- il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00La séance a donc été houleuse cet après-midi à l'Assemblée nationale au sujet de l'attentat de Trappes,
00:05un spectacle qui n'a pas été du goût du Premier ministre. Écoutez Sébastien Lecornu.
00:10J'ai le souvenir d'attentats terroristes dans le passé, quel qu'en soit le mobile, quel qu'en soit
00:14le motif,
00:15des gouvernements de gauche, des gouvernements de droite étaient ici à ce banc,
00:19et dans lequel il y avait un réflexe d'unité républicaine pour défendre les valeurs de la République.
00:24Mais de voir ce spectacle dans lequel, tout sans la campagne présidentielle matin, midi et soir,
00:33tout sans le recel politicien, marque une forme d'indignité,
00:40et croyant combattre le racisme, précisément, vous êtes en train de faire le jeu de l'extrême droite du Rassemblement
00:48national.
00:49Vous devriez justement, précisément, être présent dans cet hémicycle, ne pas avoir déserté, mener le débat,
00:58défendre l'unité de la République, défendre les valeurs de la République, et faire corps, faire bloc, et ne rien
01:04lâcher.
01:05Et cette ambiance particulièrement nauséabonde de ces questions au gouvernement,
01:10laisse présager de rien de bon pour les semaines et les mois qui viennent.
01:14Donc moi, mesdames et messieurs les députés, quelles que soient vos sensibilités politiques,
01:19j'en appelle au sursaut, et j'en appelle à être debout pour la République.
01:25Edgar Becker, vous avez suivi cette séance très houleuse à l'Assemblée pour BFM TV.
01:30Il n'y avait pas que Sébastien Lecornu qui était très remonté cet après-midi.
01:34Oui, ambiance électrique, vous l'avez dit Olivier.
01:36Moi, pour tout vous dire, je suis pratiquement tous les mardis à la séance de questions au gouvernement,
01:40et j'ai rarement vu une ambiance aussi tendue, une séance aussi houleuse que celle d'aujourd'hui.
01:46Et on assistait à un moment assez marquant, quand le président, le nouveau président du groupe RN à l'Assemblée
01:51nationale,
01:52Sébastien Chenu, a posé une question sur l'attentat de Trappes.
01:55Eh bien, une partie de la gauche s'est levée et a décidé de quitter l'hémicycle,
02:00notamment des députés socialistes et des députés écologistes.
02:04manière, moyen pour eux, de montrer leur opposition au Rassemblement national sur ce sujet.
02:12Dans sa réponse, quelques minutes plus tard, Sébastien Lecornu a lui dénoncé, je cite,
02:16un spectacle qui sent la campagne présidentielle.
02:19Le chef du gouvernement qui parle également d'une forme d'indignité.
02:23Et puis cette ambiance houleuse, elle a continué jusqu'à la fin de la séance de questions au gouvernement.
02:28Le gouvernement qui a été hué à de très nombreuses reprises.
02:32Et notamment, la ministre chargée de la lutte contre les discriminations, Aurore Berger, lors de sa prise de parole.
02:38On a entendu, du côté des bandes de la gauche, des appels à la démission ou des demandes d'excuses
02:44après l'attentat raciste de Trappes de ce vendredi.
02:49La famille de la victime qui, justement, a assisté à cette séance de questions au gouvernement,
02:54en compagnie du maire de Trappes, Ali Rabé.
02:57Merci Edgar, avec Julie Poncet pour les images.
02:59Laurent Baumel, bonsoir. Vous faites partie des députés de gauche qui ont quitté l'hémicycle
03:03lorsque Sébastien Chenu, le député RN, a pris la parole. Pourquoi ?
03:07Si vous voulez, nous, on considère que le Rassemblement national porte une part de responsabilité
03:12dans la désinhibition de la parole raciste.
03:15Par la façon dont il est obsédé en permanence, par l'immigration,
03:20par les réflexions qui peuvent être faites sur les musulmans, etc.
03:23Et donc, on n'a pas voulu, si vous voulez, cet après-midi, cautionner cette hypocrisie,
03:27cette mascarade de voir le représentant du Rassemblement national,
03:31à son tour, prendre la parole pour dire à quel point il était touché
03:35par cet attentat raciste, etc.
03:38– Est-ce que ce spectacle, le spectacle que vous avez donné,
03:42est à la hauteur de l'événement ?
03:43Il y avait la famille de la victime dans l'hémicycle,
03:46il y avait le maire de Trappes, est-ce qu'il ne faudrait pas un peu plus de dignité,
03:50plutôt qu'avoir l'impression que vous faites, comme le dit Sébastien Lecornu,
03:53la campagne présidentielle à la Chambre des députés ?
03:55– Je ne veux pas parler à la place du maire de Trappes et de la famille,
03:58mais je ne crois pas que le maire de Trappes ni de la famille
04:01soient très fâchés de voir qu'il y a des gens dans cet hémicycle
04:04qui se battent contre les thèses du Rassemblement national.
04:06Je pense que le maire de Trappes, il a fait le lien, très clairement,
04:09entre, si vous voulez, une ambiance qui est créée,
04:11je ne dis pas uniquement par le Rassemblement national,
04:13il y a aussi des médias, il y a aussi des réseaux sociaux.
