Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Nous sommes de retour en direct avec vous pour la suite du BFM Grand Soir, la parole aux lycéens, aux
00:04étudiants, aux profs ce soir avant une nouvelle grande journée de mobilisation.
00:07Demain, le mouvement peut-il encore grandir ou est-ce le chant du signe ? La journée de demain sera
00:12décisive.
00:13On en parle avec nos invités, Sophia Tizaoui. Bonsoir Sophia, merci d'être là, ancienne présidente de l'Union syndicale
00:18lycéenne.
00:18Ilyes Djaouti, bonsoir Ilyes, étudiant en M2 à Paris, Panthéon-Sorbonne. J'ai tous les détails.
00:24Merci d'être là également. Baptiste Gilly, bonsoir, merci d'être là également. Délégué national de l'Uni, syndicat étudiant.
00:30Et Nicolas Glière, bonsoir à vous, professeur de lettres au collège, co-auteur de École, le crépuscule du savoir, aux
00:36éditions Michalon.
00:37Yves Tréhard, lycéen, avec nous également. Elisa Hadev. Retraité. Voilà, avec nous.
00:44Demain, Sophia Tizaoui, triomphe ou chant du signe ?
00:49Triomphe, c'est ce qui va se passer parce que je pense que ces dernières mobilisations nous ont montré
00:54à quel point les jeunes peuvent être massifs dans la rue.
00:55Et je pense que ça va continuer à s'intensifier vu que le gouvernement n'est pas prêt à nous
00:59donner des réponses à nos revendications.
01:01Donc force est de constater que malheureusement pour eux, on va devoir encore être dans la rue.
01:04Je savais que vous alliez dire triomphe, donc j'avais préparé les chiffres derrière.
01:06On a 130 établissements fermés aujourd'hui du côté des lycées dans 27 départements.
01:10C'est-à-dire moins de lycées, c'est-à-dire moins de départements mobilisés.
01:12C'est-à-dire que depuis le début du mouvement, on voit qu'il y a là un palier qui
01:17a été sans doute franchi la semaine dernière
01:18et qui est en train de descendre, descendre, descendre, descendre.
01:20Oui, mais vous savez aussi bien que moi que mai 68 n'était pas constamment à la hausse.
01:25Et donc forcément, oui, ça arrive que dans des mobilisations, ça redescende, puis ça remonte.
01:29Et puis c'est le jeu aussi.
01:31Donc je pense aussi que les vacances vont être décisives, puisque je suis persuadée que ça va nous permettre à
01:35la fois de se reposer
01:36parce que les dix jours qu'on a passés ont été intenses.
01:38Vous n'avez pas peur que ça éteigne le mouvement ?
01:39Non, justement, ça va nous permettre aussi de se remobiliser pour la rentrée qui arrive,
01:44de s'organiser correctement et de se dire dès la rentrée,
01:46si on n'a pas eu de réponse pendant les vacances, on y retourne.
01:48Baptiste Gilly, vous n'êtes pas du tout sur cette même ligne-là ?
01:51Non, on n'est pas du tout sur la même ligne.
01:52On espère aussi des étudiants, des lycéens veulent à la manifestée comme ils veulent,
01:57mais pas de blocage.
01:58En tout cas, on l'espère.
01:59Malheureusement, je crois qu'on se fait un peu des illusions
02:01parce qu'on a vu que depuis des années et des années, les blocages se répètent,
02:04les dégradations, on l'a encore vu cette semaine à l'université de Nantes, sont terribles.
02:07On verra les images tout à l'heure.
02:07Donc, nous, on n'espère qu'une chose, c'est que l'ordre public soit respecté
02:10ou comment on fasse respecter l'ordre public et qu'on réouvre les lieux d'études
02:14parce que ça met sur le carreau des centaines et des centaines, voire des milliers d'étudiants
02:17qui vont être en décrochage scolaire dans les prochaines semaines.
02:19Mais vous, vous attendez à quoi demain ?
02:21On verra bien, ça, je ne peux pas le dire.
02:22En tout cas, nous, ce qu'on voit, c'est que les réseaux d'extrême-gauche sont présents
02:25et qu'ils mobilisent la jeunesse, qu'ils poussent à la manifestation.
02:28Donc, on verra si réussissent.
02:30Qu'est-ce que vous voyez, là, en ce moment, dans les...
