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  • il y a 9 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bonsoir Éric Coquerel, je vous laisse vous installer, bonsoir à vous.
00:03Merci d'être là, président assoumi de la commission des finances à l'Assemblée.
00:06Je salue mes camarades, Yves Tréharad, Sourad-Dubois, Amélie Rosic.
00:10Bonsoir à tous les trois, bonsoir Isaadev.
00:12Bonsoir.
00:12Merci d'être là.
00:13J'ai une image à vous montrer pour commencer, Éric Coquerel.
00:15Regardez l'image de ces blocages avec une reprise des blocus aujourd'hui
00:19dans une quarantaine de lycées pour la rentrée après les vacances de la Toussaint.
00:23Une quarantaine sur 3 700.
00:24Est-ce que le mouvement est en train de marquer le pas ?
00:26Non, je ne crois pas du tout.
00:27Ce qui avait été annoncé, c'était un retour des blocus,
00:31surtout à partir de demain, en préparation du 5,
00:35et vous allez voir que ça va être absolument massif, j'en suis certain.
00:38S'il n'y a pas une répression, c'est ok, un blocus qui apparaît,
00:42comme ça s'est passé ce matin en 1994,
00:45s'il n'y a pas non plus des pressions sur les enseignants,
00:47nous on a vu des consignes données d'une espèce de pression
00:54de leur direction sur les enseignants,
00:57mais je pense que ce n'est pas ça qui empêchera le mouvement de se redévelopper.
01:01Sauf qu'il y a deux choses, on va en parler, évidemment.
01:05D'abord, il y a un certain nombre de parents et d'élèves
01:07qui, visuellement, ont envie de retourner en cours,
01:09qui l'ont dit, qui l'ont fait savoir aujourd'hui,
01:11on entendra dans un instant le témoignage d'un proviseur.
01:14Il y a aussi, évidemment, les arguments du gouvernement,
01:16entre guillemets, qui sont opposés maintenant aux...
01:18les arguments, j'allais dire, sonnants et trébuchants
01:20qui sont opposés, pardon, aux grévistes.
01:24Il faut que le mouvement s'arrête.
01:26Je voudrais qu'on écoute le ministre Jeffrey ce matin,
01:28le ministre de l'Éducation nationale.
01:29L'année scolaire est en péril pour certains élèves,
01:32c'est ce qu'il dit, écoutez-le.
01:34La priorité absolue, c'est que les élèves puissent aller en cours.
01:38Moi, j'ai des élèves qui passent le baccalauréat à la fin de l'année,
01:41qui, pour certains, pour plusieurs centaines de milliers d'entre eux,
01:43n'ont pas eu cours depuis 4 ou 5 semaines,
01:47si on cumule les vacances, plus les 3 semaines qui précèdent,
01:49et pour lesquelles, par conséquent, l'année scolaire est maintenant en risque.
01:53Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre.
01:56L'année scolaire en péril, cet argument-là, il ne le pèse pas pour vous ?
01:58Ouais, enfin bon, écoutez, il faut arrêter.
02:006 semaines sans cours, c'est pas rien ?
02:01Oui, bien sûr, mais ce genre d'argument par rapport à des mouvements lycéens et étudiants,
02:05je l'ai toujours entendu, comme l'argument vis-à-vis des parents,
02:08comme l'argument, etc.
02:09C'est toujours ça.
02:09Je vous dis que ça ne va pas fonctionner.
02:11Pourquoi ça ne va pas fonctionner ?
02:12Tout simplement parce que, dans toutes les manifestations qui ont eu lieu
02:15pendant les vacances scolaires, d'accord,
02:17où on pensait qu'après le 17 octobre, ça allait quand même refluer.
02:21C'est pas ce qui s'est passé.
02:21Le mouvement est toujours là.
02:22Le mouvement est toujours là.
02:23Là, ce samedi, par exemple, à Paris,
02:26c'était beaucoup de jeunes travailleurs, ça c'est nouveau,
02:28il y a beaucoup de jeunes travailleurs en prévision du 5 qui rentrent dans la danse,
02:31mais c'était très massif au niveau des étudiants et lycéens.
02:34Donc je vous dis, de ce qui nous renvoie,
02:37c'est qu'on va avoir à nouveau, non pas des blocus minoritaires
02:41dont on pourrait dire, ah, mais ils empêchent beaucoup de gens d'aller...
