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00:00Merci d'être avec nous pour la suite de votre émission. Hier, nous recevions deux candidats à la présidentielle, David
00:06Lysnard et Bruno Rotaillot.
00:08Ce soir, place à Gabriel Attal. Bonsoir.
00:10Bonsoir, Sonia Mabrouk.
00:11Merci d'être avec nous, candidat à l'élection présidentielle et président du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale.
00:16Monsieur Attal, les sondages désormais se suivent et se ressemblent pour le bloc central, voire pour certains, ils sont pires
00:23de jour en jour.
00:24Bonjour. Bruno Rotaillot, hier, justement, s'est montré conciliant quant à l'idée d'une primaire et prêt à des
00:29débats.
00:30David Lysnard a toujours dit qu'il était d'accord. Vous-même, vous avez porté l'idée d'une primaire
00:35il n'y a plus, une primaire assez large, on va en parler.
00:38Qu'est-ce qui bloque ?
00:40L'élection présidentielle de 2027, c'est probablement une des plus importantes de la Vème République.
00:45Quand on voit ce qui se passe dans le monde aujourd'hui, ce qui se passe en Europe, c'est
00:49une élection majeure pour l'avenir de la France.
00:50Par ailleurs, on le voit, il y a beaucoup de difficultés aujourd'hui dans le pays, une crise de l
00:56'autorité, des Français qui ont du mal à faire leur plein et à finir les fins de mois.
01:00Eh bien, s'ajouter à ça le risque que, dans cette élection présidentielle, voient s'affronter au deuxième tour Marine
01:06Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
01:08Moi, ma conviction, c'est que notre pays ne s'en relèverait pas. Et donc, ma conviction, c'est qu
01:12'il faut tout faire pour l'empêcher.
01:14Et que ça passe donc par le rassemblement des candidats, qui refusent la perspective de ce deuxième tour entre la
01:21France insoumise et le Rassemblement national,
01:23qui partagent un certain nombre de valeurs. Et ma conviction, c'est que pour y arriver, il n'y a
01:28pas d'autre possibilité qu'une primaire.
01:30Alors pourquoi Edouard Philippe, ancien Premier ministre, candidat, qui est, reconnaissant-le, je veux dire, tout à fait conscient de
01:36ce que vous qualifiez comme risque, bloque ?
01:39Ce que je constate, c'est que quand cette idée de primaire a été évoquée cet été, c'était François
01:43Bayrou au départ qui l'avait évoqué.
01:46Il n'y avait quasiment aucun répondant. Quand moi-même, je me suis prononcé en faveur de la primaire, il
01:51n'y avait pas grand monde.
01:52Qu'est-ce qui s'est passé depuis une semaine ?
01:54Généralement, où vous êtes moqué, où l'idée est tout de suite rejetée ?
01:58Regardez depuis une semaine ce qui s'est passé. Vous avez des candidats qui se sont exprimés en faveur.
02:03Vous avez des responsables politiques importants. Michel Barnier, ancien Premier ministre, très important chez LR.
02:08Valérie Pécresse. Et donc, vous avez, effectivement, David Lysnard et Bruno Retailleau qui s'y sont dit favorables.
02:14C'est vrai qu'aujourd'hui, Édouard Philippe est le seul candidat de cet espace politique à s'opposer à
02:20la primaire,
02:21qui est pour moi le seul moyen d'organiser le rassemblement qui nous empêchera d'avoir le deuxième tour.
02:26Qu'est-ce que vous lui dites ce soir ?
02:27Êtes-vous prêt, je ne sais pas si vous voyez où tu te soyez,
02:30Êtes-vous prêt, M. Édouard Philippe, à prendre le risque d'un duel entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le
02:35Pen ?
02:35Il baisse sur lui ce risque ?
02:36Je ne m'adresse pas aux autres par plein taux interposés.
02:39Moi, je vais vous dire le fond de ma conviction, cette primaire, elle aura lieu.
02:42C'est inévitable ?
02:43Mais j'en suis absolument convaincu.
02:44Qu'est-ce qui pourrait lui faire changer d'avis ?
