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  • il y a 13 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Mais d'abord, donc, parlons de cette nouvelle journée de mobilisation avec mes invités en plateau, Thierry Arnaud, Hélène Lecomte,
00:08bonsoir à vous, bonsoir Hélène, Christian Flèche, ancien directeur de la police judiciaire de Paris,
00:13Marius Ménil, bonsoir, vous êtes co-secrétaire général de l'union syndicale, lycéenne, bienvenue, Théo Amsadi, bonsoir, président des Jeunes
00:22Républicains,
00:23et Jérôme Rodrigues, membre du mouvement, ancienne figure du mouvement des Gilets jaunes, puisque vous n'êtes plus à proprement
00:29parler, membre du mouvement des Gilets jaunes, si ?
00:31Si, toujours Gilets jaunes, Gilets jaunes un jour, Gilets jaunes toujours.
00:34D'accord, très bien, j'étais pas sûre.
00:37Maintenant vous avez une certitude.
00:38Voilà.
00:39Ça c'est de l'info.
00:41Manifestation, donc, avec ces chiffres donnés par les organisateurs qui parlent de 250 000 personnes, 146 000 selon Place Beauvau,
00:49une manifestation, des manifestations dans plusieurs villes de France, globalement dans le calme,
00:54mais quelques tensions au moment des dispersions, des cortèges, notamment à Paris, Place de la Nation,
01:00où nous attendent évidemment les équipes de BFMTV, puisque nous sommes encore ce soir sur le terrain.
01:05Quelle est la situation ? Le calme règne, il me semble, Place de la Nation.
01:11Oui, Alice, le calme règne, Place de la Nation.
01:14Les dernières forces de l'ordre qui étaient présentes ici ont quitté les lieux aux alentours.
01:19De 20h, elles ont quitté la Place de la Nation aux alentours de 20h,
01:22une place où la tête du cortège des manifestants était arrivée aux alentours de 15h30.
01:27Et puis la situation a commencé à se tendre peu après 17h,
01:30quand les forces de l'ordre, les policiers, la BRAVEM et les gendarmes ont commencé à disperser la foule.
01:35Et on a eu globalement environ une heure de tension entre forces de l'ordre et manifestants,
01:40avec des échanges de projectiles.
01:42D'un côté, les policiers et les gendarmes qui lançaient des grenades lacrymogènes,
01:45des grenades de désencerclement.
01:48Et de l'autre, les manifestants qui lançaient des projectiles et des tirs de mortiers
01:52sur les forces de l'ordre.
01:54On a vu des charges de CRS, des interpellations.
01:58Donc voilà, environ une heure de tension.
02:00Mais cette manifestation ici à la Place de la Nation devait se terminer à 19h.
02:05Elle s'est terminée à 19h puisque la circulation a repris dans ces eaux-là.
02:09Les véhicules de nettoyage ont débarqué peu après 19h et le métro Nation avait rouvert lui aussi peu avant 19h.
02:16Et donc depuis 20h, je vous le disais, les véhicules des forces de l'ordre ont définitivement quitté cette place
02:23de la Nation
02:24qui a retrouvé son calme ce soir.
02:26Merci beaucoup pour ces précisions.
02:29On va parler dans un instant évidemment des revendications des uns et des autres de la suite du mouvement.
02:34Mais un mot quand même sur ce que dit ce soir dans un communiqué le ministère de l'Intérieur, Place
02:39Beauvau,
02:39qui dit attention, contrairement aux apparences, ça n'a pas été aussi calme que prévu.
02:44Hélène Lecomte, les forces de l'ordre ont quand même éprouvé encore des difficultés sur le terrain.
02:49Alors le ministère de l'Intérieur ce soir dans ce communiqué, vous l'aurez remarqué,
02:52il n'y a pas eu ce soir comme les samedis précédents de conférences de presse du ministre de l
02:55'Intérieur.
02:56Ce qui veut peut-être dire aussi que ce soir à cette heure-ci, tout est calme partout.
02:59Fait une différence entre Paris, un cortège qui s'est déroulé dans le calme malgré quelques incidents lors de la
03:05dispersion.
03:05Et on l'a vu d'ailleurs, dispersion qui s'est faite très rapidement.
03:08Cette manifestation devait s'arrêter à 19h et à 20h, la circulation avait repris sur la place de la Nation.
03:14Et puis plusieurs grandes villes de province avec des cortèges moins encadrés.
03:19C'est ce qu'on redoutait, ou pas déclaré.
03:22Et des débordements à Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Marseille, Dijon, Nantes par exemple.
03:27Le ministère parle de groupes à risque qui ont tenté de faire dégénérer les cortèges
03:31mais qui ont été contenus par les forces de l'ordre.
03:34141 actions ont été recensées aujourd'hui contre 227 le week-end dernier.
03:40Ce qu'on voit, c'est que malgré ces casseurs, cette présence de casseurs dans l'ensemble,
03:45cette journée de mobilisation a pu se tenir avec encore des revendications très variées.
03:51Mais ce qu'on se disait tout à l'heure, Christian Flèche, avec le service police-justice de BFMTV,
03:54en préparant cette émission, c'est que malgré tout, ce qui est compliqué,
03:58c'est que ces journées deviennent sur le plan sécuritaire imprévisibles.
04:02Et ça, c'est pas normal.
04:05Alors, ces journées sont surtout très consommatrices en termes de policiers et de gendarmes,
04:09puisqu'il y a deux jours, il y avait déjà 70 000 policiers et gendarmes engagés.
04:15Là, c'est le même chiffre.
04:17Donc ensuite, prévisible, il y a des services de renseignement qui tentent de faire une évaluation.
04:22L'évaluation, elle était quand même à l'aune de ce qui s'est passé, me semble-t-il, correcte.
04:27Il y avait une difficulté sur Paris, puisqu'il y avait un cortège qui était en accord
04:33entre les organisateurs et la préfecture de police, qui s'est déroulé tout à fait correctement.
04:37Et puis, il y avait un rassemblement qui était interdit à la Concorde,
04:41où il a fallu aussi que la police intervienne.
04:43Après, en province, c'est plus compliqué, parce que, comme le disait Hélène Lecomte,
04:47il y a des organisateurs moins structurés, ou même pas d'organisateurs.
04:53La volonté de tous les préfets de préserver les centres-villes,
04:56et donc, au milieu de tout ça, il y a des groupes qui essayent de s'organiser pour intervenir
05:01et, pour le coup, non pas pour manifester, mais pour casser.
05:04Et surtout, sans déclaration, donc avec une difficulté supplémentaire,
05:07qui est de savoir où, quand, comment ces groupes vont se rassembler,
05:11même si, évidemment, il y a des appels qui sont passés sur les réseaux sociaux,
05:14mais ça ne se passe pas forcément là où on les attend.
05:17C'est ce qui a été le cas, notamment à Lyon, aujourd'hui.
05:19Et ce que vous voulez faire passer comme message le ministre de l'Intérieur ce soir,
05:23c'est que, même si on n'est pas, évidemment, dans ce qui s'est passé le 17 octobre dernier,
05:27ça ne veut pas dire que, pour les forces de l'ordre, ça n'a pas été compliqué, encore, aujourd
05:32'hui, sur le terrain.
05:33Je ne suis pas le porte-parole du ministre, mais il y a une différence, sans doute.
05:37Il faudrait qu'on essaie de décrypter ce qui se dit.
05:39Ce qu'on montre à la télé, ce qu'on voit, avec une manifestation qui se passe bien à Paris,
05:44avec une fin de manifestation, et puis quelques personnes qui en profitent à la fin,
05:50qu'on montre aussi, mais en même temps, ce qu'on ne voit pas,
05:53c'est un certain nombre de villes en province, où vous n'avez pas vos reporters,
05:56où il y a eu des vraies actions de harcèlement,
05:58et de tentatives de pénétrer dans des endroits où il y avait une interdiction.
06:02On n'était pas avec des images, dans toutes les villes, mais dans certaines villes.
