- il y a 2 mois
L'ancien Premier ministre est mort ce lundi à l'âge de 97 ans. Candidat contre Jacques Chirac à la présidentielle de 1995, il a marqué les mémoires lors de son passage à Matignon par une vague de privatisation et a été jusqu'à la fin de sa vie une figure tutélaire de la droite. Né en Turquie en 1929, le jeune homme, passé par Sciences-Po et l'ENA, se fait remarquer de la droite en devenant le directeur de cabinet de l'ORTF, le puissant et unique groupe public d'audiovisuel de l’époque. De quoi permettre à ce descendant d'aristocrates d’accélérer sa carrière et d'entrer au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou en 1964.
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00:00C'est la famille qu'il annonce à l'AFP, Édouard Balladur, ancien Premier ministre, est mort.
00:07Il est mort à l'âge de 97 ans, haut fonctionnaire et homme d'État français,
00:12membre des principaux partis gaullistes successifs.
00:15Édouard Balladur, c'est toute une partie de la Ve République, c'est tout un parcours, d'ailleurs, on peut
00:20le décliner.
00:22Première réaction, si je puis dire, Édouard Balladur, c'est aussi une partie de la France, quand même, qu'il
00:29incarnait.
00:30De la tristesse, parce que c'est un homme vraiment d'une immense intelligence et générosité.
00:36Moi, j'ai eu la chance de pouvoir le côtoyer.
00:39Et c'est vrai que c'était un homme, quand il arrivait, par exemple, c'est une anecdote qui me
00:43vient comme ça,
00:43vous vous doutez bien que je ne m'y attendais pas, quand il arrivait dans un bureau politique,
00:47il prenait le temps d'aller saluer tout le monde, d'échanger avec tout le monde.
00:50Il a toujours été de très bons conseils, il a toujours été pour le rassemblement.
00:54Enfin, on perd une grande personnalité politique qui avait une immense, justement, on parlait d'indignité tout à l'heure
01:01politique,
01:02mais lui qui avait une grande dignité politique.
01:05J'ajoute aussi, on va longuement en parler à partir de ce soir, c'est aussi un match à l
01:11'intérieur de la droite,
01:12la droite que vous connaissez très bien, qui a été fratricide.
01:15Édouard Balladur, Jacques Chirac, ça a été un duel qui a marqué véritablement la droite.
01:21Et d'ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, si on se retrouve à une telle situation à droite,
01:25c'est aussi à partir de là qu'il y a eu un morcellement, il y a eu véritablement cette
01:30guerre fratricide.
01:31Mais c'était de haut niveau.
01:32C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a une petite guérilla de bas niveau, à droite,
01:38mais à l'époque, on débattait sur des fondements et des idées avec, me semble-t-il, beaucoup plus de
01:45fonds.
01:47Première réaction, Aurélie Filippetti ?
01:48Non, d'abord, je saluer la mémoire d'un homme d'État, parce que c'était partie de cette génération
01:55où il y avait vraiment des hommes d'État qui avaient consacré leur vie à une certaine idée de la
02:01France.
02:01Et puis, bien sûr, moi, j'ai des souvenirs de ces discussions infinies
02:10en regardant la télévision dans les années 90, les guignols de l'info sur le duel Chirac-Baladur.
02:16Mais c'était vraiment tellement drôle.
02:19Et à la fin, Chirac se fait élire sur le thème de la fracture sociale en prenant Baladur par la
02:24gauche.
02:25Et ça, c'était quand même un coup de maître.
02:28Il y a des phrases dont on se souvient quand Édouard Baladur avait lancé « Je vous demande de vous
02:33arrêter ».
02:35Et puis, on parle de ce duel, Jacques Chirac contre Édouard Baladur.
02:38C'est toute l'histoire de la droite.
02:39C'est aussi l'histoire de la politique française.
02:41Parce que s'il est un duel que tous les challengers en politique se plaisent à évoquer, c'est celui
02:45-là.
02:45Et rappelez-vous, c'est celui de la campagne de 95.