02:46Parce que lui, il parle d'une primaire de la division.
02:48Je veux dire, il faut peut-être un peu plus de temps à certains pour voir les choses en face
02:53et regarder la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
02:55Mais moi, ce que je vois, encore une fois, c'est qu'il y a encore quelques semaines,
02:58personne ne voulait de cette primaire et qu'aujourd'hui, encore une fois,
03:00tous les candidats, à l'exception de un, se sont mis d'accord sur le principe de cette primaire.
03:04Et donc, les choses vont avancer.
03:06Il y a des initiatives qui sont prises.
03:08Lesquelles, par exemple ?
03:09Qu'est-ce qui pourrait faire basculer les choses ?
03:11Il y a beaucoup de discussions autour des modalités qui ont déjà démarré.
03:15Il y a vos confrères, d'ailleurs, qui ont fait état, y compris, de discussions sur ce sujet.
03:18Donc, ça aura lieu.
03:19Mais vous savez, je pense que c'est aussi important pour redonner espoir à ces millions de Français qui n
03:23'y croient plus.
03:24Il y a des millions de Français, moi, je les croise au quotidien.
03:26C'est pour ça qu'ils vous parlent de la primaire, ces millions de Français.
03:29Vous rigolez ? Moi, je croise des gens.
03:31J'étais encore en Bretagne le week-end dernier.
03:33J'étais en déplacement dans les Côtes d'Armor et il est vilaine.
03:35J'ai fait une réunion publique.
03:36Il y avait des Français de différentes sensibilités politiques qui sont venus.
03:39Il y avait plusieurs centaines de personnes.
03:42Ils sont tous venus me voir.
03:43D'abord, ils m'ont posé des questions sur le sujet du rassemblement.
03:45Puis, ils sont venus me voir à l'issue en me disant, maintenant, il faut se rassembler.
03:49Et pour se rassembler, évidemment qu'il faut passer par une primaire.
03:51Il y a des millions de Français.
03:53Le dernier sondage qui a été fait, je crois que c'est plus de 70% de nos électeurs qui
03:56sont favorables à la primaire.
03:57Donc, aujourd'hui, on est d'accord qu'il n'y a plus qu'un seul candidat qui bloque, c
04:00'est Édouard Philippe.
04:01Le fait est que les autres candidats ont dit qu'ils étaient favorables à cette primaire.
04:05Oui, mais par exemple, David Lissna, lui, il pense à une primaire avec vous, Édouard Philippe, lui-même et Bruno
04:11Rotaillot.
04:12Il ne va pas aller jusqu'à Raphaël Glucksmann, etc.
04:16Est-ce que vous revenez vous-même vers un étiage un peu plus resserré par rapport à ceux qui pourraient
04:20voter ?
04:20Je n'ai jamais mis de borne en termes de famille politique ou de nom pour qui peut ou pas
04:25participer à cette primaire.
04:26Je considère que doivent pouvoir participer à la primaire.
04:29Ceux qui sont très clairs sur le fait qu'ils ne feront jamais aucune alliance, ni avec la France insoumise,
04:33ni avec le Rassemblement national, que ce soit en France ou en Europe.
04:36Et ensuite, des candidats qui se retrouvent dans un certain nombre de valeurs, notamment les valeurs de la République, la
04:41laïcité et l'autorité, la compétitivité de notre économie,
04:44l'Europe, la construction européenne, le progrès social et environnemental.
04:49Ensuite, je suis un pragmatique. La gauche, le Parti socialiste, a fait sa primaire.
04:54Ils ont eu un candidat qui est sorti de cette primaire.
04:56Il a même, d'ailleurs, lui-même dit qu'il n'ira pas dans une autre primaire.
05:00Mais je vais vous dire, moi, ma conviction, c'est qu'à la fin, pour gagner et surtout pour gouverner
05:04ensuite,
05:05il faudra une coalition, un rassemblement large qui associe des gens d'horizons très divers.
05:10Si cette primaire, c'est d'abord une primaire du centre et de la droite, ça sera une primaire du
05:15centre et de la droite.
