- il y a 17 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Il est 22h31, bienvenue dans BFM Grand Soir.
00:04Bonsoir Guillaume Tabard.
00:05Bonsoir Alice.
00:05Ravi de vous retrouver.
00:06Thierry Arnaud est toujours avec nous.
00:08Et Igor Saheri aussi évidemment, grand reporter à BFM TV
00:12qui suit le mouvement de contestation contre la vie chère depuis le début.
00:16Contestation lycéenne aussi.
00:18Notre prochaine invitée est Marine Tondelier,
00:21évidemment patronne des écologistes et candidate à la présidentielle.
00:24Bonsoir Madame Tondelier.
00:27Bonsoir et merci de permettre ce duplex.
00:30On va commencer évidemment avec ce qui s'est passé hier
00:33avant de se projeter sur cette semaine importante qui va commencer lundi.
00:38D'abord hier, donc des centres-villes globalement épargnés,
00:41des commerçants aussi, des cortèges fournis,
00:43encore plus de 300 000 personnes dans les rues de toute la France
00:46malgré les conditions parfois compliquées pour manifester.
00:50Quelques tensions à la fin des cortèges
00:52mais sans comme une mesure avec ce qui s'est passé il y a deux semaines.
00:55Est-ce que vous diriez que globalement,
00:58cette journée s'est bien passée et que l'État a été à la hauteur ?
01:04Je me félicite, oui, du bilan que vous faites,
01:07c'est-à-dire beaucoup de monde dans les rues et peu de dégâts.
01:10C'est une réussite de ce mouvement social.
01:13Alors quand vous dites, vous sous-entendez en gros
01:15que l'État a bien géré les choses,
01:17que du coup ça s'est bien passé,
01:19ça sous-entend donc que le 17 octobre,
01:21c'était leur fiasco à eux qu'ils n'avaient pas anticipé,
01:24qu'ils n'avaient pas organisé des choses
01:25et que donc quand ils anticipent les choses
01:28et qu'ils mettent en œuvre les bonnes dispositions,
01:31alors les choses se passent mieux.
01:32Je dis pas bien parce qu'il y a quand même encore
01:34des dégradations et des dispersions de cortèges
01:36qui ne se passent pas bien.
01:37Et moi j'ai encore vu des images hier assez choquantes.
01:40Mais par rapport au 17 octobre,
01:42c'est sans commune mesure, vous avez raison de le souligner.
01:44– Du coup, est-ce qu'il faudrait maintenir cette stratégie
01:46puisqu'elle a porté ses fruits ces deux derniers samedis
01:50pour le 5 novembre et pour les prochaines journées de contestation ?
01:53Stratégie, je veux dire, d'un point de vue du maintien de l'ordre,
01:56autant de policiers et gendarmes,
01:59des cortèges, des parcours un peu modifiés
02:01et des couvre-feux aussi.
02:04Est-ce que pour l'instant, il faut que ça dure ?
02:06– Bon, moi je vais commencer par rappeler
02:10que la liberté de manifester, c'est un droit fondamental
02:13dans notre pays.
02:14Et donc, je voudrais souligner quand même
02:16que les organisateurs des manifestations
02:19ont été responsables pour deux.
02:21Vous voyez, à Paris, le cortège,
02:23deux week-ends de suite,
02:25il y a eu une volonté de l'État,
02:29de la préfecture de police de Paris aussi,
02:31de changer les parcours en toute dernière minute
02:34et avec les recours faits par les organisateurs.
02:36Jusqu'au dernier moment, on ne savait pas
02:37où il fallait manifester.
02:38Et à chaque fois, les organisateurs ont appelé
02:40au bon cortège, au cortège officiel, légal.
02:44Ils n'ont pas dit, allez, on va quand même à Bastille, etc.
02:46Je le dis parce qu'en fait, c'est quand même très frustrant
02:48de se faire balader comme ça, de lieu en lieu, dans Paris,
02:52d'avoir du mal à envoyer les contre-ordres
02:54parce qu'on communique sur des cortèges,
02:56les lieux changent au dernier moment.
02:57C'est difficile de récupérer tout le monde.
02:59Et je trouve que nous sommes extrêmement responsables là-dessus.
03:03et je regrette d'ailleurs parce que du coup,
03:05à chaque fois, l'avant-manif, tous vos reportages...
