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  • il y a 1 semaine
Dans la nuit de vendredi à samedi, un policier parisien a été victime d’une agression homophobe. Pierre Picavet, représentant des fonctionnaires LGBT+ auprès du ministère de l’Intérieur, a été tabassé par un homme alcoolisé, dans le quartier du Marais, à Paris. 

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Transcription
00:00Merci d'être sur ce plateau ce matin.
00:03Vous avez été victime d'une agression avec insulte dans la nuit de vendredi à samedi.
00:10C'était dans le quartier guet du Marais à Paris.
00:14Un homme qui vous a dit « je vais te tuer, sale PD ».
00:17Vous emportez les stigmates, vous avez 40 jours d'ITT.
00:21L'homme a d'ailleurs été arrêté, il a été mis en examen même s'il est ressorti libre en
00:25attendant son procès.
00:2940 jours d'ITT et vous êtes vous-même policier.
00:32Est-ce que vous pouvez nous raconter ce qui s'est passé ?
00:36J'étais de sortie avec des amis dans un bar gay.
00:41Et à la sortie de ce bar à 4h du matin, je me dirigeais pour prendre les transports.
00:46Quand j'ai croisé cet homme qui au début, ce qui m'a semblé être une blague, m'a sauté
00:52dessus.
00:53Je l'ai évité, je me suis retourné vers lui en faisant un sourire.
00:57Et les premiers mots qu'il m'a dit, c'est « je vais te tuer, sale PD ».
01:02J'ai reculé, j'ai analysé un peu ce qu'il faisait.
01:07Il avait à la main une bouteille de whisky vide.
01:10Il a avancé vers moi, il a recommencé à vouloir me frapper.
01:14Il a essayé de me frapper avec cette bouteille, je l'ai exclué plusieurs fois.
01:18Il s'est avancé, moi je me suis défendu, je lui ai mis un coup de poing au visage.
01:23Parce que j'étais agressé à ce moment-là.
01:26Il fallait que je me défende.
01:28J'ai sorti ma carte de police, je lui ai sorti trois fois ma carte de police.
01:33Parce que je savais que l'homme était alcoolisé.
01:35Et à trois reprises pendant cette action, je lui ai sorti ma carte de police en lui disant
01:38« arrête, je suis flic, recule, bouge, arrête ».
01:43Et il n'a pas arrêté.
01:46Jusqu'au moment où il a réussi à se rapprocher de moi, où je me suis rapproché de lui.
01:50Et c'est le moment où il m'a mis un coup de bouteille, une grosse bouteille de whisky très
01:54épaisse à la tête.
01:57J'ai saigné abondamment.
01:59J'ai commencé à vaciller, je ne comprenais plus ce qui se passait.
02:03Il est passé devant moi, je l'ai attrapé.
02:04J'ai réussi à avoir ce réflexe, mais il m'a totalement immobilisé.
02:08Et le seul moyen de défense que j'ai eu à ce moment-là, c'est de lui mordre la
02:11joue.
02:12Et c'est ce que j'ai fait.
02:13Et je lui ai mordu la joue gauche.
02:15J'ai mordu très fort.
02:16Il m'a poussé.
02:18Je suis tombé en arrière.
02:20Je me suis cogné à la tête.
02:21J'ai perdu connaissance quelques secondes.
02:23Et je me suis réveilli dans les bras d'un jeune homme qui me disait « bouge pas, bouge pas,
02:27bouge pas ».
02:28Et je lui disais « arrête-le, laisse-moi y aller ».
02:34Ce jeune homme vous a sauvé.
02:37Oui, Benjamin m'a vraiment été témoin de tout.
02:43Parce que vous savez, j'aurais très bien pu être seul, isolé, et dire que j'ai présenté ma carte.
02:48Que je me suis annoncé comme policier.
02:49Que l'homme m'a dit que je vais tuer sale PD.
02:52Et on aurait pu mettre ma parole en doute.
02:55Ce jeune homme était témoin de tout.
02:56Vous savez, parce que les procédures vous connaissez par cœur.
02:58Oui, moi je suis policier.
02:59Vous êtes officier de police judiciaire.
03:00Je suis officier de police judiciaire.
03:01Et vous savez, lors d'une rencontre comme ça, dans une rue, on peut rencontrer quelqu'un qui va vous
03:05demander une cigarette, votre téléphone, un renseignement, une montre.
03:08Qui peut être biaisée, cette demande, dans le but de vous nuire ?
03:12Eh bien, si ça avait été le cas, je lui aurais dit non.
03:16Il aurait dit « va mourir sale PD » ou « je vais tuer sale PD ».
03:19Il serait un prétexte à ce refus de donner une cigarette au mon téléphone.
03:22Mais là, moi je l'ai senti comme tel.
