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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00La suite de votre émission, beaucoup de sujets à évoquer. Il y a bien sûr l'effroi et le choc,
00:05ce qui s'est passé à Aubagne avec ce proviseur, cette professeure blessée par un mineur de 14 ans.
00:11Il y a aussi cette importance qui va se passer demain, la semaine dite décisive. Nous sommes à la veille
00:16d'une énième mobilisation lycée.
00:18On en parle avec Alain Bauer qui est professeur émérite de criminologie au CNAM, qui est fondateur du pôle sécurité,
00:24défense, renseignement et auteur de ce livre dont nous parlerons à la fin.
00:27« Il faut sauver nos enfants aux élusions first ». Et c'est vrai, on en parlait pendant la pause,
00:32Alain Bauer.
00:33Ce titre, il correspond au sujet, il correspond à ce qu'on devrait faire à l'école. Il faut sauver
00:40nos enfants, il faut aussi sauver peut-être les professeurs.
00:43Quand vous avez vu ce qui s'est passé à Aubagne ce matin à Alain Bauer, est-ce que vous
00:47vous êtes dit qu'il y a une violence généralisée qui s'érige aujourd'hui comme un règlement de tous
00:52les conflits, y compris à l'école ?
00:54Oui, alors il faut sauver nos enfants d'eux-mêmes et des prédateurs. L'un n'empêche pas l'autre.
01:01Et puis, vous le savez, tous les ans, j'étais venu en parler avec vous d'ailleurs, en début d
01:06'année, je fais le bilan de l'année criminelle précédente.
01:08Dans ce bilan, il y a plein de sujets qui apparaissent, qui disparaissent, des choses qui montent en général, qui
01:13baissent parfois.
01:14Mais il y avait un sujet qui m'avait beaucoup interpellé, c'était l'augmentation des homicides et des tentatives
01:21d'homicides.
01:21Alors les homicides, on en parle assez régulièrement. On était à un chiffre très bas dans les années 2012-2013,
01:27environ 700.
01:29On est aux environs de 1000, ça fait déjà 50% d'augmentation en 15 ans. C'est un sujet
01:33qui n'est pas tout à fait secondaire, tué.
01:35Mais les tentatives d'homicides, elles, ont explosé. En 2025, quand je suis venu en parler en 2026, en janvier,
01:43nous avions atteint le plus haut taux depuis que l'outil statistique existe,
01:47c'est-à-dire des 50 dernières années. Homicides plus tentatives, nous étions à plus de 5000, le niveau le
01:53plus élevé.
01:53Et l'indicateur de l'homicidité, le nom que j'ai donné à se doubler, parce qu'un homicide, c
01:59'est une tentative qui a raté, mais on a vraiment voulu vous tuer.
02:03C'est un indicateur extrêmement fiable du niveau de violence d'une société. Et ces homicides et tentatives concernent toutes
02:10les catégories sociales,
02:11tous les âges, avec une poussée extrêmement importante chez les jeunes et même les très jeunes.
02:17Quand Europol envoie une note d'alerte, l'Association européenne des polices, le rassemblement, pour dire nous avons des tueurs
02:25à gages de 13-14 ans,
02:26ce n'est pas une blague parce qu'ils n'en ont pas un ou deux comme une espèce de
02:30curiosité, ils en ont des dizaines qui se recrutent sur Internet, sur TikTok, sur Insta, sur ce que vous voulez.
02:36Et ce processus général de violentisation, il ne peut pas éviter l'école, d'abord parce que c'est un
02:41lieu de recrutement potentiel,
02:43et qu'on voit dans les diverses jeunesses qui s'expriment, toute une série de cibles, donc de prédation criminelle
02:50et pas seulement de prédation sexuelle.
02:52C'est pour ça que vous avez raison, le titre correspond, hélas, hélas, à beaucoup de situations.
02:58Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est d'abord un processus de revendication lié à la dégradation généralisée de
03:04l'espace scolaire,
03:05qui est un acte qui concerne beaucoup d'établissements, mais si vous regardez attentivement les établissements concernés,
03:11le tiers des lycées qui étaient dans le mouvement, les 10% qui sont les plus résilients,
03:16vous constatez des disparités géographiques tout à fait considérables.
03:20On voit aussi que les investissements dans le bâti, comme dans les professeurs absents, etc., ne sont pas les mêmes.
03:26Dans la région Île-de-France, par exemple, il vaut mieux être à Paris, à Versailles qu'à Créteil.
03:30Bien sûr, oui.
03:30Oui, mais le problème est que quand on regarde attentivement un peu ce que Jérôme Fourquet fait de manière excellente
03:37dans un très long papier sur la radiographie psychique du mouvement lycéen,
03:42moi j'avais fait une analyse des mouvements lycéens, la psychologie des foules lycéennes,
03:49que j'ai republié.
03:51Il se passe toute une série d'événements avec une population désespérée et anxieuse,
03:56mais qui n'est pas casseuse.
03:58Une génération désespérée, anxieuse et qui en a marre, qu'on ne l'entende pas,
04:02et qui peut être entraînée à la casse.
04:04Et puis des petits groupes de commandos qui, eux, font la casse pour la casse,
04:08excluent des établissements, de ceux-là ou d'autres.
04:12Ah, donc des anciens élèves.
04:14Oui, enfin connus mais exclus.
04:16Avec donc un sentiment de revanche, de vengeance.
04:18De revanche pour tout casser.
04:19Et qui parfois sont aussi, dans les commandos, les petites mains du narcotrafic.
04:23Alors le narcotrafic déteste le désordre, mais les petites mains, elles,
04:26quand elles ne sont pas occupées à quelque chose...
04:28Vous voulez dire qu'entre deux règlements de compte, les petites mains du narco descendent...
04:33Ou du traitement d'un four qu'il faut piquer à quelqu'un d'autre.
04:38On ne se rend pas compte de...
04:39Oui, un four précisé.
04:40Et puis il y a un événement très important, qui a été peu analysé et mal compris,
04:45qui est ce que j'appelle la génération Naël.
04:48Je rappelle que dans la génération Naël, il y a deux ans,
04:50il y a deux ans, pas 20 ans, pas 50 ans, on n'est pas en 68,
04:53on n'est pas en 86, sujet que je connais un peu mieux.
04:55Non, on est dans un mouvement où il y avait 50 000 élémentiers pour 45 000 policiers
04:59et des milliers de bâtiments brûlés.
05:01Des milliers. Écoles, médiathèques, mairies, police, attaques aussi de prison.
05:07On ne se rend pas compte que quelque chose a basculé dans la pulsion de mort et de violence.
05:13Et c'est pour ça que je reviens toujours à cette idée que dans ces diverses populations,
05:17il faut comprendre ce qu'est un mouvement générationnel de déni, de défi et de délit.
05:23Le délit étant pour moi l'expression de la violence.
05:25Bon, là, vous dites, il y a deux choses dans votre argumentaire,
05:28je voudrais qu'on s'arrête sur les deux éléments majeurs.
05:30Vous dites, et on va voir les images, par exemple, ce qu'on a vu,
05:32les saccages à Nantes, sur le campus du Tertre.
05:36Saccages, vraiment, c'est des dégâts colossaux.
05:38Il a fallu une intervention des forces de l'ordre pour déloger le noyau d'étudiants.
05:42Il y a des déchets, je ne vais pas donner tous les détails.
05:46Des tags, oui, on imagine à l'endroit de qui s'est adressé.
05:49Il y a eu d'autres images, on a vu plusieurs salles de classe saccager véritablement
05:53au lycée les Iris à Lormont.
05:57Est-ce qu'il y a, j'ai posé la question tout à l'heure à Linda Kebab, policière,
06:01est-ce qu'il y a deux jeunesses, celle qui détruit et celle qui veut s'instruire ?
06:06Celle qui casse et celle qui veut s'émanciper ?
06:08Celle qui fait les tags à cab et celle qui porte ses revendications légitimes
06:14en sachant qu'il faut que les policiers soient là et les gendarmes
06:16pour protéger les biens et les personnes.
06:19Alors, moi, j'essaie d'expliquer ça en fonction de mon vécu.
06:23J'ai une douzaine de filles de génération Y et Z, comme on dit, ou Z+.
06:28Et je constate une différence majeure entre les plus anciens, qui ont la trentaine,
06:33qui sont dans une logique d'investissement dans la vie,
06:37qui restent dans un processus de logement difficile, mais quand même profession difficile,
06:43mais quand même construction d'une vie qui n'est pas simplement une rencontre d'un soir,
06:49mais d'un amour véritable, d'enfants parfois.
06:53Et une génération Z qui, elle, dit « je n'ai plus d'avenir,
06:58je dois profiter intensément du moment car il n'y aura pas de demain ».
