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  • il y a 10 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va accueillir, et on continue à donner la parole évidemment aux lycéens, ceux qui sont au cœur de ce
00:04mouvement,
00:05savoir où ils en sont eux et comment ils accueillent les annonces ce soir du ministre de l'Éducation nationale,
00:12Edouard Jeffrey, qui était chez nos confrères de TF1, et qui annonce un plan, un plan d'urgence pour lutter
00:16contre les profs non remplacés,
00:19par le nombre de profs non remplacés qui a explosé ces derniers temps dans les lycées.
00:23Voici l'annonce du ministre.
00:25On a pu, en ce début de l'année, c'est la première fois qu'on les déploie, identifier les
00:29établissements qui sont des situations que je qualifierais de très problématiques.
00:33Donc il y a 114 lycées dont je dirais qu'ils sont rouges, et 400 qui sont oranges, pour faire
00:38simple.
00:38Et dans ces lycées, on va déployer des enseignants à partir de demain, qu'on va prendre dans, enfin on
00:43a trois leviers.
00:44On a un premier levier, c'est qu'on a 3000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant élèves.
00:48Ils voudraient l'être, mais ils ne sont pas affectés devant élèves, 3000 professeurs, parce que jusqu'à présent on
00:52savait mal les affecter notamment.
00:54Et donc, dans les prochaines heures, on a 3000 professeurs qui vont rejoindre ces établissements.
00:58Et en accueil, sur ce plateau, Sophia Tizaoui.
01:01Bonsoir Sophia, merci d'être là.
01:02Enceigne présidente de l'Union syndicale lycéenne, Henri Blunden.
01:05Bonsoir, merci d'être là.
01:06Henri, élève au lycée Simone Veil dans le 3ème éranissement à Paris.
01:09On s'est vu hier soir pour le forum.
01:11Baptiste Gilly, bonsoir déléguée nationale de l'Uni, syndicat étudiant.
01:15Et Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes, la FAG.
01:20Merci d'être là.
01:21Je voulais qu'il y ait ce dialogue aussi avec vous, Alain Bauer, qui avait connu d'autres mouvements.
01:26L'ancêtre du mouvement étudiant.
01:28D'autres mouvements dans les années 80, en l'occurrence notamment en 1986.
01:31Simplement, vous entendre tous les quatre ce soir sur ce que dit Édouard Geffray.
01:35Le ministre annonce à partir de demain le déploiement de 3000 profs remplaçants,
01:41qui n'étaient pas encore affectés, et qui vont entre demain et mardi être affectés là où il y a
01:46des manques.
01:46Henri, comment vous réagissez ?
01:47Moi, je suis toujours content de savoir qu'il y a des mesures qui sont prises de façon assez immédiate.
01:52En revanche, moi, j'aimerais bien une garantie sur la durée, si vous voulez, de ces remplacements.
01:55Moi, j'aimerais qu'on prenne sur du long terme, si vous voulez, que tout ça soit sérieux,
02:00et qu'on n'entourloupe pas la jeunesse une fois de plus avec des mesures qui soient sur du court
02:05terme,
02:06court-termiste, très politicienne, et qu'à la fin, tout ça ne tienne pas.
02:09Sophia ?
02:10Moi, à la fois, je me dis que c'est une petite victoire.
02:13Maintenant, on n'est pas dupe.
02:15Il faut rester lucide, je pense, parce qu'on ne va pas accepter des miettes de pain du ministère de
02:20l'Éducation nationale.
02:21C'est 3000 profs, c'est une miette de pain pour vous ?
02:233000 profs remplaçants qui vont être affectés ?
02:24Sur les 10 mesures qu'on demande, effectivement, ce sont des miettes de pain.
02:27Maintenant, on prend ce qu'il y a à prendre, effectivement, parce que c'est toujours mieux que rien.
02:30Mais encore une fois, on ne va pas s'arrêter à ça.
02:33Et c'est pour ça qu'on va continuer à être dans la rue, parce qu'apparemment, ils n'ont
02:36pas l'air de vouloir abroger Parcoursup.
