00:01On va revenir sur les conséquences de la casse, notamment celle du 17 octobre et la crainte depuis des commerçants
00:08à chaque nouvelle manifestation.
00:10Une manifestation est prévue d'ailleurs samedi le 31, ensuite le 5 novembre à l'appel des syndicats et peut
00:17-être d'autres encore.
00:17Et à chaque fois, bien sûr, les commerçants se posent la question, est-ce que je dois ouvrir mon commerce
00:21?
00:22Est-ce que je dois mettre des planches de bois, me barricader ? Et puis ensuite, comment être remboursé lorsqu
00:26'il y a des dégâts ?
00:27On va écouter le témoignage de notre pharmacienne Odélia Sidbon. Bonsoir, merci d'être là.
00:32Pharmacienne située Place de la République à Paris. J'ai envie de dire, vous n'avez pas de chance en
00:37ce moment.
00:38Parce que commercer Place de la République, le syndicat, c'est compliqué. Qu'est-ce qui s'est passé pour
00:43vous le 17 octobre ?
00:44Alors le 17 octobre, je n'étais pas à Paris, j'étais à Strasbourg et je n'avais pas mon
00:52portable avec moi et je n'ai reçu l'info que le soir vers 8h.
00:58J'étais avec ma soeur, un ami l'a contactée lui disant, je crois que la pharmacie de ta soeur
01:01se fait dévaliser.
01:02Donc on a regardé à ce moment-là, j'ai tapé sur Internet pharmacie République saccagée et je suis tombée
01:08sur toutes les images qu'on peut voir sur les réseaux sociaux.
01:13Bon ben voilà, on a suivi une belle crise d'angoisse.
01:16Qu'est-ce qu'on a pris chez vous ? Qu'est-ce qu'on a volé ?
01:19Mais la question c'est qu'est-ce qu'il reste ?
01:20Ah oui, il ne reste plus rien ?
01:21Plus rien.
01:23Là voilà, c'est pour ça que j'ai...
01:24Mais c'était de la case du saccage ou c'était aussi du vol, vol de médicaments ?
01:28Tout mélangé.
01:28Tout mélangé.
01:28J'ai le saccage, le vol, le pillage, l'incendie, la dégradation, le vandalisme, le vandalisme sans raison aussi.
01:39Moi je ne sais pas si je vous ai fourni des images ou pas.
01:43Vous avez fourni des images ? Voilà, on va les mettre parce que là on est à Marseille donc on
01:46est assez loin de Paris.
01:47On va essayer de mettre les bonnes images.
01:49Voilà, on voit votre pharmacie.
01:51Ça c'est la voisine d'en face qui a filmé et qui me les a envoyées après.
01:54D'accord.
01:55On s'acharne sur le miroir.
01:57Moi honnêtement je ne m'attendais pas du tout à retrouver ça.
01:59Je m'attendais à être volée, mais je m'attendais à retrouver les étagères relativement correctes.
02:03La pharmacie elle était ouverte ?
02:05Non, on était fermée.
02:05Vous aviez fermé ?
02:06Oui.
02:06Il y avait quoi comme protection ?
02:09Les vitres classiques et le rideau métallique.
02:12Et les fameuses planches de bois qu'on voit maintenant ?
02:14Je ne pensais pas.
02:15En règle générale, ma rue est bloquée et il y a des CRS partout.
02:18Mais comme ce week-end-là il y avait une brocante, du coup on n'avait pas nos CRS.
02:24Donc ça c'est le lendemain ça ?
02:27Exactement, j'ai trouvé quelqu'un pour barricader la pharmacie vers 23h.
02:31J'ai envie de dire que c'était un peu tard, malheureusement.
02:33Mais il est venu avant, mais il ne pouvait pas rentrer.
02:34Il m'a dit qu'il y avait encore 30 personnes.
02:36Il est venu vers 21h, il y avait encore 30 personnes.
02:38Qu'est-ce qu'il faisait dedans ?
02:39Alors là vraiment, sur le coup, ils ont eu le temps de rester, de fouiller, de chercher.
02:43Même la croix.
02:44Vous voyez la croix de la pharmacie, elle est cassée.
02:46Je ne sais pas avec quoi ils l'ont visée.
02:48Ils cherchaient quoi ? De l'argent ?
