- il y a 1 semaine
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00:00C'est l'information de la soirée, Patrick Bruel s'est exprimé, le chanteur a donc décidé finalement d'annuler
00:05sa concert, un méga, sa tournée pardonnez-moi, plus de 35 dates, des méga concerts et évidemment la question est
00:13à la fois politique, judiciaire, morale, financière, accessoirement, mais nous allons également en parler.
00:19Je salue la présence d'Arthur Berda, merci d'être avec nous, bonsoir à vous, éditorialiste au Figaro et BFM
00:26TV, nous accompagne également Steven Bellery, merci à vous, bonsoir, chef du service Culture de BFM TV, beaucoup de choses
00:32à dire avec vous, Rocaïa Diallo nous rejoint à l'instant, bonsoir à vous, président de Politis, éditorialiste au Guardian,
00:38Anne-Sora Dubois nous accompagne, merci à être là, Anne, et nous sommes également avec Boris Karlamov, bonsoir et merci
00:45d'être avec nous, je le disais,
00:47vraiment cette décision au-delà de ce qui a été dit par l'artiste, choix de l'apaisement, elle interroge
00:53beaucoup notre société, c'est un choix qui est politique, ce sont des conséquences qu'il faut interroger sur le
00:58plan judiciaire, et puis la morale également, beaucoup parlent d'un choix de la décence, de la dignité, de l
01:04'apaisement, je me tourne d'abord vers vous, Rocaïa Diallo, est-ce que vous, vous pensez que c'est le
01:10choix véritablement de l'apaisement, que c'est de la bonne décision et qu'il n'y avait pas d
01:13'autre alternative ?
01:15En l'état actuel des choses, je vois difficilement comment Patrick Bruel aurait pu poursuivre ses activités professionnelles et artistiques
01:20de manière sereine, je pense qu'on le dit peu, mais la question des risques psychosociaux est extrêmement importante dans
01:26le monde du travail, il se trouve que la plupart des personnes qui ont accusé Patrick Bruel de l'avoir
01:30agressé,
01:30l'ont accusé de l'avoir fait dans le contexte du travail, ce qui fait que pour des personnes qui
01:35sont des employeurs, qui le font travailler, le fait d'assurer une forme de prévention
01:38par rapport aux personnes qui sont à risque, du fait de comportements supposés de Patrick Bruel, pour moi ça fait
01:42partie de leur responsabilité, et je pense qu'on ne peut pas en fait, quand une personne
01:47est accusée d'autant d'activité, enfin là, de l'ordre, est accusée, mais quand on est employeur, on a
01:53la responsabilité de protéger ses salariés,
01:55et je pense que mettre une personne qui est autant accusée au contact de personnes à risque, et bien c
01:59'est un danger, et je crois que c'est responsable que de faire en sorte
02:02qu'il ne soit pas en capacité de faire ce dont on l'a accusé.
02:05Alors il y a eu une montée au front des maires, de nombreux élus, nous sommes avec Ladislas Verne, qui
02:11est l'édile de Chartres,
02:13et d'ailleurs votre ville, monsieur le maire, devait recevoir Patrick Bruel dans quelques semaines, vous aviez vous-même milité
02:19pour que le chanteur
02:20ne puisse pas tenir ce concert, donc j'imagine qu'il y a une forme de soulagement, malgré tout, j
02:26'interroge le maire que vous êtes,
02:29qu'est-ce que cette décision d'annulation va aussi laisser comme trace, comme conséquence, et peut-être même comme
02:34jurisprudence ?
02:36– Écoutez, merci de votre invitation, la première chose qui est très importante, c'est que Patrick Bruel a pris
02:43ses responsabilités,
02:45et on s'en félicite, parce que depuis maintenant quelques, depuis un mois, on appelait de manière répétée, l'artiste
02:53a pris ses responsabilités,
02:55et je pense que c'est extrêmement important dans ce contexte, qu'il ait accepté que là c'était plus
03:02possible de continuer comme ça.
03:03– Pourquoi c'est plus possible ? C'est pas une situation si classique en réalité, la situation qui se
03:07pose aujourd'hui,
03:08c'est une situation où il fallait absolument mettre en valeur la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles.
03:1332 plaintes, ce n'est pas rien, et on voit aujourd'hui qu'elle a pris ses responsabilités, et on
03:20ne peut que s'en féliciter,
03:21à Chartres, comme dans toute la France, que cette tournée sur 35 dates ait été annulée. C'était intenable, et
03:27on le redit.
03:27– C'était intenable pour le maire que vous étiez, c'était intenable pour l'artiste, intenable aussi, évidemment, d
03:33'abord pour les victimes présumées,
03:35mais pour l'élu que vous êtes, on dirait que c'était un point d'honneur, vous disiez, c'est
03:39ma ville sur ce plateau,
03:41et je ne peux pas accueillir Patrick Bruel, vous êtes toujours dans cet état d'esprit maintenant,
03:44la décision et l'annulation est là, mais est-ce que vous dites, finalement, j'ai bien fait dans tous
03:49les sens du terme,
03:50même si cet artiste est présumé innocent, vous avez l'impression d'avoir, je ne sais pas, mais rempli votre
03:55rôle d'édile ?
03:57– Encore une fois, je suis républicain, et je respecte la présomption d'innocence, c'est extrêmement important,
04:03mais je fais une grande différence entre la présomption d'innocence et la mise en valeur artistique
04:07sur une scène dans une salle qui est centrale à Chartres, d'un artiste qui a 32 plaintes à son
04:14encontre
04:14pour des violences sexistes et sexuelles. Ce qu'on voulait, par cette décision de suppression
04:19ou de la réservation du concert, c'était mettre en valeur la parole des victimes.
04:24Et c'est d'ailleurs ce qu'on va faire en organisant à la place une soirée de mise en
04:28valeur
04:28de la parole des victimes qui sera entièrement au profit des associations
04:33qui luttent tous les jours contre les violences sexistes et sexuelles.
04:36– Merci, monsieur le maire, pour votre réaction en exclusivité sur BFM.
04:41Cette autre réaction politique, si elle en est, c'est la ministre en charge de l'égalité femmes-hommes,
04:48Horreur Berger, qui d'ailleurs, en quelques mois, Stephen, avait au départ vraiment mis en avant
04:53la présomption d'innocence du chanteur.
04:56– Son discours avait glissé, c'est vrai, à la rentrée, probablement qu'elle avait pris en considération
05:02cette montée politique des maires. C'était intéressant de le souligner,
05:06c'est qu'aussi tous ces maires étaient de droite ou de gauche.
05:08Il y avait quelque chose de très transpartisan, c'est rare, donc il faut le souligner.
05:12Beaucoup s'étaient alliés dans cette espèce de bras de fer avec le chanteur.
05:18Et Horreur Berger avait fait évoluer son discours en disant qu'il serait peut-être préférable
05:23que Patrick Bruel annule cette tournée.
05:25Ce qui est intéressant, c'est que le maire de Chartres notamment,
05:28parlait aussi que la justice puisse travailler dans une certaine forme d'apaisement elle aussi.
05:34– Ça, c'est une vraie question. Est-ce que là, on estime ?
05:36– En quoi le fait que Patrick Bruel se retire fait que la justice peut travailler plus librement
05:40ou plus d'apaisement ? – Merci de la poser ainsi Steven, elle est centrale cette question.
05:44Est-ce que ce renoncement, évidemment l'important c'est aussi la parole des victimes prismées,
05:49mais est-ce que ce renoncement permet véritablement à la justice de travailler sereinement ?
