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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:01Merci d'être avec nous en direct et si vous nous rejoignez à l'instant, un rappel de ce qui
00:05s'est passé là ces dernières heures et ces dernières minutes,
00:09là c'est l'image de la place de la Bastille, c'était tout à l'heure, en fin d
00:13'après-midi, mais malheureusement la situation a très vite dérapé,
00:19c'est la dispersion qui a été très très tendue, place de la Bastille comme vous le voyez, il y
00:23a eu une concentration de casseurs et des meutiers face aux forces de l'ordre,
00:27des projectiles ont été lancés, des chaises, des jardinières, des bouts de cheminées sur les forces de l'ordre qui
00:32ont répliqué par des gaz lacrymogènes et des canons à eau
00:35pour repousser la foule alors que les manifestants, il faut bien dire, et la manifestation avait démarré plus tôt dans
00:41le calme, mais très rapidement il y a eu des slogans anti-police,
00:44des slogans aussi sur certains partis politiques, anti-RN notamment, et puis des individus cagoulés et puis vêtus de noir
00:51ont utilisé tout ce qu'ils avaient sous la main du mobilier urbain,
00:55ils se sont pris aux forces de l'ordre, les forces de l'ordre qui ont tenté de désengorger la
00:59place et ça a duré véritablement,
01:01il y a eu aussi d'ortèges, ça s'est bien passé dans de nombreuses villes, mais aussi toujours à
01:05la fin des tensions, notamment à Strasbourg ou Rennes,
01:08bonsoir Maude Bréjon, merci d'être avec nous, vous êtes la porte-parole du gouvernement, ministre déléguée également chargée de
01:13l'énergie,
01:14je salue Yves Tréhard, bonsoir chérie, merci d'être là, éditaliste politique pour BFM TV et au Figaro, Bruno Pommard
01:22nous accompagne,
01:22bonsoir, ancien instructeur du RAID et président de Think Tank, initiative Sécurité Intérieure et votre expertise, vos expertises nous sont
01:31précieuses,
01:31tout d'abord Maude Bréjon, sur la fin, la dispersion, ces images de violence, ces casseurs qui ont utilisé une
01:37grande partie de ce qu'ils avaient sous la main,
01:39mais pas uniquement, ils étaient très organisés, notamment face aux forces de l'ordre qui ont répliqué avec, notamment comme
01:45on le voit, des canons à eau,
01:46comment vous décrivez une telle situation ?
01:48Toutes les violences, toutes les dégradations, toutes les atteintes aux forces de l'ordre, aux policiers, aux gendarmes,
01:54plus de 40 qui ont été blessés aujourd'hui, sont évidemment inexcusables et inadmissibles.
02:00Notre priorité face à cette situation, c'est évidemment le retour à l'ordre, le retour au calme, le retour
02:07au dialogue,
02:08et in fine, pour les étudiants, le retour en cours.
02:11Ça n'enlève rien à la légitimité d'une partie des revendications portées par les lycéens, et on en parlera
02:19tout à l'heure,
02:19mais il faut faire la part des choses, entre des lycéens qui s'expriment de manière pacifique, toujours de manière
02:25légitime,
02:26et des casseurs, des violences urbaines, qu'on observe sur vos images ce soir, qu'on a observées depuis plus
02:32d'une semaine maintenant,
02:33des lycées qui ont été brûlées, des centaines de forces de l'ordre, encore une fois, blessées, des pompiers, du
02:38personnel, de l'éducation.
02:39– Vous leur apportez votre soutien sans réserve aux forces de l'ordre ?
02:40– Sans réserve, évidemment.
02:42– Je pose la question en mode région, parce que, expliquez-nous, vous êtes porte-parole du gouvernement,
02:46Laurent Lunez l'a dit comme vous, sans ambiguïté, mais le président de la République a laissé entendre,
02:51en tout cas a fait passer un message d'un manque d'empathie, alors est-ce qu'il se désolidarise
02:56de nos forces de l'ordre ?
02:57– Vous savez, moi j'échange avec le président de la République, j'ai participé à un certain nombre de
03:00réunions,
03:00dont je n'ai jamais, jamais entendu le président de la République pointer un manque d'empathie.
