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  • il y a 6 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On va laisser la place à deux lycéens, en l'occurrence, et trois invités qui vont nous rejoindre sur ce
00:06plateau.
00:07Théo Amsadi, qui est étudiant à Sciences Po et président des Jeunes Républicains.
00:10A tout à l'heure, messieurs.
00:12Sophia Tizaoui, qui est ancienne présidente de l'Union Syndicale Lycéenne.
00:16Et Yannis Alinac, lycéen au lycée Hector Berlioz à Vincennes et coordinateur des Jeunes en Marche Lycéens.
00:23Bonsoir et bienvenue sur ce plateau.
00:25Je voulais préciser, Sandrine Rousseau, que vous étiez, cette semaine, mobilisée aux côtés de ces lycéens et de cette contestation.
00:32C'était dans le 13e arrondissement.
00:34Moi, je suis allée aux manifestations à Paris et je suis allée soutenir les lycéens de ma circonscription.
00:38Quels souvenirs vous gardez de ce que vous avez entendu et vu sur le terrain ?
00:43Incroyable. Un truc incroyable. Un moment incroyable.
00:45Mais c'était très festif, c'était très joyeux, c'était très solidaire.
00:51On vous voit sur ces images.
00:53Ah oui, moi, ça m'a vraiment touchée.
00:56Ce n'était pas du tout un mouvement fait d'aigreurs.
01:00Au contraire, c'était un mouvement qui appelait l'espoir.
01:03Alors vraiment, j'ai été très impressionnée.
01:05Et vous comprenez que ce mouvement se poursuive.
01:08Un prochain rendez-vous est pris mardi, malgré les annonces du gouvernement.
01:12Comment qualifieriez-vous, d'ailleurs, ce qui a été annoncé par ce gouvernement,
01:15des mesurettes, de la calinothérapie, comme dit Bruno Retailleau,
01:19ou quand même quelque chose qui va dans le bon sens ?
01:24Mais c'est la révélation d'une incompréhension, je pense, de la crise qui est à l'œuvre.
01:29Cette jeunesse, elle a vécu dans les classes surchauffées au mois de juillet.
01:35Elle a vécu à peu près tout ce qui était possible de vivre,
01:39c'est-à-dire du Covid, le confinement, les cours à distance.
01:43Et on a en face les absences de profs, évidemment, les classes surchargées.
01:48Et puis, on a en face un discours du président de la République
01:51qui n'offre aucune espèce de perspective à la jeunesse.
01:55Ses choix, par exemple, économiques, c'est d'aller financer des data centers
01:59dans lesquels il n'y a pas un emploi, et particulièrement pas un débouché pour les personnes.
02:03C'est de faire du nucléaire où il n'y a pas plus d'emplois dans les centrales.
02:08Et en fait, c'est vraiment un truc de...
02:10Et puis, le Premier ministre, par exemple, n'a toujours pas parlé de réchauffement climatique.
02:13Donc, en fait, c'est comme s'il n'y avait aucun espace de prospective,
02:18de projection d'un avenir un peu meilleur,
02:22et puis surtout d'un accompagnement par les pouvoirs publics,
02:25par le politique de cette jeunesse.
02:28C'est comme si on les laissait au bord de la route,
02:30comme si ça n'avait pas d'importance.
02:32Mais un pays qui oublie sa jeunesse, c'est un pays qui va mal.
02:34Ça compte, ses soutiens politiques comme celui de Sandrine Rousseau,
02:39où vous êtes tentée de lui dire, comme certains lycéens l'ont fait hier sur le plateau de BFMTV,
02:44notamment à Ségolène Royal,
02:45que vous faites partie de tous ces responsables politiques
02:48qui n'ont pas vu venir notre mobilisation,
02:51qui n'ont pas forcément entendu aussi notre colère monter.
02:54Pour le coup, j'étais en plus hier sur le plateau avec Ségolène Royal.
02:57Ah oui, c'est vrai.
02:58Ce qui est assez différent, c'est que c'est vrai que depuis des jours et des jours,
03:02il y a deux choses qui se passent.
03:03À la fois ce mouvement magnifique qui est né,
03:05de revendications très claires,
03:06et qu'on tente de vous faire croire qu'il est instrumentalisé par la France Insoumise,
03:09parce qu'il n'y a que eux sur le terrain.
03:11Mais moi, je tiens à souligner pour le coup que Sandrine Rousseau,
03:14à l'époque déjà de 2025,
03:17était sur les mobilisations lycéennes.
03:19Et ça, je m'en souviens parce qu'on s'était croisés sur un blocus parisien.
03:23Donc, c'est assez remarquable de voir qu'en fait,
03:25il y a encore des élus qui se mobilisent.
03:26Et malheureusement, pas assez.
03:27Parce que ce qu'on voit, c'est que principalement,
03:29ce sont ceux de la France Insoumise qui font leur travail,
03:31pour le qu'on ne peut pas leur reprocher.
03:32Donc, c'est aux autres de se réveiller à un moment donné.
03:35Donc oui, c'est extrêmement important pour nous d'avoir ces soutiens politiques,
03:39que ce soit de nos maires, que ce soit de nos collectivités,
03:42que ce soit de nos politiques,
03:43parce que finalement, ce sont eux qui mettent la pression réellement sur le gouvernement.