05:53Boris Karlamoff, on va voir ça avec vous, et puis vous allez nous dire,
05:57chaque mot a été pesé et sous-pesé évidemment pour Patrick Bruel,
06:00mais permettez-moi tout d'abord, Anne, de voir avec vous la pression politique.
06:04La pression chaque jour, chaque jour, une liste de maires, une quinzaine,
06:07et puis comme le dit Steven, c'était transpartisan.
06:10Et puis la ministre, Aurore Berger, qui on voit bien adopte un ton qui s'est durci au fil des
06:16semaines,
06:16la pression devenait véritablement intenable.
06:19– Aurore Berger vient de saluer effectivement la décision de Patrick Bruel sur X,
06:23en précisant qu'elle avait répondu, interrogée sur le maintien de la tournée de Patrick Bruel,
06:28que les conditions n'étaient pas réunies pour que celle-ci puisse être maintenue.
06:31Je prends acte de la décision qu'il a prise de l'annuler, a-t-elle précisé ?
06:35– Alors il y a un maire qui a, le 25 août, expliqué pourquoi,
06:39comme le maire de Chartres, il ne souhaitait pas que l'artiste se produise dans sa commune,
06:43il a expliqué, il a précisé, le temps que la justice puisse travailler sereinement
06:47en condamnant, je le cite, toutes les violences sexistes et sexuelles.
06:50Il a ajouté, je condamne la venue de monsieur Bruel,
06:52compte tenu des accusations portées à son encontre, il n'est pas le bienvenu à Amiens.
06:56Effectivement, il y a eu une série de maires qui lui ont emboîté le pas,
06:59Chartres-Dijon, Catherine Trottmann à Strasbourg, Saint-Etienne, Régis-Jouanico.
07:02Il y a un maire qui a pris le contre-pied et qui lui a dit
07:05« ça n'est pas à un élu de prendre ce genre de décision ».
07:10Il a précisé en disant « il n'appartient pas au maire d'annuler un concert,
07:13on demanderait donc au maire de se substituer à la justice
07:16en interdisant ce que elle-même n'a pas interdit ».
07:20Et il avait achevé sa déclaration ainsi, 9 200 places ont été vendues,
07:23pour ma part je n'y assisterai pas.
07:25Mais donc il avait refusé, alors en disant qu'il y avait des raisons financières,
07:27qu'il y avait des raisons juridiques, parce qu'il était lié par contre à Patrick Bruel,
07:31mais aussi sur cette raison de principe, en disant « la justice ne l'a pas interdit,
07:35donc ça n'est pas au maire de se substituer à la justice et donc de prendre cette décision. »
07:39Vous voyez toutes les conséquences d'une telle affaire,
07:42et malgré tout ça reste un chanteur populaire, dans le sens noble du terme,
07:47donc les conséquences vont être importantes.
07:49Moi c'est ça qui m'intéresse, et de voir cela avec vous, Boris Karlamoff,
07:52parce que quand on dit « il faut que la justice travaille sereinement »,
07:56dans ce genre d'affaires, les instructions, l'instruction va être très longue,
07:59avec des témoignages, des contre-témoignages, des preuves numériques,
08:02donc c'est un temps long, 3, 4, 5...
08:03Peut-être plusieurs années, peut-être plusieurs années,
08:06si jamais Patrick Bruel est renvoyé devant un tribunal,
08:09et bien l'instruction va être minutieuse,
08:11il va falloir la mener sereinement par ces 4 juges d'instruction,
08:15on va rappeler qu'il y a 4 juges d'instruction qui sont en charge de ce dossier.
08:19Tout à l'heure, M. le maire de Chartres parlait d'essence, de responsabilité,
08:22c'est un sentiment qu'on retrouve également chez les plaignantes,
08:25puisque nous venons d'avoir la toute première réaction de Karine Wieser,
08:28vous le savez, cette plaignante belge qui a porté plainte contre Patrick Bruel
08:32pour une agression à Bruxelles, une plainte prescrite,
08:35voilà ce qu'elle déclare ce soir à BFM TV,
08:38ce pas de côté n'était pas une option, il était une nécessité,
08:42une question de décence, de responsabilité,
08:45et surtout de respect envers les victimes.
08:47Donc la toute première réaction d'une plaignante de Patrick Bruel
08:52qui a donc fait le choix ce soir d'annuler sa tournée
08:55qui était prévue à la rentrée.
08:57On va parler de toutes les conséquences,
08:59je salue la présence de Laurent Valdiguet,
09:01merci d'être là avec nous cher Laurent,
09:03consultant en police-justice à BFM TV.
09:05Le mot de décence, de morale, de choix, de responsabilité,
09:09tout cela est très utilisé et ça renvoie, Arthur Berla,
09:12à un certain vocabulaire, chacun a sa propre morale,
09:14chacun a sa propre définition de la décence également,
09:19et là on a plaqué une grille sur finalement la décision de l'artiste.
09:24On peut interroger jusqu'où cela peut-il aller ?
09:27Est-ce qu'un jour on peut se dire,
09:29eh bien le répertoire de Patrick Bruel,
09:31on ne peut plus l'entendre tout simplement
09:32parce qu'il faut respecter et entendre les victimes présumées ?
09:35Vous avez raison, moi je trouve qu'il y a un parallèle assez intéressant,
09:37et d'ailleurs j'ai souvenir d'avoir parlé,
09:39je ne sais pas si Steven se souvient,
09:40avant l'été avec Steven,
09:41avec qui j'ai eu le plaisir de partager un autre plateau,
09:43ce parallèle entre le milieu artistique et le milieu politique.
09:48Pourquoi est-ce que je prends ce parallèle ?
09:50D'abord, il y a un premier point commun,
09:51c'est que le temps de la justice n'est ni le temps de la politique,
09:54ni le temps artistique,
09:55et que donc un mandat ministériel peut entrer en choc
09:58avec le temps de la justice,
10:00et une tournée pour un artiste peut entrer aussi
10:02en choc avec le temps de la justice.
10:05L'autre élément, c'est qu'Emmanuel Macron,
10:06puisque là je vais retourner sur le terrain politique,
10:08Emmanuel Macron a eu un tort à mon sens, vous avez raison,
10:10il avait promis, lorsqu'il était en campagne,
10:14pour opposer sa probité à François Fillon,
10:17une loi, une grande loi de moralisation de la vie publique.
10:20C'est autre chose que la transparence, la moralisation.
10:23Emmanuel Macron avait mis la morale dans la vie politique,
10:25et il en est revenu.
10:26Pourquoi est-ce qu'il en est revenu ?
10:27Parce que la morale c'est sans fin.
10:29Oui, mais Arthur, quand il s'est agi,
10:31je prends un exemple du ministre de mémoire,
10:34Damien Abad, qui est rentré dans le gouvernement Borne,
10:37il y a eu une démission, et puis voilà.
10:40Et je crois savoir que l'affaire est encore en cours.
10:43Absolument, mais si vous voulez, la morale,
10:45pourquoi est-ce que je prenais cet exemple-là ?
10:46Parce que la morale, c'est ce qui a concerné par exemple
10:47François de Rugy au ministère de l'Écologie,
10:49qui a été contraint de démissionner
10:50parce qu'il avait eu des agissements
10:51qui avaient été considérés comme non conformes à la morale.
10:53Concernant Patrick Bruel, on est sur autre chose,
10:55évidemment, toute chose égale par ailleurs.
10:57Pour autant, Patrick Bruel, d'abord ce soir,
10:59c'est lui qui prend la décision,
11:00et ça je pense qu'il faut le souligner,
11:02c'est-à-dire que c'est une décision qui lui appartient,
11:03qui le prend dans un contexte
11:04qui est celui qu'on vient de décrire assez longuement tous ensemble
11:06que personne ne méconnaît.
