- il y a 1 semaine
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00:00Maintenant qu'elle se lance en politique, elle déjà qui avait le goût du débat public et de la joute
00:04verbale,
00:05elle a certainement un avis sur ce sujet et s'installe avec nous sur ce plateau en direct sur BFM
00:13TV.
00:13Natacha Polony, je vous salue.
00:15Bonsoir.
00:15Bonsoir, merci d'être là, journaliste, essayiste, auteur, notamment de la France Corseam aux éditions Plon.
00:23Je présente également, et c'est Anne-Saura Dubois qui nous a rejoint, merci chère Anne,
00:28Rocaille Adialo qui est là tout à l'heure ici, et Arthur Berda qui est resté.
00:30Ils vont vous écouter très attentivement, Natacha Polony, puis après, relancer, confronter certains de vos points de vue et de
00:38vos convictions.
00:39Une première question, on a envie de vous entendre sur ce sujet, sur l'annulation de cette tournée, je le
00:45disais, conséquences politiques, judiciaires,
00:47mais également, moi ça m'interroge sur le plan moral également, qu'est-ce que vous retenez et qu'est
00:53-ce que dit de notre époque une telle décision ?
00:57Beaucoup de choses ont été dites sur votre plateau qui sont en effet tout à fait justes, c'est-à
01:02-dire que d'abord, ça ne pouvait plus tenir, ça n'était plus possible.
01:07Et je suis la première à considérer que le maintien de la présomption d'innocence est extrêmement important,
01:13parce que c'est un fondement de notre droit et nous devons absolument préserver ça pour le bien de tous.
01:18Mais quand vous avez autant de femmes qui se font entendre, qui en font appel à la justice, la justice,
01:26à un moment donné, ne peut pas se prononcer sereinement.
01:30Patrick Bruel lui-même ne peut pas se défendre quand il n'y a pas justement cette espèce de mise
01:36à distance.
01:37Donc c'était inévitable.
01:38Après, nous espérons, je pense tous qui regardons toute cette affaire, que la justice va pouvoir passer, éclairer les choses,
01:47parce qu'en effet, là, on a une accumulation suffisamment forte pour que ce soit profondément préoccupant.
01:53Et j'ai une pensée, évidemment, pour plus globalement, toutes les femmes, et évidemment, dans d'autres affaires, les enfants
02:03qui subissent des violences,
02:04mais de fait, la justice doit agir et agir le plus vite possible.
02:09Et sans doute que la pression politique a joué, ça me permet d'aller sur le terrain politique.
02:15Depuis un certain temps, vos prises de position sont très scrutées,
02:19parce que beaucoup se demandent s'il va y avoir une énième candidature,
02:22mais je ne vais pas arriver tout de suite avec mes gros sabots,
02:24je vais interroger déjà votre cheminement, Natacha Apolloni.
02:27Vous dites qu'il manque une offre politique qui refuse l'impuissance.
02:31Et je me suis interrogée ce matin, j'ai calculé le nombre de candidats, plus d'une trentaine.
02:35Je me dis, tous impuissants ? Un tel tableau, tel calédoscope, mais tous impuissants, selon vous ?
02:41Ce que j'ai fait pour l'instant, c'est de lancer un appel et d'initier un mouvement,
02:47parce que je sillonne la France depuis des années, mais beaucoup plus encore ces derniers mois,
02:53et j'écoute, moi, ce qu'on me dit, je n'ai pas arrêté d'entendre, là, ne serait-ce
02:58que cet été,
02:59encore, des Français qui me disent, mais qu'est-ce qu'on va faire en 2027 ?
03:04En fait, tous les sondages le montrent.
03:06Tous les sondages le montrent, c'est-à-dire que vous avez un nombre incalculable de Français
03:09qui ne se reconnaissent pas dans l'offre actuelle.
03:12Et c'était déjà le cas en 2022, souvenez-vous, second tour de l'élection présidentielle,
03:1717 millions d'abstentions, vote blanc et nul,
03:21avec une proportion particulièrement élevée de vote blanc et nul,
03:24c'est-à-dire de gens qui vont voter, qui se donnent la peine de montrer leur attachement à la
03:29démocratie,
03:29mais qui vont dire, attendez, nous ne voulons pas de ça.
03:32Donc, il y a bien un moment où il va falloir entendre cela,
03:35c'est-à-dire que l'offre politique actuelle ne répond pas aux attentes des Français.
03:39Et pourquoi ? Parce qu'en fait, il y a un blocage,
03:43un blocage complet des institutions et du champ politique.
03:46Donc, le pouvoir n'a plus le pouvoir ?
