- il y a 1 semaine
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Maxime Sutec, j'imagine beaucoup de Patrick Bruel ce soir au premier moment.
00:04Évidemment, évidemment. Bonsoir Sonia, bonsoir à toutes et à tous.
00:07Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode de BFM Grand Soir.
00:10Toute l'info ce soir, tous ensemble, avec effectivement l'information de la soirée.
00:13Patrick Bruel renonce, le chanteur annule sa tournée qui devait démarrer dans un mois.
00:1935 concerts prévus, c'est terminé.
00:22Le chanteur le dit ce soir, il prend la parole, vous verrez ça dans une seconde.
00:25Près d'une vingtaine de maires avaient demandé à la star de renoncer à ses concerts.
00:29Il le fait donc ce soir, lui qui est mis en examen quatre fois.
00:32Pour en parler avec nous, et je vais le rejoindre tout de suite sur ce plateau,
00:36Laurent Valdiguier, bonsoir Laurent, notre consultant police-justice,
00:39Maître Dylan Slama, bonsoir Maître, on est ravi de vous retrouver ce soir.
00:43Vous qui avez systématiquement défendu la présomption d'innocence,
00:46vous qui n'avez jamais compris jusqu'à maintenant pourquoi est-ce que Bruel devait annuler,
00:52aurait dû annuler sa tournée.
00:55Je suis impatient d'avoir votre réaction ce soir avec vous également, Marion Banoz.
00:58Bonsoir et merci d'être là, vice-présidente de MeToo Media, Emmanuel Anizan.
01:02Bonsoir Emmanuel, ravi de vous retrouver.
01:04Grand reporter en Nouvelle-Homme, vous avez enquêté, publié sur Bruel,
01:07Lisa Adeph avec nous.
01:08Bonsoir Lisa et Steven Bellery, le chef du service culture de BFM TV,
01:12qui nous rejoint.
01:13Venez Steven, qui s'installe à l'instant.
01:16Ma première question, ça tombe bien, elle sera pour vous Steven Bellery.
01:18Je lis simplement les mots de Bruel qui publie donc ce soir,
01:22communiqués sur Instagram.
01:23Je vous le disais, c'est l'information de la soirée.
01:25J'ai profondément souhaité que cette tournée prévue à partir d'octobre
01:28puisse avoir lieu, mais je constate qu'aujourd'hui,
01:32cette tournée est devenue l'incarnation d'un débat qui la dépasse.
01:35J'ai donc pris la décision d'annuler ses concerts.
01:39Annuler ses concerts, cette décision ne signifie en aucun cas
01:41que je renonce à me défendre.
01:43Je la prends librement.
01:45La justice ne m'y oblige en rien.
01:47Steven Bellery, la pression était devenue beaucoup trop forte pour Bruel.
01:51Beaucoup trop et pourtant, il avait fait un coup de poker, Patrick Bruel.
01:53Il s'était dit au mois de juin, j'annule mes trois concerts parisiens,
01:57j'annule cette tournée des festivals et je reviendrai à la rentrée
02:00dans un contexte probablement différent, apaisé.
02:03C'est ce qu'il s'était dit.
02:04Il voulait préserver cette deuxième partie de tournée,
02:07près de 35 dates partout en France, mais aussi au début au Canada,
02:11en Belgique et en Suisse.
02:12Le Canada s'est déjà annulé pour d'autres raisons.
02:15Et il s'était dit, cette deuxième partie de tournée,
02:17je vais pouvoir la faire.
02:18Elle est beaucoup plus importante, des grandes salles,
02:212, 3, 4 500 places parfois, plus importante économiquement pour lui.
02:25Combien de billets vendus ?
02:26150 000, c'est ce que dit le chanteur ce soir.
02:28100 personnes mises sur le carreau aussi,
02:30c'est ce qu'il met en avant, qui était engagé dans cette tournée.
02:33Et il s'était dit, le contexte sera différent après l'été.
02:37Peut-être que toutes les plaintes ont été déposées
02:39et que je reviendrai dans un autre contexte.
02:40Ce qu'il n'a pas anticipé, Patrick Bruel,
02:43c'est que même si certains maires s'étaient exprimés dès le printemps,
02:46eh bien, ils commenceraient, ces maires,
02:49la moitié quasiment des maires des villes concernées,
02:51à monter au créneau.
02:53Puis les maires sont des administrés,
02:55ils consultent leurs administrés,
02:57ils sentent bien aussi leur population.
03:00Et par exemple, le maire de Chartres
03:01était très mal à l'aise par rapport à ses administrés
03:03de se dire que sa ville de Chartres
03:05allait être la première à accueillir une date de concert de Patrick Bruel.
03:08Et il s'est dit, ce maire,
03:10eh bien, il faut que je m'exprime.
03:11Lui avait une chance,
03:12le contrat n'était pas signé
03:13entre les productions Patrick Bruel et sa ville.
03:16Et il s'était dit,
03:17s'il ne se retire pas de lui-même,
03:19eh bien, je lui dirais qu'il n'est pas le bienvenu.
03:22Et c'est ce qu'il a fait.
03:23Dans ce communiqué,
03:23Bruel s'exprime longuement,
03:25s'explique assez longuement.
03:27Il y a beaucoup de phrases très intéressantes
03:29dans ce que dit Bruel,
03:30avec des changements dans la tonalité
03:33de ce qu'il dit
03:33par rapport au précédent message qu'on avait.
03:35Et qu'il a supprimé de son compte Instagram
03:37avant de publier son nouveau.
03:38Oui, absolument.
03:39Le premier message où il niait tout en bloc,
03:41ce soir, elle continue de nier.
03:42Il se défend en disant qu'il est innocent, etc.
03:44Mais il y a des phrases,
03:45je vais en citer une ou deux dans un instant.
03:47Je vais d'ailleurs citer un mot tout de suite.
03:51Parce que Bruel dit ce soir,
03:53je fais le choix de l'apaisement.
03:57Marion Bannon, je vous vois sourire.
03:58Est-ce que vous lui reconnaissez ça ce soir ou pas ?
04:03Oui, je lui reconnais le choix
04:05de la sérénité, effectivement.
04:07Puisqu'il parle,
04:08et de toute façon,
04:08c'est ce qui s'est beaucoup dit ces derniers temps,
04:10c'est la peur de voir les concerts
04:12bouleversés par des manifestations féministes.
04:14Bon déjà, les féministes,
04:15elles n'ont jamais posé de bombe
04:16dans des salles de concert.
04:18Donc voilà,
04:19il s'agissait éventuellement
04:20effectivement de manifestations.
04:21De manifestations,
04:22y compris dans la salle.
04:22Y compris dans la salle.
04:23Ça s'était fait au moment du spectacle
04:25au théâtre de Bruel avant l'été.
04:27Exactement.
04:28Donc oui,
04:28parler d'apaisement,
04:29je pense que c'est un bon élément de langage,
04:31effectivement,
04:31parce que ça apaise tout le monde.
04:34Les associations féministes
04:35sont contentes de cette décision.
04:37Les victimes aussi,
04:38je le crois.
04:38Et je pense que même Patrick Bruel
04:41sera soulagé de savoir
04:42que sa venue n'est plus une polémique.
04:45L'apaisement.
04:46On sent ce soir,
04:47Laurent Valiguier,
04:48que tous les mots de ce communiqué
04:50ont été choisis.
04:51Il est long encore une fois.
04:52On a été choisis.
04:54Et on voit pas mal de messages
04:55à tous ceux qui nous regardent ce soir.
04:56Moi, ma phrase qui résume toute,
04:59Maxime,
04:59c'est les conditions ne sont plus réelles.
05:01Oui.
05:01C'est mot pour mot
05:02ce qu'avait dit la ministre Aurore Berger,
05:04ministre de l'égalité femmes-hommes.
05:05Elle avait dit
05:06les conditions ne sont plus réunies.
05:07Pour que les concerts
05:08restent ce qu'ils auraient dû être,
05:09des moments de partage et de musique.
05:11C'est quand même assez simple.
05:12C'est vrai que ces concerts
05:14auraient été perturbés,
05:15que ce soit dehors ou dedans.
05:17Chacun des concerts perturbés
05:19aurait été un sujet d'actualité.
05:22Chacun des concerts perturbés
05:23aurait reparlé,
05:25remis tout ça.
05:26Ça aurait perturbé
05:27le calendrier judiciaire
05:28qui est celui de Patrick Bruel,
05:29désormais,
05:30dont il n'est plus du tout maître,
05:31même si ses 35 dates
05:33ont été retenues depuis longtemps.
05:34Donc,
05:35ce n'était plus possible.
05:36Il s'est donné quand même
05:36trois mois.
05:37Il est sorti en juin
05:38de sa première...
05:40Il est sorti victorieux,
05:41Patrick Bruel,
05:42de sa première,
05:42disons victorieux.
05:43Il a gagné la première manche.
05:46Il a quand même quatre
05:47mises en examen.
05:48Enfin, le parquet,
05:48ce matin-là,
05:49le parquet,
05:49après 48 heures de garde à vue,
05:51le parquet réclamait sa détention.
05:53C'est vrai.
05:53C'est un autre match
05:54s'il avait passé l'été en détention.
05:56Et il est resté libre.
05:56Et il est resté libre.
05:59Il a gagné le passeport.
06:00Il a pu partir cet été.
