- il y a 7 semaines
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.
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00:00C'est donc une course contre la montre qui se déroule en ce moment même au Népal.
00:04Nous sommes 48 heures après la coulée de bouge et hante qui a fait près de 600 morts désormais
00:09et laissé un paysage d'apocalypse absolu.
00:12Et aujourd'hui c'est donc une autre menace qui fait craindre le pire sur toute la région
00:16puisqu'un lac qui s'est créé ces derniers jours menace de se déverser sur la région.
00:20On va d'abord retrouver comme promis l'envoyé spécial de BFM TV à Katmandou,
00:25c'est Anji Luata qui est arrivé sur place.
00:26Aujourd'hui Anji, il a même fallu interrompre les secours pendant plusieurs heures.
00:34Exactement, parce qu'en fait il y a trois menaces principales sur ces opérations des secours.
00:40Celle que vous avez évoquée, c'est-à-dire ce lac qui s'est créé.
00:43On rappelle le fil des événements, un effondrement d'un bloc de glace.
00:47Ensuite il y a effectivement cette coulée de boue et ces crues extrêmement violentes dans une vallée.
00:54Et à ces endroits-là même, c'est-à-dire à la frontière entre le Tibet et le Népal,
00:59il y a eu effectivement une sorte de lac qui s'est créé, qui a commencé même à fuiter
01:03et qui menace en réalité toute la région d'une nouvelle coulée de boue.
01:07Donc les opérations sont très complexes parce que tout simplement c'est trop dangereux.
01:11Et puis les deux autres problèmes qu'il y a actuellement, c'est que la plupart des opérations,
01:15eh bien elles sont obligées de passer par les airs et que le ciel est extrêmement orageux.
01:20Les températures sont aussi aux alentours de 25 degrés.
01:25Ici lorsqu'on est à Katmandou, il est bien plus froid bien évidemment dans la montagne.
01:28Mais le ciel lui est chargé, chargé d'orage, ce qui empêche bien évidemment parfois les hélicoptères de décoller.
01:34Et le deuxième problème bien évidemment, c'est la route.
01:37La route qui est soit totalement sinistrée, dévastée, soit qui est tout simplement fermée pour des raisons de sécurité.
01:44Donc c'est extrêmement compliqué d'atteindre ces zones.
01:47Merci beaucoup Angelo Ouata avec Willem Gué.
01:49On voit bien toutes les difficultés en ce moment même pour les secouristes
01:52qui ont enfin réussi à atteindre la zone la plus dévastée par cette coulée de boue.
01:57On va en parler ce soir avec Gaël Musquet.
01:59Bonsoir spécialiste de prévention des risques naturels.
02:02Thierry Arnaud, bonsoir.
02:03Éditorialiste en politique internationale pour BFM TV.
02:06Et Ludovic Pingano, bonsoir également.
02:08Consultant gestion de crise BFM TV.
02:10Prenons les menaces les unes après les autres.
02:12Peut-être la plus urgente Gaël, tout d'abord.
02:14Ce lac qui s'est donc formé en altitude, en amont, donc de la zone déjà silistrée.
02:21Il fait quelle taille ce lac ?
02:23On a estimé à 3 millions de mètres cubes d'eau.
02:26Cette eau évidemment représente déjà un danger.
02:28Et plus le temps passe, plus cette quantité d'eau va augmenter.
02:31Puisque ce lac formé par ce bouchon qui a été fait par une partie du massif qui s'est déstabilisé,
02:38qui bloque cette rivière, cette eau va, et elle a commencé ce matin à déborder.
02:43Ça s'est arrêté et donc qui a permis de reprendre les opérations de secours.
02:48Mais cette eau continue de s'accumuler avec, comme le disait Anjil Ouattar,
02:52des averses qui déversent.
02:54On est en période de mousson.
02:55Donc ils vont amplifier évidemment cette quantité d'eau.
02:58Mais cette eau, qui représente déjà un danger, elle est accompagnée aussi de gravats.
03:02Donc si ce barrage devait céder, il faut imaginer que ce sont énormément de matières
03:08qu'ils vont accompagner, qui vont s'additionner à ces 3 millions de mètres cubes d'eau.
03:12Ils vont s'ajouter plusieurs millions de mètres cubes de gravats, de roches, de sédiments et de limons
03:18qui évidemment provoqueront des dégâts supplémentaires sur une zone qui est déjà déstabilisée
03:24où il y a potentiellement des victimes en surface et où il y a aussi des opérations de secours.