07:02Et la question que je pose à tout le monde, c'est qui, comme parent aujourd'hui,
07:07de jeunes enfants peut leur dire les yeux dans les yeux,
07:10et sans mentir, tu vivras une meilleure vie que moi, en y croyant.
07:14C'est ça le problème.
07:15Donc c'est la même jeunesse, mais pas dans le même processus d'évolution.
07:19Une partie de cette jeunesse, et c'est le problème des collégiens que nous voyons arriver,
07:23c'est le problème des jeunes lycéens.
07:25Des collégiens ?
07:26Bien sûr, aujourd'hui vous avez des 12, 14 ans.
07:27Des 11, 12 ans qu'on va retrouver dans...
07:29C'est ce que vous retrouvez.
07:31Qui sont-ils ? Celui qui a utilisé le fusil, ceux qui s'entretuent, organisent un concours.
07:39D'ailleurs, aujourd'hui, il y a eu une dizaine de collègues enseignants et personnels scolaires
07:45agressés un peu partout.
07:47On a même cru à un moment qu'il y avait un challenge.
07:50Bien sûr.
07:51Et d'ailleurs, c'est exactement...
07:52Un challenge avec pour cible les personnels de l'éducation ?
07:54Moi, j'ai tapé ou j'ai brûlé, et pourquoi pas toi ?
07:58Et on sent bien que les manipulations, notamment sur les réseaux Internet,
08:02sur la capacité d'instrumentalisation de gens beaucoup plus jeunes
08:06et qui sont engagés dans une espèce de grande fête libératrice,
08:10liées aussi à une angoisse qui n'arrive pas à s'exprimer,
08:13c'est très bien ce qu'explique notamment Jérôme Fourquet,
08:15parce qu'il a écrit son livre avec un psychiatre ou un psychanalyste,
08:19M. Rubinovitch, il faut intégrer cette dimension qui date du Covid.
08:24Mais elle est très importante.
08:25Ça veut dire qu'on ne met pas une frontière, une muraille du Chine
08:29entre certains casseurs et certains lycéens ou collégiens.
08:32Il y en a certains qui basculent.
08:34Ils partagent les mêmes réseaux quand ils ne partagent pas les mêmes espaces physiques.
08:37L'idée qu'on a de l'espace physique, vous savez, j'entendais les portiques,
08:40les portiques, les portiques, 90% des agressions qui ont eu lieu
08:43sont au dehors de l'école.
08:44La collègue qui s'est fait assassiner à l'arme blanche en fouillant
08:48devant un portique, un sac, elle était devant le portique,
08:51pas derrière le portique.
08:53Et donc la question est, il y a toute une série,
08:56il y a vraiment la capacité à nous faire le catalogue de la redoute,
09:00pardon pour la publicité, de toutes les mesures en copier-coller.
09:03Mais qui s'occupe véritablement de ce qui se passe ?
09:05Vous savez, il y a la loi intégrale qui est en train d'être débattue
09:07pour lutter contre les violences sexuelles, sexistes,
09:10contre les femmes en général, mais les enfants aussi.
09:13Cette loi faisait l'objet d'un unanimisme touchant.
09:17Je me suis dit à un moment, est-ce que j'ai besoin encore de promouvoir le livre ?
09:22Ils ont à peu près tout compris.
09:23Deuxième article, celui qui prévoit dans les écoles
09:27une capacité de dialogue avec les élèves, y compris très jeunes,
09:30pour déceler s'ils ont été victimes de violences.
09:33Je rappelle, 5,5 millions de victimes existantes de violences
09:37quand ils étaient mineurs, 160 000 de plus tous les ans.
09:40Réponse de la commission, ah oui, mais on n'a pas les moyens.
09:44Oh non.
09:45Si ?
09:45On n'a pas les moyens d'être face à des élèves potentiellement victimes
09:48pour parler et recueillir leur...
09:50Donc la commission dit, comme on n'a pas les moyens,
09:52on va transformer l'entretien, on se parle, par un questionnaire.
09:56Alors vous voyez, un enfant de 6 ans,
09:57bonjour, as-tu été victime d'une agression sexuelle ?
09:59Oui, non, ne sait pas.
10:01Au bout d'un moment, ils se sont dit, ça n'a quand même aucun sens.
10:04Et donc ils ont rétro-pédalé en disant, peut-être qu'on y arrivera en 2032.
10:07En 2032, ça fait un million de victimes supplémentaires.
10:11Facile, 5 fois 160 000.
10:12Et donc la question qui se pose, elle est,
10:15dans ces établissements dont on connaît l'état d'exaspération,
10:21d'angoisse, de peur et de violence,
10:24et de violence entre eux, pas seulement contre le personnel enseignant,
10:27mais collègues,
10:28quels sont les moyens qui sont mis en place ?
10:29Où sont les infirmières scolaires ?
10:31Où sont les médecins scolaires ?
10:32Nous sommes d'accord.
10:32Il y a une paupérisation, une clochardisation,
10:36mais comme pour la justice, comme pour d'autres.
10:39Sauf que là, c'est un investissement.
10:41Ceux qui sont aujourd'hui victimes de violences la reproduisent.
10:44Aujourd'hui, la facture.
10:46Après, on court après.
10:46Oui, en Ile-de-France, la seule journée, 400 000 euros.
10:50Pour tous les saccages, en Ile-de-France, simplement,
10:528,5 millions d'euros.
10:54Moi, je pose une question.
10:56Ces casseurs, pour certains mineurs,
10:58vous les décrivez pour certains, vous avez dit,
11:00et je l'apprends, c'est-à-dire des anarchos qui sont...
11:05Ça, c'est des commandos, ceux qui tournent.
11:05Mais eux, qu'est-ce qu'ils veulent ?
11:07Ils veulent une conquête territoriale.
11:08Bien sûr.
11:09C'est un affrontement avec l'institution.
11:11C'est la conquête du territoire.
11:12Pour eux, la police, ce n'est pas la police.
11:13C'est une autre bande.
11:15L'institution n'est pas une institution.
11:16La police, comme les institutions,
11:18leur état de dégradation, d'effondrement,
11:20le niveau des policiers, qui sont aussi mes élèves,
11:24pas du même âge,
11:25le niveau moral de la police nationale est très bas,
11:29voire même effondré,
11:30parce qu'ils se rendent compte qu'ils sont face à un rejet complet.
11:35Que même une partie sont parents d'élèves,
11:37que même en dédition,
11:38ils se rendent compte de cette violence contre eux
11:42au nom d'un certain nombre d'événements qui ont lieu.
11:45Moi, je ne parle jamais, vous le savez,
11:46de violences policières, mais de violences de policiers.
11:48Mais de l'incapacité à traiter intelligemment
11:50ces événements qui ont lieu
11:52en regardant la réalité.
11:54Et donc, la transformation de la police
11:57en gardien de la paix versus fauteur de troubles
12:00et de violences qui ne sait pas parler à la jeunesse.
12:04En fait, on ne se rend pas compte
12:05de ce qui est la réalité aujourd'hui,
12:08du sentiment de violence et d'exaspération
12:10qui existe dans toute la jeunesse.
12:12Comment vous expliquez ?
12:13Pardonnez-moi, parce qu'on a vu des écoles brûlées,
12:16mais ce n'est pas la première fois.
12:17Je rappelle qu'après la mort et la tragédie pour Naël,
12:22il y a eu des médiathèques qui ont brûlé.
12:24Il y a eu des écoles qui ont brûlé.
12:25250, je crois, sur le millier de bâtiments publics.
12:28Et il avait été question, comme vous l'avez dit,
12:30d'une génération Naël.
12:31Est-ce que c'est ce qui explique aujourd'hui
12:33ce que nous vivons ?
12:34En fait, la génération Naël, elle ne s'est jamais éteinte.
12:37Elle continue à couver.
12:38Et en fait, après la fin des émeutes,
12:41qui ont été paroxystiques, extrêmement rapides,
12:44extrêmement étalées sur le territoire,
12:45dans des endroits où il n'y avait jamais eu
12:46de violences dites urbaines ou quasiment pas,
12:48on a dit que c'était fini.
12:50Parce qu'il y a une capacité d'amnésie
12:52dans le secteur politique qui est absolument formidable,
12:55qui est, c'est fini, donc on ne s'en occupe plus.
12:58Et on attend que ça répète une autre fois,
13:00parce que là, c'est vraiment sérieux,
13:01donc on va s'en réoccuper.
13:04Et il y a une espèce de jeu de yo-yo,
13:06de bontos et de patates chaudes réunis,
13:09c'est une sorte de nouveau concours,
13:11à je ne vais pas m'occuper du sujet.
13:12Or, on n'est plus du temps du bon vieux président Cueil,
13:15il n'est pas de problème qu'une absence de solution
13:17ne puisse résoudre.
13:18Non, quand on est face à une génération montante,
13:21le fait de ne pas résoudre le problème,
13:23c'est créer et générer de la violence.