02:38Et ça, c'est un point, effectivement, chez les lycéens, qui est revendiqué depuis maintenant bien des années,
02:44depuis dès 2018, en réalité, personne ne veut de cette plateforme qui, vraiment, est un tri social pour les élèves.
02:50Donc, je pense que la mobilisation va devoir continuer.
02:52La mobilisation doit continuer.
02:53C'est ce que vous dites, Suzanne Nijedam.
02:54Qu'est-ce que vous dites ce soir ?
02:55Ce qu'on dit, c'est qu'il y a besoin de mesures et qu'il y a besoin de
02:58cette considération de la jeunesse en urgence.
03:00Pour autant, on a un premier tout petit pas qui est fait.
03:02Mais ces revendications, je vais plus en parler du côté, forcément, étudiant que lycéen.
03:08Du côté étudiant, on a été reçu hier par le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste.
03:12On ne nous a annoncé rien, même pas une miette, même pas un tout petit pas, même pas quoi que
03:16ce soit.
03:17Et il y a eu énormément de retraits de choses qui étaient essentielles ces dernières années,
03:21que ce soit concernant les étudiants extracommunautaires,
03:23mais plus largement les réformes des bourses promises qui ne sont pas allées jusqu'au bout.
03:27Et maintenant, finalement, les étudiants n'en peuvent plus.
03:29Ils ont besoin d'arrêter les promesses en l'air.
03:31Ils ont besoin d'arrêter les effets d'annonce.
03:33Ils ont besoin de mesures concrètes.
03:34Ça tombe bien, on est en pleine période budgétaire.
03:36Et donc, c'est le moment parfait pour pouvoir leur en donner.
03:38C'est aussi ce qu'a dit le ministre ce soir.
03:39Il a dit que la discussion commence sur le budget.
03:42Il y a un budget qui est prévu pour l'éducation nationale qui est à 64 milliards.
03:45S'il faut mettre plus, on peut mettre plus, mais il faudra prendre ailleurs.
03:47Baptiste, comment vous réagissez, vous, notamment à cette annonce des 3 000 profs remplaçants ?
03:51Sur le fond, d'accord, mais la chose est que le gouvernement, déjà, a cédé aux bloqueurs, aux casseurs, aux
03:57violences.
03:58Et ça, c'est un véritable problème.
03:59Et surtout, le gouvernement n'a pas assuré la liberté d'apprendre, la liberté d'enseignement,
04:04qui est une liberté fondamentale, qui doit être respectée,
04:07et n'a pas su réouvrir les lycées et les universités.
04:10Ce qui devrait être la principale motivation, le principal but du gouvernement,
04:15assurer quand même que la majorité est silencieuse,
04:17parce que c'est quand même ça, c'est ça la réalité,
04:18c'est qu'on a une minorité agissante qui bloque,
04:21mais on a une majorité silencieuse qui veut tout simplement aller en cours.
04:24Et quand le gouvernement dit qu'il entend les lycéens,
04:29moi je dis que c'est faux, il n'entend pas les lycéens,
04:30puisque la majorité des lycéens veulent tout simplement aller en cours.
04:33Oui, il peut avoir des revendications, et effectivement,
04:34Comment on fait pour aller en cours si on n'a pas de profs ?
04:36Mais justement, il y a des profs, et encore une fois, très bien...
04:38Quand on est dans des lycées délabrés,
04:39Comment ?
04:39Comment on va en cours quand on a des lycées délabrés ?
04:41C'est des revendications qui s'entendent, mais on ne peut pas bloquer.
04:45Évidemment, c'est illégal, en fait.
04:47Non, c'est illégal, donc non, on ne peut pas faire ça,
04:49et le gouvernement devrait d'abord permettre la liberté d'étudier,
04:53et réouvrir les lycées, ça devrait être ça.
04:55Alors, je vous donne évidemment la parole.
04:56Comment vous accueillez ce débat qui est en train de se faire sous vos yeux, Alain Bauer ?
05:00C'est un débat récurrent, mais à la différence des revendications habituelles
05:05qui sont retrait de la loi machin, ou du texte truc,
05:09qui mettaient le feu sur, je ne sais pas, la loi de Vaquet,
05:16l'emploi des jeunes, l'accès.