02:31Là, ce qu'on voit, c'est que typiquement, l'union étudiante et l'union syndicale lycéenne,
02:34les deux bras de la France insoumise dans les lycées et dans l'université...
02:38Donc, l'union syndicale lycéenne, c'est pour vous, Sophie Atticaoui ?
02:40Oui, exactement, qui est très proche de la France insoumise, comme je l'ai déjà dit.
02:43Pour le coup, elle est proche de tous les partis de gauche.
02:44Vous êtes très minoritaire, du coup.
02:45Non, mais surtout de la France insoumise.
02:47Alors, je vous explique, j'ai vu aussi les photos que vous avez ressorties de moi à l'époque où
02:50j'étais présidente.
02:50Oui, surtout quand on fait des photos avec Raphaël Arnaud, qui, on le rappelle, triple fiché S,
02:54et dont les collabs parlementaires ont été mis en cause pour avoir massacré le crâne.
03:00Oui, mais chez nous, il n'y a pas de mentionner parce qu'il a fait un salinasi, monsieur.
03:03La différence, c'est que nous, les salinasi, à chaque fois qu'il y en a eu, on a viré
03:08dans l'heure.
03:08On a viré dans l'heure, mais non, c'est faux.
03:11On a viré dans l'heure, les personnes ont été virées dans l'heure.
03:14Là où vous, à la France insoumise, vous continuez à nourrir l'antisémitisme par vos vidéos, par vos actions.
03:19Mais nous, c'est très clair, on a toujours lutté de manière nette et précise contre l'antisémitisme.
03:24On a réussi à faire virer un prof à Lyon 2 qui avait justement eu des propos antisémitiques.
03:30On a viré toutes les personnes qui dépassaient du cadre dans l'heure.
03:33Attendez, pour évacuer cette question-là, quand Baptiste Sozili, vous, les photos avec Raphaël Arnaud, député de la France...
03:40On le rappelle, ces collègues parlementaires sont mises en examen pour avoir éclaté le crâne d'un militant de droite.
03:45Je pense que l'enquête va être faite et qu'il faut laisser l'enquête se faire, tout simplement, et
03:50ne pas en dire plus.
03:52Oui, les faits sont quand même criants.
03:53Il y a des vidéos qui montrent qu'une violence est extrême et vous l'alimentez sans vous dire.
03:58Oui, effectivement, il y a des photos de moi, que ce soit avec Marine Tondelier, à l'époque où j
04:04'étais présidente de l'Union syndicale du Seine,
04:06tout simplement parce que pendant les universités d'été des partis, nous nous sommes invités à titre syndical.
04:09Oui, votre ancien président, il était sur une liste de la France insoumise.
04:12Il était sur une liste des partis de gauche.
04:14De la France insoumise.
04:15Avec des gens de la France insoumise, comme avec des gens d'ailleurs.
04:19Mais pourquoi vous cachez vos appartenances ?
04:21Je peux avoir simplement une remarque.
04:25On parle des lycées, vous êtes étudiants tous, vous n'êtes pas lycéens.
04:29Ils parlent d'extrême gauche.
04:30On a beaucoup de lycéens.
04:32Moi, je les côtois beaucoup.
04:34Et deuxième chose, on pensait que vous pourriez peut-être parler du contenu des revendications.
04:40J'ai été attaqué en disant que vous permettez-moi de me défendre.
04:43Monsieur, notez que sa seule revendication, ça a été de dire que je suis pour l'ordre public.
04:47Ah oui, non, ce n'est pas ma seule.
04:48C'est la première revendication.
04:50La réouverture.
04:51Vous êtes malade, j'ai l'impression, mais laissez-moi terminer.
04:53Généralement, c'est Laurent Lunez qui demande ça, c'est un ministre de l'Intérieur, c'est son rôle.
04:56Ce n'est pas un syndicaliste étudiant qui a par ailleurs été désavoué par une très large majorité des étudiants
05:00qui n'ont jamais donné 7% aux élections nationales d'étudiants à chaque fois des résultats catastrophiques de l
05:05'Uni.
05:06C'est tout à fait faux.
05:06En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'une très large majorité des gens et aussi des étudiants,
05:1070% il me semble selon le sondage Elab et Cluster, soutiennent la revendication et la mobilisation en cours.