13:24Ça n'excuse rien.
13:26Parce que, est-ce qu'il est vrai,
13:28est-ce que vous pouvez l'attester ce soir,
13:30que pour les émeutes après Naël,
13:32c'était véritablement, là on parle des vrais caïds
13:34qui avaient sifflé la fin de la partie
13:36parce qu'ils ne voulaient plus voir des policiers
13:38au pied de l'immeuble.
13:39C'est mauvais pour le business.
13:41Les caïds signeront un jour la fin de la récréation aussi.
13:45Mais la problématique, c'est que c'est l'État
13:47qui est face à ce problème.
13:49Or, l'État en France, il est d'une nature très particulière.
13:51Il a créé la nation.
13:53Ce n'est pas la nation qui a créé l'État.
13:54C'est lui qui lui donne une colonne vertébrale.
13:56C'est lui qui a expliqué pourquoi on était français.
13:58D'ailleurs, nous portons le nom de nos envahisseurs,
14:00les francs, pas les gaulois,
14:01comme vous avez pu constater.
14:02Mais la réalité, c'est que face à toutes ces évolutions,
14:06on attend que ça passe.
14:08Et il y a des choses qui ne passent pas.
14:09– Et justement, ça ne passe pas.
14:11Malheureusement, il est très probable
14:13qu'il y aura encore demain de la casse,
14:15des casseurs, des destructeurs.
14:16La question cruciale, Alain Bauer, du maintien de l'ordre,
14:20plutôt parfois de la limitation du désordre.
14:22Quand on voit, on a vu différentes images,
14:28la professionnalisation du maintien de l'ordre dans notre pays,
14:30quoi qu'on en pense, quand même, c'est acté.
14:33On a une professionnalisation du maintien de l'ordre.
14:35– Oui, au fur et à mesure.
14:36– C'est derrière nous.
14:37– On a commencé à envoyer des militaires pour tirer dans le tas.
14:39Ensuite, on a créé dans les années…
14:41– Mais c'était en 19…
14:43– Oui, les viticulteurs.
14:45– Oui, oui, il ne faut pas…
14:46– À Béziers, dans le sud de la France.
14:48– Voilà, oui.
14:48– Mais après, il y a eu la doctrine ni blessée.
14:51– Les militaires ont refusé de tirer,
14:52donc on a créé des unités spécialisées.
14:55Puis après 1934, des unités, on les a mis à mieux
14:57et nous avons d'exceptionnelles unités de CRS et de gendarmes mobiles.
15:01Mais ce ne sont pas eux qui font le maintien de l'ordre.
15:04Ce n'est pas eux.
15:06Si vous avez entendu, Madame Kebab,
15:08mais les autres syndicalistes qui se sont succédés
15:11depuis le début de ce mouvement,
15:12c'est des fonctionnaires du renseignement territorial,
15:14c'est des fonctionnements de police secours,
15:16c'est des compagnies départementales d'intervention locale
15:18qui se sont trouvées amenées à faire du maintien de l'ordre
15:21entre des amateurs de la manifestation,
15:23les lycéens et les collégiens,
15:25et des amateurs du maintien de l'ordre.
15:26– Mais comment vous l'expliquez ?
15:27C'est un métier, le maintien de l'ordre ?
15:28– Il faut des effectifs et des moyens, c'est comme tout.
15:31Qu'est-ce qu'on a fait depuis 30 ans ?
15:33Réduire le nombre d'effectifs par section,
15:36le nombre de sections par compagnie et le nombre de compagnies.
15:38À la fin, vous n'avez plus les moyens de tenir
15:40quand le mouvement est national.
15:42Quand le mouvement est local, vous en sortez.
15:45Pendant les Gilets jaunes,
15:46c'est parce qu'il y a un patron national des CRS,
15:49le préfet Clémane,
15:50qui a réussi à sauver le pays le jour de l'attaque,
15:54enfin en tout cas les institutions nationales,
15:56en décidant par lui-même
15:57de mouvements visant à faire bouger ses unités,
16:01alors qu'on lui disait qu'elles devaient rester statiques
16:03pour ne défendre qu'un petit bout du territoire.
16:05Le préfet Lallemand, dont on dit beaucoup de mal…
16:07– Et dont vous avez salué souvent ici même.
16:09– Oui, bien sûr, il faut assumer.
16:10– Parce qu'il a changé un moment…
16:11– Il a changé le maintien de l'ordre,
16:13il a dit je vais être plus au contact
16:15pour éviter qu'il y ait trop de désormais.
16:16C'est le moment où le nombre de morts et de blessés
16:18durant la période des Gilets jaunes s'effondre.
16:21Je ne dis pas qu'a priori,
16:22le préfet Lallemand est le plus sympathique,
16:24ni le plus gentil,
16:25ni le plus diplomate que je connais.
16:27Les faits, les faits,
16:29le nombre de morts et de blessés,
16:31je parle toujours Paris
16:32puisqu'il n'était préfet de police que de Paris,
16:35est relativement significatif.
16:37Et donc il faut penser le changement de maintien de l'ordre.
16:39En 1986, j'étais vice-président de la Sorbonne
16:41et je m'occupais aussi du service d'ordre central de l'UNEF.
16:43– Colonel Bauer.
16:44– Colonel Bauer dit le rapport du Sénat,
16:46je n'ai jamais eu une promotion depuis,
16:48même dans la réserve.
16:49Mais la réalité c'est quoi ?
16:51C'est que vous aviez des unités
16:52composées de briquets de broc
16:53sur des motocyclistes
16:55avec des moniteurs de sport
16:56et des bidules,
16:57des bâtons parfois renforcés,
16:59qui ont tué un gamin
17:01qui ne manifestait même pas.
17:02On l'a supprimé les PVM.
17:04Mais après,
17:05il y a eu une espèce de trou sidéral
17:07du syndrome Malik Ousekine,
17:10extrêmement justifié,
17:11on ne tue personne
17:12et on blesse de moins en moins.
17:13– La doctrine Grimaud.
17:14– Ça c'est 68.
17:15– Ah très bien,
17:16c'était ni blessé ni tué.
17:18– Voilà, ça c'est 68,
17:19c'est la dignité de votre fonction
17:21de vous éviter de devenir des bêtes sauvages.
17:23Dit-il devant des dizaines de blessés,
17:26je rappelle qu'il y a eu quelques morts
17:27quand même en 68,
17:28contrairement à une idée répandue.
17:29– Et un policier mort.
17:30– Au moins un commissaire de police à Lyon
17:32et plusieurs autres morts
17:34dont on ne sait pas très bien
17:36de quoi ils sont morts,
17:37mais enfin, quantitativement,
17:38ils sont là.
17:38Malik Ousekine,
17:40donc du coup,
17:41modification de la doctrine du maintien
17:42en ordre,
17:42réflexion sur une nouvelle doctrine,
17:44évolution des doctrines
17:45en 93 à 95,
17:47on voit les casseurs arriver,
17:48surfer sur les manifestations
17:49pour aller au contact des policiers,
17:51casser les vitrines,
17:52voler les manifestants aussi parfois,
17:54avec une immense difficulté
17:55à intervenir dans une foule,
17:56parce qu'il faut bien comprendre
17:57qu'intervenir dans une foule,
17:58c'est un métier très particulier.
18:00Donc on invente chaque fois
18:01des nouveautés.
18:02Là, ça fait très longtemps
18:03qu'on ne réinvente pas grand-chose,
18:04en tout cas depuis le préfet Lallemand,
18:06et surtout que les meilleurs experts
18:08du maintien de l'ordre,
18:09CRS et Gendarme Mobile,
18:10je mets la BRAVEM de côté,
18:11parce que vous constatez
18:12que dans l'affaire du coup de genou,
18:14ce n'est pas les fonctionnaires
18:16de la BRAVEM,
18:16dont on dit parfois,
18:17à juste titre,
18:18qu'ils ne sont pas les plus doux
18:20et les plus diplomates,
18:21mais un fonctionnaire
18:22d'une compagnie d'intervention,
18:23donc moins formée à,
18:26qui est en cause.
18:27Et donc on se rend bien compte
18:28qu'il va falloir revisiter
18:29l'ensemble de ce dispositif,
18:31parce que quand on a
18:32des amateurs violents,
18:34on ne peut pas se limiter,
18:35ni à prendre des coups
18:37pendant trois heures.
18:38Ça, j'ai beaucoup demandé
18:39aux chaînes de télévision
18:40d'envoyer une caméra statique
18:41derrière une colonne de CRS
18:43ou de Gendarme Mobile
18:44et voir ce qu'ils se prennent
18:45dans la figure pendant une heure
18:46et de le mettre en boucle.
18:47Les pavés,
18:48les jardinières,
18:49les châteaux.
18:49Les boules de pétanque.
