00:00Parlons de la colère lycéenne à présent. Le mouvement de contestation se poursuit avec un prochain rendez-vous qui est
00:07pris d'ores et déjà à mardi.
00:11Certains de ceux qui vont se mobiliser, parce qu'il va y avoir aussi des syndicats mobilisés en l'occurrence
00:16aux côtés des lycéens, appellent à se rendre...
00:19Surtout un syndicat en l'occurrence.
00:20Surtout un en direction de Matignon. Est-ce qu'il faut s'inquiéter, Laurent Baumel, de ce qui se profile
00:28après ce à quoi on a assisté, ces scènes de violence contre des policiers, mais aussi contre des manifestants ?
00:35On a rappelé les chiffres à plusieurs reprises ce soir. Vous, comment vous imaginez la suite ?
00:40La suite, c'est la politique. Il faut un débouché politique, si possible dans le cadre du débat budgétaire en
00:46cours.
00:47Parce que bon, le débat sur la violence, on peut multiplier les débats, vous le faites, c'est normal.
00:52Alors bon, certains comme moi vont dire, il y a un petit souci avec la doctrine du maintien de l
00:57'or.
00:57D'autres vont vous dire, mais il y a aussi des casseurs. Tout ça est vrai.
01:01Mais le fond du problème, c'est quand est-ce qu'on sort de ce mouvement et comment on peut
01:05en sortir par le haut,
01:07à travers finalement la possibilité ou non de satisfaire quelques revendications de ce mouvement.
01:12Alors est-ce que ce qui a été annoncé jusqu'à présent vous semble suffisant par ce gouvernement ?
01:16D'abord, moi je ne suis pas un lycéen, donc c'est à eux de dire si ce qui a
01:21été annoncé suffit à mettre fin à leur mouvement.
01:24Mais de mon point de vue, non. Il y a à interroger plus profondément le niveau des budgets consacrés au
01:33moyen de l'éducation nationale,
01:34à la fois le nombre d'enseignants, la question des bâtiments, donc la question des budgets des collectivités locales également,
01:40puisque c'est aussi ça qui se joue. Et puis tout l'aspect qualitatif du débat.
01:45J'entendais juste avant qu'on soit invité en plateau le débat sur Parcoursup.
01:51Plus fondamentalement, c'est le débat aussi sur la santé mentale des jeunes, sur le stress qu'on leur fait
01:55subir.
01:55Je pense que la réforme Blanquer, la réforme du lycée, a créé, on l'a vu dans nos familles,
02:00lorsqu'on a des enfants qui sont passés par le lycée récemment,
02:03a créé un espèce de stress permanent dans cette jeunesse,
02:06parce qu'ils sont soumis à un espèce de contrôle continu permanent.
02:09Vous vous rendez compte, par exemple, qu'aujourd'hui, je prends juste cet exemple,
02:12moi ça m'avait beaucoup frappé, la note au bac blanc compte davantage dans l'orientation que la note au
02:17bac.
02:18C'est-à-dire le niveau qu'a un enfant, qu'a un élève, par exemple, de première ou de
02:20terminale,
02:21au mois de janvier, est plus important pour déterminer son orientation que son niveau en juin.
02:28Si vous voulez, il y a quelque chose qui ne va pas,
02:29et je comprends que les lycéens, finalement, posent cette question.
02:33– Les lycéens, les étudiants aussi, ils sont désormais à leur côté.
02:36C'est d'ailleurs un syndicat d'étudiants qui appelle à se rendre devant Matignon.
02:42Vous y croyez, vous, Florian Philippot, à cette fameuse convergence des luttes
02:46dont on parle beaucoup, peut-être parfois trop même.
02:49Est-ce que, malgré tout, ces lycéens ont été les premiers à parler d'une colère qui est bien plus
02:56profonde ?
02:56– Je crois que c'est exactement ça.
02:58Ils ne sont pas les premiers, d'ailleurs,
02:59parce que vous avez les pompiers qui se sont mobilisés il y a quelques jours,
03:01les pêcheurs, les paysans, très, très régulièrement depuis quelques années,
03:04sont très fortement mobilisés.