03:06Je l'ai entendu évoquer la proportionnalité, comme le ministre de l'Intérieur,
03:11les récents ministres de l'Intérieur l'ont fait quand il s'agit de maintien de l'ordre, et c
03:16'est normal,
03:17on n'agit pas de la même façon face à un bloc pacifique de lycéens devant un lycée,
03:21ou face à des violences urbaines.
03:23Je le redis, je n'ai jamais, jamais entendu le président de la République remettre en question l'empathie des
03:29lycéens,
03:29et je terminerai en disant une chose, j'entends le procès sous-jacent que certains essaient de faire à Emmanuel
03:35Macron,
03:36le président de la République a démontré, de par les politiques publiques qu'il a menées,
03:41de par le budget qu'il a alloué au ministère de l'Intérieur,
03:44notamment qu'il était en plein soutien des forces de l'ordre, et ce depuis des années.
03:48– Oui, mais vous savez très bien que le souci des politiques, et depuis 1986,
03:52c'est qu'il n'y ait pas un gamin, un jeune, un manifestant qui meurt sur la voie publique
03:58du fait, prouvé ou pas d'ailleurs, des forces de l'ordre,
04:03parce que ça embrase tout de suite le terrain, et ça embrase aussi le climat politique.
04:07– Et que c'est toujours un drame.
04:08– Et que c'est toujours un drame, effectivement.
04:10– On dit, pardon de vous interroger comme ça, mais on dit qu'entre le ministre de l'Intérieur
04:15et le ministre de l'Éducation, c'est aussi pas tout à fait sur la même longueur d'onde
04:21et l'un et l'autre, et on répète quand même, on l'a dit plusieurs fois,
04:25on l'a entendu plusieurs fois de collaborateurs du président de la République,
04:28effectivement le président de la République, il leur a dit, faites attention,
04:33levez le pied, ne soyez pas trop brutaux.
04:35– Alors je ne sais pas qui sont les on que vous citez dans vos phrases.
04:39– C'est toujours difficile, mais vous savez très bien, c'est dans vos phrases.
04:41– Et ce sont souvent des sources anonymes.
04:43Moi ce que je peux vous dire, c'est que le président de la République,
04:45Premier ministre, ministre de l'Intérieur, ministre de l'Éducation nationale,
04:48ensemble du gouvernement, on est alignés sur un principe simple,
04:52encore une fois celui que j'ai tenté d'expliquer tout à l'heure
04:55et qui demande un peu de mesure dans les explications qu'on donne.
04:58Il y a d'un côté des lycéens qu'il faut écouter, et c'est ce que fait Édouard Geffray,
05:03c'est ce que fait le Premier ministre, et on a lancé un certain nombre de chantiers,
05:06de consultations, on va en parler, et il y a,
05:08des violences urbaines, des dégradations qui sont inadmissibles,
05:12qui, j'ajoute, n'ont pas à être payées par le contribuable,
05:16et qui sont encouragées par un certain nombre de partis politiques.
05:20– Néanmoins, vous avez décidé de retirer…
05:21– L'un ne s'oppose pas à l'autre.
05:22– Vous avez décidé de retirer les grenades à désencerclement.
05:28– Ce n'est pas rien, ça veut dire que vous aviez quand même des doutes
05:32sur l'usage de cet outil de maintien de l'ordre.
05:36– C'est une décision temporaire qui est apparue, nécessaire,
05:42temporaire, temporaire, pour prendre le temps d'analyser et d'apaiser la situation.
05:48Ça ne remet pas en cause le professionnalisme des policiers et des gendarmes
05:53qui, encore une fois, interviennent dans des conditions difficiles,
05:56extrêmement tendues depuis plusieurs jours,
05:58et qui le font avec un objectif qui, je crois, est utile de rappeler ce soir,
06:02c'est de protéger notamment les lycéens qui sont en train de manifester.
06:06– Les forces de l'ordre qui interviennent depuis dix jours maintenant
06:12sur ces manifestations, le font pour protéger les établissements,
06:16le personnel de l'éducation nationale et les étudiants eux-mêmes qui parfois…
06:19– J'ai quand même une réflexion, pardon Bruno,
06:21mais une question qui est quand même qui me taraude moi depuis dix ans.
06:25Ça fait dix ans que toutes les manifestations sont polluées
06:28par des individus incontrôlés et incontrôlables qui sont les casseurs,
06:32black blocs, on les appelle comme on veut, vêtus de noir,
06:35qui mettent le bazar à chaque fois.