03:47Parce qu'à la fin, je rappelle qu'il y a un budget à voter,
03:49et qu'ils ont la possibilité de le censurer.
03:51Et moi, j'appelle tous les députés aujourd'hui à avoir cette responsabilité-là,
03:55de se dire qu'aujourd'hui, si vraiment vous considérez la jeunesse,
03:57et que s'ils ne mettent pas 10 milliards sur la table
03:59avec les 10 points que nous avons proposés,
04:01il faudra le censurer, ce gouvernement.
04:03Parce que de fait, il est illégitime, mais ça c'est dans notre débat,
04:06et de plus, il n'aspire pas aux revendications de la jeunesse,
04:09il n'aspire pas à notre liberté.
04:10Donc à un moment donné, on ne va pas attendre les présidentielles pour le censurer.
04:13Donc vous, c'est 10 milliards de plus mobilisés,
04:15sinon le mouvement continue ?
04:17Effectivement.
04:1810 milliards ?
04:19Alors, dans le contexte actuel et la situation budgétaire
04:23dans laquelle la France se trouve, vous dites qu'elle a raison ?
04:25Elle a raison.
04:26Elle a absolument raison.
04:28Et il y a un aspect qui est peu abordé dans la crise,
04:30qui est la question de la santé mentale.
04:32Et moi, je me permets d'insister,
04:33parce que la santé mentale des jeunes se dégrade d'une manière historique.
04:38historique, et en face, on a une désertion complète de ce sujet
04:43par l'éducation nationale et par le gouvernement d'une manière générale.
04:48Par exemple, un des trucs qui...
04:50Parce que j'ai fait une mission d'information sur la psychiatrie
04:52dans le cadre de mon activité parlementaire,
04:54et dans tous les services de psychiatrie dans lesquels nous sommes passés
04:57avec Nicole Dubré-Chirac et l'autre députée avec laquelle je l'ai fait,
05:00on nous disait qu'il y a un pic d'admission des jeunes
05:04au moment des résultats de Parcoursup.
05:06Enfin, je ne sais pas si on se rend bien compte de ce que ça veut dire.
05:09C'est-à-dire qu'en fait, on abîme les jeunes
05:12au point qu'ils aillent aux urgences psychiatriques
05:16à cause de Parcoursup.
05:17Mais enfin, on se rend bien compte de ce qu'on est en train d'abîmer,
05:20de casser, de mettre en danger.
05:22Et aujourd'hui, on a des régions en France,
05:24on a des zones en France où il y a un médecin scolaire
05:27pour 40 000 élèves.
05:2940 000 élèves.
05:30Vous imaginez ce que ça représente en termes d'absence de soins ?
05:34Suppression de Parcoursup, ça doit faire partie
05:35des premières réponses du gouvernement.
05:37Mais Parcoursup a été créé à un moment
05:39où il y avait un pic démographique.
05:40Aujourd'hui, on n'est plus du tout en pic démographique.
05:42Donc, il n'y a pas besoin de Parcoursup.
05:44Parcoursup, c'était un moment de sélection
05:46alors qu'il y avait un pic
05:47et qu'il y avait des formations universitaires
05:51qui étaient engorgées,
05:52comme la psycho, par exemple,
05:54et d'autres formations.
05:55Aujourd'hui, on n'a plus ça.
05:56Donc, il n'y a pas besoin de Parcoursup.
05:58On peut très bien vivre, comme avant,
06:00sans Parcoursup.
06:01Je vais continuer à faire tourner la parole.
06:03Yanis, est-ce que vous vous sentez représentée,
06:05vous aussi, par Sandrine Rousseau ?
06:07Et est-ce que vous trouvez que c'est important
06:09que des politiques comme elle
06:11participent à ces mobilisations ?
06:13Frédéric Souillot, qui était tout à l'heure
06:14là sur ce plateau de Force Ouvrière,
06:17qui, lui, n'était pas présent
06:18lors de votre contestation,
06:20vous disiez, moi, je ne suis pas là
06:21pour faire de l'accompagnement scolaire.
06:22Les lycéens, ils n'ont pas forcément envie
06:25qu'on soit là à leur côté.
06:28C'est ce qu'on appelle la convergence des luttes.
06:29Et je pense qu'effectivement,
06:31c'est important qu'on réunisse
06:32à la fois le corps syndical
06:34et le corps parental aussi,
06:35parce qu'il y avait la FCPE
06:36qui nous soutenait,
06:37parce que ce sont leurs enfants,
06:38c'est nous, leurs enfants,
06:39qui subissons aujourd'hui les politiques.
06:40Qu'est-ce que vous dites à ça ?
06:42Moi, je vais quand même remercier
06:43Sandrine Rousseau
06:44de s'adjoint quand même
06:45au mouvement lycéen.
06:48Mais !
06:48Mais !
06:49C'est vrai qu'il y a toujours un mais !
06:52Mais c'est vrai que vous êtes aussi député
06:53depuis un certain temps.
06:55Et vous tapez sur le gouvernement,
06:57vous tapez sur Parcoursup.