06:05notamment de la ville de Lyon, et puis, il était peut-être important aussi,
06:09c'est une grande ville, Lyon, de montrer que ce cortège à Paris,
06:12qui s'est fait à nouveau sur ce trajet République-Nation,
06:15donc un trajet en centre-ville, comme jeudi dernier,
06:17est une manifestation qui s'est plutôt bien déroulée.
06:20Vous étiez où, vous, Jérôme Rodriguez, aujourd'hui ?
06:22J'étais sur la manifestation parisienne, celle qui allait de République à Nation.
06:26Donc, vous, typiquement, vous n'avez pas décidé d'aller place de la Concorde,
06:30parce que certains gilets jaunes, malgré l'interdiction, ont voulu y aller.
06:33D'ailleurs, deux de vos collègues ont été interpellés et placés en garde à vue.
06:38Alors, je tiens à rappeler que c'est la coordination qui se fait appeler
06:41coordination des gilets jaunes, qui avait décidé de maintenir
06:45cet appel à la place de la Concorde.
06:47Alors, je respecte à la fois la liberté de vouloir manifester où bon leur semble,
06:50à eux de prendre leurs responsabilités.
06:52Moi, vous connaissez le sujet.
06:53J'ai aujourd'hui assez payé, assez cher dans le passé,
06:57pour éviter d'aller me mettre encore une fois en danger.
06:59Je préfère aller dans celles qui sont, même si c'est dur, en tout cas pour moi,
07:04d'aller dans celles qui sont, en tout cas, autorisées.
07:06Encadrées ?
07:07Encadrées.
07:08Pourquoi pas, enfin, on va dire, qui sont validées par la préfecture de police de Paris
07:11pour éviter encore une fois des interpellations et des amendes que j'ai eues,
07:15l'occasion de bien trop payer.
07:16Puis aujourd'hui, j'ai eu l'occasion de pouvoir y aller avec ma famille aussi,
07:19de pouvoir aller manifester avec ma famille,
07:21pour démontrer en tout cas que ces manifestations se passent très bien,
07:24en tout cas sur le terrain.
07:25Parce que par rapport à ce qui peut être dit, moi, je préfère amplifier les propos.
07:30Elle s'est, à 99%, très, très bien passée.
07:33Ok, quelques petits heures sur la place de la Nation.
07:36Je pense que c'est plus des gens qui sont déterminés à vouloir rester
07:39et que la police a besoin de faire place nette.
07:41Et que c'est à ce moment-là qu'on va engager toutes les lacrymogènes
07:45et toutes les grenades assourdissantes.
07:47Et celles qui peuvent blesser, encore une fois, mutiler.
07:49C'est simplement des gens qui sont déterminés à rester un peu plus longtemps sur la manifestation
07:52et qui ne sont peut-être pas décidés à rentrer avant de pouvoir les appeler des casseurs
07:55ou, encore une fois, des manifs sauvages, parce qu'on n'est pas des sauvages malgré tout.
07:58Mais 70 000 forces de l'ordre mobilisées, combien de temps ça peut tenir ?
08:03Est-ce que ça peut tenir encore longtemps, chaque semaine ?
08:05Franchement, c'est très lourd pour les policiers et les gendarmes qui sont engagés,
08:08tout simplement parce que, pour certains, leurs congés sont supprimés.
08:11Donc, ça veut dire que les congés sont repoussés.
08:14On était, il y a encore quelques semaines, dans des périodes de congés scolaires.
08:18On va arriver ensuite dans des congés de fin d'année.
08:21On a des perspectives qui sont habituelles du 31 décembre ou du 1er janvier,
08:26où les forces de police et de gendarmerie vont être engagées.
08:28On a aussi la période de Noël, où la surveillance des établissements cultuels va devoir se faire.
08:35Et puis, derrière, il y a la campagne électorale.
08:37Et donc, on a une vraie perspective mauvaise.
08:40Et il faut absolument qu'on puisse préserver les hommes, je dirais, et les femmes,
08:44parce que c'est très mauvais d'être sous la pression.
08:47Mais j'ai l'impression que ça fait déjà plusieurs semaines qu'on dit que c'est très lourd.
08:50Et malgré tout, ça tient encore, ça tiendra aussi longtemps qu'il faudra que ça tienne ?
08:54Alors, il faudra que ça tienne.
08:56Et il faudra éviter qu'on en arrive à une période de trop forte tension,
09:00où un acte individuel pourrait faire basculer l'ensemble.
09:04Il y a aussi un autre constat que dresse dans son communiqué, le mystère de l'Intérieur.
09:08C'est ce qu'il appelle un net recul du nombre de manifestants.
09:11Chiffre à la pluie, 146 000 personnes, dont 46 000 à Paris, pour 141 actions.
09:19Vos chiffres, les chiffres des organisateurs sont différents.
09:21Mais malgré tout, ils témoignent aussi d'une baisse de la mobilisation.
09:25Est-ce qu'il faut en tirer des enseignements, selon vous ?
09:28Depuis le début du mouvement, on nous demande si ça s'essouffle.
09:31Et depuis le début du mouvement, il ne fait que prendre de l'ampleur.
09:32Et cette semaine a quand même été massive, avec notamment ce jeudi,
09:35où il y avait 1,6 million de personnes dans la rue et plus de 1 000 lycées bloqués.
09:38Ce qui montre que la détermination continue.
09:40Effectivement, ce week-end, il y a quelques personnes qui ont préféré se reposer
09:42pour revenir encore plus fort la semaine prochaine.
09:44Parce que nous, tant qu'on n'a pas de réponse politique, on continuera de se mobiliser.
09:47Ça a pu durer quelques jours, quelques semaines, mais quelques mois.
09:49Parce que nous, ce qu'on veut, c'est 10 milliards d'euros pour nos lycées
09:52et l'abrogation de Parcoursup.
09:53Donc l'idée aujourd'hui, c'était, même en étant moins nombreux,
09:56de maintenir la pression, en fait, en vue des rendez-vous de la semaine prochaine.
09:59Exactement, on continue et on aura donc un rendez-vous avec M. Lecornu lundi.
10:02À l'issue de cette réunion, on espère qu'il y aura des annonces à la hauteur,
10:04parce que les premières annonces d'il y a deux semaines ne sont pas du tout suffisantes.
10:07Mais ils ont quand même pu montrer que le gouvernement était en train de céder
10:09et donc que la mobilisation fonctionnait.
10:10C'est pour ça qu'on continue.
10:11Et on dit qu'il faut amplifier la mobilisation pour avoir des vraies réponses.
10:14Vous, quels enseignements vous tirez de ces chiffres de la mobilisation ?
10:17Est-ce que vous, vous avez le sentiment que cette mobilisation, elle s'essouffle ?
10:20Oui, je pense que les chiffres y parlent de même.
10:22Et on aura beau dire tout ce qu'on veut,
10:24effectivement, semaine après semaine, la mobilisation, elle s'essouffle.
10:27Mais je pense que le débat, il n'est pas...
10:29Pas jeudi ?
10:29Non, pas jeudi, mais c'était une petite parenthèse
10:31par rapport à la dynamique des derniers jours.
10:33Mais je pense que le débat, il est surtout sur les réponses à apporter.
10:37Mon collègue, j'allais dire camarade, mais ce n'est pas dans mon champ lexical,
10:39mais mon collègue propose justement des solutions
10:43qui sont plutôt des solutions, en réalité, à mes yeux et à nos yeux, idéologisées,
10:47c'est-à-dire l'entrée gratuite à la fac,
10:49c'est-à-dire au final de passer à la classe supérieure pour tous et gratuitement.
10:53Donc au final, ce qui, à nos yeux, a condamné notre génération,
10:56ma génération et la génération d'après, à arriver ensuite à la fac,
10:59à ne pas avoir les moyens d'étudier correctement,
11:01à se rendre compte, une fois sur les bancs de la fac,
11:03que ce n'était pas fait pour eux,
11:04et à se rendre compte qu'ensuite, en fait, il y a tout un système qui leur a menti.