06:38Pourquoi il n'y a pas une réflexion à l'intérieur de l'exécutif,
06:42du gouvernement, du personnel politique,
06:45pour dire comment ces gens-là, on peut les isoler,
06:49faire en sorte qu'ils ne soient pas là quand il y a des rassemblements ?
06:52Ça date depuis la loi El Khomri où ça avait été d'une violence inouïe.
06:56– Ça date depuis des années et là je laisserai la parole aux experts.
07:00Il me semble qu'il y a eu de nombreuses réflexions autour du maintien de l'ordre,
07:03que les doctrines de maintien de l'ordre ont d'ailleurs évolué
07:07et que les policiers et les gendarmes font tout dans ce cadre-là
07:10pour tenter d'isoler des manifestants qui, encore une fois,
07:13ont le droit de manifester puisque c'est un droit protégé par la Constitution,
07:18tout du moins un droit fondamental,
07:20et des casseurs, des black blocs qui effectivement n'ont rien à y faire.
07:23Donc la réflexion autour du maintien de l'ordre, elle a lieu,
07:27et ce maintien de l'ordre a évolué lorsque les autorités le décidaient comme nécessaire.
07:32Après il y a la réponse judiciaire qui est absolument centrale.
07:37– C'est jamais eux qui se pourront avoir.
07:38– On va en parler, pardonnez-moi, je veux rester sur le plan politique encore,
07:42avant la réponse judiciaire.
07:43– Je réponds aux questions qui me sont posées.
07:44– Et je vous remercie.
07:45Mais sur le plan politique, avant la réponse judiciaire,
07:48il y a aussi, et vous allez sans doute en parler,
07:51le rôle de la France insoumise pour certains.
07:53Éric Ciotti qui est à votre place,
07:55il parle, comme Bruno Rotailleau d'autre, de France incendiaire.
07:59Et vous ?
07:59– Je crois que la France insoumise a une responsabilité politique et morale évidente
08:04face à ces violences.
08:06Elle n'est pas à l'origine de l'ensemble de ce mouvement
08:09parce qu'il y a une part, encore une fois,
08:11de ce mouvement qui porte de réelles revendications
08:15et de manière indépendante de la France insoumise.
08:18Mais quand on a vu, dès les premières heures,
08:20dès les premières heures de ces manifestations,
08:23des élus de la France insoumise écharpent, écharpent à l'épaule,
08:29encourager les manifestants et insidieusement encourager les violences.
08:33Ce qu'il y a derrière Sonia Mabrouk…
08:34– Insidieusement encourager les violences,
08:35ça c'est une analyse politique ou c'est des preuves tangibles ?
08:38– Je termine, ce qu'il y a derrière Sonia Mabrouk,
08:41c'est une stratégie électorale.
08:43Me semble-t-il parfaitement assumée de la place de Jean-Luc Mélenchon
08:47à six mois de la présidentielle,
08:50d'instrumentalisation d'une partie de la jeunesse,
08:54au détriment d'ailleurs de leur propre sécurité.
08:56On a vu encore hier ou avant-hier,
08:59hier ou avant-hier,
09:00des élus députés de la France insoumise
09:05attiser les tensions au sein même des manifestations,
09:08le faire avec une écharpe d'élus de la République.
09:11– C'est une analyse de votre part ?
09:13Ou alors vous avez, comme on l'a lu,
09:14les renseignements qui vous ont dit,
09:16voilà, Madame, Monsieur, le gouvernement,
09:18il est écrit ici que la France insoumise attise la violence.
09:23– J'ai vu cette note effectivement…
09:25– Vous l'avez vue ?
09:25– Non mais il y a une note qui a été relatée dans la presse.
09:27– La préfecture de police.
09:28– Écoutez, moi, j'ai vu, comme tous les Français, je crois,
09:32des élus de la France insoumise,
09:33sur l'ensemble de vos caméras,
09:35se tenir face à des CRS,
09:37face à des CRS,
09:39face à des forces de l'ordre,
09:40non pas à côté de la jeunesse,
09:42face à des forces de l'ordre,
09:44et donc encourager les tensions
09:46et le côté abrasif des manifestations.
09:49Donc ne faisons pas comme si on découvrait
09:51que la France insoumise
09:52pour faire une stratégie d'engrenage de la violence.
09:55Ils ont une responsabilité morale et politique majeure.