02:43Non, ce ne sera pas le cas.
02:44Ça sera très massif.
02:45Et puis il y a quelqu'un d'autre...
02:4641 sur 3 700 ce matin reconnaissait que ce n'est pas massif.
02:48Je viens de vous répondre que ce matin, c'était un appel qui était surtout à partir de demain.
02:53Donc vous allez voir, progressivement dans la semaine, ça va se relancer de manière forte.
02:57Je prends les paris tout simplement parce qu'aujourd'hui, les étudiants et lycéens,
03:02ils ont un gouvernement d'abord qui leur propose une réunion la semaine prochaine,
03:05M. Lecornu.
03:06Lecornu dit, M. Lecornu dit, je suis prêt à les recevoir à nouveau.
03:09Déjà, quand vous proposez une réunion la semaine prochaine,
03:11je vais vous redonner, quelque part, moi je serai étudiant lycéen,
03:13je me dis, bon, ok, on va y aller encore de manière plus importante
03:16puisqu'il y a une réunion.
03:18S'il y a une réunion, ça veut dire que ce qui a été proposé par le gouvernement jusqu'à
03:21maintenant,
03:22qui n'est franchement pas grand-chose,
03:23moi j'ai estimé le budget, les mesures, c'est 410 millions d'euros à peu près
03:29contre 10 milliards qui sont demandés aujourd'hui par le mouvement lycéen et étudiant.
03:32Des mesures qui équivalent à 10 milliards.
03:34Donc on voit bien que ce n'est pas grand-chose.
03:36Et si le gouvernement repropose une réunion, c'est qu'on voit bien qu'il est prêt à lâcher du
03:40lest.
03:40Et c'est normal, il est face à un mouvement d'une ampleur absolument historique.
03:44C'est ça qu'il faut comprendre, je finis juste,
03:47en tant qu'étudiant lycéen, où il va se passer quelque chose
03:50qui ne se passe pas toujours fréquemment.
03:52C'est qu'il va y avoir une jonction à partir de jeudi avec le mouvement social
03:56où évidemment les deux vont se joindre
03:59et à partir de là, la pression pour le gouvernement devient trop importante.
04:02Donc si vous pensez que vous pouvez gagner,
04:04ce mouvement sent qu'il peut gagner, il a raison,
04:07vous allez voir que ça va redémarrer de manière très forte.
04:09Vous, vous pensez que le mouvement lycéen, il ne peut pas s'éteindre
04:13aussi longtemps que le gouvernement n'accède pas,
04:16peut-être pas aux 10 milliards d'euros,
04:18mais vraiment ouvre complètement la négociation
04:23et accède à de nombreuses...
04:25Il y a 10 demandes.
04:28Je ne sais pas si les 10 sont négociables,
04:31mais d'après vous, il faut qu'il aille au-delà,
04:34sinon ça ne s'arrêtera pas.
04:35Oui, je pense qu'il sera obligé d'abord, parce qu'il a un mouvement quand même.
04:38En termes d'expression, moi j'ai vu les mesures qui sont mises sur la table,
04:40ça correspond vraiment à des problématiques de conditions d'études au lycée,
04:44aussi bien du bâti, du nombre d'enseignants, les infirmières, les médecins,
04:48il y a des choses très concrètes.
04:49Deuxièmement, pour les facs, c'est l'abrogation de parcours sup,
04:52mais si on abroge parcours sup, il faut créer des places.
04:54Donc il y a ça qui est mis sur la table aussi.
04:56Vous êtes d'accord par exemple que l'abrogation de parcours sup,
04:58ce n'est pas possible maintenant ?
05:00Pourquoi ?
05:01Comment vous faites la sélection ?
05:03Comment vous faites la répartition ?
05:04Je vous dis tout de suite les choses, comment elles pourraient être faites,
05:06à partir du moment où il y a des places créées dans les facs,
05:08parce que si, évidemment, il n'y a pas de places créées dans les facs dès l'année prochaine,
05:13alors ça ne peut peut-être pas toutes les places souhaitées dès l'année prochaine,
05:16mais s'il n'y a pas un nombre significatif qui permette véritablement
05:19que désormais des jeunes qui aient le bac puissent aller accéder à des études supérieures
05:26et que si vous avez l'abrogation de parcours sup,
05:29si le gouvernement dit par exemple aux organisations syndicales,
05:31enseignantes, étudiantes, etc.,
05:34ok, on se met dès maintenant au travail pour trouver une autre façon de faire,
05:38mais avec des places créées,
05:40je pense qu'on peut très bien l'année prochaine avoir quelque chose qui…
05:42– Quand on regarde les chiffres, ce matin dans le parisien Paris-Panthéon-Assas,
05:462 800 places, 88 000 candidats, comment on fait ?