04:16– Ce n'est pas de la récupération politique ce que vous faites ?
04:18– Non, ce n'est pas du tout politique.
04:18– Parce que l'événement a eu lieu il y a quatre jours,
04:20on ne sait pas encore précisément quels sont les mobiles du suspect,
04:25même si effectivement on part sur un mobile raciste,
04:27mais tout de suite vous faites finalement de la politique politicienne.
04:30– Ce que je trouve curieux, si vous voulez,
04:31c'est que quand la semaine dernière il y a des pillages,
04:34il y a de la casse, il y a des destructions,
04:36là ça ne pose aucun problème au Premier ministre d'ailleurs,
04:38y compris de faire des liens avec la LFI, avec ceci et cela.
04:41– La LFI est dans la rue avec ce qui manifeste.
04:44– Oui, enfin, on n'a pas surpris des députés LFI,
04:47ou que sais-je, à être eux-mêmes des casseurs ou des pires.
04:50– L'Ibaga Yoko a dit que la violence était légitime.
04:52– Là ça ne pose aucun problème de faire des liens.
04:54– L'Ibaga Yoko a dit que la violence était légitime,
04:56donc il n'y a rien de liens qu'on peut faire.
04:57– Alors qu'à l'évidence, là, si vous voulez,
05:01on a un parti qui est représenté à l'Assemblée,
05:03qui en permanence, le matin même, si vous voulez,
05:05de l'attentat terroriste raciste de Trappes,
05:08moi j'étais en commission des finances,
05:10on discutait des crédits politiques de la ville,
05:12et il y avait des députés RN qui expliquaient
05:14qu'il fallait baisser les crédits politiques de la ville
05:16parce que les racailles ne méritent pas que…
05:19– Mais ça c'est la politique ça.
05:20– Non, ce n'est pas la politique, c'est un climat,
05:22c'est un langage.
05:23– Donc on ne doit plus parler immigration,
05:24plus parler délinquance, plus rien ?
05:25– Le président de la République, Emmanuel Macron,
05:27lui-même l'a dit dans son allocution.
05:29Il y a un climat, il y a une atmosphère.
05:31Donc souffrez qu'on n'accepte pas cette hypocrisie,
05:35qu'on n'accepte pas de cautionner.
05:36– Mais il n'y a pas un temps de décence à avoir
05:37avant de reprendre le jeu politique classique ?
05:39– Si la décence, ça consiste à fermer les yeux
05:42sur le fait que des gens dont on considère,
05:44à tort ou à raison, mais c'est notre avis,
05:45qu'ils sont en partie responsables de ce climat,
05:48peuvent faire comme si de rien n'était
05:50et venir avec tout le monde,
05:52communier dans la condamnation
05:54de ce crime terroriste raciste, effectivement…
05:57– En même temps, vous siégez chaque semaine
05:59avec des députés RN ?
06:00– Mais je ne dis pas qu'ils ne font pas partie
06:01de la démocratie.
06:02Je dis qu'à un moment, on n'est pas obligé
06:03de rester là assis et de cautionner
06:05une mascarade et une hypocrisie.
06:06– Mais la semaine prochaine,
06:07vous serez à côté d'eux,
06:08donc est-ce que ce n'est pas ça qui est hypocrite ?
06:09– C'était un moment où il s'agissait
06:10de parler de ce crime,
06:12et comme d'autres,
06:14j'ai ressenti comme difficile,
06:17comme insupportable de rester là
06:20et de cautionner le fait que M. Chenu
06:21à son tour allait s'inclure dans le champ
06:24des Républicains qui condamnent
06:26cet attentat raciste,
06:27alors que matin, midi et soir,
06:29il fait partie d'un parti…
06:30– Il est raciste, Sébastien Chaudy ?
06:31– Je ne dis pas que les dirigeants du RN
06:33sont racistes, je dis qu'ils créent
06:35un climat qui désinhibe la parole
06:37et ce n'est pas nouveau,
06:37on le voit dans nos campagnes électorales.
06:40– Gaëtan, du SAUCET avec nous,
06:42député RN,
06:42vous étiez à l'Assemblée nationale tout à l'heure,
06:44vous avez assisté à cette séance,
06:46vous participez à ce climat
06:49de racisme ambiant ?
06:51– Voilà, ce qu'on vient d'entendre
06:52et ce qu'on a vu d'ailleurs cet après-midi
06:53est profondément insupportable.
06:55D'ailleurs, en général,
06:56ce genre de façon de faire
06:58est plutôt, jusqu'à présent,
07:00une exclusivité de la France insoumise,
07:01et donc je suis assez surpris
07:04de voir des députés socialistes,
07:06écologistes,
07:06qui n'ont eu de cesse de dire
07:07qu'ils avaient, eux,
07:08un discours républicain
07:09et un respect de nos institutions
07:10et de la démocratie plus important
07:12et plus fort que parmi les troupes
07:13de Jean-Luc Mélenchon,
07:14finalement, se précipiter à les imiter
07:16dans des moments où, en fait,
07:17on devrait tous être unis
07:19parce que ce qui s'est passé
07:19– Est-ce que le Ration national
07:20ne devrait pas peut-être
07:22prendre un peu de distance
07:23et ne pas s'afficher ?