06:58Moi, j'entends parler de Sandrine Rousseau
07:01pour une histoire de boucherie,
07:03enfin, une pièce de bouchée
07:04pour un barbecue.
07:05J'entends parler de Sandrine Rousseau
07:06pour une histoire de rentabilité
07:09des agriculteurs.
07:10Mais je ne vous ai pas vraiment entendu
07:12sur la question de la jeunesse
07:14depuis ces derniers temps,
07:15à part, justement, en 2025,
07:17comme l'a dit Sophia Tizaoui.
07:19Et aujourd'hui, vous manifestez
07:22en disant que j'étais présente
07:23avec les lycéens.
07:24Moi, je suis ravi
07:24et je vous en remercie
07:25d'avoir été là.
07:26Par contre, moi, je veux vous poser
07:28une question en tant que lycéen.
07:31Et ça serait,
07:32qu'est-ce que vous nous proposez
07:33à nous, jeunes, pour la suite ?
07:35Parce que vous acquiescez le 10 milliards,
07:37mais aujourd'hui, moi,
07:38je vais être un lycéen réaliste
07:40et que ces 10 milliards,
07:41je peux comprendre tout à fait
07:42que ce ne soit pas possible
07:44de les...
07:45Non, ce n'est pas possible de les...
07:46Vas-y, vas-y, vas-y.
07:47...de les rendre disponibles
07:49tout de suite.
07:50Évidemment, le ministre
07:51a annoncé une échéance
07:54qui est l'échéance
07:55de la fin octobre
07:56que moi, j'attends,
07:57que beaucoup de lycéens attendent
07:59parce que certains lycéens,
08:00il faut le dire,
08:00ont envie de retourner en cours.
08:02On appelle à la mobilisation.
08:04Je la soutiens à 200%.
08:05Vous y serez aussi, mardi ?
08:06Je serai mobilisé.
08:08Mais je comprends tout à fait
08:09les autres lycéens
08:10qui, eux, veulent retourner en cours.
08:11Mais on a tous envie
08:11de retourner en cours.
08:12C'est intéressant.
08:12Mais on ne peut pas,
08:13on n'a pas de profs.
08:13Alors, on a des profs.
08:16Non, non, mais il faut dire les choses.
08:17On a des profs.
08:18Et puis, ce n'est pas parce
08:19qu'on a dans une matière,
08:21une spécialité, certes,
08:22un prof absent
08:23qu'il faut être absent
08:24à tous les cours.
08:25Non, ça, c'est pas...
08:26Non, je suis désolé.
08:26C'est ce que vous pointiez
08:28au tout début
08:28de votre prise de parole.
08:30C'est vrai, Sandrine Rousseau,
08:31que quand vous voulez défendre
08:32des sujets, pour le coup,
08:34et moi, je trouve que c'est
08:35une qualité, vous êtes têtu,
08:37vous savez monter au créneau
08:38et vous concentrez sur un sujet.
08:40Et c'est vrai qu'on vous a
08:41assez peu entendues
08:42sur ce malaise des lycéens
08:44et cette contestation
08:45qui grandissait ces derniers mois.
08:48Moi, je l'ai abordée
08:49par la question
08:50de la santé psychique,
08:51par exemple.
08:51Et ça, j'ai fait
08:52un énorme travail parlementaire.
08:55Un énorme travail parlementaire.
08:56Vraiment, ça a duré,
08:58je crois, près d'un an et demi.
09:00Ce qui, pour un temps parlementaire,
09:02est énorme.
09:02Je l'ai fait avec une députée
09:04macroniste, puisqu'elle s'appelle
09:05Nicole Dubré-Chira.
09:07Mais sur le manque de profs.
09:07Et on l'a travaillé.
09:08Mais sur le manque de profs,
09:10je ne suis pas dans la commission
09:11éducation, je suis dans la commission
09:13affaires sociales.
09:13C'est pour ça que je suis rentrée
09:15par la santé.
09:16Mais je l'ai fait
09:18par l'étude des budgets,
09:21par les amendements
09:22que nous avons soutenus,
09:23par le fait aussi
09:24de ne pas voter les budgets
09:25quand ils ne répondaient pas
09:26aux objectifs.
09:27Je l'ai fait aussi
09:29en soutenant des perspectives
09:31d'emplois, de transformation,
09:34en soutenant les infirmiers
09:35et les infirmières scolaires.
09:37J'entends beaucoup de
09:37« je soutiens, je soutiens »,
09:38mais justement,
09:40pas beaucoup d'initiatives.
09:41Et ça, c'est très dommage.
09:43Je tiens à rappeler aussi
09:44que vous avez été
09:45quand même vice-présidente
09:46de la région Nord-Pas-de-Calais,
09:48il me semble.
09:49Oui, et de l'université.
09:51Et là aussi, j'ai regardé
09:53et très peu d'articles
09:55sur ce que vous aviez fait
09:56personnellement.
09:56Mais je suis tout à fait curieux.
09:57Mais j'étais sur les universités.
09:58Donc des paroles,
09:59oui, mais des axes.
10:00C'est ça, tout ce que j'ai fait.