06:01On sait qu'il est allé
06:03en Écosse et en Turquie.
06:04Les juges lui ont rendu son passeport.
06:05Il a pu quitter le territoire.
06:07Il a pu faire confiance.
06:09Il a pu montrer sa confiance.
06:11Les juges lui ont encore
06:12déçu leur confiance
06:13sur le fait
06:13qu'il ne quitterait pas la France
06:15et qu'il ne partirait pas en fuite.
06:16C'est déjà une victoire
06:18de son point de vue,
06:18de sa défense.
06:19Mais c'est vrai que là,
06:20la fronde des mers,
06:21c'était trop.
06:22Les conditions sont plus réunies.
06:23C'est beaucoup trop risqué.
06:24Et puis, ce qu'il ne dit pas
06:25dans son communiqué,
06:26c'est que c'était trop risqué
06:27dans ce scénario judiciaire,
06:29dans ce face-à-face.
06:30Pourquoi trop risqué ?
06:31Parce que c'est deux calendriers
06:33qui se seraient télescopés.
06:35C'est-à-dire qu'à partir du 2 octobre,
06:36il y avait plus d'une trentaine de dates,
06:3735 dates.
06:3735 dates.
06:38Ça veut dire qu'en réalité,
06:39il aurait pu être convoqué
06:40à telle ou telle date
06:46officier.
06:46Parce que Maxime,
06:47il y a les neuf plaintes de juin,
06:48mais depuis,
06:49si on écoute les avocats,
06:50il y en a d'autres.
06:51Donc, c'est autant de plaignantes
06:53qui seraient susceptibles
06:54de provoquer des auditions
06:55de nouvelles gardes à vue.
06:57Donc, ça, c'est un calendrier.
06:59Il vaut mieux pour lui.
07:00Ça, c'est ce qu'il ne dit pas
07:01dans son communiqué,
07:02mais c'est ce qu'on comprend
07:02entre les lignes.
07:03Il vaut mieux pour lui
07:04qu'il ait mis du calme
07:05de son côté à lui.
07:07Est-ce qu'il avait le choix,
07:08Emmanuel Anizon,
07:09en réalité, Patrick Bruel ?
07:10Je pense qu'en fait,
07:11il n'avait pas le choix.
07:12Personne n'imaginait
07:14Patrick Bruel,
07:15sur scène,
07:17chanter des chansons d'amour,
07:19de séduction,
07:21chanter qui a le droit
07:22et en permanence,
07:24se voir.
07:25Et puis,
07:26il y avait aussi le risque,
07:27clairement,
07:28de gêne pour ses fans,
07:30de mouvements dans la salle.
07:33Vu sa stature,
07:35vu ce qu'il chante,
07:36vu, en plus,
07:38cette espèce de connexion
07:39qu'il met toujours en avant
07:41avec son public,
07:43avec qui il parle beaucoup
07:44dans ses concerts.
07:45C'est ce que me disait
07:46une de ses fans,
07:46d'ailleurs.
07:48Comment ?
07:49C'était impossible.
07:51Après,
07:51c'est vrai que,
07:51finalement,
07:52la justice doit peut-être
07:53tirer une aiguë du pied
07:54en lui interdisant
07:55ses concerts
07:56dès le départ.
07:57Là,
07:59il devait prendre
07:59lui-même la décision.
08:01Jusqu'au bout,
08:02il a essayé
08:03d'y croire.
08:04Il a juste oublié
08:05qu'il y avait
08:05un changement de société.
08:07C'est-à-dire que
08:08il a expliqué
08:10autour de lui,
08:11en tout cas,
08:11ses avocats,
08:12que quelques féministes
08:14allaient mettre
08:15de troubles
08:15à l'ordre public,
08:18que quelques maires.
08:19Sauf qu'en fait,
08:20ce ne sont pas les maires,
08:21ce ne sont pas quelques féministes.
08:22C'est clairement
08:23la société française,
08:25une grosse partie
08:25de la société française
08:26qui a dit
08:26non,
08:27on ne veut pas
08:28que Patrick Bruel
08:29chante des chansons d'amour
08:30devant son public.
08:32Oui.
08:32Dylan Slama,
08:33je le disais tout à l'heure,
08:34vous qui avez défendu
08:35maintes et maintes reprises
08:36sur ce plateau,
08:37dans cette affaire,
08:38la présomption d'innocence,
08:39qu'est-ce que vous dites ?
08:41Je disais Emmanuel Anison,
08:42est-ce qu'il avait le choix ?
08:43Pour vous,
08:43il avait encore le choix ?
08:44Il aurait dû tenir
08:45d'une certaine manière ?
08:45Alors,
08:46si vous voulez,
08:46je ne vais pas,
08:47moi,
08:47si vous voulez,
08:48sur un plateau de télévision
08:48donner des leçons
08:49en disant ce qu'il aurait dû faire.
08:51Ce serait très mal venu de ma part.
08:52Maintenant,
08:53est-ce qu'il avait le choix ?
08:54Oui,
08:54moi je pense.
08:55Alors,
08:55est-ce qu'il aurait dû ?
08:56En tout cas,
08:56il le pouvait,
08:56il avait deux choses pour lui.
08:57Les conditions ne sont plus réunies.
08:58Il avait deux choses pour lui
08:59qui auraient pu lui permettre
09:01de continuer.
09:01Il avait d'abord le droit
09:02de le faire.
09:03Vous voyez,
09:03qui a le droit ?
09:04Lui,
09:04il avait le droit de le faire.
09:05C'est une première chose
09:06qui n'est pas négligeable.
09:08La justice lui laissait le droit
09:09de le faire.
09:09quand on a le droit,
09:10et ça n'a pas toujours été le cas.
09:11Jean-Luc Laé,
09:11lui,
09:12a déjà été interdit
09:12de produire
09:13dans le cadre de son contrôle judiciaire.
09:14Donc,
09:14la justice aurait pu l'empêcher.
09:16Donc,
09:16il avait le droit de le faire
09:17et il avait les principes de son côté.
09:18Il avait une deuxième chose de son côté,
09:20c'est le public.
09:21Et quand je dis le public,
09:22ce n'est pas l'opinion,
09:22ce n'est pas les maires,
09:23ce n'est pas des journalistes,
09:24ce n'est pas des hommes politiques,
09:25c'est le public.
09:26C'est 150 000 personnes
09:27qui étaient là.
09:28Et sur 150 000 personnes,
09:30on ne sait pas
09:30quel volume de personnes
09:32auraient souhaité
09:32se faire rembourser les places
09:33puisqu'il n'a pas proposé cela
09:35au public.
09:36Il aurait pu dire
09:37« Je vous propose,
09:38cher public,
09:39jusqu'au 31 août
09:40de vous faire rembourser vos places
09:41si vous ne voulez pas
09:42venir à mon concert. »
09:43Il ne l'a pas fait.
09:44Il aurait pu faire ça.
09:45Les salles étaient bondées.
09:46C'est pas pareil.
09:47Un artiste sur toute une troupe
09:49et un artiste
09:50qui n'est pas n'importe qui.
09:51Justement,
09:52c'est au moment
09:52où le battage médiatique
09:53battait son camp.
09:54Et de la même manière,
09:55on ne sait pas au théâtre
09:56s'il y a des gens
09:56qui auraient voulu
09:57se faire rembourser.
09:58Est-ce qu'on sait
09:59sur les 150 000 personnes
10:00qui ont pris leurs billets,
10:01qui avaient pris les billets
10:04avant la mise en examen
10:05et après la mise en examen ?
10:06C'était le 11 février
10:06la mise en vente de cette tournée.
10:08Je pense d'ailleurs
10:08que Patrick Bourel
10:09était bien au courant
10:10que cette enquête de Mediapart
10:11allait sortir quelques mois après.
10:12On ne peut pas le nier probablement.
10:14Mediapart en général
10:15n'est pas réputé
10:16pour prévenir les gens
10:16des mois en avant.
10:17Quand vous enquêtez
10:18depuis des années...
10:19Je vous assure,
10:19parfois ils prennent 48 heures avant
10:21et encore je suis large.
10:22Ce que je veux dire,
10:23c'est que sur ces places
10:25de concert vendues,
10:26on ne peut pas dire
10:27les 150 000 personnes
10:28auraient voulu venir
10:29voir le concert.
10:29C'est faux.
10:30Il y a une bourse de revente
10:31qui est très importante.
10:32Beaucoup de gens
10:33ont essayé de revendre leur place.
10:35On le voit.
10:35Je suis allé voir
10:36sur les places de revente.
10:37C'est rarement
10:37que c'était quelques centaines.
10:40Je ne sais pas
10:40si vous avez des chiffres de données.
10:42C'est très flou.
10:44Ce n'est pas
10:48l'opinion publique
10:49150 000 personnes.
10:50Ce n'est pas anodin non plus
10:52150 000 personnes.
10:54Ce sont des gens
10:54qui sont...
10:55Et puis c'est des gens
10:56qui sont majeurs et vaccinés
10:57qui sont libres, eux,
10:57de faire ce qu'ils veulent.
10:58Ils veulent y aller,
10:59ils y vont.
10:59Alors du coup, non,
11:00ils ne sont plus libres de le faire.
11:01Mais normalement,
11:02en droit,
11:02ils sont au courant
11:03de ce qui se passe
11:04et ils auraient pu avoir le choix
11:05d'y aller et de ne pas y aller.