02:50Mais honnêtement, là ils ne se sont pas du tout limités à l'argent.
02:52Ils ont pris toutes les crèmes, toute la parapharmacie.
02:55Ils ont fouillé dans mon robot à la recherche de produits.
02:57Des choses qu'on peut revendre ensuite sur les réseaux sociaux.
02:58Exactement.
02:59Ils ont fouillé même dans le frigo pour essayer de trouver tous les GLP1, les Mounjaros et compagnie.
03:06Vous étiez assuré ?
03:08Alors oui, on est assuré.
03:10Mais en fait, ce n'est même pas le problème de l'assurance ou pas.
03:13C'est le temps que ça va prendre.
03:14On en a pour des mois.
03:17À tout refaire ?
03:18À tout refaire.
03:19Parce que là, on voit un peu rapidement, mais tout est brûlé.
03:24Le premier étage qui est notre réserve, tout est brûlé.
03:27Il y a même des produits qui sont encore dedans.
03:28Mais c'est brûlé.
03:30C'est complètement carbonisé.
03:31Donc il faut nettoyer.
03:33Là, voilà, justement.
03:34Réparer.
03:34Et ensuite, remettre de la marchandise.
03:37Exactement.
03:37Mais ça va prendre un temps fou.
03:39Parce que tout se commande plus ou moins sur mesure.
03:45Ce ne sont pas des commandes.
03:47Les produits sont déjà en stock et on commande, on les a dans la semaine.
03:50Donc du coup, les délais...
03:52Donc pas de travail en ce moment ?
03:53Non, en ce moment, je suis assez occupée avec le reste.
03:56Mais le...
03:57Il y a beaucoup de papier à remplir ?
03:59Oui.
04:00On est en France.
04:01Vous êtes dans la bureaucratie maintenant.
04:03Exactement.
04:04Franchement, sur le coup, l'assurance fait son taf.
04:07On a déposé la plainte mardi.
04:11L'expert est venu jeudi.
04:13La société, justement, de décontamination vient déjà des deux mains.
04:17Parce que comme ce sont des vapeurs de produits pharmaceutiques,
04:20on ne peut pas juste débarrasser et mettre à la poubelle.
04:23D'accord.
04:23Donc c'est un nettoyage aussi particulier.
04:26À cause de l'incendie et des pompiers qui ont mis de l'eau en quantité,
04:33le parquet est foutu.
04:34Donc c'est enlevé le parquet.
04:35Vous avez envie de rouvrir au même endroit ?
04:39Alors, franchement, je ne me vois pas abandonner les patients de la pharma.
04:45Je suis vraiment quelqu'un qui adore son métier.
04:48Mais vraiment qui adore son métier.
04:50C'est vrai que franchement, le métier de pharmacien au quotidien,
04:52on en parle peu.
04:53C'est un métier qui passe un peu à l'as.
04:57Et pourtant...
04:57Avec une proximité, pourtant.
04:59Pourtant, oui, très utile et vraiment de proximité.
05:01Et franchement, je ne me vois pas abandonner mes patients.
05:04Là, il y a même un patient qui a un problème immunitaire
05:08et qui ne peut pas du tout sortir de chez lui.
05:09Donc je lui ai demandé de m'envoyer ses ordonnances,
05:11de m'envoyer ce dont il avait besoin.
05:13Je vais lui préparer l'ordo dans la pharma d'un copain
05:15et je vais aller lui livrer.
05:16Serge Papin a annoncé aujourd'hui des aides aux commerçants
05:19jusqu'à 10 000 euros pour ceux qui ont été les plus touchés.
05:23Pourquoi pas ?
05:24Avec plaisir.
05:25Tout aide et bonne à prendre.
05:26C'est pour ça que je ne me pensais pas faire un jour.
05:28Mais on a même créé une cagnotte.
05:29Parce qu'on était vraiment...
05:30Voilà, on était...
05:32On était très juste au niveau trésoré.
05:34Donc du coup, on n'a pas eu d'autre choix.
05:36Tout aide et bonne à prendre.
05:38Mais c'est largement suffisant.
05:40Franck Delvaux est à vos côtés.
05:42Il vous écoute attentivement.
05:43Il est président de l'UMILE de France.