10:02Je peux vous dire
10:02ce que j'ai fait.
10:03Mais sur un avis,
10:04parce que justement,
10:05vous êtes là
10:05à beaucoup parler,
10:06beaucoup parler.
10:07On vous entend
10:09sur une très courte période
10:10sur un sujet particulier
10:11et juste après,
10:12on ne voit plus rien.
10:13Sur les universités,
10:14je vais vous dire
10:14ce que j'ai fait
10:15en tant que vice-présidente
10:15de la région Nord-Pas-de-Calais.
10:19J'ai travaillé sur le fait
10:20que les lycéens
10:21qui avaient les notes
10:23les plus basses,
10:24c'était avant Parcoursup,
10:25je suis un peu vieille,
10:26donc les notes les plus basses,
10:28eh bien,
10:28il y avait un système
10:29d'accompagnement
10:30qui faisait
10:31qu'on augmentait
10:32véritablement
10:32la capacité
10:33à réussir
10:34de ses étudiants.
10:35Pour les étudiants
10:36les plus précaires,
10:37on a créé
10:37non seulement des bourses,
10:38mais aussi des emplois
10:40sur les universités
10:41de 6 heures par semaine
10:42pour faire en sorte
10:43qu'il y ait juste
10:43un complément
10:44et qu'il n'y ait pas
10:46de temps de travail
10:47qui entachent
10:48et qui entament
10:49la capacité
10:50à réussir des études.
10:51on a développé
10:52tout un tas
10:52de dispositifs
10:53de vie étudiante
10:54pour faire en sorte
10:55que la vie
10:56juste après les cours
10:57soit de meilleure qualité.
10:59C'était un programme
11:00de logement étudiant
11:01qui a été unique
11:02dans toute la région.
11:05Vous aviez à votre échelle,
11:06c'est ce que vous dites,
11:07identifié à votre échelle
11:08à une échelle plus locale,
11:10identifié ces problématiques.
11:11Je vais vous dire
11:12que je suis rentrée
11:12en politique
11:13sur la précarité étudiante
11:14parce que je me suis battue
11:15parce qu'il y avait
11:16des étudiants
11:17qui mouraient de faim
11:18à l'époque
11:19parce qu'il n'y avait
11:20que neuf mois de bourse.
11:23Non, dix mois de bourse, pardon.
11:24Et donc, il y avait des gens
11:25qui n'avaient pas
11:26de quoi manger.
11:27J'ai été la première
11:28à faire venir
11:29le secours populaire
11:30à l'université.
11:31À l'époque,
11:31ça avait fait ce qu'on appelle
11:32aujourd'hui
11:33un scandale
11:34ou un buzz.
11:35Et c'est comme ça
11:36que ça avait donné
11:36le dixième mois de bourse
11:37pour les étudiants
11:38parce que la précarité étudiante
11:40empêchait les étudiants
11:41de réussir.
11:42Donc oui, évidemment,
11:43je suis sensible à ça
11:44mais après,
11:46je suis dans la commission
11:48des affaires sociales
11:49donc je rentre
11:49dans ce sujet
11:50par les biais
11:51qui me sont offerts
11:52dans la commission
11:52des affaires sociales.
11:53Et vous nous diriez
11:53si vous, vous étiez
11:54au gouvernement aujourd'hui,
11:55quelle serait selon vous
11:56la sortie de crise ?
11:57Mais d'abord,
11:58je continue à faire tourner
11:59la parole.
11:59Théo Amsadiv,
12:00vous êtes président
12:00des Jeunes Républicains,
12:01vous êtes contre
12:03le mouvement des lycéens.
12:05Qu'est-ce que vous dites
12:05du coup à une élue
12:06qui soutient
12:07ce mouvement des lycéens ?
12:09Non, je pense que
12:10ce qui compte,
12:10ce n'est pas de soutenir
12:11tel ou tel blocus,
12:12telle ou telle manifestation
12:13mais de soutenir la jeunesse
12:14dans ce pays
12:14qui n'est pas suffisamment écoutée
12:15par la classe politique
12:16depuis des décennies.
12:18Et pour moi,
12:19le meilleur moyen
12:20de soutenir cette jeunesse-là
12:21c'est de ne pas lui mentir
12:22et de ne pas non plus
12:24de lutter contre les caricatures
12:25qu'on lui donne.
12:25Et moi, j'aimerais vous entendre,
12:27Mme Rousseau,
12:27sur un sujet
12:28qui est important pour moi
12:29et je suis heureux
12:30d'être ici ce soir devant vous
12:31parce que j'ai envie de parler
12:33au nom d'une jeunesse
12:34qu'on entend peu
12:34mais qui, à mes yeux,
12:35est majoritaire.
12:36C'est une jeunesse
12:37qui n'était pas à Paris
12:38en train de manifester.
12:39C'est une jeunesse
12:40qui est chez elle,
12:40qui était chez elle
12:41et qui attend une seule chose,
12:43c'est que ses amphis rouvrent,
12:44c'est que ses lycées rouvrent.
