- il y a 9 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On avance parce que tout ça nous amène évidemment aux mobilisations qui viennent avec ce calendrier à regarder.
00:04Le 30, vendredi, des casserollades devant l'Assemblée nationale.
00:07Le 31, samedi, nouvelle journée de manifestation lycéenne de gilets jaunes notamment,
00:13mais également la CGT qui sera dans la rue ce week-end.
00:15Le 5 novembre, nouvelle manif de la CGT et d'autres syndicats, grèves et manifestations interprofessionnelles,
00:21appel à la grève générale avec au cœur des manifs, le pouvoir d'achat, on l'a compris.
00:25Est-ce qu'on tient jusqu'à la présidentielle sans faire un geste sur les salaires par exemple, Yves Tréard
00:31?
00:31C'est le sujet, si vous voulez.
00:33Il va y avoir un bras de fer qui va être extrêmement compliqué avec un gouvernement.
00:37Parce que la crise telle qu'on la vit aujourd'hui, ce n'est pas uniquement la crise du pouvoir
00:41d'achat.
00:42C'est qu'on est dans une crise politique, mais infernale, avec un paysage politique qui est plus fragmenté que
00:48jamais,
00:49alors qu'on va déjà avoir beaucoup de mal, et à mon avis ça va être très compliqué, d'adopter
00:53un budget.
00:54Il y a la crise économique, la crise financière qui nous pend au nez, parce que l'argent va devenir
01:01de plus en plus cher,
01:02parce que les prêteurs, compte tenu de la situation en France, vont nous prêter de l'argent quand ils nous
01:06en prêtent de plus en plus cher.
01:08Et à ça vous avez une crise, j'allais dire morale, socialo-morale, pas au sens socialiste, mais sociale-morale,
01:15qui est très profonde, on le voit avec les jeunes, on le voit avec les agriculteurs aussi,
01:21enfin il y a beaucoup de choses, le moral de la population française est particulièrement bas.
01:27Alors qu'est-ce que peut faire le gouvernement ?
01:29Le gouvernement ce qu'il peut faire, c'est jouer la montre.
01:31Il a joué la montre avec les étudiants, enfin avec les lycéens, ça n'a pas marché.
01:35C'est débourser de l'argent.
01:38Il n'a pas d'argent.
01:41Ou alors ce n'est jamais suffisant.
01:43Donc ça va être extrêmement compliqué.
01:46Je rappelle qu'une crise qu'on peut comparer qui est celle de 58, c'est vieux, début de la
01:51Ve République.
01:52Le président de Gaulle, enfin qui était Premier ministre au tout début, avait le choix d'abord,
01:57il a pu faire deux dévaluations, ce qui a quand même pas mal changé la donne.
02:00Il a augmenté les taxes sur le tabac et sur l'essence.
02:02Il a fait plusieurs choses comme ça qui ont permis de remettre le pays sur le rail.
02:07Là, et il a changé aussi les institutions.
02:10Là, on ne voit pas où est la porte de sortie et comment on peut sortir de cette crise.
02:16Je termine simplement parce que certains nous disent, oui, mais il n'a qu'à démissionner le président de la
02:21République.
02:21Sauf que la démission du président de la République, elle aurait dû intervenir en 2024
02:25quand il a fait cette dissolution complètement idiote.
02:28Et à l'issue de laquelle, puisqu'il l'a complètement perdue,
02:31il aurait dû d'abord nommer un Premier ministre de gauche, ou alors démissionner.
02:37– Bon, alors attendez, vous dites que vous avez la solution.
02:39– J'allais, oui.
02:40La question, c'est pourquoi cette longue agonie ?
02:43Si vous avez un gouvernement, un exécutif qui n'est pas capable d'apporter des solutions
02:47aux problèmes des Français, c'est donc s'il est le problème.
02:50Et donc le sujet dans la question, c'est que, de manière même plus prosaïque,
02:55vous voyez bien que le 2 mai, on ne peut pas avoir une élection présidentielle avec un 1er mai.
02:58Si ça tourne comme ce qu'on a vécu, ça va être…
03:00– Ça, c'est un autre sujet.
03:01– C'est la demande de retraite.
03:02– Non, non, mais donc si vous voulez, on est obligé de poser, oui, et Bruno a raison,
03:05on est obligé de poser la question des dates des élections présidentielles.
03:09À la poser, posons-nous-la de manière assez évidente.