05:18Là, on est dans une situation où la revendication initiale numéro un,
05:22celle qui fait l'unanimité de l'ensemble de la classe politique,
05:24c'est qu'il faut des profs pour faire des cours dans des établissements
05:27où il n'y a pas de ras, où les fenêtres s'ouvrent,
05:29où il ne fait pas trop chaud l'été et trop froid l'hiver.
05:31J'ai du mal à cerner celui qui va dire que ce n'est pas une revendication normale.
05:37Et légitime.
05:37Et légitime.
05:38Après, la manière dont les revendications s'expriment, c'est un choix délibéré.
05:42Moi, j'appartiens à l'aile légaliste,
05:45donc il m'est arrivé de faire des piquets de grève et de manifester,
05:49parfois même avec des collègues venus d'horizons extrêmement étranges,
05:54ou de voter à l'unanimité au Conseil de l'enseignement supérieur
05:56contre des textes parfaitement stupides qui prévoyaient, par exemple,
05:59le numerus clausus pour les élèves médecins,
06:02parce qu'ils nous en ont trop, comme chacun s'est rendu compte,
06:05ou contre les informaticiens, parce qu'on en a trop aussi,
06:08des mesures dont on se demande comment elles peuvent germer
06:12dans l'esprit d'un bureaucrate, mais ça arrive,
06:14et donc on était tous ensemble là-dessus.
06:17Après, la manière dont ça s'exprime est un autre sujet.
06:19Le vrai sujet, et c'est celui qui devrait faire l'objet d'une répulsion collective,
06:23c'est brûler les établissements et frapper mes collègues,
06:27parce que mes collègues du secondaire sont mes collègues.
06:30Et là, ça n'était jamais arrivé, jamais, jamais, jamais.
06:34On a bloqué des entrées, mais des poubelles,
06:37ça la poubelle est un sujet récurrent,
06:39et il faut saluer d'ailleurs la modernisation du dispositif
06:42qui permet d'en avoir beaucoup.
06:43Mais le fond de l'affaire, c'est le passage à la violence
06:45contre les personnels de l'éducation nationale,
06:47et contre, je ne parle pas des violences policiers, pas policiers,
06:52sur un sujet où la France est un pays qui a mille ans de jacquerie
06:55de toutes sortes et de toutes origines,
06:57sur lequel on sent bien que, malheureusement,
06:58la violence fait partie de notre culture revendicative,
07:01et de la manière dont l'État considère d'ailleurs,
07:03la manière dont on apprécie le sérieux de la revendication.
07:05Mais vous n'êtes pas surpris quand vous entendez,
07:07alors sur la gauche de ce plateau,
07:10des lycéens, des étudiants dire,
07:11c'est pas suffisant, il faut qu'on continue.
07:14Je sais pas, je prends les 10 revendications,
07:17je les ai prises, du coup je me suis dit,
07:19c'est quoi les revendications ?
07:20– Qui ne sont pas partagées par tout le monde.
07:21– Embauche massive de personnes éducatives,
07:23de santé, d'accompagnement d'internet.
07:24Il y a quelqu'un qui est contre ?
07:25Pardon, est-ce qu'il y a quelqu'un qui est contre ?
07:27– Oui, mais est-ce que pour autant,
07:28ça veut dire que ça a été fait ?
07:29– Pardon, moi je ne négocie pas avec le ministre,
07:34plan d'urgence pour rénover les établissements scolaires universitaires.
07:37Alors là, c'est les régions et les départements,
07:40ça dépend de quel type d'équipement,
07:41mais quand on voit les photos de vos propres équipes
07:43ou de celles d'autres chaînes sur l'état des établissements,
07:46on comprend bien que…
07:47Donc je cherche à savoir laquelle de ces revendications
07:51est rejetée par quelqu'un.
07:53– Parcoursup, en l'occurrence, ça fait débat.
07:54– Non, mais justement, voilà.
07:56Mais Parcoursup, le débat qui existe aujourd'hui
07:58n'est pas qu'on compte Parcoursup,
08:00c'est si on supprime Parcoursup,
08:01par quoi on remplace Parcoursup ?
08:02– Mais ça, c'est la question qu'il faut poser aux technos.
