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00:00On va poursuivre avec l'actualité parce que certains iront au cinéma, d'autres iront dans les manifestations et les
00:04mobilisations
00:05puisque malgré les annonces hier du gouvernement, plusieurs organisations syndicales lycéennes ont appelé malgré tout à poursuivre le mouvement.
00:13Donc rien n'y fait pour le moment. C'est le ministre de l'Éducation nationale qui va nous rejoindre
00:18et on va regarder de nouveau,
00:20en attendant que tout le monde s'installe, ces images à l'Assemblée nationale des députés de gauche qui ont
00:26donc quitté, vous allez le voir,
00:27l'hémicycle quand le RN, notamment le député Sébastien Chenu, a pris la parole.
00:33Des moments de grande tension, il y a eu également les prises de parole du Premier ministre et puis cette
00:37minute de silence également à l'Assemblée nationale.
00:41Où vous étiez, M. le ministre, bonjour à vous, Édouard Geffray.
00:45Bonsoir.
00:46Merci d'être là et je remercie Anne-Sora Dubois et Rocaille Diallo qui sont restés avec nous, ministres de
00:51l'Éducation nationale.
00:52Nous avons évidemment plein de questions à vous poser très concrètes pour l'avenir de nos enfants, de la jeunesse.
00:57Mais tout d'abord, vous étiez évidemment à l'Assemblée, vous avez vécu ces échanges extrêmement vifs.
01:03Vous avez vu également cette séquence de députés de gauche qui quittent l'hémicycle quand les bancs du RN prennent
01:07la parole.
01:08Est-ce que vous-même, vous dites, M. le ministre, qu'il y a un contexte délétère, une atmosphère nauséabonde,
01:14comme l'a dit le Premier ministre,
01:15et qu'il y a un lien de causalité entre des paroles dans le débat politique et le terrible attentat
01:20raciste de Trappes ?
01:23Moi, j'ai mal à ma démocratie. Je vous le dis franchement.
01:27Je suis venu à la politique, j'ai été appelé il y a quelques mois, avec quelque chose qui m
01:34'anime profondément, qui s'appelle le service de l'intérêt général.
01:36Quand vous êtes à l'Assemblée, on ne le voit pas, il y a une grande tapisserie au-dessus de
01:40la présidence.
01:41Et cette tapisserie, elle représente l'école d'Athènes. Vous avez Platon et Astote qui débattent, et vous avez les
01:45sciences et les lettres qui débattent, etc.
01:47Normalement, c'est le temple où on cherche la vérité, la raison, la contradiction, le pluralisme.
01:51Le pluralisme qui peut être, comment dire, très radical, très vif.
01:56Oui, vif, affirmé, assumé.
01:57Mais c'est le temple du pluralisme. Et effectivement, ce à quoi on a assisté aujourd'hui est infiniment triste,
02:03et ne correspond pas surtout à la culture politique, je crois, d'un pays qui fondamentalement aime le pluralisme.
02:10aiment la liberté de manifester, aiment les libertés publiques.
02:13Et donc, moi, je suis très frappé de voir qu'il y a parfois un écart, enfin aujourd'hui, il
02:18y avait un écart en tout cas,
02:20entre une culture pluraliste très profonde, une culture de débat très profonde,
02:25et puis tout d'un coup, comme ça, un spectacle un peu triste,
02:29surtout à l'occasion d'un attentat terroriste raciste qui est dramatique.
02:33Ça vous surprend ?
02:34Non, mais ça devrait être un moment de communion nationale.
02:36Il faut que tout le monde se reprenne sur ce qui se passe.
02:38Qui doit se reprendre exactement ?
02:41Non, je ne peux pas être surpris de voir ce niveau de tension à l'Assemblée,
02:45mais une fois encore, soit on commande tout ce qui se passe,
02:49soit au bout d'un moment, on revient à l'essentiel.
02:51Qu'est-ce qu'on est ? On est la France.
02:53La France, c'est un pays qui s'est donné pour mission depuis plus de 150 ans
02:58de dire à tous ses enfants, quelle que soit ton origine,
03:01que tu sois arrivé ici il y a deux jours,
03:03où tes ancêtres t'aient fait la bataille de Waterloo ou de Fontenois,
03:06on va t'emmener au bout de tes potentialités,
03:08tu feras partie d'un destin commun.
03:09C'est ça la France.