11:08Mais je voudrais simplement souligner d'un mot une chose,
11:11et puis j'en terminerai par là,
11:12c'est que je m'étonne malgré tout
11:13d'entendre beaucoup parler de l'État de droit.
11:16C'est-à-dire que dans cette campagne présidentielle,
11:17on accuse tel candidat ou tel autre candidat
11:19de vouloir s'en prendre, abattre l'État de droit.
11:22Certains, d'ailleurs, ont expliqué que l'État de droit
11:23n'était ni sacré ni intangible,
11:25je pense à Bruno Rotaillou en disant ça.
11:26Cela lui avait valu une polémique à l'époque.
11:28L'État de droit, je m'étonne de voir
11:30qu'il est à géométrie variable
11:31et que la présomption d'innocence,
11:32lorsqu'elle concerne Patrick Bruel ou Marine Le Pen,
11:35puisque Marine Le Pen est présumée innocente
11:37depuis qu'elle s'est pourvue en cassation,
11:39l'État de droit en est tout de suite moins prompt
11:40à l'invoquer.
11:42Attendez, c'est majeur.
11:43Est-ce qu'on peut se dire,
11:44Patrick Bruel a annulé Laurent Valdiguier
11:47en responsabilité une tournée,
11:48sous la pression également,
11:49mais peut-être, sans doute,
11:50s'est-il dit que c'était intenable ?
11:52Et ce sont des questions que, évidemment...
11:55C'était intenable.
11:56Que c'était intenable, effectivement,
11:58et en même temps de dire,
11:59mais il y a la présomption d'innocence.
12:00Est-ce que cette petite musique importante
12:02de la présomption d'innocence,
12:04elle arrive quand même au même niveau
12:05qu'il n'avait pas le choix,
12:07il devait partir, le dossier est trop lourd ?
12:08La présomption d'innocence,
12:10ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas en parler.
12:12Et puis ça ne veut pas dire
12:12que les gens ne peuvent pas manifester.
12:14La présomption d'innocence,
12:15ça veut dire qu'à la fin du temps judiciaire,
12:17et à la fin du temps judiciaire,
12:19seule la justice dira
12:20s'il est coupable ou innocent.
12:22C'est ça la présomption d'innocence.
12:24Et quand on dit le temps judiciaire,
12:26c'est un long chemin.
12:27Le long chemin,
12:28il est semé d'embûches pour Patrick Bruel.
12:30Vous savez comment ça a commencé ?
12:31Ça a commencé par des plaintes dans les journaux.
12:34Le jour, on s'en souvient avec Boris,
12:36le jour où il a été placé en garde à vue,
12:38le parquet voulait qu'il soit incarcéré.
12:41Au bout de 48 heures de garde à vue,
12:43ils se sont bagarrés avec ses avocats,
12:45il a échappé devant les cas de juges d'instruction à l'incarcération.
12:48Les juges voulaient simplement
12:49le placer sous contrôle judiciaire.
12:51Puis le juge des libertés a dit
12:53« Attention, je vais lui retirer son passeport ».
12:55Ils se sont bagarrés cet été pour avoir le passeport.
12:57Il a pu avoir son passeport,
12:59mais il y a une décision qui va intervenir le 7 septembre.
13:01Le 16 septembre, pour savoir s'il peut récupérer ou pas son passeport.
13:05Entre-temps, il est parti en vacances en Écosse et en Turquie.
13:08Donc, Patrick Bruel, il n'est plus maître de son calendrier.
13:12Et cette maîtrise du calendrier, c'est les juges qui l'ont.
13:16Les juges et les plaignantes.
13:17Parce qu'à ce jour, à Nanterre, il y a huit plaintes.
13:20Il a été mis en examen pour quatre et témoins assistés pour quatre autres.
13:23Mais cet été, on annonce.
13:25Alors ça, c'est vrai que la défense de Patrick Bruel,
13:27elle est dans une pièce noire.
13:29La pièce noire, c'est qu'ils ne savent pas sur les 31 plaintes annoncées
13:33sur quoi portent les plaintes précisément.
13:35Ça, c'est un peu le lot de tout justiciable.
13:40Et donc, dans ce contexte, il prend la décision pour son public, dit-il.
13:44Je crois que c'est la phrase importante du communiqué.
13:46Pour la sécurité de son public.
13:48Parce que ça mettait son public en danger.
13:50Je refuse que le public et les équipes soient prises à partie
13:52dans un débat qui n'a rien à faire dans une salle de concert.
13:54Seule la justice connaît le détail des faits.
13:56Seule la justice connaît le dossier.
13:58Seule la justice dira la vérité de ses affaires.
14:01En fait, il y a une question qu'on se demande.
14:02C'est est-ce que pour les artistes aujourd'hui,
14:04ce n'est pas plutôt une présomption de culpabilité
14:07qui prend le dessus par rapport à une présomption d'innocent.
14:10Écoutez, est-ce qu'on peut, sans qu'il y ait des cris d'offres,
14:12poser la question, que ce soit pour Patrick Bruel ou Gérard Depardieu,
14:15il peut y avoir des gens qui nous regardent ce soir.
14:17Et malgré tout cela,
14:19malgré tout cela, avoir un attachement parce que
14:21un livre, une musique, un film,
14:23ça rappelle des secrets intimes, personnels,
14:26et se dire qu'il y a quand même ce lien.
14:28Et ces personnes auraient voulu être là malgré tout.
14:30Est-ce que ces personnes-là aussi,
14:32leur voix, elles n'ont pas subi
14:35quoi que ce soit de la part du chanteur.
14:37Je fais bien la différence avec les victimes présumées,
14:39mais est-ce que ces voix-là,
14:39elles sont éteintes ce soir ?
14:41Alors, je pense que ce qu'il faut rappeler,
14:42c'est que quand même,
14:43il est accusé de viol,
14:44y compris sur une personne mineure,
14:47et que le viol en droit français,
14:48c'est un crime.
14:49C'est un crime qui,
14:50depuis la Révolution, en 1791,
14:52et on comparait aux assises depuis 1980,
14:54pour un crime.
14:55S'il était accusé de meurtre,
14:56je pense qu'on ne débrouillerait pas du fait
14:58qu'il soit en tournée ou non,
14:59parce qu'on est si vrai,
15:00qu'il est possiblement un danger
15:01pour les gens qui travaillent avec lui.
15:03Donc ce qu'il faut rappeler,
15:04c'est qu'une personne qui est accusée
15:06par des dizaines de femmes de viol
15:08est peut-être un danger
15:10pour les personnes qui travailleraient avec lui.
15:12Et il peut aussi,
15:13parce qu'il faut rappeler
15:14que l'expérience de la violence sexiste,
15:16des violences sexistes et du viol,
15:17c'est une expérience féminine
15:19qui est extrêmement partagée.
15:20Donc il faut aussi se poser la question
15:21des personnes qui travaillent avec lui.
15:22Interdiction,
15:23il lui aurait été faite de travailler,
15:24absolument.
15:25C'est là où je voulais en venir.
15:26Interdiction, s'il était considéré,
15:28je ne suis pas magistrat,
15:29et je suis encore moins l'avocat de Patrick Bruel.
15:31Absolument.
15:31Dieu m'en préserve.
15:32Mais c'est une question qui se pose.
15:34C'est une question qui se pose.
15:35L'interdiction de travailler,
15:36on ne l'a pas dit,
15:36ne lui a pas été faite.
15:38C'est vrai.
15:38Mais la question,
15:39c'est aussi de quelle manière
15:40ils peuvent aussi réactiver des traumas
15:42chez des personnes
15:43qui ont peut-être été au même moment exposées
15:45à des violences sexistes.
