- il y a 5 semaines
« BFM POLITIQUE » est LE rendez-vous média incontournable rythmant la vie politique française. Chaque dimanche, en direct et en public, l’émission présentée par Guillaume Daret donne la parole aux personnalités de tous bords. Durant deux heures, un représentant politique au cœur de l’actualité répond aux questions de la journaliste de BFMTV, puis débat dans le « face à face » avec un contradicteur sur un sujet qui les oppose.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Bonjour à tous, je suis ravi de vous retrouver pour BFM Politique.
00:04Notre invité sera très probablement sur la ligne de départ de l'élection présidentielle.
00:09Dominique de Villepin, l'ancien Premier ministre, est avec nous ce matin.
00:12Il propose un Big Bang, notamment en matière fiscale et économique.
00:16Il nous livre tout de suite ses propositions.
00:18BFM Politique, c'est parti !
00:32Bonjour à tous, je suis ravi de vous retrouver.
00:34Dominique de Villepin, bonjour.
00:35Merci d'être notre invité à mes côtés pour vous interroger.
00:38Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV et Ludovic Vigogne de la Tribune.
00:43Dimanche, une année présidentielle qui s'est très vite lancée.
00:46Dans un instant, on va revenir notamment effectivement aux propositions économiques
00:50que vous mettez sur la table, notamment en matière de fiscalité.
00:53On voit que la question de l'immigration aussi est très présente en ce début de campagne présidentielle.
00:57Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, était notre invité hier.
01:02Il a confié à Marie-Chantret qu'il voulait organiser un référendum sur l'immigration
01:06avec notamment la fin du droit du sol.
01:08Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:10Alors permettez-moi de commencer par le début.
01:13Nous sommes dans la rentrée et au sortir d'un été qui a parlé politique plus que jamais.
01:21Parler politique à cause de la multiplication des crises.
01:24Nous avons été confrontés à la sécheresse, à la canicule, aux incendies.
01:29Et derrière chacune de ces catastrophes, la même impuissance publique,
01:34la même difficulté pour l'État à apporter des réponses tant ces risques avaient été peu ou mal anticipés.
01:43Et à côté de cette impuissance publique, il y a eu une formidable solidarité des Françaises et des Français.
01:49On l'a vu dans les agriculteurs apportant secours à ceux qui étaient victimes de ces incendies.
01:58On l'a vu les maires ouvrir la porte d'un certain nombre de leurs installations pour loger ceux qui
02:05n'avaient plus de logement.
02:07Et tout ceci doit nous alerter.
02:09D'abord sur l'importance de prendre en compte en matière politique le réel.
02:14Le réel, en l'occurrence cet été, c'est d'abord un réel écologique.
02:18On ne peut pas tourner le dos à la nature.
02:20Il y a un cycle de l'eau, il y a un cycle des forêts, il y a un cycle
02:24des sols.
02:25Et chaque fois qu'on s'en éloigne, l'homme promettait un qui s'estime au-dessus de sa condition,
02:31eh bien il est rattrapé par la réalité.
02:35Deuxième réel qui s'est imposé à nous, c'est le réel financier.
02:38Nous nous réveillons aujourd'hui avec des taux d'intérêt à plus de 4%,
02:43une dette qui s'emballe, un déficit qui ne se réduit pas.
02:47Cette réalité-là, il faut la traiter.
02:49Est-ce qu'on peut la traiter dans le système politique, économique et financier existant ?
02:54Si je suis devant vous, si je m'engage dans cette campagne,
02:57c'est bien parce que j'ai la conviction qu'à système égal, ce n'est pas possible.
03:02Et que depuis 20 ans, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron,
03:09eh bien nous avons vu à chaque fois la même impasse.
03:12Et ce que nous voyons, c'est une campagne électorale qui débute avec deux pôles très forts,
03:20deux pôles de radicalité, la France insoumise d'un côté et le Rassemblement national de l'autre.
03:25Et entre les deux, un système flottant, un système politique flottant,
03:29qui, lui, veut perpétuer un système qui fait faillite.
03:33Et on voit bien que dans ce système-là, ce ne sont pas des mesurettes, des fers-valoirs
03:38qui nous permettront de sortir de tout cela.
03:40Donc j'accueille avec intérêt la proposition de M. Bardella,
03:45mais je rappellerai simplement que le référendum, ce n'est pas une formule magique
03:51qui consiste à mettre à l'encan les problèmes les plus difficiles.
03:56Ce n'est pas oui, non sur l'immigration.
04:00Derrière l'immigration, on l'a vu lors du débat de l'AREF avec le MEDEF,
04:05il y a des enjeux économiques.
04:07Les entreprises ont besoin d'emplois.
04:09Derrière l'immigration, il y a tous nos services publics.
04:12Comment vous faites fonctionner l'hôpital aujourd'hui sans recours à cette immigration ?
04:17Donc il faut être sérieux et je prends la proposition de M. Bardella
04:23comme une énième surenchère, sur un sujet qui place le Rassemblement national
04:28en dehors des règles républicaines qui sont les nôtres,
04:32c'est-à-dire avec vocation à changer la Constitution, changer les traités
04:36et au bout du compte, changer de pays.
04:39Moi, je suis né et j'ai grandi dans une France, pays des droits de l'homme et du citoyen,
04:44dans un pays qui a une certaine idée de l'universel.
04:48Le RL au pouvoir, ce serait la fin des droits de l'homme ?
04:50Et je vois ce pays se rétrécir et imaginer qu'on puisse trouver un salut dans l'exclusion.
04:57Alors on voit bien, la campagne politique, elle se ramène à un jeu d'exclusion.
05:01Certains veulent exclure les riches, d'autres veulent exclure les immigrés,
05:04d'autres encore exclurent les fonctionnaires.
05:06C'est un combat à somme nulle.
05:09Pour être plus précis, parce qu'on a du mal à saisir votre position sur l'immigration
05:13et vous en parlez assez peu en général.
05:16Est-ce que vous diriez, je déduis de vos propos, que l'immigration est une chance pour la France ?
05:21Est-ce qu'il faut la restreindre ou pas ?
05:24Madame Allière, je ne veux pas tomber dans le piège de formule toute faite.
05:27Chacun sait qu'il y a un piège derrière chaque formule toute faite.
05:31Ce que je dis, c'est que nous avons besoin d'une certaine immigration pour faire avancer notre pays.
05:36On connaît tous l'évolution démographique de la France, le vieillissement de notre pays.
05:41Qui allons-nous mettre dans un certain nombre des emplois indispensables ?
05:46Pensez à la restauration, comment vous faites fonctionner la restauration sans l'immigration ?
05:50Pensez à un certain nombre de services à la personne, comment vous faites fonctionner ?
05:54Pensez à l'hôpital une fois plus.
05:55Nous avons besoin d'immigration.
05:57Donc l'idée de diaboliser toute forme d'immigration et de mélanger l'immigration régulière et l'immigration irrégulière
06:04me paraît très dangereuse, à la fois pour notre économie et en même temps, je le redis, pour notre système
06:11républicain.
06:12Mais sans diaboliser, est-ce qu'il y a un pendant où, comme le dit par exemple François Hollande, qui
06:15est de gauche,
06:16lui dit qu'il faut mieux contrôler l'immigration et il faut notamment resserrer le regroupement familial ?
06:20Mais nous sommes là dans le jeu des évitances et des platitudes.
06:22Je crois qu'il est inutile de rappeler que bien sûr, il faut maîtriser notre immigration.
06:27Il faut donner toute sa place à l'immigration légale, lutter contre l'immigration illégale
06:33et à chaque fois adopter les bons moyens.
06:35Mais sans renier nos principes.
06:38Quand je vois Édouard Philippe, membre d'un parti républicain, dire à Mayotte qu'il faut revoir le droit du
06:46sol
06:46et revoir les droits d'asile, on est en France à Mayotte.
06:50Si on remet en cause le droit d'asile à Mayotte, qu'est-ce qu'on fait sur l'hexagone,
06:57le territoire national ?