08:05– Oui, non mais…
08:05– C'est la question qu'il faut poser aux gens
08:08qui travaillent dans le ministère de M. Jeffrey.
08:10– Moi, je comprends bien que Parcoursup ne fonctionne pas
08:12et qu'il soit stressant.
08:13quand j'étais vice-président de l'université Panthéon-Sorbonne,
08:16j'accueillais à 4h du matin
08:17des gens qui couchaient devant la fac
08:19pour être sûrs d'avoir une place.
08:21Des familles.
08:22– C'est comme ça que ça se passait à l'époque ?
08:23– Bien sûr.
08:24– Et on ne veut pas revenir à ça ?
08:25– Ils dormaient devant
08:25et c'était premier arrivé, premier servi
08:27dans un incroyable désordre.
08:30Donc ça, c'est inadmissible et inacceptable
08:32pour les étudiants futurs.
08:34La question qui est posée, c'est
08:35comment on gère, non pas la sélection,
08:38qui n'a aucun sens,
08:39mais l'orientation intelligente des élèves
08:41avec un bac dévalorisé et dévalué
08:45dont tout le monde a bien compris
08:46que c'était un passeport pour l'université
08:48mais dont la valeur est résiduellement
08:50devenue très basse,
08:51avec un système qui marche sur la tête
08:52puisqu'on est très sélectif
08:54pour les filières professionnelles courtes
08:56et pas sélectif du coup pour les filières longues
08:58avec un taux d'échec et d'abandon,
09:01c'est comme ça qu'on disait quand j'ai,
09:02de 60% en droit, chez moi, à Paris 1.
09:05Donc il y a un problème.
09:06Comment on peut accepter 60% de perte d'élèves ?
09:10L'Enfienne, au début de l'année,
09:12il y a 1200 étudiants pour 800 places.
09:15Le 1er janvier, ou le 5, ou le 15,
09:17ou le 10, je ne sais plus quand c'est que ça rouvre,
09:19la moitié, même pas.
09:21Ils ont tous parti parce qu'il y a
09:23une erreur d'aiguillage considérable,
09:26un gâchis formidable des capacités,
09:29des compétences de la jeunesse.
09:30Je reprends ce que dit ce soir le ministre Jeffrey.
09:31Il y a ces 3000 profs remplaçants qui vont arriver,
09:33c'est ce que dit le ministre,
09:34à partir de demain jusqu'à mardi,
09:36ils vont être déployés progressivement partout en France.
09:39Vous, vous nous dites,
09:39ok, on prend, mais on veut plus.
09:42Je veux dire, le nerf de la guerre,
09:44pardon pour le terme de guerre,
09:45c'est Parcoursup ?
09:46C'est-à-dire que tant qu'il n'y aura pas un geste,
09:50voire le retrait de Parcoursup,
09:52vous ne bougerez pas ?
09:53En fait, c'est simple,
09:55le retrait de ce mouvement,
09:57entre guillemets-là,
09:57c'est les 10 mesures.
09:59Parce que Parcoursup,
09:59c'est vrai que c'est une grande avancée.
10:01Mais maintenant, Parcoursup,
10:02si on retire Parcoursup,
10:04il faut aussi revoir la manière
10:05dont est fait le baccalauréat.
10:06Le système des spécialités,
10:07c'est une énorme problématique aussi.
10:10Et donc,
10:10s'ajoute à ça aussi,
10:11les places dans le supérieur
10:12qu'il va falloir augmenter,
10:13parce que de fait, c'est lié.
10:14Donc en fait,
10:15toutes les mesures sont liées.
10:16Donc si on abroge Parcoursup,
10:17c'est très bien,
10:17mais il faut que ça suive
10:19avec le reste des mesures.
10:20Mais donc, c'est un chantier énorme
10:21que vous réclamez.
10:22Bien sûr,
10:23mais parce que depuis des années,
10:24on nous coupe l'air sous le pied.
10:26Mais c'est la ronde de la gauche
10:28et de l'extrême gauche.
10:29Nous, on le voit dans les facs,
10:29c'est-à-dire qu'ils bloquent,
10:31ils cassent,
10:31ils brûlent parfois
10:33pour avoir des revendications.