05:45C'est-à-dire les restaurants, les hôtels en région parisienne.
05:48On a déjà des chiffres d'annulation de touristes étrangers
05:52qui ont vu les images et qui n'ont pas envie d'aller à Paris en ce moment ?
05:55Ah oui.
05:55Dès le lendemain du 17, dès le lundi, il y a eu des annulations.
05:59Essentiellement de touristes étrangers.
06:01Et puis là, ça va crescendo.
06:01Parce que comme ça a redémarré le samedi suivant et samedi dernier,
06:06le Louvre était fermé, les musées étaient fermés,
06:09le Grand Palais fermé, Arbazel qui a fermé deux jours avant.
06:14Imagine un touriste qui est venu, qui a dépensé de l'argent pour venir,
06:17son avion, son hôtel.
06:18Il ne peut même pas rentrer au Louvre.
06:20C'est catastrophique.
06:21On a employé des mots de guerre, de guérilla dans la presse étrangère.
06:25Ça fait fuir les touristes, forcément.
06:26Ça fait fuir les touristes.
06:27Il y a de plus en plus d'annulation.
06:28Et pour les restaurateurs au quotidien, le week-end, c'est quand même une journée importante,
06:32le samedi.
06:33Les gens ne viennent plus au restaurant ?
06:34Non.
06:35Est-ce que vous, vous avez envie d'aller le samedi à Paris en famille
06:38ou aller vers un spectacle et après d'aller dîner ?
06:40Ben non.
06:41Aujourd'hui, nous, on a été beaucoup moins détruit au niveau des restaurants, des bars.
06:49Par contre, on ne bosse pas.
06:50Il n'y a pas de chiffre d'affaires.
06:51Donc, on attend de voir ce fameux fonds d'indemnisation, comment ça a fonctionné,
06:56et surtout pour les pertes d'exploitation.
06:58Parce que vous êtes assurés, s'il y a de la casse, mais est-ce que vous êtes tous
07:02assurés sur la perte du chiffre d'affaires ?
07:05Pas…
07:06C'était des grands débats, rappelez-vous, lors du Covid, où on avait finalement réussi.
07:10Mais depuis les contrats ont été revus, on n'est pas assurés sur la perte de chiffre
07:13d'affaires et pas comme ça sur un samedi.
07:15Mais aujourd'hui, il y a aussi…
07:16Je voudrais aussi parler quand même des établissements de nuit, parce qu'il y a
07:19le couvre-feu.
07:21Et le couvre-feu, de 23h à 6h, alors ça change tous les jours selon les quartiers.
07:26Les gens ne comprennent pas, donc ils ne viennent pas.
07:27On a même sorti des spectateurs de salles de cinéma pour faire respecter le couvre-feu.
07:33Emmanuel Macron dit que c'est une journée à risque, celle qui arrive le 31, parce qu'il
07:37y a Halloween, et déjà, et on va parler avec Boris dans un instant, mais on sait
07:40qu'Halloween, c'est un peu compliqué en termes de maintien de l'ordre.
07:42Mais il s'engage à que les manifestations ne soient pas organisées dans les centres-villes.
07:49D'ailleurs, à Paris, le samedi dernier, c'était sur ce qu'on appelle les boulevards maréchaux,
07:53c'est-à-dire les boulevards qui encerclent la capitale, donc il y a moins de commerce.
07:56Est-ce que ça, il faut continuer à privilégier ce type de secteur plutôt que les centres-villes ?
08:01– Nous, on va plus loin, on va leur dire, manifester le lundi, et pourquoi pas à la campagne,
08:06ou au bois de Vincennes, ou au bois de Vincennes, ou au bois de Vincennes.
08:06– Lundi, il y a moins de monde dans les manifestations, parce que les gens travaillent.
08:09– Voilà, donc pourquoi le stade ?
08:10– Ah oui, carrément dans un bois, vous dites.
08:12– Oui, pourquoi pas ?
08:13– Oui, au bois de Vincennes, au bois de Boulogne.
08:14– Dans un stade, je ne sais pas, il y a plein de lieux, mais plus…
08:17Parce que de toute façon, même samedi, même si le parcours change vers la Porte d'Italie,
08:21etc., ils ont demandé, j'ai vu de Bastille à Concorde, bon, c'est une hérésie,
08:25mais même si le parcours change, les gens ne vont pas venir, les gens ne vont pas venir.
