- il y a 1 semaine
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir Sonia, bonsoir à toutes et à tous. Elle aussi est candidate à l'élection présidentielle, elle est au centre
00:04du jeu à gauche et ce soir c'est sa toute première interview
00:08depuis qu'elle a donné naissance à son deuxième enfant il y a un mois. Marine Tondelier, candidate écologiste avec
00:13nous dans une seconde sur ce plateau le temps que tout le monde s'installe,
00:16sera-t-elle dans la rue samedi pour le fameux 17 octobre ? Croit-elle à la convergence des luttes
00:21et des colères ? Que répond-elle ce soir au Premier ministre qui accuse la gauche
00:25chez les écolos d'avoir fermé les yeux face aux violences du mouvement lycéen ? Et ira-t-elle vraiment
00:30jusqu'au bout ? Là je parle de la présidentielle.
00:33Bonsoir Marine Tondelier, merci beaucoup d'être avec nous ce soir. Je vous présente celles et ceux qui vont m
00:38'accompagner pour vous interroger.
00:40Marie Chantret, chef du service politique de BFM TV, bonsoir Marie, Yves Cléard, bonsoir Yves, Elisa Lève, bonsoir Lisa.
00:46Première question, comment allez-vous ?
00:48Écoutez, merci de demander. Souvent, quand on est enceinte, on est au centre de beaucoup d'attention,
00:53puis après l'accouchement, tout le monde est sur le bébé et plus personne ne s'occupe de vous.
00:57Donc je vis cette phase que plein de femmes vivent. Donc merci de poser la question.
01:00Je ne vous cacherai pas que je suis exténuée, que j'ai beaucoup d'heures de sommeil en retard et
01:04quelques kilos de grossesse qui ne partiront pas tout de suite.
01:06Mais je suis très contente d'être avec vous, extrêmement déterminée.
01:09Bon, c'est votre première interview, je le disais, depuis le 18 septembre. Ce jour-là, regardez, on a refait
01:14le fil.
01:158h30, vous êtes face à Pauline de Malherbe sur RMC et BFM TV.
01:19À 10h30...
01:20C'est ça qui a déclenché mes écrans.
01:21Alors je ne sais pas si c'est ça, ou à 10h30, vous êtes à l'Élysée et le soir,
01:25vous donnez naissance à Léon à la maternité de Lens.
01:28C'était donc il y a moins d'un mois. Et je sais que depuis, vous avez eu droit à
01:32une avalanche de messages.
01:33Qu'est-ce que vous répondez à celles et ceux qui vous disent quoi ? Vous êtes déjà de retour
01:37moins d'un mois après la naissance ?
01:39Déjà à la maternité, l'équipe qui était super, ils me disaient, mais du coup, BFM ce matin, en fait,
01:45ce n'était pas en direct.
01:45J'en disais, si. Mais l'Élysée, du coup, ce n'était pas aujourd'hui, si. Et moi-même, je
01:50n'aurais jamais pensé à coucher ce soir-là, pour vous le dire.
01:52D'ailleurs, quand on me revoit sur les images à l'Élysée, je n'ai pas du tout l'air
01:55de quelqu'un qui avait accouché le soir-même.
01:57Mais c'est comme ça, la vie.
01:58C'est la rencontre avec le président qui a tout déclenché.
02:00C'est ça, c'est ça. Et à Lens, il voulait savoir si j'avais accouché à l'Élysée, est
02:04-ce que Emmanuel Macron aurait été le parent ?
02:07Et alors, oui ou non ?
02:08Et comment ?
02:09Oui ou non, il aurait été le parent.
02:10Je me rappelle que je ne sais plus qui, à la fin de la réunion, m'a dit, dis-donc,
02:13vous avez failli accoucher ici.
02:14Et je leur avais dit, j'aurais été montré tout de suite au bébé sa future chambre.
02:18Mais ce qui est sûr, c'est que c'était une grossesse miracle que je n'attendais pas du tout
02:22à ce moment-là précis.
02:24Peut-être à laquelle j'avais cessé d'espérer.
02:26Et que c'est tombé comme ça.
02:28Et c'est sûr que c'est difficile de dire, je vais m'absenter 4, 5, 6 mois.
02:31Peut-être certains en auraient-ils rêvé.
02:33Mais non.
02:34Et puis, ce que je voulais dire aussi, c'est que vous savez, quand on a une femme,
02:37on a l'habitude d'être tout le temps, tout ce que vous faites ou que vous ne faites pas
02:40est commenté.
02:41Quand vous êtes en politique aussi, alors quand vous êtes une femme politique,
02:43c'est peut-être pour ça qu'il y en a si peu, c'est mot-compte double.
02:46Et donc, tout le monde en a vu sur ce que vous devriez faire, pas faire.
02:48Et donc, si j'étais restée chez moi, cloîtrée, on aurait dit que c'était très mauvais pour la santé
02:52psychique et physique.
02:53Il fallait sortir, ça irait un peu.
02:54Dès que je sors, en l'occurrence, j'ai fait une marche climat la semaine après la naissance.
02:58Mais marche climat que j'aurais faite, dans tous les cas, candidate ou pas, voilà.
03:02Et puis, c'était avec plein de copains militants à Arras, avec une sonne très faible et une météo très
03:07clémente.
03:08Voilà.
03:09Et en fait, ça fait du bien aussi, des fois, de sortir de chez soi.
03:11Je le conseille à toutes celles et ceux qui en ont la force et la forme.
03:14Donc voilà.
03:14En fait, ça n'ira jamais.
03:16Et donc, moi, ce que je conseille aux femmes qui viennent d'avoir un bébé, c'est vous faites comme
03:20vous pouvez, comme vous le voulez.
03:21Il n'y a pas d'injonction.
03:22Il n'y a pas de pression.
03:22Je ne prétends être un modèle pour personne.
03:25Et pour ceux qui disent, c'est dur d'être en campagne et avec un jeune bébé ou en campagne
03:29et enceinte, oui.
03:30Mais c'est dur d'être enceinte avec un métier de nuit.
03:32C'est dur d'être avec un jeune bébé et profession libérale ou commerçante ou artisan ou agricultrice.
03:37Donc voilà, c'est ce que je vis en ce moment.
03:39Plein de femmes le vivent.
03:40Et moi, je veux me battre et profiter pour politiser ces sujets du postpartum.
03:43Alors, juste à ce que j'allais dire, on va en reparler tout à l'heure.
03:45On en parlera parce que c'est très politique.
03:47Il y a plein de sujets politiques autour.
03:49Et comme il n'y a pas beaucoup de femmes en politique, on n'en parle jamais.
03:51Mais je voulais d'abord prendre de vos nouvelles justement pour démarrer cette interview.
03:54Du coup, les femmes qui voulaient entendre parler du postpartum, rendez-vous dans 30 minutes.
03:57Bon, ben voilà, on en parlera tout à l'heure.
03:59Mais vous le lisez, certains ont peut-être voulu que vous disparaissiez entre guillemets pendant 5 ou 6 mois pour
04:03vous occuper de l'enfant.
04:04Non, vous êtes déjà de retour moins d'un mois après.
04:06Ce qui ne m'empêche pas de m'occuper d'un enfant qui est dans la loge avec son papa.
04:09Ça vous donne de l'énergie justement pour votre campagne.
04:12Mais vous savez, moi je viens de passer un mois à hauteur d'enfant, avec une vie et des réveils
04:18et des éveils qui tournent autour d'un enfant.
04:20Et encore plus que d'habitude, parce que c'est ce qu'on fait aussi en tant qu'écologiste.
04:25Vous vous dites comment on prend soin des enfants de génération future, quelle sera leur vie dans 10, dans 20,
04:29dans 30 ans.
04:30Et quand j'allumais la télé, ça m'est arrivé quelques fois, et que je voyais comment le gouvernement traitait
04:35ses enfants, je voyais un petit décalage.
04:38Vous voyez, et donc l'actualité vous rattrape forcément tout le temps.
04:41Pas juste en tant que politique, mais en tant que citoyenne.
04:43J'ai eu un peu honte de comment la France traitait ses enfants ces dernières semaines.
04:47On va en parler tout de suite, Marine Tondelier.
04:48200 lycées encore bloquées aujourd'hui.
04:50On va regarder ces images de blocus aujourd'hui.
04:53200 lycées, je le disais, avec un gouvernement qui insiste pour dire que les chiffres baissent de jour en jour.
04:58Est-ce que vous avez le sentiment que c'est la fin de ce mouvement ?
05:02J'ai croisé quelqu'un hier qui m'a dit, vous voyez, c'est terminé, avec un petit sourire.
05:06Ça m'a un peu énervée, parce que, vous voyez bien, c'est toujours pareil.
05:09Dans des mobilisations, il y a des grandes dates.
05:10Et il y aura une grosse mobilisation samedi, vous le verrez, 17 octobre.
05:14Il y aura aussi une très grosse mobilisation le 5 novembre, avec toute l'intersyndicale organisée.
05:19Vous y serez le 17 ?
05:20Évidemment.
05:22Et entre-temps, il y a des journées de mobilisation un peu plus interstitielles pour que le mouvement tienne.
05:27C'est évident.
05:28Évidemment que pendant les vacances de la Toussaint, les mobilisations dans les lycées ne vont pas être les mêmes.
05:32D'ailleurs, le gouvernement fait ce pari.