07:25– Non, mais je vais vous arrêter
07:26tout de suite là-dessus.
07:28Quand on boycotte la prise de parole
07:30du président du premier groupe
07:32de l'Assemblée nationale,
07:33vous ne boycottez pas seulement
07:34notre groupe parlementaire,
07:35nous, limite, je vais vous dire,
07:36ça ne nous fait pas grand-chose.
07:38Vous boycottez surtout
07:39les 11 millions d'électeurs
07:40qu'on représente.
07:41Les 11 millions de Français
07:41qui, comme nous,
07:42sont effrayés par le climat de violence
07:44qui est de plus en plus délétère
07:46dans notre pays,
07:47par le meurtre qui a été perpétré
07:48et l'attentat terroriste
07:49à caractère raciste.
07:50– Est-ce que vous participez
07:50à ce climat de violence ?
07:51Parce que c'est l'accusation
07:53qu'on porte aujourd'hui
07:54aux députés RL.
07:55– Non, ce n'est pas une accusation,
07:56c'est une instrumentalisation
07:57d'un fait qui est dramatique
07:58et qui est épouvantable.
07:59Et en fait, c'est ça
07:59qui est insupportable
08:00dans ce qui se passe aujourd'hui.
08:02Quand on a eu la minute de silence,
08:03qu'on a pu rendre hommage
08:04à M. Pengo Bossiovangi,
08:07là, on était dans notre rôle
08:09et qu'on est aujourd'hui
08:10des députés de la gauche,
08:11mais j'ai aussi entendu
08:12des membres du gouvernement
08:12et des membres macronistes,
08:14même à commencer
08:14par le président de la République,
08:16à utiliser ce drame,
08:17à utiliser cet attentat épouvantable
08:20pour aller faire
08:20de la campagne politicienne
08:21et essayer de faire peser
08:23je ne sais quelle culpabilité
08:24ou quelle responsabilité
08:26à Marine Le Pen,
08:27à Jean-Manuel Bardella,
08:27au Rassemblement National.
08:28Désolé, mais ce n'est pas du tout
08:29à la hauteur du niveau.
08:32Encore une fois,
08:32par ce geste,
08:34vous avez refusé
08:35l'unité nationale,
08:36vous êtes plongé
08:37dans un discours anti-RN.
08:38Je comprends,
08:38vous pouvez nous combattre
08:40sur tous les sujets,
08:41il n'y a pas de problème.
08:41On peut aller mesure contre mesure,
08:42il n'y a aucun souci.
08:43Mais avoir des caricatures,
08:44des diffamations,
08:46des insultes,
08:46non pas seulement vis-à-vis
08:47de nous,
08:48parlementaires,
08:48mais vis-à-vis des millions
08:49d'électeurs
08:50qui ont confiance en Marine
08:51et en Jordan,
08:51ça, désolé,
08:52mais je le supporte pas.
08:52Victor Hérault,
08:54journaliste politique
08:58et pas d'unité républicaine.
09:00C'est vrai que cette unité républicaine,
09:01on l'a pu l'observer
09:02après certains attentats
09:03qui ont meurtri la France
09:05où tout d'un coup,
09:05on oublie un peu
09:06les divergences politiques
09:07et on se recueille
09:08et on condamne
09:10les événements.
09:11Là, ce n'est pas le cas.
09:13Il y a certes
09:14une nuit de silence
09:14et puis tout de suite,
09:15derrière,
09:16le ton monte.
09:17C'est parce qu'on est
09:17en campagne présidentielle ?
09:19Alors, d'une part, oui,
09:20mais aussi parce que
09:22le climat,
09:22je ne parle pas là ici
09:23de climat raciste,
09:24mais le climat de tension
09:26politique
09:26qui sort en fait de la politique,
09:28si vous voulez.
09:28C'est-à-dire que là,
09:29les politiciens ne font plus
09:30de la politique
09:30en sorte de nombre du terme.
09:31Ça rappelle un petit peu,
09:32si vous voulez,
09:32la minute de silence
09:33qu'il y avait eu pour Quentin Deranque.
09:34Pareil, on s'attendait aussi
09:35à un moment d'unité,
09:37qu'on soit pour ou contre cette minute.
09:38Ça avait créé...
09:38Quentin Deranque,
09:39c'est le militant de l'extrême droite
09:40qui avait été tué à Lyon
09:41par des militants
09:42d'ultra-gauche
09:43en février dernier.
09:44Qu'on soit...
09:45D'ailleurs, Sébastien De Cornu
09:46l'a cité tout à l'heure.
09:47Du mouvement auquel il appartient,
09:48de la personne, etc.
09:49Bref, on s'attend quand même
09:50à lorsqu'il y a un mort
09:51qu'il y ait un instant de décence
09:53et d'unité nationale.
09:54C'est vrai,
09:54notamment dans la représentation.
09:56On rappelle que les députés,
09:57comme les sénateurs,
09:59représentent la nation.
10:00Là, il n'y en a pas du tout,
10:01mais Sébastien Le Cornu,
10:03en revanche,
10:03le Premier ministre,
10:05comment dire,
10:05attise un petit peu ce feu-là aussi,
10:06puisque la France Insoumise,
10:08certes, dit,
10:09ce qui est un fait nouveau,
10:10le Rassemblement National est coupable,
10:11mais le centre aussi.
