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00:00On va rester justement sur l'économie et sur la colère sociale qui couvre plus que ça, qui explose et
00:05qui repose en partie sur le pouvoir d'achat et davantage sur le pouvoir de vivre.
00:09La flambée des carburants, comment très concrètement les stations-services appliquent la baisse des prix du gazole ?
00:15Le gouvernement se félicite d'une baisse effective, affirmant que le prix du gazole a baissé de 12 à 18
00:20centimes dans plus de la moitié des stations-services grâce, vous le savez, à la libération des stocks stratégiques.
00:26Dans un instant, on en parle avec le patron du groupe Les Mousquetaires, c'est le patron d'Intermarché, avec
00:31notamment des stations-services.
00:32Mais écoutez d'abord les réactions, les réactions à notre micro après cette baisse effective, certes, mais qui reste très
00:39limitée.
00:40On gagne à peu près 20, il y a combien ? De 20 et quelques, ou de 30 et quelques
00:44il était ? Donc c'est pas mal, ça fait du bien.
00:46Ça ne change pas grand-chose à la fin du mois ?
00:48Non, ce n'est pas suffisant, bien sûr que ce n'est pas suffisant. Les réserves vont avoir une limite.
00:53Donc c'est ponctuellement résoudre un problème de manière très éphémère, je pense.
00:59Disons que ça a baissé, c'est sûr, mais vous pouvez s'attendre à un peu mieux que ça quand
01:02même.
01:03Et nous sommes donc avec le patron du groupe Mousquetaires, Intermarché. Bonsoir Thierry Cotillard.
01:11Bonsoir.
01:12Merci d'être en direct avec nous. Beaucoup de questions très concrètes à vous poser.
01:16Vous êtes d'ailleurs, je crois, dans l'une de vos boutiques, de vos stations-services à Issy-les-Moulineaux.
01:23Monsieur Cotillard, qu'en est-il très concrètement de cette baisse ?
01:25Comment les stations-services Intermarché répercutent depuis quelques jours cette évolution ?
01:35Alors je tiens à vous dire qu'on a joué le jeu, on est en rendez-vous, puisque dans notre
01:39groupement, on a 1800 stations-services Intermarché ou chez Neto.
01:44Et donc je tiens à vous dire que depuis hier et aujourd'hui surtout, l'ensemble des baisses est effectif.
01:50Et il faut le dire, c'est une bonne décision du gouvernement. Pourquoi ? Parce que les consommateurs l'attendaient.
01:56On vient de le voir dans les témoignages qui précédaient.
01:59Et on a chiffré pour un utilisateur de diesel qui va faire plus de 15 000 km par an.
02:07C'est un surcoût d'essence pour lui de plus de 700 euros.
02:10Donc bien évidemment, cette baisse, elle était utile, elle était attendue et elle est effective dans nos stations depuis ce
02:17matin et même hier pour certains.
02:19Est-ce que vous pouvez nous dire de combien elle est précisément cette baisse ?
02:23Parce qu'il y a quand même une fourchette assez large.
02:24Et surtout, combien elle va durer ? Est-ce qu'elle est pérenne dans le temps ?
02:31Bien sûr. Alors le gouvernement, vous vous rappelez, a annoncé des baisses qui pouvaient aller de 10 à 18 centimes.
02:37Bonne nouvelle, les baisses, on a fait la moyenne de toutes les baisses de la journée dans nos stations d
02:42'essence Intermarché.
02:43La baisse effective est de 18%.
02:45Et certaines cuves ne sont pas encore vides, elles vont recevoir ces stocks stratégiques.
02:50Donc on imagine que d'ici la fin de la semaine, on sera à 20, 21 centimes.
02:54Donc un peu au-delà de ce qu'avait annoncé le gouvernement en fourchette haute.
02:58Et jusque quand ça va durer ? Parce que le consommateur, il est content cette semaine.
03:02Mais il se dit, est-ce que c'est pour 15 jours ?
03:03Non, on a un estimatif qui nous projette cette baisse pour tenir ses prix jusqu'à janvier.
03:09Donc on devrait pouvoir avoir cette baisse durant les trois mois qui viennent.
03:14Donc trois mois, janvier. Après, pour l'instant, on ne sait pas ce qui va advenir.
