00:00Vous permettez qu'on continue à interroger toutes ces polémiques, en tout cas ces faits d'actualité qui ont marqué
00:05la semaine.
00:05Et une phrase en particulier tenue ici même a provoqué un véritable tollé.
00:10Écoutons ou réécoutons les propos de lui à l'autre.
00:12C'est intéressant d'avoir votre point de vue et là encore vos explications respectives.
00:17Concrètement, vous au pouvoir, si M. Zelensky demande davantage d'argent, de financement, d'économie, de prêt justement,
00:23vous dites « ce n'est plus possible, la France qui déjà vit à crédit n'a plus de crédit,
00:27on coupe le robinet ».
00:28On coupe le robinet, on ne peut plus le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l'économie.
00:35Tout le monde est à l'os et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour
00:40défendre l'Ukraine.
00:41Moi, je veux bien, mais qui paye tout ça ? Qui paye cette guerre-là ? Il faut aussi savoir
00:47arrêter une guerre.
00:49Alors Charles Rodouel, vous avez entendu que M. Bardella a tempéré ce qui a été dit.
00:53Il promet que la France tiendra ses engagements. Est-ce que vous estimez que la polémique est close ?
01:00Je constate que la ligne a été parfaitement clarifiée. Elle s'inscrit, je crois, dans tous les actes et toutes
01:07les prises de position
01:08qui ont été celles du Rassemblement national ces derniers mois. Encore une fois, on est dans un pays libre, on
01:12est un pays démocratique.
01:13On ne peut parfaitement dire qu'on ne soutient pas, par exemple, l'Ukraine financièrement dans son effort de guerre.
01:18Enfin, on ne peut pas dire d'un côté qu'on la soutient pour ensuite tenir de tels propos.
01:21Je dirais même plus loin. Je suis revenu sur les votes, sur les décisions qui ont été prises par tous
01:26les partis politiques
01:27de notre pays. Au niveau national, lorsqu'en mars 2024 a été proposé au Parlement français un accord de coopération
01:36renforcé entre la France et l'Ukraine, le Rassemblement national a refusé de voter cet accord bilatéral.
01:41Au niveau national, lorsque vous avez le Parlement européen qui propose, année après année, des pactes d'aide financière,
01:49qui ont d'ailleurs commencé en avril 2022, je me suis replongé dans les votes,
01:53le Rassemblement national a une nouvelle fois refusé de voter ces pactes d'aide.
01:57Voilà un débat de fond, je crois, intéressant, utile pour les Français.
02:00Mais quand vous avez un parti politique qui refuse systématiquement de soutenir toute aide,
02:06y compris non guerrière, si je puis dire, financière, de coopération, de reconstruction à l'Ukraine,
02:12et que vous avez derrière Louis Alliot qui explique qu'il va couper le robinet,
02:16on ne peut pas ensuite dire, 3-4 jours après, dans un tweet ou dans une interview sur BFMTV,
02:21sur une chaîne concurrente, qu'il y a une coopération, une solidarité, un soutien à l'Ukraine.
02:25Je crois que cette position a été, a eu le mérite, par la voix de Louis Alliot, a eu le
02:30mérite d'être clarifiée.
02:31Monsieur Rodwell, premier point, moi je parle de ce qui se fait à l'Assemblée nationale,
02:34parce que j'étais là au moment du vote, on s'est abstenu.
02:36La France Insoumise a voté contre et nous, nous sommes abstenus.
02:38Et vous n'allez pas voter, c'est pas ce que je dis.
02:39Nous sommes abstenus parce que nous étions d'accord sur un certain nombre de soutiens,
02:43mais nous refusons de rentrer dans une spirale où, ce que vous voulez depuis le début,
02:47c'est-à-dire de dire, on envoie un message de faire entrer l'Ukraine dans l'Union Européenne et
02:52dans l'OTAN.
02:52Ce n'est pas du tout ce que disait l'accord.
02:53Et c'est ce qu'il y a dans un certain nombre d'accords.
02:55Ce n'est pas du tout ce que disait l'accord.
02:56Là, vous mélangez tout, vous êtes expert.
02:57Vous mélangez le débat de la division, mais ce n'est pas du tout ce qu'il y a.
03:00On reprendra cet accord.
03:01Ce qui est certain, c'est que moi, j'ai réécouté ce que vous avez dit, Mme Mabrou,
03:03pendant l'interview de M. Aliot.