11:06Là, ils n'ont plus le choix.
11:07Ce droit leur a été enlevé.
11:08Il y a deux choses quand même.
11:08Il y a le droit
11:09et il y a la décence.
11:10Moi, j'avais déjà parlé
11:11de la décence.
11:11Emmanuel, tout à l'heure,
11:13a dit qu'il va quand même
11:14chanter des chansons d'amour.
11:15Il ne faut pas oublier
11:16quand même qu'on parle
11:17de mise en examen
11:18pour viol.
11:19Le viol, dans notre droit,
11:20c'est un crime.
11:21Enfin, je ne me trompe pas.
11:23Le viol, dans notre droit,
11:24c'est un crime.
11:24Lorsqu'il est commis, oui.
11:25Oui, mais il est mis
11:27en examen pour viol.
11:28Donc, évidemment,
11:29je ne confonds pas
11:29mise en examen
11:30et culpabilité.
11:31Mais quand on est mis
11:31en examen
11:32à aller chanter
11:33des chansons d'amour,
11:34de séduction,
11:34ce n'est pas qu'une question
11:35de droit.
11:36Il y a une question
11:36de décence aussi,
11:37de décence,
11:38de respect des victimes,
11:39de respect des fans.
11:40Et le temps de la justice,
11:41le temps que la justice se fasse.
11:42Après, si jamais,
11:44voilà, si à l'issue de l'affaire...
11:45d'une innocence à l'envers.
11:46C'est la présension
11:47de culpabilité.
11:48On attend la justice.
11:49En attendant,
11:49on peut être considéré
11:50comme coupable
11:51et on doit raser les murs.
11:52Mais on peut laisser
11:52le temps de la justice.
11:53On peut le laisser...
11:54Vous savez ce que c'est
11:54le temps de la justice ?
11:55C'est très long.
11:57Je sais le temps de la justice.
11:59Mais je sais aussi
11:59ce que c'est qu'être victime
12:00et alors présumer victime
12:02si vous le préférez
12:04et voir un mise en examen
12:06pour des faits de viol
12:07dont quand même
12:08il y a des faits
12:09sur des mineurs
12:10se produire et chanter
12:12je ne suis pas dégueu
12:13mais je ne suis pas dégueulasse.
12:15Non, je suis désolée.
12:17C'est pas possible.
12:18C'est la décence.
12:18Il y avait peut-être
12:19une forme de contrat moral
12:20qui liait Patrick Bruel
12:22à son public.
12:23Quelque qui s'est construit
12:24quand même avec
12:25un public quasiment
12:26intégralement composé de femmes.
12:28Il y avait peut-être
12:29ce lien qui le liait
12:31à son public
12:31et que ce contrat moral
12:33artistique, culturel
12:34je ne sais pas comment
12:34on pourrait le nommer
12:35était un petit peu froissé.
12:37Et d'une autre manière
12:38j'ai envie de dire
12:39que peut-être
12:40Patrick Bruel
12:41se disait aussi
12:41et c'est pour ça
12:42qu'il s'est accroché
12:43pendant tout l'été
12:43que cette tournée
12:44était son dernier tour de piste.
12:46Il a 67 ans
12:47Patrick Bruel
12:48il sait qu'il va commencer
12:51un chemin
12:52de 3, 4, 5, 6 ans
12:54judiciaires
12:55et qu'aucun producteur de films
12:57ne voudra produire
12:58un film avec lui
12:58aucune pièce de théâtre
13:00ne lui sera proposée
13:01et probablement
13:02que Sony Music
13:02qui a mis en pause
13:03son contrat
13:04ne voudra pas
13:05qu'il enregistre
13:06un album
13:06dans quelques années
13:07donc peut-être
13:07qu'il était attaché
13:08aussi à ce symbole
13:09de dire au revoir
13:10à son public.
13:10Donc l'argument de dire
13:11on laisse la justice faire
13:12et on reprend après
13:13fait pchit avec votre argument
13:14probablement
13:14Oui probablement
13:15Alors deux choses
13:17vous disiez
13:18j'entends ce que vous dites
13:19vous disiez tout à l'heure
13:21il a sans doute attendu
13:22l'été
13:22les trois mois d'été
13:23pour voir comment les choses
13:24évoluaient etc.
13:25Sans doute que l'été
13:25ne s'est pas exactement passé
13:26comme prévu
13:27on refera le point
13:28dans un instant
13:28sur les plaintes
13:29qui ont continué
13:30à arriver pendant
13:31cet été
13:32on verra aussi
13:33avec l'ISADF
13:33cette pression
13:34qui est montée
13:35tout au long de l'été
13:35de la part des maires
13:36des différents maires
13:37on en a entendu
13:38sur cette antenne
13:39de la part des ministres
13:40je parlais de la ministre déléguée
13:42la ministre chargée
13:43de l'égalité
13:44femme-homme
13:45Aurore Berger
13:46qui a finalement
13:47changé d'avis
13:47et qui a fini par dire
13:48que les conditions
13:49n'étaient plus réunies
13:49pour qu'ils se produisent
13:50on verra ça dans une seconde
13:51mais je reviens
13:52au communiqué de Bruel
13:53ce soir
13:53je ne suis pas l'homme
13:54que certains imaginent
13:55ou décrivent
13:56je ne laisserai pas dire
13:57certaines choses
13:57sans les contester
13:58pour une raison simple
13:59elles sont fausses
14:00je me défendrai
14:01je me battrai
14:02pour que mon innocence
14:03soit reconnue
14:04je continuerai de répondre
14:05à toutes les questions
14:06de la justice
14:07qui doit pouvoir travailler
14:08sereinement
14:08loin du bruit
14:09et loin des pressions
14:11c'est possible ça
14:12aujourd'hui
14:12de relier
14:13loin du bruit
14:13et loin des pressions
14:14ça nécessitait
14:15de justement
14:16arrêter ces 35 concerts
14:17et de ne pas faire
14:19se télescoper
14:20ces 35 concerts
14:21qui auraient été
14:2235 incidents
14:23un lancé de chaussures
14:25sur une salle
14:26des cris
14:27une banderole
14:28c'est évident
14:29que ça aurait été
14:2935 incidents
14:30donc Patrick Bruel
14:32il se défend
14:33il faut lui reconnaître ça
14:35il faut constater ça
14:36il se défend
14:37et il se défend
14:38en se disant innocent
14:40en jouant l'apaisement
14:42à juste titre
14:43même s'il le déplore
14:44même si effectivement
14:45c'était les 35 ans
14:46de son
14:46de son
14:48de la Bruelmania
14:49d'une certaine manière
14:49l'album était sorti
14:50c'est vrai
14:51qu'il lui fallait
14:53pendant l'été
14:54faire le deuil
14:55de tout ça
14:57quel que soit
14:57l'horizon judiciaire
14:58et pour vous
14:59ce communiqué de ce soir
15:00c'est l'aboutissement du deuil
15:01et pour moi
15:02le communiqué de ce soir
15:03c'est l'aboutissement
15:04du deuil
15:05et c'est le début
15:06de son parcours judiciaire
15:09parce que son parcours judiciaire
15:10il avait été
15:11en garde à vue
15:12donc c'était
15:14la garde à vue
15:14c'est toujours
15:15la surprise
15:17et puis quand vous êtes
15:18en garde à vue
15:19vous avez lu les journaux
15:19mais vous n'avez pas
15:20les PV judiciaires
15:21maintenant ils ont
15:22ces avocats
15:23depuis trois mois
15:23ont le dossier judiciaire
15:24et ils ont le dossier judiciaire
15:27en détail
15:28même s'ils n'ont pas
15:29les autres fameuses plaintes
15:30mais en tout cas
15:31les dernières
15:32maintenant c'est le
15:32mais même les plaintes
15:33la plainte de Flavie Flamand
15:34n'a toujours pas été transférée
15:36à l'enterre
15:37donc le marathon commence
15:38aujourd'hui c'est le marathon
15:40qui commence
15:40et ça commence par ce
15:41par ce communiqué
15:43alors on va parler
15:43de ce marathon
15:44on va parler de la stratégie
15:45de défense aussi
15:46de Patrick Bruel
15:46parce qu'il y a de ça
15:47ce soir dans ce communiqué
15:48et peut-être que ça en lien
15:49avec les éléments
15:50qu'ont découvert les avocats
15:51au moment de la garde à vue
15:52et dans le dossier
15:52mais d'abord on revient
15:53sur la pression médiatique
15:54Lisa Hadef
15:55de nombreux maires
15:56je disais tout à l'heure
15:56à ma connaissance
15:57une vingtaine
15:58étaient montés au front
15:58contre la venue de Patrick Bruel
16:00dans leur ville
16:01alors ils n'avaient pas le pouvoir
16:02de faire annuler les concerts
16:04pas forcément
16:04mais ces maires ont peut-être
16:05quand même
16:06sans doute
16:07sûrement joué un rôle
16:08dans ce qui est en train
16:09de se passer ce soir
16:09Oui parce qu'ils étaient
16:10extrêmement nombreux
16:11ces maires
16:12et souvent le message
16:13était très clair
16:13Patrick Bruel
16:14n'est pas le bienvenu
16:15à Amiens par exemple
16:16même chose à Reims
16:17où le maire demandait
16:18l'annulation ou le report
16:19pareil à Montpellier
16:21Marseille
16:21Caen ou encore Tours
16:22et partout ailleurs
16:23dans les villes
16:24que vous voyez sur cette carte
16:2519 maires réclamaient
16:27solennellement
16:28à Patrick Bruel
16:28de prendre ses responsabilités
16:30certains parlaient même
16:31vous l'avez dit
16:32de décence
16:33mais la décision finale
16:34n'était pas entre leurs mains
16:35comme le regrettait
16:37la maire de Dijon
16:38les maires n'ont ni le pouvoir
16:39ni la légitimité
16:40parce que quand les salles
16:41de concert où se produit
16:42Patrick Bruel
16:43sont des salles privées
16:44gérées par des sociétés privées
16:46la ville n'a pas du tout
16:47la main sur la programmation
16:48quand c'est public
16:49c'est un peu plus simple
16:50comme à Chartres par exemple
16:51ville qui refusait donc
16:52d'accueillir Patrick Bruel
16:53alors que sa tournée
16:55devait commencer par là
16:56puisqu'aucun contrat
16:57n'a été signé
16:58vous l'avez évoqué Steven
16:59la ville de Chartres
17:00a pu annuler
17:00la réservation de sa salle
17:02le maire était
17:03de toute façon déterminé
17:04si Patrick Bruel conteste
17:06on est en mesure
17:06d'aller sur un terrain
17:07plus juridique
17:08disait-il
17:09qui peut aller au-delà
17:10d'un éventuel recours
17:11jusqu'à un arrêté
17:12potentiellement
17:13il ne voulait pas
17:14en arriver là
17:15c'est ce qu'il disait
17:15mais il était sûr de lui
17:16à 100%
17:17ce concert n'aurait pas eu lieu
17:19et il a d'ailleurs eu une idée
17:20à la place à cette date
17:22Ladislas Verne
17:23lui a organisé
17:23un autre événement
17:24en hommage à toutes
17:25les victimes de violences
17:26à part Patrick Bruel lui-même
17:27qui aurait pu faire annuler
17:28interdire ces concerts ?