03:08En fait, on est tous en train de communiquer sur le parcours du cortège.
03:11Et moi, j'étais samedi à Lille.
03:12Voilà, à Lille, on disait, mais pourquoi toutes les chaînes,
03:14elles sont en train de parler du changement de parcours ?
03:16Enfin, c'est bon, on a compris.
03:17On a déjà fait 4 heures là-dessus la semaine dernière.
03:19On refait 24 heures là-dessus cette fois-ci.
03:21On a envie de parler des revendications.
03:23Donc ça, c'est une chose.
03:24Et je vous dis quand même que ce n'est pas parce qu'elle se passe
03:26totalement bien et qu'on est totalement satisfait.
03:28Moi, j'ai quand même un souci sur l'usage
03:31quasi systématique maintenant du gaz lacrymogène
03:33de manière indistincte,
03:35selon que vous êtes un casseur ou un manifestant pacifiste
03:37qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment.
03:40Vous savez, moi, en tant que femme,
03:41c'est la première fois de ma vie
03:42qu'en rentrant de manif, je devais taper
03:44gaz lacrymo, allaitement pour savoir
03:47une fois que je m'étais pris de la lacrymo,
03:48ce n'est pas la première fois de ma vie.
03:50Mais bon, il se trouve que j'allaites en ce moment.
03:52On rentre en tant que femme, on dit, mais comment on doit faire ?
03:54On voit plein de récits de femmes qui disent,
03:55moi, j'ai eu des saignements anormaux,
03:57des récits de fausses couches.
03:58Et on se rend compte en cherchant que l'effet des gaz lacrymo
04:01sur la santé des femmes, il n'a jamais été trop investigué.
04:03C'est un souci pour les manifestantes.
04:05C'est aussi un souci pour les femmes
04:07qui assurent le maintien de l'ordre
04:08parce que c'est un risque professionnel
04:10qui peut-être n'a pas été tout à fait investigué.
04:12Et ça, je le dis au ministère de l'Intérieur,
04:15c'est quand même la moitié de la population, les femmes.
04:18Et donc, je sais que dans la santé en général,
04:20on recherche moins les effets ou les symptômes
04:23ou les médicaments, les traitements sur les femmes
04:25que sur les hommes parce que les femmes, c'est compliqué.
04:27Vous comprenez, on a des hormones, etc.
04:29On a des cycles.
04:30Et j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet-là, sur l'infertilité.
04:33C'est toujours moins investigué chez les femmes que chez les hommes.
04:35Bon, c'est un problème.
04:36Et donc, ce gaz lacrymo, ce n'est pas anodin.
04:39Ce n'est pas ça pique les yeux et puis on rentre chez soi, c'est terminé.
04:42Donc, je le dis, il y a plein de femmes.
04:44Maintenant, j'ai communiqué là-dessus sur gaz lacrymo allaitement
04:46où je me pose la question, qu'est-ce qu'on fait rentrant chez nous ?
04:49Alors, évidemment, on se lave les cheveux, on change de vêtements.
04:51Bon, il y a des réflexes.
04:51Mais est-ce qu'on peut donner son lait ?
04:53Est-ce qu'il faut le tirer et le jeter ?
04:55Est-ce que c'est inoffensif pour les bébés ?
04:57Enfin, franchement, on se pose plein de questions.
04:58Et y compris les médecins ne sont pas capables de nous répondre.
05:01Ce n'est pas investigué.
05:02Eh bien, si, on ne sait pas.
05:02Principe de précaution.
05:04On ne fait pas.
05:04Quand je vois même qu'il y a une petite fille qui m'a l'air de avoir 5-6
05:08ans sur les images
05:09et qui s'est fait gazer à Rennes, il me semble.
05:11Elle était avec sa maman, toute habillée en rose, toute mignonne.
05:14On la voit se prendre de lacrymo.
05:16Et que le ministre de l'Intérieur explique que pour lui, c'était très proportionné.
05:19Alors, je ne sais pas quelle menace pour la République, cette petite fille représentée.
05:23Je me pense quand même beaucoup de questions.
05:25Donc, ça, c'est des choses sur lesquelles il va falloir travailler
05:27parce qu'on est quand même partis, vous l'avez compris, pour manifester encore quelques semaines.
05:33Alors, vous, vous dites qu'évidemment, ça va durer.