10:12Ils accusent aussi le centre
10:13en disant,
10:13vous participez,
10:14notamment en ciblant
10:15Aurore Berger,
10:16en disant,
10:16vous participez à ce climat de haine.
10:18Sébastien Le Cornu dit...
10:19Ce matin,
10:19le maire de Trappes,
10:20à l'Iran,
10:22pointez du doigt
10:23François Bayrou,
10:24Valérie Pécresse...
10:26M. Barnier,
10:26faire des gens
10:27qu'on n'avait pas du tout
10:28l'habitude d'entendre
10:29dans ce genre d'accusations.
10:31Et, en revanche,
10:32le Premier ministre,
10:33lui,
10:33c'est une habitude macroniste
10:34de longue date,
10:36cible l'un et l'autre
10:38de ce qu'il appelle
10:38les extrêmes,
10:39c'est-à-dire
10:39et la France Insoumise
10:40et la Rassemblement National.
10:40Bref,
10:41personne n'arrive à dire
10:42mettons de côté la querelle
10:43et trouvons un petit peu
10:44d'unité,
10:45ne serait-ce que...
10:46Alors,
10:46ça a duré une minute.
10:47La minute de silence
10:47a été respectée.
10:48En revanche,
10:48les questions au gouvernement
10:50derrière n'ont été parasitées
10:51que par ce sujet.
10:52Idem lorsque,
10:53comment dire,
10:54Laurent Nunez
10:55dit qu'il y a effectivement
10:56des propres racistes
10:57qui sont tenus
10:57sur les plateaux télé.
10:58La France Insoumise cible
10:59le système médiatique,
11:01ce qu'ils appellent
11:01le système médiatique.
11:02Je veux dire,
11:02tout ça n'est pas du tout
11:03non seulement à la hauteur du moment,
11:04mais surtout,
11:05ce n'est pas une question
11:06de hauteur.
11:07C'est une question de...
11:07Ne faut-il pas apaiser les choses,
11:10apaiser le débat,
11:10attendre aussi.
11:11Vous aviez raison de parler
11:12de ce délai,
11:13non pas de décence d'ailleurs,
11:13qui n'est pas respecté
11:14pour la famille.
11:15Vous dites que vous ne parlez
11:16pas en leur nom,
11:16mais enfin,
11:16on ne sait pas ce qu'ils pensent,
11:17on ne sait pas ce qu'ils veulent.
11:18Donc,
11:18ne parlons pas du tout
11:19en leur nom,
11:19ne le citons pas,
11:21mais ne serait-ce que...
11:22Enfin,
11:22seulement pour avoir
11:23des pensées à leur égard.
11:24Mais en revanche,
11:25le délai de décence
11:26vis-à-vis de l'avancée
11:27de l'enquête,
11:28comme vous l'avez dit,
11:29on ne sait toujours pas
11:30précisément ce qu'il s'est passé,
11:31quelle c'était la motivation.
11:32A repris hier seulement.
11:34On a,
11:34depuis quelques jours...
11:35Je m'étonne,
11:36si vous faites comme si,
11:37par exemple,
11:37le président de la République
11:37n'avait pas parlé.
11:38Ah non,
11:38mais je suis d'accord.
11:39Il a été le jour même à Trappes.
11:41Il a été hyper clair
11:42sur le lien...
11:43Oui,
11:43mais le président de la République
11:44n'a pas mené l'enquête tout seul.
11:45Je suis d'accord avec vous.
11:46Il a parlé sur la base
11:47des échanges qu'il avait eus
11:48quand même avec la justice.
11:49Le président...
11:50Mais la justice,
11:51tu n'as toujours pas fini
11:51l'enquête aujourd'hui.
11:52Le président de la République
11:53s'est avancé très vite.
11:55Trop vite ?
11:55En qualifiant,
11:56à mon sens,
11:56trop vite.
11:57Il est très probable
11:58que ce soit un attentat
11:59terroriste, raciste.
12:00C'est très probable.
12:01Ce n'est pas établi à 100%.
12:02On n'a pas les motifs.
12:03Et on se base sur un profil
12:04qui est extrêmement chaotique,
12:06celui de ce fameux Kevin
12:07qui a commis cette attaque horrible.
12:09Et sur des faits,
12:11on ne va pas aussi reléguer
12:12tous les éléments
12:13qui ont été...
12:13Quelque soit l'attentat,
12:14en général,
12:15on n'attend pas non plus
12:16très longtemps avant d'en parler.
12:17Non, non, c'est vrai.
12:18Mais d'ailleurs,
12:18c'est un problème
12:18qui revient souvent,
12:19que ce soit des attentats
12:20commis par l'extrême droite,
12:21que ce soit connu
12:22par des islamistes,
12:23que ce soit...
12:23Il y a normalement
12:24un délai de décence
12:25vis-à-vis de,
12:26un, de la famille
12:27et de l'enquête,
12:28de savoir que s'est-il passé,
12:29comment y réagir.
12:29Alexis Cuvillier,
12:31en tout cas Sébastien Lecornu,
12:32était très remonté,
12:34très touché
12:35par ce qui se passe.