05:34Quand Sébastien Lecornu dit, je fais une allocution en 18 heures, moi, du coup, je m'organise pour être là,
05:38au lieu de dormir à 18 heures,
05:39en disant, le Premier ministre parle, quand même, il va annoncer des choses.
05:42Bon, qu'est-ce qu'il annonce ?
05:42Qu'il annoncera peut-être des choses fin octobre.
05:44Ça valait la peine de prendre la parole et de faire en sorte que tout le monde, vous, journalistes, nous,
05:48politiques, on s'organise pour l'écouter.
05:50– Le lendemain, son ministre rapporte quelques précisions, notamment avec les 3 000 profs en passant.
05:53– Je me suis dit qu'il gagne du temps, il sait qu'il y a une mobilisation demain qui
05:55sera un peu moindre que la précédente,
05:57puisque la précédente, c'était le gros week-end avec plein de gens dans la rue.
05:59Bon, finalement, il y avait beaucoup de monde, quand même, le mardi dans la rue,
06:01donc il dépêche son ministre de l'Éducation pour annoncer des choses auxquelles on n'a pas tout compris.
06:05Si on a compris qu'il y avait 3 000 profs qui attendaient, qui ne l'affectaient pas,
06:08et que tout d'un coup, en 24 heures, ils savaient le faire.
06:10Donc, on s'est demandé pourquoi ils ne savaient pas le faire avant.
06:12Moi, je suis comme plein de Français, je me suis posé beaucoup de questions à chaque intervention.
06:15Donc voilà, ils temporisent.
06:17Ils temporisent sur un truc qu'ils n'ont pas forcément vu venir,
06:19dans une situation qui les met en difficulté, parce que moi, ça m'est arrivé,
06:23et vous avez couvert ces événements, mobilisés contre une réforme.
06:26En disant, vous retirez cette réforme, et donc, soit ils la retirent, et c'est fini,
06:29soit ils ne la retirent pas, et ça continue.
06:30– On parle de parcours sup, en l'espèce.
06:32– Non, non, mais moi, je parle des mobilisations.
06:34– En règle générale, sur les retraites, sur d'autres réformes de l'éducation nationale.
06:38Moi, à l'époque, sur la loi LRU,
06:42et en fait, voilà, là, c'est pour toute l'heure, finalement, ces mobilisations.
06:46– Oui, mais justement, vous, présidente, par une temps donné, comment on en sort ?
06:49Qu'est-ce que vous mettez sur la table pour dire aux étudiants,
06:51écoutez, c'est terminé, et aux lycéens,
06:52ok, je vous ai entendu, c'est terminé, on rentre à la maison ?
06:55– C'est paradoxal comme question, parce que moi, présidente,
06:58on ne serait pas arrivé, à mon avis, à cette situation-là.
07:00Là, on est au bout de 10 ans de mandat.
07:02– Vous l'avez vu venir, ce mouvement ?
07:04Vous sentiez que chez les lycéens, ils pouvaient…
07:07– On sentait que l'aspération dans tout le pays,
07:08et moi, ce que je pense depuis longtemps, c'est qu'il suffira,
07:11comme devrait dirait Johnny, d'une étincelle,
07:13et qu'en fait, ça va partir sur un sujet,
07:15et qu'il y aura une convergence des luttes immédiate,
07:18parce que beaucoup de gens n'ont ras-le-bol dans ce pays,
07:20ils se sont sentis méprisés, et ce n'est pas qu'un sentiment subjectif.
07:23– Et cette convergence peut avoir lieu ?
07:25– Je pense que Sébastien Lecornu, il a préparé dans son intervention.
07:29Quand il fait une allocution pour parler des lycéens,
07:31et qu'en fait, il parle du carburant, puis des agriculteurs,
07:33c'est qu'il voit bien qu'il est obligé, en fait,
07:35d'éteindre plusieurs feux en même temps,
07:37et des personnes qui ont une raison objective, encore une fois,
07:40en fin de deux quinquennats macronistes,
07:42de se sentir méprisées, il y en a énormément.
07:45Donc je pense que là, je vous ai cité les agriculteurs,
07:48les gens qui dépendent du carburant et les lycéens,
07:51mais je peux ajouter les retraités, je peux ajouter les écologistes,
07:54je peux ajouter les féministes, je peux ajouter les fonctionnaires,
07:57les journalistes aussi, j'ai fait les manifestations,
07:58les journalistes qui ont fait les menacées par l'intelligence artificielle,
08:01ça va faire beaucoup de monde dans la rue, ça va lui.
08:02– Je vous posais la question sur les lycéens,
08:04alors vous nous dites, moi président, tu n'aurais pas eu ce mouvement,
08:07ok, certes, mais si vous arrivez demain à l'Elysée,
08:09il peut y avoir un mouvement pour tout ce qui s'est passé avant, éventuellement.
08:13– Oui, oui, mais auquel on apportera des réponses immédiates ?
08:14– Les lycéens, ils ont 10 revendications, ça coûte 10 milliards,
08:17c'est ce qu'ils vous disent.
08:17Est-ce que vous dites, moi président, je les mets sur la table,
08:19les 10 milliards, il faut les mettre ?
08:20– Déjà, moi j'avais sorti, juste à la rentrée des classes,
08:22donc début septembre, mon programme pour l'éducation,
08:25et l'ensemble de leurs revendications étaient traitées par nos solutions,
08:30des classes moins chargées, parce qu'on a les classes les plus chargées d'Europe,
08:33des professeurs mieux rémunérés,
08:35parce qu'ils sont parmi les moins bien rémunérés d'Europe,
08:37la fin de Parcoursup, c'était dans notre programme,
08:39et puis même j'étais à Lens, j'ai fait la marche à Lens avant-hier,
08:42et il y a quelqu'un qui m'a dit, mais moi je suis à ESH,
08:44et du coup on ne parle plus de nous, parce que là on est sur les lycées,
08:46et les ESH, c'est dans les classes plutôt primaires,
08:49et je lui disais, nous on a écrit, nous en septembre,
08:53que vous devriez être classé catégorie B,
08:56être payé comme les professeurs, c'est-à-dire pas à l'heure,
08:59mais comme si vous faisiez un temps-là.
08:59– Mais vous dites que les 10 milliards, il faut les mettre sur la table ?
09:02– Après, moi je n'ai pas regardé dans le détail le chiffrage des lycéens,
09:06mais ces mesures, oui elles coûtent de l'argent,
09:07mais c'est investir pour notre avenir,
09:09et aujourd'hui quand on met l'éducation nationale,
09:11ça coûte aujourd'hui très cher,
09:13et quand on met autant de gens en échec en payant en tour d'argent,
09:15c'est qu'il y a un truc qui ne va pas,
09:17donc peut-être que ça mérite de mettre un peu plus d'argent
09:18pour que ça soit vraiment efficace.
09:21Par ailleurs, l'argent, il ne vient pas que du budget de l'éducation,
09:23moi je le dis, j'avais présenté cet été un programme,
09:27notamment pour, vous savez, c'est ce qu'on appelle la grande transmission,
09:30ces 9000 milliards d'euros qui vont changer de génération avec l'héritage,
09:33comment on taxe les héritages les plus élevés,
09:34donc c'est un tas de plus de 4 millions d'euros,
09:37on déploie 10 à 15 milliards d'euros par an en faisant ça,
09:40et j'en avais affecté deux, par exemple,
09:42sur le fond vert pour la rénovation du bâtisse scolaire, par an.
09:45Donc ça déjà, ces 2 milliards, moi dans mon budget,
09:47ils y étaient à cet endroit-là,
09:48pas sur le budget de l'éducation nationale,
09:49mais sur le budget du fond vert.
09:51J'ai été, en tant que conseillère générale des Hauts-de-France,
09:53interpellée l'hiver dernier par des étudiants à Amiens ou à Lille
09:56qui avaient 10 degrés dans leur salle de classe,
09:59qui faisaient classe en bonnet et en mouf,
10:00enfin je suis désolée, j'ai honte,
10:01et c'est des sujets qu'on n'a pas attendus cette semaine.
10:03Un sujet qui revient régulièrement,
10:05même s'il n'est pas en tête de la pile des 10 revendications,
10:09c'est Parcoursup.
10:10Pourquoi vous le replacez ?
10:12En fait, avant Parcoursup, ça marchait.
10:15Pas très bien, pour dire la vérité,
10:17ça n'a jamais vraiment bien marché.
10:18Là, en fait, ce qui est choquant dans Parcoursup,
10:20c'est de dire qu'en fait, c'est un algorithme
10:23qui va décider de votre avenir.
10:25Moi, je pense qu'on vit,
10:26et je le dis sur l'éducation,
10:28mais sur plein de domaines,
10:29un grand moment de perte de contrôle.
10:31Chacun, chaque Français a le sentiment de perte de contrôle,
10:34y compris sur votre orientation.
10:35On a vu plein de cas de quelqu'un
10:37qui mettait le recette de gâteau au chocolat,
10:38qui était accepté.
10:40En fait, j'en parlais avec des lycéens, là, à Lille,
10:41et ils me disaient,
10:42en fait, on a compris avec cet exemple
10:44qu'il fallait mieux être une recette de gâteau au chocolat
10:45qu'une personne racisée des quartiers populaires.
10:48Mais vous êtes d'accord pour qu'il y ait plus de chances
10:49d'être avec une recette de gâteau au chocolat
10:51et d'être pris qu'avec une vraie lettre de motivation ?
10:52Vous êtes d'accord pour qu'il y ait une sélection, quand même, non ?
