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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
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00:00Dettes, déficits, crises, ceux qui vont devoir faire des efforts,
00:05ils sont légitimes à se poser la question, mais comment est-ce qu'on en est arrivé là ?
00:09Est-ce qu'elle vous intéresse cette question ?
00:12Est-ce que vous pensez qu'elle est capitale ?
00:14On va poser la question à l'ancien ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire,
00:18et il a alerté, pourquoi est-ce qu'il n'a pas été entendu ?
00:22Est-ce qu'il y a eu un aveuglement ou davantage ?
00:25Et que savait-il de la gravité de la situation ?
00:27Toutes les questions vont lui être posées, et il s'installe avec nous.
00:31Bonsoir, M. Le Maire.
00:33Bonsoir, Céline Malou.
00:34Prenez le temps de vous installer.
00:35Toutes et tous.
00:36Avec Arthur Berda, Anne-Sora Dubois, Céline Nimard, Edwige Chevrillon qui va nous rejoindre,
00:43Bruno Jeudy et Nicolas Domenac.
00:45Je voudrais d'abord vous faire écouter la réaction de Marine Le Pen sur le budget.
00:50Vous allez me dire si c'est pour vous une réaction de responsabilité, justement,
00:54par rapport au vote sur le budget.
00:57Nous verrons bien la copie que nous présentera le gouvernement,
01:01mais j'assume une position claire.
01:03Nous assumons vouloir gagner les élections et gouverner la France au plus vite.
01:09Ce faisant, un budget imparfait opérationnel avant les élections est préférable, cette fois, à une loi spéciale,
01:16car nous pourrons le modifier immédiatement à notre arrivée au pouvoir avec une nouvelle majorité parlementaire.
01:21Au contraire, s'il n'y a pas de budget, nos six premiers mois au pouvoir seraient bien plus difficiles.
01:30Est-ce que c'est une déclaration, une position responsable selon vous ?
01:35J'espère que tous les partis politiques auront la même position, c'est-à-dire l'adoption d'un budget,
01:42quoi qu'il arrive, même un budget qui n'est pas parfait, plutôt que pas de budget du tout,
01:45qui ne fera que précipiter la crise financière qui nous pend au nez.
01:50Tout le monde en a parfaitement conscience.
01:52Mais chacun doit mesurer la gravité de la situation pour nos compatriotes.
01:56Quand on a des taux d'intérêt qui s'approchent des 4,5% et qui dépasseront les 5%
02:02de manière inéluctable dans les semaines qui viennent,
02:06qu'est-ce que ça veut dire pour nos compatriotes ?
02:08Ça veut dire que vos enfants, mes enfants, quand ils vont aller emprunter de l'argent à la banque pour
02:12se loger,
02:13on va leur dire, monsieur, le taux d'intérêt c'est 6, 6,5, 7%.
02:16Nos enfants, nos petits-enfants ne pourront plus se loger.
02:20Ça veut dire que pour les entrepreneurs, les patrons de PME, les artisans, les commerçants,
02:25qui veulent emprunter de l'argent pour investir, pour créer de l'emploi, ils ne pourront pas le faire.
02:29Ils mettront la clé sous la porte parce qu'ils n'auront pas l'argent disponible.
02:33Donc chacun doit se sentir responsable, écarter toute querelle politicienne,
02:38toute querelle partisane pour se dire, c'est l'avenir de la France qui est en jeu,
02:43nous nous rassemblons, ce ne sera pas parfait, mais au moins il y aura un budget plutôt que de précipiter
02:47la crise.
02:47Le sujet de la dette n'est pas un sujet technique, c'est très concret.
02:51Est-ce qu'à un moment, Bruno Le Maire, vous dites qu'on risque de se retrouver dans la situation
02:54où on ne pourra pas payer les retraites des Français, on ne pourra pas payer l'hôpital,
02:57on ne pourra pas payer l'éducation des Français ?
02:59Mais c'est déjà le cas. Quand on commence à dilapider autant d'argent pour les intérêts de la dette,
03:06je rappelle que quand les taux d'intérêt, ça a l'air un chiffre théorique, augmente d'un point,
03:11c'est 3,5 milliards d'euros de plus que vous dépensez chaque année, puis 7 milliards, puis 15 milliards.
03:16C'est autant que vous n'avez pas pour les urgences des hôpitaux qu'en ont bien besoin,
03:20pour les écoles, pour les crèches, pour nos universités.
03:23Donc en réalité, on se prive déjà de capacité d'investissement.
03:28On pourrait mettre tout cet argent sur un sujet qui me paraît prioritaire,
03:31c'est-à-dire faire de la France le grand leader des nouvelles technologies,
03:34de l'intelligence artificielle, construire plus de capacités d'accueil de semi-conducteurs,
03:39de construction industrielle verte, mais on ne peut pas le faire.
03:41Mais ça veut dire que si les mesures de redressement des comptes ne sont pas faites,
03:44si je vous entends bien, si je vous comprends bien, elles ne seront imposées de l'extérieur.
03:49Est-ce que les pays que l'on regardait autrefois, parfois, il faut le dire,
03:51avec un peu de condescendance, en disant « ça ne nous arrivera jamais »,
03:55c'est ce que nous vivons peut-être en pire ?
03:57Le choix qui, aujourd'hui, est posé devant tous les responsables politiques,
04:02c'est ce que nous voulons, un destin français,
04:04ou un destin à la Grèce, au Portugal, à l'Espagne, pendant la crise financière.
