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  • il y a 7 semaines
Tous les soirs, les chroniqueurs du 22h BFM font leur choix dans l'actualité.

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00:00Votre choix Elsa Vidal, on va reparler de la Russie et de Poutine ce soir.
00:04Depuis le début de la guerre et de la répression qui l'accompagne, la peur est omniprésente en Russie.
00:07Elle frappe les citoyens russes ordinaires et loin des clichés sur un Vladimir Poutine tout-puissant,
00:14il semble bien qu'elle frappe aussi cette peur aujourd'hui Vladimir Poutine.
00:18Oui, c'est ce qu'on a appris aujourd'hui, des révélations donc de l'hebdomadaire britannique The Economist
00:24qui a recueilli les confidences d'un membre de l'entourage de Vladimir Poutine.
00:29Ce n'est pas fréquent, à qui le président russe aurait déclaré tout simplement
00:35« Ils vont me pendre ».
00:37Et c'est un propos extrêmement lourd dont on n'a pas l'habitude dans la bouche du président,
00:44encore une fois de l'homme qui préside la destinée de la Russie depuis 26 ans,
00:49dans un contexte international et intérieur marqué par des tensions inédites.
00:55Alors on va revenir sur les éléments objectifs mais aussi sur un élément subjectif qui peut expliquer cette peur
01:01qui est un facteur très important dans la vie internationale, on le néglige souvent.
01:06Parmi les éléments objectifs, on doit parler de la situation sur le front.
01:11D'une part, en 2025, année la plus dynamique de la progression russe en Ukraine,
01:16eh bien l'armée russe n'a réussi à conquérir qu'un pour cent du territoire ukrainien.
01:22C'est pour dire si la conquête, la campagne d'Ukraine est un échec.
01:28Par ailleurs, les pertes russes en Ukraine, telles qu'on les connaît aujourd'hui par plusieurs centres de recherche,
01:34eh bien elles sont gigantesques.
01:36probablement 450 000 morts et 1 400 000 soldats mis hors de capacité de combattre.
01:43Le temps de survie d'un soldat une fois arrivé sur le front est estimé à entre 20 et 30
01:50minutes par la CIA,
01:52ce qui fait qu'on a largement mérité l'appellation de hachoir à viandre donnée à l'armée russe par
02:00ses membres.
02:01Et même le Donbass, le Donbass où tout a commencé il y a de cela plus de 10 ans,
02:06n'est pas encore complètement sous le contrôle de Moscou,
02:11ce qui pourrait permettre, du point de vue du chef du Kremlin, finalement de commencer des pourparlers.
02:17Le mécontentement dans l'armée doit être à son maximum.
02:20Oui, et ça contribue certainement à la peur de Vladimir Poutine,
02:24car désormais les élites moscovites font l'objet d'un sentiment de détestation
02:29de la part de grands nombres de militaires, mais aussi de vétérans qui sont renvoyés à la maison.
02:34Alors vous avez peut-être gardé à l'esprit Prigogine,
02:38Evgeny Prigogine qui avait tenté une mutinerie en juin 2023
02:42et qui est mort en août 2023,
02:45mais cette année nous avons eu un autre candidat,
02:49porteur de violences et de revendications de la part de l'armée,
02:52c'est Alexandre Lunine.
02:54En juin dernier, ce vétéran qui a lutté contre les troupes ukrainiennes à Kursk
03:00s'est fait porteur de plusieurs vidéos qui ont totalisé 18 millions de vues sur l'Internet russe.
03:07Il menaçait Vladimir Poutine en disant que s'il n'était pas reçu au Kremlin,
03:12l'armée se soulèverait et d'autres lui ont emboîté le pas.
03:15Il a été soi-disant convié au Kremlin et il a disparu.
03:18Cors et âme, condamné à de la prison pour propos extrémistes
03:23et dans les autres domaines de la vie politique,
03:26notamment les élections, les pseudo-élections législatives
03:29qui se tiendront du 18 au 20 septembre prochain,
03:33sans véritable parti d'opposition,
03:35et bien même le parti communiste est pour la paix.
03:37C'est le cas notamment d'un jeune élu de la République de Boriati.
03:42Les Boriati sont ceux qui vont le plus combattre en Ukraine.
03:45Il s'appelle Bayer Tsirenov et son message de campagne,
03:49c'est que la paix soit dans le monde.
03:51C'est très court en russe, c'est mir, miru.
03:53Le monde et la paix, ce sont un seul et même mot en russe.
03:57Donc un slogan de campagne qui claque pour les Russes.
04:00Et donc même l'allié traditionnel de Vladimir Poutine
04:03n'est que pour la fin de la guerre.
04:05Vous ajoutez à ça les pénuries d'essence,
04:08les frappes de drones sur les infrastructures
04:09qui font que plus personne ne se sent en sécurité à la maison.
04:14Les assassinats ciblés d'officiers,
04:17on peut se dire qu'il a de bonnes raisons
04:18de craindre pour sa vie Vladimir Poutine.
04:20Mais il y a quelque chose de plus personnel
04:22dont on parle assez peu,
04:24mais qui explique le tournant autoritaire
04:26pris par la Russie en 2012
04:28quand Vladimir Poutine revient à la présidence
04:30après son éclipse comme Premier ministre.
04:33Vladimir Poutine a été particulièrement choqué
04:35par la mort, le lynchage de Muammar Kadhafi
04:39en Libye pendant le printemps arable.
04:42Et à partir de ce moment-là,
04:44il s'est dit, c'est fini le libéralisme en Russie,
04:48sinon je vais être emporté par une vague
04:50et je vais finir comme Muammar Kadhafi.
04:54On vous passe les détails du lynchage de Muammar Kadhafi,
04:57mais le maître de la Libye de 1969 à 2011
05:01a fini de manière particulièrement brutale
05:03et Vladimir Poutine est particulièrement obsédé
05:06par cette destinée.
05:07– Réaction, Yves Tréa ?
05:08– Oui, ce n'est pas le seul d'ailleurs.
05:09L'exemple de précédent Kadhafi a fait peur à beaucoup de gens.
05:14Mais alors, en Russie, l'histoire se termine
05:17nécessairement tragiquement, de toute manière.
05:19– Oui, mais non !
05:20– Et je voudrais savoir combien de tsars
05:23de l'époque artériale,
05:25et puis même les tsars bolcheviques,
05:29Staline avait peur de son ombre,
05:32il doit sans doute avoir une kyrielle de goûteurs autour de lui,
05:36il doit être enfermé dans ses appartements.
05:40– Mais justement, la menace, elle pourrait venir d'où, précisément ?
05:43– Elle peut venir du système.
05:46En fait, la Russie, c'est un système de co-gérence,
05:49et elle pourrait venir de l'intérieur,
05:50pas nécessairement par la violence,
05:52mais on pourrait considérer qu'un moment peut se mettre en place
05:55un consensus disant que les intérêts ne sont plus défendus
05:57et que Vladimir Poutine doit partir.
05:59Contre-exemple, Vladimir Poutine a organisé le départ de Boris Yeltsin,
06:03et au jour d'aujourd'hui, la famille Yeltsin est en sécurité en Russie,
06:07le contrat a été parfaitement...
06:09– Il a encore 9 ans pour être buté, hein, Poutine,
06:11puisqu'il est au pouvoir jusqu'en 1935.
06:13– Oui, on n'y est pas, effectivement,
06:15mais on entend cette peur, donc, chez Vladimir Poutine, visiblement.
06:17– Sous-titrage Société Radio-Canada

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