12:37On a l'impression
12:37qu'aujourd'hui,
12:38n'importe quel sujet
12:39de toute manière
12:39est inflammable.
12:40Alors là,
12:40on parle d'un attentat
12:41quand même
12:43à la fois épouvantable
12:44et exceptionnel.
12:46Comment ça peut se dérouler
12:48dans les semaines qui viennent ?
12:49Comment essayer
12:50de ramener un peu de calme ?
12:51Ce qui est particulier
12:52dans la prise de position
12:53de Sébastien Lecornu,
12:55elle était extrêmement cohérente
12:56politiquement
12:56par rapport à son positionnement.
12:58Il a, c'est vrai,
12:59lorsqu'il a répondu
13:00au nouveau président
13:01du groupe RN,
13:01Sébastien Chenu,
13:02il a mis dos à dos
13:04les deux extrêmes opposés
13:06de l'Assemblée.
13:06Mais lorsqu'il parle
13:07de décence
13:08et d'unité nationale,
13:10quelque part,
13:11lui aussi,
13:12en choisissant
13:13d'aller à l'affrontement
13:14avec les deux forces politiques,
13:16ne participe pas totalement
13:17non plus.
13:18Il est dans l'arène aussi.
13:19Il est un peu dans l'arène.
13:20Et d'ailleurs,
13:20l'Assemblée est faite
13:21d'une telle façon
13:22qu'il est de toute façon
13:23toutes les semaines
13:24dans l'arène
13:25lorsqu'il s'exprime
13:26à cette séance
13:26de questions au gouvernement.
13:27Finalement,
13:28celle qui a eu
13:29de la hauteur aujourd'hui,
13:31c'est Yaël Braun-Pivet.
13:32Alors elle, bien sûr,
13:32elle a son rôle institutionnel.
13:33La présidente de l'Assemblée nationale.
13:34Elle est présidente
13:35de l'Assemblée nationale.
13:36Elle peut se permettre
13:37en effet d'être
13:38un peu au-dessus
13:39de la mêlée.
13:40Et c'est vrai que son propos
13:40a été très respecté
13:42le moment
13:42où elle a pris la parole.
13:44La minute de silence
13:44a été respectée.
13:45Et Sébastien Lecornu,
13:46d'ailleurs,
13:47a salué le ton
13:48qu'elle avait employé.
13:49Mais c'est vrai
13:50que c'est difficile
13:51d'imaginer
13:52comment la campagne
13:53peut se poursuivre comme ça.
13:55Comment ces temps parlementaires
13:56vont se poursuivre par l'aile.
13:56On est parti pour six mois
13:58de tensions,
13:59de violences verbales,
14:00de désignations,
14:03de coupables.
14:04L'Assemblée ne siégera pas
14:06en permanence.
14:06L'Assemblée va s'arrêter
14:07de travailler
14:08assez en amont
14:09de la campagne présidentielle
14:10pour des histoires
14:12de réserve.
14:13Mais c'est vrai
14:13que le débat budgétaire
14:15se passe dans une sérénité
14:16franchement quasi inexistante.
14:19Et là,
14:20cet après-midi,
14:20il y avait aussi
14:21cet aspect
14:22qui est une actualité
14:23qu'on commente
14:24depuis plusieurs semaines,
14:25cette superposition
14:25des difficultés
14:26pour le gouvernement.
14:27à la fois ce drame
14:29raciste de trappe
14:30qui frappe tout le pays
14:32et en même temps aussi
14:33toutes les questions
14:34qui sont soulevées
14:34par le 17 octobre
14:35et qui étaient encore
14:36nombreuses aujourd'hui
14:37lors de cette séance
14:38de questions.
14:39Sachant que la crise sociale
14:40est toujours là,
14:40il y a d'autres rassemblements,
14:41d'autres manifestations
14:42prévues dès samedi.
14:44Et puis le 5 novembre
14:45avec une grève générale
14:46lancée par les syndicats.
14:48Ryan Nezard,
14:48bonsoir,
14:49vous l'ancien conseil ministériel.
14:50Tout à l'heure,
14:51Laurent Nunes parlait
14:52du vivre ensemble.
14:53J'ai l'impression
14:53que c'est un peu désuèm
14:54maintenant de parler
14:55du vivre ensemble.
14:56J'ai l'impression
14:57que tout le monde
14:57est fracturé,
14:58divisé,
14:58une campagne très dure.
15:00Ce n'est pas la première fois
15:01que notre pays
15:02vit des moments
15:02à la fois de tensions,
15:03de fractures,
15:04de divisions.
15:04Ce n'est pas la première fois
15:05qu'on vit des attentats
15:06y compris à caractère
15:08raciste ou antisémite.
15:09Là, notre débat,
15:10je le dis avec
15:12beaucoup de modestie
15:13parce que moi,
15:13je suis enseignant
15:14et donc j'ai l'habitude
15:16d'avoir cette passion
15:18de transmettre les choses
15:19et en essayant
15:20de prendre un petit peu
15:21de distance
15:21avec mes étudiants.
15:23Je suis un petit peu surpris
15:24par la teneur des débats
15:25de cet après-midi
15:26à l'Assemblée
15:27et surtout de l'exemple
15:28et de l'image
15:29que ça va donner
15:29à l'ensemble du pays.