15:45Donc ma question est légitime.
15:46Ces traumas peuvent être réactivés
15:48au son,
15:49à l'écoute d'une musique,
15:51d'une chanson,
15:52d'une mélodie également.
15:53Et donc demain,
15:54une victime présumée,
15:55très sincèrement,
15:56Rocadialo serait légitime
15:57à dire écoutez,
15:58moi je ne supporte pas
15:59d'écouter sur ma radio préférée
16:00cette mélodie.
16:02Il a déjà été quasiment blacisté
16:04de toutes les radios.
16:05Mais ce n'est pas la même chose
16:06d'avoir peur d'un homme.
16:07Moi, ce que j'ai beaucoup entendu dire,
16:08y compris de mes amis féminines artistes,
16:10c'est que dans le milieu artistique,
16:12on savait,
16:12on recommandait aux femmes
16:13de ne pas se porter
16:15à proximité de Patrick Pouel.
16:17Donc ça veut dire
16:17que des personnes
16:18qui travaillent avec lui
16:18peuvent avoir peur.
16:20Mais ça, c'est du nommer pas.
16:21Vous imaginez bien
16:22qu'il avait globalement
16:24organisé cette tournée,
16:25qu'il n'y avait probablement
16:26pas de femmes
16:27dans son équipe artistique,
16:28qu'il pouvait rester
16:29enfermé dans sa loge.
16:30Donc il y a des femmes
16:31qui ont été discriminées
16:31parce qu'il est possiblement dangereux.
16:35pour pouvoir faire cette tournée
16:37sans être en contact de feu.
16:39Pardonnez-moi,
16:40je vais faire réagir
16:41Maître Randall Schwerdorfer
16:42qui est avec nous
16:43parce qu'aussi,
16:44la parole des avocats
16:46est essentielle.
16:47Pour vous, Maître,
16:48c'est une question déterminante,
16:50centrale de la présomption d'innocence.
16:52On le rappelle à chaque fois.
16:53Moi, je demande véritablement
16:55s'il était votre client,
16:56si cette petite musique
16:58de la présomption d'innocence
17:00arrive à dépasser le mur du son
17:03de cette somme de plaintes
17:04et de cette pression
17:06médiatique, politique.
17:08Bonsoir, Sonamia Bouk.
17:09Oui, alors écoutez,
17:11tout d'abord,
17:11cette présomption d'innocence,
17:12ce n'est pas un détail.
17:13C'est un principe
17:15à valeur constitutionnelle
17:17et supraconstitutionnelle.
17:18C'est un principe fondamental
17:19du droit.
17:20Et c'est un principe
17:23fondamental dans un État
17:24de droit et une démocratie.
17:26Ce principe est mis à mal
17:27dans l'affaire de Patrick Bruel.
17:29Et je dis qu'aujourd'hui,
17:30Patrick Bruel est victime
17:32d'un bannissement social
17:34de fait
17:35et non pas d'un bannissement
17:36de droit.
17:37La justice n'a rien
17:38interdit à Patrick Bruel.
17:39Et dans un État de droit,
17:41seule la justice
17:41peut interdire
17:42et notamment porter atteinte
17:44à la liberté de travailler.
17:46De fait,
17:47on a porté atteinte
17:48à la liberté de travailler.
17:49De fait,
17:49un certain nombre de maires,
17:52je le dis très clairement,
17:53qui par manque de courage
17:55se sont positionnés
17:56pour s'opposer presque
17:58à la présence de Patrick Bruel
18:01et au concert de Patrick Bruel,
18:03n'ont pas fait respecter le droit.
18:04Le droit,
18:05c'est que Patrick Bruel
18:06a le droit de chanter,
18:07a le droit de faire ses concerts.
18:09Ce qui est une atteinte
18:11à la démocratie,
18:13c'est que Patrick Bruel
18:14soit obligé
18:16de par la règle de droit,
18:17non pas à cause de la justice,
18:19mais pour plier
18:20une pression sociale
18:22totalement anormale
18:23et extrêmement violente,
18:24de renoncer à ses concerts.
18:27Et ça,
18:27je trouve ça extrêmement dangereux.
18:28Un deuxième point
18:29qui me paraît extrêmement important,
18:31vous parlez de victimes présumées.
18:32Le terme me choque.
18:34Il n'y a pas de victimes présumées,
18:35il n'y a pas de victimes
18:36de Patrick Bruel en droit.
18:37Aujourd'hui,
18:38juridiquement,
18:38il est mon sens,
18:39il y a des plaignantes.
18:41Et entre une plaignante et une victime,
18:42il y a un monde d'écart.
18:44Parce que des plaignantes
18:46ne font pas forcément
18:47l'objet,
18:49une fois qu'elles ont déposé plainte,
18:50au bout du processus judiciaire
18:52d'une condamnation.
18:53Patrick Bruel,
18:53on l'oublie trop facilement,
18:55peut tout à fait être innocent.
18:56Et la preuve n'est pas mathématique.
18:58Ce n'est pas parce qu'on va
18:58empiler les cas,
18:599 cas,
19:0010 cas,
19:00à 15 plaintes,
19:0120 plaintes,
19:0130 plaintes,
19:02que Patrick Bruel
19:03est de plus en plus coupable.
19:04Et c'est ça qui transparaît
19:05aujourd'hui,
19:06à peu près dans tout
19:08ce qu'on entend
19:09au niveau médiatique.
19:10Moi, j'ai l'impression,
19:11en vous écoutant,
19:12maître,
19:12que vous dites que la présomption
19:13d'innocence
19:14ne protège pas
19:15du tribunal de l'opinion.
19:16Mais vous employez quand même
19:18une expression forte,
19:19le bannissement social.
19:21Vous estimez
19:22qu'il va être banni,
19:23on dirait,
19:23que vous parlez d'un paria
19:25aujourd'hui
19:25de notre société.
19:26C'est le cas ?
19:27C'est ce qu'en font
19:28les associations féministes,
19:30notamment en s'opposant
19:32avec virulence
19:33à ces concerts.
19:34Quand vous êtes
19:34dans l'incapacité
19:35de faire une pièce
19:36de théâtre jusqu'au bout
19:38parce que les gens se lèvent,
19:39quelque minorité
19:40de gens se lèvent
19:41et se mettent à hurler,
19:43de fait,
19:43vous ne pouvez plus
19:44faire votre travail.
19:46Patrick Bruel,
19:46vous l'avez dit,
19:47je crois qu'un intervenant,
19:49un chroniqueur
19:49sur votre plateau l'a dit,
19:50ne passe même déjà plus
19:51sur les radios
19:52si vous n'appelez pas ça
19:52du bannissement.
19:53C'est très moyen âgeux.
19:54Vous parlez de la Révolution française,
19:56là, on parle d'une peine
19:57moyenâgeuse.
19:58Mais de fait,
19:59Patrick Bruel est banni.
20:00Regardez,
20:01il est banni
20:01de faire ses concerts.
20:02Alors on dit en conscience,
20:04il a pris la décision,
20:05non,
20:05il avait pris la décision
20:06de les faire,
20:07ses concerts.
20:08Les maires dans les villes
20:09dans lesquelles
20:10il aurait dû faire ses concerts,
20:12s'ils appliquaient le droit,
20:13auraient dû tout faire
20:13pour que ses concerts
20:14puissent avoir lieu.
20:15C'est ça, le droit.
20:16y compris face à une minorité
20:18qui s'y oppose.
20:19C'est pas parce que
20:20des gens manifestent
20:21qu'ils ont raison.