18:50Et ensuite,
18:51de se demander
18:52si ça a atteint
18:53la sagesse bouddhique.
18:55Alors justement,
18:57d'ailleurs,
18:58quand on leur demande
18:58à la fois la fermeté
18:59et la retenue,
19:00quand on leur demande
19:01la proportionnalité à juger
19:02en l'espace de quelques secondes,
19:03comment on fait
19:04quand la violence
19:05dite extraordinaire
19:06est devenue
19:07une violence du quotidien ?
19:08Quand on est CRS
19:09aux gendarmes,
19:10on est habitués,
19:11on est formés,
19:11on va s'intestiner,
19:12ça c'est pour les gendarmes,
19:13et on se remet en situation,
19:15on regarde ce qui se passe,
19:16on filme,
19:17on réinterprète,
19:18on travaille.
19:19Mais quand on n'a plus
19:20suffisamment d'unité,
19:21quand on n'a rien appris
19:22de la génération d'Aelle,
19:23et c'est le drame,
19:25c'est pas un sujet...
19:26Il n'y a pas eu de retour
19:28sur expérience,
19:29le rétexte à la française
19:30est un sujet très intéressant.
19:31Aux Etats-Unis
19:32ou en Grande-Bretagne,
19:33j'en ai fait beaucoup
19:33de rétexte,
19:34notamment à New York.
19:35Le rétexte,
19:36c'est comment s'améliorer
19:37en prenant en compte
19:38tout ce qui a mal marché.
19:40En France,
19:40le rétexte,
19:41c'est tout a bien marché
19:41et toute opinion contraire
19:43n'est pas prise en compte.
19:44Alors évidemment,
19:45c'est compliqué
19:45parce qu'un rétexte à la française
19:47n'est pas fait pour s'améliorer,
19:48c'est fait pour trouver
19:49un coupable
19:50qu'on va pouvoir désigner
19:51à la vindicte populaire
19:54muter
19:54ou promouvoir ailleurs
19:56ce qui est une mutation déguisée.
19:57On a un problème d'ailleurs
19:58avec la capacité
20:00d'analyser
20:01ce qui va mal
20:02et de l'analyser
20:03non seulement avec...
20:04voir la réalité en face ?
20:05Non, parce qu'on ne veut pas
20:06assumer que de temps en temps
20:08on peut faire des erreurs.
20:09On peut.
20:10D'ailleurs, il faut noter
20:1024 saisines de l'IGPN,
20:12c'est donc que l'inspection générale
20:14fait son travail
20:14de manière indépendante
20:15avec un magistrat.
20:16Sinon, c'est l'enquête en cours.
20:16On verra s'il y a
20:17sanction ou pas.
20:19Il y a d'autres progrès à faire
20:22mais celui-là
20:22est sensible.
20:24On l'a vu avec
20:24l'inspection générale
20:25de la Gendarmerie nationale
20:26et puis il y a les choses
20:27qu'il faut intégrer.
20:29Quand une grenade
20:29arrive dans une capuche
20:31tirée parfaitement normalement
20:32et qu'elle tue quelqu'un,
20:33c'est un désastre
20:34et une tragédie
20:35mais ce n'est pas
20:36une faute policière.
20:37Il y a d'autres fautes policières
20:39majeures.
20:39Quand vous tirez
20:40dans la figure de quelqu'un
20:41avec un LBD,
20:42vous ne devriez plus
20:42dans la police
20:43quelles que soient
20:44les circonstances.
20:45Il n'y a même pas de débat.
20:46Je le dis
20:46sans animosité particulière,
20:48c'est parce que ceci
20:49n'est pas tolérable.
20:50Qui est-il porteur de LBD ?
20:52Est-ce qu'il était formé
20:53au LBD ?
20:53Est-ce qu'il en avait tiré
20:55un dans les douze derniers mois ?
20:56Comment était ?
20:57Je ne sais pas.
20:58Dans la centaine de cas
21:02post-gilets jaunes,
21:0390% étaient tirés
21:05des exactions enregistrées,
21:08quelles qu'aient été
21:08les suites administratives
21:09ou judicières,
21:10l'ont été par des non-professionnels
21:12du maintien de l'ordre.
21:12Il faut bien intégrer
21:14cette dimension aussi
21:15de regarnir le maintien de l'ordre
21:17pour qu'il devienne
21:18plus efficace
21:19et garantisse autant
21:20la liberté de manifester
21:21que la protection
21:22des personnes et des biens.
21:23Il faut protéger
21:24les personnes et les biens,
21:25garantir la liberté
21:26de manifester.
21:27Il faut de la fermeté
21:27mais il faut de la retenue.
21:29Il faut parfois répondre
21:30à la place du politique
21:31parce que la solution politique
21:33tarde à arriver.
21:33Est-ce que vous imaginez,
21:34parce qu'on leur demande trop,
21:36est-ce que vous imaginez
21:36parce que c'est complètement
21:37un scénario fantasmagorique
21:40qu'il y a un risque
21:40de rupture de l'obéissance
21:42chez certains forces de l'ordre
21:43qui disent ça suffit ?
21:44Je pose mon casque.
21:45Le politique en fin de règne,
21:46il n'y arrive pas.
21:47On m'en demande trop.
21:48Pas chez les CRS
21:48ni les gendarmes mobiles,
21:49ça je n'y crois pas,
21:50mais chez les autres.
21:51D'abord, ils sont épuisés,
21:53meurtris,
21:54agressés,
21:56harcelés.
21:57Abandonnés, diriez-vous ?
21:58Abandonnés ?
21:59Le président aurait dit
22:00qu'il y a un manque
22:01d'empathie.
22:02Est-ce que c'est une forme
22:03d'abandon,
22:03de non-soutien ?
22:06D'absence d'empathie
22:07de leur part,
22:07vous voulez dire ?
22:08Je pense qu'il l'a dit,
22:09oui, de leur part.
22:11Je ne décris pas très bien
22:12toujours le Macron
22:13dans le texte.
22:15Non, je crois qu'ils sont
22:16pères de famille,
22:18qu'ils savent très bien
22:18ce qui se passe,
22:19mais tous les jours,
22:20leurs enfants eux-mêmes,
22:21dans leur hall d'immeuble,
22:22parfois poursuivis dans la rue,
22:24on ne se rend pas compte
22:25de ce qu'est devenu
22:25le métier de policier,
22:30de gendarme.
22:31C'est un peu moins
22:32à cause de l'organisation,
22:33du casernement
22:34et d'une certaine vie sociale
22:36et militaire
22:38qui résiste mieux,
22:39même si elle n'est pas
22:40toujours facile,
22:41vu l'état de vétusté
22:42de certaines casernes
22:43et les réductions budgétaires
22:45qui les concernent
22:45au quotidien,
22:46au quotidien.
22:47La première évolte
22:48que j'ai traitée,
22:48j'étais à Matignon
22:49avec Michel Ockard,
22:49c'était les femmes de gendarmes.
22:51C'est un truc
22:52que personne n'avait vu venir.
22:52Elles étaient regroupées
22:53pour dire ça suffit,
22:55nos vies à nous
22:56sont impactées
22:56et nos enfants...
22:57Elles sont insupportables,
22:59les habitations sont vétustes,
23:01les horaires sont insupportables,
23:02bref,
23:02des revendications
23:03de lycéens de 2026.
23:04Vous ne l'expliquez pas
23:05que pour les policiers
23:05qu'à un moment,
23:07on dise stop ?
23:07Oui, mais je ne dis pas
23:08dans les unités...
23:09J'ai bien compris.
23:10J'espère, en tout cas.
23:11C'est dans les unités
23:12professionnalisées
23:13de maintien de l'ordre.
23:14Mais dans le reste
23:14de la police nationale,
23:16il y a un niveau
23:18de désarroi considérable.
23:21Quand je dis à Alain Boivard
23:22qu'on leur demande trop,
23:23je pose la question.
23:24Je veux dire, par là,
23:25la police ne remplacera jamais
23:26les familles et les parents.
23:29Il faut des pères,
23:30quels qu'ils soient,
23:31et des repères,
23:33et des maires,
23:34et des maires,
23:34M-A-I-R-E-S,
23:36aussi parfois des élus.
23:38Oui, ils sont là.
23:38Ils sont là ?
23:39Ah oui.
23:39Les élus locaux,
23:40curieusement,
23:41c'est le dernier...
23:42Tous les samedis,
23:43je fais une conférence publique
23:44avec des dizaines de personnes.
23:46Je suis allé à Saint-Laurent-du-Var
23:47la semaine dernière.
23:47Je vais être à Angoulême.
23:48Ensuite, il faut que j'arrive
23:50à me retrouver où je vais,
23:51à Tarbes ou je ne sais pas où,
23:53à Valence.
23:54Je vois des centaines de personnes
23:56qui viennent discuter.