04:09Comment est-ce que ça se matérialisera ?
04:11Il y a un jour, certainement pas dans les semaines qui viennent,
04:14mais s'il y a encore plus d'instabilité politique,
04:16peut-être même juste avant l'élection présidentielle,
04:19nous émettrons de la dette, et nos créanciers diront « c'est trop dangereux ».
04:23On ne suit pas, et on n'achète plus de dette française,
04:26parce que le risque est trop important.
04:27À ce moment-là, évidemment, la Banque centrale européenne ne va pas nous laisser tomber.
04:31Elle dira « il faut venir au secours de la France,
04:33parce que c'est l'avenir de la zone euro qui est en jeu ».
04:36Simplement, le Conseil de la Banque centrale européenne dira « c'est à nos conditions ».
04:40Donc, on vous prête de l'argent, mais on veut une baisse des pensions,
04:44on veut une baisse des traitements des fonctionnaires,
04:46on veut une réforme des retraites un peu plus ambitieuse.
04:49Donc, c'est pour éviter des sangs et des larmes qu'il faut tout simplement du courage.
04:52Je salue Edwige Chevrion qui nous a rejoint.
04:54Merci d'être là avec Bruno Jeudy, Nicolas Domenac et Anne-Sora Dubois.
04:58Avant qu'on vous pose tous des questions, il y a une question majeure, Bruno Le Maire,
05:02et vous essayez d'y répondre depuis plusieurs jours et plusieurs semaines,
05:06puisque l'on vous voit dans le débat public et politique.
05:09Vous n'avez cessé de dire à tout le monde, lorsque vous étiez à Bercy,
05:13qu'il vous a été demandé de rallonger les choses, rallonger les chèques,
05:16de maintenir le quoi qu'il en coûte.
05:19Mais pourquoi vous ne vous êtes pas dressé contre cette situation ?
05:22Vous avez alerté, vous avez écrit au président de la République.
05:25Pourquoi en tant que ministre, vous avez dit,
05:27moi je ne cautionne pas, je pars et je démissionne ?
05:30Parce que je préfère me battre et que je revendique la position que j'ai choisie,
05:34c'est-à-dire obtenir des économies.
05:36On a fait des économies, on a pris des décisions.
05:38Je rappelle qu'on a fait une réforme des retraites quand même.
05:40La faute, il a été retiré ensuite, en 2024, après la dissolution.
05:46En réalité, Sonia Mabouk, la faute politique, ce qui a précipité le chaos,
05:52c'est la dissolution.
05:53Je vais juste vous donner quelques chiffres.
05:55Donc c'est le président de la République ?
05:56C'est la décision du président de la République.
05:57Mais je veux quand même rappeler quelques chiffres,
05:59parce qu'effectivement, je préfère défendre la vérité
06:02plutôt que tous les mensonges que j'ai entendus depuis des mois et des mois.
06:06Les taux d'intérêt moyens, quand j'étais ministre des Finances,
06:09étaient à 1,1%.
06:10Ils sont à près de 5% aujourd'hui.
06:12L'écart de taux entre l'Allemagne et la France n'a jamais dépassé les 30 points.
06:16Il est à près de 100 points aujourd'hui.
06:18Quand je suis parti de Bercy, le taux de chômage était à 7,6%.
06:22Il est à près de 9 aujourd'hui.
06:24Et je rappelle que la dernière année où j'ai été ministre de l'Économie et des Finances
06:28sur une année pleine, c'est l'année 2023,
06:30l'INSEE a révisé la croissance à près de 2%.
06:33– Monsieur le maire, je n'essaie pas de vous cibler personnellement.
06:37– Ce que ces chiffres montent, et je ne cible personne,
06:40personnellement, je cible les décisions qui ont été faites.
06:42– Mais pourquoi on ne vous a pas écouté ?
06:44Vous avez écrit au président de la République
06:45sur le taux élevé de nos dépenses et de nos prélèvements.
06:47Vous lui avez vraiment proposé de mettre en place une stratégie,
06:50me semble-t-il, ambitieuse de contrôle de nos finances publiques
06:53pour revenir sous les 3% déficit en 2027.
06:56Que vous a-t-il opposé ? Un silence ?
06:58Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:58Qu'il a préféré la dissolution à la vérité ?
07:00– Tout ça a été parfaitement établi par la Commission des Finances
07:04de l'Assemblée nationale, qui a mené une enquête
07:06et qui a approfondi tous ces sujets.
07:10Et je pense qu'à un moment très précis,
07:12il y a eu un choix politique majeur qui a été fait pour la France.
07:14Est-ce qu'on choisit en juin 2024
07:17le plan de redressement des comptes publics que j'avais proposé,
07:20qui comportait beaucoup de mesures, qui sont aujourd'hui sur la table,
07:22mais qui sont forcément plus dures,
07:23parce que la situation s'est détériorée ?
07:26Ou est-ce qu'on choisit d'écarter ce courage-là
07:29en faisant le choix de la dissolution ?
07:31La décision qui a été prise par le président de la République,
07:33c'est entre le rétablissement des comptes,
07:36comme je le proposais,
07:38ou le chaos politique de la dissolution.
07:41– Mais c'est très grave, pardonnez-moi, c'est très grave.
07:44– Mais c'est un choix qui n'appartient
07:45– Ce n'est pas un choix, c'est un non-choix,
07:46que de précipiter la France envers un chaos politique.