03:13– En avançant ?
03:14– Alors attendez, Gilles Lambert, vous vous dites,
03:16comme on ne peut pas voter le 2 mai parce qu'il y a un risque le 1er mai,
03:19donc faisons-le le 1er décembre.
03:22– Non, je me poserai la question, si j'étais président de la République,
03:27à quoi bon tenir 3 mois de plus, d'accord ?
03:30Avec le risque que chaque jour qui passe, on ait une crise de la dette en France,
03:34si tous les samedis on a ce genre de bouleversements,
03:37laissons les Français trancher.
03:38Je ne lui dis pas de démissionner maintenant,
03:40ce serait démissionner sous la pression.
03:42Mais il pourrait très bien relâcher la pression en disant,
03:43écoutez, voilà, le 1er février, mon mandat s'arrêtera,
03:47je la brèche de 2 mois, la Terre ne s'arrêtera pas de tourner,
03:50et ça nous permettrait…
03:51– Je suis curieux, Patrick Vinal, vous êtes pour l'option Aubert ?
03:54– Non, mais déjà, Julien Aubert, si vous faites démissionner le président
03:56avant la fin de son mandat, ça veut dire que le prochain président
04:00pourrait se retrouver en disant, on n'est pas content,
04:02on va lui demander de démissionner.
04:04On a une crise économique, sociale, aujourd'hui,
04:07et on a, pour les règles et politiques, rappelez-vous,
04:10les gilets jaunes, 17 milliards d'euros,
04:13et on a eu une réponse politique.
04:15Aujourd'hui, vous avez tout dit, M. Traire,
04:16il n'y a plus de pouvoir politique.
04:19On n'a pas la majorité à l'Assemblée,
04:21on a un Premier ministre, même s'il est habile,
04:24il n'a pas de majorité.
04:25On a les présidentielles, vous avez vu,
04:27que personne ne veut faire des économies.
04:30Pourquoi LFI feraient des économies,
04:32se mettraient à dos les retraités,
04:33ou Marine Le Pen ?
04:34Mais tout le monde rase gratuit.
04:35On est à 6 mois, on a un vrai débat…
04:37– Tout le monde rase les murs, plutôt.
04:38– Ou les murs ou gratuits.
04:39On a un vrai débat politique,
04:41et on a un vrai débat, aujourd'hui,
04:43puisqu'il n'y a plus de ronde à l'Écaisse.
04:45Mais moi, je pense que, c'est pour ça que ce que proposera,
04:48et on en parlera à Gabriel Attel,
04:49c'est qu'aujourd'hui, on est dans une mâchoire.
04:52On a un rassemblement national qui est très haut.
04:55Et moi, je peux vous le dire, ça fait mal de vous le dire,
04:57mais j'entends dans la rue, les gens se disent,
04:59après tout, on ne les a pas essayés,
05:01et aujourd'hui, je suis désolé.
05:02– Mais c'est pas votre solution ?
05:03– Je vais vous la donner.
05:05Et on a de notre côté Jean-Luc Mélenchon,
05:08il a un programme, il a un slogan,
05:10la Nouvelle-France, et ils sont dans les starting blocks.
05:12Et nous, avec Julien Aubert, ou avec les autres,
05:16on se regarde chacun avec nos égaux en disant,
05:18c'est moi qui vais y arriver.
05:20On ne peut pas y arriver.
05:22– On y arrive là.
05:22– On ne peut pas.
05:23Monsieur Tréard, j'ai pas de soucis.
05:25Madame qui est écologiste,
05:27elle a été élue aussi avec LFI.
05:29Je pense que les écolos, à la fin…
05:31– Et les socialistes et les communistes.
05:31– Non, non, oui.
05:32Mais les écolos iront avec LFI,
05:34les communistes aussi.
05:36Moi, je plaide pour une primaire
05:38avec un contrat de gouvernance
05:40avec les 100 jours, Maxime Suitet.
05:43– Si, ça change.
05:44– Non, non, non, mais ça, c'est pas le gouvernement.
05:45– On en reparlera dans un instant,
05:46parce que je voudrais qu'on écoute Gabriel Attal aussi là-dessus.
05:48– Mais c'est fini le gouvernement.
05:49– Et on verra ce que vous répond Julien Aubert.
05:50– Mais Julien Aubert l'a dit, c'est fini.