12:46C'est une jeunesse
12:46qui, en fait,
12:47en a ras-le-bol
12:47d'être bloquée
12:48par une minorité
12:49qui n'a pas plus de droits
12:50à bloquer
12:51que l'élève
12:52ou que l'étudiant
12:52n'a de droits
13:00partout en France,
13:01notamment,
13:01il y avait cette policière
13:02qui s'est faite courser
13:04par des jeunes manifestants
13:05qui s'est faite mise au sol
13:07puis tabassée
13:08par un groupe
13:09de jeunes manifestants.
13:10J'ai ensuite vu
13:11un officier
13:11de la gendarmerie
13:13se faire tabasser
13:14à Belfort.
13:15J'ai vu des profs,
13:16notamment des images
13:17de profs,
13:17se faire asperger
13:18d'essence à Marseille,
13:19des profs se faire lyncher
13:20devant leur propre lycée.
13:22J'ai même vu des lycées
13:23qui étaient rénovés
13:24se faire brûler.
13:25Alors moi,
13:26je sais que vous appartenez
13:27à un camp politique,
13:28notamment dans votre parti,
13:29qui prône le rapprochement
13:30avec la France insoumise.
13:31Vous ne sentez-vous pas responsable ?
13:32On en a parlé avant,
13:33ce n'est pas tout à fait le cas.
13:34Oui, mais je n'ai aucun doute
13:36que quand il faudra se ranger
13:37derrière Jean-Luc Mélenchon,
13:38vous le ferez
13:38pour la victoire
13:40de vos idées.
13:40Vous ne vous en êtes pas cachés
13:42pour le coup.
13:43C'est pour faire barrage
13:43à l'extrême droite,
13:44encore heureux.
13:45Non, mais c'est important,
13:46ça fait partie des sujets
13:47importants de ces derniers jours.
13:48Le rôle de la France insoumise,
13:50la présence des élus
13:52de la France insoumise,
13:53les propos du maire
13:55de Saint-Denis
13:56et ce procès
13:58qui a été fait
13:58à la France insoumise
13:59d'instrumentaliser
14:00ce mouvement,
14:01voire de jeter
14:02de l'huile sur le feu.
14:03Ça, vous y répondez ?
14:04Alors, je viens,
14:06je vous promets
14:07de répondre sur l'EFI,
14:07mais je voudrais juste
14:09que vous citez
14:11tout ce que vous avez vu,
14:12mais vous n'avez pas vu
14:13l'élève avec la main arrachée,
14:15vous n'avez pas vu
14:16l'élève avec du sang
14:19et une fracture,
14:21enfin une ouverture
14:22de son crâne.
14:24Vous n'avez pas vu
14:26toutes les blessures
14:27qu'il y a.
14:28En fait, c'est quand même bizarre
14:30de ne pas voir ça
14:31quand on est étudiant
14:32et de ne pas regarder ça.
14:34Et je vais vous dire,
14:35je pense que
14:36ce qui s'est passé,
14:37alors heureusement,
14:38ça s'est calmé
14:38et c'est tant mieux
14:39parce que la doctrine
14:41de maintien de l'ordre
14:42face au mouvement
14:44étudiant et lycéen
14:45était scandaleuse.
14:47Mais scandaleuse.
14:48Et que vous,
14:49vous reteniez
14:51ce qui s'est passé
14:52du côté des policiers
14:53sans jamais regarder
14:54ce qui pourtant
14:54est la population
14:56que vous devriez défendre
14:57puisque vous êtes étudiant.
14:58Comment se fait-il
14:59que vous les oubliez ?
15:01Par quelle construction
15:03de l'esprit
15:05et par quelle construction politique
15:07en arrivez-vous
15:07à oublier
15:08ce que vous êtes censé défendre ?
15:10Parce que je vais vous dire
15:10en matière politique,
15:12il y a une chose
15:12qu'il ne faut jamais oublier,
15:13c'est de ne jamais oublier
15:14de défendre
15:15ceux qu'on représente
15:19et ceux pour lesquels
15:19on a été élus.
15:20Vous savez,
15:20Mme Rousseau,
15:21moi j'adore débattre
15:22avec des gens de gauche
15:22parce que je ne suis jamais
15:23la caricature
15:24qui me donne d'être.
15:25Moi, je ne suis pas là
15:25pour vous dire
15:26d'un côté,
15:27je suis content
15:28de voir ces images-là
15:29de lycéens
15:29qui sont blessés
15:30parfois dans les manifestations.
15:32Mais je pense bien au contraire
15:33que la raison de tout ça,
15:34l'une des causes de tout ça,
15:35c'est parce qu'il y a
15:36un camp politique
15:36qui a dit à ces lycéens-là,
15:38à ces étudiants-là,
15:39la violence est un moyen légitime
15:40dans la lutte.
15:41Et pour moi,
15:41c'est envoyer des jeunes
15:43au casse-pipe,
15:44c'est les envoyer
15:44vraiment dans des zones
15:47de conflit
15:47où on sait qu'il y a
15:48des extrémistes,
15:49on sait qu'il y a
15:49des black blocs,
15:50des gens violents.