07:48– Mais je veux simplement, parce que ça fait deux ans
07:50que j'entends beaucoup de fables sur le sujet,
07:53simplement rappeler que chacun prend ses responsabilités.
07:55Moi, j'ai certainement, Sonia Mabouk,
07:58une part de responsabilité dans la situation des finances publiques,
08:02parce que peut-être qu'ici, là, on aurait pu aller plus loin,
08:05on aurait pu dépenser moins, tel ou tellement.
08:06Je prends toute ma part de responsabilité.
08:08– Monsieur le ministre, au moment…
08:08– Mais je voudrais juste rappeler
08:09que la décision fondamentale, c'est la dissolution.
08:12– Au moment de la dissolution,
08:14la Commission européenne est déjà en train d'étudier
08:17le fait de placer la France en procédure de déficit exagéré.
08:20Et la Cour des comptes a jugé, a critiqué votre bilan,
08:23a repoussé notamment votre argument Covid,
08:24en disant que les voisins européens ont pris des mesures comparables
08:27et ne sont pas dans la même situation.
08:28Donc déjà, avant la dissolution, c'était déjà très compliqué.
08:31– Parce qu'avant la dissolution, bien sûr…
08:32– Ça faisait six ans que vous étiez là.
08:33Ce n'est pas pour dire que vous êtes seul responsable,
08:35mais enfin, la dissolution…
08:37Il y a eu aussi votre audition au Sénat,
08:40dans laquelle vous dites qu'il y a eu une erreur d'appréciation des recettes.
08:42Il y a eu quand même une succession d'erreurs
08:43qui ne sont pas dues à la dissolution,
08:45qui se sont déroulées sous votre direction de merci.
08:48– Bien sûr.
08:49Quand je dis que je prends ma part de responsabilité,
08:51je prends ma part de responsabilité.
08:53– Bien sûr qu'à un moment donné, il y a eu un trou dans les recettes,
08:56mais on a pris des décisions réglementaires pour corriger ça,
08:59des économies sur l'État, des économies sur les médicaments.
09:02– Je les ai prises.
09:02– Pourquoi les Français l'ont appris si tard ?
09:04– Il y a eu des recettes qui n'ont pas été anticipées.
09:06– Bien sûr qu'il n'a pas été anticipé.
09:07– C'est une erreur grave qui a été commise par Bercy,
09:11comme j'étais le patron de Bercy.
09:12Je prends toutes mes responsabilités sur cette mauvaise évaluation.
09:15Ce que je regrette, c'est qu'on ne comprenne pas
09:18que le problème de la dette est un problème de système,
09:22un problème de modèle économique qui dépense plus de richesses
09:26qu'il en produit, vous le disiez très bien tout à l'heure.
09:28Le problème de la dette, c'est quoi ?
09:29Ça a été établi par Nicolas Dufour, le patron de la BPI, par tout le monde.
09:33– Et par François Bayrou, ça lui a coûté son force de Premier ministre.
09:35– Est-ce qu'il a essayé de convaincre les Français ?
09:37– Trop pour les retraites, et elle ne produit pas assez de richesses.
09:40Moi, au moins, j'en tire les conséquences.
09:42– Mais est-ce que ça n'aurait pas eu plus de force de panache
09:46de partir et de dire au nom même de ce que vous défendez ?
09:50De briser là, de dire que ce n'est plus possible,
09:53on va dans le mur, et vous avez continué ?
09:55– Mais c'est sympathique sur un plateau.
09:56– Je ne comprends pas.
09:57– C'est sympathique, mais je vais vous expliquer.
09:58– Non, c'est la doctrine chevalementiste.
10:00– On accepte ou pas ?
10:01– D'accord.
10:02– Un ministre, ça ferme sa gueule.
10:04– C'est sympathique sur un plateau de télévision,
10:07mais pour la réalité des Français, c'est une catastrophe.
10:10François Bayrou a fait ce choix-là.
10:12Qu'est-ce que ça a amené ?
10:13Le retrait de la réforme des retraites.
10:15Donc je préfère me battre, pied à pied.
10:19– Mais vous avez perdu, il a refusé un projet
10:21de loi de finances rectificative, ça n'a rien changé.
10:23– Mais pardon, si à un moment donné,
10:25le choix politique fondamental qui a été fait
10:27était de dissoudre plutôt que de poursuivre,
10:31ça, ça n'est pas ma responsabilité.
10:33– Donc quand il s'agit de rétablir les comptes…
10:35– Donc c'est de masquer la réalité.
10:37La dissolution ne sort pas du chapeau comme ça, monsieur le maire.
10:40Pardonnez-moi, mais c'est grave quand même.
10:42C'est-à-dire que vous êtes en train de dire que vous avez tout fait,
10:43vous avez alerté, vous n'avez pas été écouté,
10:46et pire, il a été décidé de dissoudre pour ne pas dire cette vérité.
10:49– Non, pour ne pas dire la vérité.
10:51– Pour la retarder ?
10:52– Il y aura peut-être une autre majorité,
10:54il y aura peut-être une autre possibilité,
10:56et ça fera passer plus facilement la pilule amère
10:59ou le rétablissement des comptes qui est proposé, peut-être.
11:02– Est-ce qu'on pourrait dire, Bruno Le Maire,
11:03que la dissolution, c'était finalement un peu de la cavalerie financière ?