05:51Alors on va imaginer que tous ne viendraient pas à Panthéon-Assas,
05:53même si c'est la moitié ou un tiers, comment on fait ?
05:55– Oui, je vais citer un exemple d'établissement assez sélectif.
05:57– On m'équipe par 10 ?
05:59– Oui, mais c'est ça que critiquait…
06:01– Oui, mais précisément, je vous le dis,
06:03nous dans notre programme que nous mettons sur la table,
06:06on pense qu'il faut créer 250 000 places à l'université.
06:09– Il faut plus de sélection alors, plus de sélection.
06:11– Mais nous pensons que le bac vous donne accès à l'université.
06:15Vous savez très bien, voilà, c'est un…
06:17Non, tout le monde ne l'a pas.
06:19– Bon bah si, 90% d'une génération.
06:22– Non, non, sur la question de la sélection,
06:23oui, nous assumons qu'il n'y a pas de sélection à avoir à l'entrée à l'université,
06:27à partir du moment où vous avez votre baccalauréat,
06:29et que vous pouvez avoir une place à l'université.
06:31Et d'ailleurs, ce qui se place aujourd'hui,
06:33c'est qu'en fait, ce n'est même plus un problème de sélection,
06:34c'est que de toute façon, Parcoursup enterrine l'idée qu'il n'y a pas assez de place,
06:38et donc organise la sélection de manière quasiment implicite.
06:42Ça, ce n'est plus acceptable, ce n'est plus supportable.
06:44Donc, il faut quelque chose qui soit mis à la place,
06:46donc ça veut dire qu'il faut abroger Parcoursup,
06:48se mettre dès maintenant au travail,
06:49les organisations syndicales, elles sont prêtes,
06:51mais ça ne peut avoir un effet concret que s'il y a des places…
06:54– Mais vous faites ça, Éric Coquerel,
06:55avec un gouvernement dont on sait très bien qu'il est fragilisé,
06:58parce qu'il n'y a pas de majorité,
06:59avec un gouvernement qui est en survie,
07:01il reste six mois ce soir,
07:02il reste six mois avant le deuxième tour de l'élection présidentielle,
07:04et vous pensez que ce gouvernement-là peut accéder à cette demande-là ?
07:09– Quelle solution vous proposez ?
07:11Parce que sinon, l'autre solution,
07:13c'est que ce gouvernement s'en aille et que Macron s'en aille.
07:16Je veux dire, si la question…
07:17– Ça, vous le voulez ?
07:18– Non, non, je ne viens pas de vous dire ça,
07:21je viens de vous dire que si ce gouvernement n'est pas capable,
07:24aujourd'hui, de proposer des mesures et de les appliquer,
07:27à un moment donné, le mouvement est tel
07:29que ce qui va être mis en question, c'est le point de blocage,
07:31et le point de blocage, dans ces cas-là,
07:32c'est un gouvernement qui est incapable de proposer ça.
07:34Donc, ce n'est pas moi qui ai la solution,
07:37c'est eux qui ont mis le pays dans cette situation,
07:39les lycées, les établissements dans cette situation,
07:42le problématique du pouvoir d'achat
07:45que revendiquent les salariés,
07:46avec le SMIC, avec le point d'indice qui augmente,
07:48avec des blocages des prix, dans cette situation,
07:50donc c'est à eux de répondre.
07:51Et si, par contre, ils pensent qu'ils ne peuvent pas répondre,
07:54eh bien qu'ils laissent la place.
07:55– Juste une chose, on va dire qu'on lise ensemble
07:57le témoignage ce soir, je pensais qu'on l'avait en extrême,
07:59le témoignage ce soir, c'est dans Le Parisien,
08:01d'un proviseur qui parle anonymement,
08:03on sait les tensions qu'il y a autour de ce moment,
08:05voilà ce qu'il dit,
08:06je crains que ça ne devienne de plus en plus éruptif
08:07dès ces prochains jours,
08:08avec la présence devant les établissements
08:10de parents anti-blocus qui n'hésitent plus
08:12à se manifester.