06:57Il dit aussi qu'à Mayotte, la situation est exceptionnelle, donc ça nécessite des mesures exceptionnelles.
07:02Il n'y aurait-il donc pas d'autres moyens exceptionnels pour lutter contre l'immigration ?
07:06À Mayotte par exemple ?
07:07À Mayotte par exemple.
07:08Nous avons un dispositif naval à Mayotte qui a déjà donné des résultats.
07:14Nous avons changé la loi en 2025 à Mayotte pour exiger que les deux parents aient passé un certain temps
07:22sur le territoire national,
07:23au moins un an sur le territoire national, avant de pouvoir avoir un enfant déclaré français.
07:29On a adopté le décret quand ? Quand est-ce qu'on a adopté le décret ? Il y a
07:35quelques mois.
07:36On a à peine voté une loi qu'on est déjà en train de prévoir des solutions exceptionnelles comme si
07:42la loi n'existait pas.
07:43Appliquons la loi et surtout mettons en place un dispositif naval.
07:47Nous n'avons pas, outre-mer, de préfet maritime.
07:50Ayons un préfet maritime, nous avons une marine qui a vocation à jouer tout son rôle.
07:56Développons un système naval.
07:58Là où nous avons effectivement une épreuve et une crise, faisons en sorte à partir de là d'être plus
08:04efficaces.
08:05Mais ce qu'il faut comprendre derrière tout ça, c'est que l'immigration à Mayotte,
08:09elle n'est pas due seulement, loin s'en faut, à la perspective d'acquérir la nationalité française.
08:17Elle est due tout simplement à un différentiel économique.
08:19Nous sommes à 70 kilomètres d'Anjouan.
08:21Donc par définition, et tout près des côtes de l'Est de l'Afrique.
08:25Donc l'immigration vient naturellement parce qu'il fait meilleur vivre à Mayotte
08:30compte tenu de la situation économique et de la situation sociale que de rester chez soi.
08:35Ce différentiel-là, il ne peut être combattu qu'à travers des politiques de coopération,
08:39à travers des stratégies diplomatiques qui nous permettent d'apporter les réponses.
08:43Une fois de plus, je le redis, il n'y a pas de raccourci en matière de politique publique.
08:48Et tout seul qui veut jouer à coups d'exception, non seulement font des entorses à notre régime républicain,
08:55mais en plus, court dans la surenchère.
08:58Et en concurrence, M. Edouard Philippe, il fait le jeu du Rassemblement National.
09:02Qui préférera la copie, c'est-à-dire M. Philippe, à Mme Le Pen ?
09:06Il fait le jeu à travers la surenchère de Mme Le Pen.
09:10Et c'est exactement le piège dans lequel tombe, non seulement le parti Les Républicains,
09:15mais aussi le Bloc Central, mais aussi une partie de la gauche.
09:19Et c'est pour ça que je le redis.
09:21La clé, c'est la règle commune.
09:24Respectons la règle commune.
09:26Et mettons en place des politiques publiques plus efficaces, croyez-moi,
09:30en termes de mobilisation de nos moyens, de notre marine en particulier,
09:36nous avons la possibilité d'être beaucoup, beaucoup plus efficaces
09:40qu'à travers un changement de dispositif dérogatoire comme celui que propose...
09:44M. Edouard Philippe qui propose là, la question économique, on l'a vu,
09:47qui est au cœur de ce début de campagne également.
09:48Vous proposez-vous un grand big bang, notamment fiscal, supprimer toutes les niches fiscales ?
09:55Est-ce que...
09:55Alors attendez, vous allez nous les détailler.
09:57Non mais justement, vous allez nous les détailler.
09:59Vous allez préciser...
09:59Vous jetez le bébé avec l'eau du bain.
10:01Un grand big bang fiscal.
10:03Est-ce que...
10:04Vous avez changé de nom pendant l'été.
10:06Vous vous appelez Dominique Milley, Ravière Villepin désormais.
10:08La tronçonneuse est en main et c'est parti.
10:11Manifestement, vous avez perdu vos lunettes pendant l'été.
10:13Alors, je dis des choses très précises et qui n'ont rien à voir avec ce que vous venez de
10:18dire.
10:18Il ne s'agit pas de supprimer l'ensemble des dispositifs qui sont à travers les niches,
10:22mais qu'il s'agit simplement d'ouvrir la boîte noire, la principale boîte noire de notre fiscalité, de notre
10:30système social.
10:32Constatons, et c'est de là qu'il faut partir, le procès d'intention qui est fait partout sur la
10:38scène politique à la dépense sociale.
10:40Tout le monde constate que la dépense sociale, eh bien, est en train de sortir de son lit et ne
10:45peut pas être maîtrisée.
10:46A partir de là, tous les Français auront compris que le modèle social est en cause.
10:53Et quand j'écoute l'ensemble des partis politiques, soit ils ferment les yeux devant cette réalité, soit ils ne
11:00la traitent pas que par des mesurettes.
11:02Alors, ici, on veut augmenter de deux points la TVA, là, on veut bêcher les franchises, là, on veut un
11:09jour de carence supplémentaire.
11:10C'est la compétition, c'est la politique à neneux. C'est la compétition, c'est la politique à neneux,
11:17c'est n'importe quoi, c'est la foire.
11:19Vous savez, une campagne électorale où chacun promettrait à ceux qui sont en face de lui ce qu'il a
11:24envie d'entendre, c'est sympathique.
11:26Mais moi, je vais vous dire quelque chose. J'ai participé à deux victoires aux élections présidentielles. Deux victoires.
11:32Et je sais ce que c'est que le lendemain d'une élection présidentielle, se retrouver dans un bureau en
11:37responsabilité, se trouver en charge de ce qu'on a promis.
11:41Et je vous dis ici, très solennellement, jamais je ne me mettrai dans la situation de me retrouver dans un
11:47bureau de la République et de ne pas pouvoir tenir les promesses que j'aurais faites la veille.
11:51Tous ceux qui, aujourd'hui, s'engagent, baisser les impôts, par exemple, les augmenter inconsidérément, se retrouvent aujourd'hui en
12:00fait…
12:00Vous les augmenterez, vous ?
12:01Se retrouvent aujourd'hui à avouer leur impuissance. Moi, je dis autre chose et je réponds à votre question. Je
12:06dis, sous le capot, nous ne savons pas ce qu'il y a.
12:09Soulevons le capot, ouvrons la boîte noire et à partir de cette boîte noire qui représente 175 milliards d'euros,
12:19ou le meilleur, la lutte contre le handicap, la prise en compte des spécificités de l'outre-mer,
12:27toutes ces réalités qu'il faut traiter, eh bien seront traitées par cinquième chaque année. Nous prendrons un cinquième de
12:36ces 175 milliards et nous ferons en sorte de les diviser en trois tiers.
12:42Il y a l'argent qui servira à la compensation des choses absolument nécessaires, ça représente 11 milliards par an.
12:50Il y a ce qui permettra de reconstruire des politiques publiques en dehors d'une boîte noire, en ayant mis
12:55à plat la réalité, encore 11 milliards, et 12 milliards qui iront au désendettement.
13:00À ce jour, je ne connais pas, sur l'échiquier politique, de plans de désendettement plus réalistes que celui que
13:08je propose.
13:08Une niche très concrète, Amandine.
13:09Oui, une qui concerne énormément de Français, par exemple celle sur le crédit d'impôt pour les emplois à domicile.
13:15Tous les Français qui emploient quelqu'un qui garde leur enfant, qui fait du ménage, du jardinage, vous la conservez
13:20ou vous la supprimez, cette niche fiscale ?
13:22Toujours la même question. Je vous dis, ouvrons le capot.
13:27Je ne vais pas vous répondre ici. Vous savez combien il y a de niches sociales et fiscales en France
13:31?
13:34474. Donc je ne vais pas vous répondre par oui-non en deux minutes.
13:38Ce que je vous dis, c'est que nous prendrons...
13:41Évidemment, il ne s'agit pas de supprimer les services à la personne.
13:44Il s'agit de les traiter en dehors d'une exception et en dehors de la boîte noire,
13:49à travers une vraie politique publique des services à la personne.