03:07Et si vous voulez, je pense qu'il y a la thématique particulière des lycéens et des étudiants.
03:11Il y a des questions sur Parcoursup qui me paraît vraiment pas adaptées,
03:15qui créent beaucoup d'incertitudes, c'est très opaque, beaucoup de stress.
03:18Ce bac, finalement, il faudrait peut-être revenir à l'ancien bac,
03:21un examen national avec beaucoup moins de contrôle continu, voire pas de contrôle continu,
03:24parce qu'on voit ces dérives qui étaient évoquées juste avant.
03:27Et puis le logement étudiant, par exemple.
03:29Il faudrait un plan Marshall du logement étudiant,
03:30parce que ça, c'est un facteur d'inégalité terrible, absolument terrible.
03:33Il y a plein de casernes désaffectées, il y a plein de bâtiments.
03:35On pourrait les utiliser, il y a des rapports qui fourmillent d'idées là-dessus,
03:39mettons-les en œuvre, qui pourraient être utilisés pour du logement étudiant pas cher,
03:42massif, un plan Marshall.
03:43Et puis, vous avez raison, je pense qu'il faut prendre de la hauteur.
03:46Il y a un vrai problème, c'est que tout l'avenir semble boucher dans notre pays,
03:50pour tout le monde, et en particulier pour la jeunesse,
03:52parce qu'il n'y a plus rien qui fait rêver la jeunesse.
03:55Et si même la jeunesse ne rêve plus, c'est l'âge où on rêve,
03:58alors tout le pays est cauchemarde.
04:00Vous vous rendez compte qu'on nous a volé les salaires ?
04:04Les salaires sont trop bas.
04:05On nous vole notre avenir, leur avenir, l'avenir des jeunes.
04:08Tout est bouché, on leur dit qu'il n'y a plus qu'à partir, il n'y a pas
04:11de solution.
04:11On nous vole nos libertés, on nous vole même notre pays,
04:14parce qu'il y a une espèce de casse d'oligarchie qui est là, accrochée,
04:17qui prend le pouvoir, il n'y a plus de référendum.
04:18Dis donc, le tableau est son mois.
04:20Non, non, et j'ai ajouté un point fondamental.
04:22Très sombre.
04:22Oui, mais malheureusement, la situation de la France n'est pas très claire,
04:25elle est même très sombre.
04:26Et un point fondamental qui touche tout le monde pour cette convergence des luttes,
04:30c'est l'Union Européenne.
04:31Nous sommes dans un pays qui ne s'appartient plus lui-même.
04:34On a un début de campagne présidentielle qui est une plaisanterie
04:37des candidats qui font croire qu'ils ont les clés,
04:40alors que ni sur l'économie, ni sur les frontières,
04:42ni sur le commerce, l'agriculture, l'énergie et tout le reste,
04:45ils ne décident quoi que ce soit, c'est décidé à Bruxelles.
04:47C'est pour ça que nous, on veut sortir l'Union Européenne aux Patriotes,
04:49pour redonner, y compris un avenir aux jeunes.
04:51Ce n'est pas le fait de sortir de Bruxelles qui vous permettrait de financer
04:55et de mettre en place un plan Marshall, par exemple, sur le logement.
04:58Si vous parliez des agriculteurs, vous allez voir si les agriculteurs
05:02n'ont plus la chance d'avoir la PAC.
05:03Parce que ça donnerait la situation.
05:05Oui, mais ils ont la PAC et c'est un gros atout pour les agriculteurs.
05:09Faisons un petit point PAC.
05:10Ah non, un petit point PAC.
05:11C'est intéressant, la PAC, c'est 9 milliards.
05:12Et si dans le projet, et dans le projet, nous, nous considérons un projet d'avenir,
05:18il y a l'Europe.
05:18Parce que moi, je pense qu'un beau projet d'avenir à proposer aussi à la jeunesse de France,
05:23c'est lui proposer une Europe forte,
05:25qui puisse lui permettre d'être indépendante vis-à-vis des grands continents,
05:30puissances qui veulent imposer leur impérialisme.