10:54Parce que là, c'est un peu la sélection par l'échec.
10:57Historiquement, il y avait les filières
10:58qui ont toujours été sélectives,
10:59les prépas, les grandes écoles, etc.
11:01Et à la fac, ce n'était pas sélectif.
11:03Tout le monde pouvait s'inscrire.
11:04Et donc, à partir du moment où on dit
11:06« Non, tout le monde ne pourra pas aller à la fac non plus »,
11:08eh bien, du coup, vous devez sélectionner.
11:10Et comme on n'a pas le temps de sélectionner les dossiers,
11:11de faire des entretiens, des oraux, etc.,
11:13comme dans les filières très sélectives,
11:15au moins, c'est objectif, il y a des critères,
11:17c'est juste, c'est pas juste.
11:19Pour certains, c'est plus facile que pour d'autres, quand même.
11:21Mais bon, là, maintenant, c'est un algorithme très obscur
11:25avec une pression absolue mise sur les lycéens,
11:28mise sur leurs parents toute l'année.
11:29Et avant, c'est un tirage au sort ?
11:32Pour les facs, moi, à mon époque, on pouvait s'inscrire, point.
11:36Oui, mais plus...
11:37Si vous dormiez devant la fac.
11:39Plus avant l'instauration de Parcoursup.
11:41Oui, c'est ça.
11:42Mais c'est pour ça qu'en fait, moi, je propose de revenir
11:45comme c'était à l'époque.
11:46Et je pense que c'était beaucoup plus juste.
11:50Après, en fait, les gens, ils ont le droit d'essayer.
11:52De quel titre on explique à des jeunes ?
11:53T'as eu le bac, et bien, ça s'arrête là pour toi.
11:55Quand je vois le nombre de jeunes qui sont encore là
11:57en attente d'affectation, ou à qui, tout d'un coup,
12:00on dit du jour au lendemain, toi, tu vas dans telle ville,
12:02dans telle fac qu'ils se retrouvent avec leur sac à dos.
12:04Enfin, c'est n'importe quoi.
12:05On ne met pas assez d'argent sur l'éducation, c'est ça ?
12:07Oui, et puis on veut sélectionner.
12:09En fait, on barre, on met un mur, on bouche l'horizon
12:12certaines personnes qui sont quand même à peu près
12:14toujours les mêmes.
12:14Et donc, il y a ceux pour qui on ne s'inquiète pas
12:16qui auront toujours bien.
12:17C'est-à-dire qui est plus modeste ?
12:18Oui, parce qu'en fait, c'est un système
12:19de reproduction sociale, beaucoup.
12:21Alors, il y a toujours des contre-exemples
12:22qui permettent de dire, mais si, regardez, lui,
12:23il avait des parents ouvriers, il a réussi une très belle...
12:25Il a eu l'ENA et il est sorti dans les premiers.
12:27Ça arrive de temps en temps, mais ce n'est quand même
12:29pas la majorité des cas.
12:30Et puis, il ne faut pas que ces cas-là,
12:31ils fassent encore plus peser sur les épaules
12:33des gens qui échouent le fait que c'est de leur faute.
12:35Est-ce que vous diriez que l'école est inégalitaire en France ?
12:39Elle le devient et c'est dur parce que je sais
12:40que ce n'est pas l'objectif de la grande majorité
12:43du corps enseignant qui n'est pas là pour l'argent,
12:46qui est là pour l'amour de nos enfants,
12:47qui est là pour l'amour de la transmission,
12:49qui n'a pas les moyens de bien effectuer ses missions.
12:51Et moi, j'en vois plein, des profs,
12:53pas forcément qu'au lycée d'ailleurs,
12:54dans les classes en dessous aussi,
12:57qui donnent tellement d'amour, de temps à nos enfants,
13:00de patience, qui leur apprennent plein de choses.
13:02Ce sont des beaux métiers.
13:03Mais on a plein de sujets,
13:05notamment le fait qu'il y a de plus en plus
13:07de sélections aussi entre le public et le privé.
13:09Ça, c'est aussi un vrai sujet.
13:10L'argent que l'État et les collectivités,
13:12donc le public, met pour financer l'école privée,
13:15qui est aussi financée par les parents
13:17qui ont les moyens de financer l'école privée,
13:18donc qui a la fin plus de moyens pour ses enfants
13:20et qui vivent les écoles publiques.
13:21Il faut plus de mixité sociale aussi dans les écoles privées ?
13:24Ça me paraît assez évident.
13:25Mais vous voyez, il y a un truc qui est à l'œuvre aujourd'hui,
13:28qui fait que plus ce phénomène, il existe,
13:31plus il y a de parents qui disent
13:32« Du coup, j'ai compris.
13:33Moi, dans le quartier où j'habite,
13:34s'il va à l'école publique,
13:35il n'aura aucune chance.
13:36Quand il postulera pour telle école, pour tel job,
13:39le fait même d'avoir été dans tel lycée
13:40sera un critère de discrimination.
13:42Donc comme j'ai les moyens,
13:44je n'aurais pas fait ça normalement,
13:45mais là, du coup, je suis obligée de le faire.
13:46Et donc ce phénomène, il va en s'amplifiant.
13:49Il faut qu'on arrête ça,
13:49parce qu'on va se retrouver vraiment dans un système
13:51qui va enfermer des gens dans des lycées.
13:55Mais juste une chose,
13:55on a les moyens aujourd'hui en France
13:57de dire aux étudiants et aux lycéens qui manifestent
13:59« Vous avez raison,
14:00on va créer 250 000 places dans l'enseignement supérieur. »
14:04Parce que c'est ça qu'ils réclament.
14:06On a les moyens aujourd'hui ?
14:07Non, mais un, ils ont objectivement raison.
14:10Parce que là, vous citez cette demande-là,
14:11mais ils demandent aussi d'avoir du papier toilette.
14:13Oui, mais je cite précisément...
14:15Je pense qu'on pourrait leur dire oui.
14:16Ils demandent d'avoir assez de tables et de chaises
14:17dans leur salle de clash.
14:18Oui, mais ça, c'est l'évidence, c'est le basique.
14:21C'est l'évidence, mais excusez-moi, c'est pas fait.
14:22Mais je sais bien.
14:23C'est quand ils demandent ça,
14:23on leur envoie des tirs de LBD.
14:25Mais là où il y a débat,
14:26il n'y a pas de débat sur le papier toilette.
14:28Là où il y a débat, c'est...
14:29Il n'y a pas de débat sur le papier toilette,
14:30mais en fait, ça fait 10 ans
14:31que ce problème n'est pas résolu.
14:32Ça, je sais bien.
14:33Mais pourtant, il n'y a pas de débat politique.
14:35Imaginez sur les sujets où il y a débat.
14:46La région a baissé de 1%
14:47entre ce mandat et celui d'avant.
14:49Je ne suis pas sûr que le président de votre région
14:51dise, en fait, je vais arrêter de donner le papier toilette.
14:52Oui, mais c'est la conséquence très concrète
14:55des budgets qu'il nous fait voter.
14:56En répondant à ça,
14:56vous ne répondez pas sur les 250 000 places ?
14:58Non, mais donc, il y a...
15:00Comment on offre un avenir à nos enfants ?
15:02On est dans un moment
15:02où il y a l'intelligence artificielle
15:04qui fait que, pour plein d'entre eux,
15:06ils n'arrivent même pas à se projeter,
15:08mais nous non plus ici,
15:09donc c'est logique qu'ils n'y arrivent pas,
15:10sur ce sera quoi le marché du travail dans 10 ans.
15:12Et nous, on les oblige, là maintenant,
15:14très tôt, dès les choix de spécialité en seconde,
15:17etc., à faire des choix qui impacteront
15:19toute leur vie.
15:20Ça a toujours été le cas, Marine Tournelier ?
15:22Alors, je pense que le marché du travail, là,
15:24va évoluer bien plus vite
15:25que ce que vous et nous, nous avons connu.
15:27Vous dites, en fait, que la pression mise
15:28dès la seconde, en fait, pour être clair.
15:30Il faut faire des choix de plus en plus tôt.
15:31Moi, je fais partie des gens...
15:32Et ça, c'est beaucoup trop tôt.
15:33Moi, j'ai partie des gens qui, en seconde,
15:35ne savaient pas ce qu'ils allaient faire.
15:3614-15 ans.
15:36Mais en première non plus, en terminale non plus.
15:38C'est pour ça que j'ai fait une prépa,
15:40une belle, en disant,
15:40je vais continuer à faire toutes les matières.
15:42Et puis, j'ai voulu faire Sciences Po
15:43parce que je ne voulais pas choisir une matière
15:44et continuer à travailler sur tout.
15:46Et je peux vous dire qu'en dernière année de Sciences Po,
15:48à un moment, je me suis destinée
15:49à être directrice d'hôpital.
15:50Et puis, quand j'ai vu les euros,
15:51j'ai dit, non, mais ce n'est surtout pas ça
15:52qu'il faut que je fasse
15:52parce que j'avais un idéal derrière ce métier
15:55qui n'était pas la réalité concrète.
15:56Et même en sortant de Sciences Po,
15:57je ne savais toujours pas ce que je voulais faire.
15:58Donc après, j'ai travaillé dans la santé publique, etc.
16:01Mais vous voyez, on vit dans un monde
16:04où c'est difficile de savoir très jeune
16:05absolument ce qu'on veut faire
16:06et de se mettre dans une voie qui nous enfermera.