03:25Et c'était ses premiers mots, c'était « je vais tuer sale PD ».
03:27Alors je ne vois pas sur quoi il a pu se fier pour dire que j'étais une personne à
03:32légérité, parce que j'étais en costume.
03:34Est-ce que vous avez le sentiment, vous dites, qu'à posteriori, vous avez compris que cet homme rôdait dans
03:40le quartier déjà depuis quelques heures.
03:43Il avait d'ailleurs été, il avait attiré l'attention de certains de vos confrères de la BAC un peu
03:48plus tôt dans la soirée.
03:49Est-ce que vous vous dites, au fond, c'est un quartier gay, il est venu avec cette intention, consciente
03:57ou inconsciente ?
03:59Alors, il faut savoir que dans le quartier, il y a de plus en plus de personnes qui viennent pour
04:05soit dépouiller les LGBT, soit les frapper, soit leur proposer des stupéfiants.
04:12Vous vous sentez aujourd'hui la cible menacée du fait de votre identité sexuelle ?
04:21Aussi bien à Paris que partout en France. L'actualité en parle pour nous. On a vu des jeunes hommes
04:27mourir à cause de leur sexualité.
04:30Dans des traquenards ?
04:31Oui, bien sûr, des pièges. Nous, on se bat tous les jours, moi je suis président d'association, je me
04:38bats tous les jours auprès du grand public pour les informer, leur dire, faites attention, léguer tapant, prenez des applications
04:47qui permettent de signaler quand vous êtes en danger, de signaler une personne de confiance.
04:51Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a un retour en arrière ?
04:54En tout cas, on en parle de plus en plus. Ça fait partie de l'actualité. Un retour en arrière,
05:01sincèrement, je ne l'espère pas. J'espère vraiment que c'est isolé et que des personnes vont réussir à
05:07ouvrir l'esprit et à ne plus être comme ça. Mais effectivement, on le voit de plus en plus.
05:13Avant cette agression, vous aviez peur ? Vous pensiez que vous puissiez à votre tour vous retrouver dans une affaire
05:21pareille ?
05:22Avant cette agression, monsieur, moi, mon travail, en tant qu'associatif et président d'association, c'était d'aller voir
05:27le grand public pour les prévenir que c'était possible qu'ils se retrouvent dans ce cas-là.
05:32Et moi, en tant que policier, vous voyez, quand j'étais dans cette situation, j'ai pu reculer, me défendre,
05:40donner un coup, esquiver.
05:43Eh bien, d'autres personnes, qu'elles soient trans, gays, lesbiennes ou hétéros, elles vont être inquiétées comme ça et
05:53elles vont être sidérées de ce qui est en train de se passer.
05:55Elles ne vont pas bouger. Elles vont avoir peur, elles vont se cloîtrer, elles vont recevoir des coups gratuitement sans
06:00les rendre, sans se défendre.
06:02Et moi, j'ai eu ce réflexe, au moins.
06:06Mais vous n'aviez pas peur avant et vous auriez peur aujourd'hui ou davantage peur ?
06:09Vous aviez une vigilance peut-être, le mot peur et un peu pas ?
06:12Alors, vous savez, ça fait 30 ans que je traîne dans ce quartier.
06:16C'est un quartier que j'apprécie pour les gens qui s'y trouvent, pour les commerces qui y sont,
06:23pour l'ambiance qui y règne.
06:26Et hier, j'y suis retourné avec vraiment la peur au ventre.
06:30J'y suis retourné avec la peur au ventre, mais j'y suis retourné...
06:33Si je n'avais pas été président d'association, je serais resté chez moi, cloîtré, c'est bizarrement.
06:38Mais je suis ici aussi, en tant que président d'association, pour dire que...
06:42L'association FLAG, qui défend justement les policiers et les membres de la police nationale qui sont membres de la
06:48communauté LGBT.
06:49Le retour en arrière, il est documenté en réalité.
06:52Le nombre de crimes et délits homophobes a été multiplié par trois, Apolline, depuis 2016.
06:57Par trois, 4900 agressions homophobes l'an dernier.
07:02Est-ce que vous sentez, parce qu'on en parle très peu en réalité,
07:05qu'il y a une forme de banalisation de cette violence homophobe
07:10qui progresse ?
07:12Nous, quand on va rencontrer les préfets, les autres associations, les polices, les gendarmes,
07:19on donne ces informations.
07:21Donc, elles sont connues, et je pense qu'elles sont prises au sérieux, très sincèrement.
07:26Je te disais dans l'opinion publique de banalisation.
07:29Oui, bien sûr.
07:31Avec une question qui est aussi, quand vous disiez banalisation, Géraldine,
07:36ça me fait penser en préparant votre venue ce matin.
07:40Vous avez témoigné d'abord sur RMC.