09:56– Vous diriez qu'ils recrutent de la chaire électorale,
09:58de la chaire à canon électorale,
09:59comme Madame Pécresse ?
10:01– Indirectement, oui, ils le font.
10:02– Ah oui, je reprendrai ces mots sans difficulté.
10:06Et je pense qu'il y a énormément de…
10:09Il y a un grand cynisme
10:10de la part de Jean-Luc Mélenchon
10:12qui, au fond, sectorise
10:16les différents corps sociaux
10:18depuis des années maintenant
10:20pour tenter d'en faire des parts de marché
10:22électoral, la jeunesse
10:24et pour Jean-Luc Mélenchon
10:26une part de marché électoral.
10:27– Il a compris que ce sont deux primo-votants
10:28pour 2027, et alors ?
10:30– Mais c'est un cynisme…
10:32– Et pourquoi vous, vous n'arrivez pas
10:33à parler à cette partie de la jeunesse ?
10:34Et pourquoi vos élus n'étaient pas
10:36aux côtés des manifestants
10:37et pas entre les forces de l'ordre des manifestants ?
10:39Pourquoi vous étiez absents ?
10:40Pourquoi avez-vous attendu
10:42dix jours avant une première réponse politique ?
10:44– D'abord, ce que fait Jean-Luc Mélenchon
10:46est d'un cynisme monumental.
10:49Ensuite, apporter des solutions
10:50à la jeunesse de ce pays,
10:52c'est apporter des solutions
10:53sur l'écologie,
10:54c'est apporter des solutions…
10:55– Pardon ?
10:55– C'est apporter des solutions
10:56sur l'emploi,
10:57c'est apporter des solutions…
10:58– Avec une plateforme,
10:59un numéro vert…
11:00– Vous résumez…
11:01Pardon, Sonia Mabrou,
11:02ça devient…
11:03– Non, non, ça fait rire quand même.
11:04– C'est résumer l'action
11:07des neuf dernières années.
11:08– Non, non, non,
11:08je parle des derniers jours.
11:09– C'est caricatural.
11:10– Non, non, je parle
11:10des dix derniers jours.
11:12– Donc…
11:12– Je ne vais pas résumer
11:13dix ans en 30 secondes.
11:15– Non, mais à court terme,
11:20vous ne l'avez pas compris avant.
11:21Pourquoi attendent
11:22toutes ces violences ?
11:23– C'est bien que ce dialogue,
11:24encore une fois,
11:25à court terme
11:25et dans le cadre
11:26de cette expression,
11:27était nécessaire.
11:28Mais apporter des réponses
11:29de long terme à la jeunesse,
11:30je le redis,
11:31c'est des réponses
11:32sur l'écologie,
11:32c'est des réponses
11:33sur le travail,
11:34c'est des réponses
11:34sur le logement,
11:36c'est des réponses
11:36sur la mobilité géographique,
11:38contre l'expression à résidence.
11:39ce temps pendant des jours ?
11:40– Et ça prend du temps,
11:41ça prend des années.
11:42– Pourquoi vous avez attendu
11:43tout ce temps ?
11:44Pourquoi vous avez attendu
11:45qu'on voit des lycées brûlés
11:46avant d'offrir
11:47une première réponse politique ?
11:48– Je pense que nous n'avons pas
11:50attendu que des lycées brûlent
11:51– Vous n'avez pas vu venir
11:54le mouvement ?
11:55Vous n'avez pas vu venir
11:56ce mouvement étudiant ?
11:57– Écoutez, ce que je…
11:58– Qui était au début d'ailleurs
11:59embryonnaire
12:00et puis qui a pris
12:01des proportions énormes.
12:02– Moi, je suis là
12:03pour vous dire
12:03que le président de la République
12:05n'a pas attendu
12:06le mois d'octobre 2026
12:10pour apporter,
12:11encore une fois,
12:12des réponses
12:14aux problématiques
12:15et aux craintes
12:18extrêmement nombreuses
12:20qui traversent
12:20la jeunesse de ce pays
12:21et encore une fois,
12:22depuis des années,
12:23je crois que d'ailleurs,
12:24il fait partie des politiques
12:25qui ont peut-être
12:26le plus porté cette cause-là.
12:28– Non mais votre région,
12:28vous n'êtes pas sur la même planète
12:29que ceux qui manifestent,
12:30ce n'est pas possible.
12:31Alors, il y a deux France.