05:17On a passé la phase du discrédit, c'est-à-dire que le gouvernement a essayé de disqualifier nos revendications
05:22en disant que ce n'était pas légitime, pas nécessaire, etc.
05:24Là, on est actuellement dans la phase de la répression et il y aura effectivement la phase des solutions.
05:28Parce qu'on arrive au terme d'une façon en gros...
05:31Mais on est dans la solution là quand même.
05:34Alors, aucune des revendications ne demandait...
05:36Je n'ai pas dit qu'elles étaient...
05:38C'est quoi les solutions ?
05:39Il n'y avait pas les réponses, mais elles sont entendues, les revendications, non ?
05:43Quelles solutions, du coup ?
05:44Non, mais je n'ai pas dit qu'il y avait des solutions, mais les revendications sont entendues.
05:47Dans la phase de décon...
05:49Ça veut dire que pour vous, Ilia Zauti, vous êtes comme Sofiat Issaoui, vous dites
05:52demain, il y aura du monde, encore plus de monde que la semaine dernière.
05:54On a bien vu qu'entre les deux journées de mobilisation, il y avait moins de monde dans la rue.
05:57Vous, vous dites demain, il y aura plus de monde.
05:59Alors, je ne sais pas s'il y aura plus de monde.
06:00C'est qu'il y aura du monde et que, en toute manière, la perspective cette semaine, ça reste le
06:0417 octobre.
06:05C'est la promesse qu'on est en train de faire.
06:06Samedi prochain ?
06:07Absolument.
06:08Et ça sera une mobilisation qui va réunir beaucoup de revendications, beaucoup de publics,
06:13pas seulement les étudiants et les lycéens.
06:14Et je suis sûr que ça va marquer l'histoire.
06:15Donc, vous pensez que ça va carrément marquer l'histoire ?
06:18C'est-à-dire que pour vous, la commande de lutte, c'est samedi ?
06:20Avec les agriculteurs, avec les fonctionnaires ?
06:23On continue la mobilisation des étudiants et des lycéens actuellement,
06:26en bloquant les lycées, en bloquant les universités.
06:28Ce qui est illégal, on le rappelle.
06:29Monsieur, vous ne faites rien.
06:30Vous n'avez aucune revendication.
06:31Si, on a des revendications, d'ailleurs, on les fait avant.
06:33Non, non, vous n'avez rien, monsieur.
06:35Le prof de cette tablée aussi, Nicolas Guillaume, vous serez dans la rue demain ?
06:38Non.
06:38Non.
06:38Pourquoi ?
06:40Parce que j'ai fait un nombre de grèves incalculables.
06:43On ne m'a jamais rendu l'argent que j'ai perdu.
06:45Quand j'ai fait grève, ça a été rendu à Bercy, en gros.
06:48L'argent qui ne m'a pas été versé a été donné pour financer des entreprises sans contrepartie,
06:53qui faisaient des bénéfices records.
06:55Donc, j'en ai assez.
06:56Et je pense que c'est aussi à la jeune génération de se mouiller la chemise, de
07:00se bouger et de revenir dans le sujet plutôt que de s'embrouiller sur des appartenances
07:06politiques qui sont intéressantes, certes, qui ont un sens, certes.
07:09Mais là, on parle de sujets très précis.
07:10On parle de l'état de l'école.
07:12On parle de l'apprentissage, de comment on apprend en classe.
07:16Voilà, ça, ce sont des sujets.
07:18De l'attitude à avoir quand on manifeste.
07:20De l'attitude des forces de l'ordre.
07:22Ça, ce sont des sujets.
07:23Voilà, mais c'est...
07:24Moi, j'aimerais entendre parler de ça et pas que vous vous en pouviez.
07:26L'attitude des forces de l'ordre se mouiller, nous la chemise et vous ne venez pas dans
07:29la rue ?
07:30Je l'ai déjà largement fait.
07:31Ok, très bien.
07:32Je suis toujours responsable syndical.
07:33Ça suffit, visiblement ?
07:34Je l'ai fait avant, longuement, avant.
07:37C'est la police politique qui va vous mettre sa cause.
07:41Est-ce que les revendications qui sont sur la table vous satisfont ?
07:45Alors, une partie, oui.
07:46Je les rejoins complètement en tant que professeur.