07:41Je vous ai demandé de rester parce que j'ai trouvé un témoignage extrêmement fort
07:44et je pensais qu'il était utile aussi de l'entendre.
07:49Mes confrères du Parisien, hier, ont relaté des faits.
07:53Et effectivement, comme vous le disiez, c'est désormais fréquent.
07:54Ça s'est passé à Villiers-sur-Marne, un jeune homme de 23 ans, insulté, agressé par un autre homme,
08:03juste devant une boulangerie dans laquelle il a fini par aller trouver, tenté de trouver secours.
08:10Ma voix tremblait parce que j'avais peur.
08:12Il s'est moqué de moi.
08:13Voilà ce que racontent mes confrères du Parisien qui le citent.
08:16Il m'a dit que j'avais une voix de salope.
08:18m'a traité de pédé et de zémel qui veut, d'après le Parisien, dire homosexuel en arabe.
08:25Et le plus dur, dit ce jeune homme de 23 ans, c'est que personne ne l'a secouru.
08:30Il dit j'étais dans cette boulangerie.
08:31J'ai demandé à la boulangère.
08:32Je lui ai dit mais vous avez entendu ce qu'il m'a dit.
08:34Madame, aidez-moi.
08:35Et elle a baissé les yeux.
08:37Elle n'a pas voulu réagir.
08:38Laissant entendre, ça ne me concerne pas.
08:40Je ne veux pas savoir.
08:42Est-ce que vous ressentez ça ?
08:44Est-ce qu'il y a une solitude ?
08:45Alors moi, je suis très triste pour ce jeune homme de 23 ans.
08:48Moi, c'est la première agression physique dont je suis l'objet.
08:54J'ai 48 ans.
08:57Là, 23 ans, pour moi, ça doit être très traumatisant pour ce jeune homme.
09:00Et moi, je voudrais vous poser une question.
09:02C'est comment auraient réagi ces personnes face à une violence sexiste et sexuelle ?
09:06Si ça avait été une femme qui avait été agressée à ce moment-là.
09:09Vous avez l'impression que l'homosexualité aujourd'hui n'est plus une sorte de combat.
09:16On n'aide plus.
09:18On ne se sent pas concerné.
09:19Il y a des gens qui...
09:20Il y a une solitude.
09:21Il y a une solitude.
09:23Il y a des gens qui se réunissent pour combattre cette solitude et pour être pédagogues vis-à-vis des
09:28gens, pour leur apprendre que nous, on n'est pas là pour...
09:31Il y a une gêne ?
09:32Oui, il y a une gêne.
09:34Regardez.
09:35Qui, dans le débat public, s'est indigné des lois homophobes, délirantes, prises au Sénégal, tout récemment, pas grand monde
09:44?
09:44Il y a...
09:45Personne, on peut le dire.
09:46Il y a, dans la société, c'est là où je parle de banalisation, un certain nombre de gens qui
09:51considèrent de plus en plus que, finalement,
09:53le sentiment homophobe, c'est un trait culturel comme un autre et que, après tout, pourquoi pas ?
10:00On le voit bien dans le débat public, ces agressions entraînent une forme de gêne.
10:07Que ce serait une opinion et non pas un délit, et ça, c'est très important.
10:10Vous êtes, par ailleurs, policier.
10:12Vous connaissez parfaitement, justement, je le disais, à la fois la procédure et la loi.
10:16Il faut le dire et le redire.
10:18Ce n'est pas une opinion, l'homophobie.
10:20C'est un délit.
10:21C'est un délit, bien sûr.
10:22Bien sûr, c'est un délit.
10:23C'est un délit.
10:25L'homme a été arrêté ?
10:26Il a été interpellé alors que je me trouvais dans le camion des pompiers.
10:33J'étais assez impressionné parce que les policiers ne savaient pas que j'étais leur collègue.
10:37Et quand ils ont ouvert la porte des pompiers, le policier m'a dit « Alors, tu as demandé de
10:41la drogue ? »
10:43Et j'ai répondu « Non, attends, écoute, je suis collègue, il n'y a pas de drogue là-dedans,
10:47c'est une attaque homophobe. »
10:49Et il tenait mon téléphone, il m'a dit « C'est à qui, ça ? »
10:51C'est à moi, mais comment il a pu le voler en plus ?
10:54Ah, il vous avait volé le téléphone par ailleurs ?
10:56Tu ne l'avais pas vu ?
10:58Alors, est-ce que quand j'étais inconscient et qu'il m'a mis un coup de pied au visage,
11:01ça m'a mis KO ?
11:04J'ai perdu deux fois conscience.
11:05Et c'est assez impressionnant, ça m'a créé beaucoup de problèmes.
11:08Vous le dites avec ironie pour votre collègue, mais ça montre aussi un...
11:13Un billet !