11:07Parce qu'il y en a un système qui a instrumentalisé ces jeunes-là,
11:10qui leur a promis qu'ils auraient accès à tout,
11:12au premier banc de la fac, à tel filière comme ils voulaient,
11:14sans leur montrer qu'en réalité, derrière, il y a du chômage,
11:17parfois, parce que forcément, toutes les filières,
11:19elles ne débouchent pas forcément sur les mêmes emplois,
11:21il y a de la précarité,
11:22et en réalité, c'est contre tout ce système-là qu'on se bat,
11:25et moi, j'aimerais aussi apporter une autre voie,
11:27dire qu'il n'y a pas seulement une jeunesse lycéenne de gauche,
11:30voire d'extrême-gauche qui s'engage, qui est syndicalisée,
11:32mais aussi toute une jeunesse qui, en fait, accepte le terme de sélection.
11:36Il y a plus d'un jeune sur deux qui sont d'accord avec ce terme-là,
11:39et moi, c'est ce discours-là que j'ai envie de porter,
11:40parce que je pense que c'est ce système-là qui nous a conduits à la casse,
11:43ce n'est pas la sélection qui a tué l'éducation nationale
11:45ou qui a tué l'enseignement supérieur,
11:47au contraire, c'est d'avoir menti à notre génération.
11:48Sur les manifestations et l'impact qu'elles peuvent avoir,
11:50oui, vous voulez répondre à ça ?
11:52Parce qu'il y a des déclarations importantes du ministre de l'éducation nationale.
11:55Oui, mais je reprends maintenant, parce que je pense que vous,
11:56enfin, ce n'est peut-être pas votre faute,
11:57mais il faut quand même vous renseigner sur les revendications,
11:59parce que là, vous vous concentrez juste sur Parcoursup,
12:02qui est une des dix revendications.
12:03C'est pour la sélection, c'est pour ça.
12:04Voilà, exactement.
12:05Mais ce qu'on demande, par exemple, pour le bâti scolaire,
12:06c'est-à-dire, quand on mange à la cantine,
12:08ne pas avoir des plafonds qui tombent,
12:09quand on demande à aller en classe,
12:10avoir un procès devant nous,
12:11ce n'est pas idéologique et ça devrait être la base.
12:12Et donc, nous, aujourd'hui, le blocus et la manifestation,
12:15c'est les derniers moyens qu'on a,
12:16parce qu'on a essayé de passer par les voies institutionnelles,
12:18par les pétitions, et ça n'a pas marché.
12:20Et aujourd'hui, on est plutôt écouté.
12:22Et sur la sélection, effectivement,
12:23l'entrée gratuite à la fac, ça, ça devrait être la base.
12:26– Tiens, pas gratuit, moi, je parle de la gratuité, c'est normal.
12:28– Je voudrais que ce soit payant.
12:29– Non, je ne parle pas de la gratuité,
12:30moi, je parle de la sélection, ça n'a rien à voir, effectivement.
12:33– Donc, nous, ce qu'on demande,
12:34c'est que l'accès au savoir soit ouvert à tout le monde,
12:36à toutes les personnes qui ont le bac,
12:37et donc que si vous avez votre bac,
12:38vous avez une base garantie à l'université.
12:40– Alors, moi, juste pour répondre.
12:42– Je voudrais qu'on avance sur l'impact
12:43que pourraient avoir ces manifestations sur le calendrier scolaire.
12:46Le ministre de l'Éducation nationale,
12:48dans les colonnes du Parisien,
12:49est interrogé pour savoir s'il va devoir,
12:52s'il a été question d'envisager de réadapter le calendrier scolaire,
12:55parce qu'il y a aussi des élèves qui veulent aller étudier
12:58et qui ne peuvent pas le faire en ce moment, on est bien d'accord.
13:00Et il dit, je vais être très clair,
13:01je n'ai pas l'intention de toucher aux examens,
13:02on ne peut pas dire d'un côté qu'on veut un diplôme national
13:05et de l'autre qu'on peut l'aménager
13:07en fonction des situations de chacun.
13:10En gros, ça veut dire que chacun prend ses responsabilités.
13:13Ceux qui ne vont pas en cours,
13:14ils passeront l'examen comme les autres.
13:16– Alors, je pense qu'il veut surtout nous faire peur
13:18et il veut faire taire le mouvement,
13:20parce qu'à chaque grand mouvement lycéen,
13:21il y a eu des aménagements au bac,
13:22et je pense qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir là-dessus,
13:24c'est-à-dire que si le mouvement continue,
13:25il continue de prendre de l'ampleur,
13:26si les lycées continuent à être bloqués,
13:28il y aura évidemment des aménagements pour le bac,
13:30parce que le but du ministre,
13:31ce n'est pas qu'il y ait 50% d'échecs au bac à l'horaire,
13:33donc forcément, il y aura des arrangements nécessaires.
13:35– Mais le but du ministre, c'est aussi la sortie de crise ?
13:37– Bien sûr, mais pour ça, c'est très simple,
13:38il faut une solution politique,
13:3910 milliards d'euros, élaboration de parcours sup.
13:41– Vous le voyez la semaine prochaine, on est d'accord ?
13:43– On lui a déjà dit plusieurs fois,
13:44il fait la saut d'oreille,
13:45donc maintenant, il est temps de nous écouter,
13:47et je pense que tout le monde a envie d'aller en cours,
13:48nous aussi, parce qu'effectivement,
13:49on a le bac à préparer à la fin de l'année,
13:50et donc notre objectif, ce n'est pas de bloquer tous les jours
13:52et d'avoir des manifestations tous les samedis.
13:54– Vous, typiquement, exemple concret,
13:56vous avez loupé combien de jours de cours, là ?
13:58– Ah ben, moi, je ne suis pas allé en cours depuis plus d'un mois.
14:01– On est d'accord que pour préparer l'examen,
14:03c'est une catastrophe ?
14:04– Bien sûr, bien sûr,
14:05mais après, ce qu'on peut faire,
14:06c'est faire des cours en dehors,
14:08donc le soir, et puis sur des blocus,
14:09j'ai vu des gens qui ont préparé leur cours,
14:11et après, la vérité, c'est que si on s'arrête là,
14:12en fait, il n'y aura aucune solution,
14:14et donc il y a des gens qui, par exemple,
14:15ont le bac de France à la fin de l'année,
14:16qui n'auront pas de professeur pendant toute l'année,
14:17ils ne peuvent pas préparer le bac.
14:19Il y a des gens qui, lors de leur cours,
14:20n'auront pas de chaise, n'auront pas de table,
14:21ça, c'est des vraies situations qu'on trouve dans des lycées.
14:23Il y a des gens qui auront beaucoup trop chaud cet été,
14:25parfois même pendant les périodes d'examen.
14:26Donc il faut des solutions assez problématiques.
14:28Théo, pourquoi vous dites open bar ?
14:30Open bar, parce qu'en fait, c'est ce grand discours de gauche
14:33qu'on nous vend depuis des années en disant
14:34vous aurez le droit à tout, il n'y a pas de souci,
14:36alors qu'en réalité, on le voit,
14:38il y a un tas de jeunes qui arrivent sur le marché du travail,
14:40dans le mur, parce que leur formation ne les a pas préparés
14:43aux métiers qu'ils auront vraiment après le marché du travail.
14:46Et surtout, il y a des oubliés que vous ne mentionnez pas,
14:49notamment, c'est tous ceux qui...
14:50Alors, en fait, pour tous ceux qui vivent dans des grandes maisons,
14:52qui ont un grand environnement,
14:54c'est plutôt facile, les cours en visio,
14:56mais j'ai l'impression que vous ne pensez pas forcément
14:57à tous ceux qui vivent avec 3, 4 frères et sœurs
15:00dans des petits appartements,
15:01et pour qui la visio, c'est compliqué.