05:35Juste notre reporter, Igor Saïry, et sur ce plateau,
05:38vous vouliez réagir à cette utilisation des gaz lacrymogènes.
05:41Oui, parce que, et je vais dans le sens de Marine Tondelier, en réalité,
05:44je vais vous donner deux exemples.
05:45D'abord, hier, porte de Charenton, la dispersion démarre à peine.
05:50Il y a encore des dizaines de milliers de personnes sur ce boulevard.
05:53Très peu d'accès pour en partir.
05:56Et c'est vrai qu'il y a des gaz lacrymogènes qui sont jetés par les forces de l'ordre.
06:00Et à ce moment-là, il y a énormément de manifestants.
06:02Sans doute des gens qui ont d'autres ambitions à la fin de ce cortège,
06:06mais essentiellement des manifestants.
06:08Et moi-même, mes collègues...
06:09Oui, mais aussi des gens qui avaient d'autres ambitions.
06:12C'est tout le problème, non ?
06:13C'est tout le problème.
06:15Comment on fait ?
06:15Est-ce que le gaz lacrymogène est à ce moment-là indispensable ?
06:19Et le problème, c'est que les gens ne pouvaient pas sortir rapidement à ce moment-là, si vous voulez.
06:23Donc, tout le monde subit ce gaz lacrymogène,
06:25qui, il faut le rappeler, est quand même très violent.
06:26L'autre exemple que je vais donner, c'est le 17, place de la République,
06:30aux alentours de 12h, 12h30.
06:32J'ai rencontré un manifestant qui sortait à peine du métro,
06:35qui était encore dans la station,
06:36et qui a reçu du gaz lacrymogène.
06:38Les gaz lacrymogènes ont été jetés extrêmement rapidement.
06:41Et c'est pour ça que les manifestants, ensuite,
06:43partent en petits groupes, un peu partout dans le secteur République,
06:46et que la casse commence.
06:47Je ne sais pas s'il y a rien de cause à effet,
06:48mais en tout cas, ce jet de gaz lacrymogène, très rapidement,
06:51moi m'interrogeait.
06:53– Vous, vous l'avez expérimenté aussi.
06:54Il y a aussi, ça fait partie des images marquantes de la journée d'hier,
06:57des forces de l'or qui ont été violemment prises à partie,
07:00Marine Tondelier, par des émeutiers,
07:02pas par des manifestants, par des casseurs.
07:05Et vous nous disiez, il y a quelques secondes,
07:07on est parti pour durer, sauf que ces forces de l'or,
07:09elles disent, vu le rythme-là,
07:12vu la manière dont ça se passe,
07:13on ne va pas pouvoir tenir très longtemps.
07:15Vous leur répondez quoi ?
07:17– Alors, je commence par remercier votre reporter de terrain
07:22pour ce qu'il dit,
07:23parce que j'ai entendu peu de journalistes
07:25et peu de contenus éditoriaux le souligner.
07:27Et effectivement, quand c'est en fin de manif,
07:29moi, je vais vous dire,
07:30sachant que j'allais et que je n'ai pas les réponses,
07:31qu'est-ce que je fais ?
07:32En fait, je pars avant la fin des manifs.
07:33Voilà.
07:34Et heureusement que tout le monde ne fait pas ça,
07:35sinon on ne serait même pas comptabilisés.
07:38Mais je fais ça,
07:38mais quand j'ai été victime de la CRIMO,
07:41en l'occurrence, c'était le 17 octobre,
07:42Place de la République,
07:43l'exemple vient d'être signalé.
07:45Et j'avais tout simplement rendez-vous pour un point presse
07:48avec vos journalistes, notamment, pas qu'eux.
07:50Et ils étaient de l'autre côté de la place,
07:52donc il fallait bien que je la traverse
07:53et je me suis retrouvée au milieu des événements
07:55au mauvais moment.
07:56Pour ce qui concerne les violences des émeutiers
07:59envers les policiers,
08:00évidemment qu'il faut les condamner, toujours.
08:01Vous savez, quand on manifeste pour plus d'argent
08:04dans la fonction publique, plus de services publics,
08:07les forces de l'ordre, c'est aussi une partie
08:08du service public.
08:09Quand on manifeste pour soutenir les travailleurs,
08:12eh bien, écoutez, ce n'est pas un métier comme les autres.