05:16Moi, je suis pragmatique. Tout ce qui m'intéresse, c'est le rassemblement.
05:18Ce soir, vous nous dites, oui, je suis prêt aussi à une primaire qui irait, si je peux dire, de
05:22vous-même,
05:23en passant par Édouard Philippe, à David Lissnard, à Bruno Rotaillot.
05:25Bien sûr, moi, je suis un pragmatique. Si ce sont les candidats qui sont prêts à entrer dans cette primaire,
05:31ce sera les candidats qui seront dans cette primaire.
05:33Moi, quand j'entends M. Rotaillot, quand j'entends M. Lissnard et vous-même ce soir, déjà, vous êtes d
05:37'accord.
05:37Donc, il n'en reste qu'un.
05:40Parti politique, on l'a vu, il y a un certain nombre de parlementaires, de responsables politiques.
05:44Il pourrait y avoir une tribune, un appel des parlementaires pour dire, écoutez, maintenant, regardez les sondages, départagez-vous.
05:50Mais j'imagine, parce que, vous savez, les parlementaires, mais encore une fois, moi, ce qui m'intéresse, c'est
05:53aussi beaucoup les Français.
05:55On est au quotidien à échanger avec les Français.
05:57Vous avez des millions de Français qui ne veulent pas avoir à choisir entre Marine Le Pen et Jean-Luc
06:01Mélenchon.
06:02Ces millions de Français, ils attendent un rassemblement.
06:04Je crois qu'ils sont convaincus que le seul moyen d'arriver à un rassemblement,
06:07dès lors qu'aucun candidat ne se détache dans les sondages, c'est de passer par une primaire.
06:11Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui pensent que vous avez proposé cela en dernier recours, car vous
06:15êtes sur la scellette sondagière ?
06:16Mais tout le monde est sur la scellette sondagière.
06:18Aujourd'hui, dans tous les sondages qui sont faits, personne de cet espace politique ne fait mieux qu'être troisième,
06:25voire quatrième.
06:26C'est quand même ça la situation dans laquelle on est aujourd'hui.
06:28Il y a encore des sondages qui sont sortis hier.
06:30Donc, il n'y a pas un candidat qui se détache dans les sondages, qui a la possibilité aujourd'hui
06:35de l'emporter au deuxième tour, mais même d'être au deuxième tour.
06:37Et donc, il faut organiser le rassemblement avec une méthode.
06:40Et la méthode, pour moi, c'est la primaire.
06:42Mais le temps file.
06:43Si il faut avoir un candidat qui puisse quand même y aller, je veux dire, en votre nom, c'est
06:48maintenant.
06:48C'est pour un candidat en janvier.
06:51L'élection présidentielle est dans six mois.
06:53Et donc, on peut tout à fait organiser une primaire.
06:55D'ici le début de l'année 2027, c'est possible.
06:57On a vu, les socialistes ont fait une primaire.
06:59Avec plusieurs débats.
07:00Oui, avec des débats, évidemment.
07:01C'est très important qu'il y ait des débats.
07:02J'ai vu que sur votre antenne hier soir, Bruno Retailleau a proposé une série de débats à différents candidats,
07:09dont moi-même.
07:09Vous êtes favorable ?
07:09Évidemment que j'accepte.
07:10Moi, je suis favorable à tous les débats.
07:12J'accepte tous les débats qu'on me propose parce que je pense qu'il n'y a pas plus
07:15quelque part démocratique
07:17que de voir se confronter, au sens positif du terme, des points de vue, des idées, des solutions pour le
07:23pays
07:23qui a bien besoin d'idées et de solutions en ce moment.
07:25C'est intéressant parce que David Lissnard a affirmé hier qu'en cas de primaire, il ne soutiendrait pas le
07:30gagnant.
07:30Par exemple, si c'est Édouard Philippe, il ne le soutiendrait pas.
07:32C'est quand même assez particulier.
07:34Vous savez, ça c'est un peu un débat qui est parfois un peu hypocrite.
07:36Pourquoi ?