10:34Quand certaines de ces revendications,
10:35voire toutes,
10:36sont acquises,
10:37on va demander encore plus,
10:38encore plus,
10:38encore plus,
10:39mais parce que le sujet de fond,
10:41ce n'est absolument pas
10:41ces revendications
10:42qui ne sont qu'un prêt de nom
10:43à derrière.
10:46Ça, c'est la rengaine
10:47de la droite et de l'extrême droite
10:48que vous êtes en train de faire.
10:49À part si les renseignements
10:51sont droite et de l'extrême droite.
10:52Parce que les renseignements
10:53l'ont montré.
10:53Et nous, sur le terrain,
10:54ce qu'on voit,
10:55c'est qu'effectivement,
10:55ça fait des mois
10:56que l'extrême gauche
10:57et ses réseaux...
10:57Vous êtes minoritaire sur le terrain ?
10:58Non, on n'est pas minoritaire.
11:00Vous perdez toutes les élections
11:01dans toutes les facs.
11:04Vous représentez une miette
11:05dans les facs.
11:05Du tout.
11:06Mais tout ça pour dire
11:07que quand on voit sur le terrain
11:08la vérité,
11:09on voit que les réseaux d'extrême gauche
11:10se bougent depuis plusieurs mois
11:12pour essayer de soulever la jeunesse,
11:13qu'ils ont essayé
11:14avec les frais différenciés,
11:15ça n'a pas marché.
11:16Et là, ils ont trouvé
11:16effectivement ce prétexte
11:17des revendications lycéennes
11:18qui ne sont qu'un prétexte
11:20pour pouvoir politiser
11:21toute une partie de la jeunesse,
11:23récupérer et soulever.
11:24Vous savez que c'est un peu infantilisant
11:25pour les lycéens quand même.
11:26Non, non, non.
11:27Je ne tomberai pas dans ce piège-là
11:29de dire que c'est infantilisant.
11:30Vous partez du principe
11:31que les lycéens ont besoin
11:32des étudiants
11:33pour se rendre compte
11:33que leurs conditions de vie
11:34Ah non, justement,
11:35moi j'aimerais beaucoup
11:36que ça ne vient pas des lycéens.
11:36Mais la vérité,
11:37c'est que ça ne vient pas des lycéens,
11:38ça vient des gros
11:39d'extrême gauche
11:40qui politisent la chose.
11:41que vous dites,
11:41mais vous ne rendez même pas compte.
11:43Les adultes,
11:44ça aurait été exactement
11:44la même chose.
11:45Il y a des adultes
11:45qui sont aussi manipulés
11:46par des réseaux comme ça.
11:47Attendez, Suzanne Nislam.
11:49Je voudrais juste commencer
11:50par dire que sur ce plateau
11:52et partout ailleurs,
11:53personne, mais alors,
11:54mais absolument personne
11:55n'a de leçons à recevoir
11:56de la part d'une organisation
11:57qui a été épinglée
11:58plusieurs fois
11:58pour antisémitisme,
12:00pour salut nazi
12:00dans les universités
12:01pour des saluts nazis
12:04pour des saluts nazis
12:06dans les facs.
12:07J'ai le droit
12:08de répondre à ces allégations.
12:09Nous, à chaque fois
12:10qu'il y a eu des cas comme ça,
12:12dans l'heure,
12:13les personnes qui ont fait
12:14ces erreurs
12:14et qui ont salué notre mouvement
12:16ont été virées
12:17dans l'heure à chaque fois.
12:18Et nous, la différence avec vous,
12:19c'est que sur l'antisémitisme,
12:20on a toujours été en combat
12:21de point de contre.
12:22C'est pour ça que vous faites
12:23des jeux à faire actuellement
12:24quelque chose.
12:25Vous continuez à avoir
12:25une ambiguïté avec l'antisémitisme.
12:27Chez nous, nous le condamnons.
12:27J'ai l'impression
12:28qu'on s'écarte des revendications.
12:29Je me suis trompé,
12:30mais j'ai l'impression
12:30qu'on s'écarte.
12:31Vous êtes proche
12:32du Rassemblement national
12:33qui est évoqué
12:34pour son antisémitisme
12:35depuis sa comptabilité.
12:37Sur le fond, les choses.