16:07Donc oui, aux 250 000 places ?
16:09Il faut trouver une solution
16:10pour que tous ceux qui ont envie d'étudier
16:12puissent le faire et dans de bonnes conditions.
16:14On a les chiffres ce soir, Marine Thondoni,
16:15les derniers chiffres des interpellations.
16:16Je vous les donne dans une seconde.
16:17Mais avant ça, j'ai deux images...
16:18Je me suis arrêtée à 6 000,
16:19mais je crains le pire du coup.
16:20On est beaucoup plus qu'à 6 000 ce soir.
16:22Avant ça, j'ai deux images à vous montrer.
16:24La première, c'était ce matin.
16:26Lycée HL, on est en Seine-et-Marne.
16:50Vous entendez, vous entendez la panique chez les élèves.
16:52J'ai une deuxième image à vous montrer au Sénat tout à l'heure.
16:55Écoutez ce que dit le Premier ministre.
16:57Ce que vous dit le Premier ministre,
16:59il demande où est passée la gauche face à ces violences.
17:03Où est la gauche qui défendait les enseignants et les proviseurs ?
17:07Où est la gauche ?
17:09Même pas un mot pour condamner des tirs de mortiers
17:13sur des salles de classe.
17:14On voit bien aussi une classe politique
17:16qui est en train de courir après le mouvement
17:18pour essayer de le récupérer à des fins électorales.
17:21C'est le moment de la grande clarification,
17:23Madame la Présidente.
17:24Oui, oui, ce mouvement au début a été instrumentalisé
17:28par vos ailliers de la France insoumise dans le Val-de-Marne.
17:31Et il s'adresse en répondant à la patronne des sénateurs écologistes.
17:34Qu'est-ce que vous répondez ce soir ?
17:35Je vais dire officiellement à Sébastien Lecornuie
17:37qui vous dit où est passée la gauche.
17:39Alors premièrement, moi j'ai toujours condamné
17:41toute forme de violence contre des êtres humains,
17:44que ce soit contre des lycéens, contre des policiers,
17:46contre des professeurs, contre des proviseurs.
17:48On a toujours été extrêmement clairs là-dessus.
17:49Donc je ne laisserai pas sous-entendre l'inverse.
17:52J'aurais bien aimé entendre des mots d'empathie,
17:54de compassion de sa part quand des lycéens,
17:56quand des enfants ont été mutilés à vie
18:00et dans cette mobilisation.
18:01Moi j'ai beaucoup échangé avec des lycéens.
18:03Certains me disaient, voilà, la gauche s'occupe des lycéens
18:05et la droite s'occupe des poubelles.
18:06On a l'impression qu'il y en a qui ont plus d'empathie
18:08quand une boubelle brûle
18:09que quand un gamin a la main arrachée
18:12ou perd un oeil pour la bâche.
18:13Vous diriez que c'est quel Premier ministre ?
18:15J'espère pas,
18:16mais j'ai entendu des propos extrêmement choquants
18:18sur le plateau télé
18:19et eu lu des horreurs sur les réseaux sociaux.
18:21Et moi j'ai beaucoup relu les mots très émouvantes
18:23de François Sureau
18:24qui explique à quel point
18:25beaucoup se sont habitués en fait
18:27aux pertes de liberté
18:28comme si c'était normal.
18:29Et je rappelle que la force publique
18:31elle est faite pour...
18:33Elle n'est pas faite pour protéger le pouvoir en place.
18:35Elle est faite pour protéger les citoyens.
18:37Pour assurer la liberté.
18:38Y compris quand ils ont envie de contester
18:39le pouvoir en place
18:40ce qui est une liberté.
18:41Vous avez raison, M. Thayard.
18:43Et donc à un moment
18:44c'est ces questions-là qu'on doit se poser.
18:45C'est-à-dire qu'on voit qu'on est en train de dire
18:46ah ben il perd une main
18:47mais qu'est-ce qu'il avait fait avant etc.
18:48Il n'y a rien
18:49qui justifie qu'un gamin de 15 ans
18:51perde une main à Lens.
18:52Moi c'est là où j'ai été au lycée.
18:53J'ai été extrêmement choquée
18:54de cette information.
18:55Et c'est ce qui a fait
18:55qu'à un moment je me suis dit
18:56je suis à 10 minutes de là
18:57je ne vais pas rester chez moi cloîtrée.
18:59Évidemment que j'y suis allée.
19:00Vous êtes allé manifester.
19:01Je précise que sa famille a porté plainte
19:02et a porté une précision aujourd'hui
19:04c'est qu'il avait perdu une main
19:05et que sa deuxième main
19:07avait été l'arrêtrisme de l'Abbédi
19:10qu'il avait perdu l'âge de plusieurs doigts.
19:11Mais juste Marie-Antandelier
19:12on va revenir dans quelques instants
19:14sur les violences
19:15et les accusations de violences policières.
19:17Juste sur cette image
19:18dans ce collège de tir de mortier
19:21encore une fois
19:22est-ce que pour vous
19:23vous qualifiez un moment
19:24d'un peu de bascule ?
19:25Est-ce que j'entends que vous les condamnez
19:27mais encore une fois
19:28on est à l'intérieur.
19:30Bien sûr que c'est un échec.
19:31Bien sûr que c'est terrifiant.
19:33Bien sûr que ça pose question
19:34à tous les politiques
19:35à tous les journalistes que nous sommes
19:36à tous les parents
19:37qui regardent ces images
19:38et qui ont peur pour les enfants.
19:39Qu'est-ce qui est devenu notre école ?
19:41Qu'est-ce qui est devenu notre école ?
19:42Je n'ai aucun problème à dire.
19:44Et notre école est devenue quoi alors ?
19:45Quand vous voyez ça ?
19:45Encore une fois
19:46qui n'est pas généralisée
19:47ça ne se passe pas
19:48dans chaque établissement.
19:48Et quand les profs 149 personnels
19:50de l'éducation nationale
19:52ont été blessés
19:54149 personnels
19:54plus de 200 élèves.
19:56Oui et beaucoup de lycéens également.
19:59Mais vous voyez
20:00vous avez commencé par me dire
20:01ce mouvement
20:02il a été instrumentalisé et compagnie.
20:04Enfin moi j'ai rencontré
20:04C'est le Premier ministre
20:05C'est le Premier ministre qui le dit.
20:06Non mais ça a été dit aussi
20:07sur beaucoup de plateaux etc.
20:09Oui mais nous on ne vous l'a pas dit ce soir.
20:11Excusez-moi
20:11mais j'étais à Douai
20:12où je rencontre des lycéens
20:15et alors dans la Réunion
20:17je vois très peu de gens
20:18qui sont engagés politiquement
20:19très peu de gens
20:20qui sont syndiqués
20:21donc je dis
20:21mais comment vous avez fait
20:22pour bloquer un lycée ?
20:23Moi au lycée
20:24on m'aurait dit
20:24tu bloques ton lycée
20:25je ne savais pas comment ça marchait.
20:26Et bien ils me disent
20:27on a regardé dans le chat de GPD
20:28comment bloquer son lycée.
20:30En fait ce mouvement
20:31il est parti
20:31il a été très spontané
20:33et on est à une ère moderne
20:34où on peut
20:35sans avoir forcément
20:36tout structuré partout
20:37avoir des mouvements comme ça
20:39où ça commence en bon lieu
20:40et puis les jeunes regardent
20:41en disant
20:41moi je ne suis pas en bon lieu
20:42mais je suis solidaire
20:43de ce qu'ils disent
20:43donc je vais faire pareil
20:44et puis de toute façon
20:46ça ne peut plus durer
20:47et donc ce mouvement
20:48il a été un peu spontané.
20:48Il n'y a pas que de la spontanéité non plus ?
20:50Les accusations
20:50d'instrumentalisation des communistes.
20:52Excusez-moi
20:53ce qui a joué beaucoup plus
20:53que la EFI
20:54c'est les réseaux sociaux
20:55où on a une ère
20:56où ce qui se passe dans un lycée
20:57et le fait qu'il y ait un blocage réussi
20:59qui rend fier etc
21:00peut être calqué
21:01à l'autre bout du pays
21:02parce qu'on voit ces images
21:03ou que quelqu'un
21:04qui perd sa main à un lance
21:05les lycéens
21:06à l'autre bout du pays
21:06vont être solidaires
21:07de ces faits-là.