07:37On se souvient des primaires précédentes.
07:39En 2017, le Parti Socialiste a organisé une primaire.
07:42Tous les candidats avaient signé une charte en disant qu'on soutiendra le gagnant.
07:46Et vous en avez plusieurs qui ont soutenu un autre candidat.
07:49Pareil, dans les primaires précédentes, d'autres partis politiques aussi,
07:53on ne peut pas dire que tous les candidats qui avaient perdu la primaire
07:55étaient systématiquement au premier rang des meetings.
07:57On peut appeler un minimum de retenue.
08:00Bien sûr, mais je pense que c'est ça à la fin.
08:01Je pense que le fait de ne pas gagner cette primaire,
08:04ça veut dire qu'on ne se présente pas à l'élection présidentielle,
08:06qu'on ne va pas diviser les voix et qu'on ne va pas gêner la personne
08:09qui est issue du rassemblement permis par la primaire.
08:12Mais alors ce soir, Gabriel Attal, vous êtes en train de nous dire
08:14comme deux autres candidats primaires, oui,
08:17voilà le périmètre, donc quand même avec les principaux incarnations
08:21du bloc central et de la droite, les différents débats,
08:24quasiment la date à peu près, donc tout est prêt.
08:27Il ne reste plus qu'Edouard Philippe.
08:29Nous sommes d'accord.
08:30Si j'ai bien délimité le périmètre.
08:32Non, mais il reste maintenant à avancer sur les modalités d'organisation,
08:36sur les dates, etc.
08:37Si vous êtes d'accord entre vous, je pense que c'est assez rapide.
08:38Mais oui, mais vous savez, je pense que les discussions vont s'engager
08:41et elles se sont déjà engagées d'ailleurs.
08:43Elles vont s'engager encore dans les jours et les semaines qui viennent
08:45pour organiser ce grand moment de rassemblement au service,
08:48encore une fois, du pays et pour éviter ce deuxième tour
08:50entre la France insoumise et l'ERN.
08:52Malgré tout, dans la primaire des socialistes et de places publiques,
08:56il y avait quand même un socle commun.
08:58Là, par exemple, M. Lissner et M. Rotailleau disent
09:00qu'ils ne veulent absolument pas travailler avec des héritiers du macronisme.
09:03Vous savez, encore une fois, on est dans un moment assez inédit.
09:06On parle de la possibilité au deuxième tour d'avoir la France insoumise
09:10et le Rassemblement national. Je vais vous dire,
09:12il y a des candidats avec lesquels j'ai des différences.
09:14D'ailleurs, j'ai des différences avec tous les candidats
09:15que vous avez évoqués, avec David Lissner, avec Bruno Rotailleau,
09:18avec Édouard Philippe, sinon je ne serais pas candidat moi-même.
09:20Je pense un peu moins avec Édouard Philippe qu'avec les deux précédents.
09:22Il y a toujours évidemment des nuances avec Édouard Philippe.
09:24On a fait partie de la même majorité jusqu'en 2024.
09:26Donc évidemment, mais j'ai des différences avec tous les candidats,
09:29sinon je ne serais pas candidat moi-même.
09:30Je n'ai pas le même projet que les autres.
09:32Maintenant, encore une fois, je préfère à la fin que ce soit,
09:34si ça ne doit pas être moi,
09:36mais je vais me battre pour que ce soit moi dans le cadre de cette primaire, bien sûr,
09:38si ça ne doit pas être moi à la fin,
09:39je préfère que ce soit l'un de ces candidats
09:40plutôt que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon.
09:42À bon entendeur, M. Édouard Philippe,
09:44je voudrais avant d'évoquer d'autres sujets,
09:46vous faire réagir à des messages textos d'Emmanuel Macron.
09:48C'est ainsi à votre endroit.
09:50Durant deux ans, le président a échangé sur Telegram
09:52avec la journaliste Françoise de Gouas.
09:54Son livre s'intitule
09:55« Vous êtes tous trop durs avec moi » chez Robert Laffont.
09:58Voici le message vous concernant.
10:00Alors, message privé qui devient public, c'est ainsi.