17:29il reste un levier
17:31un levier
17:32c'est l'arrêté d'interdiction
17:33et pour qu'un préfet
17:34ou un maire
17:35prenne cet arrêté
17:35il faut des preuves concrètes
17:39un risque de trouble
17:39à l'ordre public
17:40des affrontements par exemple
17:41ou des manifestations
17:43avec une impossibilité
17:45claire et précise
17:46et encore une fois concrète
17:47de sécuriser la zone
17:49et les spectateurs
17:50mais Patrick Bruel
17:51avait lui aussi
17:52un levier juridique
17:53il aurait pu dans ce cas de figure
17:54former un recours
17:55au nom de la liberté d'expression
17:57mais on sait désormais ce soir
17:58qu'il a fait le choix
17:59dit-il de l'apaisement
18:00l'apaisement c'est le terme
18:00qu'il emploie encore une fois
18:01Marie-Urbanos
18:02à votre connaissance
18:02il y a des choses
18:03qui se préparaient
18:03du côté des mouvements féministes
18:05des manifestations
18:08ou par exemple
18:08des personnes qui seraient
18:10entrées dans la salle
18:10qui auraient pris des billets
18:11ce genre de choses
18:12alors des personnes
18:12qui seraient entrées dans la salle
18:13je ne sais pas
18:14mais des manifestations
18:15oui c'est évident
18:17ça se serait
18:17je n'ai pas connaissance
18:19vraiment d'une organisation
18:20qui aurait commencé
18:23mais bon
18:23il y en a eu
18:24au moment de la pièce de théâtre
18:26globalement
18:26à chaque fois
18:27qu'un mise en cause
18:28monte sur scène
18:29ce sont les images qu'on voit là
18:30il y a des manifestations
18:31je veux dire
18:32oui
18:33même quand ils ont été innocentés
18:34d'ailleurs
18:34je pense à Harry Habitant
18:36il n'a pas été innocenté
18:37il a été innocenté
18:38la justice ne l'a pas condamné
18:39il a été innocenté
18:40et ça n'a pas empêché
18:41des manifestantes
18:41d'aller perturber son spectacle
18:43donc ce n'est pas simplement
18:44les mises en cause
18:45c'est toutes les personnes
18:46qui un jour
18:46fait l'objet de suspicion
18:47y compris lorsque ces personnes-là
18:49ont été innocentées
18:49alors justement
18:50présomption médiatique
18:51contre présomption d'innocence
18:54l'association
18:55nous toutes
18:55Emmanuel Lannis
18:56on dit ce soir
18:57la présomption d'innocence
18:58c'est un principe
18:58de procédure pénale
18:59il ne s'applique pas
19:00à la société civile
19:01qu'il ait été jugé ou non
19:02s'applique ici
19:03un principe de précaution
19:05c'est quoi ce principe
19:07de précaution
19:07dans ce cas-là
19:09en fait c'est vrai
19:10qu'on est face
19:10à deux logiques
19:12la logique judiciaire
19:13et la logique
19:14d'une forme
19:15certaine morale
19:16la logique de précaution
19:17parce que Patrick Bruel
19:19a agressé
19:21à la sortie de ses concerts
19:22parce qu'il a pu agresser
19:24en tout cas
19:24il est accusé
19:25d'avoir agressé
19:25à la sortie de ses concerts
19:26voilà
19:26selon les accusations
19:28et les plaintes
19:30voilà
19:31mais au-delà
19:32de ce principe
19:33de précaution
19:33il y avait aussi
19:35clairement un principe
19:36de morale
19:36c'est quand même
19:37celui qui a
19:38clairement je pense
19:39emporté le tout
19:41c'est-à-dire
19:42morale
19:42c'est-à-dire
19:43c'est-à-dire que
19:44c'est ce que disaient
19:45les maires
19:45c'est ce que je trouve
19:47très intéressant
19:47c'est que
19:48les maires disaient
19:49on a une pression
19:50de notre population
19:52de nos administrés
19:53et la pression
19:54quand on dit
19:55qu'il y avait
19:56potentiellement
19:56des mouvements féministes
19:57ce qui viendrait
19:58il y avait aussi
19:58potentiellement
19:59peut-être des gens
20:00qui seraient venus
20:00non féministes
20:01juste
20:03outrés
20:04qu'avec
20:05autant de plaintes
20:06parce que là
20:07on n'est pas sur une plainte
20:08on est quand même
20:08sur une trentaine de plaintes
20:10des plaintes
20:11dont certaines sont
20:11très graves
20:12donc on voit bien
20:13que c'est aussi
20:14le nombre
20:14qui fait
20:15qui fait la puissance
20:16de cette contestation
20:19et donc
20:21il y a un principe
20:23de précaution
20:23qui est
20:25finalement
20:26au-delà
20:27même du risque
20:28je ne suis pas sûre
20:29que Patrick Bruel
20:29aujourd'hui
20:30vu la pression
20:31qui s'existe
20:31autour de lui
20:33prendrait le risque
20:34d'agresser quelqu'un
20:34aujourd'hui
20:35s'il l'a fait avant
20:36mais néanmoins
20:38il y avait
20:39clairement
20:40un risque
20:41de
20:42manifestation
20:42de violence
20:43de potentiellement
20:45d'affrontement
20:45des fans
20:46et des gens
20:47qui ne l'étaient pas
20:48vous n'allez quand même
20:49pas me faire croire
20:50que des associations
20:51féministes
20:51allaient affronter
20:52des femmes
20:53du public
20:53de Patrick Bruel
20:55on n'allait pas
20:56assister à des scènes
20:57qui allaient être
20:57de troubles
20:58à l'ordre public
20:59ça n'allait pas être
20:59violent dans ce sens
21:00où c'est ce que vous disiez
21:01les féministes
21:02n'ont pas posé des bombes
21:03en revanche
21:04que pour lui
21:04par rapport à son image
21:05il y ait ce problème là
21:08un chanteur d'amour
21:09de chansons d'amour
21:10quand on se retrouve avec
21:13quand même
21:13il aurait pu y avoir
21:14des invectives
21:15il aurait pu y avoir
21:15des tensions
21:16oui bien sûr
21:17et d'ailleurs
21:17quand on dit
21:17les conditions
21:18ne sont pas réunies
21:18je pense que Patrick Bruel
21:20n'était pas non plus
21:20dans un état d'esprit
21:21extrêmement favorable
21:22à monter sur une scène
21:23à être dans le partage
21:24dans le don de soi
21:25dans les répétitions
21:26dans la tournée
21:27ce n'est pas quelque chose
21:28qui devait être évident à vivre
21:29il y a quelque chose
21:29que Lisa n'a pas dite
21:31aussi c'est que
21:32c'est transpartisan
21:34cette fronde des mers
21:35et ça c'est assez rare
21:36et c'est nouveau
21:37c'est qu'il y avait
21:38à la fois des mers
21:38de droite
21:39de gauche
21:40qui étaient d'accord
21:42pour un même sujet
21:43qui est
21:44appelons à la décence
21:45et qui appelaient
21:46Patrick Bruel
21:46à se retirer
21:47ils ne sont pas tous d'accord
21:47ce soir le maire d'Orléans
21:49Serge Groir dit
21:49ce n'est pas au maire
21:50d'annuler un concert
21:51ce n'est pas au maire
21:51de se substituer à la justice
21:53non mais il n'empêche
21:54que ce n'est pas les mers
21:54qui l'ont fait annuler
21:55cette tournée
21:55c'est Patrick Bruel
21:56qui l'annule
21:56pour revenir sur le risque
21:58au théâtre
21:59où il n'y avait
21:59ce n'était pas
22:00des grandes manifestations de rue
22:01on les voit là
22:02au théâtre il y a eu un malaise
22:03il y a un comédien
22:04qui a fait un malaise
22:05autrement dit
22:06c'est extrêmement
22:07même si c'est pas
22:09il n'y a pas de bagarre
22:10c'est violent
22:11une interruption de concert
22:12dans une salle de concert
22:13où il y a 3 ou 4 000 personnes
22:15qui est dans le noir
22:17un mouvement de foule
22:18il suffit d'un groupe
22:19qui se met à lancer
22:20des objets sur la scène
22:21etc
22:22c'est dangereux
22:24c'est très dangereux
22:25et dans son titre
22:26je refuse que le public
22:28et les équipes soient prises à partie
22:29oui
22:29ce n'était pas le lieu
22:30pour qu'il y ait des choses comme ça