03:10Et donc, quand il y a des faits comme ceux qu'on a vécu ces jours-ci,
03:13normalement, il devrait y avoir un réflexe unitaire extrêmement puissant
03:16de tout le monde se disant, bon sang, on est la France et on arrête.
03:18Et où le ça, chacun essaye de faire commerce du truc dans un sens...
03:22J'imagine que quand le Président de la République a une mémoire sélective
03:24sur tous les chocs et les attentats que nous avons subis,
03:27vous avez eu mal également à la France et à la République.
03:29Mais cela a été rectifié.
03:31Voilà, j'allais dire, on adore aussi...
03:33Là, pardon, c'est pareil.
03:34On adore saisir une phrase.
03:36À un moment donné...
03:36Dans un moment aussi important, c'est vrai que ça nous a tous séli, je pense.
03:40Il y a quelques semaines, il y a 15 jours, j'étais à Aubagne
03:44au moment où un principal s'est fait tirer dessus.
03:46Par définition, quand vous êtes en situation de la souffrance
03:49et de la détresse humaine et d'un crime terroriste,
03:52je ne suis pas sûr que...
03:53Vous voyez, ce n'est pas illogique que puissiez avoir des phrases
03:55qui ne peuvent être pas tout à fait les bonnes.
03:57C'est dommage, ok, très bien.
03:59Mais enfin, faire des semaines, des semaines sur ces phrases-là...
04:01On connaissait que c'est difficile à entendre, mais cela a été corrigé.
04:03Bien sûr, mais je crois que tout le monde sait bien aussi
04:04ce que tous les gens raisonnables pensent aujourd'hui.
04:07C'est qu'on est dans un contexte qui n'est pas bon.
04:08En tous les cas, le résultat, c'est une classe politique
04:10incapable de se finir dans des moments aussi graves.
04:13Je mets autre chose, parce que je vais passer à nos sujets.
04:15Un climat social, malgré tout, il est là, toujours éruptif.
04:18Et des organisations syndicales, M. le ministre,
04:20qui ont pour certaines appelé de nouveau à descendre dans la rue,
04:23malgré vos annonces que nous allons détailler et interroger.
04:26Est-ce que vous considérez que c'est un échec
04:29qu'elles descendent de nouveau dans la rue ?
04:32D'abord, les gens ont le droit de descendre dans la rue.
04:33Bon, première chose.
04:35Donc, je ne vis pas ça en mode échec ou pas.
04:38Après, il y a deux...
04:38Je pense que vous vouliez quand même stopper le mouvement.
04:41Oui, moi, je m'adresse d'abord aux lycéens.
04:43Les lycéens, ils nous ont dit des choses très précises.
04:45On les a consultées d'abord, on a pris le temps de les consulter.
04:48Ah oui, ça, vous avez pris trois semaines.
04:50On aurait pu se demander pourquoi les annonces
04:51n'ont pas été faites il y a trois semaines.
04:53Et si on l'avait fait il y a dix jours, on nous aurait dit
04:55« Vous faites ça, même que la plateforme n'est pas encore finie,
04:57que vous avez pas fini de consulter tout le monde, etc. »
05:00Et deuxième chose, quand même, pardon,
05:01mais là aussi, c'est une question de responsabilité.
05:03Et ça rejoint un tout petit peu ce qu'on s'est dit précédemment.
05:05Il y a un moment, il faut arrêter de balancer les trucs en l'air
05:07en s'imaginant que les slogans vont résoudre les problèmes.
05:10Moi, pardon, mais je suis un peu sérieux.
05:11Ça fait des années que je suis à l'éducation nationale.
05:13Je ne balance pas les trucs sur la table
05:14si je ne suis pas sûr de ce que je raconte.
05:16Donc là, ce qu'on a dit, ce sont des choses qu'on tient.
05:19Ils nous ont dit « Le bâti scolaire est dégradé. »
05:23On a regardé comment on pouvait aider à la région.
05:244 milliards de prêts.
05:25On va détailler.
05:26Vous voyez, mais c'est des choses très concrètes comme ça.
05:28Allons-y, alors.
05:29On commence, alors allons-y.
05:31Parcoursup, c'est vraiment, on peut le dire,
05:33c'est vraiment l'angoisse de l'orientation.
05:34Vous promettez la transparence, c'est important, des algorithmes.
05:37La transparence sur l'explication des refus également.
05:40Et ça, c'est très important.
05:41Et c'est en 2028 que la plateforme va être remplacée.
05:45Mais je me dis, pourquoi en deux temps,
05:46au risque que ce soit encore pris pour un temps de retard ?