10:03On lui a trop tout donné, tout le temps, trop.
10:05Il a tort ?
10:07Je vais vous dire, je pense que tout ça n'intéresse pas les Français.
10:11Vous serez un enfant gâté de la politique si je traduis les propos du président.
10:14Vous savez, les Français sont assez grands pour juger ce qu'ils lisent et ce qu'ils entendent.
10:17Autre extrait sur ceux qui admiraient le président avant de se retourner,
10:21et c'est assez brut de décoffrage,
10:22vous devriez dire que ce sont tous des salopards.
10:25Moi, je ne vais pas me mettre à commenter des SMS, etc.
10:27Je veux dire, les Français, voilà, ils jugent.
10:30Ils voient ça, ils jugent.
10:31Moi, vous savez, je n'étais pas candidat pour devenir Premier ministre.
10:35Si le président de la République est venu me chercher et m'a demandé de l'aide,
10:37c'est qu'il considérait que je serais utile au pays en dirigeant le gouvernement de la France,
10:42que j'avais un lien avec les Français qui le justifiaient.
10:45Je crois avoir montré dans les huit mois
10:49que j'ai occupé cette fonction avant la dissolution,
10:51que j'étais à la hauteur de cette fonction.
10:54Voilà, ensuite, chacun fait ses commentaires comme il le veut,
10:57quand il le veut et avec qui il le veut, manifestement,
10:59y compris avec des journalistes.
11:01Alors, le débat, justement, le débat politique.
11:03Je voudrais vous faire réagir à ces propos du candidat Édouard Philippe,
11:07qui s'est justifié ce matin, Gabriel Tal.
11:08Il a maintenu ces propos sur certains Français issus de l'immigration,
11:12puis une responsabilité, dit-il, dans le pillage et la casse.
11:16Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi.
11:18Beaucoup l'ont accusé à gauche de racisme.
11:20Qu'en pensez-vous ?
11:22Moi, je pense que c'est des débats permanents et sans fin
11:25qui ne mènent, en fait, jamais à rien.
11:26C'est-à-dire ?
11:27Pour moi, j'ai eu l'occasion de vous le dire,
11:30d'ailleurs, quand j'étais invité dans votre émission
11:32il y a quelques jours ou quelques semaines.
11:35Pour moi, ce qui s'est passé le 17 octobre,
11:37c'est le reflet d'une bascule civilisationnelle
11:40qui est, pour moi, la perte de toute notion d'autorité
11:43et du respect des règles et du respect des règles de la République
11:45dans une partie de la jeunesse.
11:47C'est ça, la réalité.
11:48C'est ça, aujourd'hui, le sujet.
11:50Et c'est pour ça que je suis autant engagé
11:52sur la réforme de la justice pénale des mineurs,
11:54sur le retour à un cadre d'autorité,
11:56sur la mise en œuvre de sanctions,
11:58parce que c'est ça le fond du sujet.
12:00Et par ailleurs...
12:00Donc vous pensez que parler de Français issus de l'immigration
12:02qui auraient une responsabilité dans ces pièges et cela casse,
12:05c'est hors sujet ou c'est...
12:06Moi, ce que je vous dis, c'est que pour moi,
12:08le sujet majeur qu'on a réglé en France,
12:10pour tous les Français,
12:12qui qu'ils soient, quelle que soit leur histoire,
12:15c'est la question de l'autorité
12:17et de la lutte contre la délinquance des mineurs.
12:18Mais est-ce que dire ça, c'est être raciste,
12:20comme le dit la gauche ?
12:21Encore une fois, moi, je ne rentre pas dans ces débats-là.
12:23Pourtant, c'est le débat aussi là
12:24qui anime deux candidats et pas des moeurs.
12:26Mais oui, mais vous savez, derrière ces débats,
12:28il y a aussi des Français
12:29qui, encore une fois, parfois, ont des origines,
12:31ont une histoire, qui sont heurtés par...
12:32Ils sont stigmatisés, selon vous ?
12:34En tout cas, il y a des Français
12:35qui peuvent être heurtés par ce type de débat.