08:14Je ne sais pas d'ailleurs s'il y a un métier comme les autres
08:16qui existe dans ce pays, chaque métier particulier.
08:18Mais enfin, les forces de l'ordre, ce sont aussi des travailleurs.
08:20Et donc, on ne peut pas se dire que quand c'est des policiers,
08:22on s'en fout.
08:23Moi, je ne serai jamais d'accord avec ces discours.
08:24Par contre, si on veut que la confiance
08:27entre les manifestants et la police existe,
08:30eh bien, c'est important de se dire ce qu'on vient de se dire
08:31avec votre reporter de terrain.
08:33Parce qu'en fait, il y a un problème sur la doctrine
08:35du maintien de l'ordre en elle-même.
08:36Et donc, ça, ce n'est pas la faute des policiers.
08:39C'est la doctrine française du ministère de l'Intérieur.
08:43Ensuite, il y a des consignes qui sont données,
08:44qui parfois sont illégales,
08:46et qui sont données quand même, par exemple,
08:47les lacrymos en sommation,
08:49par exemple, les nassages, etc.
08:51Puis après, il y a les comportements individuels
08:53qui sont problématiques.
08:55Par exemple, les forces de l'ordre
08:57qui n'affichent pas leurs numéros.
08:59Et donc, ça, ça abîme aussi la confiance.
09:01Et moi, je vais vous dire,
09:02« Vous ne me verrez jamais nuire à un policier
09:05ou nuire à un travailleur.
09:07Tout court, je suis non-violente.
09:08Et jusqu'au bout, je le resterai. »
09:10Mais par contre, moi, j'ai rencontré beaucoup
09:11de lycéens, de lycéens,
09:13dont les premiers contacts sont
09:16de se faire gazer à 15 cm du visage.
09:19Donc voilà.
09:19Je ne vous parlais même pas des violences,
09:21mais je vous parle de l'épuisement
09:23des forces de l'ordre.
09:24Je vous parle de l'épuisement des forces de l'ordre
09:26parce que, visiblement, ce mouvement est parti pour durer.
09:28Et j'ajoute à cela, Marine Tondelier,
09:30il y a un sondage qui est sorti dans le Figaro
09:32il y a deux jours qui dit que 64% des Français
09:35interrogés dans ce sondage au Sodoxa
09:37veulent que la contestation lycéenne s'arrête
09:40parce que le mouvement est accompagné de violences.
09:43Ce que je veux dire, c'est qu'il y a aussi
09:44de nombreux Français qui en ont ras-le-bol aujourd'hui
09:47et peut-être même une majorité de Français.
09:49Qu'est-ce que vous leur dites à eux ?
09:51Oui, alors, sur la fatigue policière,
09:54elle est quand même liée au fait
09:56que le maintien d'ordre est intense.
09:58Le mot est sûrement trop fort pour certains
10:00et pas assez fort pour d'autres,
10:01mais en tout cas, ce n'est pas une promenade de santé.
10:03C'est aussi ça, le problème de l'épuisement.
10:05Ce n'est pas juste le nombre de manifestations,
10:07c'est les images que vous voyez en fin de manifestation,
10:10notamment et parfois même au début, on l'a dit.
10:12Ensuite, sur les Français qui disent
10:13« Bon, maintenant, c'est bon,
10:15les lycéens ont eu des réponses à leurs revendications,
10:17ils peuvent rentrer chez eux. »
10:19Moi, je vais répondre plusieurs choses.
10:20La première chose, c'est qu'évidemment,
10:22si vous posez la question,
10:23et les sondages ont toujours un biais de méthode,
10:25y compris les sondeurs l'admettent
10:27et vous le savez très bien sur ce plateau.
10:29Si vous dites « Bonjour, madame,
10:30je vous appelle pour vous poser la question.
10:31Il y a des manies, vous avez subi, oui, oui.
10:34Les lycéens ont eu réponse à leurs revendications,
10:36le gouvernement a répondu aux revendications.
10:38Est-ce que vous pensez qu'ils doivent continuer à manifester ? »
10:40Il y a plein de gens qui vont dire
10:41« Ah bon, ils ont eu des réponses ? »
10:42Bon, ben non, du coup, ça peut s'arrêter,
10:44ils ont eu des réponses.
10:45Moi, j'ai regardé quelles étaient les réponses aux revendications.