13:53C'est-à-dire pas en catimini, pas dans l'opacité.
13:55Le malheur de notre pays, c'est l'opacité et la déviance par rapport à une règle républicaine.
14:02Et à chaque fois, nous nous poserons la question, est-ce que c'est utile ?
14:05Est-ce que cela contribue à l'emploi ?
14:07Est-ce que nous pouvons faire mieux en faisant autrement ?
14:11Et donc chaque niche sera inspectée selon cette règle.
14:15C'est ce que nous avons un peu fait entre 2005 et 2007,
14:19quand j'étais Premier ministre.
14:20Et je vous précise que c'est la seule période où nous ayons à la fois réduit le déficit et
14:24la dette,
14:25et personne ne peut le contester, il suffit de regarder les chiffres sur le plan historique.
14:30À travers la première conférence des finances publiques,
14:33nous avons donc obtenu des résultats.
14:35Donc je ne sors pas ça de mon chapeau.
14:36Mais de la même façon qu'il faut revenir au réel quand il y a des feux de forêt,
14:41il faut revenir au réel quand il y a une dérive financière d'une telle ampleur
14:46que nous ne pouvons pas à la fois céder sur le plan de la règle républicaine pour tous.
14:52Aujourd'hui, les Français ont compris.
14:53La règle, c'est le deux poids deux mesures.
14:55Il y a ceux qui, en permanence, s'en tirent bien.
14:58Et on voit tous les avantages que peuvent tirer un certain nombre de favorisés du système actuel.
15:04Et c'est toujours les mêmes qui payent et qui se retrouvent en ajustement.
15:08C'est pour cela que nous avons constamment la sollicitation vis-à-vis des retraités,
15:13la sollicitation du côté des moins favorisés.
15:15Moi, je veux la justice sociale et la règle républicaine.
15:19Donc, une fois de plus, l'objectif, en ouvrant le capot de ces 175 milliards d'euros,
15:26c'est d'arrêter de céder au fantasme,
15:28de reprendre le contrôle républicain et démocratique de notre destin
15:33et de dégager des marges de manœuvre.
15:35Nous aurons ainsi un vrai chemin de retour en dessous des 3% de déficit
15:42et nous aurons repris le contrôle de notre dette, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
15:47Dans votre Big Bank, il y a un point que vous n'évoquez pas, c'est la question des retraites.
15:51Aujourd'hui, la réforme borne qui porte l'âge de départ à 64 ans est suspendue.
15:55Avec vous, quel serait l'âge de départ à la retraite ?
15:58Alors, très bonne question.
16:00Il ne vous a pas échappé, M. Vigogne, que cette même question a mis beaucoup de monde dans la rue
16:05et beaucoup de malheureux et a conduit le gouvernement à retirer.
16:08Donc...
16:08Pas retirer, à suspendre.
16:10Oui, enfin, vous m'avez compris.
16:13Deuxième élément.
16:15Tirons les leçons.
16:16La règle de la politique numéro 1, c'est de tirer les leçons.
16:19Tirer les leçons, c'est quoi ?
16:20C'est remettre les partenaires sociaux en responsabilité.
16:23Mais si je vous dis aujourd'hui, d'autorité, je vais fixer l'âge de la retraite à 64-65
16:29ans,
16:30d'emblée, je fais exactement ce qu'il ne faut pas faire.
16:32Mais vous avez une idée quand même.
16:34Il va falloir travailler plus longtemps, vous dites, comme Edouard Philippe, quand même cela ?
16:37Il faut prendre en compte la démographie.
16:40Il faut prendre en compte les inégalités de situation devant la pénibilité des emplois
16:44et donc les conditions de travail.
16:46Il est bien évident que, regardez, moi j'ai 72 ans, je n'ai jamais arrêté de travailler.
16:51Pourquoi ?
16:52Parce que l'espérance de vie qui est la mienne, compte tenu de la vie qui a été la mienne,
16:56me permet d'espérer vivre plus longtemps.
16:58Si j'avais transporté des sacs ou travaillé dans une usine en 3-8,
17:03il est bien évident que la santé qui est la mienne ne serait pas la même
17:05et j'aspirerais à faire autre chose et je ne serais donc pas devant vous.
17:10Donc vous ne donnerez pas d'âge de départ à la retraite ?
17:12Donc, c'est ce que j'ai dit, j'ai été l'un des premiers à proposer cette solution,
17:17de sortir de cet âge pivot, de cet âge tabou, pour compter davantage en trimestre,
17:23offrir la possibilité à nos compatriotes de choisir
17:26et on voit bien que dans l'arbitrage entre travail et retraite,
17:30un certain nombre d'entre eux privilégient cela, privilégient la retraite
17:34et puis prenons en compte le problème central derrière tout ça,
17:37qui est le problème du taux d'emploi,
17:40quand nous savons qu'une grande partie des seniors ne trouvent pas d'emploi
17:44à partir de 52, 53 ans, 54 ans,
17:47et qu'une grande partie des plus jeunes rentre dans l'emploi vers 25, 26, 27.
17:52Lié l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie que propose Bruno Rotaillot,
17:55c'est une bonne idée ?
17:56Oui, il le calcule comment cette espérance de vie ?
18:00Ce n'est pas tant l'espérance de vie que les conditions de vie.
18:05Et donc je pense qu'offrir à nos compatriotes une certaine flexibilité de choix,
18:10si vous êtes en forme et que vous avez envie de continuer à travailler,
18:13vous travaillez, il faut qu'il y ait un avantage assez significatif
18:17pour ceux qui souhaitent continuer,
18:18que ceux qui n'en peuvent plus et qui espèrent profiter un peu des beaux jours
18:22puissent le faire, c'est la moindre des choses.
18:24Donc une fois de plus, d'abord les partenaires sociaux,
18:27donc conférences sociales, concertations, conventions citoyennes.
18:31Vous savez, moi j'ai tiré les leçons du CPE, je ne referai pas les mêmes erreurs.
18:36Je crois qu'il faut prendre en compte aujourd'hui le fait que personne n'est en mesure
18:42d'imposer ni aux partenaires sociaux ni aux Français ce qu'ils ne veulent pas.
18:47Et donc tous ceux qui veulent par décret augmenter le SMIG
18:51ou qui veulent par la loi augmenter l'âge de la retraite
18:56iront devant de grandes déconvenues.
18:58Et ne l'oublions pas, les cinq prochaines années sur le plan social
19:03seront des années chaudrons,
19:06autant en matière sociale qu'économique et financière.
19:10Parce que les marges de manœuvre sont réduites
19:11et qu'il faudra donc être extraordinairement attentifs
19:15à ce que pensent les Françaises et les Français, à ce qu'ils ressentent.
19:18Nous sommes dans un pays qui est à bout devant l'impuissance publique,
19:22qui est assez allergique à la classe politique.
19:28On dit la campagne est lancée.
19:30Il y a les deux tiers des Français qui ne veulent pas entendre parler de la campagne.
19:34Je ne sais pas d'ailleurs si la campagne commencera.
19:36Parce que, croyez-moi, si c'est pour entendre des propositions
19:39comme celle de M. Retailleau, travailler une demi-heure de plus par jour,
19:42c'est facile quand on est nourri par le beau climat vendéen
19:46et qu'on a passé ces années au Sénat.
19:48Justement, puisqu'on parle de ces propositions, Dominique Villepin,
19:51puisqu'on parle de ces propositions et que vous parlez de la dépense sociale.
19:54Pour la réduire, Edouard Philippe a fait des propositions très concrètes.
19:58Par exemple, réduire les arrêts maladie, il dit que c'est l'open bar,
20:01ou réduire la durée d'indemnisation du chômage pour les moins de 50 ans.
20:05Ce sont des pistes sérieuses.
20:07On peut faire des propositions très concrètes et pas sérieuses.
20:09Pourquoi ?
20:09Pourquoi ?
20:10Parce qu'il est exactement dans le schéma que j'indiquais.
20:13C'est-à-dire qu'il démantèle notre système social,
20:15notre modèle social.