12:36Et surtout, moi, ce qui m'intéresse, vous savez,
12:38c'est les débats qui sont utiles
12:39pour changer le quotidien des Français
12:40et pour améliorer les choses.
12:41Je pense que c'est plus utile de parler
12:43de comment est-ce qu'on punit les délinquants,
12:45comment est-ce qu'on remet l'autorité,
12:46le respect des règles, dès le plus jeune âge,
12:48pour tous les Français, d'où qu'ils viennent,
12:49et moi, je ne les trie pas,
12:51plutôt que de rentrer dans ces débats.
12:53Et par ailleurs...
12:53Mais qui les trie ?
12:54Je vais vous dire, Sonia.
12:55Votre phrase, qui les trie ?
12:56Mais non, mais encore une fois,
12:57sur des débats qu'on peut entendre.
12:59Et par ailleurs, ça vient masquer aussi des vrais sujets.
13:03Par exemple, ils sont devenus quoi,
13:05les casseurs et les pilleurs du 17 octobre ?
13:07On a eu des chiffres au début.
13:08Vous avez les derniers chiffres ?
13:09Oui, effectivement.
13:09On a eu au début, il y a eu des chiffres.
13:11Il y avait quelques centaines d'incarcération
13:12sur des milliers et des milliers de personnes
13:14qui ont été mises en cause.
13:15Qu'est-ce qu'ils sont devenus ?
13:16Mais qu'est-ce que vous entendez ?
13:17Vous sous-entendez ?
13:18Soit ils sont responsables de leurs actes,
13:20soit ils ont été dégâts.
13:21Mais je ne sous-entends rien.
13:22Je dis que tout le temps qu'on passe
13:23sur ces débats qui ne mènent à rien,
13:25on ne le passe pas sur des débats
13:26qui sont fondamentaux,
13:27et notamment le débat de savoir
13:29comment est-ce qu'on rehausse
13:30notre niveau de sanctions
13:37que quand on dit qu'il y a un défaut d'intégration,
13:39ce n'est pas un vrai sujet.
13:40Moi, je n'ai jamais eu peur des débats.
13:41Vous le dites aussi,
13:42il y a un défaut d'intégration.
13:43Quand je suis arrivé à Matignon,
13:45j'ai fait ma déclaration de politique générale,
13:47j'ai parlé de la question de l'immigration,
13:48j'ai dit qu'il fallait accueillir moins
13:49pour accueillir mieux.
13:50Je n'ai jamais eu de problème
13:51avec tous ces débats-là.
13:52Ce que je dis, c'est que
13:53dans le moment grave que nous vivons aujourd'hui
13:55face au traumatisme
13:56qu'ont constitué les pillages et les émeutes
13:58le 17 octobre,
13:59le vrai sujet aujourd'hui,
14:00c'est celui du rapport à l'autorité,
14:02du respect des règles,
14:03du respect de la République
14:05et de la lutte contre la délinquance des mineurs
14:08qui est un sujet permanent.
14:09C'était aussi ma priorité.
14:11J'avais dit, tu casses, tu répares,
14:12tu salis, tu nettoies,
14:13tu défies l'autorité,
14:14on t'apprend à la respecter.
14:15Et moi, je vous ai répondu parfois,
14:17tu casses, on paye.
14:18Bien sûr, mais c'est ça que j'ai voulu changer.
14:20J'ai fait un projet de loi avec mon gouvernement
14:22justement pour un tournant sécuritaire
14:23sur la délinquance des mineurs.
14:25Malheureusement, la dissolution nous a empêchés
14:26de le faire adopter à l'Assemblée nationale.
14:28Est-ce qu'il y a un défaut d'intégration ?
14:31Je vous reviens de vous redire ce que j'avais dit.
14:33Il faut accueillir moi pour accueillir mieux.
14:35Mais est-ce qu'il y a un défaut d'intégration ?
14:37Est-ce qu'on peut le dire ainsi ?
14:38Ou est-ce que c'est une parole aujourd'hui
14:39qui tombe...