23:57Ils ont toutes les opinions politiques
23:58possibles et imaginables.
23:59Mais ils ont un besoin
24:00terrible de comprendre.
24:01Les élus locaux sont là.
24:03Ce sont les seuls
24:03qui arrivent encore
24:04à circuler là-dedans,
24:05à saluer les gens,
24:06à écouter leur doléance.
24:07Ils font la dernière ligne
24:08de défense de la République.
24:09Et d'ailleurs,
24:10eux-mêmes sont très souvent
24:11agressés.
24:11Ils sont la dernière ligne
24:12de défense de la République ?
24:13Les autres,
24:14ils ont disparu.
24:15Ils sont éjectés.
24:16Les gens en parlent
24:17avec des mots
24:18que je ne me permettrais pas
24:19de répéter,
24:20avec une rage,
24:24une violence orale.
24:26Le problème,
24:27c'est que c'est toujours
24:28le terreau d'autre chose.
24:29mais le mensonge répété,
24:34l'hypocrisie,
24:35l'incapacité du politique
24:36à dire les choses.
24:37« Monsieur Trompé »,
24:38« Ben oui,
24:38alors le diesel,
24:39non, mais si,
24:40mais peut-être,
24:40les 20 km heure,
24:41ah oui, mais non,
24:42mais peut-être. »
24:43On a le droit
24:44de se tromper.
24:44Mais il faut respecter
24:46les gens.
24:47L'arrogance,
24:48la suffisance
24:48et le mépris
24:49de la classe politique nationale
24:50est aujourd'hui
24:51un phénomène
24:52de rejet collectif,
24:53Mais là,
24:54on ne peut pas imaginer
24:54qu'au plus haut sommet
24:55de l'État,
24:56il joue à l'attentisme
24:57ou pire,
24:58au pourrissement
24:59parce qu'il y a eu
24:59les 3 000 profs.
25:00Pourquoi pas ?
25:00C'est ce qu'on fait d'habitude.
25:01Oui, c'est un peu…
25:02Non, mais c'est ce qu'on fait d'habitude.
25:03C'est une question un peu…
25:04Oui, j'ai bien compris.
25:04Ce n'était pas totalement
25:05une question.
25:06Non, mais bien sûr,
25:07c'est ce qu'on fait d'habitude
25:08parce qu'il y a toujours
25:08le moment où on se dit
25:09est-ce que ça va durer ou pas ?
25:11Ah, est-ce que c'est le pic ou pas ?
25:13Ah, est-ce le paroxysme ou pas ?
25:16Il y a huit jours,
25:17j'ai expliqué qu'après
25:18la grande manifestation,
25:19il y aurait une descente,
25:20un moment qui s'est produit.
25:22Donc, je ne dis pas
25:23l'appétit de Delph
25:25ni Madame Irma,
25:26mais j'ai une longue expérience.
25:28Mais là,
25:29on a une reprise de main.
25:30Est-ce que cette reprise,
25:31c'est un renforcement
25:33ou est-ce que c'est plutôt
25:33l'aile la plus avancée
25:35et la plus radicale
25:36qui va continuer à manifester ?
25:38Celle qui est localisée
25:39et clairement identifiée
25:40sur les 10 % d'établissements
25:42qui sont les plus impactés
25:44par le mouvement.
25:45Est-ce que c'est juste
25:46un moment d'attente
25:47avant la grande manifestation
25:48du 17
25:49qui se trouve en plein départ
25:50en vacances ?
25:51Donc, on ne sait pas très bien
25:52si c'est le chant du signe
25:53du mouvement
25:54ou juste ne nous oubliez pas
25:55et on ne vous oubliera pas.
25:57On verra.
25:57Ça, je ne peux pas anticiper.
25:59Mais clairement,
26:00les rendez-vous
26:00qui sont pris
26:01de manière régulière
26:02sont des indicateurs
26:03de la persistance
26:04dans les têtes
26:05et peut-être dans les pieds
26:07de ceux qui ont manifesté
26:08de ce mouvement.
26:09En tout cas,
26:10la génération là,
26:11elle n'a rien oublié
26:13de Naël
26:13et elle n'a rien oublié
26:15de la période suivante.
26:16Même si, une parenthèse,
26:18pour la génération
26:19dite Naël,
26:19beaucoup étaient sortis
26:20dans la rue
26:20sans même savoir
26:21ce qui s'était passé
26:22pour Naël
26:23ni le soutenir
26:24ni penser à sa mémoire.
26:25Il savait qu'il était mort
26:26et qu'on leur avait dit
26:28que la police l'avait tué.
26:30Mais le fait
26:30que ça ait suffi
26:31pour avoir,
26:32selon le rapport du Sénat,
26:3350 000 émeutiers
26:35dans des villes
26:36qui n'avaient jamais
26:37connues de violences urbaines.
26:38La quasi-totalité
26:39des gens
26:39qui ont été interpellés,
26:40les 6 000
26:41et des cacahuètes,
26:42sont inconnus
26:43des services de police.
26:44Inconnus.
26:45Ils n'ont aucun quasi-juice,
26:46aucun passé.
26:47Les policiers
26:47ne les connaissent pas
26:48même de vue du genre
26:50c'est le dealer du coin
26:52mais il est gentil.
26:52Non, non, il se passe
26:53quelque chose
26:54dans cette génération
26:55qui bascule
26:56vers la violence.
26:57Mais qu'attend le gouvernement ?
26:59Pourquoi faut-il attendre ?
27:00Je vous propose
27:01de poser cette question
27:02à ceux qui en sont partis.
27:04Je vais en venir
27:05à une question
27:06plus adaptée
27:06à votre domaine.
27:08La question que je pose
27:08c'est qu'il a fallu attendre
27:09toutes ces violences,
27:10ces policiers,
27:11ces gendarmes blessés,
27:12ces lycéens
27:13pour parler
27:13de ces 3 000 professeurs
27:15qui vont arriver
27:16dans un pays...
27:17Dans la quasi-totalité
27:18n'a rien à voir
27:19avec ceux qui sont absents.
27:20Nous sommes d'accord en plus.
27:21Parce qu'il faut rappeler
27:22qu'il y aura une suite
27:22à cette affaire.
27:24C'est le professeur
27:24d'EPS
27:25qui va faire des mathématiques,
27:26celui de mathématiques
27:27va faire de langues...
27:28Qui sont les professeurs
27:29non mathématiques ?
27:29On va améliorer
27:30le classement PISA comme ça.
27:32Magnifiquement,
27:32en sport sans doute.
27:33Dans un pays
27:34qui a quand même
27:341 000 ans de jacquerie,
27:36Alain Beauvoir,
27:37comment le politique doit...
27:39Il se doute
27:40qu'il peut se passer des choses
27:41dans ce pays aussi.
27:42Il ne peut pas attendre
27:43un rapport de force
27:43pour négocier.
27:44Le classement lui permet
27:45de revenir sur la question
27:46de retour à l'ordre.
27:48Parce que la quasi-totalité
27:49des lycéens eux-mêmes
27:50sont effrayés
27:51par la violence
27:52qu'ils regardent.
27:53Il y a un moment
27:54où ils trouvent ça formidable.
27:56C'est,
27:57comme je le disais tout à l'heure,
27:58déni-défi,
27:59déli-moins,
28:00mais quand même.
28:01Donc,
28:01il y a ce côté
28:01entraînement,
28:03challenge.
28:04Voilà.
28:04Et puis,
28:05le lendemain,
28:06quand on regarde
28:06les ruines fumantes,
28:07on se demande
28:08où on va aller
28:10faire cours,
28:11enfin,
28:11suivre un cours
28:12ou passer ses examens.
28:14Donc,
28:14il y a une ambivalence
28:15naturelle
28:16et elle est propre
28:17pas seulement aux étudiants.
28:18Vous savez,
28:18quand vous êtes piéton,
28:19vous détestez les vélos.
28:20Quand vous êtes vélo,
28:21vous détestez les piétons
28:22et les voitures.
28:22Et quand vous êtes automobiliste,
28:24vous détestez tout le monde.
28:25Il suffit de changer
28:26de moyen de locomotion.
28:27C'est très naturel.
28:28Là,
28:29il y a une tentation
28:30de la violence
28:31comme un exutoire
28:33à ce qu'on subit,
28:35une tentative
28:35de hurlement
28:36sur écoutez-nous
28:38et en même temps,
28:40une sidération
28:41devant l'effet
28:42de la violence
28:43quand il est exprimé.
28:44Le jeune homme
28:45de 14 ans
28:47qui aurait
28:48ou qui a tiré
28:49à Aubagne,
28:50il est inconnu
28:51des services de police.