12:32La plupart de ceux
12:33que l'on ressent,
12:34mais sans doute
12:34ne sont-ils pas
12:35les porte-parole
12:35de toute une jeunesse,
12:36je le reconnais,
12:37disent que celui
12:38qui s'est présenté
12:39comme le candidat
12:40ou le président des jeunes
12:41n'a en grande partie
12:42rien fait sur le bâti,
12:44n'a rien fait
12:44d'une abrogation
12:45de parcours sub
12:46qu'il demande,
12:47n'a rien fait
12:47sur l'emploi du temps,
12:49même si ce n'est pas
12:50directement le président
12:50d'intervenir dans tout cela.
12:52Donc, je ne sais pas,
12:52ou il y a deux visions
12:54des choses,
12:54ou alors…
12:55– Moi, je réfute l'idée
12:57que rien n'a été fait.
12:59Et je crois que ce n'est pas vrai.
13:01Je crois que c'est faux.
13:02Je crois qu'en matière…
13:02Encore une fois,
13:03je pense qu'en matière
13:04d'emploi,
13:04je pense qu'en matière
13:05de logement,
13:05je pense qu'en matière
13:06d'écologie.
13:07Et ça ne veut pas dire
13:08que tous les problèmes
13:08sont réglés.
13:09Et ça ne disqualifie pas
13:12la colère,
13:13encore une fois,
13:13et des craintes
13:14qu'on doit entendre.
13:15– Vous n'avez pas connu
13:15un moment de sidération
13:16par rapport à ce qui s'est passé ?
13:18On a l'impression
13:19d'une sidération de votre part.
13:20– Appréhender ça
13:21en me disant,
13:22Madame Mabrouk,
13:23qu'on ne vit pas
13:23sur la même planète
13:24que les jeunes
13:25qui sont en train
13:26de manifester.
13:27D'abord, je vais vous dire,
13:27c'est très méprisant.
13:28– Pourquoi ?
13:29– Et ensuite,
13:30c'est décalé
13:31par rapport à ce qui a été venu.
13:32– Excusez-moi,
13:32vous me dites,
13:32Madame Lamarquise,
13:33tout va très bien.
13:34Je vous pose la question.
13:35Est-ce que c'est
13:36ce qu'on voit dans les images ?
13:37– J'ai commencé cette interview
13:38en vous expliquant
13:39qu'il y avait d'un côté
13:40des casseurs
13:40et de l'autre côté
13:41des jeunes
13:41qu'on avait besoin d'entendre.
13:43Je vous dis
13:43que des réponses
13:44ont été apportées,
13:45que toutes les craintes
13:46et que tous les problèmes
13:47n'ont pas été solutionnés.
13:49Mais ça ne veut pas dire
13:50que rien n'a été fait.
13:51– On a l'impression
13:51que les problèmes d'aujourd'hui,
13:53d'ailleurs,
13:53ce n'est pas une impression,
13:54c'est les revendications
13:55des lycéens,
13:56beaucoup d'entre elles
13:57prennent leurs sources
13:59dans les réformes
14:00qui ont été faites
14:01par Jean-Michel Blanquer
14:02lors du premier quinquennat.
14:05C'est vrai
14:06de la réorganisation
14:07des emplois du temps
14:08avec des trous,
14:10on appelle ça
14:11des emplois du temps
14:11gruyères d'ailleurs.
14:13C'est vrai
14:13de Parcoursup,
14:15c'est vrai
14:15de beaucoup de choses
14:16qui finalement
14:17ont été des réformes
14:18qui à l'époque
14:19sont passées comme ça
14:20et qui aujourd'hui,
14:22on s'aperçoit
14:22des années après
14:23que c'est des réformes
14:25qui ne conviennent pas
14:26semble-t-il.
14:28Ils ne conviennent pas
14:29aux élèves
14:30et voire parfois
14:31aux parents
14:31parce que c'est ça aussi
14:33qui est étonnant,
14:34qui est intéressant
14:34dans les études d'opinion,
14:36c'est que les parents
14:37soutiennent,
14:38ils dénoncent les violences
14:39mais ils soutiennent
14:41les revendications
14:42des enfants.
14:42Et la question ?
14:43La question,
14:44vous n'avez pas l'impression
14:46qu'on déconstruit,
14:49finalement que les réformes
14:50de M. Blanquer
14:51n'ont pas été à la hauteur.