12:38Attendez, sur le fond,
12:39sur le fond des revendications.
12:41Suzanne Isdal,
12:42sur le fond des revendications.
12:43Sur la question du fond
12:44des revendications.
12:44Et on parlait notamment
12:45tout à l'heure de la sélection.
12:46Et j'entendais râler à ma droite.
12:48C'est bon,
12:48parce qu'il n'y en a pas
12:49de la sélection.
12:49Bien sûr qu'il y a
12:50de la sélection aujourd'hui.
12:51C'est bien un problème
12:52et c'est notamment
12:53quelque chose
12:53qui emmène à des questions d'échec
12:55parce qu'on parle quand même
12:56de plusieurs choses.
12:57Mais si des étudiants
12:58aujourd'hui ne choisissent pas
12:59leur formation
13:00et ne sont en impossibilité
13:02de choisir la formation
13:03qu'ils souhaitent
13:03et ce qu'ils rêvent de faire
13:05et qu'en plus de ça,
13:06on ne leur donne pas
13:07les moyens matériels
13:08pour réussir.
13:08Parce qu'on rappelle quand même
13:09qu'un étudiant sur 5
13:10vit avec moins de 100 euros par mois
13:11après avoir payé son loyer.
13:13Donc, tu ne fais sûrement pas partie
13:15de cette case-là.
13:16Mais pour autant,
13:17cette question-là,
13:18comment est-ce qu'on fait
13:19pour justement vivre
13:21avec moins de 100 euros par mois
13:22après avoir payé son loyer
13:23en parallèle dans une formation
13:24qu'on n'a pas choisie
13:25parce qu'elle a été choisie
13:26par un algorithme à notre place ?
13:28Le vrai sujet,
13:29au-delà de même
13:29cette question de plateforme,
13:30elle est sur la question
13:31de qu'est-ce qu'on peut faire
13:32pour empêcher cette sélection
13:33qui est un vrai problème
13:34pour des milliers de jeunes
13:35et qui ne fait que s'empirer
13:37aussi ces derniers temps.
13:38Et ce qu'on peut faire,
13:39c'est financer assez de place
13:40à l'université
13:41et c'est justement le cas
13:42dans les revendications
13:43qu'on propose avec les différents.
13:44250 000 places, c'est ça ?
13:45Non mais...
13:46On a justement 250 000 places.
13:48En fait, on a un truc tout simple.
13:50Dans les 10 mesures,
13:50c'est ce qui est inscrit.
13:51250 000 places de plus
13:52dans les 15 dernières années,
13:54on a baissé de 8%
13:55le financement par étudiant
13:56dans le financement
13:57de l'enseignement supérieur.
13:58Ce qui fait que maintenant,
13:59les universités,
13:59elles sont en incapacité
14:00d'avoir assez d'enseignants,
14:01d'avoir assez de bâtis
14:02et d'avoir assez finalement
14:03pour accueillir la massification
14:05qui s'est faite
14:05de l'enseignement supérieur.
14:06Et donc, on a voulu réduire
14:08finalement le nombre de places
14:09alors qu'on a eu plus d'étudiants.
14:10Ce qui fait qu'on a eu
14:11de plus en plus de sélections
14:12et qui a mis à mal
14:13des milliers d'étudiants.
14:14Je voudrais vous entendre là-dessus.
14:16Est-ce que de votre expérience
14:18de prof d'université,
14:20est-ce qu'il faut augmenter
14:21le nombre de places
14:22à l'université ?
14:23Notamment dans ces proportions-là,
14:24250 000 places de plus.
14:26Mais la question,
14:26c'est qu'est-ce qu'on veut ?
14:28Qu'est-ce qu'on veut ?
14:29On avait 100 000 lycéens
14:32pour 4 millions de scolarisés.
14:35On a décidé d'ouvrir
14:36les lycées massivement
14:37avec le processus
14:38du collège unique et du lycée.
14:39C'était un choix de massification.
14:40Ce n'est pas la gauche, 76,
14:42c'est le président Giscard d'Estaing.
14:44À la suite de quoi,
14:45la question a été
14:47augmenter toute une génération
14:48au niveau du bac.