03:18On verra en fonction des stocks stratégiques qu'il faudra reconstituer.
03:22Pour l'instant, on n'a pas de réponse là-dessus, M. Cotillard.
03:26Aucune réponse, aucune réponse.
03:28Déjà, ça dépendra aussi de la situation géopolitique.
03:31Où est-ce qu'on en est d'Hormuz ?
03:32Quelles sont les dernières déclarations de Trump ?
03:34Parce qu'on sait bien que c'est ça qui fait le prix du baril.
03:37Et puis effectivement, il y aura une décision,
03:38puisqu'il y aura eu une sorte d'acquis des Français
03:41par rapport à cette baisse de prix sur les stocks stratégiques.
03:43Est-ce que la décision politique sera de reconduire
03:46et de continuer à prendre dans les stocks ?
03:48On n'en a aucune certitude.
03:50En tout cas, aucune annonce du gouvernement n'a été faite sur ce sujet.
03:54Alors, Thierry Cotillard, patron, je le rappelle, d'Intermarché,
03:57merci d'être avec nous.
03:59On est à quelques semaines également du début des négociations commerciales,
04:02très importantes, entre les distributeurs
04:03et les industriels de l'agroalimentaire.
04:06Alors, vous avez décidé de boycotter les réunions préparatoires
04:11sur des réunions aussi importantes.
04:13Pourquoi la politique de la chaise vide ?
04:18Non, ce n'est pas la politique de la chaise vide.
04:21C'est la manière pour nous de finalement manifester un ras-le-bol.
04:25Un ras-le-bol parce que ça vient d'être dit dans votre émission,
04:29la France a un vrai sujet de pouvoir d'achat.
04:31Dans cette France, il y a des commerces qui ont été saccagés.
04:34On a fait partie de ces victimes-là.
04:36Et en fait, on considère que si on organise une réunion,
04:39le gouvernement doit prendre des décisions
04:41et surtout faire des réunions où ça produit quelque chose.
04:44Et on n'en a aucune garantie.
04:45Donc nous, ce qu'on a dit avant d'aller à cette réunion,
04:48c'est qu'on a mis deux prérequis, deux conditions.
04:50On a dit, nous, on pense que si vous voulez qu'on tienne l'inflation
04:53et qu'on ne tombe pas dans une spirale inflationniste
04:57qui provoquerait des déconsommations en France,
04:59il faut absolument faire un distinguo entre les plus fragiles,
05:02les PME, des grands groupes,
05:03qui ont des marges de manœuvre beaucoup plus importantes que les PME
05:06pour aussi proposer des tarifs intéressants.
05:08Et puis surtout, on a demandé de la transparence.
05:10C'est ce qu'on demande depuis des années,
05:12depuis la loi EGalim.
05:13On veut de la transparence sur l'origine.
05:15On veut de la transparence sur le prix payé aux agriculteurs
05:17parce qu'on considère que c'est une obligation aujourd'hui en France.
05:19Et on n'a eu aucune certitude sur ces deux prérequis.
05:22Donc on a décidé de boycotter cette réunion.
05:25Ça n'est pas qu'intermarché.
05:26C'est Système U, c'est Leclerc, c'est Carrefour, c'est Auchan, c'est Casino.
05:29C'est toute la distribution.
05:30Et on assume cette position
05:31parce qu'on considère que les règles n'étaient pas au rendez-vous
05:34pour pouvoir poser le débat
05:36qui est comment lutter contre l'inflation en France.
05:39Vous venez de dire, Thierry Cotillère,
05:40qu'on tienne l'inflation.
05:42Alors justement, sur le front des prix alimentaires,
05:45de combien anticipez-vous l'inflation ?
05:48Et sur quels produits exactement ?
05:49Je vois que derrière vous, je vois le rayon rôtisserie.
05:53Les produits frais doivent pas être loin.
05:55Sur quels produits, justement, ça risque de flamber ?
06:00Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que depuis un an,
06:03l'inflation en alimentaire, en tout cas,
06:05elle est contenue puisqu'elle est de l'ordre de 1%,
06:07ce qui fait que la consommation en volume est au rendez-vous.
06:10On a une inflation, là, depuis septembre, vous le savez,
06:13et elle est importante.