15:31Si vous voulez,
15:31il y a eu un attentat
15:32terroriste raciste.
15:34Ni policier,
15:35ni magistrat,
15:36mais on a quand même
15:37assez peu de doutes
15:38sur la qualification.
15:39On verra évidemment
15:40le détail des motivations,
15:42le parcours,
15:42etc.,
15:43comme pour chaque attentat.
15:44Mais en tout cas,
15:45la conclusion politique
15:46qu'on devrait tous,
15:47quelles que soient nos sensibilités
15:48et sur ce plateau,
15:49vous avez regroupé
15:50des sensibilités
15:51assez différentes.
15:52Quelles que soient nos sensibilités,
15:53on devrait d'abord
15:53le condamner,
15:55dire notre solidarité
15:56pleine et entière,
15:57non seulement
15:57à la famille
15:58de la personne
15:59qui a été assassinée
16:00lâchement,
16:00aux familles des blessés,
16:02y compris moi,
16:03je pense à cette
16:04petite fille de...
16:05qui gardera des séquelles,
16:07on l'a appris aujourd'hui
16:08par le biais
16:08de l'avocat de la famille
16:09à toute sa vie.
16:10Qui a livré
16:11un témoignage
16:12extrêmement bouleversant
16:13dont j'en ai pleuré
16:13en l'écoutant parler
16:15et aussi une solidarité
16:16vis-à-vis de l'ensemble
16:17des habitants
16:17de cette ville.
16:18Et pourquoi justement
16:18on n'arrive pas
16:19à l'exprimer tout simplement
16:20cette solidarité ?
16:21J'essaye de le faire,
16:22je ne suis pas politique,
16:22je ne suis pas élu,
16:23j'essaye de le faire
16:24avec les mots
16:24qui me paraissent
16:25les plus humains,
16:26les plus dignes
16:27dans le cas d'espèce.
16:28Et c'est peut-être
16:28plus facile
16:29quand on n'est pas
16:30député à l'Assemblée,
16:31je n'en sais rien.
16:31Mais je pense que
16:32tout le monde devrait
16:32le dire comme ça.
16:33Et troisièmement,
16:34et c'est là où le débat
16:35devient aussi politique,
16:37dans cette campagne présidentielle,
16:39la question qui devrait
16:40être posée à tous les partis,
16:41quels qu'ils soient,
16:42c'est qu'allez-vous proposer
16:43dans les prochains mois
16:43et les prochaines années
16:44pour faire reculer
16:45le racisme en France ?
16:45Tout simplement.
16:47Il y a une loi attendue
16:49ces prochaines semaines
16:49à l'Assemblée.
16:50C'est pour ça que j'ai d'abord
16:50disons cela.
16:51Il y a un texte
16:53pour renforcer l'arsenal
16:54dans les prochaines semaines.
16:55On peut parler de la question
16:56des discriminations à l'embauche
16:57qui n'est pas du tout
16:58corrélée directement
16:59à cet attentat.
17:00Si on veut en tirer
17:01des conséquences politiques,
17:02tirons-en des conséquences
17:04constructives
17:04pour faire avancer
17:06le pays
17:06dans la lutte contre le racisme.
17:07Profitons-en aussi
17:08pour le faire avancer
17:09dans la lutte contre l'antisémitisme.
17:10Mais essayons de tirer
17:11quelque chose,
17:12c'est terrible à dire,
17:13mais de positif
17:14de ce drame
17:16qui nous déchire le cœur.
17:17Mais essayons d'en retrouver
17:18de l'unité
17:19et des actions
17:20au service de nos concitoyens.
17:22Et on est dans une bataille politique.
17:24J'en conviens.
17:24Et c'est pour ça que je vous dis,
17:25le 10 ans,
17:26c'est facile à dire
17:27quand on n'est pas engagé
17:28en politique
17:28dans une campagne
17:29ou élu.
17:30Mais néanmoins,
17:30je pense que c'est ce qu'attendent
17:31des millions de nos compatriotes.
17:32Sébastien Lecornu
17:33vous a accusé
17:34de faire le jeu du RN
17:35finalement,
17:36cet après-midi.
17:37Est-ce que ce n'est pas le cas ?
17:39Non, on ne fait pas
17:40le jeu du RN
17:40puisque précisément,
17:41on pointe
17:42et on est les premiers
17:43à le faire là finalement,
17:44on pointe très clairement
17:47la responsabilité
17:47de ce parti
17:49dans la construction
17:51de ce que le président Macron
17:52lui-même a appelé
17:52une atmosphère délétère,
17:55une ambiance
17:56qui dans le fond
17:57désinhibe la parole raciste.
17:59Je le répète,
17:59je ne dis pas
18:00que le criminel
18:03qui visiblement
18:04a un profil psy
18:07est un militant
18:08qui a obéi
18:08aux ordres
18:09de Marine Le Pen
18:10et de Jordan Bardella.
18:11Mais ce que je dis
18:12et ça je l'assume,
18:14c'est qu'il y a
18:14une ambiance
18:16qui se crée
18:16qui fait que
18:17des personnages
18:19de ce type
18:20peuvent ensuite
18:21se sentir libérés
18:22dans leur pulsion raciste
18:23et passer à l'acte.
