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  • il y a 1 semaine
Pierre Gattaz, ancien président du Medef, assure que "les Français en ont marre d'être taxés"

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00:00Bonsoir Pierre Gattaz, merci d'être avec nous, vous avez été le patron des patrons à la tête du MEDEF
00:06pendant un certain temps.
00:07Vous êtes vous-même chef d'entreprise, votre boîte s'appelle Randall, c'est une entreprise de composants électroniques
00:18et vous êtes aussi l'auteur du livre Gagnez Plus, c'est maintenant, ça sonne comme un slogan de campagne,
00:24on va en parler.
00:24Et il y a la situation budgétaire, monsieur Gattaz de la France, à laquelle s'ajoute d'ailleurs le grand
00:29flou géopolitique,
00:30puisqu'il y a une reprise des frappes sur l'Iran.
00:33Question très concrète, comment un chef d'entreprise comme vous, comme peut-être des milliers qui nous regardent ce soir,
00:40d'une grande, d'une moyenne ou d'une toute petite structure, comment il arrive à anticiper quoi que ce
00:45soit dans une telle situation, dans un tel brouillard ?
00:48Comment faites-vous ?
00:49Alors, c'est très compliqué, il y a un gros stress, une grande nervosité de tous les patrons, les plus
00:55petits, notamment les moyens, les grands.
00:57Il y a deux problèmes qui se cumulent, il y a le problème économique général, la géopolitique.
01:01Bon, c'est stressant, on a l'habitude, il y a des crises à gérer, moi j'ai vécu quatre
01:05crises à radial majeur sur 30 ans, on le fait.
01:09Après, vous avez une incertitude politique énorme, avec, je dirais, les petites phrases depuis la dissolution,
01:15qui sont insupportables pour nous, et qui rajoutent une dose de stress, de nervosité énorme.
01:20Car, vous savez, la confiance, d'abord, c'est 50% de la croissance.
01:24Ça, c'est le premier point.
01:25Et les entreprises, pour qu'une économie marche, on a besoin, je dirais, d'écouter les patrons, de les chouchouter,
01:32qui représentent des salariés, qui ont des usines, etc.
01:35C'est pas très chouchouté par certains, quand on entend les mots.
01:37Depuis la dissolution, c'est l'horreur.
01:39On a des petites phrases dans tous les sens, il y a ces trois tiers à la majorité,
01:42on nous insulte, entre guillemets, je dirais, toutes les semaines.
01:46Et si vous voulez, on se dit, mais ça va encore durer huit mois.
01:49Allons-y, parlons de cette rhétorique, quand même, puisque vous en parlez.
01:51Alors, on parle de super profits, parfois il y en a, de méga, alors là, plus largement, héritage,
01:56de grandes transmissions, d'ultra riches, de nuisibles à l'économie.
02:00Qu'est-ce qu'il y a, selon vous, Pierre Gattaz, derrière cette rhétorique,
02:03qui imprime, malgré tout, peut-être une partie des Français, je ne sais pas,
02:06mais la campagne présidentielle ?
02:07Écoutez, ce que je vois, c'est qu'il y a une énorme nervosité des Français, d'une part,
02:12parce que, c'est pour ça que j'ai écrit ce livre avec quelques amis de Roselyne Fontanet hier,
02:16je gagnais plus, c'est maintenant.
02:18Il y a un problème de pouvoir d'achat.
02:19Les Français, en fait, il y a 40 ans, quand vous étiez au SMIC,
02:22vous pouviez doubler votre pouvoir d'achat en 10 ans, des 30 glorieuses.
02:25C'était formidable, l'économie marchait, on avait 2-3% de croissance, voire plus.
02:29L'industrie était à 20%, c'était extraordinaire.
02:31Et depuis 40 ans, on a voulu faire du social, du social, du social, sans tenir compte de l'économie.
02:36C'est-à-dire, on a bafoué l'économie, on l'a maîtrisé, on a dit travailler moins.
02:40François Mitterrand, on est passé de 65 à 60 ans sur la retraite.
02:43Ça nous coûte 500 milliards sur les 3 000 milliards de dettes que nous avons.
02:48500 milliards.
02:48Ensuite, les 35 heures, c'est pas beau, c'est pas bien de travailler.