10:48Par exemple, quand le gouvernement dit
10:49« Eh bien, Parcoursup, on arrêtera en 2028. »
10:53Mais écoutez, il faut l'expliquer quand même aux gens
10:55qu'entre maintenant et 2028, il n'y avait pas une élection.
10:58Bon, ça, normalement, ils sont au courant.
11:00Mais politiquement, il faut que chacun ait conscience
11:02que les promesses de M. Lecornu
11:05de mettre fin à Parcoursup en 2028
11:07n'engagent que lui,
11:08n'engagent absolument pas le prochain ou la prochaine présidente,
11:12le prochain gouvernement.
11:13Et donc, si on ne crante pas les choses maintenant,
11:16si on ne supprime pas Parcoursup,
11:18là, maintenant,
11:20que ce soit fait, que ce soit cranté,
11:22alors, il restera.
11:23Par contre, si vous le supprimez maintenant,
11:25le prochain gouvernement, c'est compliqué
11:26de remettre Parcoursup,
11:28une fois que vous l'avez enlevé.
11:29Donc, il faut cranter les choses maintenant.
11:30Les moyens budgétaires qui sont mis sur la table,
11:32excusez-moi, j'ai du mal à y croire.
11:34Je ne les crois plus.
11:35Et donc, du coup, ça, il faut le comprendre.
11:37Et la deuxième chose qu'il faut comprendre,
11:38c'est que dans la rue,
11:40les centaines de milliers de manifestants
11:41qui sont maintenant dans la rue,
11:43ils ne sont pas juste là pour les revendications lycéennes.
11:45Ils sont en total soutien
11:46des revendications lycéennes étudiantes.
11:48Ça, c'est vrai.
11:49Mais écoutez, moi, quand je vais manifester,
11:50je ne manifeste pas que pour ça.
11:52Puis, je vais vous pouvoir parler un peu d'écologie
11:54parce que cet été,
11:55sur vous en tenez sur les autres,
11:57comme ça brûlait,
11:57tout le monde en parlait.
11:58Mais attendez, madame,
12:00dans huit jours commence la COP 31.
12:02Personne n'en parle.
12:03On est d'ailleurs, voilà,
12:05maintenant, dix ans après les accords de Paris.
12:07Personne n'en parle non plus.
12:08Mais il se trouve que cet été,
12:10la canicule, la sécheresse,
12:11les incendies,
12:12ça a coûté 16 milliards d'euros à notre pays.
12:14On en parle quand ?
12:15Il se trouve que les Français
12:16n'arrivent pas à payer leur plein
12:18parce qu'on n'a pas fait assez
12:19de véhicules électriques.
12:20Il se trouve qu'on n'a pas assez isolé les maisons.
12:22Donc, ils n'arrivent pas à payer
12:23leur facture d'électricité.
12:24Il se trouve que la sécheresse
12:25fait qu'on paye l'alimentation plus cher.
12:26Il y a 13% des Français
12:28qui ne mangent pas à sa fin aujourd'hui.
12:3023% des enfants
12:31qui n'ont pas trois repas par jour.
12:33Comment on fait ?
12:34Moi, je manifeste aussi pour ça
12:36et je n'ai pas de réponse du gouvernement là-dessus.
12:37Mais vous n'avez pas besoin que des médias
12:38pour en parler ?
12:39Vous pouvez en parler aussi.
12:40Vous pouvez en parler aussi toute seule.
12:41Non, je vais regarder, je le fais.
12:43Oui, ben voilà, exactement.
12:44Je peux en parler toute seule chez moi, certes.
12:46Mais comme je fais de la politique,
12:47je préfère en parler aux Français.
12:48Mais ce que je veux dire,
12:49c'est que vous n'avez pas besoin
12:50qu'on vous interroge là-dessus
12:51pour que vous puissiez en parler.
12:52Vous pouvez en parler aussi spontanément.
12:54C'est ça que je veux dire.
12:55Et vous le faites là.
12:56La preuve, la preuve.
12:56Je dois hacker les interviews pour le faire
12:58et je vais continuer.
13:00Je vous fais confiance pour ça.
13:02Mais du coup, vous appelez les lycéens demain
13:04à reprendre le blocage.
13:05C'est la rentrée scolaire.
13:06Vous leur dites,
13:07oui, ce qui a été annoncé n'est pas suffisant.