05:50Alors, deux temps pour deux raisons très précises.
05:52La première, c'est que la plateforme,
05:53elle ouvre pour les universités dans quatre semaines.
05:56Et qu'évidemment, on ne sait pas mettre en place autre chose en quatre semaines.
06:00Les gens qui disent qu'il faudra abroger maintenant,
06:02juste en fait, ils laissent nos élèves avec le bec dans l'eau.
06:04Donc ça, ça ne serait pas possible.
06:06Et puis deuxièmement, il se trouve que Parcoursup est rendu possible par une loi.
06:11Et qu'en réalité, si on veut avoir un temps de retard,
06:13c'est un vrai remplacement, il faut forcément modifier la loi.
06:15Donc, tout ce qu'on peut faire en dehors de la loi, on le fait cette année.
06:19Tout ce qui nécessite de passer par le débat égéitatif,
06:21effectivement, c'est pour 2028.
06:22Et d'ailleurs, on lance le débat au Parlement.
06:23Après vous, d'ailleurs.
06:24Oui, mais on lance le débat au Parlement demain.
06:27Arrive une question à ce stade, vous allez dire que je cherche la petite bête.
06:30Mais entre maintenant et 2028, il y a une élection présidentielle.
06:33Oui, tout à fait.
06:33Donc, on n'a pas de garantie, en fait, que ce travail,
06:36que ce chantier que vous lancez arrivera à son terme.
06:39Ou est-ce que dès maintenant, vous pouvez dire,
06:42législativement, on peut faire en sorte de graver dans le marbre
06:44et quel que soit le résultat de la présidentielle,
06:47le travail qu'on fait maintenant ira où ?
06:49Alors, d'abord, demain, on a un premier débat parlementaire
06:51pour voir s'il y a un chemin dans le Parlement actuel.
06:54Ce qui est possible, on va voir ça demain.
06:56Cinq ans tiré un, sans vote.
06:57Voilà, c'est-à-dire c'est un débat sans vote,
06:58mais où chacun va pouvoir exprimer ses positions
06:59et puis dire ce qu'il fait une fois que Parcoursup doit être remplacé.
07:02C'est quand même ça qui est intéressant.
07:03Oui, d'ailleurs, on sait qu'avant, pardon,
07:05il y avait une sorte de tirage au sort obscur pour aller à l'université,
07:08mais on ne sait pas comment on va révolutionner le système encore.
07:10Non, mais c'est pour ça que ça va être intéressant demain
07:11de voir toutes les forces politiques qui vont faire la proposition.
07:13Mais vous, si vous aviez une idée de ce qui remplacerait Parcoursup,
07:17M. le ministre ?
07:18Alors, ça pose des questions.
07:19Alors, pardon, parce que là, il faut qu'on ait deux heures au débat.
07:21Vous êtes dans le bain de l'éducation.
07:22Je suis sûre que vous êtes capable de me synthétiser votre pensée en quelques minutes.
07:26Moi, il y a des réflexions que j'ai actuellement avec le ministre de l'Enseignement supérieur.
07:30Il y a une réflexion qui est de savoir jusqu'où il faut qu'il y ait une filiation
07:32entre le lycée d'origine et la formation qui suit après.
07:35Ça, c'est une vraie question.
07:37Il y a des questions sur le type de notes ou d'éléments
07:40qu'on prend en compte dans le parcours.
07:42Vous voyez, ça sort des choses.
07:43En revanche, qu'il y ait au bout d'un an un outil qui permette aux lycéens
07:46de savoir quelle formation existe et de s'y inscrire,
07:49plutôt que de déposer à la mano un dossier par site internet d'université,
07:53ça, je crois que tout le monde, à la fin, sera d'accord pour dire qu'il faut un outil.
07:55Mais derrière, on voit bien que Parcoursup, en fait, c'est une marque avec une plateforme.
07:59Mais derrière, ce que nous disent nos élèves, c'est le processus qui va
08:02du début de la seconde jusqu'à ma licence.
08:05Ce processus-là me fait peur.
08:06Mais monsieur le ministère, vous le saviez depuis que vous êtes arrivé au ministère.
08:10Vous le saviez il y a trois semaines.
08:11C'est pour ça que je m'entonne.
08:13Vraiment, c'est une question très sincère.
08:15Pourquoi a-t-il fallu attendre autant de blessés
08:18chez les lycéens, chez les forces de l'ordre ?