14:51Non, je crois qu'il y a
14:52des réformes
14:52qui ont été faites
14:53pour de bonnes raisons.
14:54Ça n'empêche pas
14:55d'interroger
14:57l'efficacité,
14:58la pleine efficacité
14:59d'un certain nombre
15:00de dispositifs
15:01et notamment
15:01de Parcoursup.
15:02Quand on a
15:03de l'angoisse
15:04telle que ça s'exprime
15:05chez les jeunes
15:06et effectivement,
15:07vous le dites à juste titre,
15:08chez les parents,
15:09on doit l'entendre.
15:10Est-ce qu'il y a
15:10des modifications,
15:11des évolutions à faire ?
15:12Nous avons déjà répondu
15:13à cette question.
15:15Maintenant, attention,
15:15quand on parle d'orientation
15:16parce que derrière,
15:17la question,
15:17c'est celle de l'orientation.
15:19Ça ne se résume pas
15:20à Parcoursup.
15:21Il y a tout ce qui vient
15:22avant Parcoursup.
15:23Comment est-ce qu'on accueille ?
15:25Comment est-ce qu'on accompagne ?
15:26Comment est-ce qu'on informe ?
15:27C'est les emplois du temps,
15:29Gruyère.
15:29On va faire intervient
15:30pour notre pouvoir également.
15:30C'est une première question.
15:32Comment est-ce que vous organisez
15:33l'orientation avant Parcoursup ?
15:35Et puis,
15:35est-ce que vous permettez
15:36aux jeunes de faire après ?
15:38Parce qu'il y a
15:38un certain nombre
15:39de filières aujourd'hui
15:41dont certains estiment
15:42qu'elles manquent de place
15:43mais qui manquent
15:45de débouchés
15:47sur le marché du travail.
15:48Donc,
15:48il y a aussi
15:48une réflexion à avoir
15:49sur quelle place
15:51on ouvre,
15:51dans quelle filière
15:52et dans quelles mesures.
15:53Et là, on vous rejoint.
15:53Et dans quelles mesures.
15:54Mais ça ne sera pas résolu
15:55d'ici mardi.
15:55C'est en adéquation
15:56avec le marché du travail
15:57de telle sorte
15:58qu'on ait des jeunes
16:00qui, encore une fois,
16:01aient un emploi
16:01et le mieux rémunéré possible.
16:03Mardi,
16:03il y a une nouvelle journée.
16:04Ça,
16:05c'est des chantiers
16:06à long terme.
16:07Et sans doute,
16:07seront-ils même résolus
16:08ou posés dans le débat public
16:09d'une présidentielle ?
16:11Bruno Pommard,
16:11en attendant,
16:12et vous connaissez bien ce sujet,
16:13il y a quand même
16:14des forces de l'ordre
16:14qui sont exténuées,
16:15qui pour certains se disent
16:17par manque,
16:18en tous les cas,
16:20une réponse politique
16:21pas assez suffisante
16:22à l'heure actuelle.
16:24Ils vont devoir encore
16:25subir des violences
16:26et aussi avec la crainte
16:28des violences
16:28par rapport aux lycéens.
16:30De ce que vous savez,
16:31quelle est l'ambiance
16:32dans laquelle
16:33le gouvernement
16:33va continuer à évoluer
16:35ces prochains jours ?
16:36Écoutez,
16:36c'est compliqué
16:37pour Laurent Nunes.
16:39On le sait,
16:40c'est un grand policier.
16:40Laurent Nunes,
16:41avant d'être ministre,
16:42c'était un très grand préfet
16:43donc il connaît bien
16:43la maison en police
16:44et il la manie
16:45avec d'extérité,
16:47il faut le dire.
16:48À côté de ça,
16:48effectivement,
16:49on disait tout à l'heure
16:50la déclaration du...
16:51Moi, ça m'a un peu choqué
16:52parce qu'évidemment,
16:53je fais 36 ans
16:53de la police
16:54et quand j'ai entendu
16:55notre président dire
16:56« demande plus d'humanité
16:57dans le maintien de l'ordre ».
16:58Il ne l'a pas dit ?
17:00Si, si, si,
17:00si, moi de Bréjean,
17:01je suis navré...
17:02D'empathie, d'empathie.
17:03Non, non, je suis...
17:04C'est le mot empathie ?