05:51– Vu le regard qu'il vous gêne,
05:53je ne suis pas sûr que…
05:53– Mais je voulais simplement parler.
05:55– Il faut tenir jusque-là.
05:55– Attendez, attendez, attendez.
05:56Voilà, il faut tenir jusque-là.
05:57Il y a les manifs qui arrivent,
05:58des manifestations notamment autour de la Vichière.
06:00Voici ce que dit ce soir Emmanuel Macron.
06:02On va l'écouter le président de la République
06:03sur le retour de l'ordre,
06:05parce qu'il y a toujours ce risque-là.
06:06On écoute le président.
06:08– Et je pense que c'est pour ça
06:10qu'il faut aujourd'hui revenir au calme.
06:12Et qu'il faut revenir…
06:13C'est une des raisons qui fait qu'aussi,
06:15là où beaucoup de gens voulaient continuer
06:17d'aller dans l'affrontement après le 17,
06:19en disant c'est terrible ce qui s'est passé,
06:20il faut être très dur et uniquement très dur.
06:22Parce que quand le 18, je m'exprime,
06:24beaucoup de gens disent
06:24vous êtes pas assez dur.
06:26Tout de suite, je décide que l'ordre sera rétabli.
06:29Maintenant que je veux qu'on revienne au calme,
06:30et je pense que ce qui est terrible collectivement,
06:33c'est qu'il y a eu en quelque sorte
06:34cette montée en tension qui est arrivée au pire.
06:37Et donc moi je suis extrêmement triste
06:38de ce qui s'est passé,
06:40très préoccupé,
06:41souhaitant le retour au calme
06:42et voulant tout faire pour ce retour au calme.
06:46– Est-ce que les manifs doivent continuer, Sabrina Séveille ?
06:49– Alors déjà, c'est pas à moi de le dire,
06:51je pense que c'est aux organisations lycéennes,
06:53étudiantes et syndicales
06:54de décider s'ils veulent ou pas poursuivre le mouvement.
06:56Moi j'ai plutôt l'impression
06:58que comme d'habitude,
06:59le gouvernement n'a pas pris la mesure
07:01ni de la colère,
07:02ni de la situation dans laquelle étaient les gens,
07:04à tel point qu'ils ont laissé traîner la mobilisation.
07:07– Mais vous, est-ce que vous allez continuer à vous mobiliser ?
07:09– Non, on continuera à soutenir les mobilisations, absolument.
07:11Je pense qu'aujourd'hui,
07:12ceux qui ont été dans la rue,
07:13moi je l'ai dit à plusieurs reprises,
07:14ils sont sortis avec des revendications
07:16qui étaient légitimes.
07:17Quand vous avez des personnes
07:19qui viennent vous voir quasiment tous les jours
07:21pour vous expliquer qu'ils ne peuvent plus aujourd'hui,
07:23en fait ils sont en mode survie,
07:25ils ne sont pas en train de vivre,
07:26ils ne peuvent plus payer leurs factures,
07:28ils ont du mal à payer leur loyer,
07:29ils ne peuvent plus remplir leur frigo,
07:30il y a plein de gens qui sautent des repas,
07:31qui ne peuvent plus aller chez le médecin,
07:32c'est quand même une réalité aujourd'hui.
07:34Donc moi je comprends que ces personnes-là se mobilisent,
07:37et ce n'est pas à nous de leur dire,
07:38ah ben non, vous ne savez pas vous mobiliser.
07:40Alors que les réponses politiques,
07:41pour le coup,
07:42nous on en a proposé plein.
07:43Enfin je sais qu'ici,
07:44pour certains,
07:45le mot « taxe » est un gros mot,
07:46mais à un moment,
07:47on a proposé la taxe Zuckman par exemple,
07:49ça concerne 1800 foyers,
07:512% sur plus de 100 millions de capital.
07:53Et c'est 20 milliards,
07:54c'est-à-dire que la moitié de la taxe Zuckman,
07:57c'est ce que demandent les lycéens.
07:57Eh ben oui,
07:58ça permettait de payer au moins la moitié
07:59de ce que demandaient les lycéens.
08:00La moitié de la taxe Zuckman irait au premier budget d'État.
08:01On aurait financé ce que demandaient les lycéens
08:03dès le début de leur mobilisation,
08:06et ben peut-être qu'ils n'auraient pas été rejoints
08:07par les gilets jaunes,
08:08par les syndicats,
08:09Non mais ce que je veux dire,
08:09c'est que cette taxe ne servirait pour la moitié
08:12qu'à financer la demande du plus gros budget d'État actuel,
08:15c'est-à-dire le lycée.