08:13Ça, vous n'y croyez pas ?
08:14– Non, je ne l'ai pas vu.
08:15Non, non, ça, je ne l'ai pas vu.
08:16Essayez de jouer, ce n'est pas bien de faire ça.
08:18– Nous, nos reporters l'ont vu ce matin à Marseille.
08:21– Oui, d'accord.
08:21Écoutez, je vous dis, ce n'est pas bien de jouer ça.
08:23On a déjà eu des organisations d'extrême droite
08:26qui ont essayé de créer des structures,
08:28soi-disant, de défense des commerçants
08:29et qui ont fini par attaquer des droits.
08:30– Et là, on vous parle de parents, pas de...
08:31– Pourquoi l'extrême droite ?
08:33– À Hélène Boucher ?
08:34– Parce que c'est l'extrême droite qui a fait...
08:35Non, je vous parle par rapport aux dernières manifestations,
08:38c'est l'extrême droite qui a fait ça à Nice, à Marseille.
08:41– Mais là, l'entrée dans les lycées,
08:44parce qu'à Hélène Boucher, par exemple,
08:45je peux témoigner à Hélène Boucher
08:47les élèves passés par la deuxième porte à l'arrière,
08:50avec les enseignants d'ailleurs,
08:52il y a énormément d'élèves qui rentraient à Hélène Boucher
08:54par la porte arrière.
08:55– Écoutez, j'ai vu une autre chose.
08:57– Dans le 20e arrondissement de Paris.
08:57– Vous et moi, on a vu pas mal de mouvements lycéens.
08:59– Oui.
09:00– Il est arrivé qu'il y ait des mouvements lycéens,
09:02je le dis, avec des blocus qui étaient minoritaires.
09:04C'est arrivé, dans ce cas-là, ils ne gagnaient pas.
09:06Ce mouvement-là, il n'est pas minoritaire.
09:08Ce n'est pas vrai.
09:08C'est-à-dire que vous avez une masse très majoritaire
09:11de lycéens dans les établissements
09:13qui ne veulent pas aller en cours
09:14et qui expriment...
09:16Alors, en plus de ça,
09:17franchement, moi, j'en ai vu beaucoup...
09:18– Quand vous dites majoritaire,
09:19c'est par rapport à quoi ?
09:21Parce qu'il n'y a pas une majorité de lycées
09:22qui sont bloqués aujourd'hui.
09:23– Non, ce n'est pas ça que je veux dire.
09:23– C'est pour ça que je vous demande...
09:24– Je pense que le soutien des lycéens,
09:27y compris dans le privé,
09:28j'étais très étonné,
09:29j'ai vu des établissements privés,
09:30y compris organiser en soutien au public
09:33des blocus, je pense qu'il est majoritaire.
09:36– Mais sans aller jusqu'au blocus,
09:38comment vous l'expliquez ?
09:39– Attendez, vous ne pouvez pas faire face.
09:40Vous ne pouvez pas gagner.
09:41Un, vous ne pouvez pas gagner.
09:42Je pense que...
09:42Excusez-moi, je veux...
09:43Mais je vous dis deux choses.
09:44– Je n'ai pas fini ma question.
09:45– Un, vous ne pouvez pas gagner.
09:46Vous ne pouvez pas gagner contre la jeunesse
09:47à partir du mois.
09:48Elle monte comme ça.
09:49Parce qu'à la différence du mois salarié,
09:51on peut se dire au bout d'un moment,
09:52bon, on peut faire la pression
09:54des jours de grève non payés.
09:55Ça ne marche pas avec la jeunesse.
09:56Donc, un, vous ne pouvez pas gagner.
09:58Vous ne pouvez pas jouer,
09:59essayer de refaire le gouvernement ce matin
10:01sur des blocus par la répression
10:02où, à nouveau, il y a des mises en garde à vue.
10:04Et vous ne pouvez pas gagner non plus
10:06sur le thème, bon, retourner en classe.
10:08Et vos parents, on demande à vos parents de vous...
10:11D'abord parce que très souvent,
10:12les parents les soutiennent.
10:13– Je finis juste ma question
10:13parce que c'était la raison, effectivement,
10:15de ces proviseurs ou de ces parents
10:16qui peuvent questionner,
10:17non pas la légitimité des revendications,
10:20mais la méthode.