03:28On a donc en quelque sorte une baignoire géante à 3000 mètres d'altitude.
03:31qu'on ne sait évidemment pas vider et qui peut déborder à tout instant ou rompre à tout instant.
03:37C'est ça ?
03:37Exactement.
03:38On est sur une situation extrêmement sensible, extrêmement dangereuse.
03:41Parce que oui, effectivement, la vidée, ça semble comme ça, très simple.
03:44Mais en réalité, ce sont des opérations extrêmement complexes.
03:46Parce qu'il faut arriver à faire évacuer l'eau de façon progressive, justement.
03:51Sauf que s'il y a une rupture de ce bouchon, comme vient de l'expliquer Gaël,
03:54eh bien, on se retrouve avec une nouvelle avalanche de débris,
03:59une nouvelle collée de boue qui va de nouveau provoquer énormément de dégâts.
04:03Donc, c'est une situation très, très sensible et particulièrement dangereuse.
04:06On va revenir sur ce travail acharné des secouristes dans quelques instants.
04:09Mais on a réussi à avoir une liaison avec Katmandou.
04:12À nouveau, c'est Mohan qui est avec nous.
04:13Bonsoir Mohan, vous êtes guide de haute montagne, vous êtes francophone également.
04:18Merci de nous consacrer quelques minutes.
04:19Vous connaissiez certaines des personnes disparues dans cette coulée de boue.
04:25Est-ce que vous pouvez d'abord, tout simplement, nous en dire un petit peu plus ?
04:28Oui, bonjour, bonsoir.
04:30Merci de m'accueillir.
04:32Je vous invite à Katmandou.
04:33Et puis, je connaissais plusieurs familles dans des villages sabre-baissis.
04:39Parce que ça fait la route de trek vers le long terme.
04:42Et donc, depuis qu'ils sont disparus, en fait, j'ai trouvé deux personnes sur la liste de mœurs ce
04:51matin à l'hôpital.
04:53Et le reste, il n'y a pas de nouvelles, pas d'informations plus.
04:57Ce sont des touristes que vous aviez accompagnés ?
05:00Ce sont des habitants qui sont ces personnes qui sont décédées ?
05:03Ou en tout cas qui sont sur les listes que vous avez pu consulter ?
05:07Ce sont des habitants, plutôt des logements, des hôtels.
05:11Que je connaissais.
05:12Et puis, on avait un bon lien avant.
05:14Donc, c'est des personnes qui étaient dans les hôtels.
05:17Ce ne sont pas des touristes.
05:18Donc, j'ai trouvé ce matin deux personnes sur la liste de mœurs trouvées à l'hôpital.
05:25La planète entière est stupéfaite par les images de cette coulée de boue géante qui a tout dévasté sur son
05:31passage.
05:32Vous, dans votre activité de guilde de haute montagne, est-ce que c'est un scénario que vous aviez imaginé
05:37?
05:39Non, pas du tout.
05:40C'était or inazimable pour nous parce qu'on n'avait jamais vu aussi catastrophique dans notre vie.
05:50Et puis, demain matin, on part sur le terrain avec un ami et on voit de plus proche tous ces
05:59dégâts.
06:00Et puis, aussi, je vais croiser quelques Français qui sont venus de France par la radio, par la télévision, tout
06:12ça.
06:12Donc, on a prévu de rencontrer sur place, demain, à Trisouli-Balzard.
06:19Donc, vous allez vous-même, vous portez volontaire pour participer aux recherches.
06:24Vous savez comment ça va se passer ?
06:27En fait, nous allons avec nos copains tous les deux.
06:30Si jamais il y a des polices, des huitations, ils ont besoin d'un coup de main et qu'on
06:36se sert quelque chose,
06:38bien sûr que ça nous fait plaisir d'aider.
06:41Si on voit qu'on ne se sert à rien, donc on va faire demi-tour dans ce cas-là.
06:46Mais quand même, il y a des personnes de France, de la télévision, de la radio,
06:53qui m'ont demandé de faire des traductions et d'accompagner pour demain.
06:58Donc, je vais faire ça demain.
07:01Vous vous attendez à quoi si vous arrivez sur place ?
07:06Qu'est-ce que vous allez découvrir ?
07:09En fait, je vais voir plutôt les conditions des gens qui sont survécues.