11:06– Je pense que la dissolution, c'est un choix qui n'appartient
11:09qu'au président de la République, mais qui a abouti à une fuite en avant.
11:11Je redis qu'avant la dissolution, oui, il y avait des difficultés,
11:16oui, il y avait des choses qui auraient pu être mieux faites,
11:18certainement, mais au moins, nous avions le contrôle de la situation.
11:22Nous avons, avec la dissolution, perdu le contrôle de la situation.
11:29Et c'est bien ça qui est aujourd'hui, pardon de regarder un tout petit peu devant,
11:32ce qui intéresse les Français, c'est de savoir de quoi l'avenir va être fait,
11:36jusqu'en juin 2024, nous avions le contrôle de la situation.
11:40À partir de juin 2024, vous l'avez vu, on abandonne la réforme des retraites,
11:44on augmente les impôts, on abandonne la politique économique favorable à l'offre,
11:48donc on jette tout par-dessus bord, c'est une réalité.
11:51Donc nous nous retrouvons à l'heure où je vous parle...
11:53La rivalerie financière, est-ce que pour poursuivre ce que dit Bruno, je dis,
11:57est-ce que finalement, ce n'est pas le Président de la République,
11:59et en fait, c'est un peu ce qu'on dit aujourd'hui,
12:02c'est que ça n'intéressait pas en fait, ça n'intéressait pas tellement les comptes de la France.
12:06Les Français qui nous écoutent, je peux me tromper,
12:08mais je pense que la seule chose qu'ils attendent aujourd'hui des responsables politiques,
12:11c'est comment est-ce qu'on sort de cette situation, et comment est-ce qu'on est vif...
12:14Oui, mais je veux dire, ce n'est pas les responsables politiques, c'est les politiques,
12:18vous voyez, il n'y a plus le mot responsabilité.
12:20Mais on le sait...
12:21Je vous réponds, on le sait, on a pêché, pour prendre vos propos qui sont justes,
12:27la France pêche depuis 40 ans, en dépensant trop pour l'État-providence et trop pour les retraites.
12:34Donc est-ce que maintenant, on regarde ça en face, et on essaye de régler le sujet ?
12:39A l'avenir, est-ce que nous sommes prêts, au moment où je vous parle,
12:43à dire aux Français, on peut encore sauver la situation ?
12:46Ma conviction absolue, c'est qu'il est encore possible de sauver la situation,
12:50que ça se joue dans les semaines qui viennent,
12:52et que sur le long terme, il faut réinventer notre modèle.
12:55Vous, vous êtes un homme responsable, vous remontez sur le Titanic
12:58quand le commandant vous dit, écoutez, j'ai pris l'iceberg, mais je n'aurais pas dû,
13:02mais cette fois-ci, je vais faire attention, vous remontez ?
13:04En famille, avec vos enfants ?
13:07À un moment donné, on est tous dans le même bateau,
13:08ce bateau, il a un nom, il s'appelle la France.
13:11Et ce bateau-là, il a besoin qu'on comble les voies d'eau,
13:15qu'on les ferme une bonne fois pour toutes,
13:17et ce n'est pas dans six mois que ça se joue, c'est maintenant.
13:20Donc c'est maintenant qu'il faut engager,
13:22non pas 5, 6 milliards d'euros de réduction de la dépense,
13:25mais 20 à 30 milliards, ça a été établi par tous les spécialistes.
13:28Je veux dire, que n'avez-vous pas dit ça au moment où on vous a refusé
13:31le projet de loi de finances rectificatives ?
13:32Pourquoi maintenant, et pas à ce moment-là, je ne comprends pas ?
13:35Mais ça a été dit.
13:36Non, vous ne vous l'avez pas dit, vous auriez pu dire au président,
13:38c'est maintenant qu'il faut engager ces économies, sinon je m'en vais.
13:40Vous auriez pu dire au Parlement, c'est maintenant qu'il faut les engager,
13:43sinon je m'en vais, et vous ne l'avez pas fait, c'est maintenant que vous le dites.
13:45– Je me permets de vous rappeler, je vois votre véhémence,
13:48mais je me permets de vous rappeler…
13:48– Mais c'est une passion, parce que c'est un vrai sujet français.
13:51– J'entends votre pression, moi je vous rappelle à la règle institutionnelle.
13:55Toutes les décisions qui relevaient de ma compétence,
13:58je les ai prises, entre janvier et juin 24.
14:02Je passe rapidement parce que le passé, ça ne intéresse pas forcément les gens.
14:04Je les ai prises contre les oppositions.
14:07La sortie du bouclet tarifaire sur l'électricité, tout le monde compte.
14:10Austérité, M. le maire, j'ai pris la décision.
14:12Réduction de 10 milliards d'euros des dépenses sur l'État,
14:15austérité, M. le maire, j'ai pris la décision.
14:17Mais il se trouve qu'ensuite, il y a des règles démocratiques et institutionnelles
14:21qui font qu'à partir d'un certain niveau d'économie,
14:23il faut que vous alliez devant le Parlement et que le Parlement les vote.
14:27– La démission, c'est toujours dans les compétences des ministres.
14:29– Toutes les oppositions ont dit plus d'économie, c'est hors de question.
14:35Ça va faire de l'austérité.
14:36– Non, c'est sur le diagnostic, c'est ce que je veux dire.
14:38– Mais le diagnostic, il a été fait, il a été écrit, il a été dit,
14:40je l'ai dit depuis 2021, il faut sortir du quotidien.