15:03Et notamment, il y a un sujet qui est très important,
15:05c'est le sujet de la santé mentale,
15:06et puis je suis convaincu que vous vous êtes engagés
15:08sur le sujet, et sincèrement,
15:09mais vous pensez à la santé mentale de tous ceux
15:11à qui on empêche de se réveiller le matin,
15:13de se rendre en cours, de se voir leurs amis, etc.
15:15Moi, j'ai l'impression que vous n'y pensez pas vraiment.
15:16Mais est-ce que vous pensez, vous, par exemple,
15:18qu'il faudrait que les jeunes gagnent mieux leur vie ?
15:20Mais évidemment, moi, je veux que chacun gagne leur vie
15:22en fonction de leur travail.
15:23– Parce que c'est aussi pour ça que vous vous battez, non ?
15:25– Voilà, et sur la santé mentale, moi, j'y pense,
15:27mais j'y pense tout le temps, pas seulement qu'un des blocus.
15:29Et je pense qu'il faudrait que tout le monde y pense plus souvent,
15:31parce que c'est un sujet extrêmement important,
15:32et il y a 75% des lycéens et des lycéennes
15:34qui ont un état de santé mentale mauvais,
15:35et c'est aussi pour ça qu'on se mobilise.
15:38C'est parce qu'on est épuisé, par exemple, du temps,
15:40parce qu'on n'a pas de professeur,
15:41on a des établissements délabrés,
15:42quand on a le bac, on n'a pas le place de l'université,
15:44on est abandonné par l'État.
15:45Donc, on se mobilise aussi pour avoir une meilleure état de santé mentale.
15:48– En tout cas, rencontre la semaine prochaine,
15:50vous, vous serez reçu par Sébastien Lecornu.
15:52– L'Union syndicale ISN, oui, elle sera reçue.
15:53– Donc, 10 milliards, 10 mesures,
15:55on est toujours sur cette revendication.
15:57– Tout à fait, c'est sur 10mesures.fr, pas les gens qui t'en regardent.
15:59– Il y a aussi des attentes, Thierry Arnault, sur le SMIC,
16:01et c'est là où je vous donnerai la parole, évidemment,
16:03Jérôme Rodriguez, sur le pouvoir d'achat.
16:04– Non, mais je voulais juste répondre,
16:06excuse-moi, au petit jeune qui est à côté de moi,
16:08Marius, excuse-moi,
16:10méfie-toi aussi des annonces de façade.
16:13Parce que ça fait 10 ans de Macronie,
16:14et 40 ans, limite, qu'on est en France,
16:16et qu'à un moment donné, tu vois,
16:18il y a une expression qui dit,
16:19on ne veut pas les miettes, on veut la boulangerie.
16:20Et si, à un moment donné, on ne te propose que des miettes,
16:23et qu'on ne propose que des miettes aussi aux syndicats
16:24qui, eux, ont déjà du métier sur des annonces de façade,
16:27simplement pour le fait que les gens puissent rentrer à la maison,
16:29et ne pas avoir entière satisfaction,
16:30parce qu'il n'y a pas que les syndicats,
16:32il n'y a pas que les lycéens,
16:33il y a d'autres personnes qui ne sont pas forcément encartées,
16:34et j'en fais partie, Gilets jaunes oblige,
16:36qu'à un moment donné, on n'est peut-être pas forcément aussi entendus
16:38sur l'ensemble des attentes, aujourd'hui,
16:40des revendications qu'on peut avoir en tant que Gilets jaunes,
16:42en tant que citoyen, qui n'est pas forcément syndicalisé,
16:45ou membre d'une association,
16:46ou forcément encarté dans quoi que ce soit.
16:48Et ça, il faut s'en méfier aussi,
16:49parce que si c'est pour en revenir dans 6 mois,
16:51moi, je ne sais pas, aujourd'hui,
16:52on prend d'autres exemples qui vont arriver,
16:55et qui pourraient encore mettre les gens encore plus en colère,
16:57c'est que le froid arrive à grands pas,
16:59il va falloir remplir les cuves à fioul,
17:00il y a plein de choses qui vont encore fracasser les Français,
17:03qui vont encore installer un climat de violence,
17:05il faut toujours parler de violence dans la rue,
17:07dans les familles françaises,
17:08qui n'arriveront pas à joindre les deux bouts,
17:10donc méfions-nous aussi de tous ces éléments de façade,
17:12et ces espèces d'agoras,
17:14ou d'assemblées,
17:15avec l'ensemble des syndicats,
17:16sans forcément aussi écouter l'ensemble des Français,
17:18qu'on n'entend pas,
17:19cette France silencieuse,
17:20qui n'est pas si silencieuse que ça,
17:22parce qu'elle est emportée par l'ensemble
17:24de ses responsabilités familiales, professionnelles,
17:26et qui s'exprime aujourd'hui,
17:27et ça pourrait aussi faire qu'il y ait beaucoup d'insatisfactions,
17:31et que ce mouvement perdure malgré tout.
17:33– Bien sûr, et nous, juste, sur les 10 milliards,
17:35nous ne lâcherons rien,
17:36et je veux dire aussi aux lycéens et les scènes qui nous regardent,
17:37vous pouvez compter sur nous,
17:38pour ne pas faire des petits accords dans les bureaux,
17:40et ces 10 milliards, on les aura,
17:42ou alors on continuera de se mobiliser.
17:43– Sur l'état d'esprit des uns et des autres,
17:45c'est important de l'entendre,
17:46puisque vous, vous étiez pour le coup sur le terrain,
17:48au cœur de ces manifestations,
17:50ce sont nos confrères du monde
17:51qui s'intéressent à ce mouvement lycéen,
17:54et qui racontent que malgré tout,
17:56au niveau des blocages,
17:57quand même une tension plus forte,
17:58tension entre vous et les forces de l'ordre,
18:01tension aussi avec les enseignants,
18:03avec les parents d'élèves,
18:04est-ce que ça, vous l'avez observé ?
18:06– On l'a observé, effectivement,
18:07notamment jeudi, soir,
18:08où j'ai reçu des dizaines d'appels de camarades
18:10qui me disaient qu'ils avaient été victimes
18:11d'une répression policière sans précédent,
18:13et qui m'ont même envoyé des photos
18:15où ils avaient des coups de matraque partout sur le corps,
18:17ce qui est totalement scandaleux,
18:18et donc là, il faut que le ministre change immédiatement
18:21de doctrine de maintien de l'ordre,
18:23parce que c'est inacceptable,
18:25dans un pays comme la France,
18:25le pays des droits de l'homme,
18:26que lorsqu'on se mobilise pour nos droits lycéens,
18:28on nous envoie la police qui nous matraque.
18:30– Donc la violence, la tension,
18:31elle ne vient que des forces de l'ordre ?
18:32– Elle vient surtout des forces de l'ordre.
18:34– Après, effectivement, il y a aussi des enseignants,
18:38des parents d'élèves, des dégradations, effectivement.
18:41Et nous, nos méthodes, c'est très clair,
18:42c'est la non-violence,
18:43et on appelle tout le monde à la prudence
18:45et à bloquer leur lycée le plus possible.
18:47– Vous condamnez l'extrême-gauche
18:47qui est devant les blocages,
18:49qui justement met des incendies,
18:51arrive et provoque les forces de l'ordre.
18:52Il y avait une jeune qui était face,
18:54moi j'ai cette scène en tête,
18:55Bruno Rotaillot justement sur l'une des séquences
18:58et qui dit qu'elle subit la violence policière
19:01et on voit sur la vidéo,
19:02c'est elle qui va et qui essaye de récupérer le bouclier.
19:04Parce que typiquement, ce genre de jeunes
19:05qui provoquent la police,
19:06qui provoquent les gendarmes,
19:07vous les condamnez,
19:08vu que vous semblez condamner les violences.
19:10– Oui, nous on l'a toujours dit,
19:11nos méthodes c'est la non-violence.
19:12Après, qu'il y ait une telle colère envers la police,
19:13je pense que ça doit aussi interroger l'institution policière.
19:16– C'est des pères de famille,
19:16ils sont certainement pères de lycéens.