20:18La santé, l'éducation, le logement,
20:22il est perçu par la plupart des parties de l'espace central comme un coût.
20:26Comme un coût.
20:27Et donc, il faut le réduire, le réduire, le réduire, le réduire.
20:30Moi, je pars de l'idée que l'éducation...
20:33On ne voit pas où vous, vous trouvez vos 125 milliards d'euros d'économie.
20:35Je viens de vous le dire.
20:35Parce qu'à chaque fois qu'il y a quelque chose de douloureux à dire, vous l'évitez.
20:39Mais oui, mais moi, je fais porter le douloureux sur ceux qui sont les plus fortunés.
20:43Les 12 milliards par an que je fais sur les niches fiscales, c'est du douloureux, ça.
20:48Le retour de l'ISF aussi, par exemple.
20:50Je vous ai expliqué qu'il y avait trois tiers.
20:53Oui, ça, on a suivi.
20:54Voilà.
20:54Bon, ben oui, mais vous avez bien vu qu'il y avait 12 milliards.
20:57Mais ça fait 12 milliards, vous dites qu'il en faut 125 à économiser.
21:00Ça laisse une marge.
21:01Non, c'est 125, on a justement budgétaire à la fin.
21:04Mais chaque année, c'est entre 25 et 30.
21:07Donc, il y a 12 milliards déjà en ce qui concerne le nettoyage des niches fiscales.
21:13Il y a 9 milliards qui concernent l'impôt sur les successions.
21:19Et puis, il y a le retour d'un impôt sur la fortune de 8 milliards plus 2 milliards en
21:25ce qui concerne la lutte contre la fraude fiscale et sociale.
21:27On arrive aux chiffres nécessaires.
21:29Donc, croyez-moi, je sais compter.
21:32Mais je reviens à ce que je disais, c'est important.
21:34Les services publics ne sont pas un coût.
21:37C'est au contraire un investissement pour la nation.
21:40Plus nous formerons les jeunes Françaises et les jeunes Français,
21:42plus nous donnerons un logement à ceux qui sont en attente.
21:45Il y en a 3 millions qui sont en attente, alors qu'il y a 3 millions de logements vides.
21:49Je sais bien qu'ils ne sont pas au même endroit.
21:50Mais il faut complètement changer la logique.
21:53Ce que je veux souligner, c'est que si nous ne changeons pas le système qui est dans l'impasse,
21:58ce n'est pas en coupant les cheveux en quatre, en prenant des mesurettes et en les additionnant,
22:03que l'on pourra rendre ce système vertueux.
22:06Ce système, il sera encore un peu plus en faillite comme il l'est aujourd'hui.
22:10C'est le moment de notre séquence.
22:11Plus tôt, plus tôt, justement, regardez ces deux photos.
22:13Je vous propose deux photos. Vous allez me dire de quel côté vous penchez.
22:16Regardez, plutôt Manon Aubry ou Bernard Arnault ?
22:19Manon Aubry qui, en début de semaine, a dit qu'il a qualifié les milliardaires de nuisiers.
22:23Plutôt Bernard Arnault ou Manon Aubry ?
22:25Monsieur Daray.
22:26Réponse courte.
22:27Je n'ai pas mis ce matin ma petite culotte de chou pour me faire brouter le derrière par les
22:31petits lapins.
22:32Donc, vos jeux, vous vous les gardez ?
22:34Plutôt, plutôt, pas du tout.
22:35Pas du tout ?
22:36Pas du tout, ça ne m'intéresse pas.
22:38Je ne suis pas venu pour jouer, monsieur Daray.
22:40On n'est pas qui veut gagner des millions.
22:42Mais ce n'est pas des questions politiques.
22:44C'est les quiz.
22:45Les quiz, vous les faites avec ceux que ça amuse.
22:47Donc, vous n'avez pas le courage de choisir entre les deux ?
22:49Du courage.
22:50Mais je ne suis pas son au point de choisir entre les deux.
22:53Parce que ce n'est pas de même nature.
22:57Vous comparez un milliardaire à la tête d'une grande fortune française
23:00qui a créé des emplois en France
23:02et une députée de la France insoumise.
23:05Dont les propos vous choquent ?
23:06Mais bien sûr que les propos vous choquent.
23:08Évidemment, si vous m'aviez dit, est-ce qu'on peut qualifier de nuisible
23:11un certain nombre des responsables d'entreprises françaises ?
23:14Je vous dirai tout de suite, mais c'est absurde, c'est dangereux.
23:17Et c'est autant dangereux qu'un certain nombre de ceux qui étaient à l'AREF
23:21et qui se sont mis à rire quand l'un des candidats,
23:25Jean-Luc Mélenchon, pour ne pas le citer,
23:28a parlé d'augmenter le SMIC.
23:31Il faut du respect pour les Français qui peinent,
23:34pour les Français qui souffrent.
23:36Et il faut du respect pour tous ceux qui contribuent
23:38au développement de la vie nationale.
23:39Alors, on a bien d'accord.
23:40Donc, mettons le respect, votre petit jeu, vous vous le gardez.
23:43Eh bien, écoutez, on vous aura posé la question.
23:44On vous retrouve dans quelques-uns, justement.
23:46On va voir quelle place pour vous dans cette campagne présidentielle.
23:48A tout de suite.
23:55Notre invité dans BFM Politique, Dominique de Villepin.
23:58Merci d'être avec nous.
24:00Probable candidat à l'élection présidentielle,
24:02nous publions ce matin un sondage avec notre partenaire Elab
24:05ainsi que la tribune dimanche.
24:07Vous êtes crédité entre 2 et 2,5% des intentions de vote.
24:12Il est où le bonheur ?
24:13À quoi sert votre candidature, Dominique de Villepin ?
24:15Eh bien, écoutez, d'abord, à faire en sorte que je sois présent
24:18pour en répondre devant vous.
24:21Elle sert à faire ce que personne n'a envie de faire dans le microcosme politique et médiatique.
24:29Même à 2%.
24:30Elle sert à dire qu'il y a une alternative politique à l'impasse dans laquelle nous sommes depuis 20
24:36ans.
24:37à dire que rien de bon ne peut sortir de tous ceux qui ont travaillé dans ce sens depuis 20
24:45ans.
24:46Aujourd'hui, tous les candidats qui sont issus du Bloc central sont liés au macronisme.
24:51Pourquoi voulez-vous que le macronisme donne quelque chose de meilleur ?
24:54Ils peuvent toujours plaider la rupture.
24:56Ils peuvent toujours plaider qu'ils ont appris.
24:57Quand je les écoute les uns et les autres, ils sont dans la même politique.
25:03Et le seul choix qui reste aux Français, c'est les deux grands pôles,
25:07l'extrême droite et l'extrême gauche.
25:09Et ce n'est pas un hasard si ceux-ci se maintiennent très au-dessus des autres,
25:13parce qu'eux, ils proposent quelque chose d'autre.
25:17Alors c'est hors-sol, ce n'est pas applicable, ça nous fait changer de république ou de constitution,
25:24mais ça le mérite au moins d'exister politiquement.
25:27Donc, aujourd'hui, ce que je dis, c'est qu'il faut une alternative.
25:30Et à 2% vous y croyez ?
25:33Je vois avec intérêt que depuis un certain nombre de mois maintenant, pour ne pas dire d'années,
25:38je plaide pour le rassemblement.
25:39Et je suis intéressé de constater qu'aujourd'hui, tout le monde dans l'espace central parle de rassemblement.
25:45La différence, c'est que moi, je n'ai jamais parlé de rassemblement des partis politiques.
25:50Moi, j'ai toujours parlé du rassemblement des Français.
25:53Je crois que les partis politiques ne peuvent rien donner de plus que ce qu'ils ont donné depuis 20
25:59ans.
25:59Un rassemblement plus, c'est l'essentiel de l'échiquier politique.
26:02Plus de droite, plus de gauche, quel espace vous visez politique ?
26:04On a épuisé les capacités de la gauche avec François Hollande.