07:15On va essayer de voir comment c'est la condition et comment ils deurent, comment ils mangent.
07:22Et puis, tout ça.
07:23Et puis, également, s'ils ont vraiment besoin d'aide, on va réfléchir à ce qu'on peut faire de
07:30notre part.
07:32Dernière question, c'est une catastrophe pour tout le pays.
07:35Je suppose qu'il y a une émotion aujourd'hui au Népal qui est absolument considérable.
07:42C'est en fait, nous, c'est vraiment, pour nous, c'est jamais espéré de voir aussi gros dégâts depuis
07:51le tremblement de 2015.
07:53Donc, pour l'instant, l'État, il fait tour pour survivre les gens.
07:59Et puis, ils mobilisent toutes ces ressources limitées qu'ils ont, en fait.
08:05Également, ils sont en train de recevoir des aides internationales.
08:10Et puis, aussi, les peuples, bien sûr, ils donnent un gros coup de main à l'État.
08:15Et puis, on est tous ensemble.
08:17Et puis, on essaie de régler ou de sortir de ce problème avec une harmonie.
08:25Merci beaucoup, Mohan, d'avoir pris quelques minutes en direct sur BFM TV.
08:29Bon courage, évidemment, pour les heures qui viennent.
08:31Une information de dernière minute, Thierry, qui concerne les Français portés disparus dans cette région.
08:37Et la confirmation par le Quai d'Orsay, de l'information qui avait été livrée jusqu'à présent par les
08:41autorités népalaises,
08:43qui confirme que, je cite, quatre de nos ressortissants qui se trouvaient dans les zones touchées sont portés disparus.
08:49Voilà le premier chiffre, le premier bilan chiffré qui est donné par le Quai d'Orsay des autorités françaises,
08:55qui n'est évidemment que provisoire.
08:57Et on peut craindre que ce bilan ne s'aggrave dans les heures, dans les jours qui viennent.
09:00Les équipes du centre de crise sont en contact avec les familles, bien sûr,
09:04et continuent évidemment de rechercher potentiellement d'autres Français qui se sont inscrits sur le fil d'Ariane,
09:11selon la procédure que l'on applique lorsqu'on se rend dans ces zones à risque.
09:16On est justement en ligne avec le porte-parole de la Fédération France Victime.
09:20Jérôme Moreau, bonsoir, merci d'être avec nous également en direct ce soir.
09:24Le Quai d'Orsay confirme donc ce soir qu'on est sans nouvelles de quatre Français qui se trouvaient dans
09:29la zone.
09:29Est-ce que vous confirmez vous aussi cette information ?
09:32Et est-ce que vous savez, par ailleurs, s'il y a certains de nos compatriotes qui ont été blessés
09:36dans cette coulée de boue ?
09:38Alors, je ne commenterai absolument pas les informations du Quai d'Orsay,
09:42puisque nous sommes en lien depuis hier avec eux et que, constamment avec le centre de crise,
09:47nous avançons pas à pas pour évaluer le bilan pour les Français de cette catastrophe.
09:54Ce que je voudrais dire, tout d'abord, c'est que si un certain nombre de familles sont inquiètes ou
09:58n'ont pas de nouvelles,
09:59évidemment, il faut contacter le ministère des Affaires étrangères ou éventuellement le 116-006,
10:04qui est notre plateforme, et nous, on fera remonter l'intégralité des informations, des inquiétudes et des angoisses au Quai
10:12d'Orsay.
10:13La deuxième chose que je voudrais dire, c'est qu'effectivement, on a un certain nombre de familles
10:19qui ont été contactées aujourd'hui et hier par le ministère des Affaires étrangères
10:24et qui sont dans une angoisse terrible.
10:26Je ne commenterai pas les chiffres et le nombre, mais en tout état de cause,
10:30nous allons être orientés, nous allons être mobilisés pour les accompagner si elles le souhaitent
10:36et pour les prendre en charge.
10:39Disparition ne vaut pas d'essai, mais en tout état de cause,
10:44ce que l'on sait, c'est qu'aujourd'hui, les moyens de communication sont extrêmement compliqués
10:48et que le repérage est subordonné aux investigations des services de secours et de sauvetage au Népal.
10:57Donc, effectivement, on a beaucoup de familles qui sont dans l'angoisse ce soir et on le comprend bien.