02:51Donc, si vous voulez, on a fait un peuple paupérisé, avec un modèle social très généreux, mais qui est en
02:56faille...
02:57Est-ce que c'est spécifique ? Vous voyagez énormément, Pierre Gattaz.
03:00Est-ce que c'est spécifique à la France ?
03:02Est-ce que cette rhétorique, cette opposition véritablement est spécifique à notre pays ?
03:05En fait, oui et non.
03:07C'est que je pense que les Français ont moins l'espoir de devenir plus riches, d'augmenter leur pouvoir
03:11d'achat.
03:12L'ascenseur social est cassé.
03:13On a descendu l'industrie de 20% à 10%, ce qui est très spécifique de la France.
03:18Moi, j'ai vécu les 40 piteuses, comme je vous dis.
03:20Si vous voulez, je suis le dernier des Mohicans de la collectique française.
03:22J'avais 20 concurrents, et parce qu'on a durci le Code du Travail, parce qu'on a mis l
03:28'ISF en place avant les lois du TREI, qui ont fait fuir les lois de la première...
03:30M. Gattaz, où étiez-vous ? Pas vous personnellement, mais où étaient tous ces patrons quand il y a eu
03:35cette saignée des industries, quand il y a eu la désindustrialisation ?
03:38Mais bien sûr, il fallait se battre. On s'est battus. Beaucoup de patrons, mes prédécesseurs se sont battus.
03:42Moi, quand j'ai vu François Hollande arriver en 2013, je me suis présenté au MEDEF avec un MEDEF de
03:47combat, pour la croissance et pour l'emploi.
03:49Et j'ai dit, si vous faites celles mesures fiscales, sociales, on peut créer un million d'emplois.
03:53On s'est moqué de moi.
03:54Oh là là, avec le fameux PINSS, oui, ça je m'en souviens.
03:56Et figurez-vous que ça a marché, figurez-vous que, statistiques en clair, on a créé un million d'emplois.
04:01Oui, mais aujourd'hui, pardonnez-moi, vous parlez d'une période déjà que les moins de 20 ans ne connaissent
04:05plus.
04:05Oui, mais c'est pour dire que ça peut fonctionner, une politique de l'offre qui baisse les impôts.
04:08Est-ce que ça peut fonctionner dans ce contexte ? Là, je vous ai cité quand même quelques phrases, ce
04:11sont, est-ce que vous les considérez comme des déclarations de guerre ?
04:13C'est important, comme la manière dont on perçoit les patrons.
04:16Quasiment, si vous voulez. Je trouve que ce sont des partis, toujours les mêmes d'ailleurs, qui n'ont aucune
04:19vision, qui ne connaissent pas l'entreprise, qui n'ont jamais travaillé dans le privé.
04:24Ce sont souvent des apparatiques de partis.
04:25Parfois, au pouvoir, beaucoup n'ont pas travaillé dans les entreprises, également.
04:29Ils jouent avec l'argent magique, si vous voulez, qu'ils n'ont jamais créé. Ils n'ont jamais créé
04:32d'argent.
04:32Nous, en tant qu'entrepreneurs, petits, moyens et grands, commerçants, artisans, et je pense beaucoup à eux actuellement, vous gagnez
04:38votre vie.
04:39Les architectes, les vétérinaires, on gagne sa vie.
04:41Les politiques, aujourd'hui, ceux qui nous insultent tous les jours, ne gagnent pas la vie, ils ne savent pas
04:45de quoi ils parlent.
04:46Il y a aussi des prédateurs, si je puis dire, entre guillemets, chez les patrons.
04:49Vous avez d'ailleurs dénoncé, moi je me souviens, dans votre livre.
04:52Et puis à travers différentes mercenaires, des PDG qui enjolivent parfois leurs résultats pour toucher un pactole.
05:00Mais c'est une minorité.
05:01Ça arrive, mais dans toutes les communautés, vous avez des patrons, je ne dirais pas voyous, mais presque, etc.
05:08Ça existe partout. Dans toutes les communautés, vous avez ça.
05:11Le problème, si vous voulez, c'est que l'immense majorité des patrons sont des héros de la nation.
05:16Parce que se le jeter à l'eau, y compris nos salariés, moi j'ai des salariés, mais des héros
05:20de la nation, parce qu'ils créent la richesse.
05:21Des locomotives.