28:52Alors certes,
28:52tout le monde vous dit
28:53ah oui,
28:53mais alors il nous avait dit
28:54un jour que peut-être
28:56comme dans tous les cas,
28:57le lendemain
28:58d'un attentat
28:59ou d'un crime
29:00ou d'une horreur
29:01ou d'une tragédie,
29:02on vous dit
29:02ah oui,
29:02mais on le savait
29:03mais on n'a rien fait.
29:04C'est aussi ça
29:05notre problème.
29:06Et c'est valable
29:07non seulement pour la violence,
29:08c'est valable
29:09pour la pédocriminalité
29:10ou pour le reste.
29:11Vous voyez,
29:11notre capacité
29:12à mettre sous le tapis,
29:13à ne pas dénoncer
29:14ou à ne pas juste aider
29:16ou à ne pas signaler,
29:17ce qui ne veut pas dire dénoncer,
29:19mais au fait,
29:20à qui on le signale ?
29:21Ils sont où les infirmières scolaires ?
29:22Ils sont où les médecins scolaires ?
29:23Mais on peut quand même
29:24difficilement imaginer
29:25que ce qui s'est passé
29:26pour,
29:27et d'ailleurs Linda Kebab
29:28en a parlé tout à l'heure,
29:29une tentative d'homicide
29:30pour ce poste de police
29:32qui a été incendié.
29:34Ou ce commandant
29:35du renseignement
29:36qui a failli être...
29:37Enfin,
29:37on peut difficilement
29:39imaginer qu'on arrive,
29:40on brûle
29:42un établissement
29:43et en l'occurrence
29:43un poste de police
29:44en sachant qu'il y a
29:45des hommes et des femmes
29:45à l'intérieur
29:46et qu'on est un casier
29:48et qu'on soit...
29:50Sans casier judiciaire.
29:51tout à fait tranquille
29:52la veille,
29:52regardez le jeune homme
29:54qui a brûlé
29:55avec un chalumeau
29:56une assistante de vie
29:58qui a essayé
29:59de protéger un abribus.
30:00Écoutez son audition
30:02et ce qu'il raconte.
30:03Et qui le fait
30:03de manière tellement
30:03déshumanisée
30:04comme si...
30:05et qui à la fin
30:06commence à pleurer
30:07en disant
30:07je viens de me rendre
30:08compte de ce que
30:08je viens de faire.
30:09C'est le même.
30:11Et il ne pleure pas
30:13faussement.
30:14Il intègre une dimension
30:16qui est la pulsion de mort
30:18puis la faute
30:19puis la contrition
30:21puis je pleure
30:22en me rendant compte...
30:23Non mais...
30:23Puis ça survit en réalité,
30:25non ?
30:25Il n'y pense.
30:26On ne sait pas.
30:26Je ne peux pas...
30:27Je n'ai pas rencontré.
30:28Je lis...
30:29Je lis ce que sont
30:31les ressorts
30:32de l'instruction
30:33ou en tout cas
30:34des auditions en cours.
30:35Mais ce sont les mêmes.
30:36Et pour rencontrer
30:37beaucoup de jeunes
30:39criminels,
30:39ce qui n'est pas le cas
30:40du mouvement lycéen,
30:41il y a des criminels
30:42qui s'en servent.
30:43C'est ce que j'essaye
30:43d'expliquer.
30:44Je vois bien
30:45ce que sont
30:46les contradictions
30:48extraordinaires
30:48qui existent
30:48dans leur tête.
30:50Je peux vous faire aller
30:50sur un scénario
30:51qui est complètement hypothétique
30:53vraiment
30:53et on espère absolument
30:55absolument
30:55que ce ne sera pas celui-là
30:56mais j'imagine
30:57que les renseignements
30:58et vous-même
30:58vous faites...
30:59Voilà, vous intégrez
31:00tous ces scénarios.
31:01Qu'est-ce qu'il reste
31:02si on a enlevé
31:03à la police
31:04les grenades assourdissantes
31:06et si demain
31:06on leur demande
31:07d'enlever encore
31:08certains outils
31:09ou armes
31:10comme disent d'autres
31:11et qu'on arrive
31:12à une situation
31:13qui est trop inflammable ?
31:14Est-ce qu'il reste
31:15une dernière décision,
31:16une dernière carte
31:17que tout gouvernement
31:18peut sortir
31:19s'il est dépassé
31:19s'il y a un drame ?
31:20D'abord, il n'est pas obligé
31:21d'enlever tous les équipements.
31:23Il est surtout chargé
31:24de faire en sorte
31:25que ceux qui les utilisent
31:26savent le faire.
31:27Et ça, c'est une responsabilité
31:30gouvernementale.
31:30Oui, mais on est dans
31:31un contexte politique.
31:32Ah oui, mais ce n'est pas grave.
31:33On ne donne pas un LBD
31:34à n'importe qui.
31:35On ne lui permet pas
31:36d'être utilisé
31:37n'importe comment.
31:38La grenade assourdissante...
31:39Pourquoi l'avoir suspendue
31:41la grenade assourdissante ?
31:42Il n'y a qu'à la confier
31:42à ce que ça
31:43pour s'en servir,
31:44M. Bauer.
31:44Une grenade assourdissante
31:45pour les mêmes raisons.
31:46Une grenade est un engin explosif.
31:51Et donc, si je vous le mettais
31:53sur votre bureau,
31:54comme un de vos collègues
31:55l'a fait la semaine dernière
31:56avec une grenade lacrymogène,
31:57il a compris le fonctionnement
31:59de la grenade lacrymogène.
32:00Oud, il a mis à peu près
32:02huit jours à se débarrasser
32:03de l'odeur de la lacrymogène.
32:04Mais c'est un autre sujet,
32:05Maxime Switek.
32:06Mais sur le fond,
32:07il s'est rendu compte
32:08qu'à l'intérieur de la grenade,
32:09il n'y avait pas juste du gaz.
32:10Il y avait des petits plots
32:11en plastique qui sautaient
32:12en l'air pour diffuser le gaz.
32:14Et que le petit plot en plastique,
32:15quand il saute en l'air,
32:16il ne le fait pas doucement
32:17et gentiment.
32:18La grenade assourdissante,
32:19elle a aussi des plots
32:20qui permettent de diffuser
32:23les éléments d'œufs.
32:24Et donc, comme ça explose,
32:26c'est dangereux.
32:27Dans ce cas précis,
32:27ce n'est pas la grenade
32:28qui a posé problème.
32:29Alain Bauer.
32:30Le ministre de l'Intérieur
32:31ne le découvre pas
32:32quand il décide,
32:33il y a quelques jours,
32:34de suspendre cette grenade
32:35qui était utilisée.
32:36Il découvre que cette nouvelle génération
32:37de la grenade assourdissante
32:38pose les mêmes problèmes.
32:39Mais qui peut le croire ?
32:41Ah ben c'est vrai.
32:42Utiliser du jour au lendemain,
32:44on se dit qu'il faut le suspendre.
32:45Non, mais il fallait que quelqu'un
32:46la prenne en main
32:47pour que sa main explose.
32:48Donc l'idée que quelqu'un
32:49prenne en main une grenade
32:50au lieu de fuir devant la grenade,
32:52parce qu'on ne sait pas
32:53la différence entre une grenade
32:55lacrymogène
32:55et une grenade assourdissante,
32:57et d'ailleurs le débat
32:58sur fallait-il la lancer ou pas
32:59existe à l'intérieur même
33:01des forces de l'ordre.
33:01Le vrai sujet,
33:02c'est la grenade de désencerclement
33:04qui est une arme de guerre
33:05qui n'a rien,
33:07qui n'a pas été utilisée.
33:08Quand vous dites arme de guerre,
33:09c'est vraiment la terminologie
33:11parce que la grenade de désencerclement,
33:14comme son nom l'indique,
33:15c'est quand vraiment
33:16il y a un effet de meute
33:16autour d'un policier.
33:17Donc on s'est beaucoup servi
33:18et qui est encore
33:19dans les logiques de maintien de l'ordre
33:20et qui ne devrait pas l'être.
33:21Alors et s'il y a un effet de meute
33:23autour d'un policier
33:24ou d'un gendarme,
33:24comment il fait pour se désencercler ?
33:26Il a plein d'outils
33:27qui sont à sa disposition,
33:28le tout étant de ne pas se faire en cercle.
33:30Une quinzaine d'individus
33:31autour de lui,
33:32comment il fait ?
33:32Alors en général,
33:33quand vous avez une quinzaine
33:34d'individus autour de vous,
33:35c'est que vous avez été isolé
33:36du groupe
33:37et que vous avez un problème
33:38dans la gestion de maintien.
33:39Oui, mais ça arrive.
33:40Non, vous avez vu ça par exemple
33:42sur la jeune femme
33:43qui se fait courser.
33:45Eh bien sa grenade de désencerclement
33:46n'aurait servi à rien.
33:47Parce qu'il faut savoir
33:48à quoi ça sert.