06:14Et on l'assume, c'est l'inflation sur les fruits et légumes
06:17parce que suite à la pénurie,
06:18les volumes n'ont pas été au rendez-vous.
06:20Donc le seul moyen pour qu'un agriculteur s'en sorte,
06:22c'est de lui acheter un peu plus sa marchandise.
06:24Et c'est ce qu'on fait.
06:25Par contre, la question, c'est de savoir
06:27à quelle sauce on va, j'allais dire,
06:29être mangé dans 4 mois à la sortie de négociation.
06:32C'est un peu tôt parce que dans 4 mois,
06:34ce n'est pas tout à fait le même contexte qu'aujourd'hui.
06:36Mais si on était dans la situation actuelle,
06:39je pense qu'une inflation peut être autour de 2-3%.
06:43On n'est pas à l'abri que ce soit plus important,
06:454 voire 5.
06:46Pourquoi je vous dis ça ?
06:48Parce qu'au moment où je vous parle,
06:49on a des demandes des plus grandes marques
06:51qui sont des hausses de tarifs
06:53qui vont plutôt de l'ordre de 8%.
06:54On a des fourchettes entre 6 et 10.
06:57Et autant vous dire que si demain,
06:59on a une inflation à 5%,
07:00c'est une très mauvaise nouvelle.
07:02C'est une très mauvaise nouvelle, bien évidemment,
07:04pour nos consommateurs qui n'ont pas envie de payer ces prix-là.
07:06Et c'est surtout une très mauvaise nouvelle pour notre économie.
07:09Pourquoi ? Parce que c'est la consommation
07:11qui porte évidemment la croissance.
07:13Et si on a une inflation qui est trop importante,
07:16nous rentrerons pour la première fois,
07:17et ce serait une première en France,
07:19on rentrerait en déconsommation sur l'alimentaire.
07:21Et ce serait évidemment une mauvaise nouvelle.
07:23Donc le rôle qu'on a dans ces négociations,
07:25c'est de jouer le rôle d'amortisseur,
07:27de demander à ces grandes multinationales,
07:29de faire des efforts et de renier aussi un peu sur leur marge
07:32pour pouvoir proposer des prix accessibles aux Français.
07:35D'ailleurs, Thierry Cotillard,
07:37Michel-Edouard Leclerc a tenu peu ou prou le même discours que vous à ce sujet.
07:42Avant les quatre mois dont on parle,
07:44il y a aussi Noël.
07:45Est-ce qu'il y a des produits qui risquent,
07:47justement des produits évidemment sur lesquels
07:50les Français se ruent en cette période,
07:51qui risquent vraiment d'être inaccessibles ?
07:53Ou est-ce que vous-même, vous comptez faire des efforts
07:57et nous proposer des choses accessibles pour cette belle période ?
08:03Alors évidemment, il y a cette inquiétude de la consommation pour les fêtes de Noël.
08:07On espère surtout que les Français auront envie de faire la fête,
08:09auront envie de partager un bon moment en famille ou avec des amis.
08:13Donc je dirais, l'inflation, on la connaît,
08:16puisqu'en fait, c'est des achats de produits qu'on a effectués il y a déjà quelques mois.
08:20Donc en fait, on ne va rien subir.
08:21Et il y a des bonnes nouvelles.
08:23Il y aura des baisses dans certains rayons.
08:25Le froid gras sera accessible.
08:26Et puis vous savez, le rôle de toutes les enseignes,
08:29que ce soit nous, Leclerc ou les autres,
08:30c'est aussi d'être compétitif.
08:32Donc sur ces produits festifs, on sait qu'il y a des attentes.
08:34Donc il y aura des promotions sur le champagne
08:36et autres produits festifs,
08:37de manière à ce que tout le monde puisse avoir les moyens
08:39de se faire un très bon réveillon et passer un bon moment.
08:43On l'espère, Thierry Cotière,
08:44mais je note qu'il y a vraiment une inquiétude
08:46qui pointe véritablement dans votre prise de parole.
08:49De samedi en samedi,
08:50et vous-même, vous avez fait les frais, évidemment,
08:54malheureusement, des casses,
08:56des violences en marge, des manifestations.
08:58Est-ce que le commerçant que vous êtes dans l'âme,
09:00est-ce que vous dites qu'on peut tenir ?