03:47Mais oui, en fait, on a des politiques qui se sont petit à petit départis du pouvoir
03:54que leur avaient donné les Français.
03:56Ils ont cessé d'exercer leurs prérogatives et ils ont considéré qu'ils étaient impuissants.
04:01Et d'ailleurs, quand vous écoutez les discours politiques, vous le sentez, ça.
04:04Ils ont beau aligner des mesures, alors on voit, il y a des tas, on en a une tous les
04:09jours,
04:10mais au fond, systématiquement, d'abord, c'est ce qui arrive après chaque élection,
04:14c'est qu'on ne peut rien faire.
04:15Et d'ailleurs, les Français voient bien que leur vie ne change pas,
04:17que tout ce qu'ils ont demandé, en fait, n'est pas mis en place.
04:21Et là, on la sent dès maintenant, cette petite musique qui s'installe.
04:25Et il est nécessaire de comprendre comment on en arrive là.
04:28Et surtout, comment on en arrive à un État de la France, pardon, mais qui est scandaleux.
04:32C'est très intéressant, oui.
04:33C'est-à-dire que, dites-vous bien, moi, je suis indignée de l'État de la France.
04:38C'est-à-dire indignée de voir que le PIB par habitant
04:41et pour la quatrième année consécutive en dessous de la moyenne européenne,
04:45de voir l'État de l'école.
04:47On va avoir encore des statistiques qui vont tomber la semaine prochaine.
04:51On sait déjà, là, depuis 20 ans,
04:54la place de la France dans les enquêtes internationales
04:56ne cesse de descendre.
04:59Et les Français le voient sur leurs enfants.
05:00Je veux dire, 70 000 défaillances d'entreprises dans l'année.
05:03Et vous avez souvent documenté ce déclassement du type.
05:06Tout ça est insupportable.
05:06Mais une question.
05:07Si le pouvoir n'a plus le pouvoir,
05:08si, comme vous le dites, ceux qui arrivent après au pouvoir disent
05:10« Regardez, on ne peut pas, c'est le parti de l'impossibilisme. »
05:14À qui ont-ils transféré leur pouvoir, tous ces politiques ?
05:17C'est intéressant de savoir.
05:18D'abord...
05:19Où est parti ce pouvoir ?
05:20Je vais vous dire une chose.
05:21Moi, ce qui me dérange...
05:23De Gaulle disait...
05:25Le problème, c'est que de la gauche, c'est qu'elle n'a pas le sens de l'État
05:28et la droite n'a pas le sens de la nation.
05:31Et en fait, je pense que nous avons depuis longtemps
05:33des élites politiques et économiques
05:38qui n'ont ni le sens de l'État, ni le sens de la nation.
05:41Je veux dire par là qu'une nation,
05:44en tout cas la nation française telle qu'elle a été définie,
05:47c'est une communauté de destin,
05:48mais une communauté historique et politique.
05:51C'est un choix politique que nous faisons tous les jours,
05:53mais qui découle d'une histoire.
05:55Nous avons une histoire commune.
05:57Et la question, d'ailleurs, est de savoir si cette histoire
05:59peut et doit se perpétuer.
06:01C'est un débat.
06:02Et moi, j'entends de la part des Français
06:04le fait qu'ils ont envie de pouvoir perpétuer
06:06cette histoire, cette culture commune.
06:09Et l'État, c'est l'instrument de cela.
06:12Mais pour que l'État puisse être l'instrument de cela,
06:14il y a non seulement le régalien,
06:16il y a non seulement le fait de pouvoir assurer
06:19l'ordre républicain qui protège les citoyens les plus fragiles.
06:22C'est le droit à la sécurité.
06:24On voit tous les jours, évidemment, à quel point tout ça
06:26est petit à petit bafoué, parce que ça s'amenuise,
06:29parce que l'État a de moins en moins de moyens.
06:31Mais en plus, l'État, ce n'est pas seulement ça.
06:33Le rôle de l'État, c'est de prévoir.
06:36Et je veux dire, l'urgence, c'est de rendre à l'État son rôle,
06:40c'est-à-dire son rôle de planificateur.
06:43Définir les enjeux vitaux de la nation.
06:45Qu'est-ce qui nous est nécessaire pour nous protéger
06:50dans un monde qui est de plus en plus dangereux ?
06:52L'énergie, l'alimentation, les médicaments, c'est tout cela.
06:56Le rôle de l'État, c'est de faire en sorte que nous ayons cela.
06:58Qu'est-ce qui nous empêche de revenir à ce cœur du rôle de l'État ?