11:05Et le centre de crise fait tout ce qu'il peut pour localiser tout d'abord les ressortissants
11:10et pour faire en sorte que toutes les personnes en France puissent être accompagnées
11:17et au Népal puissent être secourues et évidemment rapatriées le plus vite possible.
11:23Est-ce que vous accompagnez également les familles qui sont dans le doute,
11:27c'est-à-dire qui n'ont pas de nouvelles de personnes qui se trouvaient peut-être dans cette région
11:31ou ailleurs ?
11:31Vous l'avez rappelé, les communications ne sont pas forcément excellentes.
11:35Et comment on accompagne ces familles qui aujourd'hui, depuis 48 heures, n'ont parfois plus de nouvelles ?
11:39Alors, pour l'instant, nous n'accompagnons personne puisque nous avons eu les coordonnées qui hier
11:44et que pour l'instant, évidemment, les familles sont dans d'autres états psychologiques d'être accompagnées par nous.
11:52La première chose qu'on va accompagner dès qu'on aura eu les premières victimes,
11:57c'est d'accompagner cette angoisse qui est tout d'abord très insécurisante et deuxièmement très traumatisante.
12:03Parce qu'on n'a aucune nouvelle, parce qu'on sait que le défaut d'information victimise énormément et légitimement
12:10les personnes.
12:11Et puis, on est dans un doute qui est intenable.
12:15Et puis, après, lorsqu'on aura les informations et lorsqu'on saura l'état de nos compatriotes,
12:22eh bien, on déploiera les accompagnements psychologiques tout d'abord, juridiques et sociaux.
12:27Et puis, ce que je voudrais dire, c'est que pour tous les survivants, ça va être aussi extrêmement compliqué.
12:31Donc, la première des choses, lorsqu'ils seront sur le territoire français, évidemment, ça va être les soins.
12:37Et puis, ça va être aussi de débriefer cette confrontation à la mort, parce que c'est de ça dont
12:42il s'agit.
12:43Et c'est extrêmement difficile, puisqu'il va falloir évacuer cette image de mort et leur apprendre à vivre avec.
12:50Donc, c'est tout cela que nous allons faire.
12:52Mais ça nécessite du temps, ça nécessite d'avoir des informations, d'avoir des informations fiabilisées.
12:58Et puis, de savoir où sont nos compatriotes, parce qu'on a peut-être des personnes qui sont saines et
13:05sauves, et on l'espère,
13:06mais qui ne peuvent tout simplement pas communiquer et pas téléphoner et pas donner de nouvelles.
13:12– Oui, effectivement. Merci beaucoup, Jérôme Moreau.
13:14Je rappelle que vous êtes le porte-parole de la Fédération France Victime.
13:17Chloé Giraud va nous rejoindre dans quelques instants maintenant pour découvrir ensemble les dernières images qui nous arrivent,
13:24à la fois de l'ampleur de cette catastrophe et du travail des secouristes en ce moment,
13:29qui sont en train de découvrir les unes après les autres, les uns après les autres,
13:32les villages notamment qui ont été atteints par cette vague.
13:35– Oui, tout à fait.
13:36Et parmi les images du jour, des images aériennes qui nous laissent voir l'ampleur de cette catastrophe,
13:43avec des paysages tout simplement transformés, tout gris, parce que la boue a absolument tout recouvert.
13:50Elle n'a pas seulement recouvert les bâtiments, elle les a aussi ensevelis partiellement ou même entièrement.
13:55Vous voyez ici un bâtiment avec presque uniquement le toit finalement qui émerge de cette boue.
14:02Elle a tout emporté sur son passage, habitation, bâtiment, mais aussi les véhicules complètement détruits que vous voyez sur ces
14:09images.
14:09Parmi les images qui nous parviennent aujourd'hui, il y a aussi, vous l'évoquiez, ces opérations de sauvetage,
14:15puisqu'elles ont pu démarrer, de premiers sauveteurs ont pu accéder sur zone.
14:19Ici, on est au niveau d'un chantier, d'un barrage hydraulique.
14:22Une centaine d'ouvriers sont coincés dans un tunnel et vous voyez qu'ils sont extraits par les secouristes,
14:28qui les tirent littéralement sur le ventre.
14:30Pourquoi ? Parce qu'en fait, cette boue, elle agit comme des sables mouvants en quelque sorte
14:35et qu'on peut s'enfoncer dedans, donc des opérations de sauvetage extrêmement difficiles et périlleuses.