02:49La preuve aussi, en politique, que rien n'est jamais écrit.
02:52Puisque Édouard Baladur fait une campagne, certains peuvent dire tranquille.
02:57Je vois M. Bruno Le Maire, je vais lui demander de nous rejoindre.
03:01Ancien ministre de l'Économie et des Finances, merci d'être là, M. Bruno Le Maire, avec Laurence Saillet, Aurélie
03:06Filippetti.
03:07On évoque Édouard Baladur.
03:08Et voyez-vous, la première chose, d'abord, c'est un grand serviteur de l'État.
03:12Il y a tout un parcours, évidemment, au service de la France.
03:14Mais aussi, c'est une histoire, une certaine histoire de la droite.
03:18C'est un duel fratricide.
03:20C'est une opposition, véritablement, avec Jacques Chirac.
03:23Ce sont des convictions, également, qu'il a portées jusqu'à la fin de sa vie.
03:27Moi, je crois qu'il a, on le sait parce qu'il nous l'avait dit, rencontré à plusieurs reprises
03:31Nicolas Sarkozy.
03:32Il est resté en contact avec beaucoup, beaucoup d'anciens présidents de candidats.
03:37Que vous inspire, finalement, cet homme et la mémoire de cet homme, M. Le Maire ?
03:41Du respect.
03:44Je l'ai combattu, puisque j'étais du côté de Jacques Chirac, dans la campagne de 1995.
03:50Mais son parcours m'inspire du respect, parce que c'est un homme de conviction.
03:54Il les a toujours défendus.
03:55C'est un homme qui a donné une politique pendant deux ans, de 1993 à 1995,
04:00qui avait le mérite d'une grande clarté économique.
04:03Et puis, c'est un aspect qu'on n'oublie plus souvent.
04:05Évidemment, il a été un grand secrétaire général aux côtés de Georges Pompidou.
04:10Il a protégé Georges Pompidou, président de la République,
04:13jusqu'au terme de son mandat et jusqu'au terme de sa vie.
04:16Il a écrit d'ailleurs un livre remarquable là-dessus.
04:19Donc, c'est un homme qui m'inspire du respect, même si je l'ai combattu aux côtés de Jacques
04:23Chirac.
04:24Est-ce que je peux rappeler également que c'était un réformateur
04:27qui aura marqué la France par ses réformes, justement, par ses réformes structurelles.
04:32Et il aura redressé les finances et durci les retraites au début des années,
04:37il y a déjà un certain temps, au début des années 90.
04:41Donc, peut-être que les plus jeunes qui nous regardent ce soir
04:43ne retiennent pas cette image aussi de réformateur.
04:46Il a su avancer.
04:47Bonsoir Yves Traher, merci d'être là, Bruno Jeudy.
04:49– Bonsoir Stéphane.
04:49– Mais c'est vrai, c'est important.
04:51Je trouve, au moment où parfois, certains politiques au pouvoir,
04:55où on cherche l'autorité des hommes et des femmes politiques,
04:58il y avait une forme d'autorité, même si certains, à l'époque, moquaient
05:02ce côté un peu précieux, l'homme qui ne faisait pas campagne,
05:06ou certains disaient qu'il faisait campagne avec ses gants blancs,
05:08je me souviens de tout ça, il y avait quand même de l'autorité,
05:10il y avait le fluide de la verticalité chez Édouard Philippe.
05:13– C'est probablement, pardonnez-moi l'expression,
05:15mais un des derniers dinosaures, Édouard Balladur,
05:18et c'est probablement aussi l'auteur de, vous savez,
05:21on dit que la France n'est pas un pays tellement libéral,
05:24c'est probablement l'auteur de la politique la plus libérale
05:27qui a existé sous la Ve République en France,
05:30entre 1986 et 1988, il y a eu beaucoup de nationalisation,
05:35il y a eu une espèce de libéralisation de l'économie,
05:38et c'était un épisode qui restera très intéressant,
05:42et que d'ailleurs, que François Mitterrand s'empoirera
05:46à défaire après, en 1988, quand Jacques Chirac ne sera pas élu.