07:01Est-ce qu'il y a des gardes-fous ?
07:02Il y a un Conseil d'État, il y a un Conseil constitutionnel,
07:04il y a des traités européens.
07:06Est-ce que vous estimez que ce sont des gardes-fous nécessaires
07:08ou est-ce que vous estimez, peut-être comme certains,
07:10que ce sont aujourd'hui des entraves, finalement, au rôle de l'État
07:14et à ce pouvoir qui nous a été, selon vous, retiré ?
07:19D'abord, ce ne sont pas des gardes-fous,
07:20ce sont des outils institutionnels.
07:23Le rôle des institutions, c'est de permettre,
07:26et en particulier le rôle d'une constitution,
07:28c'est de permettre l'expression de la volonté des citoyens
07:32articulée avec ce qu'on appelle l'État de droit
07:35et qui, en fait, relève de grands principes fondamentaux.
07:38C'est-à-dire qu'en gros, on doit considérer
07:40que la volonté des citoyens doit s'exprimer,
07:42mais que si la volonté des citoyens consiste
07:45à abolir toutes les libertés fondamentales,
07:47il faut, en effet, ce que vous appelez des gardes-fous.
07:51Très bien.
07:51Là, le problème, c'est d'avoir, petit à petit,
07:55fait en sorte que les institutions elles-mêmes
08:00puissent contourner la volonté des citoyens,
08:03exprimées de façon, mais de façon multiple.
08:06Donc, on a, petit à petit, fait en sorte
08:08de retirer des pans entiers du réel du choix démocratique.
08:12C'est vrai en économie, c'est vrai sur les questions d'immigration,
08:16c'est vrai sur des tas de sujets.
08:17En gros, on explique qu'on ne peut pas débattre.
08:20C'est pas populaire par des institutions installées.
08:22Oui, regardez par exemple,
08:24à quel moment les Français ont voté
08:28pour le fait qu'on mette en concurrence
08:32systématiquement toutes les entreprises
08:33avec des entreprises de pays
08:35qui n'ont pas les mêmes règles environnementales,
08:38pas les mêmes règles sociales.
08:40Vous voyez, à quel moment on leur a expliqué
08:43réellement quelles étaient les conséquences
08:44et on leur a dit, acceptez-vous ou non ?
08:47Les rares fois où ils ont eu à s'exprimer là-dessus.
08:49Et en fait, le référendum de 2005
08:51portait sur ce genre de choses.
08:53Ils ont dit non et ça a été contourné.
08:55Une erreur originale pour vous ?
08:57Alors, c'est un révélateur, le référendum de 2005.
09:01Mais de même, quand vous avez une Cour européenne
09:03des droits de l'homme, c'est-à-dire,
09:05il faut rappeler ce que c'est,
09:06c'est-à-dire que ce sont 46 juges nommés
09:10par les différents États qui adhèrent
09:11à la Convention européenne des droits de l'homme,
09:13c'est-à-dire un grand texte philosophique,
09:15un peu comme les droits de l'homme et du citoyen.
09:17Et donc, ces juges décident, par exemple,
09:21ça a concerné le Danemark il y a quelques années,
09:25qu'on ne peut pas expulser un narcotrafiquant irakien
09:31parce qu'en fait, le Danemark a décidé
09:35de l'expulser pour six ans.
09:37Eh bien, l'expulser pour six ans,
09:38ça rendrait difficile son possible retour.
09:40On n'a pas le droit d'expulser à vie.
09:42Mais à quel moment vous trouvez ça normal ?
09:45Donc, tout ce genre de choses, vous voyez,
09:47dans différents domaines, on explique aux citoyens
09:49que ce n'est pas possible.
09:50Vous voulez ça ? Ce n'est pas possible.
09:51Et donc, la question, c'est de savoir
09:53comment on déverrouille tout cela.
09:56La souveraineté, ce n'est pas une notion abstraite.
09:59La souveraineté, ce sont les outils concrets
10:02de l'indépendance.
10:03Donc, encore une fois, je le répète,
10:05l'énergie, l'alimentation, l'armée,
10:08c'est tout ce qui va nous perdre.
10:09Et derrière, une industrie qui marche.
10:12C'est-à-dire que quand on ne produit plus,
10:14quand on n'a plus d'industrie chimique,
10:16ce qui est en train de se passer,
10:18quand on n'a plus d'industrie métallurgique,
10:21derrière, vous dépendez des autres.
10:23Et Nathalie Colony se réclame de...
10:24Ça, on l'a compris, les accents chevènementistes
10:27et séguenistes, je pense qu'ils sautent
10:28tout de suite aux oreilles.
