00:00Je parle par rapport à ces manifestations, on regarde les sondages ce soir, sondage Elab,
00:0354% des Français sont pour que la mobilisation lycéenne s'arrête, 54% pour que ça s'arrête,
00:09mais il y en a quand même 46% de ceux qui nous regardent qui disent ce soir,
00:13il faut continuer, voire durcir nos mouvements.
00:16Est-ce qu'il n'est pas là le gros problème du gouvernement Patrick Vignal ?
00:19C'est que c'est très partagé et qu'on a 46% de Français qui disent qu'il faut
00:22que ça continue.
00:22Les Français, ils sont à la fois en colère, en dépression et ils ne croient plus la casse politique.
00:27Ça fait beaucoup.
00:27Oui, mais c'est ça le constat, mais je n'ai pas de souci à le dire.
00:30On se retrouve aujourd'hui où il n'y a pas de réponse politique,
00:34parce qu'on ne peut pas l'amener cette réponse.
00:35Alors deux choix, on va aller jusqu'aux élections présidentielles,
00:39on va rajouter les ingérences russes, on va faire quoi ?
00:41Il n'y aura pas de présidentielle.
00:43C'est pour ça qu'à un moment donné, on va en parler,
00:45il va y avoir une réflexion politique, avec qui on peut essayer d'apaiser la société.
00:49Parce que moi je veux bien que les lycéens aillent encore manifester 70% sondage d'accord et parcours sub.
00:55Ce n'est pas le meilleur outil parcours sub, ça stresse les jeunes.
00:58Sauf qu'avant, je suis désolé, mais quand vous sortez de licence,
01:0263% des gamins n'ont pas leur licence.
01:05On a failli avec l'école.
01:07Et ça part de la gauche aussi, je suis désolé.
01:10Non, ça part surtout de la gauche.
01:11C'est que je rappelle quand même qu'on a eu le bac pour tous, ça a tué le bac.
01:16Et maintenant, ils veulent le master pour tous qui va tuer le master.
01:18Et ce n'est pas vrai, à la sortie, il n'y aura pas un job pour tous.
01:21Donc arrêtons de fabriquer des sociologues, fabriquons des filières où on trouve du boulot.
01:27Arrêtons de raconter.
01:28Vous savez, vous avez un tiers des étudiants qui ne terminent pas leurs études en fac.
01:31C'est ça le problème.
01:33Alors effectivement, parcours sub est une réussite technique, ce n'est pas forcément une réussite humaine.
01:36L'outil peut être perfectionné, mais j'ai l'impression parfois, quand vous combattez Total,
01:42que ce que vous combattez, c'est le carbone, le recours aux fossiles.
01:45Et j'ai l'impression que quand vous combattez parcours sub,
01:47vous combattez en fait la méritocratie ou la sélection.
01:50Le fait qu'on puisse sélectionner.
01:52Et ça, il faut le dire aux lycéens, ce serait un très mauvais service à Laurent que de supprimer la
01:56sélection.
01:56Et il faut laisser Sabrina Sevailly vous répondre aussi.
01:58Voilà. Alors d'abord, parcours sub, au-delà de la sélection, c'est que c'est une sélection injuste.
02:03L'algorithme n'est pas transparent.
02:06Et puis vous avez beaucoup de lycéens, notamment qui sont dans des villes, par exemple, autour de Paris,
02:11qui n'ont jamais accès à des universités parisiennes, malgré l'excellence de leur dossier.
02:14C'est un problème, c'est extrêmement vrai et c'est totalement injuste.
02:16Je vais vous dire une chose, ce n'est pas quand vous habitez en banlieue,
02:19c'est quand vous habitez dans les zones rurales.
02:21C'est là où ça pêche le plus.
02:23Moi, je vous parle de ce que je connais, je suis en banlieue et je peux vous dire que j
02:27'ai beaucoup de lycéens qui viennent avec des bons dossiers
02:29et qui ont été recalés d'absolument partout.
02:31Il y a des biais.
02:32Ce qui n'est pas normal.
02:33Donc ça, c'est la première chose.