26:09On a épuisé les capacités de la droite avec Nicolas Sarkozy.
26:13Et on a épuisé les capacités de ce qui est censé dépasser la droite et la gauche avec Emmanuel Macron.
26:19Et c'est pour ça que, trouvez le nom que vous voudrez, il faut offrir une alternative.
26:24Et l'alternative, elle tient en deux mots, ou deux formules.
26:27La règle républicaine, il faut appliquer la règle républicaine et la justice sociale.
26:33Moi, je n'entends pas aujourd'hui de responsables politiques dans l'espace central
26:37qui préconisent la règle républicaine.
26:41M. Edouard Philippe à Mayotte, il tourne le dos à la règle républicaine.
26:44M. Retailleau qui veut une demi-heure de plus par jour, pareil.
26:49Il change à chaque fois la règle.
26:52Moi, je suis pour offrir une alternative aux Français dans un cadre profondément rénové.
26:58Et c'est pour cela que je propose d'ouvrir la boîte noire et de changer en profondeur un système
27:04qui est dans la passe.
27:05Mais est-ce que vous nous garantissez que le 18 avril 2027, le jour du premier tour,
27:09il y aura bien un bulletin Dominique de Villepin dans les bureaux de vote ?
27:12Est-ce que vous irez au bout ?
27:14Mais, M. Vigogne, si je suis là, si je me donne du mal,
27:17si j'ai une centaine de représentants partout dans le pays qui va solliciter les maires pour trouver des signatures,
27:24si nous multiplions les rendez-vous de collègues pour obtenir le financement de la campagne,
27:29c'est bien parce que nous avons cette intention, c'est un combat.
27:32Mais vous n'avez pas eu de ralliement pour l'instant.
27:34Mais je ne veux pas.
27:37Vous voyez, vous n'écoutez pas ce que je dis.
27:39Non, mais vous n'écoutez pas ce que je dis.
27:40Je viens de vous expliquer que pour moi, le rassemblement, c'est le rassemblement des Français,
27:44ce n'est pas le rassemblement des partis.
27:46Le débauchage, Nathalie Kosciusko-Morizet qui rejoint M. Philippe,
27:50je ne sais pas quel autre chapeau à plumes qui rejoint M. Retailleau ou M. Attal.
27:56Mais ça, c'est la politique à l'ancienne.
27:57On a déjà vu ça.
27:59Vous ne l'avez pas tout seul.
28:00On a vu ça avec M. Sarkozy.
28:01Ça nous a mené où ?
28:03Pas de débauchage.
28:04Moi, je demande à chacun de venir comme il est.
28:06Que les socialistes restent socialistes.
28:08Je ne leur demande pas de se renier.
28:10Que ceux qui sont au centre restent au centre.
28:13Donc ce sera un gouvernement d'union nationale, quelque chose comme ça ?
28:15Mais c'est la volonté de tous ceux qui croient en la France,
28:21qui veulent servir les Français, de se ressembler pour changer les choses.
28:25Vous savez, moi, je ne cherche pas un poste.
28:27Je ne cherche pas à continuer le système.
28:30Je vois qu'il y en a qui se verraient très, très bien à l'Élysée 5 ou plus
28:33pour profiter du poste.
28:36Moi, j'ai toujours pensé que c'est beaucoup plus de maux de tête que davantage.
28:42Vous parlez de la collecte des parrainages, notamment.
28:44Vous avez combien de parrainages aujourd'hui ?
28:46Écoutez, nous en avons de plus en plus.
28:47Plusieurs centaines, mais pas suffisamment.
28:50Je ne vais pas...
28:53En 2012, c'est ce qui vous avait manqué pour être candidat au final.
28:56Vous avez tout à fait raison.
28:57Et c'est une collecte qui est difficile
28:58parce que le jeu partisan pèse très lourd dans cette collecte.
29:02Et les affiliations, communalité, intercommunalité pèsent également très lourd.
29:07Donc un certain nombre de maires sont réticents à donner ce parrainage.
29:09Nous en avons plusieurs centaines et nous travaillons dur pour les obtenir.
29:13Tout ça, ça veut dire, Dominique de Villepin, on est bien d'accord,
29:16que vous serez candidat à l'élection présidentielle.
29:18Que je veux être candidat, M. Daré, que je me bats pour être candidat.
29:22Mais on ne fait rien tout seul.
29:23Mais ce matin, vous...
29:23On ne fait rien.
29:24Vous parlez de 2% ou de 3%.
29:26On ne fait rien sans dynamique.
29:28Est-ce qu'il y a aujourd'hui, dans notre pays, une attente, une volonté de changer les choses ?
29:33Ou est-ce que d'ores et déjà, les Françaises et les Français sont résignés
29:37à ce que le pays continue comme aujourd'hui ?
29:40Moi, ma conviction, c'est que nous sommes aujourd'hui...
29:43C'est très important.
29:43Permettez-moi de trouver une métaphore.
29:45Nous sommes dans la pyro-politique.
29:47Qu'est-ce que c'est que la pyro-politique ?
29:50Emmanuel Macron, se déplaçant dans le sud-ouest,
29:53s'est retrouvé dans un QG face aux incendies.
29:56Et il a sorti une formule pour expliquer ce qu'étaient les pyro-cumulo-nimbus.
30:02C'est le feu de forêt qui se nourrit de lui-même et qui crée son propre vent.
30:06Aujourd'hui, la pyro-politique, c'est la politique du pire,
30:09qui se nourrit elle-même et qui fait toujours pire.
30:12Moi, je propose qu'on sorte de cela, qu'on ouvre le moteur,
30:15qu'on regarde et qu'on mette à plat,
30:17et qu'on rétablisse les choses de façon républicaine
30:20et à travers le prisme de la justice sociale.
30:22Je me permets juste de vous arrêter parce que c'est une précision importante.
30:24Je trouve que c'est une avancée quand même par rapport aux derniers mois que vous dites.
30:26Vous dites « je veux être candidat à l'élection présidentielle ».
30:29Oui, bien sûr.
30:30Si vous ne l'avez pas compris, c'est que vraiment,
30:33ni le corps ni l'esprit n'expriment clairement ce que je veux exprimer.
30:37C'est exactement ce que je dis.
30:38Je veux être candidat à l'élection présidentielle.
30:41Oui, bien sûr.
30:42Et vous le confirmerez définitivement à l'automne ?
30:44Et je le confirmerai quand la campagne électorale aura commencé
30:47au-delà des jeux d'estrade,
30:50parce que j'estime que pour le moment,
30:51nous n'avons rien de sérieux à nous mettre sous la dent.
30:54Et quand les Français eux-mêmes aspireront
30:57et se poseront la question de savoir celui ou celle
31:00qui est le mieux à même de redresser notre pays.
31:03Si vous le confirme.
31:04Est-ce que vous seriez d'accord pour participer à une primaire ou pas ?
31:07Primaire, par exemple, proposée par François Bayrou,
31:09qui dit ce matin dans une tribune à la tribune dimanche,
31:11on pourrait faire une primaire par Internet
31:13avec tous ceux qui font partie de l'espace républicain,
31:16ni LF, ni REN.
31:16Vous participez à ce type de primaire ?
31:17Mais la primaire, c'est le dernier gadget des désespérés.
31:20Aujourd'hui, nous voyons se multiplier sur tous les chiquiers des primaires sauvages.
31:24Il y a une primaire à gauche,
31:27et on peut même imaginer que quand la primaire sera terminée,
31:30il y aura peut-être d'autres candidats de gauche.
31:32M. Hollande ne participe pas à la primaire de gauche.
31:35Et d'ailleurs, le mieux placé à gauche n'est pas vraiment socialiste, M. Glucksmann.
31:39Donc, nous avons des primaires partout.
31:42Les républicains, M. Retailleau était aujourd'hui candidat,
31:44mais il y a d'autres républicains en embuscade qui veulent être candidats.
31:47Donc, l'ensemble du spectre politique est soumis aux primaires.
31:54J'estime que ce n'est pas le bon mode de fonctionnement.
31:57Pourquoi ? La primaire dévore ses enfants.