10:30Je vais passer la parole à nos amis
10:32qui vont aussi vous interagir.
10:33Quand vous dites l'entre-soi,
10:34vous n'avez pas l'impression
10:35qu'on le caractérise un peu ?
10:37Pardonnez-moi, vous allez peut-être me dire
10:38que c'est moi, mais l'entre-soi journalistique,
10:40l'entre-soi que vous dénoncez.
10:42Moi, j'ai l'impression qu'en étant journaliste
10:44à la tête de certains grands hebdomadaires,
10:48est-ce que vous ne l'avez pas entretenu
10:49à votre corps défendant ?
10:51À votre corps défendant.
10:52Il faut toujours faire très attention
10:53à ne pas se croire différent de ce qu'on est.
10:57J'ai enseigné pendant dix ans.
10:58J'ai été professeur.
11:00J'ai été journaliste, bien sûr.
11:02J'ai créé une entreprise
11:04qui est un média.
11:05Je passe mon temps partout en France
11:08à discuter avec des patrons de PME et de TI,
11:11avec des fonctionnaires,
11:12avec des artisans et des commerçants.
11:16Je ne nie pas ce que moi je suis,
11:18mais en revanche, ce que je suis
11:19ne m'empêche pas, moi, d'aller écouter.
11:22Et quand il y a eu des citoyens
11:24qui se sont par exemple levés
11:26pour demander le droit à vivre de leur travail,
11:28les gilets jaunes,
11:30eh bien, j'avais beau ne pas être
11:31de leur milieu social,
11:33j'ai compris ce qu'ils disaient.
11:34Parce qu'à force de sillonner la France,
11:37moi, j'avais vu les villages fermés
11:40avec tous les commerces
11:41qui avaient disparu.
11:42J'avais vu les sous-préfectures dépérir.
11:46Et donc, je comprends la colère.
11:48Alors, les questions.
11:49Anne-Saura Dubois ?
11:50Vous avez dit, il faut perturber l'entre-soi,
11:52ces gens qui se servent le thé
11:53sur le pont du Titanic.
11:55Quel est l'objectif, en fait,
11:56de votre irruption ?
11:57C'est comme ça que vous le qualifiez
11:57dans le monde politique.
11:59C'est pour leur mettre un coup de pied aux fesses ?
12:00C'est pour les secouer ?
12:01Ou un jour, vous vous voyez à l'Église ?
12:02Alors, c'est surtout pour faire en sorte
12:07que les Français puissent reprendre
12:09les clés du camion.
12:10Est-ce qu'un jour, vous vous voyez à l'Élysée ?
12:14Honnêtement, je crois que les téléspectateurs
12:16et les Français,
12:17ce n'est pas leur question pour l'instant.
12:19La question, c'est celle du diagnostic.
12:21Je pense qu'ils veulent savoir qui est candidat.
12:21C'est celle du diagnostic, d'abord.
12:24Vous voyez, pourquoi je dis
12:25qu'il y a un entre-soi à perturber ?
12:27Parce qu'avant la question des candidats,
12:30il y a la question du projet.
12:31J'ai regardé le débat des candidats
12:35organisés par le MEDEF.
12:36Et encore une fois,
12:38tous ces candidats avaient travaillé.
12:40Ils avaient un programme,
12:41des fiches, des chiffres, etc.
12:44Je n'ai pas entendu de vision de la France.
12:46Et quand je dis de vision de la France,
12:47c'est la question d'où nous venons.
12:50Et ensuite, la question de ce que sera la France,
12:54de ce que nous voulons qu'elle soit
12:55en 2040, en 2050.
12:59Vous avez deux offres qui sont identifiées par les Français.
13:03Moi, je n'ai pas envie de me retrouver bloquée
13:07entre l'idée de la Nouvelle France
13:09ou l'idée de la France éternelle.
13:11Ce n'est pas ma vision,
13:13ni de la France, ni de la République.
13:14Je vous repose la question.
13:15Est-ce qu'un jour, il est possible que vous soyez à l'Élysée ?
13:18J'ai déjà répondu à cette question-là
13:21en expliquant que je ne l'excluais pas.
13:24Mais ce que je voudrais pour l'instant,
13:25et c'est une urgence pour les Français,
13:28c'est que d'abord,
13:29cette campagne électorale se passe sur le fond.
13:32C'est-à-dire, la question de savoir
13:34comment nous allons régler la crise climatique,
13:37comment nous allons nous adapter
13:38à ce qui, de toute façon, sera inévitable
13:41dans les résultats de cette crise climatique.