20:22C'est pas parce que
20:23des gens s'opposent
20:24en brandissant le spectre
20:25des victimes
20:26qu'ils ont raison.
20:27L'État de droit
20:28ne doit pas céder,
20:29je pense,
20:30et je trouve dommageable
20:31d'ailleurs,
20:31que l'État de droit
20:32cède face à ce type
20:34de pression.
20:35Si la justice avait voulu
20:37interdire à Patrick Bruel
20:38et seule la justice
20:39est légitime,
20:40et légitime,
20:42eh bien elle l'aurait fait.
20:42Elle ne l'a pas fait
20:43et à partir de ce moment-là,
20:45il faut accepter
20:46la décision judiciaire.
20:47Si on n'accepte pas,
20:48je vous le dis,
20:49c'est dans ce d'un point
20:50de vue démocratique.
20:52– Maître,
20:53vous pouvez rester avec nous
20:55vraiment parce que
20:56là vous soulevez
20:56des points essentiels.
20:58– Je parle sur le contrôle
20:58de Boris,
20:59mais dans les cas
21:00pour lesquels
21:01il a été mis en examen
21:02ou sous témoin assisté,
21:03il n'y avait pas encore
21:04les cas qui se seraient
21:06déroulés dans les coulisses
21:07des salles de concert.
21:08Il y en aurait visiblement
21:10dans les 32 plaintes
21:10et je contredis juste
21:14l'avocat en ligne avec nous.
21:15Il y avait des interdictions
21:16dans son contrôle judiciaire,
21:17notamment de se rendre
21:18dans des salons de massage
21:19parce que là,
21:20pour le coup,
21:20les cas étaient pris en compte
21:21et il ne devait pas
21:22évidemment contacter
21:23les victimes présumées.
21:24– Il n'avait pas d'interdiction
21:25de se produire sur scène
21:26dans son contrôle judiciaire
21:27et comme le disait Steven,
21:28il y avait cette interdiction
21:29de se rendre
21:29dans un salon de massage
21:30parce qu'il a été mis en examen
21:32pour une agression sexuelle
21:33et un fait de harcèlement sexuel.
21:35C'était en 2019
21:36à Perpignan
21:38dans un salon de massage.
21:39– Mais ce que dit
21:40Maître Schwerderford,
21:41et vous le dites très bien,
21:42je ne veux pas vous paraphraser
21:43et je voudrais vous entendre là-dessus,
21:45il dit nous sommes dans un moment
21:46peut-être
21:47où personne n'attend plus
21:48la décision de justice
21:49pour se faire son opinion.
21:50Le coup près tombe,
21:51point à la ligne.
21:52– Mais il est bien normal
21:53qu'il rappelle le cadre du droit
21:54et il est intangible,
21:55il n'est pas question
21:56de le remettre en question.
21:57Simplement,
21:58je pense que c'est
21:59un tout petit peu moins manichéen
22:00que présumé innocent,
22:02vie qui se poursuit normalement
22:05et coupable,
22:05arrêt total de toute activité,
22:07il y a des gradations,
22:08il y a même dans les réactions
22:11des artistes,
22:11dans le nombre de plaintes aussi,
22:13il n'y en a pas deux,
22:13il y en a une trentaine.
22:14C'est une affaire aussi
22:15qui a été extrêmement médiatisée
22:18aussi en raison du nombre de plaintes.
22:20Ça ne veut pas dire
22:21que quand il y a 30 plaintes,
22:22ça veut dire qu'on est coupable.
22:23Ce n'est pas ce que je suis en train de dire.
22:24Ce que je suis en train de dire,
22:25c'est qu'il y a non seulement
22:26un temps médiatique
22:27qu'il faut prendre en compte,
22:28qui ne concerne pas que les artistes,
22:29qui concerne aussi,
22:30on peut le déployer ou non,
22:31les politiques.
22:32Il y a nombre de ministres aujourd'hui
22:34dont on sait qu'à partir du moment
22:36où ils sont mis en cause
22:36dans une affaire,
22:37qu'ils soient coupables,
22:38non coupables,
22:39la seule question qui se pose,
22:41c'est est-ce que ça va tenir,
22:42est-ce que la pression médiatique
22:43va les contraindre à partir,
22:45oui ou non ?
22:45C'est une réalité.
22:47Et il y a aussi
22:47un temps moral nouveau
22:49s'agissant des violences
22:51envers les femmes,
22:52qu'on peut aussi trouver excessif,
22:54mais qui fait qu'il y a aujourd'hui
22:55une attente
22:58qui devient difficile
22:59parce qu'il y a eu du retard
23:01dans le silence.
23:03Bravo parce que,
23:03attendez,
23:04c'est fondamental vraiment
23:05ce que vous dites,
23:06mais est-ce que,
23:06alors je me fais,
23:07non pas l'avocat du diable,
23:08c'est la mauvaise expression,
23:09mais on a envie de comprendre
23:10véritablement toutes les conséquences
23:12et ceux qui nous regardent,
23:14fans ou pas de l'artiste,
23:15se demandent aussi,
23:17dans le milieu médiatique,
23:19politique, artistique,
23:20qui est le nôtre,
23:21quelles vont être les conséquences
23:22d'une telle affaire,
23:23d'une telle décision
23:24qui je trouve vraiment
23:25sainte comme un électrochoc.
23:27Vous vous dites,
23:27Anne Saura Dubois,
23:28que parce que pendant des années,
23:29il y a eu une certaine norme sociale,
23:33politique, etc.,
23:34et que ces affaires
23:35ont été étouffées,
23:36que tout cela a été fait,
23:37et que maintenant,
23:38ça revient en force,
23:39et que finalement,
23:40ces personnalités-là
23:41sont balayées,
23:41mais est-ce que lui doit payer
23:43pour ces années,
23:44Laurent Valdiguié,
23:45de Nondi,
23:46d'Omerta ?
23:47Lui, chacun fait comme il veut,
23:48chacun est libre
23:49d'écouter Patrick Bruel
23:50s'il en a envie.
23:51Le problème qu'il a,
23:54Patrick Bruel,
23:54c'est qu'il chante
23:55sur scène,
23:55regardez-le,
23:56des chansons d'amour.
23:58C'est son fond de commerce,
24:00c'est son talent,
24:01c'est sur pourquoi
24:02les Français
24:03et les Françaises
24:03l'aimaient.
24:04C'est pour des chansons d'amour.
24:06Donc,
24:06on voit bien,
24:08dans un...
24:08L'abbé Pierre est décédé,
24:10on n'a pas vu
24:11l'abbé Pierre
24:11de son vivant
24:12sous les accusations
24:13de femmes après coup.
24:15Mais Patrick Bruel,
24:16c'est le problème
24:17qu'il a
24:17par rapport à son public,
24:19bien entendu.
24:20Et puis,
24:20dans un contexte,
24:21dans un contexte
24:22où il y a un viol en France
24:23toutes les 20 minutes,
24:24une agression sexuelle
24:26d'enfants
24:26toutes les 5 minutes,
24:27dans un contexte
24:28dont on vient
24:29de prendre conscience
24:30et dont la justice
24:31elle-même,
24:32puisque c'est le garde des Sceaux
24:33en personne,
24:34au moment...
24:35Vous allez dire
24:36que c'est le télescopage
24:36des calendriers.
24:37D'accord,
24:38mais c'est notre époque aussi.
24:39Au moment
24:40où le garde des Sceaux
24:41a sonné le toxin
24:43des violences
24:43aux enfants et aux femmes.
24:45Donc,
24:45oui,
24:46Patrick Bruel,
24:46il pâtit aussi
24:48de ce contexte,
24:49mais il a bénéficié,
24:50on peut dire
24:51en contrario,
24:52il a bénéficié
24:53d'années d'Omerta,
24:54puisque les faits...
