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  • il y a 1 semaine
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00Vous êtes en direct, merci d'être fidèle à cette émission, puis cette actualité, je le disais, elle a vraiment
00:06des répercussions dans différents domaines,
00:08et sans doute que le déclencheur, mais ça, ça n'engage que moi, de cette décision de Patrick Brouel, en
00:13tout cas ce qui a participé, ça a été la pression politique,
00:16la pression des maires, la pression des élus de terrain qui lui ont dit qu'il n'était personne à
00:19non grata dans leur ville, et c'est vrai que c'est une quinzaine,
00:22il faut le rappeler, c'est une quinzaine de maires de tous bords, toutes tendances, Raphaël Rémy-le-le-jeu
00:28le disait, militante féministe,
00:30avait entendu Maître Klugman qui a salué une décision tout à fait souhaitable pour Patrick Brouel de se retirer,
00:35mais il y a un arrière-goût, quelque chose d'amère de se dire quand même, il y a une
00:39présomption d'innocence,
00:40on dirait qu'on le rappelle à la fin pour se dire, bon écoutez, il y a présomption d'innocence,
00:44ça va, mais on lui a coupé le sifflet.
00:47– Non, on ne lui a pas coupé le sifflet, puisque c'est ce qui a été rappelé, Patrick Brouel
00:51était libre d'aller faire ses concerts,
00:53mais ça interroge profondément le choix moral et politique dans une société, d'avoir finalement des hommes qui sont célébrés,
01:00qui sont des stars, qui sont des méga-stars, avec, à côté de ça, plus que la suspicion,
01:05on est à plus de 30 témoignages, on est à plus de 5 plaintes déposées,
01:10enfin, il y a quelque chose du niveau d'impunité, on n'irait pas voir en concert une personne accusée
01:15de 3 braquages à main armée.
01:17Et pourquoi ? On le ferait pour des viols, des agressions sexuelles.
01:22Et finalement, le coup d'après, moi je salue en effet la pression politique,
01:25parce qu'il y a 10 ans, quand on avait ce même genre de débat autour de la tournée de
01:30Bertrand Cantat,
01:31– Qui remplissait des salles, hein ?
01:33– Qui remplissait des salles, et là les politiques, on ne les entendait pas.
01:36– Pas seulement il y a 10 ans, il y a 10 mois, quand Emmanuel Macron avait pris la défense
01:40en conférence de presse de Gérard Depardieu,
01:42Emmanuel Macron avait tenu une défense acharnée de Gérard Depardieu,
01:46en saluant l'artiste, le grand artiste qu'il était, en expliquant que…
01:50– Une fierté française.
01:51– Absolument, une fierté française, je cherchais l'expression, merci Steven.
01:53– Depuis 10 ans, comme depuis 10 mois, je trouve qu'on a fait de gros progrès,
01:56y compris sur la conscience féministe, la conscience de ce que sont les mécanismes d'impunité,
02:01parce que Patrick Bruel a profité aussi de cette gloire, de cette influence pour agresser.
02:06Et c'est ça qui nous interroge aussi profondément.
02:08– Vous ne pouvez pas postuler qu'il est agressé, il est accusé de cela.
02:12– Je le fais.
02:12– C'est ça le respect de la présomption d'innocent.
02:14– Et puis la question c'est, peut-être sera-t-il, et on verra, c'est la justice qui
02:18tranchera responsable de ces faits extrêmement graves,
02:22mais a-t-il apporté tout ce qui n'a pas été dit, tout le non-dit, toute l'omerta
02:27de plusieurs années ?
02:28Voyez-vous ce que je veux dire ?
02:29C'est-à-dire, est-ce qu'il doit être le réceptacle des lâchetés depuis des années,
02:33de tous ceux qui n'ont pas à dénoncer pour l'un, pour l'autre, etc. ?
02:36– Mais en fait, lorsque vous êtes sur scène, lorsque votre vie c'est d'être le réceptacle de la
02:41lumière,
02:42vous vous exposez aussi à faire partie de ces débats d'actualité, vous vous exposez à être un symbole.
02:48On a suffisamment entendu parler ces derniers mois de la fameuse Bruelmania qui avait eu lieu.
02:52À ce moment-là, Patrick Bruel était le réceptacle de bien d'autres choses que de sa simple personne,
02:57ou même que de son simple talent.
02:58– J'entends parfaitement.
02:59– Et aujourd'hui, c'est peut-être le cas aussi.