05:22Ils créent l'emploi, ils créent la croissance, ils se battent.
05:25Et or, le pire de tout, c'est que vous avez un environnement économique compliqué, avec des droits de douane
05:30aux Etats-Unis, avec une consommation qui a baissé en France, un taux de croissance.
05:34Tous ces gens-là sont très nerveux, parce qu'ils voient leur chiffre d'affaires, je dirais, stagner ou baisser.
05:39Et en face de ça, ils ont des salariés à payer, etc.
05:43Et on leur dit, on va vous mettre le SMIC à 15% de plus.
05:46Et si vous voulez, c'est complètement dingue, parce qu'on va nous imposer, on ne va pas vous autoriser
05:51de livrer des dividendes, d'après ce que j'ai compris, parce que vous ne faites pas d'écologie.
05:54On est en train de nous rajouter des contraintes, si vous voulez, à un environnement déjà hyper anxiogène, où on
06:01devrait nous protéger.
06:03Alors, je ne dis pas...
06:03Mais alors, attendez, vous protéger, mais pas surprotéger.
06:06Par exemple, parlons de la tête sur les super-professionals.
06:08On veut juste être comme les autres, comme les autres pays européens, c'est tout.
06:11Ni plus ni moins.
06:12Ni plus et moins.
06:13Des citoyens comme les autres.
06:13Mais juste qu'on ne nous méprise pas, qu'on ne nous maltraite pas, qu'on ne pense pas toutes
06:17les 5 secondes à taxer.
06:18Vous voyez, les parties dont vous parlez, leur programme, leur vision, c'est taxé.
06:24C'est taxé, taxé.
06:25C'est taxé, toujours, taxé, encore.
06:27Taxé, si vous voulez, on sait bien que les Français, on a marre d'être taxés.
06:31On est le pays le plus taxé au monde.
06:32Vous le savez, la redistribution, avant distribution, c'est 1 à 23 pour les 10% les plus riches et
06:3710% les plus faibles.
06:39Après redistribution, on est de 1 à 4 ou 1 à 5.
06:41Vous avez un indice de Gini qui mesure la richesse des Français par rapport aux autres.
06:44On est à 29 sur 100, c'est-à-dire dans la moyenne européenne.
06:48Oui, et en fait, on veut continuer.
06:49Et donc, là, vous avez un énorme problème, c'est que ces gens-là ne comprennent pas qu'il faut
06:52faire des économies.
06:54Donc, on ne peut pas régler un problème de déficit avec des taxes.
06:58Les taxes ramèneront quoi ? 5 milliards ? 10 milliards ?
07:00Démotiveront les gens ?
07:01Et on va arroser le sable de ces taxes supplémentaires.
07:04Le sable, c'est les dépenses publiques qui ne sont pas gérées, mal gérées.
07:07Donc, si vous voulez, tout ça est totalement ce qu'on a lieu.
07:09Donc, j'exprime une colère sourde, maîtrisée, mais...
07:12Enfin, on l'entend beaucoup, quand même, ce soir.
07:14Mais, je reste très enthousiaste.
07:15Mais, j'entends bien.
07:16Je reste très enthousiaste.
07:17On va parler de cet enthousiaste.
07:17Et je vais vous dire pourquoi.
07:18Mais, bien sûr, parce qu'il a dépenses.
07:19Mais, par exemple, je voudrais évoquer et parler du patron de Total, Patrick Pouyanné.
07:23Il a réaffirmé, M. Gattas, que Total Energy maintiendrait le plafonnement des prix du carburant.
07:28Donc, 1,99 euros pour l'essence et 2,25 euros pour le gazole, tant que durera le conflit au
07:35Moyen-Orient.
07:36Mais, le PDG du géant Petro-Gazier a lancé un avertissement sans équivoque.
07:39Je cite sa phrase.
07:41« En cas de taxation des super-profits, ce dispositif, qui coûte déjà entre 250 et 300 millions d'euros
07:46au groupe, prendra fin définitivement. »
07:48Et qu'est-ce qui s'est passé quelques jours plus tard ?
07:50Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dit « Non, mais attendez. C'est exceptionnel. »
07:54Parfois, l'exceptionnel dure.
07:55Et on le reconduit, on a l'impression parfois que le patron Total demande et que le gouvernement acquiesce.