15:50Et vous m'entendez
15:51aujourd'hui vous dire
15:52que je suis triste
15:53de ces images-là,
15:53moi, j'aimerais en retour
15:54vous entendre dire
15:55que ce n'est pas normal
15:56de lyncher des policiers,
15:57que ce n'est pas normal
15:58de lyncher des professeurs
15:58et que tous ceux
15:59qui font ça
16:00devraient dormir en prison
16:01autrement.
16:01Est-ce que vous diriez
16:01comme le maire de Saint-Denis
16:03qu'il y a une violence
16:05légitime ?
16:06Non, mais enfin,
16:06ça, c'est vraiment...
16:07On a instrumentalisé
16:09cette parole.
16:10Il a dit qu'il y avait
16:11une violence légitime
16:12et qu'il fallait absolument
16:18C'est incroyable.
16:19Enfin, ce que subit
16:20Bali Bagayoko
16:21depuis qu'il est élu
16:22devrait quand même
16:24nous questionner
16:25parce qu'il est la cible
16:26dès qu'il a un mot,
16:29dès qu'il a une initiative,
16:31il est la cible.
16:31Bali Bagayoko,
16:33il est allé aux manifestations
16:34sur la place de la République.
16:36Il a aussi permis
16:38de calmer l'espace
16:40entre le front des élèves
16:43et des étudiants
16:44et les policiers.
16:45Et ça, par exemple...
16:46Oui, mais ça,
16:48personne ne le dit.
16:48On a montré les images.
16:49On a allé montrer les images.
16:51Oui, mais donc, voilà.
16:52En fait, il joue son rôle
16:54qui est de dire
16:55qu'on ne doit pas user
16:58de la violence
16:59parce qu'à la fin,
17:00c'est quand même ça
17:00que veut dire sa phrase.
17:03Et par ailleurs,
17:03quand il y en a,
17:04il s'interpose en tant qu'élu.
17:06Et moi, je vais vous dire
17:07merci à lui de l'avoir fait.
17:08Donc, il n'a rien à se reprocher.
17:10Est-ce qu'il y avait
17:10d'autres élus écologistes
17:12aux côtés du mouvement
17:13des lycéens
17:14ces derniers jours
17:15ou vous étiez plutôt
17:15une exception ?
17:17Ah non,
17:18je pense qu'il y a eu
17:18des élus écologistes.
17:20Non ?
17:21Effectivement,
17:22il n'y en a pas eu énormément.
17:23Malheureusement,
17:23nous, on aurait bien aimé
17:24voir plus d'élus écologistes
17:25ou socialistes.
17:26Mais moi,
17:27il y a une question
17:27que je voulais vous poser,
17:28c'est que
17:30il y a quelques années,
17:32Marine Tondelier
17:32avait déposé des fleurs
17:34au pied de la police.
17:35Et c'est vrai
17:36que dans les temps qui courent,
17:38enfin, c'était vraiment
17:38en plus dans un temps...
17:39C'est-à-dire au pied de la police ?
17:41Devant un commissariat ?
17:42Non, non, c'était vraiment
17:43pendant une manifestation,
17:44il y avait les CRS
17:44et elle a décidé
17:45de poser des fleurs
17:46alors que vraiment,
17:46les CRS étaient en train
17:47de réprimer de manière
17:48très, très violente
17:51les manifestants.
17:52Et donc, c'est vrai
17:52qu'on se dit, en fait,
17:53de quel côté
17:54certains écologistes
17:55se placent, en fait.
17:56Et donc, moi, je me dis,
17:58vous, en tant qu'écologiste,
17:59bien que je croie comprendre
18:01que ce n'est pas
18:02tout bautoureux en ce moment
18:03avec votre parti,
18:05pourquoi vous ne voulez pas
18:07assumer cette rupture
18:08avec les écologistes
18:09qui, manifestement,
18:10ne sont pas sur votre ligne ?
18:14Ben oui, mais l'écologie
18:15n'appartient pas
18:17à une aile droite
18:19de l'écologie, si je puis...
18:21Mais c'est ça,
18:21mais c'est qu'aujourd'hui,
18:22quand même...
18:22Mais ce que vous voulez dire,
18:23c'est que le signe
18:23de Saint-Réu Rousseau...
18:24Ils ont voté pour Marine Tondelier
18:25qui, quand même,
18:25est une écologie, pardon,
18:27mais pas anti-capitaliste.
18:29C'est catastrophique, quoi.
18:30Non, mais parce que,
18:31je veux dire,
18:31à un moment donné,
18:32quelle image vous envoyez
18:33quand vous posez des fleurs
18:34alors que des manifestants
18:36viennent se faire tabasser ?
18:37C'est tellement mieux.
18:38Vous prenez un mouvement
18:39un petit, c'est beau,
18:40au contraire.
18:41Comment ça, c'est beau ?
18:42Mais c'est beau,
18:42mais les Français et les Allemands,
18:43ils ont fait une trêve,
18:44on a prévu.
18:44Ils viennent de se faire tabasser
18:45alors qu'on dépose des fleurs,
18:46mais qu'est-ce que ça veut dire ?
18:47Ça veut dire qu'on légitimise
18:48le fait qu'ils tabassent
18:48des gênes.
18:49Je ne sais pas pourquoi.