14:41On va le voir aussi sur des images, cette fois-ci, du côté de la Chine,
14:46avec des sauveteurs qui, cette fois-ci, vous les voyez, tentent de traverser cette rivière en s'agrippant à une
14:52corde.
14:53Vous voyez que l'un d'eux, là, qui est encore dans la rivière avec son casque jaune,
14:56a l'air d'être en difficulté parce qu'il y a un courant particulièrement important.
15:01Et donc, il est aidé par ses coéquipiers, mais on sent qu'à tout moment,
15:06ces équipes peuvent être emportées par ce courant.
15:09Et puis, on va terminer avec des images dramatiques qui illustrent ce bilan terrible.
15:15Ce sont ces sacs mortuaires transportés par les secouristes des dizaines et des dizaines de corps
15:22retrouvés ensevelis dans la boue puisque, ce soir, le bilan s'élève à près de 600 morts au Népal.
15:28– Merci beaucoup, Chloé Giraud. Des corps retrouvés, effectivement, on en est à 577.
15:33Ce soir, le bilan des personnes portées disparues, lui, continue à augmenter.
15:381900 disparues ce soir. On a une petite idée de ce que sera le bilan à la fin ?
15:43– On ne peut pas le dire. On a, effectivement, on avait tout à l'heure des personnes
15:48qui dénombrent le nombre de maisons qui ont été importées.
15:50On essaie de faire à travers ces maisons qui ont disparu, ces bâtiments qui ont disparu.
15:56Là, il va vraiment falloir attendre les relevés des différentes autorités
16:00pour le savoir réellement, avec une estimation de la population qui vivait là
16:05et des personnes qui répondent ou pas, évidemment, à l'appel après cette catastrophe.
16:10– Et il faut imaginer, Ludovic Pergano, la zone de recherche qui est absolument immense.
16:15Ce torrent de boue a dévalé la montagne sur 80 km.
16:18Par endroit, il fait plusieurs centaines de mètres de large.
16:21C'est une zone montagneuse. C'est le pire des scénarios quasiment pour les secouristes.
16:25– C'est une zone extrêmement étendue, montagneuse, effectivement.
16:28Et avec une autre difficulté, c'est que toutes les voies d'accès
16:31ont aussi été détruites par cette coulée de boue.
16:32– Plus de route ?
16:33– Plus de route.
16:34Donc, ça rend l'accès aux secours particulièrement difficile.
16:38Il y a eu des premières reconnaissances qui ont pu être réalisées
16:40avec des hélicoptères et des moyens aériens, notamment des drones.
16:42Et même là, c'est compliqué parce qu'on ne peut pas faire voler
16:46plusieurs hélicoptères au même endroit en même temps avec des drones en plus
16:49parce que là, il y a des risques d'accident.
16:50Puis, on est au Népal, il n'y a pas non plus des hélicoptères comme ça à foison.
16:54Et puis, ce type de reconnaissance, ça s'organise.
16:56Il faut arriver à sectoriser.
16:57Il faut savoir ce qu'on a, les surfaces qui ont déjà été reconnues,
17:01celles qui doivent l'être.
17:02Donc, c'est extrêmement complexe à organiser.
17:04Il faut beaucoup de monde.
17:05Et là encore, les moyens de secours s'avèrent clairement insuffisants.
17:08Et même s'il y en avait plus, de toute façon,
17:10il faut arriver à les acheminer sur place.
17:12Et c'est ce que disait tout à l'heure votre reporter sur le terrain.
17:16On va voir des images d'avant et d'après cette catastrophe
17:20pour vraiment bien comprendre que ça a été un raz-de-marée.
17:23Cette vague, ce n'est pas de l'eau, ce n'est pas de la boue.
17:26C'est quelque chose qui détruit quasiment tout sur son passage.
17:29Oui, il faut imaginer que ce glacier, quand il cède,
17:32il entraîne avec lui de l'eau et les débris.
17:34Et donc, rien, absolument rien, même ce poste frontière
17:38où des milliers de personnes transitaient tous les jours,
17:40n'a pas résisté.
17:42C'est un bâtiment qui fait plusieurs dizaines de mètres de haut.
17:45Il n'a pas résisté.
17:46Des villages et des habitats précaires et sommaires.
17:49Donc là, on peut comprendre, évidemment,
17:50avec la puissance de l'eau qui s'est disparue.