22:32c'était faire courir un risque
22:33aux équipes
22:34c'était faire courir un risque
22:35au public
22:35et il aurait suffi
22:36d'un premier concert
22:38où il y ait ça
22:38pour de toute façon
22:39comme dans un jeu de domino
22:41faire arrêter tout le reste
22:42je vais vous lire dans une seconde
22:43ce qui est pour moi
22:44Elisa
22:44non non j'allais juste préciser
22:46qu'il y a une association féministe
22:47tout de même
22:47qui a lancé une pétition
22:49pétition que j'ai sous les yeux
22:49qui a été signée
22:50par 63 845 personnes
22:52et cette association féministe
22:54appelait quand même
22:55à se mobiliser
22:57si les concerts n'étaient pas annulés
22:58sur certaines des dates
23:00dans certaines des villes
23:01où Patrick Brouel
23:02avait prévu de faire des représentations
23:03il aurait eu
23:03juste une chose
23:04avant d'avancer
23:05pour rebondir sur ce que dit Elisa
23:07pour vous c'est un tournant ce soir
23:08il est en train de se passer
23:09quelque chose de particulier ce soir
23:13malheureusement c'est un continuum
23:14encore une fois
23:15je parlais d'Harry Habitant
23:16on peut parler de beaucoup de personnes
23:17moi j'ai en tête
23:17ce communiqué fou des Césars
23:19qui dit qu'une personne
23:20qui est mise en cause
23:21ne peut pas monter sur la scène des Césars
23:22ni être représentée
23:24si jamais elle fait l'objet
23:25d'une récompense
23:26mais c'est un continuum
23:26il y a le festival de Deville
23:27qui avait viré je crois
23:30ce trompettiste
23:31absolument
23:32voilà exactement
23:33et qui est en train d'essayer
23:34d'obtenir des bons intérêts
23:35parce qu'il a été lui aussi
23:36totalement innocenté
23:36donc non malheureusement
23:37on est dans une ère post-judiciaire
23:39et il y a un continuum
23:40entre toutes ces décisions-là
23:40c'est quoi une ère post-judiciaire ?
23:42une ère post-judiciaire
23:42c'est peu importe ce que dit la justice
23:44vous voyez on parlait
23:44on vient perturber les mises en cause
23:46mais c'est pas vrai
23:46lorsqu'ils ont été innocentés
23:48c'est pareil
23:48les personnes qui sont innocentées
23:49font l'objet
23:50de la même opprobre
23:52et font aussi l'objet
23:54d'un certain nombre de perturbations
23:55et donc malheureusement
23:57c'est la conséquence logique
23:58en tout cas c'est la suite logique
23:59d'un certain nombre de renoncements
24:00qui ont déjà lieu
24:01pour tout un tas de personnes
24:02je pense à Luc Besson aussi
24:03qui a vu sa carrière un peu
24:04être mise en parenthèse
24:05pendant de longues années
24:06donc c'est pas vrai
24:07que la présomption d'innocence
24:08existe encore dans ce pays
24:09et c'est pas vrai de dire
24:11qu'on peut tranquillement
24:12continuer sa carrière en France
24:13pour vous ce soir
24:14la présomption d'innocence est morte ?
24:16bah oui mais encore une fois
24:16pour les artistes
24:17encore une fois
24:17c'est pas la première fois
24:18alors je vous dis
24:19pour les artistes c'est intéressant
24:20moi je vous dis la vérité
24:20pas que pour les artistes
24:21je défends un certain nombre
24:22d'anonymes
24:22et c'est pareil
24:23dans un certain nombre d'écoles
24:24de grandes écoles
24:25ils sont interdits
24:25de cérémonie de diplôme
24:26ils peuvent plus aller en cours
24:27ils peuvent plus participer
24:27aux activités
24:28tout ce qu'on dit là
24:29c'est la partie émergée
24:30de l'asberg
24:30c'est vrai pour beaucoup d'anonymes
24:31beaucoup de gens
24:32dans des entreprises
24:33dans des sociétés
24:33qui se retrouvent eux aussi
24:35alors qu'ils ne font l'objet
24:36d'aucune condamnation
24:37alors qu'ils régulièrement
24:38ils se font innocenter
24:38à se faire totalement ostraciser
24:41de leur cercle professionnel
24:42de leur cercle familial
24:43du cercle social
24:44et donc là aussi
24:45effectivement
24:45c'est la présomption d'innocence
24:46qui est bafouée
24:47pourquoi ?
24:47parce que les gens
24:48d'une certaine manière
24:49ne croient plus
24:49en l'institution judiciaire
24:50qu'elle condamne
24:51ou qu'elle est innocente
24:52et parce que le tombeau médiatique
24:54et les réseaux sociaux
24:55font qu'aujourd'hui
24:56l'institution judiciaire
24:57ne sert à rien
24:58et lorsqu'elle dit quelque chose
24:59finalement ça arrive trop tard
25:00ça arrive 5 ans après
25:01ça arrive 10 ans après
25:02et les gens ont déjà enregistré
25:04ce qu'ils voulaient enregistrer
25:04je pense à cet acteur
25:05dont le nom m'échappe
25:06Amidon je crois
25:07Paul Amidon
25:08qui la semaine dernière
25:09s'est fait innocenter
25:09à la suite d'un classement sans suite
25:10je ne sais pas si vous avez su
25:11Pascal Demolon
25:12son nom m'échappé
25:13son nom m'échappé totalement
25:14mais c'est pareil
25:14si vous voulez sa carrière
25:15lui il a arrêté de tourner
25:16il a arrêté de faire des promos
25:17l'arturé de partout
25:18et il a été totalement innocenté
25:20et je ne crois pas
25:20qu'il va pouvoir retourner
25:21un film d'ici quelques années
25:23vous le savez sans doute
25:23mieux que moi
25:24c'est ce qu'on appelle
25:24la cancel culture
25:25d'une certaine manière
25:26c'est qu'aujourd'hui
25:27voilà on estime
25:28je ne suis pas d'accord
25:29parce que j'ai quand même l'impression
25:30que dans l'art
25:30la culture
25:31les médias
25:31on a construit un peu
25:32l'impunité de la personne
25:33vous êtes en train de nous dire
25:34que vous pensez que
25:35n'importe qui faisant l'objet
25:36de 32 plaintes
25:37dont certains pour des crimes
25:38pourraient monter sur scène
25:39aujourd'hui
25:39enfin je veux dire
25:40l'électricien du quartier
25:41le boulanger
25:42oui ils vont être mis à l'écart
25:43de la société
25:44le temps de l'enquête
25:46mais ce que je dis
25:47c'est que ça s'applique
25:48à tout le monde
25:48c'est pas que Patrick Brouel
25:50qui fait l'objet malheureusement
25:51de ce type de boulanger
25:52si ça n'avait pas été Patrick Brouel
25:54ça aurait été pareil
25:54en fait
25:55c'est juste qu'un
25:58la présentation d'innocence
26:02il me semble que c'est dire
26:04c'est ne pas déclarer
26:05quelqu'un coupable
26:05avant de l'avoir jugé
26:06là on le déclare pas coupable
26:07on dit juste que
26:08le temps de l'enquête
26:08il faut considérer comme incoupable
26:09non on dit juste
26:10que le temps de l'enquête
26:10il doit se mettre un peu
26:11en retrait de ses activités
26:12publiques et médiatiques
26:13par respect pour les enquêteurs
26:15pour les victimes
26:15pour l'enquête
26:16tout simplement
26:17par respect pour l'enquête
26:18excusez-moi
26:18le juge d'instruction
26:19c'est celui qui mène l'enquête
26:20il aurait pu le décider
26:21ça a été décidé dans d'autres cas
26:22donc par respect pour les enquêteurs
26:23non par respect pour la justice
26:24non la justice aurait pu demander
26:26à ce qu'ils se mettent
26:27en retrait de ces activités là
26:27et la justice ne l'a pas demandé
26:28donc je vois pas
26:29pourquoi la justice
26:30n'est pas respectée ici
26:31vous lui aurez conseillé
26:32l'apaisement
26:34dans le contexte actuel
26:35avec 9 plaintes
26:37un street
26:38potentiellement 31
26:40même si elles sont pas
26:41dans le dossier judiciaire
26:42j'étais même à 32 moi
26:43vous n'auriez pas conseillé