03:00– Et est-ce qu'on peut se dire, pour continuer à interroger tout cela,
03:03que c'est difficile dans un moment paroxystique, où on demande à chacun de choisir son camp ?
03:08Je pense qu'il n'y a pas de camp, que quand il y a des plaignantes, que c'est
03:10aussi grave,
03:11il faut écouter la parole des fans.
03:12– C'est rassurant de l'entendre.
03:12– Mais il y a une présomption d'innocence aussi.
03:14– Bien sûr.
03:14– Et il y a la parole des fans.
03:16Nous sommes justement avec une fan.
03:19Est-ce que je peux vous présenter ainsi de Patrick Bruel ?
03:21Mais sans doute, avez-vous été biberonné aux chansons qui touchent à la fête,
03:25qui touchent à l'amour, qui touchent à l'amitié de Patrick Bruel ?
03:27Et on sait que ça accompagne.
03:28Pourquoi ? Parce que ce sont souvent des moments où on se rappelle notre jeunesse,
03:32on se rappelle des moments forcément qui nous sont importants.
03:35Comment vous avez réagi ?
03:37Sans doute, avez-vous pris un billet pour l'un de ces concerts ?
03:39Comment avez-vous réagi à cette annulation vous-même, madame ?
03:44– Oui, bonjour. Vous me parlez à moi ?
03:48– Tout à fait.
03:50– Marinelle, c'est à vous que je parle.
03:53– Bonjour, moi je suis fan depuis 42 ans.
03:55Il y en a qui sont encore depuis plus longtemps.
03:58Il y en a plus récemment.
03:59Il y a des femmes, il y a des hommes, il y a des enfants, il y a des jeunes.
04:03Les concerts sont toujours pleins à craquer.
04:06Là, ils étaient d'ailleurs tous pleins pour la tournée.
04:09Voilà, voilà.
04:09Et que voulais-je vous dire aussi ?
04:12J'avais lancé une pétition qui est presque à 20 000 signatures.
04:16Nous avions créé un groupe Facebook de soutien,
04:19ainsi qu'un groupe Instagram depuis peu, suite à la rébellion des maires.
04:24Ce que nous souhaitions, nous, c'est que nous sommes ici en France,
04:28en République, avec des lois, des droits, des devoirs.
04:31Nous voulions que la justice soit respectée,
04:34c'est-à-dire le droit de la prévention d'innocence.
04:37M. Brouel clame depuis le début son innocence.
04:40Il a ses avocats, il a une instruction en cours.
04:44Il n'a pas du tout été défendu d'annuler ses concerts.
04:47Il l'a fait par respect pour son public,
04:50pour ne pas que nous soyons embêtés par des hystériques,
04:53voilà, qui viendraient importuner les concerts.
04:56Il l'a fait aussi pour bien préparer sa défense,
04:59bien préparer son défense et prendre soin de lui,
05:02parce que, bien sûr, tout ça le touche énormément.
05:05Nous le connaissons très bien,
05:07il y en a qui le connaissent même intimement,
05:08dans nos fan clubs, vous voyez,
05:10qui ont apporté des témoignages à la justice.
05:12– Marinelle, vous pouvez me permettre une précision ?
05:14– Oui, je vous en prie.
05:15– Je suppose, je ne suis pas votre avocate,
05:17mais vous ne parlez pas du tout d'hystérie au niveau des plaignantes,
05:20donc ça, je le sais.
05:21Mais moi, je voudrais interroger la femme que vous êtes,
05:24la mère peut-être, la maman que vous êtes,
05:26avec tout ce que vous transmettez à vos enfants, sans doute défi.
05:29Quand vous prenez un ticket et que vous y allez,
05:32avec, évidemment, l'importance de la présomption d'innocence,
05:35mais avec cette liste de plaignantes,
05:37et que vous vous installez face à celui que vous admirez,
05:41pour lequel vous avez un sentiment de lien fort,
05:44est-ce que vous ne vous dites pas, quand même,
05:46de près ou de loin,
05:48est-ce que vous ne vous dites pas que c'est entaché,
05:49quelque part, qu'il y a un billet entaché par tout ce parfum-là ?
05:52Absolument pas, madame.
05:54Nous sommes très, très nombreux et nombreuses à penser la même chose.
05:59Absolument pas, madame.