17:53Mais ce poste frontière qui a été complètement rasé
17:55et vraiment, presque cette espèce de maquette qu'on avait,
18:00on se l'ait pratiquement tous dit.
18:02C'est l'image, c'est la première image qui est arrivée.
18:04C'est exactement ça, que ces bus qui disparaissent dans le fracas,
18:07ce bâtiment qui disparaît avec des gerbes d'eau
18:10qui débarquent, qui englobent et qui ensevelissent complètement ce bâtiment.
18:16C'est effectivement, là, les premières images qu'on a reçues
18:19témoignent réellement de la violence de ces phénomènes.
18:23Thierry Arnaud, j'ai besoin de vos lumières.
18:25Le Népal a dit aujourd'hui, envoyez-nous des livres,
18:28envoyez-nous des médicaments,
18:29mais nous n'avons pas besoin de renforts humains.
18:32Pourquoi ?
18:33Alors, il y a plusieurs raisons qui ont été avancées.
18:36La première, c'est parce que, disent-ils, à ce stade,
18:38ils ont tous les moyens humains dont ils ont besoin.
18:41La seconde, qui est liée à la première raison,
18:43c'est d'expliquer qu'en raison, comme vous le disiez à l'instant,
18:46de la complexité du théâtre d'opération,
18:49il est très important d'avoir des secouristes qui le connaissent,
18:52qui connaissent le terrain, qui l'ont déjà pratiqué,
18:55et qui donc vont pouvoir, de ce point de vue, être efficaces.
18:58Et puis, la troisième raison,
19:00qui n'a pas été évoquée de manière explicite,
19:01mais qui est quand même assez claire,
19:03c'est qu'il y a plutôt un mauvais souvenir d'un précédent,
19:06qui est celui du séisme absolument gigantesque
19:09qui s'était produit en 2015.
19:11Et à cette occasion, le Népal avait accueilli
19:14un très grand nombre d'équipes de secouristes étrangers,
19:17plus d'une centaine de pays.
19:19Et le pays n'en a pas gardé un très bon souvenir.
19:22Pour eux, ça s'est passé de manière un peu chaotique.
19:25Il y a eu une chaîne de commandement
19:27qui était trop complexe à gérer.
19:28Il y a eu parfois de la concurrence entre les différentes équipes.
19:31Et c'est pour éviter la répétition de ce scénario
19:34qu'on a choisi de dire non, pour l'instant.
19:37Pour l'instant, bien sûr, à des équipes de secouristes
19:39venues du reste du monde.
19:40J'ajoute très rapidement que,
19:43un mot du contexte politique,
19:44parce qu'il est intéressant aussi,
19:45c'est un pays qui a connu une véritable révolution au Népal
19:48depuis un an.
19:49Le gouvernement est tombé.
19:50Il y a eu d'abord des manifestations,
19:52puis des élections.
19:53Il y a la tête du pays aujourd'hui,
19:55un jeune Premier ministre qui a 36 ans,
19:57qui est l'ancien maire de Katmandou,
19:58qui est un ancien rappeur.
19:59Donc, vraiment un pays qui est en pleine transformation,
20:03évidemment, politique, très importante
20:05depuis quelques mois seulement.
20:07Et puis, effectivement, de l'autre côté de la frontière,
20:09le Tibet, la Chine,
20:11ce qui ajoute un degré de complexité géopolitique supplémentaire
20:14à cette situation absolument dramatique.
20:16– L'une des questions que vous vous êtes peut-être posées
20:18depuis deux jours,
20:19c'est de savoir si ce qui est arrivé au Népal
20:21pourrait nous arriver à nous, Européens,
20:23et à nous, Français.
20:24On va la poser cette question à Daphné Buron,
20:26qui est avec nous.
20:27Bonjour, vous êtes docteur en climatologie et en glaciologie.
20:30Merci d'être avec nous ce soir en direct sur BFM TV.
20:32Est-ce qu'on est menacé, nous aussi,
20:33par ce genre de phénomène de glacier
20:36qui provoque ce petit tsunami ?
20:38Est-ce que ça pourrait arriver, par exemple, dans les Alpes ?
20:42– Alors, ce genre de phénomène,
20:44le processus en lui-même, oui,
20:45puisque les Alpes possèdent des glaciers.
20:47Après, bien sûr, ce ne serait pas à la même échelle qu'au Népal.
20:51On n'a pas les altitudes du Népal,
20:53on n'a pas la taille des glaciers ni des vallées du Népal.