08:21Certains pour dire qu'on accouche,
08:23alors la montagne ou la souris, je ne sais pas,
08:25mais d'annonces parfois tardives.
08:28Pendant trois semaines, on n'a pas rien fait.
08:30Pendant trois semaines, on a d'abord,
08:31et dès le départ, je me permets de citer là-dessus,
08:33j'ai toujours dit qu'il fallait dialoguer.
08:35Je suis cohérent avec ce que j'ai dit tout à l'heure.
08:36En démocratie, on dialogue.
08:37On a écouté tout le monde.
08:39On a donné la parole aux lycéens.
08:40Y compris aux influenceuses.
08:42C'est l'argent dans l'écoute.
08:43Oui, mais écoutez...
08:44Je n'ai rien contre les influenceuses,
08:46mais je suis tenu qu'on les reçoive en premier.
08:49Il y a une influenceuse qui a été arrêtée
08:51à sa sortie d'aéroport,
08:52journaliste influenceuse,
08:53pour les propos qu'elle avait tenus,
08:54critiques justement sur la mobilisation lycéenne.
08:56Vous avez reçu des influenceurs,
08:57mais une jeune influenceuse a été arrêtée
09:00suite aux propos qu'elle aurait tenus sur les réseaux sociaux.
09:02Je l'ignorais, mais...
09:03Ce serait intéressant de vous...
09:04Il faudra voir quel propos elle a tenu
09:05pour juste une arrestation.
09:06Je me permets juste de revenir sur ce que vous disiez
09:07sur le dialogue.
09:08Le mouvement lycéen qui se déroule actuellement
09:11est considéré comme celui qui a été
09:12le plus réprimé du XXIe siècle.
09:14Il n'y a pas eu autant d'arrestations.
09:15Le 1er octobre, c'est un record
09:16en nombre d'arrestations,
09:18un record qui avait été atteint
09:19précédemment en 1961
09:20à vraiment un jour de triste mémoire
09:22puisque c'est un jour où des Algériens
09:24ont été décisées par la police française.
09:26Vous parlez de dialogue,
09:27mais ce qu'on a perçu,
09:29c'est surtout un nombre d'arrestations incroyable
09:31avec plus de 80% de mineurs.
09:34Moi, je travaille beaucoup pour la presse étrangère
09:36et la France a vraiment l'image
09:38d'un pays répressif.
09:39Est-ce que c'est quelque chose
09:40que vous assumez ?
09:41Est-ce que vous avez le sentiment
09:42finalement d'avoir vraiment négocié
09:44et pas plutôt d'avoir réprimé ?
09:46Alors, pardon parce que là,
09:47on part un peu dans toutes les directions,
09:48mais ce n'est pas grave.
09:49Je vous réponds précisément.
09:50Il y a deux choses.
09:51Un, oui, on a dialogué.
09:52Moi, j'ai vu plusieurs fois
09:53les associations de lycéens.
09:55On a donné la parole.
09:56Il y a 100 000 contributions
09:57qui ont été déposées sur la plateforme.
09:58Ce n'est pas rien.
09:59Sur les 3 700 lycées de France,
10:00il y a plus de 3 000 lycées
10:01où des lycéens ont déposé
10:02leur contribution.
10:03Donc, oui, on a donné la parole.
10:04Ensuite, pardon,
10:05vous parlez effectivement
10:07du contexte de très forte tension
10:08qui a émaillé l'ensemble de ce mouvement.
10:10Il ne faut pas oublier de dire
10:11qu'il y a des centaines
10:12de milliers de personnes
10:12qui ont pu manifester
10:13sans qu'il ne se passe rien, d'abord.
10:14Deuxième chose, pardon,
10:15mais vous ne dites pas
10:17que c'est la première fois
10:18qu'il y a autant
10:20de bâtiments scolaires
10:21et de personnes
10:21de l'éducation nationale
10:23qui ont été directement visées
10:24et attaquées.
10:25Parce que depuis le début,
10:26qu'est-ce qui s'est passé ?
10:27Ce mouvement a été utilisé
10:32par des groupuscules violents
10:33qui, très tôt,
10:34et très tôt,
10:35c'est-à-dire bien avant
10:35qu'on en parle sur votre plateau,
10:37dès la semaine du 21 au 25 septembre,
10:39ont fait des tirs tendus
10:40de mortier sur les personnels,
10:42ont tenté d'incendier
10:43des bâtiments, etc.