06:00Patrick dit qu'il est innocent, nous le croyons,
06:03nous le connaissons pour certains intimement,
06:05il y a plein de témoignages dans sa fameur,
06:07voilà, donc qui ont été transmis à la justice, madame.
06:10Voilà.
06:10Moi, je ne le connais pas intimement,
06:12mais en tout cas, je sais,
06:14je connais plein de personnes.
06:16En tous les cas, vous le défendez,
06:16et c'est tout à fait votre droit,
06:18et vous comptiez aller le voir,
06:20et c'était important d'écouter votre voix également
06:23dans un débat pluraliste.
06:25Dès que cette affaire sera réglée,
06:27il reprendra ses activités,
06:30et nous serons là.
06:31Le temps de la justice et la décision.
06:32Les conférences seront pleins, nous serons là.
06:34Voilà.
06:34Bien.
06:35Merci, Marinege, pour votre témoignage,
06:37on a compris,
06:37et votre attachement qu'on a compris sincère et très fort.
06:41Merci de nous avoir entendu.
06:42Je vous en prie, à Patrick.
06:44Merci de nous avoir entendu.
06:44Je vous en prie, à Patrick Bruel.
06:47Bon, maître,
06:49les fans rappellent aussi, je veux dire,
06:51les éléments de droit.
06:53C'est pour ça que je vous dis tout à l'heure,
06:54c'est très difficile.
06:55La question n'est pas de choisir un camp.
06:56Mais je suis d'accord.
06:57Évidemment, mais...
06:57Il faut entendre toutes les émotions.
07:00Elles ne sont pas sur le même plan.
07:02Moi, je récède beaucoup
07:03l'émotion des plaignantes,
07:05qui est légitime.
07:07Il faut l'entendre.
07:08Mais ce n'est pas pour autant
07:09qu'on peut donner droit
07:10à toutes les émotions.
07:11Il faut qu'on s'organise
07:13avec chacun des espaces différents.
07:16Là, en l'occurrence,
07:18ce qui rendait cette tournée
07:22impossible, finalement,
07:23c'est le climat,
07:24c'est le débat social et sociétal.
07:26Peut-être qu'a-t-il pris conseil
07:27auprès de vous,
07:28au-delà de ces avocats, d'ailleurs, maître.
07:29Vous le connaissez,
07:30je ne sais pas si vous le connaissez...
07:32Oui, je le connais.
07:32Oui, vous le connaissez personnellement, peut-être.
07:34A-t-il pris conseil auprès de vous ?
07:36Parce qu'on voit bien
07:37que sa défense a changé
07:39et que vous faites partie
07:40de ceux qui l'ont dit,
07:42chers amis,
07:43ce n'est plus tenable,
07:44ce n'est plus possible.
07:44Moi, vous savez, madame,
07:45ce que je dis ou pas à mes amis
07:47reste entre nous.
07:48Bien sûr, et c'est tout à fait respectable.
07:49Je sais que c'est une réflexion
07:50qui a maturé chez lui.
07:53Et puis, à part ça,
07:55je voudrais le rappeler,
07:56il prend une décision d'artiste
08:00et il prend une décision d'entrepreneur
08:01parce qu'il est son propre producteur.
08:03Donc, rien ne l'obligeait à annuler.
08:05Et nous le savons,
08:06ça a été écrit dans les différents journaux,
08:08que cette annulation va lui coûter
08:10puisqu'il va devoir indemniser les musiciens,
08:12il va devoir peut-être indemniser
08:15les salles dans lesquelles
08:16il devait se produire,
08:17il va devoir rembourser
08:18ceux des spectateurs
08:19qui voulaient venir.
08:20Donc, c'est une décision
08:21auxquelles il n'était pas contraint,
08:22qui est extrêmement coûteuse
08:24au plan économique.
08:25Pour lui,
08:27pardonnez-moi,
08:28on est dans une société où je sois...
08:29Elle est sur un plan sentimental aussi,
08:31j'en veux dire, probablement.
08:31Bien sûr,
08:32pour quelqu'un qui chante,
08:34qui est sur scène depuis 35-40 ans,
08:36qui a un tel lien avec le public,
08:37évidemment,
08:38que c'est sans doute
08:38ce qui est le plus douloureux pour lui.
08:40Et je pense qu'en tout cas,
08:42il faut saluer cela.
08:43On est tellement habitués
08:44à des gens qui cherchent
08:45à évacuer,
08:46à éluder toute responsabilité.