08:15Mais elle aurait permis d'apporter une solution politique,
08:18ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.
08:19Il n'y a pas eu de solution politique.
08:20Donc comment vous voulez que les gens rentrent chez eux,
08:22alors qu'il n'y a aucune réponse à leurs revendications ?
08:25C'est quand même sidérant de dire aux gens,
08:27ok, vous avez manifesté,
08:29vous êtes mobilisés,
08:30vous n'avez rien obtenu,
08:31mais maintenant, rentrez chez vous, ça suffit.
08:32Vous allez aller jusqu'où ?
08:33Parce que ce qui est intéressant,
08:35c'est pour ça que la question,
08:36on est incapable d'y répondre,
08:37la question de Maxime Switek,
08:39qui est-à-dire comment on tient jusqu'au...
08:42Parce que le premier tour, c'est le 18 avril.
08:45Comment on tient ?
08:46Parce que sincèrement, personne n'a la...
08:50Comme il n'y a personne qui a vraiment un pouvoir
08:53de faire sur tout,
08:56eh bien, on est dans la base.
08:58C'est même pire,
08:58c'est-à-dire que plus les jours passent,
09:00plus la situation budgétaire de la France
09:02rend la réponse budgétaire,
09:04en fameuse question que vous posez, compliquée.
09:06Et puis deuxièmement,
09:07il y a dans ce que vous avez dit des contradictions.
09:09Parce que vous avez commencé sur les gens
09:11qui sont en fin de mois,
09:11qui ont du mal.
09:12Non, pas en fin de mois,
09:13en début de mois.
09:13Ou en début de mois.
09:14Oui, en début de mois.
09:15On en connaît tous, etc.
09:16Puis après, vous avez parlé des étudiants
09:19qui réclamaient des moyens.
09:20Ça, c'est pas forcément pour survivre.
09:22Ça peut être, c'était les moyens de fonctionnement, etc.
09:25Vous savez beaucoup d'étudiants
09:26qui ne mangent qu'un seul repas par jour.
09:27Oui, oui, mais je...
09:28D'accord.
09:28Il faut voir la queue pour les repas à un euro.
09:31Oui, et ils sont énormément à faire la queue.
09:33Ça dit aussi quelque chose de la situation de nos étudiants.
09:34Oui, ça n'a pas été réfléchi.
09:35Ça a mis le tout dans le rouge.
09:36Mais bon.
09:36Et puis, après, vous avez Parcoursup.
09:38Parcoursup, c'est pas un problème de moyens.
09:39Donc, il y a, si vous voulez, dans les demandes.
09:41Et plus vous avez un effet de boule de neige,
09:44plus le problème va être insolvable.
09:47Parce que quand vous n'avez que les lycéens,
09:48vous trouvez la solution qui permet
09:50de renvoyer les lycéens chez eux.
09:51Et encore, pour l'instant, c'est pas le cas.
09:52Lorsque vous aurez les lycéens,
09:54les retraités...
09:55Les agriculteurs.
09:56Vous savez, moi, je ne connais pas une...
09:58C'est ce qui arrive le 5 novembre.
09:59Je ne connais pas une profession dans ce pays
10:01qui, aujourd'hui, n'est pas des problèmes
10:02et qui aurait des bons motifs de...
10:04Mais donc, pardon, qu'est-ce qu'on fait ?
10:07Vous savez, ce qui met énormément les gens en colère,
10:11c'est quand on leur explique
10:12que le pays est extrêmement endetté.
10:14On a plus de 3 000 milliards de destes.
10:16C'est vrai ?
10:16Oui, mais c'est vrai.
10:18Sauf que les gens vous disent quoi ?
10:19Vous vous dites, mais qu'est-ce qu'on a fait avec cet argent ?
10:21Parce que si on avait préparé la résilience
10:25de notre pays sur la question du climat, par exemple,
10:28sur les incendies, les inondations,
10:29sur la rénovation du bâti,
10:31sur les écoles, sur les lycées,
10:33si on avait réparé nos hôpitaux publics qui souffrent...
10:36Enfin, vous voyez, c'est-à-dire que cet endettement,
10:38on ne voit pas ce qu'on a fait de cet argent.
10:40Attends, attends, attends...