33:49Et donc ça peut finir
33:50en lynchage.
33:51Elle aurait été elle-même blessée
33:52par sa propre grenade.
33:53La seule police en Europe
33:55à disposer de la grenade
33:56de désencerclement,
33:57c'est les Français.
33:58Les autres sont donc
33:59soit beaucoup plus cons que nous,
34:00soit ont trouvé d'autres méthodes.
34:01Et en fait,
34:02tout le monde sait
34:02qu'il faut se débarrasser
34:03de cet outil
34:04qui ne cherche que pour les insurrections.
34:05Je vous parle bien
34:06du maintien de l'ordre
34:07en manifestation.
34:08Est-ce vrai que d'autres policiers
34:09utilisent les chiens ?
34:10D'autres policiers, oui,
34:12dans d'autres pays européens
34:13comme en Allemagne, en Belgique.
34:14Les chiens, les chevaux, bien sûr.
34:15Il y a des tas d'autres...
34:16Les canons à eau
34:17qui sont arrivés tardivement en France.
34:20Tardivement.
34:21En France,
34:22ils sont une excellente méthode.
34:23Beaucoup plus efficaces
34:24et beaucoup moins dangereuses.
34:25Il n'y a rien
34:26qui soit totalement non létal.
34:29Mais il y a beaucoup moins létal
34:31et il faut engager le processus
34:32de ce qu'on appelle
34:33la gestion démocratique des foules
34:34qui n'est pas exactement
34:36le maintien de l'ordre.
34:36C'est plus joli à dire
34:37et puis ça plaît beaucoup
34:38au Conseil de l'Europe.
34:40Mais c'est un vrai sujet.
34:41Il y a eu beaucoup de travaux
34:42qui ont été menés là-dessus.
34:43Mais il y a toujours des moments...
34:45Parfois,
34:45les technocrates de l'Europe,
34:46ils ne sont pas en train
34:47de se recevoir
34:47un pavé sur la tête.
34:49Moi, je suis pour le faire
34:50avec les policiers
34:51et les gendarmes mobiles,
34:53les CRS et les gendarmes mobiles
34:55pour discuter avec eux
34:56de ce qui serait
34:56le mieux possible.
34:57En général,
34:58la dernière fois que j'ai fait ça,
34:59c'était avec des baqueux
35:00qui ne sont pas les gens
35:01les plus aimables
35:02que je n'ai jamais rencontrés
35:03ni les plus doux.
35:04Et quand ils ont commencé
35:05à expliquer leur métier,
35:06ce qui ne servait à rien,
35:07ce qui servait à quelque chose,
35:08on a fait des cercles de qualité.
35:09C'était organisé
35:10par un syndicat policier
35:11sous l'autorité de M. Delage.
35:13À l'époque,
35:13ça s'appelait Alliance.
35:15Ça s'appelle toujours Alliance,
35:16d'ailleurs,
35:16mais il n'est plus là.
35:17Et ça avait été extrêmement intéressant
35:19et instructif
35:19de demander à la base
35:21comment bien faire leur métier
35:22en blessant
35:23le moins de personnes possible
35:24et en étant
35:24le plus efficace possible.
35:25Ils avaient beaucoup plus
35:26de solutions que leur hiérarchie.
35:28Quel est le plus compliqué
35:29sur un plan social ?
35:31C'est d'avoir un émiettement
35:32du mouvement
35:33qui peut ressembler
35:34à un essoufflement
35:35mais qui dit émiettement
35:36peut dire durcissement
35:37ou au contraire
35:38une conjonction des luttes.
35:39Mais là,
35:39Alain Bauer,
35:40il pourrait y avoir
35:40un encadrement
35:41par des syndicats
35:42et c'est une toute autre affaire
35:44et une toute autre tournure.
35:45L'encadrement,
35:46c'est la bonne nouvelle
35:46et l'encadrement peut fonctionner
35:47quand il n'y a pas d'émiettement
35:48puisqu'on l'a vu
35:49avec le service d'ordre central
35:50de la CGT
35:51dont il faut saluer
35:52l'efficacité
35:53et la rigueur
35:54dans la gestion
35:54de la manifestation
35:55de mercredi.
35:56Il y a eu une semaine
35:57ou une dizaine de jours
35:58et c'est vrai
35:59que c'était bien passé.
36:00C'était remarquable
36:01et ça s'est extrêmement bien passé
36:02y compris du point de vue
36:04des policiers.
36:04Il faut saluer
36:05l'efficacité
36:06et la compétence
36:06à Paris en tout cas
36:08de la préfecture de police
36:09et des effectifs
36:12sérieusement formés
36:13qui ont géré
36:14pour l'essentiel
36:15dans les meilleures conditions
36:16possibles
36:16cette manifestation.
36:18On sent bien
36:18que dès qu'il n'y a plus
36:19l'expérience
36:20et le professionnalisme
36:21de la manifestation
36:23d'un côté
36:23et du maintien
36:24de l'ordre de l'autre
36:25il y a un sujet
36:26et ce sujet
36:27c'est une démonstration
36:28par l'absurde
36:29je me rends bien compte.
36:30Alors moi je préfère
36:32la convergence des luttes
36:33avec des organisations syndicales
36:34pas de blessés
36:35pas de morts
36:36et un mouvement
36:37qui trouve une issue sociale
36:38et politique
36:39c'est pour ça
36:40que je trouve très bien
36:41qu'il y ait aussi
36:42des politiques
36:43qui viennent trouver
36:44une voie de solution
36:46sur le terrain
36:47bien sûr
36:47y compris s'ils se mettent
36:49en une sorte de force
36:50d'interposition
36:50entre les forces
36:51de l'ordre
36:52et les manifestants
36:52ça dépend
36:53quelles sont
36:53les forces de l'ordre
36:54et ça dépend
36:54dans quelles conditions
36:55vous comprenez bien
36:56vous avez vu
36:56on parle de
36:57j'en ai vu
36:57de toutes les natures
36:58oui
36:58j'ai beaucoup entendu
36:59parler du maire
37:00de Saint-Denis
37:01avec sa poubelle
37:02du coup je suis allé voir
37:03j'étais choqué
37:04puis ensuite
37:04j'ai vu le film complet
37:05en fait il tire la poubelle
37:07et bah oui
37:08ça change tout
37:09et donc la manipulation
37:10de l'image
37:10est aussi un sujet
37:12moi je préfère
37:12et ça c'est pas
37:12alors ça c'était
37:13plus récemment
37:14et on le voit également
37:16beaucoup lui ont reproché
37:17d'être avec des individus
37:18derrière lui
37:18et cagoulés
37:19lui affirme
37:20qu'il s'interpose
37:21mais est-ce qu'un élu
37:21s'interpose aujourd'hui
37:22entre les forces de l'ordre
37:23il est un officier
37:24d'état civil
37:24et de police judiciaire
37:25et il a la responsabilité
37:26du maintien de l'ordre
37:27je croyais que les policiers
37:28et les gendarmes
37:29ils avaient le monopole
37:30de la force légitime
37:31mais pas de l'interposition
37:33pas de la manifestation
37:34donc il est tout à fait
37:35dans son rôle
37:35Jean Jaurès
37:36il faisait quoi
37:36dans ses jeunes années
37:38il défendait les ouvriers
37:39contre les milices patronales
37:42mais là vous avez des milices
37:43je ne me permettrais pas
37:44de juger ce que fait
37:46ou pas monsieur Bakayoko
37:47je dis simplement
37:48que les élus de la république
37:50ils devraient tous être
37:51en train de discuter
37:52dans les lycées
37:53avec les lycéens
37:54y compris ça permettrait
37:55la diversité des opinions
37:56vous avez eu d'ailleurs
37:57Robert Ménard
37:58Robert Ménard
37:59il y est allé
37:59franchement
38:01c'est pas le même
38:03que Bakayoko
38:03mais il a eu
38:04la même démarche
38:06oui
38:07d'accord
38:08donc il faut aller
38:09vous saluer
38:10cela
38:11on le voit effectivement
38:12il a fait la leçon
38:13à un très jeune
38:15semble-t-il individu
38:16qui lançait des mortiers
38:17sur les forces de l'or
38:17quand il a retenu le bras
38:19qui s'est ensuite sauvé
38:21ensuite il a fait la leçon
38:22je veux dire
38:22il a fait un métier
38:23et la plupart des élus locaux
38:24contrairement à ce qu'on raconte
38:25même si ça ne se voit pas
38:26autant que les élus
38:27de telle ou telle organisation politique
38:29ils le font
38:30après
38:31quand vous avez un mouvement
38:31donc c'est eux le dernier cordon
38:32quand vous avez un mouvement social
38:34et que vous êtes
38:35du côté du mouvement social
38:37c'est-à-dire de la gauche
38:38traditionnelle
38:39mais j'ai connu des gens
38:40de droite aussi
38:41qui faisaient ça très bien
38:42j'ai dans les années 80
38:44qui m'agissait contre
38:45le gouvernement de gauche
38:47vous avez une tentation naturelle
38:49d'abord d'aller sur le mouvement social
38:51de surfer sur le mouvement social
38:52puis d'essayer de le récupérer un peu
38:54ça peut arriver
38:55surtout quand il y a des élections
38:56il y a un élément
38:57il nous reste quelques minutes
38:58à la boire
38:58il y a un élément
38:59dont on a peu parlé
39:00lors de tous ces mouvements lycéens
39:01et sur lesquels
39:01je souhaite vous entendre
39:02car il s'agit potentiellement
39:04je ne sais pas comment le qualifier
39:05d'ingérence étrangère
39:06il y a quelques jours
39:07il y a eu un communiqué
39:08qui a été peu évoqué
39:10du régime iranien
39:11pour dénoncer
39:12je cite
39:12la répression en France
39:13contre les lycéens
39:14et l'ambassadeur français
39:16à Téhéran
39:17a même été convoqué
39:19pour s'expliquer
39:20c'est-à-dire
39:20l'ambassadeur français à Téhéran
39:22oui
39:22parce que
39:23nous dénonçons régulièrement
39:26le régime des Mollah
39:27il s'est dit
39:27pourquoi ne pas en profiter
39:29pour faire la leçon
39:30à ces démocrates
39:31de français
39:32qui passent leur temps
39:33à nous casser les pieds
39:33avec les droits des femmes
39:34et la répression
39:35vous y voyez juste
39:36un échange de bons procédés
39:37non non non
39:38ils font beaucoup mieux
39:39et d'ailleurs
39:39récemment
39:40les ukrainiens ont détruit
39:41trois data centers
39:42qui fournissaient
39:44des dizaines
39:45voire des centaines
39:45de milliers
39:46de faux comptes
39:46de manipulations
39:47des réseaux internet
39:48qui ont tous disparu
39:49du jour au matin
39:51si je vous pose la question
39:52parce que je sais
39:53que vous êtes quelqu'un
39:53de très renseigné
39:54comme tout le monde
39:55le sait d'ailleurs
39:55il y a eu
39:56dans le magazine Le Point
39:57une enquête
39:58une longue enquête
39:59consacrée
39:59je cite
40:00à l'influence
40:01notamment d'Al Jazeera
40:02et des réseaux islamistes
40:03pour amplifier
40:04et faire dérailler le mouvement
40:06et créer le chaos
40:07vous le confirmez ?