08:47Là, il n'est pas contraint
08:49de prendre cette décision.
08:50Il s'y soumet.
08:52Bon, ben, voilà.
08:54Moi, j'interroge la pression politique.
08:56Je n'ai jamais vu,
08:57mais peut-être que vous avez en tête
08:58d'autres cas,
08:59une pression politique transpartisane,
09:02quel que soit...
09:03J'ai rarement Arthur Berna vu ça.
09:06Non, c'est ça.
09:06Ça n'a pas été le cas
09:07pour la tournée de Gérard Depardieu,
09:08qui a sillonné la France
09:09avec son spectacle hommage à Barbara.
09:11C'était il y a trois ans.
09:13Mais ça a été l'inverse.
09:14Une partie de la classe politique
09:15était même en défense de Gérard Depardieu.
09:17Donc, on était même
09:17dans le schéma inverse.
09:18Non, vous avez raison, Sonia.
09:19Une telle unanimité dans...
09:21Mais qu'est-ce qu'elle dit, justement ?
09:23À la fois d'un système politique
09:26et de tout ce système.
09:27D'ailleurs, qu'est-ce que ça dit ?
09:29C'est quand même...
09:29Il y a une forme de jurisprudence,
09:31même politique.
09:33Oui, c'est pas rien, pardonnez-moi.
09:35Demain, un autre artiste,
09:36vous pouvez avoir une série d'élus.
09:38Ce n'est pas toute chose
09:38étant égale par ailleurs.
09:40Au cours de ces derniers mois,
09:42il y a eu de plus en plus
09:42de témoignages,
09:43il y a eu de plus en plus
09:44de plaintes.
09:45Et donc, ce sont ces récits-là
09:47aussi qui ont ajouté
09:48de la pression,
09:49qui ont ajouté
09:50peut-être à la prise de conscience,
09:52par exemple,
09:52l'identification d'un mode opératoire.
09:54Il y a quand même
09:55cette pression...
09:58Cette pression et cette lourdeur
10:00n'est pas uniquement celle
10:01d'un débat public
10:02qui, bien sûr,
10:03est tendu en ce moment
10:04et sur énormément de sujets.
10:05Mais il y a quand même
10:06une évolution
10:08qui n'est pas uniquement
10:09liée à Patrick Bruel,
10:10qui est simplement
10:11notre taux de tolérance
10:14à des récits de violences sexuelles
10:16est de plus en plus faible.
10:18Et tant mieux,
10:18parce que là,
10:19vous avez posé la question
10:20de la souffrance pour Patrick Bruel
10:21et des coûts
10:23et des conséquences financières,
10:24par exemple,
10:24de l'annulation de la tournée.
10:25Moi, je trouve ça
10:26tout à fait légitime
10:27comme interrogation.
10:28Mais j'ai hâte
10:28que maintenant,
10:29dans chaque plateau,
10:30à chaque moment,
10:31on défendra
10:32la présomption d'innocence,
10:33mais on peut également
10:35débattre et discuter
10:35des conséquences
10:37si les faits sont avérés.
10:38Ça coûte combien
10:39pour chaque femme
10:40d'avoir vécu
10:41une agression sexuelle
10:42ou un viol ?
10:42Et même...
10:43Ils ont tout à perdre.
10:44Et même,
10:44ça coûte combien
10:45pour un homme comme Patrick Bruel
10:47si finalement,
10:47il a tous ses crimes
10:48et toutes ses agressions
10:49sur la conscience ?
10:49Ça aussi,
10:50c'est un coût qui est terrible.
10:51Ce sont des conséquences
10:52qui sont terribles.
10:53Et vraiment,
10:53moi, j'espère que dans 15 ans,
10:55on n'aura plus ces débats-là.
10:56Non pas parce qu'on aura
10:57arrêté avec la présomption
10:58d'innocence
10:59et non pas parce que
10:59la justice sera expéditive,
11:01mais simplement parce que
11:02le nombre de violences
11:03sexistes et sexuelles
11:04aura enfin diminué.
11:05C'est moi.
11:06Deux exemples.
11:07Moi, je crois,
11:09comme Bruel l'a écrit
11:10dans son communiqué,
11:11que cette tournée
11:11était en train de devenir
11:12un débat politique
11:14qui est en train
11:14de devenir autre chose
11:15et c'est pour ça
11:16qu'il y a eu raison d'aller.
11:16Je suis d'accord avec ça.