10:40Et le problème, il est là, en réalité.
10:43Vous allez m'expliquer...
10:44Le lycée de France, le budget a été doublé.
10:46Il ne faut pas dire n'importe quoi.
10:47Non, je ne dis pas n'importe quoi.
10:48Déjà, je ne vais pas dire que je dis n'importe quoi.
10:49Je vous dis aujourd'hui...
10:52Le pays était endetté à plus de 3 000 milliards.
10:55Je vous dis aujourd'hui que le pays,
10:57même s'il est endetté à cette hauteur-là,
10:59nous n'avons pas le sentiment
11:00que cet argent a servi à préparer notre pays
11:03au défi de...
11:05La moitié des 1 000 milliards supplémentaires
11:07depuis 10 ans a servi à financer les retraites.
11:09C'est-à-dire qu'on prend l'argent,
11:10on endette la France,
11:11et au lieu d'effectivement financer de l'investissement
11:13qui pourra être utile plus tard
11:14ou qui simplement est un besoin de la population,
11:16on va financer les retraites
11:18parce que le système est complètement insolvable
11:20et à l'envers,
11:21et qu'on ne peut pas le financer tel quel,
11:22et qu'on est obligé d'emprunter
11:24pour financer de la retraite
11:25qui ne nous rapportera jamais d'argent en retour.
11:27C'est le problème fondamental.
11:28La moitié des 1 000 milliards.
11:30Regardez l'exemple des lycéens.
11:33Donc vous ne voulez pas travailler les gens jusqu'à 75 ans ?
11:35Non, mais...
11:35Ce n'est pas du tout ça que j'ai dit.
11:36Vous cherchez de l'argent, je vous en trouve.
11:38Madame la députée, regardez l'exemple des lycéens.
11:40On en a proposé sur les retraites.
11:41Moi, j'ai eu la chance de débattre des lycéens
11:42et je les ai rencontrés cet après-midi
11:44pour échanger avec eux.
11:45Vous savez ce que je leur ai dit ?
11:46Je leur ai dit,
11:47vous avez des revendications qui sont honorables.
11:49Il n'y a pas d'argent dans les caisses.
11:50Il y a un pouvoir qui est faible.
11:52Ce que pourrait proposer le ministre de l'éducation
11:55sortant le Premier ministre
11:56sera peut-être chamboulé par le prochain président.
11:59Je préférerais,
12:01plutôt qu'ils aillent manifester,
12:02qu'ils prêlent le temps de réfléchir
12:03comment vont évoluer leur métier.
12:05L'intelligence artificielle est en train d'arriver.
12:08Qu'est-ce qu'on fait pour les bacs pro ?
12:09Parce que moi, je veux bien,
12:10quand ils m'expliquent
12:11que vous avez mis le place à Assas,
12:13qu'il y a 20 000 demandes,
12:14et que le jeune vous dit,
12:15vous prenez les 20 000,
12:17il y a un qui me dit,
12:17M. Vignal, on ne veut plus de contrats d'aboche.
12:20S'il y a 20 personnes qui se présentent à BFM
12:22pour remplacer Maxime Suitec,
12:24on prend les 20.
12:25Ces jeunes, on les a trompés.
12:27Et il faut leur dire la vérité.
12:29On les a trompés depuis des années.
12:30Et ce n'est pas Emmanuel Macron.
12:31Patrick Vignal, je suis très content.
12:33C'est la gauche, c'est tout le monde.
12:34Je suis très content que vous disiez ça
12:36parce que vous faites partie des trompeurs.
12:38Oui.
12:38Ben oui.
12:39Non, non.
12:41Mais si.
12:42Mais si.
12:43Pourquoi M. Tréa ?
12:44Vous avez dit oui.
12:45De mon parcours personnel.
12:46En tout respect pour vous.
12:47De mon parcours personnel.
12:48Pour les idées que vous épousez.
12:50Parce que, justement,
12:52il y a cette histoire,
12:53et c'est dommage qu'on n'ait pas pu en parler
12:54avec Mme Aubry tout à l'heure.
12:55Enfin, c'est difficile de parler
12:56avec Mme Aubry aussi.
12:57Non, non, mais elle était tout à fait disposée
12:58à le faire, je crois.
12:59C'est sur la sélection.
13:00Oui.
13:01Je vais vous la poser,
13:02Mme la députée,
13:03sur la sélection,
13:04le principe même de la sélection.