10:44Donc, il y a un contexte de violence
10:46quand même
10:47que tout le monde s'en m'ignorait.
10:48Et donc, les milliers d'arrestations
10:50que vous parlez,
10:50elles s'inscrivent dans un contexte
10:51où on n'a jamais vu
10:52autant de violence
10:53à l'occasion d'un mouvement lycéen.
10:56Ce ne sont pas les lycéens
10:57qui se rend...
10:58Je vais revenir sur les propositions
10:59parce que beaucoup
11:00qui nous regardent,
11:00les parents, les lycées,
11:01un tout le monde d'un temps...
11:02Je pense qu'il y a besoin
11:02de savoir un peu
11:02ce qui va se passer.
11:03Donc, parcours sur...
11:04Le prêt de 4 milliards d'euros,
11:08le prêt de 4 milliards d'euros
11:08aux régions par l'État
11:09pour qu'elles rénovent
11:11les lycées et les collèges.
11:12En réalité,
11:13que dites-vous
11:14à ceux qui se disent ?
11:15Bon, on est en train
11:15d'utiliser l'argent qu'on n'a pas.
11:17Est-ce que vous vous rassurez ?
11:18Vous dites, bon, on ne les a pas,
11:19mais quand même,
11:20c'est une priorité,
11:21c'est un prêt
11:21qui va être donné aux régions
11:23et on doit le faire ainsi.
11:24C'est un prêt
11:24de la Banque des Territoires.
11:25Donc, par définition,
11:26une banque prête...
11:27Ce cas-là, c'est son métier.
11:28Donc, c'est la Banque des Territoires
11:29qui prête cet argent-là.
11:30Simplement,
11:31elle le prête
11:31à un taux qui est très, très faible,
11:33ce qui permet aux régions
11:34d'avoir des liquidités.
11:35Parce qu'aujourd'hui,
11:35si les régions empruntent,
11:36j'allais dire,
11:36sur le marché courant,
11:37elles vont avoir
11:38un taux d'intérêt très élevé.
11:39C'est à quel horizon
11:40le déblocage de ces...
11:41C'est l'affaire de...
11:42Je n'ose pas être
11:44infiniment précis,
11:45mais c'est l'affaire
11:45de quelques jours
11:46ou de 15 jours.
11:46C'est vraiment très, très rapide.
11:47Dans les 15 jours,
11:48les régions recevront
11:49ce qui leur permettra
11:50de...
11:50Elles peuvent en suite...
11:51En fait, c'est des lignes de crédit
11:52auxquelles elles font appel.
11:53Comme si vous,
11:53vous alliez chez votre banquier
11:54pour demander un prêt.
11:55Vous évoquez également,
11:56Edouard Jeffrey,
11:57la création de 1700 postes
11:58de professeurs,
11:59des postes supplémentaires donc.
12:00Et vous revenez,
12:01on est bien d'accord,
12:01sur la suppression
12:02d'auprès de 800
12:03et quelques postes
12:04sur les collèges
12:05et les lycées.
12:06Oui, parce que...
12:07Mais si vous voulez...
12:08C'est pareil.
12:09Il y a plein de gens
12:10qui ont dit
12:10qu'il faut revenir
12:11sur la suppression de postes.
12:12Pas de problème,
12:12on le fait,
12:13même on en crée.
12:14Ce qu'il faut,
12:14c'est savoir pourquoi.
12:16Pourquoi, c'est très simple.
12:16On va plafonner les classes
12:18à 28 élèves en seconde,
12:19en commençant par les 50%
12:20d'établissements
12:21les moins favorisés
12:21à la rentrée 27
12:23et puis en poursuivant
12:23à la rentrée 28
12:24pour l'autre moitié.
12:25Tout simplement
12:26parce que c'est une année charnière,
12:27c'est une année compliquée.
12:28Actuellement,
12:28il y a en moyenne
12:2931 élèves par classe en seconde
12:30et on sait bien
12:31que c'est là-nous
12:31où il y a un peu un saut.
12:32Vous arrivez du collège
12:33à la seconde,
12:33il y a un peu
12:34le fossé du lycée.
12:36Donc on fait ça
12:36et on crée aussi
12:3810 000 places de BTS,
12:39donc post-bac,
12:40notamment pour les bacheliers
12:41professionnels
12:41qui sont ceux
12:42qui sont aujourd'hui
12:43ceux qui ont plus
12:44de difficultés
12:45à trouver une place
12:46dans le supérieur
12:46et par ailleurs
12:47pour lesquels
12:48il y a des vrais besoins
12:49en termes économiques,
12:50industriels, etc.