08:02Non, je crois que M. Pouyanné a parfaitement raison de dire « Mais écoutez, il faut que l'État gère,
08:08gère son régalien.
08:09Sécurité, justice, police, affaires étrangères, une partie de l'éducation nationale, les bravos, et l'hôpital public en Allemagne, il
08:16est privé. »
08:17Mais bon, voilà le champ de responsabilité de l'État, si vous voulez.
08:21Et aujourd'hui, l'État est présent partout, veut nous astreindre, veut nous taxer, veut nous dire comment on va
08:27faire nos prix, veut nous dire « Il y en a marre. »
08:30On veut de la liberté. On est dans le pays de la liberté.
08:33Donc, tout ce que nous faisons aujourd'hui, ce que nous entendons, c'est liberticide.
08:38Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? Eh bien, il faut faire ce qu'on écrit dans ce
08:40bouquin.
08:40« Gagner plus, c'est maintenant. »
08:51Nous sommes d'accord que vous partagez ce diagnostic.
08:55Et quel est le risque ? Si vous deviez le caractériser, ce risque.
08:57Mais en fait, le risque, c'est qu'il ne se passe rien.
08:59Si vous voulez, aujourd'hui, chaque seconde qui passe entre nous, on a 5 000 euros de dette en plus.
09:045 000 euros de dette par seconde en plus.
09:06Chaque seconde, 5 000 euros de dette en plus.
09:08Le temps de notre interview, on aura dépensé, l'État aura dépensé 10, 15 ou 20 millions de plus d
09:15'euros.
09:15La dette, ça croît aujourd'hui.
09:17Donc, moi, je ne dormirai pas à la place de M. Lecornu ou de M. Macron.
09:205 000 euros de dette.
09:21Donc, il y a une situation gravissime.
09:23La croissance est à tonne.
09:25La France est à l'arrêt.
09:26Donc, c'est vrai qu'économiquement, si vous voulez, il faut faire quelque chose.
09:29Dans nos entreprises, eh bien, on fait des choses.
09:31On décide.
09:32Qu'est-ce qu'on fait dans nos entreprises ?
09:33Les plus petites ou très grandes.
09:35Un, on motive les gens qui peuvent apporter de la croissance.
09:38à fond.
09:39Les commerçants, etc.
09:40On y va, on va chercher du chiffre d'affaires.
09:41On va chercher du PIB.
09:43Et on réduit la structure, toujours.
09:46Et il est possible, il est possible de réduire la structure.
09:48La structure, ce sont les fonctionnaires.
09:50Ce sont les fonctionnaires, c'est les dépenses publiques, c'est optimiser le modèle social.
09:53Vous avez 4 endroits.
09:54Optimiser, dites-vous.
09:55Optimiser le modèle social.
09:56Vous employez ce mot, à bon escient.
09:58Et il y a plein de pays, si vous voulez, qui ont fait ça.
10:00Vous avez les Suédois qui ont arrêté le statut de fonction publique.
10:03Vous avez des sociodémocrates, M. Schröder en Allemagne, socialistes.
10:07Qui n'a pas été réélu, d'ailleurs, après.
10:09Mais oui, mais ceux qui se présentent veulent être réélus, M. Gattaz.
10:12Ça ne vous a pas échappé.
10:13Est-ce qu'on peut accéder aux plus hautes responsabilités en disant la vérité aux Français ?
10:18Moi, je crois qu'il faut avoir une vision.
10:20Ça manque cruellement de vision.
10:22La vision des blocs que j'ai cités, c'est d'accéder tout azimut.
10:25Moi, j'ai une vision pour mon pays.
10:27La vision, c'est 2040, on sera au plein emploi.
10:294%.
10:30C'est que le taux de chômage des jeunes ne sera pas à 21%.
10:32Ce sera comme celui des l'allemands.
10:356%.
10:35C'est que la censure sociale remarchera.
10:37C'est que l'industrie sera reparsée de 10% à 15% du PIB.
10:41Comment ?
10:42Et je décris tout ça.
10:43Je décris tout ça dans mon bouquin.
10:44Je décris tout ça dans le cercle de réflexion que j'ai créé, qui s'appelle l'Institut des solutions.
10:48Et à partir de là, est-ce que vous voulez aller au plein emploi, M. le Français ?