19:18– Tout à fait, effectivement,
19:24évidemment, vous êtes très très en colère.
19:26– Christian Fletch, ancien directeur de la police judiciaire de Paris.
19:31– Oui, en tout cas,
19:33le policier fait partie de la police,
19:35ça crève des yeux.
19:36Donc il faudrait aussi condamner ce type de violence.
19:39Parce qu'aujourd'hui, c'est des gendarmes.
19:40– Allez-y, est-ce que vous pouvez vous donner
19:42les violences policières ?
19:43– Mais juste, en fait,
19:44il y a l'IGPN qui à chaque fois condamne, etc.
19:46– L'IGPN ne condamne rien du tout,
19:49j'ai eu à ce que l'heureux,
19:50ne condamne rien du tout.
19:51– L'IGPN enquête.
19:53– Je pense que le policier qui a été jugé
19:56par son tribunal administratif
19:58n'a pris que 5 jours de suspension
19:59pour un œil crevé.
20:01– Arrêtez de nous parler de l'IGPN.
20:02– Je pense que l'actualité,
20:03elle doit être du côté de l'ordre.
20:04– Le jour où les policiers pourront mériter
20:08une enquête indépendante
20:09et non pas par leurs propres collègues,
20:11peut-être qu'on pourra en reparler.
20:11– En tout cas, à ce sujet,
20:13le débat n'évolue pas.
20:15C'est-à-dire, d'un côté,
20:16ce sont les forces de l'ordre
20:16qui sont pointées du doigt.
20:17– Non, mais il faut arrêter avec l'IGPN,
20:18parce que ça, ça ne fonctionne plus.
20:19– D'abord, pour vous,
20:21vous dites qu'il faut que le ministre
20:22change ses méthodes de maintien de l'ordre,
20:23mais il faut que vous changiez
20:25vos méthodes de non-violence,
20:26parce qu'il y a quand même
20:26des dizaines de membres
20:28de l'éducation nationale
20:29qui sont blessés.
20:29C'est la réalité.
20:31Et c'est quand même en interne
20:33au sein du lycée
20:34et avec les étudiants
20:35qui sont blessés.
20:36Je pense qu'on peut être d'accord là-dessus.
20:37Ensuite, pour M. Rodrigues,
20:39il est clair que l'IGPN ne juge pas.
20:41Il y a un aspect administratif,
20:43mais ensuite, il y a des aspects judiciaires.
20:45L'IGPN enquête.
20:47Elle enquête à la demande de magistrats
20:48et qui plus est,
20:49elle est présidée, dirigée
20:51par un magistrat.
20:52Donc, on peut quand même y trouver
20:54une certaine forme d'objectivité.
20:56Derrière, il y a un jugement judiciaire.
20:58– Je suis désolé.
20:59L'IGPN, aujourd'hui,
21:00les policiers ont moins peur
21:03de l'IGPN sur un fait
21:04de violence policière
21:05que pour tout autre fait
21:06qu'il pourrait y avoir
21:06dans un commissariat
21:07ou toute autre chose.
21:08J'ai eu affaire à eux.
21:09J'ai eu la directrice de l'IGPN
21:10à l'époque,
21:11qui m'a vendu tout un rêve
21:13en faisant confiance.
21:14Non, moi, je n'ai pas confiance
21:16en l'IGPN.
21:16Aujourd'hui, pour moi,
21:18il est impossible
21:18que des policiers puissent enquêter
21:20sur leurs propres collègues.
21:21Il y a quelque chose,
21:22il y a un parti pris,
21:23c'est la maison,
21:23je peux comprendre,
21:24une corporation qui fait que,
21:26aujourd'hui,
21:27tant qu'on n'aura pas changé
21:28ce système
21:28de pouvoir avoir
21:29des enquêtes indépendantes
21:30sur des policiers
21:31qui pourraient commettre
21:32au moins des violences
21:33ou tout autre fait
21:34lié à leur travail,
21:35on n'y arrivera pas.
21:36Et la justice ne sera jamais faite
21:37au niveau de ceux
21:38qui sont violentés par la police.
21:39– J'entends, mais ça a déjà évolué
21:43– J'ai du mal à y croire.
21:44– Qu'attendez-vous,
21:45Jérôme Rodriguez ?
21:46Qu'attendez-vous des rencontres,
21:48des réunions prévues lundi ?
21:49Qu'est-ce que vous attendez
21:50comme annonce ?
21:51– Qu'est-ce que j'attends ?
21:53C'est ce que je disais
21:53à Marius il y a deux minutes.
21:55– Oui, mais Marius a fait valoir,
21:56lui, ses revendications.
21:57Quelles sont les vôtres
21:58sur le pouvoir d'achat ?
21:59– Vous voyez,
22:00améliorer le pouvoir d'achat,
22:01réduire les inégalités sociales
22:02et fiscales,
22:02renforcer la participation
22:03des citoyens aux décisions politiques.
22:05Est-ce qu'aujourd'hui,
22:06le gouvernement aura la capacité
22:08de recevoir d'autres personnes
22:09que ceux qu'ils ont l'habitude
22:10de recevoir,
22:10c'est-à-dire les syndicats
22:11qui vont ne prêcher
22:12que pour leur propre paroisse ?
22:13Ok, ils vont défendre certainement
22:15une partie de leurs travailleurs,
22:16mais la totalité des travailleurs
22:18aujourd'hui qui ne se reconnaissent pas
22:19dans ces syndicats
22:20vont-ils être écoutés ?
22:21Je sais que nous,
22:22à l'époque des Gilets jaunes,
22:24on avait eu l'occasion
22:24d'être reçus quatre fois.
22:26Quand on envoyait
22:27au directeur de cabinet
22:28les prénoms de ceux
22:29qui pourraient être reçus,
22:30ne serait-ce que par exemple
22:31le président Macron,
22:32je veux dire,
22:32avoir un éborgné
22:33qui arrive au Palais de l'Elysée,
22:34ça risque d'être mal vu.
22:35Donc qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
22:36Il faudrait qu'une délégation
22:37de Gilets jaunes
22:38soit aussi reçue
22:39la semaine prochaine ?
22:40Une délégation de citoyens.
22:41Le Gilet jaune,
22:41moi je suis un citoyen,
22:43ce n'est pas parce que je mets
22:44un Gilet jaune
22:44que je ne suis pas un citoyen.
22:45Mais les syndicats,
22:45ça sert aussi à ça, non ?
22:47Est-ce que les syndicats
22:48aujourd'hui représentent
22:49l'entièreté des travailleurs
22:50en France ?
22:51Est-ce que les syndicats
22:51aujourd'hui,
22:52il y a combien ?
22:53Il y a 650 000 adhérents
22:54à la CGT,
22:54ça représente l'entièreté
22:56des travailleurs dans ce pays.
22:57Il y a d'autres personnes
22:58qui ont des voix,
22:59il y a d'autres personnes
22:59qui ont aussi travaillé,
23:00qui ont des choses à proposer.
23:01Est-ce que ces personnes-là
23:02vont être reçues
23:03pour peut-être aussi
23:04calmer le mécontentement
23:06sur sa totalité ?
23:07Je n'en ai pas la certitude.
23:08Si c'est pour encore
23:09aller vendre quelques miettes
23:11à des syndicats
23:12qui vont peut-être quelque part,
23:13excusez-moi du terme,
23:14mais j'ai discuté
23:15avec un collaborateur
23:15tout à l'heure
23:16de Mme Binet
23:18sur la manifestation.
23:19J'ai un profond respect
23:21pour la base,
23:21mais est-ce que
23:23les élites syndicales
23:24aujourd'hui
23:25vont avoir la capacité
23:26de penser à l'entièreté
23:27de cette population,
23:29de l'ensemble
23:29de ces citoyens aujourd'hui
23:30qui sont dans la rue
23:31et pour qui il est compliqué
23:33de finir les fins de mois,
23:34de trouver satisfaction
23:35dans leur travail ?