13:43Comment nous redressons l'école ?
13:45Comment nous nous remettons à produire ?
13:47Comment nous augmentons les salaires ?
13:49Parce que c'est une nécessité.
13:52Précisément, lorsque les Français ont appris
13:54à vous connaître, à vous découvrir
13:54au début des années 2000,
13:55c'était précisément sur ces questions
13:56d'école, d'éducation.
13:58Dans votre grande interview,
13:59je ne sais pas comment la qualifier,
14:00vous dites que c'est un appel.
14:01Dans votre appel lancé
14:02dans un grand journal national,
14:03concurrent d'ailleurs au mien,
14:05mais je ne vous en fais pas le reproche,
14:06vous n'avez pas un mot
14:07pour parler des industrialisations,
14:08vous parlez de sujets économiques
14:10sur lesquels on a moins l'habitude peut-être
14:11de vous entendre.
14:12En tout cas, les Français vous identifient moins.
14:13Vous n'avez pas un mot sur l'éducation,
14:15sur l'école.
14:16Soyez patient.
14:17Précisément, j'y arrive.
14:18D'abord, est-ce que vous êtes satisfait ?
14:20Soyez patient, c'est une campagne.
14:22Je termine la phrase de la tâche à Polonie.
14:24C'est pas fini.
14:24Du début de consensus
14:25qui semble se dégager,
14:26en tout cas sur la meilleure rémunération
14:28des enseignants.
14:29C'est en tout cas la proposition qui...
14:30Absolument.
14:31Vous partagez cette première proposition ?
14:32Vous avez démissionné
14:33d'éducation nationale,
14:34rappelons-le à ceux qui nous regardent.
14:35Oui, j'ai enseigné pendant...
14:37En début des années 2000 ?
14:37Voilà, j'ai enseigné pendant 10 ans
14:38dans le supérieur
14:39et j'ai été pendant 10 ans
14:41journaliste sur ces questions-là.
14:43Donc, j'ai vraiment enquêté dans des...
14:44J'ai rencontré des professeurs,
14:46des... Enfin, tout.
14:48Justement, ça fait des années
14:49que j'explique que le scandale,
14:51c'est que nous ne payons pas assez
14:52les professeurs
14:53et que quand une société
14:54veut mettre le savoir
14:55au cœur de son projet,
14:57dans ces cas-là,
14:58on paye correctement.
14:59Et d'ailleurs,
14:59tous les systèmes éducatifs
15:01qui fonctionnent,
15:02quelle que soit leur diversité,
15:04sont les systèmes éducatifs
15:05dans lesquels les professeurs
15:06sont correctement payés.
15:07Mais, une fois qu'on a dit ça,
15:09ça ne suffit pas.
15:10C'est-à-dire que, premièrement,
15:11il faut savoir
15:13comment on fait un pacte
15:14avec les professeurs
15:16pour comptabiliser correctement
15:17leurs heures de travail.
15:18Parce que là,
15:19on est encore sur le décret de 1950,
15:21c'est-à-dire qu'on compte
15:22le nombre d'heures
15:23devant les élèves,
15:24alors qu'en moyenne,
15:26des professeurs font
15:2741 heures par semaine
15:28parce que je l'ai fait,
15:29j'ai enseigné...
15:30Alors, c'était dans le supérieur,
15:31je peux vous assurer
15:32qu'il me fallait
15:335 ou 6 heures de préparation
15:34pour une heure de cours.
15:35Et, honnêtement,
15:36c'est un travail monstrueux,
15:38gigant.
15:39Deuxième chose,
15:41la seule chose
15:41dont on ne parle pas
15:42et qui est un tabou,
15:43et ça, moi, je ne comprends pas,
15:44la question des méthodes
15:46d'apprentissage.
15:47C'est ça, le cœur du problème.
15:48Il n'y a pas de tabou ici,
15:49en tous les cas.
15:49Je trouve que c'est un sujet passionnant.
15:51Regardez les méthodes d'apprentissage
15:53au CP en CE1
15:54sur la lecture
15:56et surtout sur les mathématiques.
15:57En fait,
15:58quand on s'intéresse
15:59à ça réellement,
16:00on comprend pourquoi
16:01nous avons un niveau
16:03en mathématiques
16:03qui est devenu absolument tragique,
16:05c'est-à-dire,
16:05je rappelle quand même
16:06que les élèves français
16:08de CM1
16:08sont les derniers
16:09d'Union européenne,
16:10que les élèves français
16:11de 4e
16:12sont les derniers
16:13d'Union européenne en maths.