11:17Mais en attendant,
11:18on a un joueur de foot.
11:20Il n'est pas au niveau
11:21de l'instruction.
11:22Il est renvoyé en procès.
11:24Il va être jugé
11:25aux assises
11:26pour un viol.
11:27Achraf Hakimi.
11:28J'ai pas vu
11:28la même pression politique,
11:30c'est-à-dire qu'au point de vue
11:31de...
11:33Comment ça se fait
11:33qu'il est encore
11:34sur le terrain ?
11:35Pardon, là encore,
11:36j'apporte le point de vue politique.
11:37C'est même l'inverse.
11:38Il a été reçu
11:38après la seconde victoire
11:40consécutive
11:41du Paris Saint-Germain
11:41en Ligue des Champions.
11:42Il a été reçu
11:43en grande pompe
11:44à l'Église.
11:45Combien on connaît d'artistes
11:47qui font l'apologie
11:48des violences ?
11:49Là, il y a un lien
11:49avec le public
11:50qui est très fort.
11:50Il y a même un lien,
11:51si j'ose dire,
11:52avec les femmes
11:53depuis très longtemps.
11:54Ils font des chansons d'amour,
11:55de lien,
11:56de confiance,
11:56d'authenticité.
11:58Pourquoi les footballeurs
11:59n'ont pas un lien
11:59avec le supporteur ?
12:01Il n'y a pas de pression.
12:03Ce n'est pas le rapport
12:04à la séduction.
12:04Ce que je veux vous dire,
12:06c'est que la pression
12:08qui s'abat sur Patrice Brouel,
12:10comme vous l'avez dit
12:10tout à l'heure,
12:11elle tient à son statut
12:13de vedette
12:13plus qu'aux faits
12:14qu'ils lui sont reprochés.
12:15De stars.
12:16De véritables stars.
12:18C'est pour ça que ça ne va pas.
12:21Vous l'avez dit tout à l'heure,
12:22c'est la jurisprudence politique.
12:23C'est-à-dire qu'on ne juge pas,
12:25même dans le cadre
12:26d'une instruction,
12:27des personnes en fonction
12:28des faits qui leur sont reprochés
12:29ou de la gravité
12:30ou de la légèreté
12:31des plaintes.
12:32En l'occurrence,
12:32il y a des plaintes
12:33extrêmement graves
12:34et d'autres qui le sont moins.
12:35Peu importe.
12:36On juge en fonction
12:37de leur statut social.
12:38Et ce que là,
12:39on est en train d'annuler,
12:40c'est le statut social
12:41de Patrick Bruel.
12:42Une précision.
12:42Je permets-moi d'enverser l'argument.
12:43Si Patrick Bruel
12:44n'était pas
12:45à ce niveau-là social-là,
12:47est-ce qu'il aurait pu
12:48commettre,
12:49en tout cas,
12:50avoir cette hypothèse-là ?
12:51Et est-ce que quelqu'un
12:52qui ne serait pas célèbre,
12:54qui ne serait pas riche,
12:55qui aurait autant d'accusations
12:56pourrait exercer son métier
12:57au quotidien ?
12:57Vous vous rendez compte
12:58que toutes ces réponses
12:59à tout ça,
13:00on pourrait les avoir
13:01dans 3, 4, 5,
13:02peut-être 10 ans ?
13:03Parce que l'instruction, là,
13:05Laurent Valdigui,
13:05est-ce qu'on pourrait insister
13:06pour nos téléspectateurs ?
13:08Je ne sais pas
13:08si c'est version contre version,
13:10mais il va falloir
13:11des preuves numériques.
13:12Il va y avoir des témoignages,
13:13des contre-témoignages.
13:15Là, ce qui s'ouvre,
13:15là, il va avoir, lui,
13:16besoin, j'allais dire,
13:18presque de sérénité
13:19aussi pour se défendre.
13:21Il y a une phrase
13:22qui est un peu plus
13:23terre-à-terre
13:24dans son communiqué,
13:25qui résume un peu tout
13:26et qui dit tout
13:27de son point de vue à lui.
13:28Les conditions
13:29ne sont plus réunies.
13:31Donc, c'est vrai
13:31que les conditions
13:32ne sont plus réunies.
13:33Il le dit au mot à mot
13:34pour que ces concerts
13:35restent ce qu'ils auraient dû être
13:36des moments de partage
13:38et de musique.