07:48Je veux dire, je vois l'école se dégrader depuis des années.
07:52Nos salaires s'effondrent, c'est-à-dire nos compétences aussi, parce qu'on ne recrute
07:55plus des gens compétents quand on les paie mal.
07:58Les gens ne deviennent plus, les gens qui ont fait des grandes...
08:00Vous, vous êtes certifié, par exemple ?
08:01Oui.
08:02Professeur de collège, certifié.
08:03C'est ça.
08:03Et le niveau du concours baisse à cause du manque de recrutement.
08:09Les élèves étudient dans des conditions de plus en plus difficiles.
08:12Des établissements sont délabrés.
08:13Les programmes ont été détruits par des années d'errance pédagogiste aussi, que je comprends.
08:20On a affaire à un pouvoir politique qui, depuis près de 40 ans, n'écoute pas les revendications
08:27à la fois des professeurs, à la fois des étudiants légitimes ou des lycéens.
08:31Donc oui, je rejoins un très grand nombre de vos revendications, qui sont les nôtres.
08:35Ça, je suis d'accord.
08:37En revanche, ce que je ne rejoins pas, c'est quand j'entends sur une chaîne concurrente
08:40un soir, un très sympathique membre, je crois, de votre ancien syndicat, dire qu'il a des
08:48heures de cours horribles quand il fait 10-18 et qu'il termine à 15h le vendredi.
08:52Et là, bon, pour le coup, je ne suis pas du tout sur cette ligne, ce n'est pas possible.
08:56Ça, je ne vais pas suivre cette revendication.
08:58Pour ce qui est du 8h-18h, il faut bien comprendre que ce qui engendre ces tels emplois du temps,
09:04c'est en fait les spécialités.
09:08Donc à un moment donné, quand on commence à 8h et qu'on doit se lever à 6h et qu
09:13'on
09:13finit à 18h, sachant que la journée n'est pas finie, le temps de rentrer chez soi,
09:16parfois on met une heure, voire deux, et qu'en plus de ça, il faut faire les devoirs.
09:18À un moment donné, à quel moment on a le temps de faire du sport ? À quel moment
09:21on a une vie sociale ? Enfin, je suis désolée, mais ce n'est pas soutenable pour des lycéens.
09:24On verra dans une seconde comment vous abordez les réponses ou les débuts de réponses
09:28qui ont été donnés par le gouvernement.
09:31Il n'y en a pas ! Il n'y en a pas !
09:32Attendez ! Attendez, laissez un peu de suspense quand même dans ce débat.
09:36Je voudrais juste qu'on écoute notre invité tout à l'heure à 21h, c'était Éric Zemmour
09:39qui dit, lui, au pouvoir, Éric Zemmour, il n'est pas question d'imaginer des violences policières,
09:46etc. Pour lui, ça n'existe pas.
09:47Il peut y avoir des bavures, mais pas de violences policières.
09:49Le mot n'existe pas.
09:50Le mot n'existe pas. Écoutez ce qu'il disait.
09:52Vous savez, moi, je pense qu'il n'y a pas de violences policières.
09:56C'est un oxymore.
09:57C'est-à-dire que la police a le monopole de la violence.
10:00Il ne faut pas l'oublier.
10:02Si la police n'a plus le monopole de la violence, on est dans l'anarchie.
10:06La police n'a pas à avoir d'empathie.
10:07Elle est là pour faire respecter l'ordre.
10:09S'il y a de la violence,
10:12les policiers ont le droit de faire respecter l'ordre.
10:16Ilias, qu'est-ce que vous répondez ?
10:17Déjà, je lui réponds que M. Zemmour,
10:19il a absolument perdu la bataille sémantique sur le sujet.
10:21Absolument toute la jeunesse, même de droite,
10:23parle de violences policières.
10:24Même du centre, généralement, on parle de violences policières.
10:27Parce qu'il est d'extra-droite, c'est pas pareil.
10:29On est de droite, c'est pas d'extra-droite.
10:32Je suis pas tout à fait sûr de ce que vous dites.
10:34C'est la cinquième fois que je suis interpellé directement
10:37sur ce genre de choses.
10:37J'aimerais bien qu'on recadre sur le sujet.
10:39J'ai déjà répondu à ce que tu disais.
10:41Est-ce qu'on peut évacuer ce genre de remarques ?