23:35L'idée, c'est quand même
23:36d'aller obtenir des choses
23:37pour les entreprises,
23:39branche par branche,
23:40ensuite les fonctionnaires
23:41seront reçus,
23:42mais bon,
23:43je vois,
23:43j'entends que c'est insuffisant.
23:45J'en ai pas la certitude.
23:46Je n'ai pas dit
23:46que c'était insuffisant
23:47dans l'absolu.
23:48On n'a jamais été,
23:49ça n'a jamais été suffisant
23:50jusqu'à aujourd'hui.
23:51Sinon, on ne serait pas
23:52dans la rue.
23:52Thierry Arnaud est avec nous.
23:53Il rentre tout juste
23:54de Washington,
23:55mais il couvrait les mi-termes.
23:56Thierry Arnaud,
23:58qu'est-ce qui se trame,
24:00selon vous,
24:00se prépare du côté
24:01de Matignon ?
24:02Je le disais,
24:02deux ministres prennent
24:03la parole à la veille
24:04de cette semaine décisive.
24:05On ne peut pas encore dévoiler
24:06tout ce qui se dit
24:06dans la presse de ce dimanche,
24:08mais on a quand même
24:09quelques éléments
24:11sur ce sur quoi
24:12le gouvernement
24:13pourrait bouger
24:14sur le pouvoir d'achat.
24:15Il y a effectivement
24:16trois sujets
24:16sur le pouvoir d'achat.
24:17Il y a le SMIC,
24:18je vais y revenir
24:19dans un instant.
24:20Il y a comment faire
24:21en sorte que l'écart
24:23entre le net
24:23et le brut diminue.
24:27Comment faire en sorte
24:28que sur la fiche de paie,
24:29ça fonctionne mieux.
24:31Et puis,
24:31il y a le point d'indice
24:32des fonctionnaires
24:33avec des revendications
24:34très précises
24:35de la part
24:35de la fonction publique.
24:36Alors, sur le SMIC,
24:39le ministre du Travail,
24:40Jean-Pierre Farandou,
24:41a déjà évoqué
24:43la perspective
24:44de porter le SMIC
24:45au-delà de 1 500 euros
24:47net par mois.
24:48Aujourd'hui,
24:49c'est 1 477.
24:51Donc, on parlerait
24:52d'une augmentation
24:52de 23 euros par mois
24:55dont une quinzaine d'euros
24:57épongeraient,
24:57si vous me permettez
24:57l'expression,
24:58l'augmentation
24:59du coût de la vie,
25:00c'est-à-dire en gros
25:01l'inflation.
25:02Et donc, ça veut dire
25:03qu'en réalité,
25:03le gain de pouvoir d'achat
25:04serait de l'ordre
25:05de 7 euros par mois.
25:06Une fois qu'on a dit ça,
25:07on a compris que
25:08pour ceux qui la réclament,
25:10cette hausse sera considérée
25:11comme insuffisante.
25:12Donc, on est sur un coup de pouce
25:13de l'ordre de 7 euros.
25:14Oui, en gain réel et net
25:16de pouvoir d'achat,
25:17oui.
25:18Et donc, on peut s'attendre
25:19évidemment à des discussions
25:21très tendues sur ce point-là,
25:22sachant que,
25:24pour le gouvernement,
25:25augmenter le SMIC,
25:26ça présente un avantage,
25:27c'est que ce sont
25:27les entreprises qui payent,
25:29ça ne sort pas du budget
25:30de l'État,
25:30ça ne sort pas
25:31de la poche du contribuable
25:32et donc ça ne vient pas
25:32gréver le déficit.
25:34Pour autant,
25:35le discours du gouvernement,
25:36ça a toujours été de dire
25:37que porter trop loin,
25:38trop haut le SMIC,
25:39ça détruit les emplois
25:40et c'est sans doute
25:41ce qu'on entendra
25:42encore dans la bouche
25:44du gouvernement
25:44et du ministre du Travail.
25:45Mais quand les patrons
25:46reçus hier
25:47par le Premier ministre
25:49à la sortie disent
25:50« Ok, on veut bien
25:51faire un effort,
25:51mais il va falloir
25:52que le gouvernement
25:52prenne aussi sa part
25:54de responsabilité »,
25:55est-ce qu'ils pensent
25:56à ce coup de pouce
25:58de 7 euros
25:59ou ils attendent
26:00beaucoup de pouces ?
26:00Non, là,
26:00on est plutôt sur
26:01le deuxième sujet
26:02que j'évoquais,
26:02c'est-à-dire la différence
26:03entre le net et le brut,
26:05c'est-à-dire le discours
26:06qui est tenu au gouvernement,
26:07c'est regarder ce que sont
26:09l'ensemble des prélèvements sociaux,
26:11l'écart entre le brut
26:12et le net
26:12que vous avez
26:13sur votre fiche de paye.
26:14Si vous travaillez là-dessus,
26:16on peut aussi redonner
26:18du pouvoir d'achat
26:19aux Français.
26:19Donc nous,
26:20on est d'accord
26:20pour faire un geste,
26:21mais il faut que de l'autre côté,
26:22il y ait un geste également.
26:24Puis j'ajoute ce sujet
26:26du point d'indice
26:27des fonctionnaires,
26:28du point de revalorisation
26:28qui sera posé
26:29sur la table,
26:30bien sûr,
26:31plus compliqué
26:32pour le gouvernement
26:32puisqu'on considère
26:34que 1%,
26:35c'est un peu plus
26:37de 2 milliards d'euros.
26:38Donc la facture
26:39peut être très vite,
26:40très lourde
26:41pour le budget de l'aide.
26:42Excusez-moi,
26:42on parle de 84 euros
26:44par an.
26:45À 7 euros par mois,
26:47on est à bien à 80.
26:48Si on sait compter,
26:48c'est le peu de sous
26:49qu'on peut avoir
26:49à la fin du mois.
26:49Là, vous parlez
26:50de la hausse du SMIC.
26:51On parle de 84 euros par an.
26:53C'est à peine deux pleins.
26:56Et encore,
26:57je suis très large.
26:58On ne parle même pas
26:58d'un caddie rempli
26:59aujourd'hui en magasin.
27:00Et vous croyez
27:01que les Français
27:02vont se satisfaire de ça ?
27:04Elle est là, la question.
27:05Parce que 7 euros,
27:06ça ne signifie rien par mois.
27:0884 euros par an
27:09et on va se satisfaire de ça.
27:10Et c'est ça
27:11qui va calmer
27:11les mécontentements.
27:12C'est ça qui va remplir
27:13les cuves à fioul.
27:13C'est ça qui va payer
27:14le chauffage.
27:15C'est ça qui va payer le gaz.
27:16C'est ça qui va payer le caddie.
27:17C'est ça qui va payer
27:18les pleins d'essence.
27:19Enfin, c'est quoi
27:19ce manque de réalité,
27:21ce manque de réalisme
27:21de la part d'un gouvernement
27:22qui aujourd'hui
27:23n'a pas compris
27:23qu'avec 1 500 euros,
27:25avec des loyers
27:27à 1 000 balles par mois
27:27pour avoir 3 chambres
27:28et pouvoir héberger sa famille.
27:30Enfin, on est complètement...
27:31Vous, vous voyez même
27:32comme une provocation ?
27:33Mais c'est...
27:34Mais provocation.
27:35On a l'habitude
27:36d'être provoqués
27:36par la Macronie à un moment donné.
27:37Il faudra que ces gens
27:38vous rendent des comptes
27:38à un moment donné
27:38parce que c'est juste incroyable.
27:40Enfin, 84 euros par an.
27:41Il faut que les gens
27:42qui nous regardent
27:43derrière leur poste...
27:43Ils vous rendent des comptes
27:43dans les urnes dans 6 mois.
27:45Mais dans les urnes.
27:46Mais même,
27:46combien même on va aller
27:46dans les urnes ?
27:47Je vous l'ai dit,
27:47sur le plateau.
27:48Ils viennent chercher nos voix.
