00:00Laurent Baumel, bonsoir. Vous faites partie des députés de gauche qui ont quitté l'hémicycle
00:03lorsque Sébastien Chenu, le député RN, a pris la parole. Pourquoi ?
00:08Nous, on considère que le Rassemblement National porte une part de responsabilité
00:13dans la désinhibition de la parole raciste, par la façon dont il est obsédé en permanence,
00:18par l'immigration, par les réflexions qui peuvent être faites sur les musulmans, etc.
00:24Et donc, on n'a pas voulu, si vous voulez, cet après-midi, cautionner cette hypocrisie,
00:28cette mascarade, de voir le représentant du Rassemblement National, à son tour,
00:32prendre la parole pour dire à quel point il était touché par cet attentat raciste, etc.
00:38– Est-ce que ce spectacle, le spectacle que vous avez donné, est à la hauteur de l'événement ?
00:44Il y avait la famille de la victime dans l'hémicycle, il y avait le maire de Trappes.
00:48Est-ce qu'il ne faudrait pas un peu plus de dignité, plutôt qu'avoir l'impression que vous faites,
00:52comme le dit Sébastien Lecornu, la campagne présidentielle à la Chambre des députés ?
00:56– Je ne veux pas parler à la place du maire de Trappes et de la famille,
00:58mais je ne crois pas que le maire de Trappes ni de la famille
01:02soient très fâchés de voir qu'il y a des gens dans cet hémicycle
01:04qui se battent contre les thèses du Rassemblement National.
01:07Je pense que le maire de Trappes, il a fait le lien, très clairement,
01:09entre, si vous voulez, une ambiance qui est créée,
01:11alors je ne dis pas uniquement par le Rassemblement National,
01:14il y a aussi des médias, il y a aussi des réseaux sociaux.
01:16– Ce n'est pas de la récupération politique ce que vous faites ?
01:18– Non, ce n'est pas du tout politique.
01:19– Parce que l'événement a eu lieu il y a quatre jours,
01:21on ne sait pas encore précisément quels sont les mobiles du suspect,
01:26même si effectivement on part sur un mobile raciste,
01:27mais tout de suite vous faites finalement de la politique politicienne.
01:31– Ce que je trouve curieux, si vous voulez,
01:32c'est que quand la semaine dernière il y a des pillages,
01:35il y a de la casse, il y a des destructions,
01:36là ça ne pose aucun problème au Premier ministre d'ailleurs,
01:38y compris de faire des liens avec la LFI, avec ceci et cela.
01:42– La LFI est dans la rue avec ce qui manifeste.
01:44– Oui, enfin on n'a pas surpris des députés LFI ou que sais-je,
01:49à être eux-mêmes des casseurs ou des pires.
01:51– Bali Bagayoko a dit que la violence était légitime.
01:53– Là ça ne pose aucun problème de faire des liens.
01:54– Bali Bagayoko a dit que la violence était légitime,
01:56alors qu'il n'y a pas un lien qu'on peut faire.
01:58– Alors qu'à l'évidence là, si vous voulez,
02:01on a un parti qui est représenté à l'Assemblée,
02:03qui en permanence, le matin même si vous voulez,
02:05de l'attentat terroriste raciste de Trappes,
02:09moi j'étais en commission des finances,
02:10on discutait des crédits politiques de la ville,
02:12et il y avait des députés RN qui expliquaient
02:15qu'il fallait baisser les crédits politiques de la ville
02:17parce que les racailles ne méritent pas que…
02:19– Mais ça c'est la politique ça, c'est des débats.
02:20– Non, c'est pas la politique, c'est un climat, c'est un langage.
02:23– Donc on ne doit plus parler immigration,
02:24plus parler délinquance, rien ?
02:25– Le président de la République, Emmanuel Macron lui-même l'a dit
02:28dans son allocution, il y a un climat, il y a une atmosphère.
02:32Donc souffrez qu'on n'accepte pas cette hypocrisie.