13:39Donc, c'est vrai que
13:40c'est évident
13:43qu'il devait dire stop
13:45pour répondre
13:46à votre question, Sonia,
13:47parce que ce calendrier
13:48ne lui appartient plus,
13:49parce qu'aujourd'hui,
13:50Maître Klugman,
13:51c'est bien ça.
13:52S'il a neuf plaintes aujourd'hui,
13:54peut-être 31,
13:55si on en croit
13:55les avocats dans les journaux,
13:57ça veut dire 31 rendez-vous judiciaires,
14:00ça veut dire des auditions
14:01dont il ne va pas décider,
14:02lui, le jour.
14:03À la police,
14:04c'est les juges.
14:04Ça ne peut pas se télescoper
14:06ce calendrier
14:07avec 35 concerts.
14:09C'est impossible.
14:10Et ça, Maître Klugman
14:10le connaît très bien,
14:11vous êtes son ami,
14:13j'imagine que vous avez eu
14:14cette conversation avec lui
14:15depuis le mois de juin.
14:16Ce n'est pas possible.
14:18C'est-à-dire que vous rendez
14:19deux calendriers
14:22susceptibles
14:22de se télescoper en mâle.
14:24Son intérêt à lui,
14:25Patrick Bruel,
14:26aujourd'hui,
14:26c'est de se défendre,
14:28de se défendre face à des accusations
14:30dont il est la cible,
14:31dont il va devoir s'expliquer
14:32et convaincre
14:33les juges d'instruction
14:34et peut-être un jour
14:35une cour d'assise.
14:37Donc, c'est vrai
14:38que ça, cet enjeu-là,
14:39c'est pour lui
14:40autrement plus important
14:41que l'argent,
14:43les concerts,
14:44eux autres.
14:45Et ça, ça va prendre du temps.
14:46Et ce temps,
14:47il ne lui appartient plus.
14:48Peut-être à la justice
14:49des qualités de célérité
14:51qu'elle n'a pas toujours.
14:52Je vous le dis.
14:53Mais qu'elle devrait avoir.
14:54Oui, oui.
14:54Mais là, je ne suis pas sûr
14:55que le calendrier
14:57des auditions,
14:59des confrontations,
15:00etc.,
15:00soit également,
15:01soit totalement celui-là.
15:03En tout cas,
15:03ça vous dirait
15:03que j'aimerais que ce soit le cas.
15:06Malheureusement,
15:06ce n'est souvent pas le cas.
15:07Cela dit,
15:07on n'a pas répondu à votre question.
15:08Mais juste une question,
15:09pardonnez-moi,
15:09qu'il ait pris la décision
15:10en fonction de l'impossibilité
15:12d'un calendrier
15:13dont chaque jour,
15:14il s'est coché
15:15avec un rendez-vous
15:16avec les juges.
15:17C'est une chose.
15:18Qu'il ait pris une décision
15:20financière qu'il a pesée
15:21ou sous-pesée,
15:21c'est une chose.
15:22Qu'il ait pris une décision
15:22sur la pression politique,
15:23c'est autre chose.
15:24Moi, j'interroge la question morale.
15:26Parce que voilà une question,
15:27je trouve que c'est abyssal,
15:28quand même.
15:29Je dis chacun à sa morale.
15:31J'espère que sur certains sujets,
15:32on a quand même
15:33une morale commune.
15:34Je l'espère même universelle.
15:36Mais j'ai beaucoup entendu
15:37d'appels à la décence.
15:39Appels à la décence,
15:40quand même, face au droit,
15:41je trouve que c'est une question
15:43qui est vraiment...
15:45Pardonnez-moi,
15:45ce n'est pas une interrogation de philo.
15:46Ce n'est pas ce qu'il invoque,
15:47Sonia, dans son communiqué.
15:48Je me demande s'il ne l'a pas pris.
15:50C'est ce que l'Ontario invoque.
15:51Mais est-ce que
15:51toutes ces pressions
15:52venues de toutes parts,
15:53elles l'ont conduit à ça.
15:55Elles lui ont dit, en somme,
15:56les yeux dans les yeux,
15:57Patrick Bruel,
15:58si tu as une once
16:00de dignité,
16:01de moralité,
16:02tu ne peux pas tenir cette chose.
16:03Moi, j'ai entendu comme ça.
16:04Est-ce que c'est faux ?
16:05Moi, je crois que ce n'est pas
16:06une question de moralité.
16:09C'est une question...