26:45à Patrick Bruel
26:46de monter sur scène
26:49les yeux dans les yeux
26:50maître Slamar
26:51je vous dis une chose
26:52les conseillers
26:52ne sont pas les payeurs
26:53donc on donne des éléments
26:54et ensuite les individus
26:55prennent leurs décisions
26:56et je vous dis
26:56même en tant qu'avocat
26:57quand on donne des conseils
26:58à la fin il y en a un qui décide
26:59c'est le mis en cause
27:00c'est le client
27:00je vais vous lire dans une seconde
27:02ce que je considère
27:02comme peut-être la phrase
27:03la plus importante
27:04du communiqué de Patrick Bruel
27:05je vous rappelle juste
27:05si vous nous rejoignez à l'instant
27:07c'est l'information de la soirée
27:08que Patrick Bruel
27:09a finalement décidé
27:09d'annuler sa tournée
27:10qui devait débuter
27:11début octobre
27:12plus d'une trentaine de dates
27:15terminée
27:15si je puis dire
27:16annulée par le chanteur
27:18qui dit encore une fois
27:19ce soir
27:19choisir l'apaisement
27:20voici ce qu'il dit
27:21Patrick Bruel
27:22et je vous le soumets
27:23à vous Laurent Valdiguier
27:24je sais aussi
27:26que cette situation
27:27m'oblige à m'interroger
27:29à poursuivre
27:30une réflexion personnelle
27:31profonde
27:32et à entendre
27:34certaines choses
27:34avec toute l'attention
27:35qu'elles exigent
27:36je le fais
27:37je le ferai
27:38cette phrase
27:40elle est troublante
27:41dans le précédent communiqué
27:42de Patrick Bruel
27:43les deux fois où il a parlé
27:45c'était de communiquer
27:45ce soir
27:46il y en avait eu un
27:46il y a quelques mois
27:47qu'il a donc retiré
27:48les réseaux sociaux
27:49juste après la prise de parole
27:50de Flavie
27:51il n'y avait pas ça
27:51il n'y avait pas
27:52cette inflexion là
27:55mais parce qu'entre temps
27:55il y a eu quoi Maxime
27:57il y a eu la garde à vue
27:58il y a eu le dossier
27:59il y a eu le dossier
28:00il y a eu les témoignages
28:02des plaignantes
28:03et puis il y a eu
28:04ce travail avec ses avocats
28:05parce que comme vous êtes
28:06avec des avocats
28:07j'ai envie de rajouter
28:08il est soumis
28:09à une obligation
28:10de soins psychologiques
28:11peut-être qu'il a
28:12discuté aussi
28:13avec des spécialistes
28:14et donc il a fait du chemin
28:16et puis cette phrase
28:17elle s'adresse à vous Maxime
28:18mais elle s'adresse surtout
28:19au juge
28:20donc on est dans la stratégie
28:21de défense ?
28:22tout ça c'est sa défense
28:24bien sûr
28:24c'est pas une critique
28:26au contraire
28:27c'est un constat
28:28c'est tout ça
28:29c'est sa défense
28:30et dans ce niveau de lecture
28:32il y a 4 juges d'instruction
28:334 juges d'instruction
28:35dans lequel
28:36avec lesquels
28:37il a déjà entamé
28:38face à face
28:39parce que ça avait duré
28:408 ou 10 heures
28:41on était sur ce plateau
28:42avec Dylan Slama
28:438 ou 10 heures
28:45pour convaincre
28:46ces juges
28:48qui avaient
28:48sur leur table
28:50l'ordonnance du parquet
28:53demandant
28:54son incarcération
28:55il s'est battu
28:56quand même face à ces juges
28:58pour éviter la prison
28:59vous connaissez
29:00ces affaires là
29:01par coeur
29:02quand quelqu'un
29:03qui est accusé
29:04comme Bruel
29:05mis en examen
29:054 fois
29:06à 32 plaintes
29:07contre lui
29:07dit
29:08je sais que cette situation
29:09m'oblige à m'interroger
29:11à poursuivre
29:12une réflexion personnelle
29:13profonde
29:14je le fais
29:15qu'est-ce qu'il y a
29:16derrière ces mots là
29:16Maxime
29:17il est rentré
29:18dans un processus
29:19où il va falloir
29:20qu'il lâche un peu
29:21du lest
29:22qu'il soit moins abrupt
29:23que j'ai jamais rien fait
29:24j'ai jamais agressé personne
29:25souvenez-vous
29:26la phrase de Depardieu
29:27dans le Figaro
29:28en imitant
29:33Baudelaire
29:33qu'il avait jamais
29:34agressé une femme
29:35lui il était un peu
29:36sur cette ligne
29:37Bruel au début
29:39là il faut
29:39qu'il s'assouplisse
29:40il est toujours
29:41sur la ligne
29:41pardon mais
29:42deux fois d'avant
29:42il dit tout ce qu'on dit
29:43sur moi il faut
29:44là on commente
29:44la phrase de Maxime
29:45mais il s'assouplit
29:48il montre
29:49qu'il est dans un processus
29:50où il comprend
29:51où il va devoir
29:52bien sûr
29:53il s'adresse
29:54à ses juges
29:55il est en tout cas
29:56obligé
29:56de montrer
29:58Emmanuel Anison
29:59Emmanuel
29:59qu'est-ce que vous lisez
30:01vous dans ces mots là
30:02oui mais moi je pense
30:03que c'est juste
30:03c'est vis-à-vis
30:04évidemment
30:05des juges
30:06c'est parce qu'ils ont
30:07le dossier aujourd'hui
30:08et que peut-être
30:09que dans ce dossier
30:10il y a quand même
30:11des éléments un peu
30:11troublants
30:12et qu'il a discuté
30:13avec ses avocats
30:13et puis parce que
30:14il s'est rendu compte
30:16vraisemblablement
30:17au fil de cet été
30:18qu'il avait quand même
30:20une forme de partie
30:21de la société française
30:22qui aujourd'hui
30:24n'est pas
30:25en adéquation
30:26en fait
30:27avec
30:29on va dire
30:31ses attitudes
30:32toute une génération
30:33en fait Bruel
30:34quand vous disiez
30:34est-ce que c'est
30:35un grand changement
30:36c'est un énorme changement
30:37c'est vraiment
30:38ça montre le virage
30:39d'une société
30:40qui a accepté
30:42l'impunité
30:42qui a
30:44éteint
30:44qui a tué
30:45toute cette souffrance
30:46qu'on voit partout
30:47parce que c'est Bruel
30:48dans la culture
30:49c'est le périscolaire
30:51les animateurs
30:51c'est l'église
30:52il y a 5 ans
30:53c'est le sport
30:55avec sa rabie de bol
30:56c'est l'abbé Pierre
30:57en fait
30:58cette souffrance
30:59cette souffrance
31:00des violences sexuelles
31:01elle est partout
31:02dans la société
31:03Bruel n'est qu'un exemple
31:05qui est aujourd'hui
31:06symboliquement très fort
31:07et on voit bien
31:08que ce virage
31:09d'une société
31:09qui aujourd'hui
31:10regarde cette souffrance
31:11qui a été tue
31:12pour toutes ces générations
31:13il est obligé
31:14d'une certaine manière
31:15d'y répondre
31:16et cette action
31:17des mères symboliques
31:18il faut quand même
31:19souvenir qu'en 2023
31:20Emmanuel Macron
31:21défendait de par Dieu
31:22Brigitte Macron
31:23appelait les féministes
31:25des sales connes
31:25parce qu'elles dérangeaient
31:26le spectacle
31:27c'est plus récent que 2023
31:28oui mais c'était 2026
31:30et cet été
31:31on a vu une ministre
31:32peu à peu
31:33évoluer dans son discours
31:34parce qu'en fait
31:35il y a quand même
31:36sans doute
31:37une prise de conscience
31:37beaucoup plus large
31:38dans une société française
31:40qui dans tous les domaines
31:41aujourd'hui
31:42qui entend toutes les victimes
31:43d'attitude
31:43Maître Slama
31:44cette phrase là
31:44qu'est-ce que vous en faites vous ?
31:46écoutez là où je ne suis pas
31:48forcément d'accord
31:48avec Laurent Valdiguier
31:49c'est de voir forcément
31:51des liens entre
31:52ce qui se passe là
31:53et l'affaire judiciaire
31:54moi je pense que
31:55ce sont deux chemins différents
31:56et je ne pense pas
31:58que l'un perturbe l'autre
31:59et je ne pense pas forcément
32:00que ce soit pour complaire
32:01à ces juges d'instruction
32:02qu'ils décident d'annuler
32:03ces concerts
32:04donc c'est uniquement
32:06au public qu'ils s'adressent ?