10:51Est-ce que vous voulez que votre salaire net augmente ?
10:52On a estimé de l'ordre de 30% à 10 ans.
10:55Eh bien, il y a des solutions.
10:56La solution, ça passe par l'économie.
10:58Et ça passe aussi par ceux qui vont tenir le volant.
11:01Vous allez peut-être penser que c'est une question politicienne,
11:03mais est-ce que vous pensez que ceux qui ont tenu le volant et nous ont conduit vers cette situation
11:08peuvent remonter dans la voiture ?
11:09Si vous voulez, c'est une question politique à laquelle je vais essayer de répondre.
11:14Oui, sans langue de bois, non ?
11:15Non, non, mais je vais vous dire, je n'ai aucune langue de bois.
11:17J'ai connu un parti socialiste, François Hollande, qui est devenu social-démocrate.
11:22Bon, et j'étais très heureux.
11:23Je suis arrivé en médève de combat, comme en 2013.
11:27Et on a essayé de pousser un certain nombre de réformes, dont le pacte de responsabilité,
11:31le CICE qui a permis de baisser les charges,
11:33le taux d'impôt sur les sociétés qui est passé de 33 à 25, c'est possible.
11:37Il y a déjà une dizaine d'années.
11:38Oui, mais ça veut dire qu'ils étaient sociodémocrates.
11:42À la façon allemande, j'étais rassuré.
11:44Je me suis dit, ça y est, le pays pourra faire des alternances gauche-droite, droite-gauche,
11:47et les entreprises ne seront plus embêtées.
11:50Macron a continué cette politique pendant deux ans,
11:53avec la suppression de l'ISF, avec les lois Pénicaud de simplification du Code d'un Travail,
11:58avec le barème des prud'hommes, le plafondement...
12:00Et après, que s'est-il passé ?
12:00Tout a volé en éclats.
12:02Tout a volé en éclats.
12:02Et c'est là où est le problème, je vais vous dire.
12:04C'est là où est le problème.
12:05C'est qu'en fait, cette politique de l'offre était formidable.
12:09Elle a donné des résultats.
12:09Deux millions d'emplois créés.
12:11Ça, c'est très important.
12:12La confiance revenu.
12:12Le seul problème, c'est qu'ils n'ont pas fait d'économie en face.
12:15Oui, c'est quand même...
12:16C'est énorme.
12:17C'est pas rien.
12:17Mais bien sûr, ils n'ont pas fait d'économie.
12:19Donc, quand la croissance était là,
12:22vous arrivez à faire tout ça, à augmenter le taux d'emploi.
12:25Et dès que, comme dans les entreprises,
12:27vous avez de la croissance, elle efface tous les défauts.
12:29Le problème de la France, c'est qu'on est dans un monde très, très chaotique.
12:32Et donc, il faut faire comme tous les pays du monde, restructurer, optimiser.
12:36Et il y a des solutions...
12:38Elles sont là sur la table, la question ?
12:39Elles sont sur la table.
12:39Je ne veux pas vous faire dire qui, aujourd'hui, comprend le mieux l'entreprise.
12:42À vous entendre, personne ne la comprend dans ce paysage politique.
12:46Si, si, si, il y en a qui en comprennent.
12:47Non, non, non, il y en a quelques-uns qui ne comprennent pas.
12:49Non, mais si vous voulez, je suis un peu très déçu par le bloc de gauche, aujourd'hui,
12:52que j'ai connu social-démocrate.
12:54Je reviens, je ne fais pas de politique.
12:56Je dis juste, j'ai vu des socialistes qui avaient le courage de faire des réformes
13:01vers l'entreprise, vers l'économie.
13:02Bon, puis après, patatras, ils se sont tous ramenés sur...
13:04Patatras, comme vous dites.
13:05Voilà, patatras.
13:06Et à droite, si vous voulez, ils sont assez nombreux.
13:08Le problème, c'est qu'ils n'ont pas de problème.
13:10Moi, j'entends les discours, si vous voulez, économiques, entreprises, et heureusement.
13:14Mais après, il ne faut pas qu'il y en ait 5 ou 10 ou 15, il en faut un.
13:17Mais oui, donc une primaire de la droite et du centre.
13:20Et puis, il y a, bon, la France insoumise, vous en avez parlé.
13:23Je crois que c'est assez clair ce que vous en pensez.