05:52– Et puis, il est l'auteur, il est aussi l'acteur
05:56de la deuxième cohabitation, il ne faut pas l'oublier,
05:59avec un gouvernement assez restreint à l'époque,
06:02il n'y a que 30 ministres, je crois, il n'y a pas de secrétaire d'État,
06:06et c'est là où va naître une nouvelle division de la droite
06:10entre Édouard Balladur, qui va finalement se porter candidat,
06:14qui sera un favori pour très longtemps,
06:17puisque c'est en janvier, je crois, 1995,
06:21que la courbe s'inverse, comme on dit, au profit de Jacques Chirac,
06:26et de là naîtra quand même une rancœur entre deux camps,
06:30et là, je crois que Bruno Le Maire est bien placé…
06:33– Il faut savoir jeter la rancœur à la rivière.
06:35– Voilà, il est bien placé pour en parler.
06:37– C'était les amis de 30 ans, Jean-Marc.
06:39– Rancœur, mais vous étiez les amis de 30 ans.
06:41– Oui, oui, les fameux, l'expression.
06:43– Voilà, et au début, on se dit…
06:44– Rancœur, mais beaucoup d'élégance aussi,
06:45parce que la phrase que j'ai citée tout à l'heure,
06:47elle est rentrée dans la politique, Bruno Jeudy,
06:49je vous demande de vous arrêter, rappelons ce qui s'est passé,
06:51nous sommes le 23 avril 1995,
06:53Édouard Balladur s'avance devant les militants,
06:56et qu'est-ce qui se passe dans la salle ?
06:57Les noms de Jacques Chirac et de Lionel Jospin sont sifflés,
07:00sont hués, il y a des noms d'oiseaux qui volent,
07:02et sort ce « je vous demande de vous arrêter »,
07:05je n'arriverai pas à le faire,
07:06mais il a imprimé, avec son style,
07:09voilà, il a imprimé aussi la politique.
07:11– Le style fait l'homme,
07:13et Balladur avait incontestablement imprimé un style
07:16qui était aux antipodes de celui de Jacques Chirac,
07:18que Bruno Le Maire a bien connu.
07:20Le titre du livre dont parlait tout à l'heure Bruno Le Maire,
07:22j'ai regardé, c'est « La tragédie du pouvoir »,
07:23qui est un très très bon livre sur les derniers jours,
07:26les derniers mois de Georges Pompidou.
07:28Il faut savoir quand même que la carrière d'Édouard Balladur,
07:30il la doit d'abord à Pompidou,
07:31il commence dans les années 60,
07:32il est au conseiller,
07:33il est au cabinet de Matignon,
07:35et il va faire toutes les années Pompidou,
07:38des accords de Grenelle,
07:39où il connaît Chirac,
07:40le jeune Chirac aussi,
07:41c'est là qu'il commence un peu à devenir les fameux amis,
07:43comme dit Aurélie Filippetti,
07:45jusqu'à la mort du président Pompidou.
07:48Et ensuite, il va se mettre dans la roue du RPR,
07:52il va devenir un peu le théoricien,
07:54il va amener, ça va être l'aile libérale du RPR,
07:56et en ça, il a raison,
07:58ça a vraiment été un peu le libéral
08:01de ce grand parti gaulliste,
08:03et il impose une politique libérale de 86 à 88,
08:06qui ne portera pas chance à Jacques Chirac,
08:08mais quand il devient lui-même Premier ministre,
08:13et je vous rejoins Sonia sur ce point-là,
08:15c'est probablement, c'est vrai que c'est un libéral,
08:18et un homme de réforme qui s'installe.
08:20– Et un redresseur de comptes, hein ?
08:21– Alors, un redresseur de comptes, effectivement…
08:23– Et il augmente les impôts.
08:24Il augmente les impôts quand il arrive en 93 à Matignon,
08:28la France est dans un état…
08:30– Calamiteux.
08:31– Dit-il, et il augmente les impôts,
08:33ce qui est assez étonnant pour un…
08:34– Attendez.