13:10Poursuivez les blocages.
13:14Je leur dis qu'on leur fait confiance
13:16et qu'on les soutiendra.
13:17Je leur dis aussi de faire attention à eux
13:19parce que je les ai accompagnés
13:20sur plusieurs blocages.
13:21J'ai beaucoup discuté avec les lycéens
13:23de ma région à Lens, à Arras, à Lille, à Douai.
13:27Et ils m'ont raconté aussi ce qu'ils avaient vécu.
13:29Je pense que ça ne se produira plus de la même manière
13:31parce que maintenant,
13:31on est présent avec les élus,
13:33que les images ont circulé,
13:35que les parents sont mobilisés,
13:36les parents d'élèves.
13:37Ils étaient hyper choqués,
13:37les profs aussi.
13:39Et donc, je pense que ça ne pourra plus
13:40se passer de la même manière
13:41parce que maintenant, on les regarde.
13:43On les regarde,
13:44on les soutient
13:44et on ne les sera pas faire.
13:45Mais vous savez,
13:47ce n'est pas les politiques
13:48qui en duplex disent aux lycéens
13:51quoi faire.
13:51C'est eux qui s'organisent.
13:52Moi, je suis allée à Douai,
13:53je leur ai dit
13:53mais comment ça se fait ?
13:54Parmi vous,
13:55il n'y en a aucun qui est dans un parti politique,
13:56il n'y en a aucun qui est venant
13:57dans un syndicat étudiant
13:58ou lycéen.
14:00Comment vous faites
14:00pour organiser un blocage ?
14:01Moi, à votre âge,
14:02si j'étais aidée par personne,
14:04je n'aurais pas su le faire.
14:04Ils me disent
14:05nous, on a tapé sur Internet
14:06comment bloquer son lycée
14:07et puis on l'a fait.
14:08Et donc, vous voyez,
14:09ils n'ont pas besoin de nous,
14:09pas besoin de nos conseils,
14:10pas besoin de nos consignes.
14:12Ils font
14:12et on leur fait confiance
14:13et on est en total soutien.
14:15Ils savent où nous trouver
14:15s'ils ont besoin de nous.
14:16C'est comme ça que ça se passe.
14:17Thierry Arnaud et Guillaume Tavard.
14:19Marine Tondelien,
14:19vous disiez au début
14:20de notre conversation
14:21que vous vous prépariez
14:22pour quelques semaines encore.
14:24Ça veut dire donc
14:25que vous n'attendez pas
14:26de fin rapide à ce mouvement
14:28et que vous pensez
14:29qu'il va devoir continuer,
14:31voire s'amplifier
14:32pour parvenir au bout
14:34des revendications
14:35que vous exposez ?
14:38Oui, parce que vous voyez,
14:39les réponses
14:40dont je vous parlais
14:42à l'instant
14:42sur Parcoursup,
14:43par exemple,
14:44c'est quand même
14:44une réponse à une question
14:45qui a été posée
14:46pendant un mois et demi
14:47sans que le gouvernement
14:48daigne,
14:48ne serait-ce que
14:49recevoir les lycéens.
14:51Recevoir les lycéens.
14:52Et donc, maintenant
14:53qu'il y a eu
14:53cette convergence des luttes,
14:55maintenant qu'il y a eu
14:56cette convergence des luttes,
14:58écoutez,
14:58il y a quand même
14:59beaucoup de revendications
15:00sur lesquelles il faut répondre.
15:01Les gens ne rentreront pas
15:02chez eux
15:02sans réponse
15:03sur les services publics,
15:05sur le pouvoir d'achat,
15:06sur le climat.
15:07Maintenant, dans la rue,
15:08il y a des retraités,
15:09il y a des travailleurs,
15:10il y a des précaires,
15:11il y a des fonctionnaires,
15:12il y a même des journalistes.
15:13J'ai manifesté, moi,
15:14avec tous les journalistes
15:15au mois de juin
15:16parce que menace de remplacement
15:17par l'intelligence artificielle,
15:19situation de précarité
15:20pour beaucoup de pigistes
15:22et pas que d'ailleurs.
15:23Enfin, voilà,
15:23il y a plein de gens
15:24qui sont dans la rue
15:25pour plein de raisons différentes
15:26et qui sont ensemble.