20:57Donc, les conséquences seraient moindres.
20:59Mais on a toutefois des zones urbanisées
21:01qui se trouvent en dessous des glaciers à risque.
21:03Donc, c'est quelque chose qui est pris très au sérieux.
21:06– Pris au sérieux, ça veut dire qu'on surveille déjà aujourd'hui
21:09certains glaciers par satellite, avec des drones,
21:12avec autre chose, pour au moins pouvoir alerter la population
21:15si ça devait arriver ?
21:17– Oui, tout à fait.
21:19Il y a une politique, il y a des systèmes de projets aujourd'hui
21:23de prévention des risques glaciaires.
21:25Et donc, on a plusieurs dizaines en France
21:27et en tout plusieurs centaines de sites dans les Alpes
21:30qui sont sous haute surveillance,
21:32c'est-à-dire, comme vous l'avez dit,
21:33à la fois par des mesures satellites et des radars,
21:36mais aussi des capteurs qui sont posés directement
21:39sur les glaciers, des balises pour étudier
21:41les risques sismiques, des piézomètres.
21:44On fait aussi des forages assez réguliers
21:46sur les zones les plus à risque,
21:48notamment celles où il pourrait y avoir des lacs
21:50ou des poches d'eau qui peuvent se rompre.
21:52Et donc, ensuite, on suit un système d'alerte
21:55presque immédiat sur les glaciers les plus à risque
21:58où on va, justement, le but, c'est de prévenir
22:00la population pour évacuer dans les temps.
22:03C'est ce qui a eu lieu la dernière fois qu'il y a eu un risque en Suisse
22:06et la population a été évacuée.
22:08Donc, il n'y a pas eu de victime, seulement matérielle, en tout cas.
22:11On va aussi aller vidanger certains lacs.
22:14Quand on voit que, par exemple, s'il y a un lac glaciaire
22:16qui menace de se vidanger et d'inonder une zone,
22:20eh bien, aujourd'hui, on va savoir le vidanger
22:22de manière contrôlée, en prévention,
22:26pour diminuer cette pression-là.
22:29– On sait faire, ou en tout cas, on va apprendre à faire.
22:31Merci beaucoup, Daphné Bion, d'avoir été avec nous sur BFM TV.
22:35J'ai lu des choses contradictoires sur l'origine
22:37de ce qui s'est passé dans le Népal,
22:39c'est-à-dire lié au réchauffement ou pas lié au réchauffement.
22:43Certains experts disent qu'on n'empêchera pas, de temps en temps,
22:45un rocher de tomber sur un glacier qui, lui-même, tombera plus bas.
22:48Le réchauffement n'y est pour rien.
22:50D'autres disent, au contraire, la fonte des glaces
22:53va précipiter ce genre de phénomène.
22:55Est-ce qu'on peut répondre clairement à cette question
22:57ou est-ce qu'il y a une petite place pour le doute ?
22:59– Je vais laisser répondre l'Organisation mondiale de la météorologie
23:02qui avait émis, dès le 6 août, un bulletin d'alerte
23:06avec des vigilances de glissement de terrain.
23:08– Sur ce massif ?
23:09– Sur le massif, sur le Népal, toute la sous-région,
23:11avec un certain nombre de vigilances sur l'intégralité de la planète,
23:15pour toute la planète.
23:16Mais sur cette zone, il y avait du 20 au 27 août,
23:20une alerte glissement de terrain et pluie importante,
23:25un risque aussi lié, et une alerte sur les conséquences potentielles
23:30d'El Nino, qui va aussi toucher la sous-région.
23:33Et donc, cette organisation mondiale de la météorologie,
23:36ce qu'elle donne est l'objectif, en fait, ces théories.
23:40Et malheureusement, il a fallu moins de 20 jours
23:42pour pouvoir voir, malheureusement, se réaliser ce qui avait été prévu.
23:47Ce bulletin, je le rappelle, il a été fait à la base
23:50pour répondre aux ONG, leur préciser où il va falloir se rendre.
23:54Et là, malheureusement, on voit qu'il faut vraiment se focus sur cette zone.
23:58– Et je vous rappelle le dernier bilan, 579 morts, quasiment 2000 disparus.
24:02Et côté français, la confirmation donnée il y a quelques instants
24:05par le Quai d'Orsay, 4 Français portés, disparus dans cette région.
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