05:32Et imaginer que la France seule pourra combattre commercialement la Chine ou les Etats-Unis,
05:40c'est une vaste plaisanterie.
05:41Et donc oui, on peut avoir un beau projet pour les Français,
05:45qui ne soit pas un projet de retour en arrière,
05:47mais qui soit un projet d'avenir.
05:49Et c'est ce que d'ailleurs fera notamment...
05:52Avant de sortir de l'Europe,
05:55comment considérez-vous qu'il faut répondre à cette colère des lycéens, concrètement ?
06:00Avant de sortir de l'Europe, parce que ça prend un peu de temps.
06:02Je pense, vous l'avoir dit, sur Parcoursup.
06:04On commence par quoi ?
06:06Parcoursup, on arrête.
06:07Par exemple, les logements étudiants, j'en ai parlé,
06:11la qualité des lycées, ils demandent la climatisation,
06:13il y aurait dû avoir la climatisation depuis longtemps.
06:15Les 3 000 ?
06:16La question des lycées, c'est pas suffisant.
06:18Mais je voudrais répondre...
06:18La question des lycées, c'est important.
06:20Je voudrais répondre à M. Riester sur l'Europe.
06:22On a un débat de qualité, là, c'est intéressant.
06:25Vous dites, la France seule, etc.
06:27Vous savez, un accord commercial,
06:28vous savez comment fait la Suisse, la petite Suisse,
06:30pour négocier ses accords commerciaux ?
06:32Elle le fait en souveraineté.
06:33Vous savez comment fait la Norvège ?
06:34Quelques millions d'habitants, elle le fait en souveraineté.
06:36Et elle négocie bien mieux que nous,
06:38parce qu'elle connaît ses intérêts.
06:39Nous, on mélange avec les Polonais, les Amants,
06:42donc on n'a plus d'intérêt.
06:43Mais je vais répondre sur les paysans.
06:45J'étais le ministre de la Commerce extérieure.
06:46Oui, on a vu le résultat, un déficit majeur.
06:48Vous êtes monsieur déficit.
06:49Chacun son tour.
06:49Je peux vous dire que si vous n'êtes pas puissant en européen,
06:52non, ce n'est pas votre tour, n'arrêtez pas de parler de tout à l'heure.
06:54Vous n'êtes pas du tout en perdeur.
06:56Allez, ne perdons pas de temps à savoir de qui est ce tour.
06:59Et je peux vous assurer que si on n'est pas fort,
07:01en imposant un marché suffisamment important pour contraindre…
07:06Ce sont des slogans, ça.
07:07Non, non, non.
07:08Mais on a vu le résultat avec Mme van der Leyen.
07:09C'est une catastrophe, elle s'est faite à voir.
07:10Il faut aller plus loin.
07:11Il faut aller plus loin.
07:12Sur les paysans.
07:13Sur les lycéens, je voudrais qu'on continue sur les liens.
07:16Sur l'urgence des luttes avec les paysans.
07:17La PAC, c'est 9 milliards par an.
07:19Nous, nous donnons 30 milliards à l'Europe.
07:21Elle nous en rend 13, dont 9 pour la PAC.
07:23Donc, si on quitte l'Europe, on donnera plus 30 à l'Europe.
07:25Par contre, on pourra toujours continuer de donner 9 aux paysans.
07:28Ce sera même plus facile.
07:29On peut rentrer dans les chiffres qui sont faux.
07:31Juste un mot sur…
07:32Dans le projet de loi de finances 2027,
07:34on donne 30,9 milliards d'euros.
07:36Je ne crie pas, je vous parle pour que vous entendiez.
07:39Parce que vous avez les oreilles bouchées
07:40par votre propagande et par votre idéologie.
07:43Nous donnons dans le projet de loi de finances 2027,
07:45c'est écrit en toute lettre, les Français le retrouveront,
07:4830,9 milliards d'euros.
07:50Je voudrais qu'on revienne sur les liens.