12:50On a tous envie de dire
12:51merci aux lycéens,
12:52que tout soit possible.
12:54Sinon on peut dire
12:55merci aux ministères
12:56de trouver des solutions
12:57crédibles et étonnables
12:57aussi, ça marche.
12:59Permettez-moi de vous reposer
13:00la question
13:00parce qu'encore une fois
13:01qu'il s'agisse de Parcoursup
13:02ou effectivement
13:03des 50% des classes
13:06qui seront plafonnées
13:07à 28 élèves en 2027
13:09et ensuite 2028
13:10les 50% restants,
13:11nous ne parlons que
13:13d'échéance
13:13à part les lignes de crédit
13:14ouvertes pour les régions
13:17qui dépassent la présidentielle,
13:18qui enjambent la présidentielle.
13:19Non, quand on parle
13:20des transformations
13:21qu'on fait sur Parcoursup
13:22dès maintenant,
13:22c'est pour tout de suite,
13:23c'est pour la session,
13:23pour les lignes de terminal.
13:25Quand on parle
13:25de la rentrée de 2027,
13:26pardon,
13:26mais c'est moi
13:27qui ai la responsabilité
13:27de la préparer
13:28à cette rentrée.
13:29Personne n'est en mesure
13:30de changer une rentrée
13:30au mois de mai.
13:31Une rentrée,
13:32ça se prépare.
13:32Quoi qu'il arrive,
13:33ça sera tenu.
13:34Oui, ça se prépare
13:34de septembre à avril,
13:35donc tout ça sera tenu.
13:37Ensuite,
13:37si les suivants veulent
13:39tout réformer,
13:40tout détricoter,
13:41ça sera toujours possible,
13:42mais en tout cas,
13:42tout ce qui est pour la rentrée
13:432027 sera fait,
13:44parce que ça,
13:44pour le coup,
13:45si je puis dire,
13:45le coup sera déjà parti.
13:46Et par ailleurs,
13:47sur Parcoursup,
13:48le travail en réalité
13:49pour 2028,
13:49il va être entamé
13:50dès maintenant,
13:51et y compris
13:52avec une base législative.
13:53En fait,
13:53si je vous comprends bien,
13:54vous partez sur l'idée
13:55que ceux qui vont venir après
13:56n'ont aucun intérêt
13:58à détricoter le changement
14:00après Parcoursup.
14:02Sur Parcoursup,
14:02on va justement essayer
14:03de trouver notamment
14:04une base législative commune
14:05qui permette ensuite,
14:07quel que soit,
14:07je vais dire,
14:08c'est l'objectif du débat
14:08de demain,
14:09de poursuivre.
14:10Mais est-ce que vous reconnaissez,
14:11Edouard Geoffrey,
14:11que ce qui a été fait
14:12depuis des années
14:13allait dans le mauvais sens,
14:14notamment avec chaque année
14:15des baccalauréats différents ?
14:16Moi, j'ai envie de dire,
14:17quel gâchis quand même !
14:19Je suis sûre
14:20que vous pensez la même chose.
14:21Moi, je vais vous dire,
14:22je pense que,
14:23par définition,
14:24la réforme du baccalauréat
14:25a généré ses propres inconvénients,
14:27par nature.
14:27On veut bien sur...
14:28Vous le dites avec un...
14:29Vous le dites de la même manière.
14:30Quel gâchis.
14:32Accèsamment,
14:32quand elle a été mise en œuvre,
14:33elle a été percutée
14:34dès la mise en œuvre
14:35par le Covid,
14:36et ça nous a obligés
14:36à tout repenser
14:37en mode gestion de crise.
14:38Donc c'est une réforme
14:39qui n'a pas eu le temps...
14:40Enfin, qui n'a pas atterri
14:41dans un contexte
14:41où elle aurait dû atterrir.
14:43Et donc, par la suite,
14:44il y a eu des ajustements.
14:44Vous dire que je me réjouis
14:46qu'il y ait eu
14:46sept modalités de baccalauréat
14:47différentes en sept ans ?
14:48Non, ça ne me réjouit pas.
14:49Ça m'attriste plus tôt.
14:50D'ailleurs, c'est pour ça
14:50que je ne voulais pas y toucher
14:51en arrivant.
14:52Finalement, ils se sont me dit
14:53de toucher.