13:25Ah, mais la France insoumise, si vous voulez, pour moi, c'est le chaos, c'est la faillite avec le
13:29chaos et la violence.
13:30Mais pardonnez-moi, et là, ce n'est pas déjà le chaos et la faillite ?
13:32Mais non, parce que, non, il faut rester très optimiste.
13:36Il faut rester optimiste.
13:37Il faut combattre.
13:38Il faut résister.
13:39Il faut que les patrons ne partent pas.
13:40Et puis, Gattaz, la Bulgarie s'est financée moins chère sur les marchés que la France.
13:44J'aime beaucoup nos amis bulgares, mais reconnaissez quand même que c'est une situation assez inédite.
13:48Mais il faut constater que ça ne va pas, ce que je vous ai dit, si vous voulez, un taux
13:52de chômage qui remonte à 8,3%, etc.
13:54Ça ne va pas.
13:55La situation économique est catastrophique, il faut le dire.
13:59Mais dans nos entreprises, on a vécu des situations comme ça.
14:02Donc, le seul problème, c'est qu'il faut se remonter les mouches et faire l'expliquer la vérité aux
14:06Français.
14:06Alors, imaginons, il y a un scénario, il y a des sondages, on a parlé de la France insoumise.
14:10C'est le Rassemblement national, la candidate Marine Le Pen, qui déroule un programme qui, parfois, peut avoir, il faut
14:15le voir, des accents libéraux, sauf sur la retraite.
14:18Évidemment, il y a quelques années, vous dénonciez l'URN comme étant d'extrême-gauche.
14:22Et aujourd'hui ?
14:23Mais en fait, ils ont un programme économique qui est soit inexistant, soit très curieux, soit étatiste.
14:28Donc, moi, j'ai encore un problème, je n'ai pas tout à fait compris ce qu'ils présentaient.
14:31Donc, c'est vrai que je suis encore assez réservé sur ce programme, que je n'ai pas bien compris.
14:36Et encore une fois, je ne fais pas des équipes.
14:37Moi, je veux juste, en fait, un environnement, un gouvernement qui comprenne que, pour redresser le pays, redonner du salaire
14:43net aux gens, et ça, c'est fondamental,
14:45refaire marcher l'ascenseur social, c'est par l'économie, les entreprises, les moteurs de l'économie que sont les
14:50entrepreneurs.
14:52Et tant qu'ils n'ont pas compris ça, ce que Mme Méloni a compris parfaitement, si vous voulez, en
14:55Italie,
14:56eh bien, moi, c'est pour ça qu'on n'est ni à gauche ni à droite et que je
14:58ne veux pas faire de procès.
15:00Madame Méloni, Giorgia Méloni serait un modèle pour M. Gattaz.
15:03Non, alors, vous voyez comment vous extrapoler ?
15:05Son pragmatisme économique que vous semblez louer pourrait marcher en France.
15:09Tout n'est pas parfait, mais si jamais l'extrême droite arrive au pouvoir, comme on dit,
15:12eh bien, je dirais, il faut que si l'économie refonctionne et qu'on va passer de nos miséreux 0
15:19,5% de croissance à 1 ou 2,
15:21vous savez, c'est l'économie qui compte.
15:24Et moi, je suis prêt, même, à voter pour un social-démocrate si le type me dit,
15:28mais on va faire des réformes, on va faire des économies, on va revoir le modèle social, etc.
15:32Donc tout ça n'est pas un problème politique, c'est un problème juste de faire comprendre que tous les
15:35pays au monde
15:36ont réussi avec l'économie d'entreprise, y compris les communistes chinois.
15:40Le Densiaoping, ils étaient communistes, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
15:43Ils ont dit, on a marre à 50 millions de morts, qu'est-ce qui marche dans le monde en
15:471978 ?
15:48Densiaoping, il a regardé l'entreprise, l'économie, le libéralisme, le capitalisme.
15:52Et ils ont dit, enrichissez-vous, créez vos boîtes, innovez, copiez, tout le machin.
15:56Et aujourd'hui, alors ce n'est pas un modèle, la Chine non plus, comme l'Italie, pour moi ce
16:00n'est pas un modèle,
16:00mais juste, il faut faire comprendre à tous les partis, d'extrême gauche à d'extrême droite,
16:04aujourd'hui, que sans les entrepreneurs, sans l'entreprise, sans l'économie,
16:08vous n'arriverez jamais à recréer de l'emploi, à financer les arts, la culture, etc.
