens.
10:56Oui, pour financer la sécurité sociale,
10:57il y a les moyens de financer la règle verte pour Alexandre Nicolique.
11:01Et tout un ensemble...
11:02Si on enlève les micro-entreprises,
11:05vous savez, par rapport à 2017,
11:06il y a 71% d'entreprises qui ont fermé en plus.
11:10On a aujourd'hui beaucoup d'entreprises
11:11qui sont en très très grande difficulté.
11:14Et c'est tout le problème qu'on a, justement,
11:16c'est ce qu'avait fait dire à François Bayrou
11:18quand il dirigeait le haut commissariat au plan,
11:19qu'on avait une économie d'un pays en voie de développement.
11:22Donc, il va falloir faire en sorte
11:23que les entreprises dégagent plus de marge.
11:25C'est pour ça que nous, on soutient, par exemple, le nucléaire
11:27pour faire baisser le prix de l'électricité.
11:28C'est pour ça qu'on veut supprimer les impôts de production.
11:31Et c'est pour ça qu'on ne veut pas de charges supplémentaires
11:33si on augmente les salaires.
11:34On dit, il faut aujourd'hui que, jusqu'à trois fois le SMIC,
11:38il puisse y avoir une augmentation de 10% des salaires
11:40sans hausse de charges sur cette augmentation,
11:43donc sans cotisation patronale et salariale,
11:45sur l'augmentation.
11:46C'est pour ça que j'interrogeais Madame Bonneau,
11:49je vous demandais, parce que je pense que c'est important
11:50que les entreprises en aient conscience.
11:51Vous savez à combien est le SMIC aujourd'hui ?
11:53Oui.
11:53À combien ?
11:54C'est à 1 300 ?
11:59Non, 1 400 net.
12:00Non, 1 477 net.
12:01C'est inquiétant quand vous dites que vous voulez augmenter le SMIC
12:04et que vous tombez après 200 euros de près,
12:06vous parlez pour les gens qui gagnent le SMIC.
12:07Non, j'ai dit 1 300 et c'est à 1 400, monsieur.
12:09Combien il coûte chargé Madame ?
12:10Par ailleurs.
12:11Combien il coûte chargé à une entreprise ?
12:12Allez, on accélère parce que...
12:14C'est quand même dommage parce que Madame parle d'augmentation du SMIC
12:16et elle ne sait pas, pour les chefs d'entreprise expliquer
12:19combien ça leur coûtera, mensuellement et annuellement,
12:22par exemple pour un salarié, cinq salariés.
12:25Monsieur Nicolique, vous dites que...
12:27Oui, monsieur Nicolique, c'est bon.
12:28J'ai dit 1 300, c'est 1 400.
12:30C'est 1 500, c'est 1 500.
12:31C'est 1 500, c'est 1 500, c'est 1 500, c'est 1 500, c'est 1 500,
12:33c'est 1 500, c'est 1 500.
12:39Monsieur Nicolique, je sais que vous avez plein de choses à vous dire
12:41et on aura l'occasion, vous posez des questions et vous faites les réponses.
12:46On aura l'occasion, s'il vous plaît, monsieur Nicolique, de vous réinviter.
12:50On n'a plus le temps.
12:51Mais non, mais c'est pas possible.
12:53Comme monsieur Nicolique dit qu'il va enlever les cotisations,
12:56qu'est-ce que ça fait ?
12:57Ça enlève de l'argent pour la sécurité sociale.
12:59Allez, voyez, la loi.
13:03J'ai une idée pour vous mettre d'accord.
13:06Est-ce que vous êtes fan, tous les deux, de Céline Dion ?