14:42– Vous avez dit ni faute ni dissimulation au Sénat.
14:44– Je dis simplement qu'à un certain moment,
14:47que chacun prenne ses responsabilités.
14:50Je ne peux pas, comme ministre des Finances,
14:52prendre les responsabilités des oppositions
14:54qui ne voulaient pas voter un texte faisant plus d'économie.
14:57– Bruno Le Maire, si on regarde un tout petit peu devant ses cours,
15:00c'est 30 septembre, donc c'est vraiment, c'est après-demain.
15:03Faire 30 milliards d'économies, comme a priori c'est ce qui semble se profiler,
15:07est-ce que c'est de l'austérité ?
15:09– Mais non, ce n'est pas de l'austérité.
15:11– Vous vous posez la question, non ?
15:13– Non, la question n'est pas vraiment légitime.
15:16– Vous dites 10 milliards, on vous dit que c'est 30 milliards.
15:18– J'ai l'impression de me retrouver au Parlement,
15:20où à chaque fois que vous annoncez un euro d'économie,
15:22on vous dit « austérité ! »
15:23Monsieur Le Maire, vous voulez couper dans l'électricité,
15:26les aides aux Français, « austérité ! »
15:28Mais pardon, l'austérité c'est ce qui va nous pendronner
15:30si c'est la Banque Centrale Européenne qui décide à notre place.
15:33Donc je préfère le courage à l'austérité.
15:36– Mais est-ce qu'on peut trouver 30 milliards ?
15:38Vous êtes ministre de l'économie suffisamment longtemps,
15:40est-ce qu'on peut trouver 30 milliards en 15 jours, en 3 semaines ?
15:43– Oui, et vous les trouvez où alors ?
15:45– Simplement, je mets mon expérience à disposition,
15:47puisqu'à chaque budget, j'ai essayé d'apporter des économies,
15:50nous en avons fait,
15:51les seules décisions immédiates
15:54qui sont à la hauteur de la gravité de la situation.
15:56C'est la désindexation des pensions de retraite.
15:59Je propose un point.
16:01Ça vous rapporte 3 à 4 milliards d'euros.
16:03C'est la suppression de l'abattement de 10%.
16:05– Avec un minimum pour les retraites les plus modestes ?
16:07– Bien sûr, on ne touche pas les retraites les plus modestes,
16:08c'est parfaitement raison.
16:09– Et c'est quoi les retraites les plus modestes ?
16:10– Pardonnez-moi, on dirait qu'il y a des retraites aisées dans notre pays.
16:13– Oui, j'avance sur le sujet, je rappelle juste sur la désindexation des retraites,
16:17je vous l'ai parfaitement dit tout à l'heure,
16:19les salaires ne sont pas indexés.
16:22Donc les gens qui bossent, qui ont un salaire,
16:24désolé, eux, ils font comment ?
16:26Les rémunérations des fonctionnaires,
16:28elles sont gelées, elles ne sont pas indexées.
16:30Donc voilà pourquoi il me paraît juste et équilibré aujourd'hui
16:33de demander la désindexation de un point des pensions de retraite,
16:37de supprimer l'abattement de 10% qui rapporte le double 6 milliards d'euros,
16:41de geler les avancements des fonctionnaires,
16:43ce qui rapporte près de 4 milliards d'euros,
16:46de geler les traitements des fonctionnaires,
16:48et j'assortis à ça d'autres mesures qui me paraissent indispensables.
16:51Personnellement, je maintiendrai la surtaxe à l'impôt sur les sociétés.
16:54Et celui qui vous dit ça…
16:56– En 2023, vous aviez dit que c'était injuste,
16:57en 2017, vous l'avez fait, en 2023, vous avez dit que c'était injuste, pourquoi ?
17:00– Mais j'ai jamais augmenté les impôts des entreprises,
17:02mais là, qu'est-ce que je cherche ?
17:04C'est la justice !
17:05Vous ne pouvez pas demander aux uns de contribuer,
17:07et aux autres de ne pas participer.
17:08– Donc il n'y a aucune réforme dans ce que vous faites,
17:10c'est que de l'impôt supplémentaire.
17:11– Mais parce qu'Elisabeth Chevrillon, vous le savez mieux que moi…
17:13– Edwige, tant qu'à faire.
17:14– Edwige, pardon.
17:17Les réformes structurelles ne donnent de résultats que dans 2 ans ou dans 3 ans.
17:20– Je révèle, Edwige Chevrillon,
17:22que nous avons retiré la seule réforme qui aurait rapporté aujourd'hui
17:26plusieurs milliards d'euros, c'est la réforme des retraites.
17:29– 6 milliards.
17:29– Bruno Le Maire, s'il vous plaît…
17:30– Je termine juste par un point très important dans les propositions.
17:32– Vous avez dit juste, moi, il y a la question de la justice,
17:35il y a la question de la dignité.
17:36Vous pouvez dire aujourd'hui, pour la formule consacrée,
17:39les yeux dans les yeux, à ces retraités qu'on appelle aisés,
17:41mais je ne sais pas en quoi ils sont aisés,
17:44écoutez, c'est comme ça, vous serez le prochain sacrifié ?
17:47On peut leur dire, alors que pèse sur eux un contrat de génération ?
17:51– C'est une question fondamentale que vous posez.
17:53Je leur dis juste, tout le monde aujourd'hui est en grande difficulté.