31:59Et quand vous sortez en slip de la primaire ou en vaillot de bain,
32:03eh bien, vous êtes un peu mal placé pour prétendre briguer l'élection présidentielle.
32:08Donc, soyons raisonnables, menons le combat politique comme il faut le mener,
32:13devant les Françaises et les Français, et les Français arbitraux.
32:16Mais on ne comprend pas bien avec qui vous auriez envie de travailler,
32:19à qui vous tendez la main ?
32:19Vous ne pourrez pas gouverner tout seul, par exemple.
32:21Vous auriez envie de travailler avec Jean-Louis Borloo, avec Thierry Breton ?
32:24Écoutez, j'ai travaillé avec Jean-Louis Borloo et Thierry Breton.
32:27Ils ont fait partie de mon gouvernement et nous avons bien travaillé pendant deux ans.
32:30Donc, moi, je tends la main à tout le monde.
32:32C'est ce que je fais depuis maintenant plusieurs années.
32:35Je vois tout le monde.
32:37Mais je constate que le réflexe reste d'abord un réflexe corporatiste.
32:42La campagne se fait autour des partis politiques.
32:45La sélection, sur un certain nombre de plateaux, se fait à partir des partis politiques,
32:50beaucoup plus qu'à partir des propositions d'alternatives à un système politique
32:56qui n'en peut plus, mais...
32:57Pour l'instant, ce sont les sondages sur lesquels on est obligé de se fonder pour avoir une idée de
33:02ce qui se passe.
33:03Et Marine Le Pen est qualifiée, quoi qu'il en soit, dans tous les sondages au second tour.
33:07Si elle devait l'emporter, est-ce que vous feriez partie de ceux qui respecteriez ce choix démocratique des Français
33:14?
33:14Ou est-ce que vous appelleriez à une forme de désobéissance civile ?
33:18La question est aujourd'hui beaucoup posée.
33:20Je fais partie des Républicains.
33:21Je serais intraitable sur le respect de la République.
33:25Et de ce point de vue-là, ne serait-ce qu'en tant qu'ancien Premier ministre,
33:29je me poserais en garant de la règle républicaine.
33:32Donc, je dirais ce qu'il faut faire.
33:34Et ce que je montrais sur les barricades, c'est autre chose.
33:39Donc, combat, oui, combat pour la défense de la République.
33:43Et par exemple, sur un référendum comme le propose le Rassemblement national depuis 2024,
33:49qui viserait à réviser la Constitution par le biais de l'article 11 et pas par le biais de l
33:55'article 89,
33:56oui, c'est un coup de force.
33:57C'est une sorte de coup d'État déguisé.
33:59Et je ne l'accepterai pas.
34:01Donc, dire les choses clairement...
34:03C'est-à-dire que vous feriez quoi ?
34:04Je ne l'accepterai pas.
34:06Je mènerai le combat politique.
34:07Je mènerai le combat politique.
34:09Mais pas d'insurrection.
34:12Vous pensez à quoi, M. Vodare ?
34:14Au propos de la France insoumise.
34:15Pardon ?
34:15Au propos de la France insoumise, en certain temps, on va appeler à la désobéissance.
34:18De sortir mes vieux piscelets ?
34:21Mon vieux sabre ?
34:23D'appeler à des manifestations ?
34:24Non, mais ça, c'est démocratique.
34:26C'est tout à fait démocratique.
34:27Donc oui, dans le cadre de la démocratie, bien sûr,
34:30s'opposer par tous les moyens démocratiques et républicains,
34:33vous m'avez parfaitement compris.
34:34Un deuxième tour qui opposerait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen ?
34:36Vous faites quoi de Marine Le Pen ?
34:39Encore un peu plus loin dans la politique fiction.
34:41Ce n'est pas vraiment de la politique fiction
34:43quand on voit certaines études d'opinion de Dominique de Villepin.
34:45Oui, enfin, on en est encore loin.
34:47On n'en est encore loin.
34:48Vous faites quoi ?
34:50Je ne fais pas de politique fiction.
34:53J'ai toujours dit la conviction qui était la mienne.
34:55Je ne place pas la France insoumise sur le même plan que le Rassemblement national.
35:02Pourquoi ?
35:02Parce que l'héritage historique du Rassemblement national,
35:06les engagements qui ont été ceux du Rassemblement national,
35:09ont profondément marqué la ligne politique.
35:11et que cette ligne politique, pour moi,
35:13elle est entachée d'un certain nombre de risques.
35:15Je ne suis pas prêt à prendre ces risques.
35:18Alors, en ce qui concerne le scénario que je ne fais pas,
35:22et donc je ne réponds pas à votre question,
35:25parce que si on commence à répondre à toutes les questions
35:27qui sont farfelues, on ne s'en sort pas.
35:30Ce n'est pas farfelu.
35:30Si, elle est farfelue,
35:32parce que je ne crois pas du tout que Jean-Luc Mélenchon ait la capacité.
35:35Il est aujourd'hui très haut.
35:36Tout le monde suppose que parce qu'il est très haut,
35:38il ira encore plus haut.
35:39À un moment donné, on est rattrapé par un certain nombre de réalités.
35:43Jean-Luc Mélenchon a franchi,
35:44ou en tout cas s'est approché d'un certain nombre de lignes rouges.
35:47Et je l'ai dit à chaque étape,
35:50qu'il s'agisse de l'affaire de Rang,
35:53qu'il s'agisse du jeu autour d'un certain nombre de noms à consonance juives,
35:57je trouve cela dangereux dans notre démocratie.
36:00Et donc, je le dis très clairement,
36:02il ne faut pas d'ambiguïté avec la République.
36:06On est dans la République, on défend la République,
36:09et sinon, on se met en marche.
36:11Mais vous vous sentez plus proche de Jean-Luc Mélenchon que de Marine Le Pen.
36:13Vous ne diriez pas, comme Édouard Philippe,
36:15jamais je ne voterai pour un candidat ARN,
36:17ni pour un candidat LFI.
36:19Vous ne diriez pas ça.
36:20Une fois de plus, je n'imagine pas ce scénario.
36:23Je pense qu'il faudrait que le pays,
36:25et que tout l'espace central,
36:27ait complètement choisi la résignation,
36:30ait refusé de mener le combat.
36:32Aucun rassemblement n'aurait donc eu lieu,
36:34aucun bon sens ne se serait opéré pendant cette campagne électorale,
36:38et on aurait abandonné le pays à la radicalité.
36:41Donc vous n'irrez pas voter.
36:42Je n'imagine pas que la classe politique,
36:44et je n'imagine pas que les Françaises et les Français
36:46puissent se satisfaire d'un choix entre deux radicalités.
36:49Donc vous n'irrez pas voter dans ces cas-là, Dominique de Villepin ?
36:51Je ne vous ai pas dit ça.
36:53Je vous dis aujourd'hui que je ne vous...
36:56Parce que la science-fiction et la politique-fiction
36:59conduisent toujours à des choix
37:00que j'estime aujourd'hui totalement déplacés.
37:05Quand vous dites que je ne mets pas LFI et le RN au même niveau,
37:07ça veut dire que quand même,
37:09vous voterez LFI face au RN.
37:10Ça ne rend pas du tout...
37:12Ça ne rend pas davantage LFI acceptable pour moi,
37:15pour les raisons que je viens de vous indiquer,
37:17notamment.
37:17Mais ils sont dans l'arc républicain.
37:19Et pour le fait qu'en tant que gaulliste,
37:21je suis attaché à la Ve République.
37:23Donc vous n'imaginez pas que je vais mettre
37:25de gaieté de cœur un bulletin dans l'urne
37:27pour passer à la VIème République,
37:29pour changer nos institutions,
37:30pour sortir des traités européens,
37:31parce qu'on voit bien qu'à l'horizon,
37:32c'est ce qui se profile.
37:34Donc soyons clairs,
37:35ce n'est pas l'engagement politique qui est le mien.
37:38Pour l'instant, le RN a du mal à trouver un prêt
37:41pour financer sa campagne.