10:43Je réponds à la question.
10:45Je pense qu'il a perdu la bataille sémantique.
10:48Il s'accroche à quelque chose qui est déjà perdu pour lui.
10:50Sarah Knafo parlait de racailles.
10:52C'est lui, du coup, la racaille.
10:53On rappelle qu'il a été condamné sept fois.
10:55Et que, pour le coup, il n'a pas méprisé.
10:56Il n'a absolument aucune légitimité
10:58pour mépriser tous les manifestants,
11:00les parents, les professeurs, les lycéens
11:01qui sont ronds dans la rue
11:03et qui ont été dans la rue pour leur dignité.
11:05Ce qu'il dit, c'est absolument inadmissible.
11:05Mais est-ce qu'il n'y a pas quand même un sujet
11:07que vous ne voulez pas voir, d'une certaine manière ?
11:10C'est-à-dire un sujet de violence aussi,
11:13notamment à destination des personnels de l'éducation nationale.
11:15Encore huit ce matin qui ont été blessés, par exemple.
11:17En fait, c'est un sujet, en effet,
11:18mais ce n'est pas un débat
11:19parce qu'il n'y a personne qui est là
11:20à relativiser ou, à mon sens,
11:22accepter l'idée qu'il y a des...
11:23Non, mais est-ce que vous ne le balayez pas
11:26un peu rapidement, ce sujet-là ?
11:28Non, pas du tout.
11:28Au contraire, j'apporte mon soutien
11:29à toutes les personnes qui ont pu être blessées,
11:31notamment à Aubagne, par exemple, aujourd'hui.
11:35Non, mais généralement, quoi.
11:37Des violences...
11:38Non, non, mais attendez, qu'on ne se trompe pas.
11:39Non, non, parce qu'il y a ce qui s'est passé à Aubagne
11:41qui est tout à fait malheureux et regrettable
11:44et c'est la violence, effectivement.
11:46Mais vous avez les violences
11:47qui accompagnent le mouvement lycéen,
11:49qui est un mouvement de revendication
11:51tout à fait qu'on peut comprendre
11:53et qui est compréhensible.
11:54Un peu compréhensible.
11:55Mais, bien sûr, je pense.
11:57Je n'ai jamais dit le contraire.
12:00En revanche, c'est les violences
12:01qui les accompagnent,
12:02qui me paraissent tout à fait
12:06superfétatoires, inutiles,
12:07dangereuses et injustes
12:09vis-à-vis de votre propre personnel enseignant.
12:12Et à l'égard parfois aussi de manifestants,
12:15où j'ai vu qu'il y avait des gens
12:17dans l'université qui étaient occupées
12:20et qui se faisaient agresser par des casseurs, justement.
12:24Il n'y a pas eu d'avis qui a émergé
12:25pour remettre ça en question.
12:26Oui, mais c'est quand même terrible
12:27de se dire qu'il y a des professeurs,
12:30des proviseurs qui se font taper.
12:32Et c'est quand même incroyable.
12:34Personne n'est pas d'accord sur ça, en fait.
12:37Oui, mais vous devriez...
12:39C'est la racine du mouvement.
12:40On ne vous entend pas tout à fait lasser là-dessus.
12:41Si, si, si, je pense que vous ne m'écoutez pas.
12:42C'est alors que c'est très rare pour le coup.
12:43Mais si, si, pour le coup,
12:44absolument, tout le monde a condamné.
12:45Il y a un consensus sur le sujet.
12:48Tout le monde condamne,
12:49en tout cas parmi les syndicats
12:50et les représentants,
12:51tout le monde condamne le fait
12:52d'agresser des personnels
12:53de l'éducation nationale.
12:54Vous engrainez la chose,
12:55vous la préparez en bloquant,
12:56vous posez la première pierre de la chose.
12:57Vous ne s'enverrez rien.
12:59Attendez, attendez.
12:59Vous n'avez aucune revente d'agérés, monsieur.
13:01Et il faut bien comprendre
13:02que la violence,
13:02elle est à la racine de ce mouvement.
13:04Ce n'est pas un phénomène exagéne.
13:05Vous êtes minoritaire.
13:06C'est vraiment à la racine de la chose.
13:08Donc forcément, c'est facile.