16:13Ces mêmes partis vous posent aussi des questions et s'interrogent sur la relation,
16:16alors de manière globale, là vous avez été patron du MEDEF,
16:19et on s'interroge sur la relation des patrons, en tous les cas leur conviction sur l'immigration.
16:24Le président du MEDEF, Patrick Martin, soutient qu'il ne faut pas exclure le recours
16:27à une immigration de travail, régulée, ciblée, dit-il, pour faire face aux pénuries de compétences.
16:33Est-ce que le MEDEF veut plus d'immigration ?
16:35Parce que vous entendez une certaine partie de la scène politique qui dit
16:39« Mais regardez, les patrons, ils sont immigrationnistes ».
16:41Mais non, tout ça est dans le détail.
16:44On est toujours en France en tant que caricature.
16:45C'est un sujet assez important.
16:46Oui, c'est un sujet extrêmement important.
16:49Ce qui est important, c'est qu'on aura forcément besoin de travailleurs
16:53pour faire des tâches à l'hôpital, dans les entreprises, etc., dans les restaurants à Paris.
16:56Donc c'est une immigration choisie et une immigration intégrée.
16:59Donc il en faut plus ?
17:00Surtout intégrée.
17:01Il n'en faut pas plus parce qu'on a déjà un flot d'immigration qui est énorme aujourd'hui.
17:04Donc réglons le problème du stock et du flux.
17:08Et en effet, dans nos entreprises, on travaille avec tout le monde.
17:10On a plein de gens, on a plein de gens de confessions de différence,
17:13on a plein de gens qui viennent.
17:15Mais ce dont je m'aperçois, c'est que quelqu'un qui travaille se stabilise
17:19et n'importe pas en France des folies furieuses.
17:24Donc je pense que c'est un problème qui fait que c'est de l'immigration choisie
17:28et intégrée surtout, comme le font les Suisses, les Canadiens.
17:31Il y a des tas de modèles de gens qui ont régulé l'immigration.
17:34Mais à zéro, ce n'est pas possible.
17:36Réduire l'immigration à zéro, pour moi, ce n'est pas possible.
17:39C'est un leurre, c'est un mythe, l'immigration à zéro ?
17:41Je n'ai pas bien réfléchi à votre question.
17:43Mais ce que je sais, c'est que ce qu'il faut, c'est que les gens travaillent,
17:46deviennent français, prennent nos règles.
17:48Et nous sommes en France, il y a des lois républicaines
17:51et des gens qui viennent pour travailler, avoir une famille, etc.
17:55sont beaucoup plus, il faut espérer, intégrés.
17:58Ceux qui ne refusent cette règle du jeu-là, il faut qu'ils partent.
18:01En tous les cas, quand on arrive, ou certains viennent dans un pays abîmé,
18:05dit l'ancien Premier ministre François Fillon.
18:07C'est lui, on peut le reconnaître, d'avoir, il y a très long an, plusieurs années,
18:11dit qu'il était à la tête d'un État en faillite.
18:14Oui, mais si vous voulez, on ne l'a pas dit assez.
18:16En fait, il faut dire la vérité aux Français, mais en montrant une vision.
18:18Parce que montrer que juste le précipice, si vous voulez, c'est extrêmement anxiogène.
18:21Et c'est ça qui me gêne, c'est qu'il faut absolument montrer une vision.
18:24C'est possible d'aller au plein emploi, c'est possible de réindustrier le pays.
18:27C'est possible d'aller en plein emploi ?
18:28Mais oui, c'est possible.
18:29On ne sait pas si on va boucler le budget.
18:30On a une dette, vous avez dit, chaque seconde je ne sais pas combien.
18:33Mais on a des usines qui partent.
18:35On a une forme de déclassement quand même dans différents domaines, mais c'est possible ?
18:38Oui, c'est possible.
18:38Si je peux me permettre, et dans ce livre, et dans les...
18:40Mais présentez-vous, M. Gattaz, alors.
18:41Mais non, je ne vais pas me présenter du tout.
18:42Surtout pas, je serai très mauvais président de la République.