21:07Madame Tordelier
21:08comment vous expliquez quand même
21:09parce que je rejoins
21:11ce que disait Marie
21:12c'est quand même
21:12c'est une scène incroyable
21:15dans un établissement scolaire
21:17comment vous expliquez
21:18cette violence
21:20qui habite
21:21je ne dis pas les jeunes
21:22je dis certains jeunes
21:23et sans faire de lien d'ailleurs
21:25il y a aussi cette affaire
21:26qui malheureusement
21:27a eu lieu à
21:28à Aubagne
21:30pardon
21:30dans les bouches du Rhône
21:32où j'ai vu beaucoup de politiques
21:34parler à tort et à travers
21:35non mais là
21:36on va dire
21:37on va en rester là
21:38sans doute trop vite
21:38on va en rester là
21:39comme si c'était la France insoumise
21:40qui était liée
21:41et puis la gauche
21:41on en reste au fait
21:43que c'est un jeune qui arrive
21:44et qui sort un fusil
21:45et qui tire
21:45sur des gens
21:48qui se présentent devant lui
21:48des adultes apparemment
21:50comment vous expliquez ça
21:52c'est des choses
21:52qu'on ne semblait pas
21:53pouvoir rencontrer
21:55il y a quelques années
21:56et aujourd'hui
21:57on voit aussi
21:58à travers les manifestations
21:59même si vous pouvez avoir
22:00votre opinion
22:00sur l'attitude de la police
22:02quand même
22:03des violences
22:04qui sont assez
22:06assez vives
22:07de la part
22:08des jeunes manifestants
22:09je ne pense pas
22:10qu'en une phrase
22:10je vous explique
22:11tous ces phénomènes
22:11mais on voit bien
22:12qu'il y a un rôle
22:13des réseaux sociaux
22:13on voit bien
22:14qu'il y a un gros problème
22:14de santé mentale
22:15des jeunes
22:16aussi dans ce pays
22:17et moi je le dis
22:18ça fait des années
22:20qu'on explique
22:20le nombre de lits
22:21en santé mentale
22:22par rapport au nombre
22:23de personnes
22:24qui en auraient besoin
22:24et donc grosso modo
22:25en fait il y a une redistribution
22:27fiscale inversée
22:28selon le territoire
22:29où vous habitez
22:29déjà il n'y a pas
22:30assez de lits nulle part
22:31mais en plus
22:32vous payez tous
22:33les mêmes cotisations
22:34à la sécurité sociale
22:35sauf que selon le département
22:36où vous habitez
22:37vos enfants auront accès
22:38ou pas
22:38à des lits
22:40d'hospitalisation
22:40en santé
22:41en psychiatrie
22:42pour enfants et ados
22:43etc.
22:43ou pas
22:44donc ça c'est un autre sujet
22:45et on voit bien que
22:47derrière beaucoup
22:48de ces actes
22:49il y a du masculinisme
22:51il y a des théories
22:53d'extrême droite
22:53parfois ça existe aussi
22:54enfin c'est pas
22:55on a l'impression
22:56que c'est l'ultra gauche
22:56qui menace la France
22:57c'est pas vrai
22:58les gens ils entendent
22:59n'importe quoi
23:00à longueur de semaine
23:00sur les réseaux sociaux
23:01sur certaines chaînes de télé
23:03ça percole
23:05et ça donne des drames
23:06à la fin
23:06donc ça c'est un vrai sujet
23:07moi je pense vraiment
23:07qu'il y a un sujet
23:08de santé mentale
23:08de réseaux sociaux
23:09et d'état du débat public
23:11en réalité
23:11et des parents aussi
23:12de responsabilité parentale
23:14aussi dans tout ça
23:14ouais mais après
23:15les parents
23:15il faut les aider aussi
23:17à faire ça
23:17moi j'avais vraiment détesté
23:20les moments de leçon de morale
23:21de Gabriel Attal
23:21notamment sur
23:22si ça continue
23:23les parents défaillants
23:24plus d'allocations familiales
23:25etc.
23:25et il n'est pas seul
23:26il était ministre de l'éducation
23:27à l'époque
23:27et il est devenu premier ministre
23:28juste après
23:29et je me rappelle
23:30il nous a reçu
23:31et je lui avais dit
23:31vous savez monsieur Attal
23:32vous êtes maintenant
23:32premier ministre
23:33et donc vous représentez l'État
23:34vous avez à la charge
23:35tous les enfants de l'ASE
23:37et c'est vous qui égressez
23:38leur autorité parentale
23:39Vous n'êtes pas pour
23:39tu casses, tu payes ?
23:41Bah en fait
23:42je trouve que dire
23:44que c'est la faute des parents
23:45c'est un peu facile
23:46parce qu'élever des enfants
23:47dans certains territoires
23:48c'est pas pareil
23:49qu'élever des enfants
23:49dans d'autres territoires
23:50si vous voyez ce que je veux dire
23:51et selon vos moyens
23:52vos revenus
23:53c'est pas la même chose non plus
23:54donc ça c'est très facile
23:56quand vous êtes bien né
23:57vous avez fait les meilleures écoles
23:58vous êtes à Matignon
23:59et vous dites
24:00qu'est-ce que vous faites
24:01avec vos enfants
24:02occupez-vous-en
24:03et je rappelais à monsieur Attal
24:04qu'il avait l'autorité parentale
24:06sur les enfants de l'ASE
24:07et que je ne trouvais pas
24:09tous ceux qui l'avaient précédé
24:10par ailleurs
24:11moi j'avais beaucoup discuté
24:12avec Amine Kessassi
24:13vous savez
24:14qui se bat contre le narcotrafic
24:16et qui l'a payé
24:17très très lourdement
24:18dans sa vie familiale
24:19la maman d'Amine Kessassi
24:21qui d'ailleurs appelle la police
24:23pour dire
24:23moi mon fils
24:24il est dealer
24:24il est à tel endroit
24:25allez le chercher
24:26la police
24:26il dit
24:26ben non on ne peut pas faire ça
24:27si si vous allez chercher mon fils
24:28moi je ne veux pas qu'il tombe là-dedans
24:29allez le chercher
24:29la police n'y va jamais
24:31vous savez comment ça se termine
24:31et bien Amine
24:34typiquement si sa mère
24:34avait perdu les allocations familiales
24:36Amine il ne pourrait pas
24:37se procher dans un boulot d'avocat
24:38sa soeur
24:39elle n'aurait pas pu bosser
24:40dans la main de l'air
24:40son troisième frère
24:41qui malheureusement
24:42est décédé entre temps
24:43lui aussi victime de narcotrafic
24:44il n'aurait pas pu dire
24:45moi je veux être gardien de la paix
24:46puisque c'est ça
24:47qu'il voulait faire comme métier
24:48parce que
24:49une fois que les allocations familiales
24:50elles sont supprimées
24:51pour peut-être un enfant
24:52de la fratrie
24:53qui dérape
24:54ben ça punit
24:55tous les frères et soeurs
24:56il faut qu'on avance
24:57Marine Tendelier
24:57je vous donne le chiffre
24:58des gardes à vue
24:58on est à 7950 gardes à vue
25:00je l'ai vu sur le bandeau
25:027950 gardes à vue
25:03vous nous disiez tout à l'heure
25:04que vous croyez
25:04à la convergence des luttes
25:05que vous serez
25:06juste je dis que
25:07les gilets jaunes
25:08sur un an
25:09ça a été 10 000
25:10donc là je veux bien
25:11qu'il y ait des débordements
25:12dans certains endroits
25:13mais qu'est-ce qui justifie
25:14qu'on mette 7 000 jeunes
25:15en garde à vue
25:16et moi vous voyez
25:17j'étais par exemple à Lille
25:18on m'expliquait au lycée Baggio
25:19qui n'est pas forcément un lycée
25:21qui est habitué
25:21des blocages
25:22des luttes
25:23qui est très politisé
25:24c'est là que ça a commencé à Lille
25:25et d'ailleurs tous les autres
25:26ont dit
25:26pourquoi Baggio c'est nous d'habitude
25:31il n'y avait jamais eu d'arrestation
25:33et le jour où j'y étais
25:34le matin même
25:35il y avait une arrestation
25:36ils disent
25:36c'est la seule noire
25:37quasiment du blocage
25:38qui a été embarquée
25:39et donc vraiment
25:40ils s'interrogeaient
25:41en disant
25:41c'est pas comment vous le dire
25:44on est tous ensemble
25:45la police est raciste
25:47je vous fais part
25:48de ces lycéens
25:49que je reçois
25:50si vous le mettez
25:51sur la table ce soir
25:51c'est ce que vous voulez dire
25:52je les reçois ce matin là
25:54en disant alors
25:54quelles sont les nouvelles du front
25:56comment ça se passe
25:56et quoi vos impressions
25:57ils disent
25:57on veut commencer par un truc
25:58on est très choqués
25:59parce que ce matin
26:00sur le blocage
26:00on était tous ensemble
26:01il n'y avait pas un
26:02qui faisait plus
26:02moins etc
26:03et c'est la première fois
26:04qu'ils embarquaient quelqu'un
26:05depuis tous les blocages
26:06et ça s'est retrouvé
26:08sur cette jeune fille
26:09on ne sait pas comment vous décrire
26:10bon c'est la seule personne noire
26:12qui était sur le blocage
26:13on est extrêmement choqués
26:14il y a une mobilisation soutien
26:15est-ce que vous pouvez venir etc
26:16donc moi
26:17je ne sais pas exactement
26:18ce qui s'est passé
26:18mais vous voyez
26:19la perception par ces jeunes
26:20elle compte
26:20là j'en avais une autre à Douai
26:22qui me dit
26:23je me fais plaquer au sol
26:24et lacrymo dans les yeux
26:25pendant 15 secondes