03:05Vous avez dit, je l'ai noté, est-ce que vous êtes d'accord si M. Zelensky vous demande davantage
03:09d'argent ?
03:10Je comprends que vous soyez d'accord.
03:11Davantage d'argent, c'est certain, qu'aujourd'hui, quand il y a eu plus de 1 000 milliards de
03:14dettes de votre responsabilité
03:16et que nous n'avons plus la capacité que vous allez nous promettre dans les prochaines semaines des désindexations,
03:20coupez, vous ne faites rien pour le carburant.
03:22Non, non, il n'a pas dit.
03:23C'est ce qu'il a dit.
03:24Il répondait, il répondait, mais bien entendu, on ne pourra pas laisser le robinet ouvert indéfiniment,
03:29mais par contre, nous maintiendrons nos engagements actuellement pris envers l'UGREF.
03:34Nous avons soutenu, nous avons soutenu, nous avons soutenu, notamment la saisine des avoirs,
03:39nous avons soutenu l'envoi d'armes défensives, nous avons soutenu les aides humanitaires,
03:43nous avons déjà envoyé énormément d'argent et nous avons déjà soutenu à chaque fois, à chaque reprise,
03:47même en 2022.
03:48Pendant la campagne présidentielle, nous avions eu, et Marine Le Pen, nous avions dit que nous étions derrière le président
03:53de la République,
03:54dans un certain nombre de négociations, dans le soutien à l'Ukraine.
03:57Mais voilà, je sais que vous caricaturez tout, mais c'est deux choses différentes.
04:01Mais factuellement, quand vous avez un parti politique qui a refusé de voter l'accord de coopération,
04:05ça ne devait rien à voir avec l'Union Européenne, vous avez délibérément tout mélangé,
04:09c'était un accord de coopération bilatérale, vous ne l'avez pas voté,
04:12vous avez refusé à chaque fois de voter les paquets d'aide financière.
04:15À partir d'avril 2022, chaque téléspectateur pourra...
04:18Ils y vont voir et ils regardent les textes.
04:20Comment pouvez-vous dire aujourd'hui que vous maintiendrez les coopérations ?
04:23Sachant que vous avez voté contre.
04:24En tous les cas, le débat de fond est essentiel, je pense.
04:29C'est intéressant d'avoir aussi la position d'Henri Guénaud, on vous a lu,
04:33on sait ce que vous...
04:34Enfin, on sait, vous allez nous dire ce que vous pensez d'une telle déclaration.
04:37Et moi, j'ajoute une question.
04:39Est-ce que vous estimez que cette aide, tout à fait légitime, doit être illimitée ?
04:44Alors, si je regarde les chiffres qui sont publiés par l'Europe,
04:48sur l'aide de l'Europe, à la fois de l'Union européenne et des États,
04:54ça fait 216 milliards depuis le début de la guerre.
04:58Bon, nous avons...
04:59Alors, c'est difficile d'y voir clair parce que tous les chiffres sont biaisés, mélangés.
05:06Mais 216 milliards, voilà, c'est le total que fait l'Union européenne
05:09de tout ce que l'Europe, les États en eux-mêmes et l'Union européenne a déversé sur l'Ukraine.
05:18C'est quand même très très lourd.
05:19Et la France, là-dessus, elle a une cote-part de 18%.
05:23C'est-à-dire qu'on se rapproche quand même de 40 milliards.
05:26Là encore, c'est à prendre des précautions parce qu'il y a le bilatéral et le reste,
05:30mais entre 30 et 40 milliards.
05:32Donc, c'est beaucoup.
05:34C'est beaucoup.
05:35Moi, je suis partisan depuis le début qu'on fasse tout pour arrêter cette guerre.
05:38Voilà. Et notre aide, elle doit servir aussi à ça.
05:42C'est-à-dire, moi, je ne suis pas d'accord pour qu'on continue à aider l'Ukraine de
05:49façon aveugle.
05:50C'est-à-dire en disant, ben voilà, vous avez besoin, on vous donne.
05:52Non, je suis pour qu'on conditionne cette aide.
05:54C'est-à-dire, soit on essaie de trouver un terrain d'entente qui arrête cette guerre.
06:00Soit on arrête au moins l'aide militaire parce que ça ne peut pas continuer comme ça.
06:04Et puis, vous ne pouvez pas continuer non plus à escroquer les retraités,
06:08à escroquer les malades en leur disant, avoir des difficultés en plus pour nous réarmer nous-mêmes,
06:13en disant, on continue à déverser des milliards.