24:56Et de la part de qui ?
24:56De la part de ces femmes
24:57qui se sont tuées
24:58pendant des années
24:59et qui aujourd'hui
25:00ont décidé de parler
25:01parce que Patrick Bruel,
25:02il doit faire face,
25:03c'est ça aussi sa difficulté
25:04du point de vue
25:05de sa défense,
25:06à des faits anciens.
25:07Mais Patrick Bruel,
25:08au-delà de son public
25:09et des arguments
25:10qu'il donne dans son communiqué
25:11de protéger son public,
25:13Patrick Bruel,
25:13il défend ses intérêts
25:14et selon quoi
25:15il a bien raison,
25:16qui sont sa défense pénale.
25:18Parce que nous,
25:19on en parle comme ça,
25:20présomption d'innocence,
25:21les principes, etc.
25:22Patrick Bruel,
25:22si un jour,
25:23avec les neuf faits connus,
25:25je ne parle pas des 31,
25:26si un jour,
25:27il passe devant
25:27une cour d'assises,
25:29il est passible
25:30de 15 à 20 ans de prison.
25:32Ce sont des faits
25:33extrêmement lourds,
25:33extrêmement drâts.
25:34Vous avez absolument
25:35raison de rappeler tout ça.
25:36Il a totalement intérêt,
25:37lui,
25:37à essayer de faire
25:38au maximum
25:40retomber la pression.
25:42Alors c'est vrai
25:42que ce n'était pas
25:43en chantant
25:43dans 35 concerts,
25:44sous des casseroles,
25:46sous des chaussures
25:47lancées dans la salle
25:48et sous des cris
25:49de gens mécontrés,
25:51ce n'était pas comme ça
25:52qu'il aurait fait
25:53retomber la pression.
25:55Donc c'est son choix.
25:56Il n'a pas pris la décision
25:57de maintenir sa tournée.
25:59Il aurait pu dire
25:59dès le début,
26:00je vais me consacrer
26:01à ma défense,
26:01il y en a d'autres
26:02qui l'ont fait avant lui,
26:03je vais me consacrer
26:03à ma défense,
26:04j'arrête.
26:04Alors il l'a fait en deux temps,
26:06comme il l'avait fait
26:06en juin dernier,
26:07vous savez,
26:07en juin dernier,
26:07il l'avait fait en deux temps aussi.
26:08Il avait fait un premier communiqué
26:09disant je vais me battre,
26:11tout ça est faux,
26:12je vais me défendre,
26:13je n'annule rien.
26:13Et puis dans un second temps,
26:14quand il était convoqué,
26:16il a annulé les concerts parisiens.
26:17Oui, alors juste sur la question
26:19de l'impunité,
26:20je pense que c'est très bien
26:21que vous ayez rappelé
26:22le nombre de viols
26:22qu'il y a chaque jour en France
26:24et le fait que plus de 95%
26:26des viols ne sont jamais sanctionnés.
26:28Patrick Brouel a bénéficié
26:29d'un climat
26:29qui était aussi différent
26:30de celui d'aujourd'hui,
26:31c'est-à-dire que les deux femmes
26:31qui ont porté plainte en 2019
26:32n'ont pas du tout été traitées
26:34de la même manière
26:34que les femmes sont traitées aujourd'hui.
26:36Et ce qui a vraiment
26:36changé les choses,
26:37c'est qu'une femme,
26:38bénéficiant d'une certaine notoriété
26:39qui est Flavie Flamand
26:40a décidé de parler ouvertement.
26:42Et à partir du moment
26:43où Flavie Flamand
26:43a décidé de prendre la parole,
26:44ça a complètement changé
26:45l'approche qu'on a eue
26:46des accusations
26:47qui ne touchaient pas très pour elle.
26:48Et je veux juste revenir
26:49sur la question
26:49de la présomption d'innocence.
26:51Elle lui garantit le fait
26:52de ne pas être déclarée coupable
26:53jusqu'à ce que la justice
26:56le prononce coupable,
26:57donc son innocence proclamée.
26:59Mais en fait,
27:00le fait d'annuler un concert,
27:01ce n'est pas du tout
27:01une contravention
27:02à la présomption d'innocence.
27:04Vous voyez bien
27:04que les questions se posent
27:05quand même.
27:06Les taux se resserrent.
27:07Ce n'est pas une reconnaissance
27:07de culpabilité.
27:08Oui, mais Recaillez-Délo,
27:09pardonnez-moi.
27:09Ceux qui nous regardent,
27:10ils se disent bien,
27:11regardez, il n'a pas le choix.
27:13Il a annulé pression politique,
27:14une quinzaine de maires,
27:15des ministres qui s'expriment,
27:17des médias,
27:17matin, midi et soir.
27:19Ils se disent,
27:19est-ce que la justice...
27:20Finalement, la question,
27:22et on la posera
27:23à Maître Schroederfer,
27:24mais d'abord, Boris,
27:25vous allez nous donner
27:26quelques précisions.
27:27Est-ce qu'il y a un risque
27:27de contournement de la justice
27:28là, à l'heure où l'on se parle ?
27:30Est-ce que ce n'est pas
27:30d'abord la justice
27:31et le temps de la justice ?
27:33Je pense qu'elle est légitime.
27:35Mais il n'a pas été condamné,
27:35en fait.
27:37Il subit ce qui peut exister.
27:39On a le droit de manifester.
27:40On a le droit d'annuler
27:41les démobilisations.
27:42On a le droit de renoncer
27:43à un festival.
27:44Les villes peuvent considérer
27:45aussi qu'en termes d'image,
27:46ce n'est pas forcément
27:46ce qu'elles veulent donner.
27:47C'est leur droit, en fait.
27:48C'est la démocratie.
27:49Mais la justice se prononcera
27:50sur sa culpabilité ou non.
27:51Et c'est autre chose.
27:52Et vous parlez d'innocence.
27:54On vient d'avoir à l'instant
27:55la réaction de Jade Dousselin,
27:56qui est l'avocate
27:57de Daniela Esner
27:59et de plusieurs plénantes
27:59qui souhaitent anonymes.
28:01Et justement,
28:01elle a une déclaration
28:02très intéressante.
28:03Elle dit
28:04« Il ne s'agit pas pour nous
28:05de contester
28:06à un homme présumé innocent
28:09le droit de circuler,
28:10de poursuivre ses activités
28:12ou encore de mener
28:13une vie personnelle.
28:14Mais il lui appartient
28:15de prendre l'entièreté,
28:17l'entière mesure
28:19de la gravité
28:19des faits dénoncés,
28:20de l'ampleur du dossier
28:21et surtout du risque
28:21qu'ils sont susceptibles
28:22de révéler.
28:23Jade Dousselin,
28:24qui ce soir se dit
28:26soulagé par cette décision,
28:27c'est un grand soulagement,
28:28mais elle ne peut
28:29à elle seule
28:30nous faire oublier
28:31les errements
28:32de cet été.
28:33Les errements de cet été,
28:34c'est la remise
28:35de son passeport,
28:35c'est la levée
28:36de ce contrôle judiciaire
28:37concernant l'interaction
28:38de quitter le territoire
28:39avec donc cette échéance
28:41qui va arriver prochainement
28:42le 16 septembre prochain,
28:44à savoir si la Chambre
28:45de l'instruction
28:46de la Cour d'appel
28:46de Versailles
28:48retoque ou non
28:48cette autorisation
28:51de quitter le territoire
28:52français.