18:25Et ça je pense,
18:26oui,
18:26je l'assume devant vous,
18:27je pense que
18:28le RN
18:29par l'obsession
18:30de l'immigration,
18:32l'obsession des musulmans...
18:33Est-ce qu'on peut parler
18:33de l'immigration
18:35sans être taxé de raciste ?
18:36Non mais on n'est pas obligé
18:37sur chaque projet de loi
18:38par exemple...
18:38Est-ce qu'on peut par exemple
18:39dire
18:39il faut stopper l'immigration
18:40comme certains le préconisent
18:42sans être taxé de raciste ?
18:44Oui, mais on n'est pas obligé
18:45sur chaque projet de loi
18:46de ramener des amendements
18:47sur l'aide médicale d'État,
18:49de prendre tous les prétextes
18:50qui passent.
18:51La loi sur les violences
18:52sexuelles et sexistes,
18:53il y a eu des amendements
18:54sur les femmes étrangères
18:55pour les exclure de cette loi.
18:57Donc il y a en permanence
18:58si vous voulez une rhétorique,
18:59un discours
19:00et des actes politiques
19:01qui visent à montrer
19:03qu'on combat les étrangers,
19:04les étrangers de l'intérieur,
19:06les musulmans, etc.
19:07Il ne faut pas être étrangers
19:07comme les français binationaux.
19:09Il ne faut pas s'étonner après
19:10que des gens
19:11un peu dérangés, déréglés,
19:15puissent être sous l'influence
19:16de ce discours.
19:16Alors je ne dis pas
19:17qu'il n'y a que
19:17le Rassemblement national
19:18qui crée ce discours.
19:19Il y a des chaînes d'infos,
19:20il y a des réseaux sociaux.
19:21C'est tout un halo
19:22en fait qui s'est constitué
19:23et pardonnez-nous
19:25de considérer
19:26qu'aujourd'hui
19:27c'était peut-être le moment
19:28de le dire aussi, ça.
19:31Monsieur Bobel,
19:32je pense que vous faites,
19:33et peut-être volontairement,
19:35peut-être volontairement,
19:36mais je pense que vous faites
19:37deux grandes erreurs.
19:38La première,
19:39encore une fois,
19:40c'est d'instrumentaliser
19:41un drame
19:42qui est épouvantable,
19:43parce qu'en fait
19:43vous n'avez aucun mot
19:44pour la victime.
19:46Vous ne le mentionnez jamais.
19:47Ce n'est pas vrai.
19:47Non mais je suis désolé,
19:48sur le plateau,
19:48vous ne le mentionnez jamais.
19:49Vous ne mentionnez
19:49que le Rassemblement national,
19:51l'extrême droite,
19:52Marine Le Pen,
19:52le Mardel, etc.
19:53Vous n'avez aucun mot
19:54pour les victimes.
19:55Donc en fait,
19:55vous êtes dans l'instrumentalisation
19:56parfaite d'un drame épouvantable,
19:58d'une attaque terroriste
19:59à caractère raciste.
20:00La justice nous dira
20:00ce qu'il en est à la fin,
20:01mais il y a quand même
20:02fort à parier que ce soit le cas.
20:03Et vous l'instrumentalisez
20:04à des fins politiciennes,
20:05à des fins de campagne électorale.
20:07Première erreur.
20:08Deuxième erreur,
20:08si vous me le permettez.
20:10Deuxième erreur.
20:11Juste là-dessus.
20:11Je vous en prie, allez-y.
20:12Je le dis en tant qu'observateur.
20:14À chaque fois qu'il y a
20:14un fait divers
20:16qui engage des personnes
20:17issues de l'immigration,
20:18vous êtes quand même
20:18plutôt les premiers
20:19à vous en saisir.
20:20Mais qu'il y a un problème
20:21d'insécurité en lien
20:22avec l'immigration, oui.
20:23Je ne vois pas
20:23où est le problème
20:24du fait d'en parler.
20:25Non mais il y a une différence.
20:28Et vous généralisez.
20:29Il y a une différence,
20:30monsieur,
20:30si vous me le permettez.
20:31Vous dites à monsieur le député...
20:32Vous disiez d'ailleurs
20:33que vous n'étiez pas
20:33un responsable politique.
20:35Non, si vous avez fait
20:35une courte carrière,
20:36je rappelle que vous avez fait
20:37quelques semaines
20:38par parole-là
20:39sur la République en mars.
20:40J'ai été en cabinet ministériel.
20:41Il n'y a aucun problème.
20:42Vous avez été d'ailleurs en plus
20:42démis de vos fonctions
20:43parce que vous teniez
20:43des propos insultants
20:44à l'égard même pas de Marine Le Pen
20:46ou du Rassemblement National
20:46mais à l'égard de Mme Pécresse,
20:48de M. Bruno Le Maire
20:49et tant d'autres.
20:49Donc un peu de modération.
20:50Très bonne relation
20:51avec Bruno Le Maire.
20:51Vous revenez.
21:02Vous entendez ce que je dis ou pas ?
21:03Je suis en train de parler
21:04à M. Beaumel.
21:04Vous m'interrompez dans mon argument.
21:06Est-ce que vous-même,
21:07quand ça vous arrange,
21:08vous instrumentalisez pas
21:09des faits divers
21:10ou les récupérez pas politiquement ?