14:53Donc j'y touche
14:53parce qu'on me le demande.
14:54Mais je ne voulais pas le faire
14:55justement pour que le système
14:56s'apaise un peu.
14:58Mais par ailleurs,
14:58il ne faut pas oublier
14:59pour autant
15:00les bons côtés
15:01de cette réforme.
15:02On avait avant des filières,
15:03je le rappelle,
15:03on l'a connue,
15:04S, E, S et L
15:05qui étaient sociologiquement
15:07hyper marquées.
15:0892% des enfants de cadre
15:09faisaient une E, S.
15:1080% des enfants d'employés
15:11et d'ouvriers
15:12faisaient une E, S.
15:13Tout ça a été
15:16profondément remanié
15:17en termes de mixte et sociale
15:18par la réforme du baccalauréat
15:19et du IC.
15:20Donc, il ne faut pas
15:21l'oublier non plus
15:21parce qu'on ne fait pas
15:22perdre de vue ce qui est arché.
15:23On interroge
15:23parce que je crois
15:24que vous êtes le huitième,
15:25le septième,
15:25le neuvième ministre
15:26de l'éducation nationale
15:27soit Emmanuel Macron.
15:28Je dois être le huitième.
15:29Vous avez compté,
15:30le huitième.
15:30Donc, parfois,
15:31il peut y avoir des zigzags
15:32surtout que vous reconnaissez
15:33que ce n'est pas la même
15:34à chaque fois,
15:34les mêmes convictions,
15:35on va dire.
15:37On interroge également,
15:38M. le ministre,
15:39vous avez dit tout à l'heure
15:39que vous receviez tout le monde.
15:41Pourquoi l'Uni,
15:43le syndicat de l'Uni
15:43n'a pas été reçu
15:44au même titre
15:45que les autres organisations
15:47syndicales par Matignon ?
15:49Alors là,
15:49on est du côté des étudiants,
15:50on n'est plus du côté
15:50des lycéens
15:52mais parce que,
15:52sauf erreur,
15:54les associations
15:55ou les groupes
15:56d'ailleurs qui ont été reçus
15:57à Matignon
15:58sont ceux qui ont appelé
15:59à la mobilisation
16:00sous une forme
16:00ou sous une autre.
16:01Parce que ceux qui,
16:02je vous dis ça,
16:03sauf erreur,
16:03parce que...
16:03Vous dites que vous dialoguez
16:04avec tout le monde
16:05autant recevoir tout le monde,
16:06y compris ceux qui sont contre
16:07surtout les blocus.
16:08Quand vous recevez des gens
16:10qui, j'allais dire,
16:11portent un mouvement,
16:12vous recevez des gens
16:12qui portent le mouvement.
16:13Ensuite, il y a des instances,
16:15il y a un conseil national
16:16supérieur de l'enseignement,
16:17enfin, il y a un conseil national
16:18de l'enseignement supérieur
16:18où l'Uni, je crois,
16:20a des sièges.
16:21Ça, c'est une instance
16:21de concertation globale.
16:23Donc, vous ne les avez pas
16:24mis de côté
16:24comme certains ont entendu
16:25parce que d'autres organisations
16:27plutôt ancrées à gauche
16:28y voyaient un problème ?
16:29En tout cas,
16:29ce que j'observe,
16:30c'est qu'en général,
16:31dans un mouvement,
16:32vous recevez les gens
16:32qui portent un mouvement.
16:33C'est ce qui a été fait à Matignon.
16:35Il se trouve que j'ai assisté
16:35à cet échange,
16:36même si, pour le coup,
16:37le volet étudiant
16:37ne me concerne pas en vrai
16:39en termes de compétences.
16:40Je suis plutôt sur le volet lycéen.
16:41Mais je crois que c'était ça
16:43la raison, oui.
16:44Dans quelques instants,
16:45c'est Valérie Pécresse
16:46qui va nous rejoindre
16:46et prendre votre place,
16:47M. le ministre.
16:48Elle est la présidente
16:49de la région Île-des-France
16:50et peut-être,
16:51je ne sais pas,
16:51je ne peux pas parler à sa place,
16:52on va lui poser la question
16:53qu'elle s'étonne
16:54de voir des milliards,
16:55même s'ils sont prêtés
16:56par une banque sortie,
16:58alors qu'il y a des millions
16:59d'euros de dégâts
17:00qu'on va devoir payer
17:01parce que, peut-être,
17:03les réponses
17:03ou la solution politique
17:04n'est pas arrivée
17:05assez rapidement.