27:49Ils ont besoin de nos voix.
27:51Pendant 5 mois,
27:51ils vont nous lécher les bottes
27:52pour avoir nos voix.
27:53Et une fois qu'on aura donné nos voix,
27:54il va juste falloir
27:55la fermer pour 84 balles par mois.
27:57C'est pour ça que vous dites
27:58à celui qui est à votre droite
27:59« Attention,
28:00n'acceptez pas les miettes. »
28:01Non, mais on veut la boulangerie.
28:03Enfin, je ne sais pas.
28:04Enfin, il faut apprendre à perdre
28:07pour pouvoir gagner.
28:08Même la mort,
28:10c'est pour avoir le paradis.
28:11Enfin, il y a 84 balles.
28:13Et on va se satisfaire de ça.
28:14Théo Amstadi.
28:15On entend la colère
28:16de Jérôme Rodriguez.
28:17Non, c'est juste
28:18du foutage de gueule.
28:18Excusez-moi de l'expression,
28:19mais on se moque
28:21des gens aujourd'hui.
28:22On nous parle
28:22d'une inflation à 2%.
28:24On s'est pris aujourd'hui,
28:25vous prenez un kilo de poulet,
28:26vous en avez pour 11 balles.
28:27Vous prenez un kilo de viande hachée,
28:28vous en avez pour 17 balles.
28:30Est-ce que ces gens-là
28:32se rendent compte
28:34que c'est rigolé au nez
28:36des Français aujourd'hui
28:37qui sont dans la difficulté ?
28:38Enfin, je ne sais pas.
28:38Est-ce que le gouvernement
28:39doit faire plus ?
28:41Ce n'est pas qu'il doit faire plus,
28:42c'est juste qu'il doit faire différemment.
28:43Et enfin, il doit faire.
28:45Là, la hausse du SMIC,
28:46évidemment,
28:46elle est risible,
28:47elle est ridicule.
28:48Et puis, je pense forcément
28:49que c'est une insulte
28:49envers les Français.
28:50Moi, l'une des raisons,
28:51si je me suis engagé en politique
28:52quand j'étais plus jeune,
28:54c'est parce que j'ai vécu
28:55notamment avec ma mère
28:55qui, en fait,
28:56gagnait à peine plus
28:57au plus du SMIC
28:58alors qu'elle le trimait
28:59au travail toute la journée.
29:00Et ce que j'ai vu,
29:01c'est qu'elle,
29:02elle avait envie notamment
29:03de bosser à fond, etc.,
29:04pour pouvoir vivre de son travail.
29:06Et en fait,
29:06on l'empêchait de vivre
29:07de son travail.
29:08Donc nous, notamment,
29:09on a une proposition
29:10avec Bruno Rotaillot
29:11dans ce combat-là.
29:16de plus qu'autre chose.
29:17Mais c'est de dire notamment
29:18au-delà de la 35e heure
29:20travaillée par semaine,
29:21donc à peine à une demi-heure
29:22par jour, oui,
29:23en fait,
29:24on vous libère en quelque sorte
29:25dans le sens où
29:26on supprime cotisation sociale
29:27et patronale.
29:27Et à partir de ce moment-là,
29:28vous travaillez 100% pour vous.
29:30Et là, selon les...
29:31Donc c'est travailler plus
29:32pour gagner plus.
29:32C'est travailler plus
29:33pour gagner plus.
29:34Mais c'est seulement,
29:35en plus, je ne veux pas
29:35effrayer les gens,
29:36c'est seulement une demi-heure
29:37de plus par jour
29:38qui pourrait permettre
29:39d'avoir un 13e voire un 14e mois.
29:40C'est ce que ferait
29:41Bruno Retailleau,
29:42là, typiquement,
29:43aujourd'hui,
29:43pour répondre
29:43à la colère sociale.
29:45Mais je pense que
29:45c'est la seule solution à faire
29:46parce que le SMIC,
29:47en fait,
29:48on ne peut pas répondre
29:48à cette colère-là
29:49parce qu'il y a tous les gens
29:50qui manifestent
29:51et il y a d'autres gens
29:51qui se taisent chez eux,
29:52comme vous l'avez dit,
29:53et qui, en fait,
29:54continuent de subir.
29:54Moi, je viens d'une famille
29:55qui se tait et qui subit.
29:57Il faut arrêter de répondre
29:58par des pansements
29:59dans l'urgence à chaque fois.
30:00Il faut répondre structurellement.
30:01Sur cette proposition,
30:02Jean-Marie Rodriguez,
30:03très concrètement.
30:03J'avais déjà répondu
30:04à un collaborateur de Retailleau.
30:06On n'a pas le temps
30:06d'attendre six mois.
30:07C'est maintenant tout de suite
30:08qu'on a besoin de...
30:10Non, mais là,
30:10pour le coup,
30:11ça peut être assez immédiat
30:13si l'idée...
30:13Oui, mais c'est toujours
30:15des hommes politiques
30:16qui viennent nous dire
30:16qu'il faut travailler plus
30:17alors que c'est des gens
30:17qui, pour la plupart,
30:18n'ont jamais un CV rempli,
30:19qui sont là des professionnels
30:20de la politique
30:21et qui, pour la plupart,
30:22n'ont jamais peut-être été à l'usine
30:23ou porter une caisse d'automates
30:24sur un marché
30:25et qui vont nous donner des leçons
30:26à traiter les Français de feignants.
30:28Mais c'est pas le dessous.
30:30Que Retailleau aille à Rungis
30:31porter des carcasses de viande
30:33et puis après,
30:33il viendra parler
30:34si les Français doivent travailler plus.
30:35C'est vraiment ce qu'il se trouve ?
30:36Oui, mais c'est des gens
30:38qui proposent des solutions.
30:39Ce sont les mêmes personnes
30:39qui ont mis les Français
30:40dans la mouise
30:41pour rester correct.
30:43Enfin, à un moment donné,
30:44comment ces gens-là
30:44qui ont mis la France
30:47dans cet État
30:48peuvent être apports de solutions ?
30:50Enfin, c'est des gens
30:51qui doivent dégager,
30:52rendre des comptes.
30:52Il n'y a jamais eu le président.
30:53Qui est susceptible
30:55de vous apporter des solutions, du coup ?
30:57Je ne sais pas,
30:58mais en tout cas,
30:59je vous l'ai dit
31:00l'autre jour sur le plateau
31:01des Édouard Philippe,
31:03des Gabriel Attal
31:04qui viennent donner des leçons
31:04aux Français
31:05qui n'ont jamais bossé de leur vie,
31:06qui ont mis la France
31:07dans cet État depuis 10 ans,
31:08qui ont augmenté
31:09le difficile budgétaire
31:10et qui se prétendent aujourd'hui
31:11être les sauveurs de ce pays,
31:13mais qui le dégagent,
31:14ces gens-là.
31:14Non seulement qu'ils dégagent,
31:15mais avant qu'ils dégagent,
31:16comme par exemple
31:18apparemment Macron
31:18qui veut partir à l'étranger,
31:20qu'avant qu'ils dégagent,
31:20on les chope
31:21et qu'on les foute en justice
31:22et qu'ils viennent répondre
31:22de leur bilan.
31:23Moi, je vous l'ai dit,
31:24en tant que Gilets jaunes,
31:24j'ai tiré le bilan du mouvement.
31:26Ces gens-là à qui
31:26on ne demande jamais des comptes.
31:28On demande des comptes
31:29aux Français tous les jours
31:30que Dieu fasse.
31:30Ils se doivent de rendre des comptes,
31:32ne serait-ce que par leur feuille d'impôt
31:33pour savoir combien ils gagnent.
31:34Quand est-ce que ces gens-là
31:35vont rendre des comptes
31:36sur ce qu'ils ont fait
31:36aujourd'hui aux Français ?
31:37Sur la violence
31:38qu'ils ont mis
31:39sur le dos des Français ?
31:40Parce qu'à eux,
31:41on ne leur demande jamais rien.
