00:00Il y a la situation budgétaire, M. Gattaz de la France, à laquelle s'ajoute d'ailleurs le grand flou
00:04géopolitique,
00:05puisqu'il y a eu une reprise des frappes sur l'Iran.
00:08Question très concrète, comment un chef d'entreprise comme vous,
00:11comme peut-être des milliers qui nous regardent ce soir,
00:15d'une grande, d'une moyenne ou d'une toute petite structure,
00:18comment il arrive à anticiper quoi que ce soit dans une telle situation, dans un tel brouillard ?
00:23Comment faites-vous ?
00:24Alors, c'est très compliqué, il y a un gros stress, une grande dérimosité de tous les patrons,
00:29les plus petits, notamment les moyens, les grands.
00:32Il y a deux problèmes qui se cumulent.
00:34Il y a le problème économique général, la géopolitique.
00:36Bon, c'est stressant, on a l'habitude, il y a des crises à gérer.
00:39Moi, j'ai vécu quatre crises à radiales majeures sur 30 ans, on le fait.
00:43Après, vous avez une incertitude politique énorme,
00:47avec, je dirais, les petites phrases depuis la dissolution qui sont insupportables pour nous,
00:51et qui rajoutent une dose de stress, de nervosité énorme.
00:54Car vous savez, la confiance, d'abord c'est 50% de la croissance.
00:59Ça, c'est le premier point.
01:00Et les entreprises, pour qu'une économie marche,
01:03on a besoin, je dirais, d'écouter les patrons, de les chouchouter,
01:07qui représentent des salariés, qui ont des usines, etc.
01:10C'est pas très chouchouté par certains, pas qu'on en prend les mots.
01:11Et aujourd'hui, si vous voulez, depuis la dissolution, c'est l'horreur.
01:14On a des petites phrases dans tous les sens,
01:15il y a ces trois tiers à la majorité.
01:17On nous insulte, entre guillemets, je dirais, toutes les semaines.
01:21Et si vous voulez, on se dit, mais ça va encore durer huit mois.
01:23– Allons-y, parlons de cette rhétorique quand même,
01:26puisque vous en parlez.
01:26Alors, on parle de super profits, parfois il y en a,
01:29de méga, alors là, plus largement héritage,
01:31de grandes transmissions, d'ultra riches, de nuisibles à l'économie.
01:35Qu'est-ce qu'il y a, selon vous, Pierre Gattaz,
01:36derrière cette rhétorique qui imprime, malgré tout,
01:39peut-être une partie des Français, je ne sais pas,
01:41mais la campagne présidentielle ?
01:42– Écoutez, ce que je vois, c'est qu'il y a une énorme nervosité
01:45des Français, d'une part, parce que...
01:48C'est pour ça que j'ai écrit ce livre avec quelques amis,
01:50de Rosé, de Fontanay, hier, je gagnais plus, c'est maintenant.
01:53Il y a un problème de pouvoir d'achat.
01:54Les Français, en fait, il y a 40 ans,
01:56quand vous étiez au SMIC, vous pouviez doubler
01:58votre pouvoir d'achat en 10 ans.
01:59Les 30 glorieuses, c'était formidable, l'économie marchait,
02:01on avait 2-3% de croissance, voire plus, bon.
02:04L'industrie était à 20%, c'était extraordinaire.
02:06Et depuis 40 ans, on a voulu faire du social,
02:08du social, du social, sans tenir compte de l'économie.
02:11C'est-à-dire, on a bafoué l'économie,
02:12on l'a maîtrisée, on a dit, travaillez moins.
02:14Enfin, François Mitterrand, on est passé de 65 à 60 ans sur la retraite,
02:18ça nous coûte 500 milliards sur les 3 000 milliards de dettes que nous avons.
02:22500 milliards.
02:23Ensuite, les 35 heures, c'est pas beau, c'est pas bien de travailler.
02:26Donc, si vous voulez, on a fait un peuple paupérisé,
02:29avec un modèle social très généreux, mais qui est en fait...
02:30Mais qui a soif d'une lutte des classes, c'est ma question.
02:33Est-ce que c'est spécifique ?
02:33Vous voyagez énormément, Pierre Gattaz.
02:35Est-ce que c'est spécifique à la France ?
02:36Est-ce que cette rhétorique, cette opposition,
02:39véritablement, est spécifique à notre pays ?
02:40En fait, oui et non, c'est que je pense que les Français
02:43ont moins l'espoir de devenir plus riches,
02:46d'augmenter leur pouvoir d'achat.
02:47L'ascenseur social est cassé.
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