17:05C'est une phrase rapportée ?
17:06Moi, j'ai noté d'humanité
17:07ou d'empathie.
17:09Ça me gêne
17:09de la part du président
17:10compte tenu du contexte.
17:11Vous savez combien
17:12il y a de policiers ?
17:13Il y a près de 800 policiers
17:14qui sont blessés.
17:15C'est une tuerie, quoi.
17:16En fait,
17:17c'est une charpie totale.
17:19Ça ne peut pas
17:19continuer comme ça
17:20et vraisemblablement,
17:21on a vu, par contre,
17:22M. Lecornu
17:24soutenir sans faille
17:24à l'Assemblée nationale
17:25les forces de l'ordre,
17:26heureusement,
17:27et l'ensemble du gouvernement,
17:28on l'espère,
17:29mais c'est vrai
17:29que ça m'a un peu interpellé
17:30quand même
17:31la position du président
17:32de la République.
17:32Bon, bref,
17:33on ferme la parenthèse.
17:34Maude Bréjon,
17:34elle a quand même dit
17:35qu'elle n'a jamais entendu.
17:37Donc, la question...
17:38On n'écoute pas
17:39les mêmes communiqués de presse.
17:41Enfin, bref.
17:41Ça n'a jamais été écrit
17:42dans un communiqué de presse.
17:44Je l'ai inventé.
17:44C'est un propos rapporté
17:47sous couvert
17:47d'un autrement
17:48chez vos confrères du Parisien.
17:50Vous pouvez être tout à fait précise.
17:51Soit, pourquoi pas.
17:51Ça a commencé dans le panneau.
17:52Le problème,
17:52c'est comment on va sortir
17:53de cet impasse
17:54parce que ça devient
17:55véritable problématique.
17:56On l'a vu,
17:57encore une fois,
17:57avec ces antifas
17:58qui sont des bandes organisées
18:00qui sont pour certaines
18:01connues des services
18:02de renseignement
18:03et qui sont là
18:03pour casser du flic
18:04qui se mélangent
18:05à cette manifestation
18:06de jeunes
18:07qui revendiquent des choses
18:08et ils ont raison.
18:09Comment en sortir ?
18:10Alors, c'est vrai
18:10que la France insoumise,
18:11on l'a vu,
18:12sur 577 députés,
18:14on voit 6 députés
18:15faire les pantins
18:16au milieu des jeunes
18:17et aller verbalement
18:19apostrophé les policiers.
18:21Ça veut dire quoi ?
18:22Je n'ai pas dit physiquement,
18:23verbalement.
18:23Quand vous entendez
18:24M. Leaumant
18:24qui parle au commissaire de police
18:26avec arrogance, etc.
18:27et qui dit aux jeunes
18:27« Vous avez vu ? »
18:28Bon, ça veut dire
18:29on attise,
18:30on attise
18:30et qu'est-ce qui se passe ?
18:31Eh bien, à un moment donné,
18:32il y a des cailloux qui partent.
18:33Et quel exemple on donne ?
18:34Ah mais terrible !
18:35De la part d'un début
18:36de la République,
18:37encore une fois,
18:38avec une écharpe tricolore.
18:39Il faudrait réagir
18:40peut-être ce soir
18:41au propos de Bali Bagayoko
18:42à Maude Bréjean
18:43parce qu'il affirme
18:44qu'il y a une forme
18:44de discrimination
18:46organisée par...
18:47En tous les cas,
18:48qui viendrait de l'État
18:48par rapport à une partie
18:50de la jeunesse
18:50issue de la diversité.
18:52Il dit que c'est
18:53une discrimination
18:54de votre part.
18:55Je pense que c'est...
18:56Alors, d'abord,
18:57je n'ai pas entendu ses propos.
18:58Vous voulez l'écouter ?
18:58Allons-y, c'est plus simple.
19:00On va l'écouter.
19:01Il était tout à l'heure
19:02au rassemblement parisien
19:04et il a tenu ses propos.
19:07Qu'est-ce que ces jeunes
19:08ont fait de mal ?
19:09Revendiquent leur droit réel ?
19:11Dans un des États
19:12qui se garagérisent
19:13d'être à 5e, 6e puissance économique
19:15et qui est en incapacité
19:16de comprendre
19:17ce message assez simple
19:18de celles et de ceux
19:19qui sont les enfants de France.