17:58Les salariés, aujourd'hui, il est probable que leurs salaires
18:00ne vont pas beaucoup augmenter.
18:02Vous êtes à près de 9% de taux de chômage.
18:04La pauvreté en France, elle est directement liée au chômage.
18:07Donc, il faut que tout le monde apporte son écho.
18:11Je leur ajoute deux choses très importantes pour les retraités.
18:13Il n'est pas question de cibler qui que ce soit,
18:15ça n'a jamais été ma façon de faire la politique.
18:17La première, c'est que c'est jusqu'à ce que la France
18:19soit revenue sous les 3% de déficit.
18:21Ensuite, on arrête.
18:23– 10 ans, alors là ?
18:24– Non, pas 10 ans, vous devez tenir un objectif.
18:28– On sera déjà retraités nous-mêmes.
18:30– Sans doute plus que 10 ans.
18:30– Non, je suis désolé, il faut le faire le plus vite possible.
18:33Tous les autres pays européens sont revenus sous les 3% de déficit.
18:35– Mais à quel prix, monsieur le maire, à quel prix les autres pays européens sont venus ?
18:41– Je parle d'expérience.
18:42Il faut d'abord leur donner cette garantie que c'est limité dans le temps.
18:45Et puis, il y a une deuxième garantie qui est très importante.
18:47C'est de leur dire, on va faire une vraie réforme des retraites
18:50à 65 ans âge égal de départ, avec de la capitalisation,
18:54pour qu'ils sachent qu'effectivement,
18:55c'est une bonne fois pour toutes qu'on fait cette économie.
18:58Je rajoute une dernière chose qui rapporte aussi de l'argent.
19:01C'est qu'à un moment où la France a un niveau de vie moyen inférieur
19:06à celui des autres pays européens,
19:08il me paraît légitime, comme l'Allemagne, comme l'Autriche,
19:11comme d'autres pays européens, de demander un rabais.
19:14Un rabais sur notre cotisation, en disant, voilà,
19:16on a un niveau de vie moyen qui est plus faible.
19:18Il n'y a pas de raison qu'on continue à financer les autoroutes
19:22du sud de l'Espagne ou de l'est de la Pologne.
19:24Nous nous demandons un rabais de 5 milliards de dollars.
19:25Est-ce que vous parlez des autoroutes ?
19:27Si jamais, on va y venir, je suis sûr qu'on va y venir,
19:30si jamais vous faites l'ensemble des mesures que j'ai proposées...
19:32C'est un tabou pour Emmanuel Macron, ça, touché au rabais.
19:36Mais les tabous sont faits pour être levés à un moment
19:38où la gravité de la situation justifient des mesures exceptionnelles.
19:42Bruno Le Maire, n'y voyez pas de l'ironie.
19:43Vous auriez eu d'être ministre de l'économie avec toutes ces propositions.
19:45Non, ministre des finances, mais quand je l'ai été,
19:49j'ai fait un certain nombre de ces propositions,
19:52et je me suis pris, et c'est bien tout l'enjeu aujourd'hui,
19:54un mur de tout le monde, de toutes les oppositions,
19:58de tous les responsables politiques,
19:59d'autres membres du gouvernement qui disaient que ce n'est pas possible.
20:02Mais vous avez dû vivre un enfer sans que personne ne s'en rende compte.
20:05Mon message ce soir, vous savez, l'enfer est pavé de bonnes intentions,
20:08j'ai beaucoup de bonnes intentions, mais je n'ai pas vécu l'enfer.
20:11L'enfer aujourd'hui, c'est ce que vont vivre les Français
20:13et ce que vivent certains de nos compatriotes.
20:15Si nous voulons garder notre souveraineté, notre liberté,
20:18et ne pas nous voir dicter demain ce que nous pouvons faire librement aujourd'hui,
20:23il faut engager les économies que je propose,
20:26qui nous permettent de revenir à la liberté financière,
20:30et demain de réinvestir dans les grands programmes d'investissement,
20:33dans l'école et dans l'hôpital.
20:34– Bruno Le Maire, est-ce que les Français peuvent faire confiance
20:36pour réparer les voies d'eau que vous avez décrites du navire France ?
20:41Est-ce qu'ils peuvent faire confiance à ceux qui ont contribué à les agrandir,
20:45en tout cas, ils ne les ont pas refermés ?
20:46Là, il y a un problème quand même, ça ne va pas être facile.
20:49– Vous avez parfaitement raison de soulever le sujet.
20:52C'est pour ça que j'appelle à la responsabilité collective.
20:56C'est sûr que si c'est le Premier ministre dont je soutiens les efforts
20:59pour avoir un budget qui, tout seul, avec David Amier,
21:03le ministre du Budget, qui fait un travail remarquable,
21:05qui dit voilà ce qu'il faut faire, et que tous les autres se planquent.
21:08– Ils ne se planquent pas, ils sont en campagne, M. Le Maire.
21:10On est à 7 mois, pourquoi voulez-vous aider l'équipage du Titanic
21:14quand vous avez une élection reine ?
21:15– Parce que chacun devrait comprendre, Sonia Babrouk,
21:17qu'on est tous dans le même navire et que tout le monde coulera ensemble.
21:20Mais même celui qui sera élu président de la République coulera.
21:22– Ah bah ça c'est sûr, il va y arrêter d'une situation que vous lui laissez.
21:25– Est-ce qu'on veut demain élire librement,
21:28dans une situation financière redressée ?