18:45Mais je suis plutôt en train d'expliquer, et je vous remercie de m'avoir invité.
18:47Est-ce que un bon chef d'entreprise peut être un bon président ?
18:50Oui, certainement.
18:51Sans doute, il y en a dû en avoir dans d'autres pays au monde, etc.
18:54Et puis peut-être parfois c'est un fiasco.
18:56Je ne sais pas.
18:56Ce n'est pas mon propos.
18:57Mon propos, c'est de dire qu'il y a quatre choses à faire pour la France.
18:59Vous avez travaillé plus, un peu plus par an, parce que nous travaillons moins.
19:02Alors, par semaine, on est sans doute autour de 37-39 heures.
19:05Mais par an, on a une vingtaine de RTT.
19:07Nous avons un déficit d'une centaine d'heures par an par salarié.
19:11Deuxième chose, sur une durée de vie, on travaille beaucoup moins que la moyenne européenne.
19:15Vous savez, la retraite est à 67 ans.
19:17Mais vous savez que ce discours ne passe pas le mur du son, pour certains.
19:21Mais attendez, il faut le préciser.
19:23Moi, je suis pour augmenter les salaires nets des seniors et réduire le coût du travail des seniors.
19:28De telle façon, il faut réenchanter le travail.
19:31Il faut que le travail paye.
19:33C'est fondamental.
19:34Vous êtes un patron humaniste, en fait.
19:35Mais fondamentalement.
19:37Mais moi, j'ai gardé mes quatre usines en France.
19:40Vous avez ouvert une usine au Mexique ?
19:42Mais bien sûr.
19:43Mille ouvriers.
19:44D'ailleurs, ça vous a été beaucoup reproché, j'en souviens.
19:45Mais bien sûr, mes mille ouvriers m'ont permis de conquérir des comptes comme Boeing, etc.
19:49Et m'ont permis, pour deux emplois créés au Mexique, j'en ai créé un en France.
19:53Moralité.
19:53En 30 ans, j'ai gardé mes quatre usines françaises.
19:56Elles ont doublé de taille.
19:57Grâce à ces usines délocalisées, je ne délocalisais pas.
20:01J'avais des coûts plus bas.
20:02Mais l'excellence française en innovation, en recherche, en production est en France.
20:06Mais est-ce qu'on l'apprend, ça ?
20:07Mais on ne l'apprend pas, ça.
20:08On ne l'apprend pas, ça.
20:09Dans les grandes écoles, est-ce qu'on enseigne l'entreprise ?
20:13Est-ce qu'on prépare à tous les aspects de l'entreprise ?
20:15Mais pas du tout.
20:16Il y a un déficit, si vous voulez, et c'est pour ça que j'ai aussi créé cette institution,
20:19ce cercle,
20:20pour acculturer plus les Français à travers des médias, à travers un réseau de terrain qui se monte,
20:26pour expliquer l'économie de terrain.
20:28L'économie de terrain, c'est un patron, il n'est pas là pour...
20:32Son obsession, ce n'est pas d'être le plus riche.
20:35Parfois, si, mais c'est de durer, c'est de durer avec ses équipes et de faire de l'environnement.
20:40Durer, demeurer, demeurer et réenchanter le travail.
20:44Réenchanter le travail, absolument.
20:46Si ce n'est pas un slogan de campagne, qu'est-ce que c'est ?
20:49Travailler plus, c'est important.
20:50Deuxièmement, il faut optimiser le modèle social pour que le net et le brut se rapprochent
20:55et pour donner du pouvoir d'achat encore plus.
20:56Les propositions de Pierre Gattaz.
20:58Et réduire les dépenses publiques, on peut le faire, il y a plein d'idées.
21:01Mais plein d'idées pour réduire les dépenses publiques.
21:03Merci Pierre Gattaz.
21:04Et enfin, je terminerai par la vision.
21:05Il faut absolument réindustriser le pays.
21:07Il faut donner une vision, un cap enchanteur.
21:09Sinon, ça ne marche pas, vous n'aurez pas les conseillers.
21:10Messieurs les politiques, à bon entendeur, Pierre Gattaz.
21:13Franchement, si ce n'est pas un programme, je ne sais pas ce que c'est, mais au-delà de
21:16la campagne.
21:17Merci.
21:18On se retrouve tout de suite.
21:19Restez avec nous.
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