02:34La deuxième chose, c'est que je pense...
02:35Attendez, les critères, ils ne sont pas définis par Parcoursup, ils sont définis par chacun des établissements qui fournissent la
02:40Parcoursup.
02:40Oui, de manière opaque.
02:40Mais ce n'est pas Parcoursup qui est réparti.
02:41Il n'y avait même pas d'explication.
02:42Ce sont les établissements qui établissent une discrimination.
02:44Absolument, mais totalement opaque.
02:45Et c'est justement ce qui a changé.
02:47C'est qu'avant, c'était que le lycéen pouvait choisir son établissement et Parcoursup, c'est l'établissement qui
02:52choisit ses étudiants.
02:53Mais regardez pour le bâti.
02:54Non, mais ça, c'est la première chose.
02:55La deuxième chose que je voulais dire aussi, c'est que globalement, on a pendant des années,
03:01et ça, je le dis et je n'arrête pas de le dire, parce que la mobilisation a commencé dans
03:04les lycées professionnels.
03:05Ça a été totalement effacé.
03:07Pendant des années, on a expliqué que pour réussir en France, il fallait choisir la voie royale.
03:11Et donc, aller dans des études générales, faire des grandes écoles, et c'était comme ça qu'on réussissait.
03:15On a totalement, totalement dévalorisé la voie professionnelle.
03:18Et je pense que s'il y a une chose à faire dans ce pays, c'est de valoriser cette
03:22voie professionnelle.
03:23Il faut la valoriser intellectuellement, parce que sur le plan des moyens, vous savez que c'est le bac professionnel.
03:29Je crois qu'un lycéen en bac professionnel coûte 17 000 euros par an.
03:36Alors que c'est 14 000 pour un bac général.
03:40Mais simplement, on n'a pas su valoriser la...
03:43Mais c'est un investissement qui est extrêmement important.
03:45Vous voyez, par exemple, quand on a eu le cas de MaPrimeRénov' et qu'on a expliqué partout que ça
03:49ne fonctionnait pas,
03:50et donc ça allait réduire.
03:50Ce n'est pas que ça ne fonctionnait pas.
03:51Nous n'avions pas d'ouvriers pour faire les diagnostics et pour faire la rénovation des bâtiments.
03:56Oui, mais ça, on est d'accord.
03:57Parce que la droite et la gauche seront d'accord sur le constat de la dévalorisation des métiers manuels.
04:02Et sur ça, je pense, oui, mais ça se prépare et ça s'entissime.
04:05Mais madame la députée, c'est le problème des Français.
04:07Moi, je vous le répète, j'ai fait des soirées avec des amis,
04:09et l'un qui n'osait pas dire que son fils était plombier.
04:12Par contre, l'autre disait qu'il a deux masters en musicologie.
04:15J'ai vu pendant les manifestations...
04:17Qu'est-ce que vous avez quand c'est musicologue ?
04:18Non, mais qui a dit...
04:19Ça fait deux fois ce soir, parce que c'est génial.
04:21Monsieur Sudek, j'ai une étudiante qui a dit...
04:23C'est pas ce qu'il travaille pour le Mozart de la finance.
04:25Voilà.
04:26Elle est très bien, celle-là.
04:28On la gardera dans la convention commune quand on se pariera tous les deux.
04:31Mais quand j'ai vu le...
04:32J'ai deux masters et je n'ai pas de travail.
04:35Moi, je suis désolé.
04:36C'est aussi la force des parents.
04:38Aujourd'hui, ce qu'il faut pour nos gamins,
04:40c'est qu'ils fassent un métier dans lequel ils s'accomplissent.
04:43Parce que c'est ça qui est important.
04:45Et donc, le vrai débat, il faut revaloriser les filières professionnelles.
04:48Et le dernier point sur le bâti,
04:50ce sont les régions.
04:51Carole Degas, dans la région, 75% des lycées sont rénovés.
04:55Donc, on ne peut pas tout prendre sur notre gueule, cette Macronie.
04:58C'est la région qui doit aider aussi.