28:52Maître,
28:53vous êtes encore avec nous,
28:55j'imagine que vous brûlez
28:56d'impatience
28:56de réagir
28:57à ce qui vient d'être dit
28:58par Ocaya Diallo,
28:59Laurent Valdiguier
29:00et d'autres
29:01sur notre plateau.
29:03Oui,
29:03j'aurais beaucoup aimé
29:04m'être avec vous ce soir
29:05parce que le sujet
29:05est impressionnant.
29:07Ce n'est pas pour
29:07qu'en fait,
29:08le problème,
29:09c'est que c'est la décision
29:10judiciaire qui ne convient
29:11pas à certains
29:12et à certains
29:13qui font beaucoup de bruit
29:14et qui obtiennent
29:15d'ailleurs le fait
29:17que Patrick Bruel
29:17renonce à ses concerts.
29:20La justice,
29:21à les moyens,
29:22pouvait interdire
29:23à Patrick Bruel
29:24d'exercer son activité.
29:25Elle ne l'a pas fait.
29:26Elle ne l'a pas fait.
29:27Il faut le rappeler,
29:28elle est seule légitime
29:29à le faire.
29:30Quand elle considère
29:31qu'une activité
29:33met en danger
29:34des personnes,
29:34elle l'interdit.
29:36La justice a autorisé
29:37Patrick Bruel
29:37à quitter le territoire national.
29:40Ce n'est pas vers
29:41Patrick Bruel
29:41qu'il faut se tourner,
29:42c'est vers la justice.
29:44Si vous n'êtes pas content,
29:45si ces personnes
29:46ne sont pas contents
29:48du travail de la justice,
29:49des décisions judiciaires,
29:51ils ont un problème
29:51avec les juges,
29:52pas avec Patrick Bruel
29:53et ils ont un problème
29:54avec la loi et le droit.
29:56Donc,
29:56il faut savoir
29:57si on ne veut plus
29:57de loi et de droit
29:58et que la Vox Populi
30:00va décider toute seule
30:02de ce qu'il faut faire
30:03comme loi ou pas,
30:04ça c'est une société de morale
30:05ou si on va continuer
30:07à suivre les règles de droit
30:08et je rappelle
30:09que les règles de droit
30:10et la loi
30:11et les décisions des juges
30:12ne sont pas faites
30:13pour plaire ou pour déplaire,
30:14elles sont faites
30:15pour être justes.
30:16Donc,
30:16que ça déplaise à certains
30:18que Patrick Bruel
30:18ait le droit de chanter,
30:19c'est la loi.
30:20Que ça plaise à d'autres,
30:22c'est la loi,
30:23tant mieux.
30:23Mais d'un point de vue moral,
30:25Patrick Bruel
30:25n'a pas à répondre
30:26d'un point de vue moral
30:28ou d'un code moral
30:28qui n'existe pas.
30:29C'est pour ça
30:30que je vous parlais de fait,
30:32d'un bannissement de droit,
30:34une autorisation de travailler
30:35et de fait,
30:36un bannissement
30:37que je trouve dramatique
30:38pour l'état de droit
30:39dans notre société.
30:40Sans aucun mépris
30:41de la procédure pénale,
30:43sans aucun mépris
30:44des plaignantes,
30:44je ne parle pas de victimes,
30:46sans aucun mépris
30:47de la sécurité
30:48des tiers et des personnes,
30:50tout ça a été pesé
30:51et jugé
30:52par quatre magistrats
30:54qu'on respecte
30:56la décision judiciaire.
30:57Et je constate
30:57qu'on n'arrive pas
30:58à respecter
30:59la décision judiciaire.
31:00On ne veut pas
31:01la respecter,
31:02cette décision.
31:03Au détriment
31:03de Patrick Bruel
31:04et de tous les fans
31:05de Patrick Bruel,
31:06d'ailleurs.
31:07Et au détriment
31:07de la démocratie.
31:10Oui, vos propos
31:11sont lourds de sens
31:12et en vous écoutant,
31:13j'ai l'impression
31:13que c'est tout ou rien.
31:15C'est-à-dire,
31:15il y a une injonction
31:16à choisir un camp,
31:17finalement,
31:18dans ces débats hystérisés
31:19et ô combien
31:21qu'il faut évidemment
31:22penser,
31:23vous dites plaignante,
31:24à ces femmes.
31:25Il y a véritablement
31:26une liste qui est très longue
31:27mais c'est vrai
31:28que cette injonction,
31:29Steven,
31:31on ne peut pas
31:31ne pas penser aussi,
31:32évidemment,
31:33à tous ceux
31:33qui pendant des années
31:34ont grandi
31:35avec ces chansons.
31:36Alors, sans doute
31:38pourront-ils les écouter ?
31:39Je suis partie
31:39des personnes du groupe
31:41qui étaient ados
31:42à l'époque du Patrick Bruel
31:42donc je suis vraiment
31:43de la génération
31:43qui faisait part...
31:45Enfin voilà,
31:45mais c'est-à-dire après
31:46on devient adulte
31:47et puis on arrive
31:48à séparer
31:49la production artistique
31:50de ce que peut être...
31:51Mais je pense
31:51qu'il y a d'autres personnes
31:52comme vous
31:53qui ne sont pas
31:53dans la même position
31:54que vous.
31:55Est-ce que ça vous interpelle
31:56cette injonction
31:57à choisir un camp,
31:59tout ou rien,
31:59c'est-à-dire
32:00il faut prendre
32:00et tout jeter
32:01ou est-ce que l'époque,
32:03la gravité
32:03des faits reprochés
32:05et tout ce qui a été mis
32:06sous le tapis
32:07pendant des années
32:07fait qu'aujourd'hui
32:08le retour du boomerang
32:09entraîne une telle situation.
32:11Il y a une expression
32:12qu'on n'a pas encore prononcée
32:13c'est la cancel culture
32:14cancel qui veut dire
32:17annuler, effacer.
