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  • il y a 1 semaine
Chaque matin dans son édito, Vincent Trémolet de Villers revient sur l'actualité politique du jour. Ce matin, il s'intéresse à la raison et l’émotion pour la présidentielle de 2027.

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Transcription
00:007h, 9h, Europe 1 Matin.
00:03L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro.
00:06Bonjour Vincent Trémolet de Villers.
00:07Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:09Alors ce week-end, Vincent, la campagne présidentielle a démarré sur les chapeaux de roue.
00:13Edouard Philippe, Gérald Darmanin à Tourcoing, Olivier Faure, François Hollande, Raphaël Glucksmann à Blois,
00:19Jordan Bardella, Bruno Retailleau à la foire de Chalon, David Lys, Narrakan.
00:22Vous avez suivi autant que possible tous ces événements.
00:24Ça vous a inspiré une réflexion très Jane Austen,
00:28puisqu'il s'agit de faire la part, dites-vous, entre la raison et les sentiments en politique.
00:33Un candidat de gauche raconte en privé qu'il s'est rendu en Espagne,
00:37voir Pedro Sanchez, le premier ministre socialiste,
00:39pour lui demander la recette de sa victoire.
00:42Quel programme, quelle proposition, quelle stratégie ?
00:44Et Sanchez lui a répondu, tout ça c'est absolument secondaire.
00:48Ce qui compte pour gagner, c'est d'être dans les vibrations du moment.
00:52Les vibrations, on se souvient de la chanson,
00:55que tous ceux qui sont dans la vibe lèvent le doigt,
00:56eh bien on cherche le candidat qui aujourd'hui pourrait lever le doigt.
01:00Hormis Mélenchon qui convoque un imaginaire et fait parler des émotions,
01:04les discours sont démonstratifs, programmatiques,
01:06et pour le moment ne déclenchent aucun élan.
01:09Hier, à Tourcoing, Gérald Darmanin et Edouard Philippe n'ont pas démérité,
01:12mais ont cherché le souffle et l'enthousiasme.
01:14Darmanin a mis une touche plus humaine, plus sociale,
01:16mais ils ont dit en substance qu'ils n'avaient pas tout mal fait quand ils étaient aux manettes,
01:20et qu'ils feraient toujours mieux que les extrêmes,
01:22qui enverraient certainement le pays dans le mur.
01:24Au Montmézin, que Laurent Wauquiez a lui aussi sonné l'alerte du danger
01:27d'un second tour entre les grands méchants loups.
01:29Dans le Parisien, Sébastien Lecornu plaidait lui aussi
01:32la complexité du réel contre la pensée paresseuse.
01:35Il est à craindre que les électeurs traduisent toutes ces mises en garde
01:38contre les extrêmes par « laissez-nous encore nos places ».
01:41Cette stratégie de la raison est folle.
01:43Chesterton dit quelque part qu'un fou,
01:45c'est quelqu'un qui a tout perdu sauf la raison.
01:47En politique, c'est encore plus vrai.
01:49La raison n'est rien sans la passion, sans l'émotion.
01:52Mais alors Vincent, comment on mesure l'émotion d'un pays ?
01:54En vivant comme les Français, en sachant ce qu'est un train de banlieue,
01:57au multiples retards, aux nombreuses annulations,
02:00ce qu'est une maternité qui ferme,
02:01une administration qui ne répond pas au téléphone,
02:03des enfants qu'on attend avec inquiétude
02:05parce qu'ils sont dans la rue à la nuit tombée,
02:07un quartier qu'on traverse comme une ville étrangère,
02:09des impôts qui découragent le travail,
02:11des règlements qui annulent l'initiative,
02:12des injonctions contradictoires qui peuvent rendre fous.
02:16Et puis ces émotions sont documentées.
02:18On peut lire les travaux de Jérôme Fourquet,
02:19l'excellent livre « Nous les Français »
02:21piloté notamment par Gérald Dandrieu et Laureline Dupont qui vient de sortir.
02:25Puis il faut aussi méditer sur le tout récent sondage
02:27commandé à l'Institut Ipsos par le laboratoire de la République,
02:30le mouvement de Jean-Michel Blanquer.
02:32Le Figaro en a dévoilé les résultats samedi matin
02:35et deux items sont saisissants.
02:36Le premier nous dit que 85% des Français
02:40considèrent que notre pays est en déclin.
02:42et le deuxième explique que seuls 2% de nos concitoyens
02:46ne sont pas mécontents de la France comme elle va.
02:492%, ça ne fait vraiment pas beaucoup.
02:51Les 98% restants se divisent de façon à peu près égale
02:55entre ceux qui trouvent que ce mécontentement légitime la colère
02:58et ceux qui préfèrent pour le moment se tenir éloignés de cette colère.
03:01On comprend bien à lire cette étude que l'humeur politique
03:03est un dangereux mélange de lassitude, de déception,
03:06d'impatience et d'exaspération.
03:08Donc si je vous ai bien suivi, le candidat qu'il emportera sera celui de la colère ?
03:12La colère le plus souvent est stérile.
03:14Cela ne suffit pas Dimitri, il faut mesurer cette colère
03:17pour mieux y répondre par un horizon, par une espérance.
03:21Mais si le seul discours consiste à dire
03:22n'écoutez pas vos humeurs, méfiez-vous de vos émotions,
03:25soyez raisonnables, écoutez ceux qui savent,
03:27qui gouvernent depuis 10 ans et qui n'ont pas si mal fait,
03:30cela revient à ouvrir une autoroute à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen.
03:33C'est pour ça que Retailo et Glucksmann ont intérêt à s'éloigner
03:36le plus possible du bloc central.
03:38Contre le parti autoproclamé de la raison,
03:41les électeurs cette fois ne devraient pas faire de sentiments.
03:44L'édito politique sur Europe 1, merci Vincent Trémolet de Villers.
03:47A la une du Figaro ce matin, l'école,
03:49la rentrée minée par les violences dans les périscolaires,
03:52tient encore un coin enfoncé dans la confiance envers les institutions.
03:56Et d'ailleurs le procès d'un animateur s'ouvre ce matin à Paris,
03:59on va en parler dans le journal de 8h.
04:00Merci Vincent, bonne journée.
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