10:21Si vous dites qu'il y a une majorité de lycéens
10:23qui, en leur fort intérieur,
10:24soutiennent les revendications et le mouvement,
10:26mais qui ne vont pas jusqu'au blocus,
10:28comment est-ce que vous l'interprétez ?
10:29Est-ce que c'est parce qu'ils estiment
10:30que le blocus n'est pas la bonne méthode,
10:32parce qu'ils ont trop peur
10:33pour, effectivement, leur année scolaire
10:34ou parce que, je ne sais pas, cette méthode...
10:37– Vous avez toujours des lycéens
10:39dans n'importe quel lycée,
10:40dans des mouvements,
10:42j'ai connu des mouvements,
10:44mais j'ai notamment connu
10:46le mouvement de vaquer côté étudiant,
10:47vous arriviez toujours à trouver des étudiants
10:49qui vous disent
10:50« C'est pas bien,
10:51mais je vous dis qu'ils sont minoritaires. »
10:53Là, dans le mouvement actuel,
10:54c'est une minorité.
10:55Il y a des solutions
10:56qu'on ne le fait pas depuis le début.
10:58Nous, on a proposé, par exemple,
10:59qu'on autorise à faire des assemblées générales.
11:01– Éric Ocrel.
11:01– Des assemblées générales.
11:02– Autre qui le blocage.
11:02– Mais oui, mais ça, vous savez que c'est interdit.
11:04Les lycées ne laissent pas faire, ça.
11:06– Éric Ocrel, vous les voulez minoritaires,
11:07en réalité ?
11:09Vous n'avez pas de sondage.
11:10– C'est pas moi qui les...
11:10– Oui, mais regardez ce qui se passe.
11:13Est-ce que vous avez vu, depuis longtemps,
11:15des manifestations aussi importantes ?
11:17– Non, je suis parfaitement d'accord.
11:19– Donc, à partir de là,
11:20ça veut dire que ça exprime...
11:21– Mais quand on regarde les sondages,
11:22par exemple, sur le soutien...
11:24– Le soutien continue à s'exprimer,
11:25y compris toute la population.
11:26– Le soutien s'est érodé dans la population globale ?
11:28– S'est érodé, mais il est toujours majoritaire.
11:30– Sur le mouvement, sur les blocus, etc.,
11:32et les minorités ?
11:33– Ils sont contre.
11:33Les Français sont contre.
11:34– Sur la méthode ?
11:35– Un, les Français, pour l'instant,
11:37dans tous les sondages que j'ai vus,
11:39y compris après tout ce qui a pu être donné comme image,
11:43les Français soutiennent toujours majoritairement le mouvement.
11:46J'ai vu tous les sondages, pour l'instant,
11:47c'est pas passé en dessous,
11:48et c'est pas 55% des Français qui soutiennent
11:53passent à 45%,
11:54c'est 55% face à un score de personnes qui se sont contre,
11:58et puis il y a des indifférents.
11:59Donc, je vous dis que le mouvement est soutenu très largement
12:03par la population,
12:04et on va le voir d'ailleurs dans la jonction
12:05qui va être faite dès jeudi,
12:08on se retrouve, si vous voulez, jeudi,
12:09avec le nombre qui va y avoir.
12:11– Il est aussi soutenu, il faut quand même le dire,
12:13par des parents d'élèves.
12:13– Dans les lycées, on voit bien qu'il y a un mouvement générationnel,
12:15mais qui s'exprime d'ailleurs par d'autres biais aussi,
12:17d'autres, par exemple, d'expressions sur leur sympathie partisane,
12:21qui, dans cette jeunesse,
12:22il y a aujourd'hui un fait majeur,
12:24c'est qu'on a une génération qui est en train de rentrer en mouvement
12:26et qui n'accepte plus les conditions de vie qui leur sont faites
12:29et l'avenir qu'on leur destine.
12:31Et ça, si vous pensez que ça, c'est pas majoritaire à la jeunesse…
12:34– Éric, on avance dans le calendrier.
12:35Nouveau blocus, vous l'avez dit, attendu demain,
12:37on verra ce qui se passe dans les lycées.
12:38Si on regarde sur le calendrier,
12:40il y a le 5, évidemment, le 5 novembre sur jeudi qui clignote,
12:43journée de mobilisation à l'appel de tous les syndicats,
12:45dans pas mal de secteurs.