18:50Non, mais je pense qu'il y a...
18:50Dans la confrontation
18:51de la violence...
18:52Non, mais je pense que l'image,
18:55elle renvoyait aussi
18:56à des images qu'on a pu voir,
18:57par exemple,
18:57dans les mouvements de mai 68
18:58où il y a eu des images
19:00comme ça,
19:00où il y avait des manifestantes
19:03ou des manifestants
19:04qui ramenaient des fleurs.
19:05Bon, voilà.
19:06Après, moi, je pense que là,
19:08on est dans un moment
19:09de confrontation
19:10et qu'il ne faut pas minimiser ça.
19:11Et donc, moi, j'appelle
19:14le ministre de l'Intérieur
19:15a vraiment calmé les policiers
19:18parce qu'il est très important.
19:19Parce qu'on a l'impression
19:20qu'ils sont à égalité.
19:21Mais enfin, les policiers
19:22sont chargés
19:24d'une mission de service public
19:25qui est le maintien de l'ordre.
19:26On peut l'appeler comme ça.
19:27Ce sont aussi des gardiens de la paix.
19:29C'est-à-dire qu'en fait,
19:30il est très important
19:32que la population garde confiance
19:33dans une police
19:36parce qu'on sait
19:37qu'elle respectera
19:38les lois de la République.
19:40Aujourd'hui, force est de constater
19:41depuis les Gilets jaunes
19:42qu'on a quand même
19:43de sérieux doutes
19:44sur à chaque fois
19:45qu'il y a une manifestation,
19:46on a à chaque fois peur
19:47qu'il y ait des débordements
19:48et ça n'est pas possible
19:49que dans un pays
19:52où dans la Constitution,
19:54il est précisé
19:55que nous avons un droit
19:55à la manifestation,
19:57un droit aux libertés publiques,
19:58etc.,
19:59il n'est pas possible
20:00d'avoir peur
20:00d'aller en manifestation.
20:02Je le dis parce que
20:02c'est aussi ça
20:04l'avancée,
20:06la bataille culturelle
20:07du fascisme
20:08et de l'extrême droite,
20:09c'est aussi d'empêcher
20:10les mouvements,
20:11notamment les mouvements de gauche,
20:12quand ils vont manifester,
20:14de créer la peur,
20:16de générer
20:18un climat de violence.
20:19Je dois dire quand même
20:20que ça ne se passe pas
20:21quand il y a des manifestations
20:22d'extrême droite,
20:23c'est-à-dire qu'il n'y a pas
20:23les mêmes violences.
20:25Vous avez peur
20:25quand vous allez manifester
20:27ces derniers jours
20:27ou pour le coup,
20:28elle en fait trop ?
20:29Non, non, bien sûr.
20:30Pour le coup,
20:30moi j'ai été à Bastille,
20:32j'ai fait toutes les dernières
20:33manifestations
20:34et c'est vrai que Bassi,
20:35c'était assez particulier
20:36parce que j'ai assisté
20:38à des scènes
20:38mais vraiment,
20:39je me disais
20:39mais si ça avait été
20:40dans un autre pays,
20:42on aurait dit
20:42que c'était un régime totalitaire.
20:44Enfin pardon,
20:44mais très heureux.
20:45Mais la NASE,
20:45par exemple,
20:46vous êtes-à-dire ?
20:47Non, non, mais pardon,
20:47mais les autres pays,
20:48quand tu vois...
20:48Non, mais laissez-moi terminer,
20:49non, non, mais laissez-moi terminer,
20:51c'est qu'à un moment donné,
20:51si l'ONU est saisie
20:52pour ce que la France
20:53fait à ses étudiants,
20:54c'est qu'à un moment donné,
20:55c'est très grave.
20:56Non, mais Léa,
20:56non, non, mais par exemple,
20:57on s'est fait nasser.
20:58Hier, on s'est fait nasser.
20:59Non, mais attendez,
21:00pardon, je termine
21:00parce qu'hier,
21:00ce qui s'est passé,
21:01c'est très grave.
21:02On s'est fait nasser.
21:03Il y a des jeunes
21:04qui sont sortis en sang.
21:06Je suis allée voir un CRS
21:07de manière très pacifique
21:08pour dire, écoutez,
21:09ce jeune homme est en sang,
21:09laissez-le sortir.
21:10Non, je ne le laisse pas sortir.
21:12Mais c'est sa vie
21:12qui est en danger, la voyons.
21:14Et on nous gaze en plus.
21:15On nous NASE
21:15et on nous gaze.
21:16Donc je suis désolée,
21:17mais notre droit à manifester
21:18est bafoué.
21:18Il y a 10 ans dessus,
21:19vous n'êtes pas d'accord.
21:21C'est intéressant
21:21de voir qu'il y a
21:22des divergences
21:22d'un genre entre vous.
21:24Une pluralité d'opinion.
21:25Non, mais c'est bien.
21:26Non, mais je tiens à rappeler
21:27déjà que je suis le seul lycéen ici.
21:29C'est très important.
21:30J'ai été lycée.
21:31On a tous été lycéens.
21:32Oui, non, mais ce que je veux dire
21:32qu'actuellement,
21:33je suis lycéen.