26:26c'est très long
26:2715 secondes
26:27et j'avais rien fait
26:29et quand je dis au policier
26:30mais pourquoi vous me faites ça
26:30il me répond
26:31il ne fallait pas être là
26:32bon c'est quand même
26:33assez choquant
26:34et donc à la fin
26:34et les policiers vous expliquent
26:35ce soir
26:35policiers gendarmes vous expliquent
26:36qu'il y a 900 blessés
26:37de leur côté
26:37et qu'ils ont été face à une violence
26:39qu'ils n'avaient aussi jamais vue
26:40il n'y a rien qui justifie
26:42d'être violent
26:42contre d'autres êtres humains
26:43point
26:44donc voilà
26:45mais vous voyez bien
26:45comment ça s'embrase
26:46et moi j'ai aussi vu
26:47sur les réseaux sociaux
26:48d'autres exemples
26:51des gendarmes
26:52qui semblent avoir
26:54les bonnes méthodes
26:54d'un policier
26:55qui demande à tous ses collègues
26:58d'enlever leur casque
26:58pour apaiser les tensions
26:59et ça se passe très bien
27:00j'ai vu aussi des scènes
27:01où ça se passait très bien
27:02donc je le dis
27:04forcément il y a une sorte de
27:06enfin
27:06il n'y a pas de violence systémique
27:07non mais moi les lycéens
27:08me disaient aussi
27:08on a fait plein de bocages
27:10où ça s'est très bien passé
27:10personne n'en a jamais parlé
27:12et les moments où on en parle
27:13c'est parce qu'il y a
27:14une demi-poubelle qui brûle
27:15comme si c'était ça
27:16qu'on voulait donner à voir aux gens
27:17et ils disent en fait
27:18quand il n'y a rien qui brûle
27:19et que tout se passe bien
27:19on ne parle pas de nous
27:20et pas de nos revendications
27:21donc ils ont aussi peiné de ça
27:22et je veux transmettre ce message
27:23vous disiez en début d'interview
27:24convergence des luttes
27:25vous serez dans la rue samedi
27:26évidemment
27:27à l'appel de qui
27:28avec une pancarte
27:28touche pas à mes gosses
27:29parce que je pense que
27:30comme beaucoup de parents
27:31mais avec qui Marine Tondelier
27:32parce qu'on a du mal à comprendre
27:33alors on voit que la CGT
27:34avec les lycéens
27:35est dans le coup
27:36les lycéens
27:36les organisations intelligentes
27:38sont là aussi
27:38et après il y a l'espèce de débuleuse
27:40avec le mythe des gilets jaunes
27:42qui plane un peu
27:42est-ce que vous savez
27:43avec qui vous allez manifester
27:44qui veut bien
27:44moi je ne suis pas
27:46c'est pas une boîte de nuit
27:46on dit t'as des baskets
27:47tu rentres pas
27:48et on trie à l'entrée de la manif
27:49ceux qui veulent être solidaires
27:52de ce mouvement là
27:52ceux qui estiment
27:54qui ont été méprisés
27:55pendant 10 ans
27:55et ça fait beaucoup de monde
27:56et qui veulent légitimement
27:58venir dire
27:58écoutez monsieur Macron
27:59pour toute votre oeuvre
28:00je manifeste aujourd'hui
28:01on en a ras le bol
28:02on veut des réponses
28:03mais c'est quoi les réponses
28:04que vous attendez
28:05parce que attendez
28:05entre les agriculteurs
28:08les fonctionnaires
28:09les lycéens
28:10les étudiants
28:11tout le monde n'attend pas
28:12la même chose
28:13c'est à six mois
28:13d'une élection
28:14mais c'est pour ça
28:14que je vous dis
28:15que ce mouvement
28:15elle est particulier
28:16c'est que
28:16par exemple pour les retraites
28:18c'était on veut
28:19que cette réforme
28:20n'aille pas au bout
28:20c'était clair
28:22ils savaient ce qu'ils avaient à faire
28:23ils l'ont quand même pas fait
28:24oui oui j'entends bien
28:24mais alors là
28:25c'est encore plus compliqué
28:26bah ouais
28:26c'est pour toute leur oeuvre
28:28donc c'est une manifestation
28:29anti-Emmanuel Macron
28:31c'est les résultats
28:32de 10 ans de mépris
28:33et je pense que
28:34la première demande
28:34c'est du respect
28:35c'est de la justice sociale
28:36c'est que ce soit juste
28:37en fait
28:37avec des consignes
28:39qui doivent être passées
28:40par vous
28:41responsable politique
28:42vous n'êtes pas la seule à dire
28:43que vous serez dans la rue
28:44samedi
28:45d'appel
28:46un peu à l'apaisement
28:47et que ça ne vire pas
28:48mais vous savez
28:49les écologistes ont été
28:50à l'initiative du mouvement
28:51d'Aron d'Aron
28:52parce que moi j'ai entendu
28:53notamment à Lens
28:53plein de parents
28:54qui disent
28:54moi je vous le dis
28:55madame Tondelier
28:55je dis à mes parents
28:56à mes enfants
28:56vous ne sortez plus
28:58ils avaient peur pour leur enfant
28:59très légitimement
29:00après ce qui s'était passé
29:00au lycée Béal
29:01avec cette main arrachée
29:02et moi je leur disais
29:03bah je comprends
29:04mais ce que vous pouvez faire aussi
29:05c'est dire moi je vais manifester
29:07avec mes enfants
29:07et cette manifestation
29:09elle a eu lieu
29:10c'était il y a deux jours
29:11et il y avait
29:11des parents d'élèves
29:12des profs
29:13il y avait même
29:14deux mamies qui m'ont dit
29:15nous on est les mamies
29:15avec les lycéens
29:16nos petits-enfants sont là-bas
29:17et les lycéens
29:18et ça s'est très bien passé
29:19parce que je vous le dis
29:21l'attitude des forces
29:22elle n'est pas la même non plus
29:23donc il y a un truc
29:24d'agressivité collective
29:26qui redescend
29:27mais vous voulez installer
29:27un bras de fer
29:28c'est ça ?
29:29mais nous on était
29:29avec des casques blancs
29:30dans la rue
29:31à l'initiative du député écolo
29:32Pourria Amir Chahi
29:33la fois dernière
29:34en première ligne
29:34et oui ça participe
29:36à faire baisser la tension
29:37donc s'il faut recommencer
29:38on recommencera
29:39Marine Tondevier
29:40il est tout frais de ce soir
29:41dernier sondage
29:42IFOP fiducial
29:42pour Sud Radio
29:46absolument
29:46Marine Le Pen
29:48toujours en tête
29:48entre 32 et 36%
29:50ce soir
29:51selon les scénarios
29:52je regardais
29:53vous êtes à 2%
29:54il était temps
29:55que je revienne en campagne
29:55est-ce que vous irez vraiment
29:57jusqu'au bout Marine Tondevier ?
29:58non mais il était temps
29:59que je revienne en campagne
29:59est-ce que vous irez jusqu'au bout ?
30:01vous allez me poser
30:02cette question-là
30:03tout le jour si vous voulez
30:04vous savez quel est notre calendrier
30:05nos militants
30:06ainsi que moi-même
30:07on fera un choix
30:08je crois que c'est le 12
30:09ou le 13 décembre
30:10le 13 décembre
30:11parce que c'est un vote
30:13qui va être sur plusieurs jours
30:13donc vous aurez les résultats
30:14le 13
30:15et il y aura quelques jours de vote
30:17mais vous votre volonté
30:17c'est quoi ?
30:18vous savez ce qui compte
30:19c'est ni ma volonté
30:20ni le sondage
30:21c'est un petit peu quand même ?
30:21non
30:22enfin moi je ne fonctionne pas comme ça
30:23on peut être candidate
30:23contre sa volonté ?
30:25non mais je ne suis pas quelqu'un
30:26qui depuis
30:26qu'elle a 4 ans et demi
30:28rêve d'avoir des affiches
30:29à mon nom dans toute la France
30:30c'est pas pour ça
30:31que je fais de la politique
30:32moi je fais de la politique
30:32pour changer la vie des gens
30:33et j'ai un peu honte
30:34de ce moment où
30:35vous savez on fait miroiter aux gens
30:37on parlait de plein de revendications
30:38des lycéens etc
30:39on est dans le moment
30:40où on reçoit les catalogues de Noël
30:41dans les boîtes aux lettres
30:42ça commence déjà
30:43moi je ne veux pas que nos programmes
30:44ce soient des catalogues de Noël
30:46où nos électeurs feuillettes
30:47en disant
30:47ça fait envie
30:48ils ont des étoiles plein les yeux
30:50comme vos enfants
30:50peut-être devant les galeries
30:52Lafayette
30:52qui vont regarder les vitrines
30:53en disant
30:53peut-être que j'aurai ça
30:54peut-être que j'aurai ça
30:54puis à la fin
30:55ils n'auront peut-être rien du tout
30:56parce qu'on n'aura pas l'argent
30:57pour leur payer
30:57ou pas les bonnes personnes
30:59à l'Élysée
30:59et donc moi je ne veux pas
31:01qu'on fasse miroiter à nos électeurs
31:02que tout ça c'est possible
31:04qu'on va changer leur vie
31:05alors qu'on ne s'organise pas
31:06pour pouvoir gagner
31:07moi ce qui m'intéresse
31:08il y a une seule chose
31:09qui m'intéresse
31:09c'est le chemin de victoire
31:10pour notre camp politique
31:12donc notre mouvement
31:13il a trois objectifs
31:13la place de l'écologie
31:14dans cette campagne
31:15et à l'arrivée
31:17la victoire possible
31:18de notre camp
31:18et que l'extrême droite
31:19ne prenne pas le pouvoir en France
31:22votre camp c'est quoi ?