08:35– Mais c'était un style, c'était un style.
08:37– 3 millions de chômeurs,
08:38un déficit budgétaire évalué à 341 milliards de francs,
08:41déjà, alors je ne vais pas faire de mauvais esprit en ce moment,
08:45puisque M. Le Maire est ici,
08:46mais la situation était quand même,
08:48même si elle était calamiteuse,
08:49elle était quand même formidable.
08:51Est-ce que vous gardez cette image,
08:53même si vous n'étiez pas dans le même camp,
08:55mais c'est la même droite quand même,
08:56d'un réformateur ?
08:57Est-ce qu'on a encore aujourd'hui des hommes de cette trempe
09:00qui disent, voilà, quoi qu'il arrive,
09:03on va réformer, on va y aller ?
09:06– Je pense qu'on a fait beaucoup de choses entre 2017 et 2024.
09:10Édouard Ballet-Dieu avait privatisé,
09:12nous avons privatisé la Française des Jeux, par exemple.
09:15il avait engagé une baisse des impôts,
09:17je rappelle qu'en 2017, nous avons supprimé l'ISF,
09:20que M. Balladur n'avait pas supprimé.
09:22– Ne m'engagez pas sur le bilan.
09:23– Non mais, pardon, pour en débattre,
09:26Soliane Mabrouk,
09:27moi je défends notre bilan économique,
09:29parce que quand on dit que rien n'a été fait,
09:31la réforme fiscale qui a été faite en 2017
09:33est une des plus importantes qui a été faite depuis 40 ans,
09:36baisse de l'impôt sur les sociétés,
09:38suppression de l'ISF,
09:39le prélèvement forfait éronique sur les dividendes à 30%,
09:42et ça, je pense que M. Balladur s'y serait retrouvé.
09:46– J'entends, je parle quand même d'une autre époque,
09:47pardonnez-moi,
09:49mais je ne vis personne,
09:50où il y avait de l'épaisseur,
09:52où il y avait de la stature,
09:53où même, je veux dire,
09:53si vous vous retrouvez sur un plateau,
09:55je pense que je ne me suis pas retrouvé avec Édouard Balladur,
09:57et ça on l'impose.
09:58– Mais êtes-vous en train de m'expliquer
10:00que les hommes politiques ou les femmes politiques
10:03n'ont plus aucune épaisseur en France ?
10:05– Je dis cela.
10:06– Non, mais vous l'avez suggéré.
10:08– Ceci dit, il avait aussi les défauts de ses qualités,
10:11parce que ce côté quand même un petit peu précieux,
10:15un peu hautain,
10:16c'est aussi ce qui a permis à Jacques Chirac
10:18de trouver la faille avec son manger des pommes,
10:22qui était pour le coup un message assez basique,
10:25mais, et puis ça sera con, en fait.
10:29– Il avait quasiment,
10:30moi je me souviens bien,
10:31parce que j'ai suivi cette campagne de 95,
10:33ça ne me rejeunit pas, mon Dieu,
10:35mais c'est vrai qu'il avait quasiment course gagnée,
10:36tout le monde pensait en novembre-décembre 94
10:39que c'était plié, qu'il allait gagner,
10:42et c'est vrai que lui, on voit l'image à tout à l'heure,
10:44lui s'arrête devant le métro,
10:45Jacques Chirac quelques années plus tôt
10:46sautait par-dessus la barrière,
10:48on voit l'annonce de candidature d'Édouard Balladur en 94,
10:52plus grotesque, c'est quand même difficile,
10:53dans un salon doré à Matignon,
10:56depuis, on n'a jamais recommencé cette erreur majeure,
10:59il avait sans doute course gagnée,
11:01et en quelques semaines,
11:02il coche toutes les erreurs qu'il ne faut pas faire
11:04dans une campagne.
11:05– On va en parler, pardonnez-moi,
11:06Alain Duhamel est avec nous,
11:07attendez, Yves, il donne la parole.