37:42Jordan Bardella annonce qu'aucune banque
37:44n'a voulu les financer.
37:46Ça vous choque ?
37:47Moi, ce qui me choque,
37:49c'est que la démocratie fonctionne si mal,
37:51la démocratie électorale fonctionne si mal.
37:53Mais ce n'est pas que le RN ne puisse pas trouver un prêt.
37:56C'est que tous ceux qui souhaiteraient
37:58raisonnablement être candidats
38:00aient du mal à trouver un prêt.
38:02Donc que l'on règle,
38:03François Bayrou avait eu une proposition
38:05qui était éclairée de la Banque de la Démocratie,
38:08que l'on trouve le moyen de répondre
38:10à tous ceux qui veulent aspirer
38:13à cette campagne électorale
38:14et qu'ils puissent le faire de façon décente,
38:17ça me paraît la moindre des choses.
38:18Vous-même, vous avez un prêt ?
38:19Ne faisons pas, ne faisons pas d'exception
38:22pour le Rassemblement national.
38:24La règle commune.
38:25Moi, vous savez, je suis fidèle en tout.
38:27Règle commune, justice sociale.
38:29On parlait de la France insoumise.
38:30Est-ce que vous estimez, comme Bruno Rotailleux,
38:32que LFI, je cite,
38:33un parti de collabos,
38:34une forme de collaboration avec les islamistes ?
38:38Vous savez, tout ce qui est excessif est insignifiant,
38:40donc vous me permettrez de ne pas commenter non plus
38:42ces propos-là.
38:45Pour vous, il n'y a aucun problème ?
38:48Mais M. Daré, vous parlez à ma place.
38:51Je ne suis pas Pinocchio dans les mains de Gepetto.
38:56Vous me permettrez de faire des réponses moi-même.
38:58Je ne vous ai pas dit ça,
38:59mais je dis que c'est excessif.
39:01On voit que dans cette campagne présidentielle,
39:03bien sûr, il y a la dimension internationale
39:05qui va jouer un rôle important.
39:07Le nouveau président, la nouvelle présidente,
39:08va exercer son mandat dans un monde incertain.
39:10Il y a quelques jours,
39:11Donald Trump a jugé, je cite,
39:13que la charia est comme un deuxième mode de vie à Paris.
39:16Qu'est-ce que ça dit du rôle international
39:17que le président va avoir ?
39:19Quelle attitude, vous, président,
39:20demain face à Donald Trump, Vladimir Putin ?
39:22C'est très dommage, très, très dommage
39:25qu'Emmanuel Macron ait toujours privilégié
39:27d'accueillir un certain nombre de grands chefs d'État
39:29comme Donald Trump à Versailles.
39:31Parce que s'il était sorti du château,
39:33il aurait vu que ce n'est pas vrai.
39:34Et donc, il se serait épargné de dire une bêtise.
39:37Donc, la réalité, et tous les Français la voient,
39:40ce n'est pas la réalité de notre pays.
39:43Est-ce qu'il y a une prime à l'expérience
39:45dans cette présidentielle
39:46pour ceux qui, comme vous,
39:47ont eu les manettes à un moment donné
39:49sur le plan international ?
39:50Ou est-ce que des novices peuvent s'en sortir
39:53dans le monde tel qu'il est devenu aujourd'hui ?
39:55Je prie pour que des novices,
39:57puisqu'on a un certain nombre de novices
39:58qui sont aujourd'hui très, très bien placés
40:00sur les chiquiers politiques,
40:01je prie pour que des novices reçoivent la grâce
40:04au jour de l'élection s'ils sont élus.
40:07Mais ce n'est pas quelque chose de facile.
40:10Les relations internationales,
40:11je citerai pour mémoire Jacques Chirac.
40:13J'ai accompagné pendant plusieurs décennies Jacques Chirac
40:19en matière internationale.
40:21Et tous les jours, il consacrait plusieurs heures par jour
40:25à lire des notes, des télégrammes,
40:28quand il les recevait, en matière internationale.
40:30C'est-à-dire qu'il avait une familiarité
40:32avec la chose internationale.
40:33Comme maire de Paris, il connaissait,
40:35comme ancien Premier ministre,
40:36il connaissait la plupart des grands chefs d'État
40:38de la planète.
40:39Est-ce que ça s'improvise ?
40:40On a vu avec Nicolas Sarkozy
40:42que ça ne s'improvisait pas.
40:43On a vu avec François Hollande
40:45que ça ne s'improvisait pas.
40:46Et on a vu avec Emmanuel Macron
40:48qu'on peut tourner les choses dans tous les sens
40:50et tourner avec le vent.
40:52Et en même temps, ça ne s'improvise pas.
40:54Mais quelle place pour la France ?
40:55Et si la France, aujourd'hui,
40:56s'efface de l'échiquier international,
40:58regardez cet été.
40:58On a deux crises qui se sont considérablement aggravées.
41:02Et il faut en prendre la mesure
41:03parce que les Français risquent de manger en papillote
41:06les conséquences de certaines de ces crises.
41:08Prenons le détroit d'Hormuzes.
41:09Le détroit d'Hormuzes va peser extrêmement lourd
41:13sur les prix de l'énergie,
41:16en particulier et bien sûr de l'énergie fossile,
41:19dans les prochains mois.
41:20Et cela a commencé.
41:21Les Français se retrouvent avec une essence à 2 euros.
41:25Tout cela pèse en deuxième rang sur les engrais
41:30et tout cela finira par peser encore davantage
41:32sur l'alimentation.
41:33Nous voyons donc à quel point tout est lié.
41:36Est-ce que vous avez entendu une proposition française ou européenne
41:39digne de ce nom sur le déblocage du détroit d'Hormuzes ?
41:43Sur la façon d'aborder les choses avec l'Iran ?
41:46Silence et bouche cousue.
41:49Sur l'Ukraine, on voit bien que nous sommes en train de changer de seuil sur l'Ukraine.
41:53Non seulement le conflit est en train de s'aggraver,
41:55l'Ukraine porte plus loin en Russie son combat,
42:00la Russie porte plus durement son combat en Ukraine
42:03et on voit bien à quel point les infrastructures énergétiques de l'Ukraine
42:07à la veille de l'hiver vont être très durement frappées.
42:09Et par ailleurs, la Russie multiplie les opérations hybrides
42:12contre un certain nombre de pays de l'OTAN.
42:15On a vu l'attaque à Leipzig,
42:17on l'a vu également en Roumanie.
42:19et on voit bien que tout ceci constitue une menace de plus en plus grande
42:24au point qu'un certain nombre de responsables de l'OTAN
42:27considèrent qu'il y a un risque que la Russie puisse tester l'OTAN.
42:30Et il y a quelques jours, le patron de la CIA s'est rendu à Moscou.
42:34C'est dire que nous sommes en train de rentrer dans une zone de risque majeur.
42:39Je ne vois pas, je n'entends pas la France,
42:42je ne vois pas, je n'entends pas l'Europe.
42:45Est-ce que nous sommes à notre place ? Non.
42:48Emmanuel Macron s'est beaucoup activé,
42:50mais vous ne diriez pas qu'il a fait la coalition des volontaires
42:52qui est à mettre à son clé d'honneur à la France.
42:54J'ai surtout vu la une de Paris Match,
42:57entre les amours des uns et le jet-ski de l'autre.
42:59C'est un peu réducteur, non ?
43:00Vous trouvez que c'est réducteur ?
43:02C'est malheureusement très parlant.
43:05C'est malheureusement très parlant.
43:07La crise, elle ne s'arrête pas.
43:09Nous franchissons des seuils.
43:11Et il vaut mieux enfourcher les dossiers
43:14que d'enfourcher un jet-ski.
43:16Vous, vous craignez que Poutine attaque un pays voisin ?
43:19Mais tous ces États sont confrontés à des difficultés majeures,
43:25pour ne pas dire existentielles.
43:26La Russie, elle est aujourd'hui en difficulté.
43:28Elle envisage de recruter 600 000 soldats de plus
43:32dans les prochaines semaines et les prochains mois,
43:35alors qu'elle a eu près d'un million de victimes.