21:30– C'est important ce que vous dites, librement,
21:31c'est-à-dire qu'on pourrait voir notre élection présidentielle…
21:35– Confisquée ?
21:36– Confisquée ?
21:36– Non, je dis simplement qu'à un moment donné,
21:39si vous élisez un président de la République
21:41qui est au beau milieu du marasme financier,
21:43d'une crise financière, ça va être quoi ces marges de manœuvre ?
21:46Ça, eh bien moi je veux demain, un président de la République
21:49avec une majorité, avec un gouvernement,
21:52qui pourra engager des investissements pour le pays,
21:56réinvestir dans les grands services publics,
21:57en particulier l'hôpital et l'école…
22:00– Vous pensez sincèrement qu'à 7 mois de la présidentielle,
22:03à 7 mois et demi, un budget peut passer ?
22:06– Je suis un idéaliste indécrottable.
22:10Donc je continue à penser que tout de même,
22:13il peut y avoir dans l'Assemblée nationale,
22:15un bref éclair de lucidité.
22:18Que chacun comprenne, je ne leur demande même pas
22:20de penser à l'intérêt français.
22:22Je leur dis que même dans leur intérêt,
22:24à tous ceux qui sont candidats,
22:25ils ont intérêt à avoir une situation financière stable,
22:28parce que dans 6 mois, les taux d'intérêt ne seront pas à 4-4,
22:31ils seront à 5-5 ou à 6.
22:33La dette aura filé, et tout l'argent qu'ils voudraient dépenser
22:36pour leur programme, ils devraient le dépenser
22:39pour les intérêts de la dette.
22:41Donc s'ils ne pensent pas à l'intérêt supérieur de la nation,
22:44qui moi m'occupe matin, midi et soir,
22:46pour ne pas vous dire que ça me tarot de si la nuit,
22:49qu'au moins ils pensent à leur intérêt.
22:49– Et vous pensez ?
22:50– Bruno Le Maire, juste une toute petite question, pardonnez-moi.
22:54Le président ou la présidente qui va être élue,
22:56le président de la République,
22:57elle n'aura ou il n'aura aucune marge de manœuvre.
23:00Parce qu'on se trouve dans la situation que vous avez décrite.
23:03Donc il y aura tous les programmes sur lesquels on va se prononcer,
23:06on va débattre pendant 200 jours.
23:09– Si là on donne l'impression,
23:10on dit qu'aux Français qui n'ont pas de soi, c'est très grave.
23:12On a eu une campagne, deux campagnes présidentielles.
23:14– On en est là, du moins c'est ma question,
23:16est-ce qu'on en est là ?
23:17Les contraintes sont-elles ?
23:19– À mes yeux, nous sommes très exactement en 1958,
23:2370 ans plus tard.
23:25Très exactement.
23:26Ce n'est pas une crise algérienne que vous avez,
23:28c'est une crise financière.
23:30Elle n'a pas encore éclaté, mais elle est sur le point d'éclater.
23:33C'est-à-dire le moment où vous ne maîtrisez plus rien.
23:35Est-ce qu'en 1958, il a été impossible de faire quoi que ce soit ?
23:39Non.
23:40Il faut simplement garder son sang-froid
23:41et savoir où on veut emmener les Français.
23:44La première chose à faire, exactement comme en 1958 avec Jacques Rueff,
23:48vous rétablissez les finances publiques,
23:50avec toutes les propositions que j'ai faites.
23:52Vous le faites en faisant aussi des réformes de structure,
23:55l'assurance chômage, les retraites,
23:57la définition de ce qu'est l'État,
23:59ce qu'il fait encore et ce qu'il ne fait plus.
24:00Pour moi, l'État, c'est la santé, c'est l'éducation, c'est la sécurité.
24:03Tout le reste, il faut qu'il oublie,
24:05parce que ce n'est pas sa responsabilité première.
24:06– Bruno Le Maire, que de temps perdu.
24:07– Et si vous pouvez projeter le pays comme cela a été fait en 1958,
24:10vers ce qui doit être l'avenir français au XXIe siècle,
24:12c'est-à-dire l'intelligence artificielle, les semi-conducteurs,
24:15les nouvelles technologies, parce qu'aucun pays en Europe,
24:18grâce à l'électricité des carbons et nucléaires,
24:20grâce à nos scientifiques et grâce à nos ingénieurs,
24:23aucun pays en Europe n'a autant le choix de réussir.
24:25– Pendant des années, on s'est endetté,
24:27une partie du pouvoir s'est protégée,
24:28on nous a dit que c'est temporaire, c'est devenu la norme,
24:31donc là, on paye l'addition,
24:33et certains la payent cash à la pompe.
24:35Pourquoi est-ce qu'on ne baisse pas les prix ?
24:37– Parce que vous ne pouvez pas dire
24:40qu'il y a un sujet financier majeur,
24:42et dire que vous allez baisser les taxes sur les carburants.
24:46J'ai vu votre reportage, il est exact,
24:48on a un niveau de taxation qui est un des plus élevés d'Europe,
24:50très bien, mais il faut juste savoir ce qui est possible ou pas possible.
24:53Chaque centime de baisse des taxes sur le carburant,
24:56c'est 500 millions d'euros.
24:58– Mais vous êtes attaché à la concorde nationale,
25:00vous ne voulez pas qu'il y ait de nouveau des Français dans la rue,
25:02des tensions, des débordements.