15:27Et après 10 ans
15:28de macronistes,
15:29ils ont bien des raisons
15:29de manifester.
15:30Et donc,
15:31ce n'est pas juste
15:31parce qu'on a une réponse
15:32sur Parcoursup
15:33pour 2028.
15:34Alors,
15:34qu'est-ce qui se passe
15:35jusqu'en 2028 ?
15:35Eh bien, rien.
15:36Vous continuez.
15:37Puis comme en 2027,
15:38ce ne sera plus
15:38des macronistes au pouvoir,
15:40leurs promesses
15:40ne seront pas tenues.
15:41Ça ne changera pas trop
15:42quand ils étaient au pouvoir d'ailleurs.
15:44Mais donc,
15:44vous voyez,
15:44c'est trop facile.
15:47Soit ils répondaient tout de suite,
15:48mi-septembre,
15:49aux premières revendications
15:50en disant,
15:50mais oui,
15:51Paul-Éluard à Saint-Denis,
15:52vos conditions d'études
15:54sont inacceptables.
15:56Évidemment qu'on vous met
15:56assez de chaises maintenant.
15:58Évidemment qu'on vous met
15:58assez de tables.
15:59Évidemment qu'on vous mettra
16:00du chauffage l'hiver
16:01et des portes dans les toilettes.
16:02Ils n'ont pas été capables
16:03de dire ça pendant un mois et demi.
16:04Et donc,
16:05pendant un mois et demi,
16:05plein de gens sont venus
16:06en renfort des lycéens
16:07dans la rue
16:07pour d'autres raisons aussi.
16:09Toujours en renfort des lycéens
16:10mais avec d'autres revendications.
16:12Et maintenant,
16:12il y a beaucoup de monde
16:13à qui il faut répondre.
16:13Et donc,
16:13je pense que sans mesure
16:15sur le pouvoir d'achat
16:16et en fait,
16:17l'inflation aujourd'hui,
16:19vous savez que
16:20les études montrent
16:21qu'en 2025,
16:22mais ce sera aussi le cas
16:23en 2026 et en 2027,
16:24les ménages vont perdre
16:26en revenus réels.
16:27C'est-à-dire,
16:27quand on prend en compte
16:28l'inflation,
16:29ils vont s'appauvrir.
16:31Trois ans de suite.
16:32C'est assez inédit
16:33en termes de durée.
16:34Et ça,
16:35le fait qu'on s'appauvrisse,
16:37c'est très lié
16:38à l'environnement
16:39et au fait
16:40qu'il y a une inaction
16:40climatique du gouvernement.
16:42Je vous l'ai dit,
16:43quand on n'aide pas
16:44à avoir des véhicules électriques,
16:45quand on n'aide pas
16:45à isoler son logement,
16:46quand on ne fait rien
16:48pour la sécheresse
16:48et que du coup,
16:49le prix de l'alimentation
16:50augmente,
16:50on laisse les gens
16:52en difficulté financière
16:53et donc sans mesure
16:54sur le climat
16:55et sur le pouvoir d'achat,
16:57je pense que
16:58les gens ne rentreront pas
16:59chez eux.
16:59En tout cas,
16:59moi,
17:00je vous le dis,
17:01moi et les écologistes,
17:02tant qu'on n'a pas
17:03de réponse sur l'environnement,
17:04on ne rentrera pas chez nous
17:05parce que c'est trop facile.
17:06Cet été,
17:06tout le monde était écologiste.
17:07Cet été,
17:08tout le monde était écologiste
17:08et allait agir.
17:09Merci Marine Tondelier.
17:10Vous avez vu le début
17:11de commencement
17:11d'un quart de mesure
17:12de gouvernement
17:13sur l'environnement ?
17:14Ils avaient promis des choses.
17:15Cet été,
17:16ils avaient promis des choses
17:17pour les pompiers,
17:18pour l'isolation,
17:19pour l'environnement.
17:21Monique Barbu
17:21devait sortir des choses
17:22début octobre.
17:23On est maintenant
17:24début novembre.
17:25On va finir par s'énerver
17:26si on n'a pas de réponse.
17:27Allez,
17:28merci Marine Tondelier.
17:29Oui,
17:30vous faites bien
17:31de le préciser.
17:31Merci à Chloé Delof
17:33qui a réalisé
17:33ce duplex
17:34pour BFM TV.
17:36Merci.