12:46Est-ce que pour vous, c'est le point culminant
12:49ou est-ce que ça n'est que le début d'autre chose ?
12:50– À mon avis, sauf si le gouvernement répond plus vite
12:55qu'il ne l'a fait pour les lycéens,
12:57parce que je vous rappelle qu'il a mis presque 3 semaines
12:58à commencer à les recevoir,
13:00ça sera plutôt le début.
13:02Là, le gouvernement a intérêt.
13:03– Mais alors répondre à quoi ?
13:05– Mais c'est facile, il y a des plateformes qui existent.
13:08Du côté des syndicats, d'accord ?
13:09En plus, c'est pratique, ça peut se passer par décret.
13:12Vous n'allez même pas le mettre dans un budget.
13:13Il y a l'augmentation du SMIC,
13:15l'augmentation du point d'indice des fonctionnaires,
13:17il y a des questions de blocage des prix.
13:18Tout ça, ça peut être par décret.
13:20Du côté des étudiants lycéens, on le sait,
13:22il y a l'abrogation de parcours sup
13:23et il y a un ensemble de mesures
13:25en termes de recrutement au lycée en fac de personnel,
13:29en termes de bâti,
13:31en termes de conditions données sur les bourses et autres
13:35qui peuvent se passer dans un budget.
13:37Moi, j'ai une proposition à vous faire ça,
13:38je vous le dis aujourd'hui.
13:40Parce qu'on voit bien que les difficultés
13:41de le faire adopter très vite dans le PLF.
13:43La semaine prochaine arrive…
13:48C'est-à-dire la manière d'épurer les comptes de 2026.
13:50Eh bien, le gouvernement pourrait très bien dire
13:52qu'on se sert de ce support,
13:54y compris avec un système de report
13:56qui est tout à fait possible sur 2027,
13:58pour mettre ces revendications
13:59dans ce projet de loi de fin de gestion.
14:01Toutes les revendications ?
14:02Oui.
14:03Pourquoi je dis ça ?
14:04Parce que si le gouvernement veut très vite s'en sortir,
14:07un projet de loi de fin de gestion
14:08qui irait dans ce sens,
14:09il pourrait être adopté,
14:10y compris par l'exposition.
14:11Mais vous savez que ce ne sera pas le cas.
14:13Pourquoi ce ne serait pas le cas ?
14:14Mais non, mais attendez.
14:15On n'a pas le début d'année.
14:15On donne une solution.
14:16Pourquoi ce ne serait pas le cas ?
14:16Non, non, mais attendez.
14:17Ce que vous dites, ça coûte très cher.
14:19Non, mais attendez.
14:20Là, vous avez deux questions, Yves.
14:22Non, non.
14:22J'ai bien compris.
14:23Il y a la méthode.
14:24Vous avez le…
14:25Vous avez le…
14:25Vous dites, ça coûterait trop cher.
14:26Mais vous l'avez dit vous-même tout à l'heure.
14:28Bon, là, vu ce qu'il donne
14:30et vu ce que demandent les étudiants,
14:31on peut peut-être imaginer
14:32qu'il donne quelque chose de significatif
14:34qui permet de…
14:35Oui, mais est-ce que vous croyez
14:36que ça arrêterait le mouvement ?
14:37Parce que, par exemple,
14:37s'il accède au mouvement des lycéens,
14:40est-ce que ça ne va pas donner une idée aux autres
14:43en disant, finalement, le gouvernement lâche ?
14:45Et donc…
14:46Ça a été demandé aux organisations…
14:48Est-ce que vous croyez
14:49que ça peut basculer dans la grève générale ?
14:50J'écoute les…
14:52Attends, il y a deux questions.
14:53La grève générale, c'est les syndicats,
14:55c'est les salariés par rapport à leurs revendications.
14:56Pour l'instant, ce que j'ai entendu
14:58de la part des syndicats
14:59et tous les syndicats continuent à s'y mettre,
15:01c'est le fait qu'ils ont des revendications,
15:03qu'il y avait un appel à une grève générale
15:05jeudi,
15:06et qu'en fonction de ça,
15:07ils verraient s'ils ne la poursuivent pas.
15:09Donc ça, la réponse,
15:10elle est de ce point de vue-là,
15:11ce n'est pas les étudiants et les lycéens.