14:40Évidemment qu'aujourd'hui,
14:41on n'est pas bon ni sur la gestion de l'immigration
14:45ni sur la gestion de l'intégration.
14:46C'est une évidence,
14:47mais je n'ai jamais eu peur de le dire.
14:48Je l'ai dit quand j'étais à Matignon.
14:49Je l'ai dit dans différentes fonctions.
14:51Vous saluez Jean-Michel.
14:52Je profite pour saluer votre invité,
14:54Jean-Michel Blanquer.
14:54Jean-Michel Blanquer, bonsoir.
14:56Merci d'être là,
14:56ancien ministre de l'Éducation nationale
14:58et qui publie un livre
14:59dont nous allons parler
14:59sur la démocratie et la fureur.
15:01Et nous allons parler de la jeunesse
15:02puisque vous avez accepté
15:03de dialoguer avec l'une des figures
15:05de la syndicale de la jeunesse.
15:08Merci, Gabriel.
15:08Merci à vous.
15:09Peut-être un échange
15:09puisque vous avez été
15:10tous deux ministres de l'Éducation.
15:12Un mot sur la jeunesse.
15:14Aujourd'hui, s'il y avait un message,
15:15est-ce qu'on peut être encore
15:16porteur d'un message d'espoir
15:18quand il y a tant de revendications,
15:19de colère et pour certains,
15:21pour certains, de haine ?
15:22Moi, je dirais qu'on doit être
15:23porteur d'un message d'espoir
15:25parce que derrière les revendications
15:26des jeunes,
15:27il y a des choses extrêmement concrètes
15:28sur l'état des bâtiments,
15:30sur la question du remplacement
15:31des professeurs absents
15:33qui est un sujet
15:33qui nous a beaucoup mobilisés
15:34et Jean-Michel Blanquer
15:35et moi-même ensuite.
15:37Mais il y a surtout pour moi
15:38une vraie angoisse
15:38vis-à-vis de l'avenir.
15:40Moi, je ne crois pas
15:40que les jeunes
15:41n'aient plus envie de faire d'efforts,
15:42qu'ils n'aient plus envie
15:42d'étudier,
15:43qu'ils n'aient plus envie de travailler.
15:44Je pense, en revanche,
15:45qu'ils ont un vrai doute
15:46sur le fait de savoir
15:46si leurs efforts
15:48leur permettront d'avoir un emploi,
15:49leur permettront de fonder une famille,
15:51leur permettront de vivre
15:51aussi bien qu'ont vécu
15:52les générations précédentes.
15:53Et donc, on doit leur donner espoir.
15:55On doit leur montrer
15:56que la France,
15:56elle peut être à l'avant-garde
15:57de la révolution
15:58de l'intelligence artificielle,
15:59de la transition climatique
16:00et de la transition énergétique.
16:02Je suis à deux doigts
16:02de me dire que ne l'avez-vous fait.
16:04Alors là, ce sont des grands défis.
16:06Vous savez,
16:07regardez ce qui s'est passé
16:07ces dernières années.
16:09En 2017, en 2022,
16:11Tchad-GPT n'existait même pas encore
16:12quand le président a été élu
16:13et réélu.
16:14L'intelligence artificielle,
16:15on en parlait dans les films
16:15de science-fiction.
16:16Le dérèglement climatique
16:18était déjà là,
16:18mais ces manifestations concrètes...
16:20Attendez, j'y viens.
16:21Je sais que Jean-Michel Blanquer
16:22va défendre...
16:22Mais je le défends aussi
16:24parce que moi, je vous dis,
16:25derrière le débat
16:25sur Parcoursup,
16:26il y a une forme d'hypocrisie
16:27parce que le vrai débat,
16:29c'est celui de la sélection
16:29à l'université
16:30qu'une partie
16:32de la classe politique
16:33et notamment la France insoumise
16:35a refusé depuis le départ
16:36quand ça a été mis en place.
16:37Et nous allons en parler.
16:38Merci, Gabriel Attal.
16:40De nouveau, bienvenue.
16:40Merci beaucoup.
16:41Merci.