14:49Tout le monde a compris
14:50augmenter une génération au bac.
14:52Au niveau du bac
14:53est devenu le bac.
14:54On a donc créé
14:54toute une série
14:55de diversifications de bac
14:57avec la paupérisation
14:59et la misérabilisation
15:00et vraiment une sorte
15:02de morgue insupportable
15:03pour les bacs pro
15:04et les filières professionnelles.
15:05Alors que dans tous
15:06les autres pays d'Europe,
15:08ce sont des filières majeures
15:09qui permettent
15:10l'accès à l'emploi,
15:12la formation,
15:12la formation continue
15:13et la formation permanente,
15:14moi je suis dans un établissement
15:16qui accueille
15:16des milliers de gens
15:18qui se réorientent professionnellement
15:20parce qu'ils n'avaient pas
15:21eu le niveau
15:21ou une mauvaise filière
15:22et qu'ils en retrouvent une
15:23parce que leur expérience
15:24professionnelle
15:25permet qu'ils soient reconnus
15:26à ce niveau
15:27même s'ils n'avaient pas
15:28le titre académique
15:29qui le permettait.
15:30Ils en sont heureux,
15:31nous aussi,
15:32et on a été créés pour ça
15:33par la Révolution française.
15:35Voilà.
15:35Et donc la question
15:36qui est posée aujourd'hui,
15:37c'est quel est l'objectif ?
15:38Est-ce que c'est l'objectif
15:39d'amener une génération
15:40à un niveau de formation supérieure
15:41sur le modèle,
15:42par exemple,
15:43d'un pays
15:44qui a tout raté,
15:45la Chine ?
15:47Qui a décidé massivement
15:48d'amener
15:49en termes d'ingénieurs,
15:51de formation,
15:52de capacité,
15:53d'IA,
15:54de ce qu'on veut,
15:55eux,
15:55ils ne se posent pas de problème
15:55de réduire le nombre d'étudiants.
15:57Il n'y a jamais eu
15:58autant d'étudiants
15:59dans l'histoire de la Chine.
16:00Parce que la demande suit.
16:02Et la demande,
16:03elle est inventée par qui, monsieur ?
16:04Forcément.
16:05Je suis d'accord.
16:05Par la capacité économique,
16:08et donc c'est la formation
16:10qui entraîne la demande.
16:12Le ruissellement,
16:12ça devrait vous parler.
16:13Non, justement.
16:15Pardon,
16:15un retour aux études d'économie,
16:16peut-être.
16:17J'ai des très bons collègues
16:18sur le sujet.
16:18J'imagine bien.
16:20Merci, monsieur le professeur.
16:21Je vous remercie,
16:22monsieur l'étudiant.
16:23Parce qu'il faut aussi
16:24qu'on se rappelle
16:25qui est qui
16:25et qui fait quoi.
16:26Et donc,
16:27le débat que nous avons aujourd'hui,
16:28c'est,
16:28si tu veux augmenter
16:29le niveau de capacité d'un pays,
16:31le niveau de production d'un pays,
16:32le niveau de développement d'un pays,
16:33tu dois augmenter
16:34le niveau de formation.
16:36Le niveau de formation
16:37qualitativement au niveau du collège,
16:39au niveau du lycée,
16:40au niveau de la revalorisation
16:41des filières professionnelles
16:43et des choix qui sont faits
16:44d'orientation intelligente
16:46et pas de réduction.
16:47Car tous les efforts
16:48de réduction
16:49à numerus clausus
16:50se sont traduits
16:50par un désastre.
16:51Pour les médecins,
16:52pour les infirmières,
16:53pour les informaticiens,
16:55à peu près dans tous les cas de figure,
16:56aucun système
16:57de numerus clausus
16:58imposé par l'État
16:59n'a produit
16:59l'effet recherché,
17:00mais plutôt l'effet inverse.
17:01Je propose donc de faire
17:03comme on fait d'habitude
17:04dans ces cas-là,
17:04de se dire
17:05mais de quoi on a besoin
17:06par rapport à l'avenir ?
17:07Est-ce que cette génération
17:08ne sert à rien ?
17:09À ce moment-là,
17:10il faut tout supprimer.