13:09C'est d'ailleurs beaucoup trop facile
13:10sur un coin de table de dire
13:11non, la violence, on la condamne
13:13quand on l'engraine depuis le début
13:14et quand on la provoque.
13:14C'est culotté de votre part.
13:24Vous avez le droit à la parole ?
13:24Non, mais ça rappelle que
13:26la très grande majorité des étudiants
13:29c'est la majorité silencieuse.
13:30Parce que quand on regarde bien,
13:32d'une part, les enseignants vont devoir
13:33aller enseigner des matières
13:35parfois qui ne sont pas les leurs.
13:36Donc je ne sais pas comment
13:37un prof de français va enseigner des maths.
13:38Et très loin de chez eux par moment.
13:40Et très loin de chez eux,
13:40sachant qu'on ne les aide pas
13:42à bouger de là où ils sont.
13:44D'autant plus que leur salaire est misérable.
13:46Pardon, mais pour le travail qu'ils font,
13:47il faudrait à un moment donné
13:48revoir le salaire des enseignants.
13:49Donc des collègues de PS,
13:50vous remplacez un collègue d'anglais
13:52au pied élevé à 100 km de cheville.
13:53Ça, c'est vrai ou c'est de la caricature ?
13:55C'est un poil exagéré,
13:56mais ça peut arriver.
13:58Ce n'est pas totalement fou,
13:59je veux dire, malheureusement.
14:00On a reçu un certain nombre de messages
14:02d'Isaadev, justement.
14:03On en lisait un tout à l'heure au ministre.
14:04J'étais en train de regarder
14:07justement parmi les témoignages
14:08qu'on a reçus.
14:09Il y en a un qui est assez édifiant.
14:10C'est une professeure de lettres modernes
14:12qui est titulaire du CAPES
14:13et elle est titulaire en zone de remplacement,
14:15les fameux TZR,
14:16dans la zone d'Amiens et ses environs.
14:18Elle dit « Je viens d'être affectée en urgence
14:19du 12 au 14 octobre,
14:21pardon, 10h30,
14:22dans un lycée professionnel de Beauvais
14:24pour y enseigner les lettres en anglais.
14:26Une discipline que je n'ai pas passée au concours
14:27et pour laquelle je n'ai aucune compétence.
14:29Un lycée professionnel
14:30alors que mon concours
14:31porte sur un autre enseignement
14:33et une ville qui, selon moi,
14:34ne fait pas partie de ma zone de remplacement. »
14:36Ce qui est important, c'est du 12 au 14.
14:37Donc c'est temporaire.
14:38Mais si votre collègue,
14:39si ma collègue m'entend,
14:42vous n'êtes pas obligés d'accepter.
14:43Ce n'est pas votre concours.
14:45Vous pouvez leur dire d'aller se faire boire.
14:46– Attendez, vous dites que là-dessus,
14:47vous n'avez rien obtenu.
14:48Sur les emplois du temps surchargés ?
14:51– Il n'y a eu absolument rien.
14:53– Il n'y a pas des discussions ?
14:56Le temps de discussion d'échanges démocratiques
14:58dans les lycées ?
14:59– Macron a fait une grande concertation
15:02en ce qui concerne les 8h-18h.
15:05– Ça, c'était l'année dernière.
15:06– On n'a pas vu le jour du reste.
15:07– Je crois savoir que la seule réponse
15:09qui a été apportée,
15:10c'est au remplacement des professeurs.
15:12– Oui, c'est juste ça.
15:13– Le reste, mais alors justement,
15:15c'est ça qui est intéressant,
15:15c'est que demain, mobilisation,
15:18vous avez l'air très accroché
15:19à ce qui va se passer le 17 octobre.
15:21– Absolument.
15:21– Est-ce que vous n'avez pas peur
15:22que les revendications des lycéens,
15:24voire des étudiants quand ils en ont,
15:27soient fondues, se perdent
15:29dans la masse des revendications
15:30avec les agriculteurs,
15:32avec les fonctionnaires,
15:33avec les corps de métier différents
15:35qui n'ont pas tout à fait
15:36les mêmes problèmes que vous ?
15:38– Absolument pas.
15:39Et vous savez pourquoi ?
15:39Parce que les revendications
15:40que nous, on porte,
15:41c'est aussi des revendications
15:42qui concernent les parents.