17:06Qu'est-ce que vous dites
17:06à ces Français
17:07qui nous regardent,
17:07qui se disent
17:08que ce n'est pas possible,
17:09en fait ?
17:10En France,
17:10on ne donne un chèque,
17:12on ne cède
17:12que quand il y a
17:13des violences dans la rue.
17:14Alors, d'abord,
17:15je ne pense pas
17:15qu'elle s'étendra
17:16quoi que ce soit
17:17parce que Valérie Pécresse
17:17fait partie des régions,
17:19enfin, des présentes de régions
17:20qui ont porté
17:21la question du bâti scolaire
17:23comme peu avant elle.
17:26Et quand vous avez
17:26un milliard neuf
17:28de crédits chaque année
17:29qui sont investis
17:29par la région Île-de-France
17:30dans le fonctionnement
17:31et l'investissement,
17:32s'il y a bien une région
17:33qui est peu réprochable
17:35en la matière,
17:35c'est la région Île-de-France.
17:36Donc ça, c'est la première chose.
17:37Je ne pense pas
17:37qu'elle soit surprise
17:37qu'on essaye d'abonder le système.
17:39Et j'insiste
17:40parce que vraiment,
17:41ce qui a été fait
17:42en Île-de-France,
17:43ce n'est évidemment pas fini
17:44parce qu'il y a 500 lycées,
17:44mais c'est assez remarquable.
17:46En revanche,
17:48ce n'est pas la violence
17:48qui fait...
17:49Enfin, il ne faut pas
17:50se tromper de cela.
17:51Les millions d'euros de dégâts,
17:52c'est quand même
17:53les commerçants
17:54qui vont les subir
17:54et c'est nous
17:55qui allons les payer.
17:56Oui, mais ça,
17:56c'est autre chose.
17:56Mais ce n'est pas la violence
17:57qui fait qu'on change,
18:00si je puis dire,
18:01ou qu'on prend des mesures.
18:01Il y a une mobilisation...
18:02Les organisations syndicales
18:03ont dit hier
18:04que le gouvernement
18:04est affaibli.
18:05C'est le moment.
18:06Je ne me sens pas
18:07particulièrement faible.
18:08D'abord, première chose.
18:09Deuxième chose,
18:10je ne crois pas avoir
18:11jamais eu peur de ma vie
18:11de qui ce soit.
18:13Et troisième chose,
18:14en revanche,
18:15quand vous avez des demandes
18:16qui sont très,
18:17j'allais dire à la fois,
18:19unanimes, fondées,
18:19une fois encore,
18:20à la plateforme,
18:20c'est 100 000 contributions,
18:21qui nous disent
18:22quand même un peu la même chose,
18:23vous y répondez.
18:24On a un mouvement,
18:25on y répond.
18:26Ça s'appelle la démocratie.
18:27Et pourtant, il continue.
18:29Après ça,
18:29chacun prend sa responsabilité.
18:30Mais je pense que ce soir aussi,
18:31vous savez,
18:31les jeunes qui nous écoutent,
18:32et j'espère qu'ils sont nombreux,
18:33les parents,
18:33je pense que tout le monde
18:34se rend compte
18:34que les décisions qu'on a prises
18:36et les chantiers qu'on ouvre
18:37sont des décisions
18:37des chantiers
18:38qui sont objectifiquement importants
18:39et qui répondent
18:40à la revendication.
18:40Pour la rentrée,
18:40vous avez un message
18:41pour les lycéens ?
18:42Vous leur dites...
18:43Pour la rentrée,
18:44elle est à l'école ?
18:45Ma priorité absolue,
18:46c'est que les élèves aillent en cours
18:55mais je veux dire,
18:56ce n'est pas une injonction.
18:57C'est que ce qui nous fait vivre,
18:58c'est qu'ils aillent en cours.
18:59Et c'est pour ça
19:00qu'on prend ces mesures aussi.
19:01Pour l'instant,
19:02ils s'organisent beaucoup
19:02pour les blocus,
19:03pour les rassemblements.
19:04On verra qui.
19:05Mais une fois encore,
19:06parlons un peu d'intérêt général.
19:07L'intérêt général aujourd'hui,
19:08c'est que les élèves aillent en cours.
19:10Merci.
19:10Merci, monsieur le ministre.
19:11Merci, Edouard Geffrey
19:12pour toutes ces pressions.