17:11Parce que si la génération
17:12ne sert à rien
17:12et si l'IA et les robots
17:13vont tout remplacer,
17:14il faut arrêter tout de suite
17:15d'enseigner.
17:15Il faut se reformater
17:17sur les métiers
17:17qui survivront.
17:18Ou alors,
17:19on accompagne le mouvement,
17:20ça veut dire qu'il faut
17:21réouvrir le dispositif académique
17:23et réinvestir dans la formation
17:25car la formation
17:26tire partout l'économie.
17:28Ce n'est pas l'inverse,
17:29ce n'est pas l'économie
17:29qui tire l'information.
17:30C'est l'inverse
17:31et c'est l'inverse
17:32parce que tous les modèles
17:33existants américains
17:34comme chinois
17:35le démontrent,
17:37y compris tous les modèles
17:38asiatiques.
17:39Voilà.
17:39Et Alain Bauer,
17:40en une minute,
17:40je reviens à l'urgence.
17:42Comment le gouvernement
17:43sort de cette crise-là,
17:44de votre expérience ?
17:44Moi, je vais proposer
17:45qu'on fasse ce qu'on fait
17:46dans ces cas-là
17:47puisque le retrait
17:48n'est pas le sujet
17:49parce que ce n'est pas
17:49un nouveau texte.
17:50C'est une situation
17:52qui est là.
17:52Ah, un parcours sub,
17:53ça pourrait ressembler
17:54à un autre.
17:54C'est un nouveau texte.
17:55Ils ne l'ont pas inventé
17:56la semaine dernière.
17:57On n'est pas contre
17:58parcours sub
17:58parce qu'il vient d'arriver.
18:00Est-ce qu'il faut modifier
18:01parcours sub ?
18:01C'est ce que j'essaye
18:02d'expliquer
18:03parce qu'on ne peut pas
18:04le supprimer
18:04sans le remplacer.
18:05Bien sûr.
18:06Non, non, mais bien sûr.
18:07C'est ça la question.
18:08Après, une fois que ceci
18:09est posé,
18:10qui n'est pas simplement
18:11un retrait
18:12mais une modification
18:13des conditions,
18:14il n'y a qu'un seul moyen.
18:15C'est ce qu'on fait en général.
18:16La France fonctionne
18:16avec un mouvement
18:18de la violence.
18:19L'État qui dit
18:20« Bon, je vais négocier. »
18:21Quand il a de l'argent,
18:22il saupoudre.
18:23Quand il n'en a pas,
18:24il fait avec ce qu'il a.
18:25Et puis la question,
18:26c'est les États généraux
18:27qui permettent
18:28de dire immédiatement
18:29à la fin d'un processus
18:30qui est ce qu'on appelle
18:31le Grenelle.
18:31C'est comme ça qu'on sort
18:32des mouvements sociaux
18:33dans ce pays d'habitude.
18:34Et le mouvement social,
18:35il se fait avec ceux
18:36qui sont directement concernés.
18:38Lycéens, collégiens,
18:39professionnels,
18:40ceux de l'enseignement
18:41professionnel aussi.
18:42Et cette question-là,
18:43elle est difficilement traitée
18:44par un gouvernant
18:45qui pense que la question
18:46de l'argent
18:48bloque tout.
18:49En fait,
18:49ce n'est pas la question
18:49de l'argent qui bloque tout.
18:50C'est la question
18:51de la logique politique
18:52qui va vers le dispositif.
18:54Si on considère
18:54que la formation
18:55de toute une génération,
18:57c'est l'avenir de ce pays
18:58avec une démographie en berne,
19:00avec des problématiques budgétaires
19:01qui ne sont pas
19:02uniquement limitées au coût,
19:03mais à l'investissement
19:04que représente l'éducation,
19:06on change naturellement
19:07la nature des choses.
19:08Et c'est vrai
19:08qu'il faudra faire des choix
19:09par rapport à la dette.
19:11Merci Alain Bauer.
19:11Je rappelle votre livre
19:12« Il faut sauver nos enfants »,
19:13le livre noir
19:13de la pédocriminalité en France
19:15aux éditions First.
19:16C'est le dernier.
19:16Merci d'avoir été avec nous ce soir.

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