25:03– C'est pour ça que la proposition que je fais,
25:05elle est très simple,
25:06c'est de dire, tous ceux qui bossent,
25:08tous ceux qui n'ont pas d'autre choix
25:09que de prendre leur voiture pour aller travailler,
25:10que ce soit les aides-soignantes,
25:12que ce soit les ouvriers qui habitent loin de leur usine,
25:14eux, il faut les aider.
25:15Et croyez-moi, quand on regarde les masses,
25:16parce que ça compte…
25:17– C'est ce que fait le gouvernement, les aides ciblées.
25:19– Oui, mais je pense que c'est une bonne politique,
25:21simplement, on aurait pu l'anticiper.
25:23– Vous pensez que ça suffit ?
25:24– On aurait pu l'anticiper,
25:25je rappelle qu'en avril dernier,
25:27quand tout le monde se réjouissait de l'accord
25:28entre Donald Trump et l'Iran,
25:31j'ai donné une interview à vos collègues du Parisien
25:34pour dire, c'est une mascarade,
25:35et les prix du pétrole augmenteront en septembre.
25:38Tout le monde marionnait.
25:39– Je vous pose la question,
25:39est-ce que les aides avec qu'elles sont aujourd'hui suffisent ?
25:41– Je vous dis aujourd'hui que face à ce qui se passe
25:43dans le détroit de Bab-el-Vandab,
25:45face à ce qui se passe dans le détroit d'Ormouz,
25:47un tiers de la circulation du pétrole étant bloquée,
25:50les prix vont continuer à augmenter.
25:52– Il y a un autre scandale, M. Le Maire,
25:54il y a le contexte géopolitique.
25:55– Il faut inscrire les aides,
25:56il faut inscrire les aides à ceux qui travaillent
25:58dans le temps pour les aider.
26:00– Est-ce que l'État prend 1,17€ sur 2€ de carburant ?
26:02– Oui, l'État prend beaucoup d'argent sur le carburant,
26:05je ne vais pas vous dire le contraire.
26:06– Pardonnez-moi, donc il y a quand même une marge de manœuvre
26:08liée à la géopolitique,
26:09et on ne peut rien aux humeurs de Trump et aux boucasses de Poutine.
26:12– La marge de manœuvre, elle est dans la liberté
26:14par rapport au pétrole et par rapport aux énergies fossiles.
26:17Nous ne le produisons pas.
26:18– Pardon, mais c'est du bon sens de dire
26:21que tout ce qu'on ne produit pas, on s'en débarrasse,
26:23on s'en libère.
26:24Quand j'ai lancé le véhicule électrique,
26:26quand nous avons lancé le leasing social sur le véhicule électrique,
26:29nous avons déployé les bornes.
26:30– Sur lequel vous êtes revenu ?
26:31– Je n'ai jamais revenu dessus, Edwige Chevrillon,
26:33j'ai toujours défendu Pec et On l'idée d'offrir
26:37à tous ceux qui sont les plus modestes
26:38l'accès des véhicules électriques.
26:40Pourquoi ? Pour que dans 5 ans, 10 ans, 15 ans,
26:44nous soyons libres du pétrole.
26:46– Pardonnez-moi, déjà, on ne va presque plus être libres
26:49pour l'élection présidentielle.
26:50Moi, je veux comprendre, l'État prend sa part
26:52avant même que le pétrole n'arrive à la pompe.
26:54Sur certaines stations, l'État encaisse plus que le producteur,
26:56le transporteur et le pompiste réunis.
26:59Pourquoi il n'y a pas cette marge de manœuvre en réalité ?
27:01Pourquoi il n'y a pas une mission parlementaire sur les prix ?
27:03Pourquoi vous ne donnez pas la transparence
27:04pour qu'on voit véritablement où on voit l'argent ?
27:07La transparence, elle est faite et on sait où on voit l'argent.
27:09Maintenant, nous sommes au pied du mur.
27:11Certains proposent la baisse des taxes.
27:14Ça peut justifier, vous le dites de manière très claire.
27:16– On fait les Espagnols ou les Italiens ?
27:19– Bien sûr, mais ça coûte une fortune
27:23et nous ne pouvons pas nous le permettre.
27:24– On ne peut pas se permettre ce qu'ont fait
27:25les Espagnols ou les Italiens parce que nous n'en avons pas les moyens.
27:27Mais le problème, Bruno Le Maire, c'est que la politique des aides ciblées,
27:31je vous l'accorde, a plutôt fonctionné
27:33tant qu'on était encore dans un prix
27:35qui ne dépassait pas les 2,20, 2,30 comme on est dans le cas aujourd'hui.
27:39Et vous nous promettez, et c'est une évidence de le dire,
27:41que ce sera peut-être 2,50, 2,60, 2,80, ça existe déjà.
27:45Mais là, ça ne va plus tenir.
27:46Ça ne va plus tenir à ce niveau de prix.
27:48– C'est bien pour cela que j'appelle à ce qu'il y ait des aides
27:51qui soient suffisamment massives pour ceux qui travaillent.
27:54– Plus que les actuelles ?
27:55– Inscrites dans le temps, peut-être.
27:57Si, effectivement, le prix du diesel arrive à 2,50, 2,60,
28:01il faut aider davantage ceux qui travaillent.
28:03Mais en ayant cette perspective de long terme
28:05qui est de se libérer des énergies fossiles
28:08et d'aller vers l'électrification.
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