08:29Sûrement, il y aura encore des…
08:30– Il y a même des gens qui quittent la capitale, qui quittent les villes ce jour-là.
08:33– Il y a beaucoup de monde en Normandie, les gens quittent la capitale.
08:35– Boris Karlamoff est avec nous, notre journaliste police-justice.
08:39On connaît le tracé de samedi ?
08:40– Alors, il y a déjà deux parcours de manifestation qui ont été déposés ce matin
08:44en préfecture de police de Paris, tout d'abord la CGT, qui a donc déposé son parcours
08:49sans toutefois en révéler la teneur.
08:52Ils n'ont pas voulu communiquer sur le point A, qui ira à un point B.
08:56Il y a également la coordination des Gilets jaunes, qui a déposé également ce matin un parcours.
09:01Un parcours qui irait, pour eux, de la place de la Bastille à 14h,
09:05pour une arrivée place de la Concorde, non loin de l'Assemblée nationale,
09:08en passant notamment par l'Opéra Garnier et les Grands Boulevards.
09:11Donc ce parcours est actuellement à l'étude par les services de la préfecture de police de Paris.
09:16Puis vous le savez, il y a aussi l'intérêt syndical Jeunesse
09:18qui appelle à la mobilisation pour samedi.
09:20Hier matin, le ministre de l'Intérieur sur BFM TV et RMC a dit qu'il s'attendait
09:25que ce soit à nouveau compliqué, que ce soit à nouveau une grosse journée de mobilisation.
09:29On va déployer, dit Laurent Nunez, un dispositif extrêmement robuste,
09:33rappelant ainsi que la soirée d'Halloween est traditionnellement toujours animée.
09:38Du côté du chef de l'État, Emmanuel Macron, hier à Marseille, a ajouté
09:41que les tracés de mobilisation déclarés resteraient donc en dehors des centres-villes
09:45afin de protéger, dit-il, l'ordre et que les manifestations se fassent dans le calme.
09:50Même à l'image de la manifestation parisienne de samedi dernier
09:53qui avait été un peu sortie du centre-ville pour faire la porte d'Italie jusqu'à la porte de
09:57Vincennes,
09:57vous l'avez dit, en empruntant les maréchaux.
10:00Donc deux parcours de manifestation qui ont été déposés.
10:02Mais cela ne veut pas dire que la préfecture de police y répondra favorablement.
10:06Et des couvre-feux alors ou toujours ?
10:08Alors il y a des couvre-feux notamment dans le nord du pays qui ont été prolongés.
10:12Le couvre-feu à Marseille s'est terminé hier soir,
10:15mais il n'est pas impossible qu'il soit à nouveau effectif le week-end prochain
10:19à l'occasion de cette troisième mobilisation.
10:21Donc il y a tout un arsenal de mesures qui pourraient à nouveau revoir le jour le week-end prochain
10:26si le renseignement territorial est mis de sérieuses inquiétudes sur cette journée.
10:31Qu'est-ce qu'on vous souhaite pour les samedis qui viennent ?
10:33Là, moi, je ne risque plus rien.
10:35Oui, de toute façon, c'est fermé là pour l'instant.
10:37C'est fermé, il n'y a plus rien à toucher, il n'y a plus rien à voler.
10:39Et vous pensez, j'imagine, à vos collègues ?
10:41Oui, franchement, par contre, les commerçants du quartier ont été aussi vraiment très très touchés.
10:45Vous voyez, dans ma rue, il y a un magasin de boxe, il y a le tabac,
10:49il y a le laboratoire d'analyse médical, l'assureur.
10:52C'est toute la rue, c'est une catastrophe.
10:55Pour nous, qu'il n'y ait plus de manifestations.
10:57Stop aux manifestations.
10:58Stop aux manifestations, sinon le commerce va mourir.
11:00Le commerce de centrale va mourir, et qui va en profiter ?
11:02Une fois de plus, les plateformes.
11:04Les gens vont les acheter sur les plateformes.
11:05Et le commerce va mourir, la restauration va mourir.
11:08Il faut arrêter.
11:09Il faut arrêter ces manifestations.
11:11Merci à tous les trois.
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