11:13Voilà !
11:15Pardon de vous poser cette question, mais est-ce que les policiers, vous êtes policiers, est-ce que c'est
11:20un milieu que vous connaissez parfaitement bien,
11:23est-ce que les policiers traitent ce type d'agression et donc les plaintes auxquelles donnent lieu ces agressions de
11:28la manière dont il faut le faire ?
11:31Alors, FLAG forme...
11:33FLAG qui est votre association ?
11:34FLAG, qui est l'Intérieur Justice, forme l'ensemble des policiers en école.
11:39L'année passée, nous en avons formé 7000.
11:41Nous avons formé 7000 policiers en école, tout grade confondu.
11:44Il y a 200 000 policiers, hein ?
11:47Oui, mais là, c'est ceux qui sont en école.
11:48D'accord.
11:49Ensuite, on poursuit nos formations dans des stands de prévention où on va auprès de nos collègues et on parle
11:57des mêmes sujets.
11:58On met à disposition de nos collègues des procès-verbaux, les codes NATINF, qu'on appelle les natures d'infractions,
12:06pour bien qualifier les infractions.
12:09Et on essaye, nous, en tant qu'association, d'apporter des outils à nos collègues.
12:13Il y a des préjugés, pardon, dans la police ? Il y a une façon de traiter ces agressions et
12:17ces plaintes qui n'est pas conforme à la loi ?
12:19Très sincèrement, la police est représentante de la société.
12:24Ça, je le sais.
12:25Tout le monde le sait.
12:27Et tant mieux.
12:28Tant mieux.
12:29Et donc, quand il y a des a priori, quand il y a des préjugés, c'est pas grave, on
12:32en parle.
12:33Et on a cette chance, c'est qu'on reste des policiers de la République.
12:37Vous, en tant que policier, vous avez été victime de ces préjugés dans votre cadre professionnel ?
12:42Une fois, mais c'était...
12:44Une fois.
12:46C'était...
12:47Vous voyez, j'ai dû répondre, je sais justifier ces choses-là.
12:51Et quand un policier, lors d'une pause, me dit « Ah, moi, je ne me change pas à côté
12:55de Pierre parce qu'on sait que... »
12:58Je lui dis « On sait quoi ? » « On sait que t'es gay. »
13:00Moi, je lui dis clairement, je lui dis « Mais non, mais t'as vu ta tête. Tu sais, les
13:03gays ont du goût, donc... »
13:05Vous avez décidé de chambrer en retour.
13:08Et l'humour, on le sent même avec la douleur.
13:13Vous êtes évidemment sous des médicaments forts pour supporter la douleur.
13:19Vous avez rendez-vous juste après ce plateau à nouveau avec les chirurgiens
13:22parce que vous allez devoir faire plusieurs opérations à cause des fractures qu'il y a dans votre joue et
13:28dans votre orbite.
13:28Je précise d'ailleurs qu'avant de rentrer dans le studio, vous m'avez d'ailleurs dit que vous n
13:31'étiez pas sûr que votre œil, celui qui est caché par le cocard, pourrait revoir sans séquelles.
13:39Vous avez donc également rendez-vous de ce point de vue-là.
13:43Et pour la question de l'orbite, une question encore.
13:46On est à l'aube d'une année politique majeure sur la question de vivre ensemble, justement, de la tolérance
13:54des uns et des autres, de pouvoir vivre tous ensemble.
13:57Est-ce que vous êtes inquiet ?
13:59Je préférais mieux que les gens regardent ce qui est attirant chez l'autre plutôt que de regarder ce qui
14:04les sépare.
14:05C'est ça qui est intéressant.
14:07On n'est pas tous pareils.
14:08On a tous nos vies.
14:09On vient tous de nos régions.
14:12On a tous été élevés par des parents différents.
14:14Et il faut voir qu'est-ce qui nous apporte du plaisir d'être ensemble, de le partager.
14:20Pas nos différences.
14:21Et même nos différences, des fois, elles peuvent être intéressantes.
14:23On peut les apprendre.
14:24On peut les appréhender.
14:25On peut les connaître.
14:27Et puis, voilà, c'est comme la cuisine.
14:32Vous gardez espoir, en fond.
14:33Oui, moi, totalement.
14:34Je gardais espoir.
14:35Malgré ce qu'on voit sur votre visage, vous gardez espoir.
14:37Vous savez, pour moi, le combat continue.
14:42Je reste policier.
14:45Je reste président de l'association Flag Intérieur et Justice.
14:49Et demain, quand j'irai mieux, bien sûr, je serai sur le terrain avec mes administrateurs, mes adhérents, pour faire
14:57de la prévention et aider les gens.
14:59Merci.
14:59C'est certain.
15:00Merci beaucoup, Pierre Picavé, d'avoir été avec nous.
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