31:42Ils ne tirent jamais le bilan
31:43et ils restent en poste
31:44et ils continuent de gagner leur vie
31:45sur le dos des Français.
31:46Mais il a été élu pour 5 ans,
31:47il y a une présidentielle.
31:48Oui, mais ça, c'est facile.
31:50À un moment donné,
31:50moi, je ne sais pas.
31:51J'ai travaillé pour des patrons.
31:52Si je les plombe
31:53de 100 000 euros
31:54de chiffre d'affaires
31:55à la fin du mois,
31:56je ne reste pas en poste.
31:57Ces mecs-là,
31:57ils nous ont plombés
31:58de 1 500 milliards
31:58et ils sont là tranquilles.
32:00Ils ne donnent des comptes à personne.
32:01Ce que vous voulez,
32:01en fait,
32:01ce sont des politiques
32:02qui n'ont jamais exercé le pouvoir.
32:04Qu'on redonne peut-être
32:05un peu plus de pouvoir aux citoyens,
32:06qu'on les laisse un petit peu décider
32:07de leur avenir
32:08sur des questions importantes
32:10comme on l'avait proposé,
32:12nous,
32:12un peu plus de démocratie,
32:13un peu plus de référendum
32:14sur le RIC,
32:17le référendum d'initiative citoyenne,
32:19qu'on donne un peu plus de parole
32:20aux citoyens
32:20parce qu'au final,
32:21ce sont des gens déconnectés
32:22et hors sol
32:22qui vont nous dire
32:23ce qu'on a à faire
32:23à défaut des côtés français.
32:25C'est le fameux RIC,
32:25le référendum d'initiative citoyenne.
32:27Mais est-ce que vous faites partie
32:28de ces gens qui disent
32:30essayons des partis
32:31qui n'ont jamais encore
32:32exercé le pouvoir ?
32:33Le Rassemblement National,
32:35la France Insoumise ?
32:37Pourquoi pas ces gens-là ?
32:38J'en sais rien.
32:39En tous les cas,
32:39je ne sais pas
32:39s'ils sont à part de solution
32:40parce que ça fait aussi 40 ans
32:41qu'en tout cas,
32:42moi, depuis que je suis né,
32:42je vois toujours les mêmes tronches.
32:43Et si ce n'est pas les mêmes tronches,
32:45c'est les fils d'eux.
32:46Il y a d'autres petits candidats
32:47qui sont peut-être
32:48tout aussi intéressants
32:49qui ont peut-être
32:50force de population
32:50qu'on n'a peut-être pas l'habitude
32:51de voir sur les plateaux télé
32:53parce que pour des histoires
32:54de temps de passage.
32:56Renseignez-vous.
32:56Allez-y, mouillez-vous.
32:58Vous êtes journaliste
32:58à vous d'aller rechercher
32:59ces personnes-là.
33:01Nicolas Duponténien ?
33:02Je n'en sais rien.
33:03C'est pareil.
33:03Ça fait 40 ans qu'il est là.
33:04Donc, je ne sais pas.
33:05Ceux qu'on appelle
33:06le club des 1%,
33:06il y a peut-être des gens
33:07qui ont des choses
33:08très intéressantes
33:08et qui pourraient parler
33:09un peu plus en français
33:10que ceux qui ont l'habitude
33:11de fréquenter les plateaux télé.
33:13Thierry Arnaud,
33:14est-ce qu'il est envisageable
33:16que le gouvernement
33:17se cantonne à ses réponses
33:19ou est-ce que, selon vous,
33:20il y aura d'autres annonces
33:21sur d'autres sujets ?
33:22Alors, je pense qu'il a bien compris
33:25maintenant le gouvernement
33:26et le ministre du Travail
33:27qui sera au cœur
33:28de ces négociations
33:29que proposer un SMIC
33:31à 1 500 euros,
33:31ça ne suffira pas
33:32et pour toutes les raisons
33:33qu'on a entendues
33:34sur ce plateau,
33:35notamment de la part
33:35de Jérôme Rodriguez,
33:36à répondre à la crise dans la rue.
33:38La difficulté est toujours
33:39la même pour le gouvernement.
33:41C'est-à-dire qu'il y a
33:41des demandes qui sont multiples
33:42et aussi légitimes soient-elles,
33:44il n'y a pas forcément
33:44de moyens pour y répondre
33:45dans les proportions
33:47dans lesquelles
33:51la colère pourrait être...
33:52Mais il y a d'autres leviers.
33:54Donc, il va falloir trouver
33:55une solution parce que
33:58je pense qu'il ne faut pas
33:58se tromper sur le message
34:00qu'on a aujourd'hui
34:00avec ces chiffres qui diminuent.
34:02Certes, ils diminuent,
34:03mais il y avait une manifestation
34:04il y a deux jours,
34:05il y a encore beaucoup de monde
34:05dans la rue,
34:06un peu partout dans le pays.
34:08Et donc, on voit bien
34:09qu'il ne faut pas du tout
34:11conclure de ce qu'on a vécu
34:12aujourd'hui à Lys
34:12que ce mouvement est en train
34:14de s'essouffler au point
34:15que le gouvernement
34:16pourrait se dire
34:17en recevant les syndicats
34:18et les représentants
34:19des étudiants demain
34:22et dans les prochains jours.
34:23On va jouer le pourrissement,
34:24on va attendre
34:25deux ou trois samedis de plus
34:26et tout ça va rentrer
34:27tranquillement dans l'ordre.
34:28Ce n'est pas du tout
34:29la leçon à tirer
34:29de la journée qu'on a vécue.
34:30Non, et d'autant que
34:31l'annonce de cette conférence sociale
34:33ne met pas en pause
34:34les appels à la mobilisation.
34:36Il y a un appel mardi 5,
34:38appel à l'initiative
34:39des lycéens,
34:40des étudiants
34:41et des enseignants
34:42et qui invitent évidemment
34:43les autres organisations syndicales
34:45à rejoindre ce mouvement
34:47avec, en tout cas concernant
34:49l'interfac,
34:50un parcours qui est déjà déposé
34:51entre Bastille
34:52et la Pitié-Salpêtrière,
34:54qu'il y aura probablement
34:56à nouveau
34:56des manifestations
34:57samedi prochain.
34:59Donc, en effet,
35:00et comme on l'avait vu
35:01lorsque les lycéens
35:02ont été reçus
35:03successivement
35:04par les différents ministres
35:05et par le Premier ministre,
35:06la pression
35:07de la mobilisation,
35:09elle reste
35:10et elle est maintenue
35:10pour le moment.
35:11Qu'est-ce qu'il va falloir suivre
35:13attentivement
35:13en termes
35:15d'enjeux sécuritaires,
35:17Christian Flèche,
35:18dès la semaine prochaine
35:19puisqu'Hélène Lecomte le disait,
35:20il y aura
35:21de nouvelles mobilisations ?
35:22Vous savez,
35:22malheureusement,
35:23l'enjeu sécuritaire
35:25il était assez important
35:26en dehors
35:27de l'enjeu
35:28sur l'ordre public
35:29dans la rue.
35:29Il y a aussi toujours
35:30un enjeu terroriste
35:32qu'il ne faut pas oublier,
35:33qu'on doit avoir
35:33toujours un petit peu
35:34en tête.
35:35Et puis ensuite,
35:36il y a l'essoufflement
35:37aussi des policiers
35:38et des gendarmes.
35:39On va voir jusqu'à
35:40quel moment
35:41on va pouvoir tenir
35:42en étant
35:45cohérents
35:45dans l'action.
35:47Et puis,
35:47bien sûr
35:48que les policiers
35:49et les gendarmes
35:49attendent
35:50de savoir
35:50ce qui va sortir
35:51de ces discussions
35:52parce qu'il va falloir
35:54faire baisser la pression
35:55de façon à ce qu'on arrive
35:56à avoir
35:58un week-end prochain
35:59un peu plus calme,
36:00ne serait-ce que celui-là.
36:01Merci beaucoup
36:03à tous les six.

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