11:10– Il a supprimé l'impôt sur la fortune,
11:131986,
11:14– Il a été rétabli ensuite.
11:15– Attendez, il y a les réformes,
11:17et je voudrais qu'on évoque dans quelques instants,
11:19puisque vous connaissez les coulisses,
11:20vraiment, entre Édouard Balladur et Jacques Chirac,
11:22c'est une amitié brisée,
11:24et quand Jacques Chirac est un animal politique,
11:28et quand c'est un animal politique blessé,
11:31ça a donné quand même des moments
11:32qui sont exceptionnels dans notre vie politique,
11:34et qu'on connaît très bien Alain Duhamel,
11:36mais tout d'abord, je vais vous demander, cher Alain,
11:39de nous dire ce qu'incarne cet homme
11:41qui a représenté,
11:42qui a symbolisé une grande partie
11:43de notre cinquième République,
11:45et de la France d'ailleurs,
11:46c'est une histoire française, Édouard Balladur.
11:49– Disons qu'Édouard Balladur,
11:51il a eu deux rôles successifs.
11:54L'un, c'est d'être un des principaux,
11:58et peut-être le principal en réalité,
12:00en tout cas un des deux principaux conseillers
12:03de Georges Pompidou, président de la République,
12:06et puis qu'ensuite, il a joué lui-même
12:08le rôle d'un chef de file politique,
12:11pas d'un chef de file politicien,
12:14il ne s'y est d'ailleurs jamais très bien pris
12:16avec les partis politiques,
12:17et en particulier pas avec l'égoliste,
12:19bien qu'il en soit issu,
12:20mais c'est devenu un homme d'État,
12:25réellement, tous les premiers ministres
12:27ne sont pas du tout des hommes d'État,
12:29mais lui, il était,
12:30alors on l'aimait, on ne l'aimait pas,
12:31on aimait son style, on ne l'aimait pas,
12:35on appréciait ses idées,
12:36ou on ne les appréciait pas,
12:37mais qu'il ait eu l'envergure d'un chef,
12:42réellement d'un homme d'État,
12:44je veux dire, il n'y a pas eu 36 premiers ministres
12:46de la Ve République,
12:47d'autrement puisse dire ça.
12:50Effectivement,
12:51et il a été l'un des premiers à envisager aussi
12:53la possibilité d'une cohabitation
12:54au sein de la Ve,
12:56c'est une figure majeure de la droite,
12:58et un artisan de cette cohabitation,
13:00sous la présidence, rappelons-le,
13:01de François Mitterrand,
13:03on connaît un peu moins la suite,
13:06si je puis dire, Alain Duhamel,
13:07on sait qu'il avait pris sa retraite politique
13:09assez tôt, en 2006,
13:11après plus de 50 ans d'une carrière passée
13:12au plus haut sommet de l'État,
13:14il est né en Turquie,
13:16Édouard Balladur, à Izmir,
13:19et il a, évidemment, malgré tout,
13:21un enracinement très fort,
13:22et un lien exceptionnel avec la France.
13:26Depuis 2006, à quoi cet homme,
13:28qui avait véritablement le sens de l'État,
13:30chevillé au corps,
13:31à quoi s'est-il consacré ?
13:32Est-ce que vous le savez ?
13:34Écoutez, moi, je l'ai toujours vu régulièrement,
13:36y compris, juste avant les vacances.
13:40C'était, quand on dit que c'est un homme d'État,
13:43on a tendance à dire ça
13:44de tous les premiers ministres.
13:45Ce n'est pas vrai du tout.
13:46Il n'y a pas un premier ministre sur cinq
13:48dont on puisse dire qu'il est un homme d'État.
13:51Lui, il en avait l'envergure.
13:53Et il aurait certainement eu
13:55des qualités de président.
13:56Mais il n'en avait pas du tout
13:59la proximité avec les Français
14:01ou le sens de la communication.
14:03Autrement dit, c'était un homme d'État
14:05à qui il manquait d'être aussi un homme politique.
14:07Sous-titrage Société Radio-Canada