32:18Prenons le cas par exemple
32:19de Gérard Depardieu
32:20ses films ne passent plus
32:21à la télévision
32:22la justice fait encore
32:23son travail
32:24ou prenons un autre cas
32:25c'est celui de l'humoriste
32:26Harry Habitant
32:27qui lui
32:27la justice a statué
32:29alors c'est une situation
32:30très complexe
32:31puisque
32:33on ne peut pas dire
32:34qu'il a été innocent
32:34mais en tout cas
32:35il n'a pas été condamné
32:36il a décidé de reprendre
32:37le chemin de son travail
32:39des salles de spectacle
32:41et il n'empêche
32:42qu'on ne peut pas dire
32:43que cette tournée
32:44se passe bien
32:45et son producteur
32:46Gilbert Coulier
32:46doit monter régulièrement
32:47au créneau
32:48pour dire que
32:48la justice n'a pas décidé
32:50de condamner Harry Habitant
32:52et on sent que c'est
32:53extrêmement compliqué
32:53pour l'humoriste qu'il est
32:54de reprendre le chemin
32:55de son métier
32:57on se doute bien
32:58que pour Patrick Bruel
32:59s'il y a un chemin judiciaire
33:01de 4, 5, 6 ans
33:02et bien il sera
33:04quasi impossible
33:05pour l'artiste qu'il est
33:06de retrouver son travail
33:07et il le sait lui-même
33:07c'est pour ça
33:08sans doute
33:09qu'il tenait tellement
33:10à cette tournée
33:10quel producteur de cinéma
33:11irait produire un film
33:13dans lequel Patrick Bruel
33:14jouerait
33:15quelle salle de théâtre
33:16irait accepter
33:17de mettre son nom
33:18à Patrick Bruel
33:19sur un fronton
33:20prenez le cas
33:20de Pierre Palmade
33:21qui est encore une autre
33:23affaire
33:23il n'empêche qu'aujourd'hui
33:25il est obligé d'écrire
33:25sous pseudonyme
33:26des sketchs
33:27pour d'autres humoristes
33:28et que pour le coup
33:29on en a parlé
33:29sur ce plateau
33:30de ce débat
33:31Pierre Palmade
33:31une pièce
33:32qu'il a co-écrite
33:33sera jouée
33:34à partir du mois
33:35de janvier prochain
33:36et ça crée des remous
33:38et ça crée encore
33:38un sentiment
33:39pour probablement
33:40la famille
33:40les victimes
33:41et c'est un sujet
33:42voilà
33:43Bertrand Cantat
33:44c'est encore un autre sujet
33:45et il n'empêche
33:46qu'il y a une autre époque
33:47et on voit que ça a été
33:49extrêmement compliqué
33:50ces derniers mois
33:50pour Bertrand Cantat
33:51ou sa volonté
33:52de remonter sur scène
33:53alors qu'il y a 10 ans
33:54il était remonté
33:55sur scène
33:56et que le débat
33:57évidemment avait créé
33:58des remous
33:58et c'était pas tout à fait
33:59la même chose
33:59on estimait qu'il avait
34:00payé sa dette
34:01vis-à-vis de la société
34:02et qu'il avait tout à fait
34:03le droit de remonter sur scène
34:04il n'empêche qu'un artiste
34:06ça n'est pas un citoyen
34:07tout à fait comme les autres
34:08et qu'il y a peut-être aussi
34:10une symbolique
34:11qui peut blesser les victimes
34:13qui est qu'on est
34:14un artiste sur une scène
34:15qui se fait applaudir
34:17par une foule
34:17et rien que cette symbolique
34:18peut heurter
34:19beaucoup de gens
34:20peut heurter
34:21les victimes
34:22et qu'il y a peut-être
34:23une certaine forme de décence
34:24pour ces artistes
34:25de devoir s'effacer
34:26avec le temps aussi
34:27Patrick Brouel a 67 ans
34:29aujourd'hui
34:29il a une très belle carrière
34:30derrière lui
34:31et peut-être que
34:31toutes ces questions
34:32le traversent aussi
34:34il se dit que cette tournée
34:35était une forme d'adieu
34:36à son public
34:37et qu'il aura du mal
34:37à le faire
34:38c'est parfaitement résumé
34:39vous avez parfaitement résumé
34:40le dilemme finalement
34:42au-delà de l'homme
34:43au-delà de l'artiste
34:43et même d'une société
34:44qui est prise
34:45dans des convulsions
34:46parfois médiatiques
34:48politiques
34:49sur des sujets
34:49extrêmement importants
34:51graves
34:51avec des conséquences lourdes
34:53c'est pour ça
34:53que je me suis permis
34:54de vous interroger
34:54sur la jurisprudence
34:56d'un tel cas
34:57sur les conséquences
34:58politiques
34:59artistiques aussi
34:59l'effacement d'un artiste
35:01quel que soit son niveau
35:02dans un patrimoine
35:03culturel
35:04il nous interroge
35:05dans quelques années
35:05ne plus voir
35:06un film de Gérard Depardieu
35:08qu'il soit gommé
35:09des valseuses
35:09ou autre
35:10ça interroge
35:11je pense
35:12Laurent Valguier
35:12c'est pas des choses
35:13qu'on peut rier
35:13d'un trait de plume
35:14on ne regarde pas
35:15les valseuses
35:15de la même façon
35:16les valseuses
35:17on pouvait les regarder
35:18en riant
35:19à l'époque de la sortie
35:20aujourd'hui
35:20on sait qu'il y a un viol
35:21dans une micheline
35:22on ne va pas regarder
35:23les valseuses
35:24de la même façon
35:24on ne va pas avoir envie
35:25de les regarder du tout
35:27et ça c'est parce que
35:28notre regard change
35:29et puis parce que
35:30on est différents
35:32moi qui ai suivi
35:33le Bataclan
35:33les procès du Bataclan
35:34je peux vous dire
35:35que je n'irai jamais
35:36au Bataclan
35:37parce que j'ai pas envie
35:38d'y aller
35:38j'ai pas envie
35:39d'aller dans cette salle
35:40parce que moi
35:40quand je rentre dans cette salle
35:41je ne sais pas si
35:42comparaison vos raisons
35:43mais là on peut
35:43vous comprendre totalement
35:44notre regard change
35:46sur Gérard Depardieu
35:47et puis vous disiez
35:49les producteurs de cinéma
35:50ne feraient pas de films
35:50avec Gérard Depardieu
35:51mais pas par lâcheté particulière
35:54parce qu'il y aurait peut-être
35:55beaucoup moins de monde
35:55pour aller la regarder
35:56c'était déjà le cas
35:57sur ces derniers films
35:58et si personne ne va voir
36:00Bertrand Cantat
36:01et si aucun producteur
36:02ne veut mettre Bertrand Cantat
36:03sur scène
36:04c'est parce qu'il a été condamné
36:05à 8 ans de prison
36:06à Vilnius
36:08pour le meurtre
36:09de Marie Trintin
36:10pardonnez-moi
36:10mais quand plusieurs personnes
36:11sont allées dans les concerts
36:13l'ombre si je puis dire
36:14de Marie Trintin
36:15en plein air
36:16mais il y avait beaucoup
36:16de gens qui applaudissaient
36:17et qui chantaient encore
36:18les chansons de Bertrand Cantat
36:20plus qu'aujourd'hui
36:21d'ailleurs si Bertrand Cantat
36:22était jugé par un court d'assises
36:24aujourd'hui
36:24moi qui ai été au procès
36:25de Vilnius
36:25je peux vous assurer
36:26qu'à mon avis en France
36:28aujourd'hui il prendrait
36:29beaucoup plus que 8 ans de prison
36:31beaucoup plus
36:31donc évidemment
36:32la justice c'est une affaire d'hommes
36:34c'est une affaire d'époque
36:35ça change
36:36et donc c'est vrai qu'aujourd'hui
36:38Bertrand Cantat
36:39certains à juste titre
36:41de mon point de vue
36:42n'ont pas envie de l'entendre
36:43sur scène
36:43chanter des chansons d'amour
36:45parce qu'aussi
36:46on a une conception
36:46des violences contre les femmes
36:48qui est complètement différente
36:48c'est-à-dire que le terme
36:49de féminicide n'existait pas
36:50dans l'espace public
36:51à l'époque de Bertrand Cantat
36:52aujourd'hui on relie aussi
36:53cette relation
36:54à l'aune de ce qu'on sait
36:55du rapport entre les hommes et les femmes
36:57sont aussi à juste titre
36:58et la question c'est jusqu'où
37:00le curseur doit-il aller
37:01c'est l'interrogation
37:02on va continuer à en parler
37:03à 20h
37:03c'est vraiment très intéressant
37:05de vous écouter
37:06vos différents
37:07d'abord ce qu'on porte
37:08également
37:09évidemment
37:09chacun
37:10les parcours
37:12des sensibilités
37:13par rapport à
37:13tel sujet aussi grave
37:14mais les conséquences
37:15politiques
37:15judiciaires
37:16morales
37:17de décence
37:18on va continuer à en parler
37:19à 20h
37:20je vous remercie
37:20pour leur
37:21d'ailleurs on posera la question
37:23à nos deux invités
37:24ce sont des responsables
37:25politiques
37:26et quand on sait
37:26que la pression politique
37:27sur Patrick Brouel
37:28a été tellement importante
37:30c'est une question
37:30qu'on leur posera
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