21:34Non, mais c'est vrai,
21:35je suis lycéen,
21:36mais c'est une légitimité.
21:37Vous êtes à quel lycée ?
21:38Lycée Hector Berlioz,
21:40à Vincennes.
21:40Nous, on s'est mobilisés
21:41en soutien à tous les lycées
21:42parce qu'on est conscients
21:43qu'il y a des difficultés partout.
21:44Moi, j'habite aujourd'hui à Vitry.
21:46Je suis aussi conscient
21:47des difficultés
21:47qui sont dans ma ville.
21:50Moi, quand j'entends parler
21:52des lycéens,
21:53des jeunes qui se font tabasser,
21:54qui se font violenter
21:56dans les manifestations,
21:58ça doit être condamné.
21:59Il doit y avoir des enquêtes.
22:00Et ces enquêtes,
22:01elles vont être faites.
22:02Mais la question que vous avez posée,
22:03c'était la question de la peur.
22:04Moi, quand je suis allé manifester,
22:06ce n'est pas la question
22:07de la peur qui m'habitait.
22:08Moi, j'avais juste la peur
22:09que ça dégénère.
22:10Que ça dégénère des deux côtés.
22:12Du côté des manifestants
22:13et du côté des policiers.
22:14Ce n'est pas...
22:15Non, non, mais...
22:16Non, Gabriel Attal
22:17penche à gauche quand même.
22:18Non, non, mais...
22:20Non, mais...
22:20Non, mais il y a aussi
22:21des casseurs
22:22parmi les manifestants.
22:23C'est ça, c'est que cette peur,
22:24ce n'est pas la peur
22:24seulement des policiers.
22:25C'est juste que ça dégénère
22:26dans une globalité.
22:28Non, mais voilà.
22:29Non, mais...
22:29Dans plein de pays,
22:30il y a eu des mouvements
22:32qui étaient bien plus violents
22:34que ceux que nous connaissons aujourd'hui.
22:36Je pense au hooliganisme,
22:37par exemple en Angleterre,
22:39je pense aux manifestations
22:42en Allemagne
22:42qui à une époque
22:43étaient d'une violence incroyable.
22:45Et il y a eu des doctrines
22:46de maintien de l'ordre
22:47qui étaient fondées
22:48sur la désescalade,
22:49c'est-à-dire sur la protection
22:50des personnes,
22:51l'isolement des personnalités
22:53les plus violentes,
22:55mais sans que la police
22:56exerce la violence sur eux.
22:58Et en fait, ça a calmé le jeu.
23:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:02ça n'est pas en armant
23:03de plus en plus
23:05les forces de l'ordre
23:06qu'on va obtenir cette désescalade.
23:08Et je pense qu'il faut quand même
23:09être conscient de ça
23:10parce que sinon,
23:11alors, on accepte
23:13qu'il y ait à chaque manifestation
23:15des blessés.
23:16Normalement,
23:16un blessé en manifestation,
23:18c'est quelque chose
23:18d'absolument exceptionnel
23:20qui ne doit pas se produire.
23:21Et là, on en a
23:22dans quasiment
23:23chaque manifestation.
23:24J'étais lycéen, justement,
23:26j'ai fait des blocus
23:26et je peux vous le dire,
23:28quand j'ai vu des policiers
23:29en face de moi
23:30qui chargeaient
23:31des jeunes qui cassaient,
23:32ce n'était pas moi
23:33qui étais visé,
23:34ni ceux qui faisaient
23:34du blocus pacifiquement.
23:36Mais ça,
23:36ce n'est pas complètement vrai.
23:37Nous, on a par exemple
23:38une collaboratrice parlementaire
23:40qui a juste accompagné
23:42les lycéens,
23:42qui s'est pris un LBD
23:44et qui a une fracture
23:45de la mourette.
23:47C'est pareil
23:47et elle n'était pas du tout
23:48black bloc.
23:49Il faut condamner
23:49toutes les violences,
23:50évidemment.
23:50Non, mais c'est vrai.
23:51Il faut être réaliste.
23:53Juste pour vous répondre
23:54sur qu'est-ce que je ferais
23:55si à l'hérité de l'éducation,
23:57je commencerais par augmenter
23:58les profs
23:58pour qu'ils soient attirés
23:59par le métier
23:59et qu'ils restent...
24:02Regardez juste,
24:03je voudrais qu'on rappelle
24:04les chiffres,
24:05s'il vous plaît,
24:06sur les blessés.
24:09761 policiers
24:10et gendarmes blessés,
24:10215 élèves blessés
24:12et 100 personnels
24:13enseignants
24:13qui ont ici été visés.
24:15C'est visiblement
24:15l'une des...
24:16Comment dire ?
24:17L'une des nouveautés
24:18aussi de ces violences
24:20qui ont accompagné
24:21ce mouvement,
24:22c'est qu'elles visent
24:23directement des personnes.
24:2524 enquêtes
24:26ouvertes par l'IGPN.
24:28Merci à tous les trois.
24:29Merci beaucoup
24:29d'être venu sur ce plateau.
24:31Merci à vous,
24:31Sandrine Rousseau.

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