32:07je pense que c'est au public
32:08je pense que peut-être
32:09qu'il y a une question
32:10d'image derrière
32:11je pense qu'effectivement
32:12il fait l'objet
32:12d'accusations
32:13qui sont nombreuses
32:14je pense qu'à un moment
32:15il a envie de se défendre
32:16mais le problème
32:16et c'est ça la difficulté
32:17d'une personne
32:18qui est mise en examen
32:19c'est qu'il ne peut pas
32:19le faire publiquement
32:20il ne peut pas le faire
32:21c'est-à-dire qu'il est
32:22d'une certaine manière
32:23condamné son jeune homme
32:25pourquoi il ne peut pas
32:26parce qu'il y a ce secret
32:27de l'instruction
32:28et parce qu'il ne va pas
32:28se mettre en plateau
32:29pour prendre les plaintes
32:30les unes après les autres
32:31pour expliquer
32:31voici ce qui s'est passé
32:32voici ce qui s'est passé
32:33ça on le fait devant des magistrats
32:34on ne peut pas le faire en plateau
32:35devant vous
32:36ou n'importe où
32:36on ne peut pas le faire
32:37sur le réseau social
32:37on a pas peur
32:38je m'ai toujours dit
32:38qu'il ne pouvait pas parler
32:39parce qu'il serait inaudible
32:41non seulement il serait inaudible
32:42mais ce n'est pas l'endroit
32:43pour le faire
32:43on n'en a vu d'autres le faire
32:45on en a vu d'autres le faire
32:47venir parce qu'ils étaient
32:48mis en examen
32:50expliquer qu'il n'avait rien fait
32:51sans forcément rentrer
32:52dans le détail
32:52mais expliquer
32:53ce qu'il n'avait rien fait
32:54je pense qu'effectivement
32:55ce n'est pas quelque chose
32:56qu'il faut faire
32:56et si on lui a conseillé
32:57de ne pas le faire
32:57je trouve que c'est un bon conseil
32:59il ne faut pas conseiller
32:59pour le coup
33:00un mis en examen
33:00d'aller s'expliquer
33:01sur les plateaux de télévision
33:02surtout quand il n'a pas encore
33:03eu l'occasion de s'expliquer
33:04devant ses magistrats instructeurs
33:06ça c'est la première chose
33:07et deuxièmement
33:08effectivement le dossier
33:09a l'air assez épais
33:10c'est un peu compliqué
33:11d'aller s'expliquer
33:12fait après fait
33:12et je pense qu'effectivement
33:14en plus de cela
33:15c'est logistiquement compliqué
33:16c'est juridiquement
33:17très compliqué
33:18et c'est effectivement
33:18vous avez raison
33:20médiatiquement
33:20assez inaudible
33:21aujourd'hui de le faire
33:21donc il avance
33:23quelques éléments
33:24mais il ne peut pas faire
33:25beaucoup plus malheureusement
33:26dans le contexte
33:27On le lisait
33:28l'été de Patrick Bré
33:29ne s'est pas forcément
33:30passé comme il pouvait l'espérer
33:32avec la pression des maires
33:33avec la nouvelle plainte
33:35on va en parler
33:35dans une seconde
33:36et ce contrôle judiciaire allégé
33:37et le contrôle judiciaire allégé
33:38qui a été
33:39il est allé où vous disiez ?
33:40Écosse et Turquie
33:41j'avais pas cette information là
33:42Écosse et Turquie
33:43Oui
33:43Ok
33:44Vacances
33:45Vacances
33:45Ok
33:46Très bien
33:47Il se serait entouré de sa famille
33:50donc peut-être qu'aussi
33:51ces moments qu'il a passés en famille
33:53auprès de ses fils
33:54ont été des moments
33:55de réflexion
33:56et qu'il veut protéger aussi
33:57ses fils
33:58qui sont assez jeunes
33:59Il y a quatre mises en examen
34:01pour les téléspectateurs
34:02Est-ce que vous pouvez rappeler
34:02simplement ce soir
34:03pourquoi est mise en examen
34:05Patrick Bruel ?
34:05Oui
34:06Première mise en examen
34:07qui porte sur une accusation
34:08de viol en 2008
34:10à Neuilly-sur-Seine
34:11une accusation également
34:12de tentative de viol
34:132010 à Bruxelles
34:15des accusations
34:16d'agression sexuelle
34:17et de harcèlement sexuel
34:182019 Perpignan
34:19et 2019 également
34:20à Ajaccio
34:21une accusation
34:22de harcèlement sexuel
34:23je précise tout de même
34:24que Patrick Bruel
34:25est aussi placé
34:25sous le statut
34:26de témoin assisté
34:28dans d'autres dossiers
34:28dans quatre autres dossiers
34:29effectivement
34:30et puis cet été
34:31il y a eu de nouvelles plaintes
34:33Laurent Valigué
34:35notamment
34:35je reprends mes notes
34:37dernière plainte en date
34:38déposée par maître Gatch Benayoun
34:39qui était tout à l'heure
34:40sur notre antenne
34:41c'était le 19 août
34:42plainte pour tentative de viol
34:43elle parle d'une cliente
34:44qui est tout juste majeure
34:45invitée à une soirée
34:46quand elle arrive
34:46elle se retrouve en réalité
34:47seule avec Patrick Bruel
34:48l'avocate dit
34:49que les faits sont prescrits
34:51mais la plainte a malgré tout
34:52été déposée
34:53et on en est donc à
34:5432
34:55et ça pour
34:57l'entourage de Patrick Bruel
34:59ce n'est pas à Nanterre
35:01enfin ce n'est pas encore
35:02arrivé à Nanterre
35:03le processus de ces 32 plaintes
35:05même si elles sont prescrites
35:06ça c'est
35:06souvenez-vous
35:07le tournant
35:08c'était la conférence de presse
35:09la prise de parole
35:10de Laure BQO
35:11la procureure de Paris
35:12qui avait dit
35:13bon ben on réunit tout ça
35:14et on l'envoie à Nanterre
35:16et Nanterre triera
35:17donc en fait
35:18l'aiguillage judiciaire
35:19il est fait
35:19à chaque fois
35:20il y aura le même processus
35:22les plaignantes
35:23seront entendues
35:23par la police
35:24c'est toujours pas
35:25au dossier judiciaire
35:26à ce stade
35:28c'est les commissions rogatoires
35:29et tant que les commissions rogatoires
35:31sont aux mains de la police
35:32c'est pas encore au dossier
35:33et 5 jours
35:34dans un délai
35:35de quelques jours
35:35avant sa convocation
35:37alors là
35:37soit les juges décideront
35:38de le faire entendre
35:39en garde la vue
35:40pour les faits nouveaux
35:40soit de l'entendre eux-mêmes
35:42et 5 jours avant
35:43ça sera au dossier
35:44voire par surprise
35:45ça la justice
35:46elle a
35:47le bénéfice
35:49de la surprise
35:50autrement dit
35:50ils sont maîtres du temps
35:51elle maîtrise le temps
35:53elle maîtrise le temps
35:54ou elle l'interroge
35:55elle maîtrise le temps
35:56ou elle rend accessibles
35:58les pièces
35:58à sa défense
35:59même si tout ça
36:00est encadré
36:00par la loi
36:01avec des délais
36:02qui sont des délais légaux
36:04mais c'est vrai
36:04que c'est la justice
36:05qui se donne le temps
36:06il a eu 2 mois
36:08il a eu 3 mois
36:09cet été
36:10il n'y a pas eu
36:11de Bruelmania
36:12pour défendre Bruel
36:13il n'y a pas eu
36:15je suis d'accord
36:16avec ce que vous disiez
36:16tout à l'heure
36:17il n'y a pas eu
36:18de manifestation
36:19pour dire
36:19laissez-nous Bruel
36:20le chanter
36:21et c'est vrai
36:22que c'est ça aussi
36:23il n'y a pas eu ça Laurent
36:23vous avez raison
36:24mais même
36:24vous aviez cherché
36:25dans votre enquête
36:26je m'en souviens
36:26avant l'été
36:27à avoir des proches
36:28de Patrick Bruel
36:28qui le défendait
36:31sa coiffeuse
36:31dans mon souvenir
36:32dans votre enquête
36:33dans l'Obs
36:34ça maquilleuse
36:35mais au-delà de ça
36:36sa coiffeuse
36:38au-delà de ça
36:40on a entendu
36:40peu de voix
36:41il y a une omerta totale
36:43pour dire
36:43c'est dégueulasse
36:44ce qui arrive à Patrick Bruel
36:45il n'y a que Gilbert Coulier
36:46le producteur
36:47qui a produit
36:48Patrick Bruel
36:48pendant des années
36:49de la Bruelmania
36:50jusqu'au moment
36:51où il a décidé
36:51de s'autoproduire
36:52avec qui j'ai pu échanger
36:53et qui m'a publiquement
36:54exprimé
36:56ses doutes
36:56en disant
36:57qu'il n'avait jamais vu
36:58Patrick Bruel
36:58mal se comporter
36:59qu'il n'avait jamais vu
37:00Patrick Bruel
37:01l'user de sa notoriété
37:02ou de sa puissance
37:04ou de son argent
37:05pour séduire des femmes
37:07sinon c'est rare
37:08on n'a pas trouvé
37:09un enfoiré
37:10qui a accepté
37:10de s'exprimer
37:11au moment où
37:12Patrick Bruel
37:12fait son communiqué
37:13pour dire
37:14qu'il ne n'ira plus
37:15chanter aux enfoirés
37:16on n'a pas vu
37:17un seul artiste accepté
37:18de s'exprimer
37:19et je peux même vous dire
37:20moi qui dirige
37:21le service culture
37:21de BFM TV
37:22qu'encore aujourd'hui