43:37La Russie, sur le plan économique,
43:39est dans une situation de plus en plus compliquée.
43:41A partir de là, il faut qu'elle change la donne.
43:44Et il faut donc impérativement
43:45qu'elle fasse peur aux autres pays européens,
43:47qu'elle fasse peur à l'OTAN,
43:49pour que l'Ukraine fasse preuve de plus de retenue.
43:53Et c'est pour ça que nous ne savons pas
43:54ce qu'a été dire le directeur de la CIA à Moscou.
43:58Est-ce qu'il a été parlé seulement de l'Ukraine ?
44:00Est-ce qu'il a été envisagé une retenue réciproque des deux États ?
44:04Est-ce qu'il a été parlé également de l'Iran ?
44:06Parce que l'Iran est aussi en très bonne situation politique
44:10et géopolitique et géostratégique dans le Golfe,
44:13mais en grande difficulté compte tenu de l'embargo
44:16et du nœud coulant qui est en train de se recéder.
44:18– Vous pensez que vous êtes mieux placé pour leur parler à Poutine ?
44:20– Mais je pense que les choses bougent très vite,
44:22qu'il y a des marges de manœuvre qui existent aujourd'hui,
44:25qui n'existaient pas il y a quelques mois,
44:27parce que tous ces États sont confrontés à des difficultés
44:29et qu'ils ne peuvent pas accepter le statu quo
44:32qui devient dangereux pour eux
44:34et que quand un État en guerre ne peut pas accepter le statu quo,
44:40ça veut dire quoi ?
44:41Ça veut dire qu'il est à la veille soit de surenchérir,
44:44soit d'accepter dans la négociation
44:47et à travers la négociation un certain nombre d'offres
44:50qu'il n'aurait pas accepté précédemment.
44:52Et c'est là où la diplomatie doit être en action.
44:54Donc oui, nous devrions être infiniment plus présents.
44:59Oui, malheureusement, nous sommes en train,
45:01nous, France et le continent européen,
45:04en train de nous habituer à disparaître sous la moquette.
45:07Eh bien, je souhaite simplement que les élections présidentielles
45:10rappellent que pour l'essentiel de sa mission,
45:14en tout cas plus de la moitié,
45:15le président de la République est d'abord
45:20le défenseur de nos intérêts nationaux
45:23et donc le responsable de la défense
45:25et le défenseur de notre diplomatie
45:27et de notre place dans le monde.
45:29Et ça, ça conditionne à la fois le statut de la France,
45:32ça conditionne son avenir en termes stratégiques,
45:35géopolitiques et en particulier sa souveraineté.
45:38Donc oui, ce sont des choses qu'on ne peut pas considérer
45:41comme quantité négligeable.
45:42Que serait la France avec Marine Le Pen à sa tête ?
45:46Eh bien, écoutez, je n'ose faire de comparaison
45:48en termes de taille ou de pays,
45:51mais ce que je vous dis très franchement
45:53et très simplement, c'est qu'il y a fort à parier
45:55que la France ne serait plus la France.
45:58Dominique de Villepin, vous m'avez dit
45:59que vous n'aimez pas les cuisses,
46:00c'est dommage, j'en ai un à vous soumettre.
46:01Je vous fais la même réponse que le précédent.
46:03Non, c'est la minute présidentielle.
46:04Vous êtes la première à l'inaugurer,
46:05on va l'inaugurer pour cette année, effectivement.
46:07Vous n'êtes pas tombé.
46:08Si vous êtes élu président, Dominique de Villepin,
46:11qui est-ce que vous appelez en premier
46:12le soir de votre élection ?
46:15Vous appelez qui ?
46:17Je ne vous le dirai pas.
46:18Ah, vous refusez de répondre à cette question ?
46:20Bien sûr, je refuse.
46:20Vous appelez Donald Trump, Vladimir Poutine ?
46:22Mais je ne vous le dis pas.
46:24Pourquoi ?
46:24Parce que l'ambiguïté,
46:26c'est le premier atout d'un président de la République.
46:28Votre premier déplacement à l'étranger ?
46:29Je ne vous le dirai pas non plus.
46:31Votre premier été à Brégançon,
46:32jet-ski ou paddle ?
46:34Écoutez, je pense que le premier été,
46:37il est compromis pour le futur président de la République.
46:39Donc, qu'il fasse provision de vacances avant,
46:42parce qu'il y a fort à parier
46:43qu'un président élu au mois de mai
46:46n'aura pas de vacances.
46:47L'objet ou la photo que vous poseriez
46:48sur votre bureau à l'Élysée ?
46:50Pourquoi vous voulez que je pose une photo ?
46:52Ou un objet, un livre.
46:54On voit que certains présidents,
46:54symboliquement, le font.
46:55Oui, je n'éprouve pas le besoin
46:57d'avoir un signe démonstratif sur mon bureau.
47:01Quelle habitude vous refuserez
47:03à laquelle vous refuserez de renoncer
47:04quand vous êtes président ?
47:05Quelque chose qui est important aujourd'hui,
47:06vous dites même président,
47:07je ne renoncerai pas à ça.
47:08Ah, le sport, un peu de jogging matinal,
47:10ça fait du bien.
47:11La première personne que vous feriez
47:12entrer au Panthéon ?
47:13Qui est-ce que vous feriez
47:13entrer au Panthéon en tant que président ?
47:15Un tirailleur sénégalais.
47:17Parce que j'aime bien que la France
47:19reconnaisse ses dettes.
47:21Voyez-vous,
47:23quand on regarde notre histoire,
47:24elle est faite de beaucoup d'ingratitudes.
47:27Un certain nombre de nos présidents
47:28ont commencé à reconnaître
47:30les dettes de la France.
47:31Jacques Chirac a fait,
47:33Nicolas Sarkozy a fait des gestes aussi,
47:35François Hollande,
47:35et Emmanuel Macron en a fait d'autres.
47:37Mais la façon dont nous avons traité
47:39les tirailleurs sénégalais,
47:41grâce à qui nous avons gagné
47:42la Première Guerre mondiale,
47:43la Deuxième Guerre,
47:44et qui ont par ailleurs mené
47:45un certain nombre de combats
47:47ailleurs à travers le monde.
47:49La façon dont nous les avons traités,
47:51le massacre de Tiaroy,
47:53je n'oublie pas cela.
47:54Et j'estime que vis-à-vis de l'Afrique,
47:58il y a un devoir de reconnaissance
48:02centrale.
48:03Et la façon dont nous avons
48:04pour ne pas payer des pensions,
48:07la façon dont nous avons
48:08pour éviter le risque
48:11que pouvaient représenter
48:12un certain nombre de tirailleurs
48:13qui avaient été emprisonnés
48:14sur le territoire français au retour,
48:16et le risque qu'ils auraient pu avoir
48:17de semer la mauvaise parole
48:18après 1945 au retour dans le pays.
48:21La façon dont nous avons tiré
48:22sur ces gens-là,
48:23plusieurs centaines de morts,
48:25eh bien, je ne l'oublie pas.
48:27Et dans ma famille,
48:28il se trouve qu'il y a,
48:29nous sommes liés de militaires,
48:30il y a un certain nombre
48:31de mes parents qui ont combattu
48:34avec ces tirailleurs algériens,
48:37sénégalais, c'est le titre générique,
48:38et je n'oublie pas cette dette.
48:40Sans la contribution
48:42de l'Empire colonial,
48:43la France,
48:45qui est en paix aujourd'hui
48:46et dans laquelle nous vivons,
48:48ne serait pas la même.
48:48Merci beaucoup Dominique de Villepin
48:50d'avoir été notre invité aujourd'hui.
48:52Je veux être candidat
48:53à l'élection présidentielle
48:54dans quelques instants.
48:55Vous retrouvez Pauline Rovna,
48:56moi je vous retrouve ce soir
48:57à 21h pour un entrain
48:58qui se tient exceptionnel
48:59avec Edouard Philippe,
49:01autre candidat à la présidentielle.
49:02Restez sur BFM bien sûr.