16:14Quand on veut refaire
16:15une société de production,
16:18ça ne peut pas fonctionner.
16:19Quel chantier ?
16:19Quel défi ?
16:20La question de Rocaïa Diallo,
16:21on ne vous présente pas,
16:22mais vous connaissez
16:23son parcours militant
16:24et ses convictions également.
16:26Alors moi,
16:27j'ai une question
16:27sur un tout autre sujet.
16:28J'ai lu votre livre
16:29avec attention
16:29et c'est vrai
16:30qu'il est extrêmement bien documenté,
16:31notamment sur les questions agricoles
16:32et les questions industrielles.
16:33Et vous avez un chapitre
16:34qui s'appelle
16:35Le féminisme universaliste
16:37contre les identités.
16:38Et c'est un chapitre
16:39où vous parlez beaucoup de vous,
16:40du fait que vous avez été,
16:41comme toutes les femmes,
16:41exposées à des vexations,
16:43à du harcèlement, etc.
16:44Et en même temps,
16:46ce chapitre qui est très personnel
16:47n'a pas de données chiffrées
16:49alors qu'on connaît
16:50les chiffres des violences
16:51contre les femmes
16:51et ne propose pas vraiment
16:53de réponse
16:53à quand même une question
16:54qui se fait extrêmement centrale
16:56dans les débats publics.
16:57Vous expliquez par exemple
16:58que vous avez dû travailler
16:59dix fois plus
17:01pour être là où vous êtes,
17:02mais j'espère que
17:03ce n'est pas ce que vous proposez
17:03aux femmes de travailler
17:04dix fois plus
17:04qu'il y a effectivement
17:05d'autres solutions
17:06qui sont proposées.
17:06Et de la même manière,
17:07vous parlez des enfants,
17:08il y a un chapitre
17:09qui est consacré aux enfants.
17:10Or, on sait aujourd'hui
17:11qu'un enfant sur dix
17:11est exposé à de l'inceste.
17:13C'est quelque chose
17:14que vous avez sans doute vu
17:16dans le cadre
17:17de vos missions éducatives.
17:18Et moi, je trouve
17:19qu'il manque quand même
17:19des propositions
17:20sur la situation des femmes
17:21et des enfants
17:22alors que c'est vraiment
17:22une question qui agite
17:23la société.
17:26Évidemment,
17:26c'est un sujet
17:27que j'aborde,
17:28mais après ce livre,
17:29c'est un livre aussi
17:30de récits
17:31de ce qu'est la France
17:32et d'une vision globale.
17:33Ce n'est pas un programme.
17:35On est d'accord.
17:35Oui, mais on voit
17:36qu'il n'y a pas
17:36beaucoup de chiffres
17:37pour la culture et l'industrie.
17:38Sur les femmes,
17:38il n'y a pas de chiffres.
17:39Alors, il n'y a pas de chiffres
17:40parce que les chiffres,
17:41on les connaît,
17:42heureusement,
17:43et c'est vrai
17:44que j'aurais pu
17:46les rappeler.
17:47Ils sont scandaleux.
17:48En revanche,
17:49ce que je crois,
17:50moi,
17:51c'est qu'il faut protéger
17:52les femmes,
17:53lutter contre les violences
17:54sexuelles et sexistes
17:55et que ça,
17:56c'est un combat.
17:57Et d'ailleurs,
17:57on voit à quel point
17:58tout cela,
17:59heureusement,
18:00est arrivé sur la table.
18:01Cette lutte
18:02doit se faire.
18:03D'abord,
18:04dans le respect,
18:05on en parlait tout à l'heure,
18:06et c'est une question
18:07très complexe,
18:08de la présomption
18:10d'innocence.
18:11Et donc,
18:12il va falloir
18:12que nous réussissions
18:13à mettre en place
18:15un système
18:16qui évite...
18:17Vous n'avez pas
18:18la même vision
18:18du féminisme
18:19que le rocaille à galop.
18:20Mais bien sûr,
18:20c'est pour ça que je termine.
18:21Voilà.
18:22Mettre en place
18:23un système
18:23qui évite
18:24de balayer
18:25la présomption
18:26d'innocence
18:27parce que cela nous protège
18:29et parce que
18:30ce sont des situations
18:32dans lesquelles
18:32la justice
18:33doit travailler.
18:34C'est quoi le féminisme
18:35qu'on attache à Pauline ?
18:36Le féminisme
18:37tel que je le conçois...
18:40C'est un féminisme
18:41qui considère
18:42que les hommes
18:43ne sont pas tous
18:44des bourreaux
18:45et ne sont pas tous
18:46des violeurs potentiels.