06:15Comme ça, aveuglément, sans condition, sans rien.
06:18Le rôle de la France, c'est d'essayer de trouver un chemin pour la paix.
06:21Voilà. C'est ma conviction très profonde.
06:23Je trouve qu'elle n'a rien d'indigne.
06:25Et elle mérite un vrai débat qu'on n'a jamais eu depuis le début de cette guerre.
06:28Charles Rodouet ?
06:28Le propos d'Henri Guenot, elle mérite d'être clair.
06:31Et je le respecte parce que nous sommes dans un pays libre et démocratique.
06:33Je n'ai pas le même point de vue.
06:35Les deux leçons que je tire depuis le début de ce conflit ukrainien pour nous, Français.
06:38Un, c'est que le combat que mène l'Ukraine au bout de l'Europe est un combat pour notre
06:42sécurité collective.
06:44Et la deuxième des leçons que je tire, c'est que dans ce combat, ce combat n'est plus un
06:48combat commun transatlantique.
06:50Les Etats-Unis choisissent désormais une autre voie qui s'éloigne de la nôtre.
06:54Et c'est la raison pour laquelle, s'il y a bien un sujet sur lequel je soutiens à 200
06:59% la position du président de la République actuelle,
07:03c'est la question de la défense européenne, de notre sécurité collective en tant qu'aujourd'hui.
07:08Et c'est la question de la dissuasion française, y compris dans un contexte européen où la France garderait la
07:14puissance de sa dissuasion,
07:15mais qu'elle la mettrait à disposition de la sécurité de d'autres peuples européens.
07:19Voilà un débat intéressant sur lequel l'Origueno sera probablement en débat, en désaccord complet,
07:24mais qui a le mérite d'avoir deux positions tranchées.
07:27La réponse pour conclure.
07:28Celle d'Origueno, celle que nous défendons, je vais faire deux remarques.
07:32Vous dites, ils se battent, alors d'abord la guerre par procuration, c'est quand même la plus immorale qui
07:36soit,
07:36mais ils se battent pour notre sécurité.
07:38Mais vous croyez que depuis 2022, notre sécurité s'est accrue ?
07:40C'est-à-dire, on est en pleine escalade.
07:42L'escalade continue, elle met en danger tout le monde, donc c'est pas la sécurité.
07:46La sécurité, c'est d'arrêter cette guerre.
07:47Voilà la première des choses.
07:50Et deuxièmement, avant de se retrouver engagé dans une guerre contre la Russie,
07:55dont moi je ne veux à aucun prix, dont je pense que les Français ne veulent à aucun prix,
07:58parce que personne n'a envie d'envoyer ses enfants se faire tuer en Ukraine.
08:01– Mais vous non plus, monsieur Gagnon.
08:02– Voilà, vous non plus.
08:03Donc il faut qu'on ait ce débat.
08:06Et oui, les engagements, vous savez, le général de Gaulle disait,
08:09les engagements, ils valent pour le moment et les circonstances dans lesquelles ils ont été conclus.
08:13Voilà.
08:13Il est normal qu'on puisse remettre en cause.
08:16Alors il ne faut pas le faire comme ça, brutalement, en disant, je vais trahir ma parole.
08:20Non, il faut le faire correctement.
08:22Le général de Gaulle, à propos de l'Algérie, avait dit, il faut qu'on traite ce sujet comme une
08:25grande nation,
08:26parce que nous sommes une grande nation.
08:27Et bien là, c'est pareil.
08:28– Et le débat est légitime.
08:30On posera la question d'ailleurs.
08:31– Excusez-moi, parce que je pense qu'on veut un débat éclairé.
08:34J'ai vérifié, vous savez, on est en 2026.
08:36Il y avait bien, dans l'accord en 2024 que nous avons mis au vote, dans cet accord, l'adhésion
08:41à l'Union européenne.
08:42– Messieurs, c'est vous, c'est bien.
08:44– On posera la question à M. Attal, qui sera à Gabriel Attal.
08:49– On vous a entendu, messieurs, sans problème, vous avez refusé.
08:52– Vous ne devriez pas dire ça.
08:53– Merci, merci Charles Rodon, merci Thomas Ndreff et M. Guénaud.
08:57– En tout cas, Louis Alliot l'a clarifié.
08:58– Thierry Arnaud, M. Rodon, je vous remercie.
09:00Et Anne-Sora Dubois.