31:25Oui mais il y a trois
31:26il y a trois gauches je dirais
31:28Donc j'ai bien compris
31:29il y a une partie de la gauche
31:30qui a décidé de tuer
31:31l'autre moitié de la gauche
31:32et qui somme les écologistes
31:33de les aider à appuyer
31:34sur la détente
31:34et ça vaut pour les deux parties
31:36et moi ce n'est pas mon but
31:37dans la vie
31:38je ne suis pas là
31:38pour aider un tel
31:40à être roi du cimetière
31:41contre l'autre
31:41ou vice versa
31:42ça ne m'intéresse pas
31:43Et vous savez que l'issue de cela
31:46c'est une très possible défaite
31:47Donc moi
31:48évidemment que c'est la chronique
31:49d'une défaite annoncée
31:50ça fait deux ans que je l'explique
31:51et c'est pour ça
31:52qu'on voulait faire une primaire
31:53très très large
31:53alors certains nous ont dit
31:54oh non c'est une petite primaire
31:56on ne veut pas y participer
31:57donc ils ont fait
31:58une encore plus petite primaire
31:59comme ça c'est plus facile
32:00de la gagner
32:01et puis après ils disent
32:01les écologistes c'est bon
32:02on a terminé notre primaire
32:03vous pouvez venir
32:04ça ne marche pas comme ça
32:04ce n'est pas aussi simple la vie
32:05Vous arrivez à prononcer
32:06le nom de Raphaël Guxman ou pas ?
32:08Mais mon but n'est pas
32:08parce que si je prononce celui-là
32:09il faut que j'en prononce un autre
32:10et puis il faut que je les prononce tous
32:12et je sais comment va se transformer le débat
32:13Moi je suis venue vous dire
32:14Vous savez comment on va se transformer le débat
32:16c'est-à-dire ?
32:16Comment ?
32:16Comment il va se transformer ?
32:18Bah c'est voilà
32:19c'est les écologistes
32:20vous devez aider l'un ou l'autre
32:22appuie sur la tête
32:23Et alors ?
32:23Et donc vous choisissez quoi ?
32:24Et alors ?
32:24Moi mon critère de choix
32:26c'est qui peut gagner
32:29la présidentielle à gauche
32:30et aujourd'hui
32:32personne n'est capable
32:32de l'emporter seul
32:33alors vous pouvez dire
32:34que moi j'en suis pas capable
32:35mais les autres non plus
32:36seul ça ne marchera pas
32:36Donc ma question c'est
32:38est-ce qu'on est capable
32:38de se dépasser tous
32:41de se transcender
32:41pour quelque chose
32:42qui nous dépasse
32:43Mais vous savez qu'aujourd'hui
32:44c'est pas le cas
32:45vous n'êtes pas capable
32:46C'est exactement pour ça
32:47que je vais continuer à me battre
32:48je mène une double campagne
32:49pour l'écologie
32:50et pour l'union
32:51c'est les tracts qu'on distribue
32:52en ce moment en France
32:53pour l'écologie
32:54et pour l'union
32:54Donc nous avons au mois d'août
32:56écrit à tous nos partenaires
32:57dont Raphaël Luxman
32:58dont Olivier Faure
33:00Ah vous l'avez dit
33:00Ah mais du coup
33:01je dois tous les dire
33:01dont Jean-Luc Mélenchon
33:03Vous l'avez dit
33:03parce que vous ne l'avez pas cité
33:05dans votre communiqué
33:06de dimanche soir
33:06quand il a gagné la primaire
33:08vous ne l'avez même pas félicité
33:09donc je voulais savoir
33:11Je félicite tous les candidats
33:13je suis très contente
33:13qu'on soit plein
33:14mais maintenant
33:14il va falloir qu'on se parle
33:15C'est celui qui faisait
33:16le choix du repli
33:17Voilà comment vous avez
33:19qualifié après une semaine
33:20On avait préparé pendant un an
33:21une primaire
33:22et son critère pour y participer
33:23c'était que je ne puisse pas
33:24y participer
33:24ainsi que François Ruffin
33:25Donc oui j'appelle ça du repli
33:27Après moi je ne veux pas
33:27passer la campagne
33:28à faire ni le jeu
33:29des sept différences
33:30entre les candidats
33:32ni à passer mon temps
33:33avec commentatrie sportif
33:34à mettre des baffes
33:35à l'un et à l'autre
33:36Mais il y a une forme
33:37de main tendue
33:37ça part après
33:40Le soir de l'élection
33:41Moi je leur ai tendu la main
33:42mi-août
33:43j'ai écrit un courrier
33:44à tout le monde
33:44et donc je n'ai pas cité
33:45les régionalistes bretons
33:46que je vais citer aussi
33:47ainsi que Nouvelle Donne
33:48comme ça j'aurai cité tout le monde
33:49Je leur ai tous écrit
33:50pour leur dire
33:51parlons-nous
33:51et moi ce qui m'intéresse
33:52c'est qu'on écrive
33:53ce chemin de victoire
33:54donc on va rencontrer
33:54tout le monde
33:55avec quatre sujets
33:57nos programmes respectifs
33:58ce qui converge ou pas
33:59et comment on fait
34:00que ce qui ne converge
34:01pas encore converge
34:02l'accord de gouvernement
34:03qui pourrait
34:05nous faire travailler ensemble
34:07l'accord législatif
34:08évidemment
34:08parce qu'être d'accord
34:09sur ce qu'on va faire
34:10mais pas sur comment
34:10on a majorité sur le fer
34:11pour le fer ça ne marche pas
34:12et d'ailleurs
34:13c'est mon sujet
34:14avec Raphaël Glucksmann
34:15c'est que vous additionnez
34:17le sondage actuel
34:18de Raphaël Glucksmann
34:18et celui des écologistes
34:20ça ne fait pas 50%
34:21ça ne fait même pas
34:23le deuxième tour
34:23ça ne fait même pas
34:24une qualification au deuxième tour
34:25et donc s'il dit
34:26que jamais de sa vie
34:26il ne travaillera
34:27avec un seul insoumis
34:28en France
34:29ça veut dire
34:29qu'il va travailler
34:30avec celles et ceux
34:31qui ont méprisé l'écologie
34:32et dans les gouvernements
34:33successifs d'Hollande
34:34et dans les gouvernements
34:35Vous craignez qu'il se tourne
34:36vers le camp Macroniste ?
34:37quand je vais rencontrer les gens
34:38on va discuter des programmes
34:39on va discuter
34:40de l'accord de gouvernement
34:41des législatives
34:43et voilà
34:43et aussi du dispositif de campagne
34:45moi ce qui m'intéresse
34:46quand j'aurai discuté tout ça
34:47c'est quel chemin de victoire
34:48c'est-à-dire que si
34:49c'est pour aller avec quelqu'un
34:51où ensemble
34:52il n'y a aucune perspective
34:53de victoire
34:54bah en fait
34:55pourquoi on fait ça ?
34:56ce qui m'intéresse
34:57c'est de trouver
34:57et il est mince
34:58ce chemin de victoire
34:58parce que vous avez raison
34:59de dire
34:59il y a la chronique
35:00d'une défaite annoncée
35:01et là on voit
35:01les images dans la rue
35:02il y en a qui me disent
35:03ah ça y est
35:03la mobilisation part
35:04c'est sûr
35:04on va gagner
35:05il y a un peu
35:05mai 68
35:06attendez je rappelle quand même
35:07qu'après mai 68
35:07la gauche elle a gagné
35:09mais 13 ans après
35:10donc c'est pas parce qu'il y a
35:11une mobilisation sociale
35:12en ce moment
35:12que ça a suffi
35:13et après mai 68
35:13c'est le général de Gaulle
35:15d'ailleurs
35:15qui a gagné
35:15et c'est l'ordre qui gagne
35:17largement
35:17mais l'ordre juste
35:19a perdu la primaire socialiste
35:20quand vous dites nous
35:21quand vous dites nous
35:22mais vous êtes extrêmement divisé
35:24à l'intérieur de votre
35:26camp écologiste
35:27bah en fait on réfléchit
35:29ça va pas exploser
35:30en fait les verts
35:30ça a jamais été une caserne
35:31c'est pas non plus
35:32un libre service
35:34où chacun peut faire ce qu'il veut
35:35mais c'est pas une caserne
35:36et moi je suis fière
35:37d'être à la tête
35:38d'un mouvement
35:38où les gens
35:39ils ont le droit de réfléchir
35:40ils ont le droit
35:41de se poser des questions
35:42extrêmement légitimes
35:43que se posent
35:44à peu près tout électeur de gauche
35:45et écologiste en ce moment
35:46c'est à dire
35:47comment on fait
35:48et ils ont bien compris
35:49alors il y en a qui sont
35:50emplis de certitude
35:51faut absolument faire ci
35:51ou absolument faire ça
35:52on a compris
35:52mais la majorité des militants écolos
35:54ils observent
35:55ils se font un avis
35:56ils sont très fiers de la démarche
35:57qu'on a lancée de discuter
35:58avec tout le monde
35:59parce qu'ils voient bien que
35:59évidemment c'est pas facile
36:01ce qui est humain en politique
36:02c'est de dire
36:03bah moi je veux jusqu'au bout
36:04je m'en fous
36:05c'est moi tout seul
36:06et moi absolument
36:06chacun dans son couleur de natation
36:08et on dit du mal des autres
36:09nous on dit
36:09on est ni socialiste
36:11ni insoumis
36:11ni communiste
36:12on est écologiste
36:12mais on peut pas se résoudre
36:14avoir un autre camp
36:15foncé dans le mur
36:16pour la troisième fois