21:11mais vous m'empêcherez pas
21:12d'aller au bout
21:13avec M. Beaumel.
21:14Sur ce point-là,
21:14on parle pas de faits divers,
21:16on parle nous de réalité
21:17et de faits qui sont constatés
21:18parce qu'on sait
21:19qu'il y a une surreprésentation
21:21en effet parmi la délinquance,
21:23parmi les criminels,
21:25il y a une surreprésentation
21:26des étrangers
21:27en comparaison avec leur propre poids
21:29au sein de la population en France.
21:31Donc, désolé,
21:32nous, on parle de ça.
21:33Là, on est en train
21:33d'instrumentaliser
21:34un fait sur lequel
21:35le Rassemblement National,
21:36Marine Le Pen et Jordan Bardella
21:38n'ont strictement aucune,
21:40aucune responsabilité
21:41et on l'instrumentalise
21:42à des fins de politique électorale.
21:43Donc, il y a évidemment
21:44deux choses totalement différentes
21:46par nature.
21:46Maintenant, pour revenir là-dessus,
21:48je pense qu'aussi,
21:49il y a un grand problème,
21:49c'est que ce faisant,
21:51et bien en fait,
21:51et vous le dites d'ailleurs,
21:52vous l'assumez,
21:53vous refusez qu'on puisse débattre,
21:55qu'on puisse parler
21:55de la situation migratoire,
21:57de la politique migratoire
21:58qui est mise dans notre pays.
22:00Quand on parle de l'immigration,
22:01on ne parle pas des immigrés
22:02et on ne va pas accabler
22:03les immigrés eux-mêmes.
22:04On accable les dirigeants politiques
22:05qui prennent des décisions
22:06et qui font qu'aujourd'hui,
22:07nous avons plus de 500 000 entrées légales
22:09dans notre pays
22:10quand on prend les demandes d'asile,
22:11les premiers titres de séjour, etc.
22:14Donc, je veux dire,
22:14il y a un moment donné,
22:15vous ne pouvez pas dire,
22:17comme vous le faites actuellement,
22:18qu'il faudrait en fait censurer,
22:20parce que c'est ce que vous avez dit
22:21et c'est ce qu'ont dit d'ailleurs
22:22vos camarades au Parti Socialiste,
22:23il faut censurer,
22:25il faut interdire tout débat
22:26sur la question migratoire.
22:27Encore une fois,
22:28quand vous prenez
22:28toutes les enquêtes d'opinion,
22:29quand vous posez des questions
22:30sur les mesures en matière
22:31de l'immigration,
22:32c'est peut-être d'ailleurs
22:33le sujet qui fait le plus consensus
22:34dans notre pays
22:35avec parfois plus de 65-70%
22:37des Français
22:37qui partagent les constats
22:38et les solutions
22:39qui sont proposées en matière
22:40par le Rassemblement national.
22:40Vous avez proposé une taxe
22:41sur les entreprises
22:42qui embauchent des étrangers.
22:43Vous êtes d'accord ?
22:43Oui, tout à fait.
22:44D'accord.
22:45Donc là, juste que les personnes
22:46qui nous regardent,
22:47d'un côté, vous dites
22:48les personnes étrangères
22:50ou immigrées,
22:51parce qu'il y a une forme
22:51d'amalgame qu'il fait
22:52alors qu'on peut être
22:53immigré français.
22:54Les personnes étrangères,
22:55c'est moins la fois.
22:56Moi, je ne fais pas la dissension.
22:58Les personnes étrangères
23:00sont suropédicées
23:01dans la délinquance.
23:01Alors attention,
23:02et soyez un peu juste
23:03dans vos déclarations.
23:04Taxez les personnes étrangères
23:05qui essayent de s'insérer,
23:07qui veulent travailler.
23:08Moi, je souligne juste
23:09et je le fais
23:09avec le sourire
23:11très tranquillement,
23:12il n'y a pas de problème.
23:12Je souligne juste
23:13une forme d'incohérence,
23:16osons le mot,
23:17d'hypocrisie
23:17qui consiste à ne pas vraiment
23:19lutter contre le racisme
23:21à l'encourager dans le débat public
23:22et d'un autre côté,
23:23à venir s'étonner
23:24que lorsqu'il y a un fait divers,
23:26il y a un lien qui soit fait
23:26entre des positions
23:28d'extrême droite
23:28et malheureusement
23:29des...
23:30Mais j'aimerais dans ce cas-là
23:30une mesure,
23:31une déclaration,
23:32vous avez vu,
23:33attendez,
23:33vous avez vu que moi
23:34je n'ai absolument pas fait
23:35de lien à votre argumentaire.
23:36Je n'ai fait aucun lien
23:38et au contraire,
23:39c'est d'enjeu de le dire
23:39qu'on a un discours
23:41extrêmement digne
23:41et en hommage
23:42à la victime,
23:43à la famille,
23:43aux blessés, etc.
23:44Je vous dis juste,
23:45faites gaffe
23:45sur le côté hypocrisie,
23:47je trouve que vous allez
23:47un peu trop loin
23:48et ça se voit.
23:48Juste ça,
23:49je vous le dis très gentiment.
23:50bon,