18:47Voilà mon féminisme.
18:49C'est un féminisme
18:51universaliste
18:51qui considère
18:53que nous sommes
18:54un patriarcat
18:55structurel
18:56qui fait qu'effectivement
18:57il y a un groupe
18:57qui est dominant.
18:58C'est là,
18:58chère Rocaille,
18:59où nous allons diverger
19:01en partie.
19:02C'est que je pense
19:03que, heureusement,
19:04le patriarcat
19:05a été largement combattu.
19:07Il en reste des traces
19:08mais on ne peut pas
19:09faire comme s'il n'y avait
19:11eu aucune avancée.
19:12Et j'ai parfois
19:13l'impression
19:14quand j'entends
19:15certaines militantes
19:17féministes
19:18qu'on fait comme si
19:19on était toujours
19:19dans les années 60.
19:20Il y a toujours
19:21des violences
19:22contre les femmes.
19:23Il y a des femmes
19:24qui meurent
19:25sous les coudes
19:25de leur mari.
19:26Et je crois
19:27qu'il y a un travail
19:28aussi à faire
19:29qui n'est pas seulement
19:30sur...
19:30Vous ne voyez les choses
19:31que du point de vue
19:32du patriarcat
19:33supposément systémique
19:34alors que je crois aussi
19:36qu'il y a un travail
19:37à faire
19:38qui rentre plus
19:39dans les individus
19:40c'est-à-dire
19:41du soin
19:42c'est-à-dire
19:43de la psychiatrie
19:44est aujourd'hui
19:45en France
19:46un parent pauvre
19:47les soins psychologiques
19:48et tout ce qui va
19:49permettre
19:50de lutter
19:51C'est deux visions
19:51du féminisme
19:52C'est deux visions
19:54bien sûr
19:54mais je crois
19:55qu'il y a une grande misère
19:56des soins psychologiques
19:58et psychiatriques
19:58Mais quel grain de folie
20:00il faut
20:00je pense
20:00penser tout ça
20:01Quel grain de folie
20:02il faut
20:02vraiment
20:03je vous pose la question
20:04pour pouvoir se lancer
20:05dans une campagne présidence
20:06Alors pour l'instant
20:07je me lance
20:08en politique
20:09et je me lance
20:10pour demander
20:12à des français
20:13de me rejoindre
20:14c'est tout ce que j'ai fait
20:15pour l'instant
20:16c'est lancer
20:17un mouvement
20:17parce que j'en ai
20:19assez
20:20vous voyez
20:20j'ai fait ce que vous faites
20:23pendant longtemps
20:24et vous le faites
20:25très très bien
20:26Ne me jetez pas les fleurs
20:27puisque vous ne répondez pas
20:28à la question
20:28Je ne me voyais pas
20:30moi
20:30analyser
20:31parce que j'ai une façon
20:32en plus
20:32de faire du journalisme
20:34qui est un journalisme
20:36d'engagement
20:36et de conviction
20:37j'ai toujours
20:38défendu
20:39des convictions
20:40Vous avez raison
20:41d'ailleurs
20:42à embrasser une carrière
20:43de candidat
20:44à l'élection présidentielle
20:44Ce même discours
20:47sur l'approche du journalisme
20:48qui pour lui
20:48est déjà un exercice politique
20:50Alors ma référence
20:50c'était plutôt
20:51Jean-François Kahn
20:52Non mais
20:52on pourrait en prendre
20:55de nombreux autres
20:56dont Jean-François Kahn
20:57qui est le fondateur de Marianne
20:58Simplement d'un mot
20:59vous ne voulez pas répondre
20:59sur l'avenir ça
21:00j'ai bien compris
21:00j'ai une question sur le passé
21:01honnêtement je ne serais pas
21:02allé sur ce terrain
21:03si vous ne l'aviez pas
21:03vous-même évoqué
21:04vous avez parlé de 2022
21:0517 millions d'abstentionnistes
21:07de vote blanc et nul
21:08j'imagine qu'entre 2022
21:10et 2026 voire 2027
21:11il y en aura encore plus
21:12Simplement j'ai une question
21:13sur 2022
21:13est-ce que vous étiez
21:14vous prétendez les représenter
21:15éventuellement aujourd'hui
21:16ou demain
21:16est-ce que vous étiez
21:17l'une des leurs
21:17de ces 17 millions
21:19d'abstentionnistes
21:19ou de vote blanc et nul
21:20En 2022 je dirigeais
21:21la rédaction de Marianne
21:22et je m'étais fixée
21:24d'ailleurs comme objectif