16:10Vraiment, les conditions
16:11ne sont plus réunies.
16:12On doit s'y rendre là.
16:13Ça ne fait pas de Bruel
16:15un homme indigne
16:16s'il avait voulu continuer
16:17alors que la justice
16:18ne lui interdisait pas
16:19et que l'annulation
16:20le met face à des...
16:20Certains l'auraient dit.
16:21Oui, bien sûr que certains l'auraient dit.
16:23Mais je vais vous dire...
16:24Non, non, je ne crois pas
16:27que c'est ça.
16:29Évidemment que c'est particulièrement
16:31peut-être digne
16:32d'avoir pris cette décision
16:33alors que rien ne l'y contraignait
16:36et qu'elle est coûteuse.
16:37Mais ça n'aurait pas fait de lui
16:38un homme indigne
16:39s'il avait voulu continuer.
16:40Je pense que ça aurait été
16:41très compliqué pour lui,
16:43pas souhaitable pour son public,
16:44les conditions n'étaient plus réunies.
16:46Mais il faut garder au mot d'essence
16:48ce qu'il veut dire.
16:49Ça aurait été une faille
16:50pour lui terrible
16:51dans l'image qu'il tente
16:52de préserver,
16:53dans l'empathie
16:54qu'on peut recevoir.
16:56Et c'est là où finalement
16:57le débat est profondément moral
16:59et humain
17:00parce qu'être une star
17:01et s'exposer ainsi au public
17:02ce n'est pas seulement
17:03une question judiciaire.
17:04Les conséquences sont là,
17:05elles sont politiques,
17:06elles sont judiciaires,
17:07elles sont aussi humaines
17:08évidemment parce qu'il est question
17:10aussi là de quand,
17:12je ne sais pas,
17:13mais de témoignages.
17:15On ne sait pas ce qui va se passer.
17:16On ne connaît même pas la défense,
17:17Boris,
17:18du chanteur,
17:19pour terminer.
17:20On ne sait pas
17:20qu'est-ce qu'il va apporter
17:21comme élément
17:22ou pas d'élément
17:22ou contre-élément.
17:23Pour l'instant,
17:24c'est un dossier
17:25dont on ne sait pas,
17:26enfin,
17:26on connaît les plaignantes
17:27mais on ne sait pas grand-chose
17:28de l'autre côté.
17:28Non, absolument.
17:29Et puis on va rappeler quand même
17:30que Patrick Bruel
17:31a tout de même
17:32un rendez-vous judiciaire
17:33qui n'est pas des moindres
17:34le 16 septembre prochain.
17:36Souvenez-vous,
17:37cet été,
17:37à la demande de ses avocates,
17:39les juges d'instruction
17:40ont décidé d'alléger
17:42le contrôle judiciaire
17:43de M. Bruel,
17:44l'ont autorisé
17:45à se rendre à l'étranger,
17:47à quitter le territoire national.
17:49Le parquet avait interjeté
17:51appel de cet allègement
17:53et tout cela
17:54s'est donc décidé
17:55devant la chambre de l'instruction
17:56de la cour d'appel de Versailles.
17:57Le délibéré sera rendu
17:58le 16 septembre prochain.
18:00Est-ce que la chambre
18:01de l'instruction
18:01de la cour d'appel de Versailles
18:02va lui dire
18:03maintenant,
18:04notre décision,
18:04c'est qu'il va falloir
18:05nous rendre votre passeport ?
18:07Mais Patrick Bruel,
18:08comme Stephen Bellery
18:09l'avait dit un peu plus tôt
18:10dans cette émission,
18:11il a pu se rendre
18:11à l'étranger.
18:13Sa défense est très claire
18:15pour ses avocats.
18:16Eh bien,
18:17il avait toutes les garanties
18:18de représentation en justice
18:19et surtout,
18:20il ne présentait pas
18:21de risque de fuite
18:22puisqu'on va rappeler
18:23que Patrick Bruel
18:23vit majoritairement en France
18:25auprès de sa famille.
18:27Voilà.
18:27Mais prochain rendez-vous judiciaire
18:28important pour Patrick Bruel,
18:29ce sera le 16 septembre
18:30à Versailles.
18:31Dès demain,
18:31on va continuer à en parler.
18:32Je vous remercie véritablement
18:34pour vos prises de position,
18:36les arguments,
18:37les écarrages
18:37que vous avez apportés.
18:38sont...
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