36:17et pas être du tout
36:18au deuxième tour
36:19donc encore une fois
36:19on est là pour discuter
36:20avec chacun
36:21de quel chemin de victoire
36:22est possible
36:22et vous avez appelé
36:23juste Raphaël Glucksmann
36:24est-ce que vous l'avez appelé
36:24est-ce qu'il vous a appelé
36:25mais là j'ai appelé personne
36:26j'ai même pas réinstallé WhatsApp
36:28voilà
36:29on vient au début de l'interview
36:31vous voulez savoir
36:31quand je vais réinstaller WhatsApp
36:33pour appeler Raphaël Glucksmann
36:34mais on rencontrera tout le monde
36:35vraiment
36:35ça je vous dis
36:36c'est l'engagement que j'ai pris
36:37mais après
36:38si c'est pour
36:40écrire une histoire
36:40qui va nulle part
36:41ça sert à rien
36:42une petite question
36:43mais non
36:43mais non
36:44si vous pourriez aller
36:46jusqu'au bout
36:46c'est tout
36:47bah c'est les militants
36:48qui décideront
36:48mais oui c'est une option
36:49j'ai posé la question
36:49tout à l'heure deux fois
36:50mais j'ai pas eu de réponse
36:51si si si
36:51tout est sur la table
36:53mon travail
36:53et que toutes les options
36:54soient possibles
36:54et on décidera ensemble
36:56en décembre
36:56et on prendra la bonne décision
36:57parce qu'on la prendra ensemble
36:58on le disait tout à l'heure
36:59c'est votre première interview
37:00depuis la naissance
37:00de votre deuxième enfant
37:01naissance le 18 septembre dernier
37:03vous nous avez raconté
37:04les injonctions contradictoires
37:06faites aux femmes
37:07qui viennent d'accoucher
37:09et vous nous avez dit aussi
37:09il y a des sujets
37:10qui sont pourtant très politiques
37:11dont on ne parle jamais
37:12par exemple le postpartum
37:13la dépression postpartum
37:15une femme sur trois
37:16deux mois après la naissance
37:17en vous demandant à l'heure
37:18comment vous alliez
37:20pour vous
37:20il faut aussi
37:21que ces sujets là
37:22dont on ne parle
37:22jamais dans une présidentielle
37:24s'invite dans la
37:25ou plus que s'invite
37:27déboule dans la campagne
37:28alors
37:28je suis la seule femme
37:29chef de parti dans ce pays
37:31et on est deux femmes
37:32être candidates à la présidentielle
37:34et l'autre c'est Marine Le Pen
37:35et j'ai bien compris
37:36que les droits des femmes
37:36c'était pas sa première lutte
37:38dans la vie
37:38et c'est sûrement
37:39pour ces raisons aussi
37:40que les sujets féministes
37:42ou les sujets de la vie quotidienne
37:43des femmes
37:43ne sont pas beaucoup portés
37:44en politique
37:46quand j'ai dû annoncer
37:46ma grossesse
37:47j'ai expliqué mon parcours
37:48pour que les gens comprennent
37:49pourquoi
37:49je faisais un bébé
37:51en plein milieu de la présidentielle
37:52qui était un bébé miracle
37:53mais aussi un bébé surprise
37:54après trois ans de parcours
37:56infertilité
37:56bon c'est un couple sur cinq
37:57qui me concernait
37:58l'endométriose
37:59c'est une femme sur dix
38:00une femme sur trois
38:01vivra une fausse couche
38:02une interruption spontanée
38:03de grossesse
38:03parce qu'on dit fausse couche
38:05mais ça n'a rien de faux
38:05c'est très vrai
38:07quand ça vous arrive
38:08et moi ça m'est arrivé
38:09j'ai décidé d'en parler
38:09pour dire à toutes les femmes
38:10à qui ça arrive
38:11vous n'êtes pas seule
38:12et une femme sur trois
38:13vous le dites
38:13deux mois après
38:14son accouchement
38:15est en souffrance psychique
38:17dû à son accouchement
38:19et au postpartum
38:19et en fait
38:20on est entouré
38:21d'amour
38:22de soin
38:23d'attention
38:23pendant sa grossesse
38:24et une fois que le bébé est né
38:25c'est terminé
38:26y compris
38:27on a des très bons suivis de grossesse
38:28en France
38:29tous les mois
38:29des rendez-vous
38:30prise en charge à 100%
38:31et tout d'un coup
38:32vous vous retrouvez livré
38:33à vous-même
38:33avec ce bébé
38:34moi c'est le deuxième
38:35donc il y a des choses
38:36qu'on maîtrise peut-être
38:37un peu mieux
38:37mais c'est violent
38:38il y a des femmes
38:39qui se retrouvent toutes seules
38:39il y a des femmes
38:40qui se retrouvent toutes seules
38:41mais qu'est-ce que vous sous-entendez
38:43par la OIA
38:44on sait que
38:45quand vous choisissez
38:47d'allaiter
38:48après un accouchement
38:48vous avez un congé allaitement
38:50qui peut finalement
38:51allonger votre congé maternité
38:52avant de reprendre votre travail
38:54c'est ça
38:54c'est ma demande
38:55c'est pas le cas
38:56oui mais est-ce que vous pourriez
38:57par exemple demander
38:58ou inscrire dans votre programme
38:59un congé
39:00je ne sais pas comment
39:01vous l'appelleriez
39:02mais qui permettrait
39:03allaitement
39:04ou postpartum
39:05ou qui permettent
39:06d'intégrer dans votre congé
39:07une éventuelle
39:08oui dépression
39:09d'après-naissance
39:09moi je le dis
39:11déjà
39:11l'allaitement
39:12chaque femme fait ce qu'elle veut
39:13parce qu'on connaît aussi
39:14vous allaitez ça va pas
39:16vous avez toujours
39:17des critiques surtout
39:18l'OMS dit
39:20si vous allaitez
39:20la durée conseillée
39:22c'est 6 mois
39:23donc l'allaitement
39:24le début c'est très dur
39:25les nuits
39:25le jour aussi
39:26la mise en place
39:27vous avez toujours l'impression
39:28de ne pas bien
39:28c'est vraiment difficile
39:29les 3 premières semaines
39:31et puis une fois
39:31que ça se met en place
39:33en fait vous devez reprendre
39:34le travail
39:35et on vous dit
39:36c'est bien d'allaiter 6 mois
39:37on vous donne un tire-lait
39:38on vous dit
39:38il y a une salle de pause là-bas
39:39en fait c'est quand même
39:40très compliqué
39:40moi je pense que
39:41pour mon premier
39:42comme pour plein de femmes
39:42ça s'arrête mécaniquement
39:43parce que votre bébé
39:44finit par vous poussant
39:45en disant non merci
39:46on pourrait faire le biberon
39:47c'est plus simple
39:47et donc c'est hyper dur
39:49donc pour les femmes
39:50qui veulent continuer d'allaiter
39:51on doit pouvoir trouver
39:52des solutions
39:53il y a des pays
39:53où il y a des congés
39:54d'allaitement par exemple
39:55en France
39:56ce qu'on vous dit
39:56c'est votre médecin
39:57peut vous mettre
39:58en congé pathologie etc
39:59et sur le postpartum
40:00c'est très bien
40:01de se retrouver tout seul
40:01avec un bébé
40:02qu'on ne peut pas poser
40:02il y a des bébés
40:03qui ne supportent pas
40:04d'être posé d'être seul
40:04et il y a des femmes
40:05qui n'arrivent plus
40:06même se doucher avant midi
40:08des fois ça relève de l'exploit
40:09et donc voilà
40:09c'est par exemple
40:10le portage de repas à domicile
40:11on le fait pour des personnes âgées
40:12pour plein de gens
40:13pourquoi on ne le fait pas
40:14pour les femmes enceintes
40:15qui n'ont pas d'aide autour d'elles
40:16et qui n'y arrivent pas
40:17pourquoi on ne prend pas
40:18plus soin de la santé mentale
40:19des femmes
40:20et pourquoi on ne fait pas
40:21un vrai service public
40:22d'aide à domicile
40:23des femmes
40:23y compris pour les nuits
40:24par exemple
40:25parce qu'il y a des drames aussi
40:26qui arrivent
40:27parce que des femmes
40:27ne s'en sortent pas
40:28et sombres
40:28et sombres
40:29et donc je vous le dis
40:30vous n'êtes pas seules
40:31voilà
40:33et on va penser à vous
40:34et parler de vous
40:34dans cette campagne
40:35des femmes
40:36et de toutes les femmes
40:37des femmes qui sont malades
40:37qui ont des maladies
40:38sur lesquelles il y a moins de recherche
40:39que c'est des maladies féminines
40:40des femmes qui ont des ménopause précoces
40:42des pubertés précoces
40:43on va parler de tout ça
40:44dans cette campagne
40:45et je ne vais pas lâcher l'affaire
40:46Merci beaucoup Marine Tondé
40:48d'avoir été avec nous ce soir
40:49pour votre première interview
40:50de retour donc
40:51Je ne sais pas comment je vais en arrivant
40:53mais je vais mieux
40:53et dans cette campagne
40:54et ben voilà
40:55Merci à vous
40:56Je vais aller faire une nuit
40:58il y a une équipe de nuit
40:59ce pays qui toutes les nuits
41:00se lève toutes les heures
41:00pour nourrir son enfant
41:01en pensant aux autres parents
41:02et bien je penserai à vous
41:03cette nuit
41:04vous qui vous lèverez aussi
41:05Merci
41:06A vous