21:26d'éviter que les français
21:27se retrouvent
21:28avec ce second tour
21:29dont ils ne voulaient pas
21:30Mais ça a été le cas
21:31Toutes les statistiques
21:32oui c'est d'ailleurs
21:32que j'ai échoué
21:33J'ai échoué
21:34Et donc est-ce que vous étiez
21:35l'une des leurs
21:35Est-ce que vous étiez
21:37l'une des leurs
21:38J'étais de ceux
21:40qui ont essayé
21:41à toute force
21:42d'empêcher cela
21:42et de même
21:43je vais essayer
21:44d'être de ceux
21:46qui vont empêcher
21:47que les français
21:47n'aient pas l'offre
21:49qu'ils veulent
21:49parce que moi
21:50j'en ai assez
21:51qu'on empêche
21:54les citoyens
21:55de voter
21:55en leur présentant
21:56des épouvantails
21:57Et c'est ça
21:57C'est la réalité
21:58Ce sont des épouvantails
22:00dans le sens où
22:01ça fait plusieurs années
22:02qu'on nous dit
22:03Mais attendez
22:04vous n'avez pas le choix
22:05de votre vote
22:06Si vous voulez éviter
22:07le rassemblement national
22:09vous êtes obligé
22:11d'aller voter
22:12pour ceux
22:12qui vont reproduire
22:13la même politique
22:14Et Emmanuel Macron
22:15quand il a surgi
22:16en 2017
22:16nous a expliqué
22:17je vais tout renouveler
22:18voilà
22:19on va décoincer
22:21la société
22:21mais il n'y a jamais eu
22:23autant d'énarques
22:23partout à tous les postes
22:25C'est-à-dire
22:25l'inspection des finances
22:27Écoutez le diagnostic
22:28de Jean-Louis Borloo
22:29il a parfaitement raison
22:30Vous l'avez ciblé en particulier
22:30il a quelques jours
22:31Emmanuel Macron
22:32dans un poste
22:32sur X
22:34c'était juste avant l'été
22:36au moment où il a fait
22:36son dernier discours aux armées
22:38vous avez dit
22:3810 ans après l'humiliation
22:39du général de Villiers
22:40forcé à la démission
22:41Emmanuel Macron
22:41se paie le luxe
22:42de faire retirer au soleil
22:43en plein midi
22:44dans les jardins
22:44de l'hôtel de Brienne
22:45sous les chefs
22:46des forces armées
22:46voilà
22:47moi ça m'a fait beaucoup
22:48rire personnellement
22:48mais vous rajoutez
22:49il nous faut retrouver
22:50une présidence digne
22:52respectueuse
22:53prudente
22:53et sérieuse
22:55au lieu
22:56une fois de plus
22:57de faire de la com
22:58encore de la com
22:59toujours de la com
22:59c'est ça pour vous
23:00Emmanuel Macron
23:01Emmanuel Macron
23:02en un mot
23:05Emmanuel Macron
23:06n'a pas tenu
23:08les promesses
23:08qui étaient les siennes
23:09et son diagnostic
23:10sur l'état du monde
23:11était faux
23:12puisqu'il était
23:13dans l'adaptation
23:14à une mondialisation
23:15heureuse
23:15qui n'a jamais existé
23:16c'est pour ça
23:17que ça s'est planté
23:18et quant à la com
23:19on l'a vu
23:20à divers moments
23:21et je crois
23:22que ça a beaucoup
23:23irrité les français
23:23et que Maxime Sutex
23:25se demande
23:25mais Natacha Polony
23:26c'est combien de divisions
23:27Natacha Polony
23:28qu'est-ce qu'elle incarne
23:28dans la France profonde
23:29dans la France rurale
23:31dans la France des classes populaires
23:33en effet
23:34dans la France des classes populaires
23:36dans la France rurale
23:37dans la France
23:37de ces sous-préfectures
23:38qui sont abandonnées
23:39et bien j'ai des gens
23:40déjà
23:40qui ont répondu
23:41à cet appel
23:42et qui ont envie
23:43d'agir
23:43vous avez la réponse
23:44une candidate
23:45je ne dirais pas de plus
23:46vous avez vu
23:47c'est à vous
23:48Maxime Sutex
23:49vous savez
23:49vous êtes journaliste
23:50comme on termine une interview
23:51si vous avez le mot de la fin
23:52c'est que vous êtes candidate
23:53comme vous voulez
23:55moi j'ai lancé cet appel
23:56et je vais continuer
23:57à mettre les gens en mérin
23:58merci Natacha Polony
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