15:42quand on demande
15:43d'abroger Parcoursup,
15:44on soulage aussi les parents
15:46parce qu'il y a des parents
15:46qui se cassent le dos
15:47à envoyer leurs enfants au lycée
15:49pour qu'ils aient de bonnes notes,
15:50pour qu'ils aient leur bac,
15:51pour qu'ils aient leur mention,
15:52ce qui arrive parfois
15:52et qui en fait finissent
15:53avec des filières catastrophiques
15:55en tout cas qu'ils n'ont pas choisi.
15:56Donc c'est aussi pour les parents
15:57qu'on le fait.
15:57Et ce n'est pas seulement
15:58des revendications
15:59qui ne concernent que les jeunes,
16:00ça concerne aussi les parents
16:01et les aînés
16:02dans l'espace familial.
16:03sera remplacé par où ?
16:05Oui, il faudra en parler
16:07avec le ministre.
16:08Il y a eu autre chose
16:09qui est très intéressant.
16:09Mais le ministre vous refuse
16:10en dix ans.
16:10Si on reste sur ce que vous disiez,
16:12Yves, pardon,
16:12mais quel rapport
16:13entre Parcoursup
16:14et le gazoil long routier ?
16:16Ça, c'est une convergence
16:17écolaire.
16:18Ça, c'est sûr que le 17 octobre,
16:19on a sa vocation
16:20à reprendre l'initiative
16:21des chiens jeunes
16:21de on remet tout.
16:23Mais la question risque
16:23d'être perdue.
16:24Non, non, pas du tout.
16:25Mais encore une fois,
16:26les parents,
16:26quand on leur pose la question,
16:27je crois qu'il me semble
16:28que c'était 7 sur 10
16:29ou 8 sur 10
16:29qui disaient qu'en gros,
16:30Parcoursup était pour eux
16:31une mauvaise plateforme
16:32qui était catastrophique
16:33et qui détruisait des carrières.
16:34Oui, mais d'accord,
16:36quand ils se concentrent
16:37sur votre sujet,
16:38mais c'est à être
16:39avec les agriculteurs,
16:40les fonctionnaires,
16:41que sais-je,
16:42qui ont...
16:44Vous savez,
16:45je ne doute pas
16:45un seul instant du fait
16:46que les parents sont
16:47très inquiets
16:47de ce qui se passe
16:48pour leurs enfants.
16:49Parce que vraiment,
16:49pour eux,
16:49s'il y a bien une raison
16:50pour laquelle ils travaillent
16:51tous les jours,
16:51ils se lèvent tous les jours,
16:52c'est de leur enfant
16:52s'épanouir.
16:53Ils n'ont pas envie
16:54de voir, par exemple,
16:56un enfant sur deux
16:56en France,
16:57un enfant sur deux
16:58en France...
16:59S'il vous plaît,
17:00un enfant sur deux
17:00en France
17:01qui ne choisit pas
17:01sa filière aujourd'hui
17:02en France.
17:03C'est catastrophique.
17:03Alors, ça justement,
17:05j'aimerais dire
17:05quelque chose là-dessus.
17:06Justement,
17:07non, ce n'est pas
17:08toujours catastrophique
17:09que Parcoursup
17:10n'est pas bon.
17:10Ça, on est d'accord.
17:11Le système est injuste,
17:12mal fait, c'est clair.
17:13Ce qui était avant
17:14n'était pas mieux au passage.
17:15C'était pire, même.
17:16En revanche,
17:16en termes de résultats, si.
17:17En revanche, non,
17:19non, un étudiant
17:20ou un élève
17:20ne fait pas ce qu'il veut.
17:21Il fait ce qu'il peut.
17:22Et c'est déjà,
17:23je m'en viens.
17:24Vous avez envie
17:24de faire quelque chose,
17:25vous n'en avez pas
17:25les capacités,
17:26ce n'est pas grave.
17:27Moi, j'aimerais...
17:28Si, justement,
17:29c'est mon opinion.
17:30Allez-y, allez-y.
17:30Mais c'est mon opinion.
17:32Justement, c'est mon opinion.
17:33J'aimerais justement
17:35que l'école redevienne
17:36un endroit
17:37où on apprend
17:38un lieu d'instruction
17:39avant tout.
17:40Ça ne l'est pas ?