37:23on rencontrait
37:24un réalisateur
37:25qui a travaillé
37:26avec Patrick Bruel
37:26et c'était
37:27interdiction totale
37:28de poser une question
37:29c'est-à-dire que dans les consignes
37:30qu'on vous donne avant
37:30interdiction totale
37:31on n'essayait même pas
37:32sinon on mettra un terme
37:33à l'entretien
37:33donc il y a une forme
37:34comme ça
37:35d'omerta
37:36d'interdiction
37:37entre guillemets
37:37de s'exprimer
37:40sur le sujet
37:40de faire en sorte
37:41que les artistes
37:42puissent avoir la possibilité
37:43de dire un mot
37:44voilà non
37:44on sait que
37:45les artistes aussi
37:46ont trop à perdre
37:47à s'exprimer
37:47d'une certaine manière
37:49dans le positif
37:49ou le négatif
37:50parce que le sujet
37:51est explosif
37:52d'une certaine manière
37:53Oui effectivement
37:54Maître Slama
37:55est-ce que le volume
37:56je sais que je vous ai
37:57déjà posé la question
37:58avant cet été
37:59sauf que depuis cet été
38:01il y a une nouvelle plainte
38:01qui est arrivée
38:02est-ce que le volume
38:04de plainte
38:05encore une fois
38:0532
38:06change quelque chose
38:07et est aussi
38:08une forme de pression
38:09qui amène ce soir
38:10Patrick Bruel
38:11à annuler sa tournée
38:12selon vous
38:12Je ne le sais pas
38:13je ne suis pas
38:14dans sa tête
38:15pour savoir
38:15qu'est-ce qui a guidé
38:16précisément sa décision
38:18en revanche
38:18ce que je peux vous dire
38:19c'est que je vois
38:20visé par prendre de plainte
38:21aujourd'hui
38:21actons les choses
38:22il a été entendu
38:23longuement
38:23il a été placé
38:25il a été mis en examen
38:26pour un fait de viol
38:27alors je ne dis pas
38:27que ce n'est pas un fait de viol
38:28un fait de viol
38:29je ne dis pas que ce n'est pas grave
38:30un fait de viol
38:30c'est très grave
38:31Après il y a tentative
38:32il y a agression sexuelle
38:33et voilà
38:33donc on lui reproche
38:35aujourd'hui judiciairement
38:36un viol
38:37on peut mettre 25
38:3730, 32
38:38autant qu'on veut
38:39le volume judiciairement
38:40aujourd'hui
38:41qui doit considérer
38:42l'enquête
38:43c'est un viol
38:43donc on fait gonfler
38:45on gonfle parfois
38:46un petit peu les choses
38:46en prenant des plaintes
38:47dont on sait très bien
38:48un viol c'est déjà faux
38:49mais je l'ai dit
38:50je l'ai dit
38:51je l'ai dit
38:51mais la question
38:53portait sur le nombre
38:53donc je réponds sur le nombre
38:54il y en a un pour un viol
38:56donc encore une fois
38:57un viol c'est déjà trop
38:58mais on ne peut pas dire
38:59que ce soit le nombre de 1
39:00qui soit extrêmement important
39:02mais une tentative de viol
39:03c'est grave aussi
39:03mais bien sûr que c'est grave aussi
39:05mais ce que je veux dire
39:05c'est qu'entre 32 et 1
39:07il y a quand même un gap
39:09on le sait très bien
39:10il y en a beaucoup
39:10qui seront prescrites
39:11et pour lequel
39:12vraisemblablement
39:12il ne sera pas
39:13ni poursuivi
39:14ni condamné
39:14et donc il restera
39:15innocent pour ces faits-là
39:16et visiblement
39:17il y a aussi beaucoup de femmes
39:17qui se sont signalées
39:18à la justice
39:19sans déposer plainte
39:21et qu'elles se tiennent
39:21à disposition
39:22ces femmes de la justice
39:23mais alors précisément
39:23c'est une question intéressante
39:24je parlais de la dernière plainte
39:2619 août
39:27je le redis
39:28une client tout juste majeure
39:29invitée à une soirée
39:30quand elle arrive
39:31en réalité Patrick Bruel
39:32est seule
39:33son avocat dit
39:34que les faits sont prescrits
39:35mais il y a malgré tout plainte
39:36je vous mets la place
39:36de ceux qui nous regardent
39:38pourquoi déposer plainte
39:39quand même
39:40si l'avocate
39:41dès le départ
39:42dit
39:42les faits semblent prescrits
39:44parce que la justice
39:46maintenant
39:46prend toutes les plaintes
39:49ça c'est nouveau
39:51c'est totalement nouveau
39:53c'est Éric Dupeau-Moretti
39:54la prescription glissante
39:55alors ça c'est autre
39:56la prescription glissante
39:57c'est autre chose
39:58c'est que
39:58si vous avez
39:59des modes opératoires identiques
40:02si vous pouvez faire
40:03une chaîne
40:05d'affaires
40:06l'affaire qui n'est pas prescrite
40:08va entraîner
40:09la non-prescription des autres
40:11même si individuellement
40:12elle serait prescrite
40:13mais la justice estime
40:15qu'il faut
40:15ça c'est
40:16c'est vrai qu'on est dans
40:17un temps judiciaire nouveau
40:18où les victimes
40:20sont
40:20les plaintes
40:22on dit
40:22mais les victimes
40:23les parties civiles
40:24voilà
40:25autrefois les parties civiles
40:26elles avaient quasiment
40:27pas droit au procès pénal
40:29elles étaient entendues
40:30après le procès pénal
40:31la justice ne s'intéressait
40:32qu'à juger
40:33les éventuels auteurs
40:36les parties civiles
40:37c'était autre chose
40:37ça a changé très récemment
40:39le grand changement
40:41c'est le procès du Bataclan
40:42le procès du Bataclan
40:44Maxime
40:44pendant deux mois et demi
40:45la justice décide
40:47d'entendre
40:47une par une
40:48les victimes
40:49et là
40:49tous les observateurs judiciaires
40:51disent
40:51mais qu'est-ce qui leur prend
40:52la justice n'est pas du tout
40:53là pour faire ça
40:54la justice
40:55elle est là pour juger
40:55les terroristes
40:57et bien ça change tout
40:58parce qu'en deux mois et demi
40:59les magistrats
41:00les juges
41:01et les français en entier
41:02ont découvert ce que c'était
41:04l'ampleur
41:05de cette chaîne
41:07ces dégâts
41:08et là
41:08les victimes
41:09les procès par biais
41:11on entendait les victimes
41:12par dizaines
41:13voire par centaines aussi
41:14c'était pas aussi long
41:18et là
41:19les victimes
41:20sont au centre
41:21du procès judiciaire
41:23maintenant
41:23et donc les victimes
41:25sont entendues
41:25alors qu'il y a encore
41:26quelques années
41:27vous arrivez dans une gendarmerie
41:28ou un commissariat
41:29on vous prenait
41:30même pas la plainte
41:32sous prétexte
41:33c'était presque
41:33Steven
41:33judiciairement
41:34peut-être que ça ne change rien
41:35mais médiatiquement
41:36ça peut tout changer
41:37je rappelle que si on en parle
41:39aujourd'hui de l'affaire Bruel
41:39c'est parce que Flavie Flamand
41:42décide de ne plus cacher
41:44son anonymat
41:45dans l'enquête de Mediapart
41:46et elle décide
41:48de déposer plainte
41:48et de le dire
41:49pour des faits
41:50qui se sont déroulés
41:50en 1991
41:51elle le sait Flavie Flamand
41:53que probablement
41:53il n'y aura peut-être
41:54pas de procès
41:55ou peut-être qu'elle vise
41:56elle espère une prescription
41:57glissante etc
41:58mais ça a tout changé
42:00sans son témoignage
42:00à visage découvert
42:02on ne se bat forcément là ce soir
42:03trois jours après
42:04et probablement
42:05qu'on ne serait pas là aujourd'hui
42:06et que la tournée
42:07n'aurait pas été annulée
42:08il y a la procureure quand même
42:09suite à Flavie Flamand
42:10il n'empêche qu'avant Flavie Flamand
42:12il y a dix plaintes
42:13il y a une enquête de Mediapart
42:14extrêmement solide
42:15et pourtant
42:17les médias ne s'emparent pas
42:18tellement de cette affaire Bruel
42:20qui bouge
42:20qui est donc une nouvelle affaire Bruel
42:22après celle des masseuses
42:23et c'est cette plainte
42:24et la prise de position
42:25de Flavie Flamand
42:26qui change tout
42:26alors qu'elle sait
42:27que c'est prescrit
42:27et que c'était en 1980
42:28je vous remercie
42:29d'avoir été avec nous ce soir
42:30pour parler donc
42:31de ce qui était l'information
42:32de la soirée tout à l'heure
42:3321h
42:34on le disait
42:34Patrick Bruel
42:35annonce ce soir officiellement
42:36l'annulation de sa tournée
42:37qui devait débuter
42:39début octobre
42:3935 concerts
42:40qui n'auront pas lieu
42:41donc ce que dit Bruel
42:42c'est qu'il choisit
42:43l'apaisement
42:44qu'il continuera
42:45à se défendre
42:46on en reparlera évidemment
42:47dans la suite de ce BFM
42:48grand soir
42:49on a reparlera
42:49on a reparlera
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