15:13Les deux peuvent se…
15:14Mais ça, est-ce que vous y croyez ?
15:15Est-ce que vous pensez que la France
15:16est dans un État
15:18qui peut amener une grève générale ?
15:20À très court terme, je dis.
15:21Oui, parce que vous avez un nombre,
15:24mais alors croissant presque chaque jour,
15:27de nos concitoyens
15:28qui n'y arrivent plus.
15:29Mais qui n'y arrivent plus,
15:30y compris, c'était assez frappant,
15:32les reportages qui ont été faits,
15:33par exemple, sur la manifestation de samedi.
15:35Vous avez beaucoup de jeunes travailleurs,
15:36y compris vraiment des ingénieurs,
15:38qui disent qu'ils sont obligés,
15:40maintenant, de regarder,
15:41même d'un point de vue alimentaire,
15:43ce qu'ils sachaient.
15:44Donc vous avez le poids de…
15:45Quand on dit dans les statistiques,
15:47INSEE,
15:47que le pouvoir d'achat des Français
15:48régresse, d'accord ?
15:50En moyenne,
15:50vous imaginez ce que ça veut dire
15:52pour les salariés.
15:53Ça veut dire que vraiment,
15:54il y a un problème de pouvoir d'achat
15:55terrible dans ce pays.
15:56Le travail ne rapporte pas assez,
15:58les salaires ne sont pas assez hauts.
15:59Et on a une inflation
15:59qui est au-delà de 3 %.
16:01Oui, en plus de ça.
16:02Et donc,
16:02comme les salaires ne sont pas indexés
16:03à l'inflation,
16:04vous perdez à chaque fois.
16:05Mais c'est à cause de l'inflation,
16:06d'ailleurs.
16:06Donc vous vous demandez
16:06s'il y a suffisamment
16:07de mécontentement
16:08et d'exaspération par ça,
16:10moi, je vous réponds oui.
16:12Je vous réponds oui.
16:13Et quand on a un gouvernement
16:14qui, par exemple,
16:15par rapport au blocage des prix
16:17des carburants,
16:18nous, on dit,
16:18tenez, peut-être qu'il y a
16:21peut-être une solution quand même,
16:23parce que là,
16:23Total vient annoncer
16:24au troisième trimestre
16:258 milliards de dollars
16:26de bénéfices fois 2
16:28par rapport à l'an prochain.
16:29Ça fait 20 milliards de dollars
16:30depuis le début de l'année.
16:31Et qu'il dit non,
16:32il n'est même pas question
16:33d'essayer de leur faire payer
16:35un peu d'efforts
16:36en les taxant ou autre.
16:38Les gens,
16:38les gens ne comprennent pas.
16:39Bien sûr.
16:39Et c'est incompréhensible.
16:40Mais Total,
16:41ce contrôle s'autocontrôle lui-même,
16:43si je puis dire.
16:44Puisqu'ils évitent
16:46que les prix...
16:47Ben si,
16:48non, non,
16:48mais on peut sourire.
16:50Attendez,
16:51on reprendra Total dans un instant
16:52parce qu'on va parler du carburant.
16:53Là, je veux juste
16:54qu'on reste sur le salaire.
16:55On reprendra Total si vous voulez.
16:55Sur les salaires,
16:56parce que c'est le sujet
16:57quand même qui est central.
16:57Donc, on demande des efforts
16:59et en plus de ça,
17:00avec un gouvernement
17:00qui continue à prendre,
17:02qui prend des mesures économiques
17:03qui ne font qu'augmenter
17:06cette partie récessive
17:08de leur budget.
17:08Ce qui fait que là,
17:09vous savez,
17:10au troisième trimestre,
17:11on est à moins 0,
17:12un point de PIB,
17:12on risque la récession.
17:14Contrairement à beaucoup
17:15d'autres pays européens,
17:15notamment l'Allemagne,
17:16qui a beaucoup investi.
17:18Et donc,
17:19on leur demande en plus
17:20des efforts,
17:20on va leur demander
17:21des coûts budgétaires
17:22qui vont impacter
17:22sur leur plan de ça.
17:24Et les gens disent
17:24que c'est le même plus droit
17:26dont on ne voit pas
17:27pourquoi nous,
17:28on ferait toujours les efforts.
17:29Donc, ils ont des revendications.
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