17:40Non, ça ne l'est plus.
17:42Beaucoup d'animation.
17:43D'animation ?
17:44Oui.
17:45Le ministère
17:47et ses nombreuses réformes
17:48demandent de plus en plus
17:49aux professeurs
17:50et c'est même dans la formation
17:51des chefs d'établissement
17:52de devenir des animateurs,
17:53de garder les enfants,
17:55d'être une garderie nationale,
17:56de devenir une garderie.
17:57Ça, ce sont les directives.
17:59C'est le tête
18:00de votre livre, d'ailleurs.
18:01Oui, tout à fait.
18:02C'est ce qu'on est censé devenir.
18:04On nous demande
18:04de ne plus faire cours
18:05ou plus beaucoup,
18:07de faire des journées thématiques
18:08ceci, des journées thématiques cela.
18:09Vous êtes dans quelle école ?
18:10La deuxième chose,
18:11c'est le problème
18:13de la discipline
18:13dans la classe.
18:15C'est la base fondamentale
18:16pour transmettre des connaissances,
18:17mais c'est aussi
18:18la base fondamentale
18:19pour avoir des profs.
18:20Et je voudrais quand même dire,
18:21par rapport au mouvement lycéen,
18:23pour me mettre un peu en contre,
18:25un peu en question,
18:26que je soutiens par ailleurs,
18:29juste pour terminer,
18:32c'est normal parfois
18:33que dans le 93,
18:35par exemple,
18:36on ait du mal
18:36à trouver des enseignants
18:37quand il est parfois
18:38impossible de faire cours
18:39et j'ai un nombre de témoignages
18:41monstrueux à ce sujet.
18:42C'est-à-dire
18:42où les profs se sont insultés,
18:45maltraités,
18:45où l'administration
18:46ne les défend pas,
18:47où il y a le pas de vagues
18:48qui régit encore les choses
18:50aujourd'hui.
18:50Mais le pas de vagues,
18:51c'est valable partout,
18:51pas que dans le 93,
18:52il me semble.
18:52Ah oui, c'est valable partout,
18:54mais là, on en parlait spécifiquement.
18:54Pardon, j'y ai vécu
18:55toute ma vie à un moment donné.
18:57Parce qu'on ne parle que du 93,
18:58encore une fois,
18:59dans ce mouvement,
18:59alors qu'il y a plein d'autres endroits.
19:00Mais monsieur,
19:01il n'y a pas de quoi ?
19:02Parti du 94,
19:03déjà le mouvement est parti du 94.
19:04De s'en exupérer,
19:05je sais très bien,
19:05j'ai bossé à côté.
19:06Monsieur,
19:06il y a des plafonds qui s'effondrent,
19:07il y a des rats qui se trimolent
19:08dans les couloirs.
19:09Pourquoi ?
19:10C'est pas plaisir ?
19:10Je parle de discipline.
19:11Je ne parle pas de...
19:12Il ne faut pas y avoir de discipline
19:14pour le plafond s'effondre, monsieur.
19:15Là, il faut revenir en vrai, monsieur.
19:16Je suis parfaitement d'accord.
19:17Mais ce n'est pas le cas
19:18de tous les établissements
19:20qui brûlent.
19:20Vous êtes pour un retour
19:21de l'autorité dans les classes ?
19:22Parfaitement.
19:23Et dans la misère, du coup, aussi ?
19:24Non.
19:25On peut un retour de l'autorité
19:27et arrêter la misère.
19:28Les deux sont possibles.
19:29Les deux sont possibles.
19:29Dans un cadre qui est simple
19:30pour les élèves.
19:31On avance.
19:31Merci, en tout cas,
19:32d'avoir été avec nous ce soir.
19:33On verra ce que ça donne demain.
19:36Vous manifesterez à droite.
19:38Yves Trier, je ne sais pas.
19:39Bien sûr, avec grand plaisir.
19:40À gauche, non.
19:41Et Elisa, je ne me prononce pas.
19:42Je ne manifesterai pas demain,
19:43mais je serai allé au Forum Orange.
19:44Voilà, Forum demain soir, évidemment.
19:46Forum de la jeunesse
19:47avec pas mal d'étudiants et lycéens
19:49qui seront autour de nous aussi
19:50demain soir.
19:51Merci à tous les quatre.

Recommandations