13:08Alors, je ne dis pas que Parcoursup,
13:09ce n'est pas le problème
13:10de la sélection Parcoursup,
13:11c'est le problème de l'opacité,
13:13tout ça.
13:13On parle de ça.
13:14Mais en revanche,
13:15Parcoursup a quand même aussi une vertu,
13:18c'est qu'il sélectionne.
13:20Et c'est ce que doit faire, d'ailleurs,
13:21l'outil.
13:22C'est ce que fait plus le bac.
13:24Et est-ce que vous êtes pour ou contre ?
13:25Parce que si on écoute les étudiants,
13:27les étudiants disent
13:28plus de sélection.
13:30Alors, c'est ça le fond du problème.
13:32En fait, pour moi,
13:33il y a plusieurs problèmes,
13:34mais vous ne pouvez pas commencer
13:35juste par la sélection de Parcoursup.
13:36Parce que pour moi,
13:37le fait est qu'aujourd'hui,
13:38les enfants,
13:39quand ils arrivent à l'école,
13:40ils n'ont pas tous la même chance.
13:42Alors, vous allez...
13:42Ben oui !
13:43Ben oui !
13:43Ben c'est une réalité.
13:44Ça, on est d'accord.
13:44Donc, je suis désolée,
13:46vous ne pouvez pas
13:46ne pas donner les mêmes chances
13:48à l'ensemble des élèves de ce pays
13:49et leur expliquer
13:50que parce qu'ils ont eu,
13:52parce qu'ils ont vécu,
13:53grandi dans une ville
13:54ou dans un quartier,
13:55ils n'auront pas la même chance
13:56d'acquérir ou d'aller
13:57à une formation,
13:57d'accéder à une formation
13:58parce qu'ils n'ont pas été
13:59au bon endroit.
14:00Et moi, c'est ça
14:01qui me pose problème.
14:01C'est parce qu'aujourd'hui,
14:03finalement,
14:03vous avez des établissements
14:04qui sont très bien dotés
14:06où le parcours
14:07est excellent pour les élèves
14:08et ils arrivent assez facilement
14:09jusqu'au bac sans aucun problème.
14:10Ils ont des bons dossiers.
14:11Parcours suple les prend.
14:12Et vous avez d'autres élèves
14:14qui n'ont pas eu la même chance
14:15et qui vont se retrouver
14:16en compétition
14:17avec des élèves
14:18qui ont eu beaucoup plus
14:19de moyens à leur disposition.
14:20C'est là où je ne suis pas d'accord.
14:22Madame la députée,
14:23c'est la base que vous dites.
14:24Il y a la jeunesse parisienne
14:27qui a l'achat d'avoir
14:28un grand lycée
14:28qui va faire ses stages
14:30en Australie, au Brésil,
14:31pas de problème.
14:31La jeunesse des quartiers populaires,
14:36des ghettos de pauvres et de riches
14:38dont la gauche est responsable.
14:41Parce que moi,
14:41j'ai des souvenirs.
14:42Quand on me disait
14:43que tu es toujours face à un RN,
14:44tu vas dire au quartier populaire
14:45« Hé, si tu ne votes pas pour moi,
14:47tu auras le Rassemblement National ».
14:48C'est la deuxième jeunesse.
14:49La troisième jeunesse,
14:50vous avez raison,
14:51c'est la jeunesse rurale
14:52qui a moins de transports.
14:54Et la quatrième jeunesse
14:55qu'on oublie,
14:56c'est celle qui rouille
14:56au bas des immeubles
14:57et qui aujourd'hui,
14:58en vendant du shit,
14:59gagne 6 000 euros par mois.
15:01Je suis d'accord sur le constat.
15:02Mais on a donné les diplômes,
15:04madame.
15:05Moi, mes amis me disaient
15:06« Ma fille,
15:06elle a deux masters en musicologie.
15:08Mon fils, il est plombier.
15:10Ce n'est pas le cas du mien.
15:10Il est coach sportif.
15:11Il est heureux de faire son job.
15:13Il gagne plus d'argent.
15:14Je suis d'accord avec vous,
15:15monsieur Tréard.
15:15On a tout lâché. »
15:17Voilà.
15:17Attendez, attendez.
15:17Je reviens à ce que dit.
15:18Je reviens à ce que dit.
15:19Je reviens à ce que dit.
15:19Je reviens à ce que dit.