40:07Alors Al Jazeera
40:08je n'en sais rien
40:09c'est une chaîne
40:09de télévision connue
40:11qui a sur ses différents canaux
40:13un peu à peu près tout
40:14y compris
40:15des gens qui émargeaient
40:17au Hamas dans le temps
40:18donc comme l'ont démontré
40:19une enquête
40:20avec de très nombreux
40:21faux journalistes
40:22qui étaient des militants
40:24donc on ne sait jamais
40:25par contre
40:26oui les militants
40:27toute opération
40:28visant à déstabiliser
40:29l'état en France
40:30les institutions
40:30et à pousser
40:31à une révolte
40:32permettant de renverser
40:34ce qui est
40:34tout ce qu'ils détest
40:35la démocratie
40:36la libéralisation
40:37le droit des femmes
40:38et le reste
40:38est utile
40:39et ils s'en servent
40:40le drame
40:41c'est que nous leur permettons
40:42de s'en servir
40:42donc il y a eu
40:43un noyautage
40:43effectivement
40:44parfois
40:45un noyautage
40:45je ne sais pas
40:46tentative indiscutablement
40:49pour dénoncer
40:49une forme d'islamophobie
40:50d'état
40:51de racisme d'état
40:52de tout cela
40:52tout ce qui va avec
40:53et ça c'est très surveillé
40:55par le renseignement
40:56bien sûr
40:57c'est d'ailleurs
40:57pour ça que ça se sait
40:58c'est pas le journal
40:59si on le lit dans les journaux
41:01c'est parce que
41:02les services de renseignement
41:03font leur travail
41:04et que de temps en temps
41:05ils le font savoir
41:06on va conclure
41:07par votre livre Alain Bauer
41:08il faut sauver nos enfants
41:10et on rejoint finalement
41:11tout ce dont on a parlé
41:12le livre noir
41:13de la pédocriminalité en France
41:15est-ce que vous avez
41:16des candidats
41:17à la présidentielle
41:18qui se sont saisis
41:19de votre livre
41:20qui est un véritable sujet
41:21qui est extrêmement renseigné
41:23qui devrait même
41:24être l'un des thèmes
41:25majeurs
41:26de notre campagne présidentielle
41:27et qui en parle aujourd'hui
41:28est-ce qu'il y en a ?
41:28Aujourd'hui
41:29vous avez eu une candidate
41:30à la surprise générale
41:32parce que c'est arrivé un peu
41:34au hasard
41:35qui est Mme Le Pen
41:36qui a repris
41:38beaucoup des éléments
41:39que j'explique
41:40dans ce livre
41:41qui est mon livre
41:42le plus personnel
41:43je l'ai écrit
41:44pour la première fois
41:45non pas avec une sorte
41:45de neutralité
41:46pour expliquer
41:47etc.
41:47là c'est une dénonciation
41:49et une tentative
41:50de mobilisation
41:50de l'opinion
41:51sur un sujet central
41:53je suis satisfait
41:56que Mme Le Pen
41:57en ait fait
41:57un long développement
41:58aujourd'hui
41:59je suis triste
42:00que les autres
42:01n'aient toujours pas compris
42:02qu'il se passait
42:02quelque chose
42:03sur ce terrain
42:03quand 10%
42:04de la population française
42:05a été victime
42:06d'un agresseur sexuel
42:07dans sa jeunesse
42:08et qu'en 160 000 enfants
42:09le sont encore
42:10tous les ans
42:10selon les rapports
42:12des deux organisations
42:12la SIAZ et la CIVIS
42:13qui ont le plus enquêté
42:14sur le sujet
42:15il serait peut-être
42:16temps de se réveiller
42:16et de comprendre aussi
42:18d'où vient
42:18beaucoup de haine
42:19beaucoup de violence
42:20et beaucoup de ressentiment
42:21des femmes
42:22des enfants
42:23des adultes
42:24qui découvrent
42:25parfois
42:25à leurs 40 ans
42:26ou 50 ans
42:27qu'ils ont somatisé
42:28quelque chose
42:29et qui se rappellent
42:29enfin
42:31ou dramatiquement
42:32qu'ils ont été victimes
42:34il y en a
42:34des dizaines
42:35des associations
42:35qui se mobilisent
42:37et l'omerta généralisée
42:38des institutions
42:39sportives
42:41éducatives
42:41de l'ASO
42:42du périscolaire
42:43nous sommes en pleine campagne
42:44d'une élection reine
42:45dans notre pays
42:45où véritablement
42:46c'est le destin du pays
42:47qui va basculer
42:48et donc quand le destin
42:49d'autant d'hommes
42:50et de femmes
42:50ont basculé
42:51comment vous expliquez
42:51que les candidats
42:52certains de cas
42:53ne s'en saisissent pas
42:54pas plus que de la révolte
42:56pas plus que de la génération
42:57Naël
42:58ça va passer
42:59ça va passer
43:00le tapis
43:01tout va bien
43:01c'est le drame
43:02mais ils ne se rendent pas compte
43:03que cette violence contenue
43:05est une violence
43:06qui va s'exprimer
43:06et s'ils ne la prennent pas
43:08en compte
43:08alors ils en seront
43:09les victimes
43:10ce qui sera le drame
43:11de ce pays
43:11le moment
43:12il est venu
43:13d'une mobilisation
43:15individuelle
43:15personnelle
43:16collective
43:16politique
43:17sur ce sujet
43:19et je les invite tous
43:20à reprendre la question
43:22avec ce livre
43:23ou pas
43:24d'une manière
43:24ou d'une autre
43:25et de faire en sorte
43:26notamment
43:26que les amendements
43:28terrifiants
43:29sur la loi intégrale
43:30ils soient
43:32revus en arrière
43:33et que vraiment
43:34on refournisse
43:35notamment dans les
43:35administrations scolaires
43:36des infirmières scolaires
43:38des médecins scolaires
43:39et des personnes
43:39qui soient à l'écoute
43:40des enfants victimes
43:41pour éviter qu'ils le deviennent
43:42parce qu'il faut sauver
43:43nos enfants
43:44parce qu'il faut sauver
43:45nos enfants
43:45d'eux-mêmes
43:45et de la grande violence
43:47et des prédateurs
43:48merci Alain Bauer
43:49merci pour ce grand entretien
43:50merci pour ce grand entretien
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