19:20Mais malheureusement,
19:21ils ont une particularité.
19:22C'est qu'ils sont issus
19:24d'origines différentes
19:25et ils représentent
19:26la diversité de la France.
19:27Et malheureusement,
19:28dans les actes
19:28qui ont été posés,
19:30le président de la République
19:30et ainsi que son gouvernement
19:33disent directement
19:35qu'ils n'ont absolument
19:36rien d'être français.
19:38Rien d'être français.
19:39C'est-à-dire que le président
19:40de la République
19:40donne plus que le sentiment,
19:42selon le maire
19:44Bali Bagayoko,
19:45qu'ils ne sont pas français.
19:46C'est honteux
19:47de la part de Bali Bagayoko.
19:49C'est évidemment
19:51une insulte
19:52qui ne vise
19:53là encore
19:54qu'à fracturer
19:55la société.
19:56Ça revient à dire
19:57que l'État est raciste.
19:58Parce que quand,
19:59exactement,
20:00et qu'il y aurait
20:00un racisme d'État
20:02porté par le président
20:03de la République,
20:03encore une fois,
20:04derrière,
20:06ça sous-tend
20:06une stratégie électorale
20:08qui est celle
20:08de la fracture
20:09et qui est celle
20:10de la captation
20:11de ce que
20:12M. Bagayoko
20:13comme M. Mélenchon
20:14considère,
20:15comme je le redis,
20:15une part de marché
20:16électoral.
20:17et ça vaut
20:18pour les Français
20:18issus de la diversité
20:20et ça vaut
20:21pour les jeunes
20:22depuis une dizaine
20:23de jours maintenant.
20:24C'est d'un cynisme
20:27absolument terrifiant.
20:28Et ça dit
20:29quelque chose
20:30au fond
20:31de ce qu'est
20:31cette nouvelle France.
20:32Cette nouvelle France,
20:33c'est une France
20:34fragmentée.
20:35C'est une France
20:36divisée
20:37et c'est une France
20:38où on oppose
20:39les policiers
20:40aux jeunes,
20:41les jeunes issus
20:42de certains quartiers
20:43à d'autres.
20:44Ce n'est pas comme ça
20:44qu'on rassemble.
20:46M. Bagayoko,
20:47traduit la phrase
20:47de Gérard Collomb,
20:48rappelez-vous.
20:49On était côte à côte.
20:49On va finir par vivre
20:50face à face
20:51et par côte à côte.
20:53On va remercier
20:54Maude Bréjean,
20:54on arrive déjà
20:55à la fin de cet entretien.
20:56Il y avait beaucoup
20:57de choses à dire
20:57notamment sur l'énergie
20:58mais j'espère
20:59que vous reviendrez
20:59pour ça.
21:00C'est un sujet majeur.
21:01Peut-être finir
21:01par ces images
21:03également avant
21:03d'accueillir
21:04Henri Guénaud.
21:05C'est ce qui s'est passé
21:06notamment,
21:06vous allez le voir
21:07dans un établissement
21:09tout à l'heure.
21:11On va écouter.
21:12Alors là,
21:12regardez,
21:12ce sont des mortiers
21:13qui ont été directement,
21:14directement tirés
21:15dans un établissement.
21:16Rendez-vous compte
21:17alors qu'aujourd'hui,
21:18beaucoup de lycéens
21:20sont revenus
21:21à l'école.
21:22Regardez ce qui s'est passé.
21:24Ah, j'étais dans le lycée.
21:25J'étais dans le lycée.
21:25J'étais dans le lycée.
21:37Autre image.
21:38Regardez cette séquence
21:39dans la banlieue bordelaise
21:40à présent
21:41où c'est un établissement
21:41qui a été quasiment
21:42entièrement saccagé
21:44et brûlé.
21:44Et là,
21:45c'est une dizaine
21:45ou une vingtaine
21:46d'individus
21:47qui ont mis à sac
21:50les établissements.
21:51Voilà.
21:51Et puis,
21:52non loin de là,
21:53c'est un commissariat
21:54de police
21:55qui a été,
21:56comme vous le voyez,
21:58attaqué.
21:58Là encore,
21:59une même horde d'individus.
22:00Il n'y a pas d'autres mots
22:01qui s'en sont pris
22:01à tout le mobilier,
22:03à la façade,
22:04à l'extérieur.
22:05Il n'y a pas d'autres mots

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