09:02Est-ce qu'on peut encore tenir à la liberté de manifester,
09:05mais à la liberté de travailler,
09:06de commercer ?
09:07Dans quelle situation êtes-vous ?
09:10On est dans une situation de chef d'entreprise.
09:13Comme vous venez de le rappeler, Sonia,
09:15on est avant tout des commerçants.
09:16Moi, je suis ce soir à vous parler.
09:18Je suis dans mon intermarché ici, le Mounineau.
09:20Et c'est l'expression aussi d'un citoyen.
09:22C'est-à-dire que, bien sûr, je comprends les revendications
09:24sur le pouvoir d'achat.
09:25On vient d'en parler.
09:26Bien sûr, je comprends que les conditions
09:28ne soient pas celles qu'on attend d'un étudiant en France en 2026.
09:31Par contre, ce qu'on n'acceptera jamais,
09:32et on a une attente forte du gouvernement et des politiques,
09:36c'est que ce soit l'occasion de piller,
09:38de saccager nos intermarchés.
09:41J'ai là en tête, évidemment,
09:43l'image de ma collègue et amie Géraldine,
09:46qui, à Bon Sergent, s'est fait piller,
09:48massacrer son magasin.
09:49On a eu pour 300, 400 ou 500 000 euros de destruction.
09:52Et on a dû fermer pendant plus de 10 jours.
09:55Alors, heureusement, la solidarité dans notre groupement
09:57s'est manifestée.
09:58On a pu réouvrir 10 jours après.
10:00Mais combien de petits commerciants ne s'en remettront pas ?
10:02Donc, oui, à la manifestation pour exprimer ses envies,
10:07ses droits et les projets politiques,
10:09mais non à la casse.
10:11Et il faut absolument que le gouvernement
10:13réinstaure, comme on l'a vu ces deux derniers week-ends,
10:16une autorité pour qu'on soit protégé.
10:18Parce qu'en France, on ne peut pas espérer
10:20que ce soit la protection privée qui protège nos commerces,
10:23nos emplois, nos investissements.
10:24Il faut que ce soit le gouvernement qui fasse ce boulot-là.
10:27– Et est-ce que, Thierry Cotillard, vous pouvez chiffrer la baisse de fréquentation ?
10:30On dit aux habitants, calfeutrez-vous, protégez-vous, ne sortez pas parfois dans certaines villes.
10:37Est-ce que vous le constatez de week-end en week-end ?
10:39Est-ce qu'on voit des habitudes, déjà, de consommation qui changent ?
10:42– Alors, par rapport à ces mouvements, très clairement,
10:48à Paris, on a des fréquentations sur, évidemment,
10:51la rive droite qui est concernée par le passage de la manifestation,
10:54qui sont de l'ordre de moins 20 à moins 30%.
10:57C'est des fréquentations, évidemment, qui sont inhabituelles,
11:00mais c'est par peur, évidemment.
11:02Et puis, en revanche, vous avez des zones qui sont plus protégées,
11:04même à Paris, qui vont bénéficier, à l'inverse, de Parisiens
11:08qui ne vont pas aller dans le centre-ville,
11:09qui ne vont pas aller se promener ou faire une visite au Louvre,
11:12et donc qui vont rester chez eux, qui vont consommer.
11:14Donc, je dirais, il y a un équilibre.
11:16Mais tout ça n'est pas bon, tout ça n'est pas bon,
11:18parce qu'on vit, la réalité, c'est qu'on vit aussi dans la peur,
11:20on vit dans l'angoisse, on vit dans l'incertitude du lendemain,
11:23en se disant, est-ce que ça va durer jusqu'aux élections ?
11:25Est-ce qu'on y a le droit tous les week-ends ?
11:27Et c'est ça qui nous fait peur, et on a surtout envie que ça s'arrête.
11:30– Pour conclure, peut-être un peu d'espoir,
11:33on va penser aux fêtes de Noël,
11:34et est-ce qu'il peut nous rassembler encore ?
11:36Et est-ce qu'on peut mettre au pied du sapin ?
11:38Vous me voyez venir, on en avait parlé la fois dernière
11:40quand vous étiez en plateau avec nous ici sur BFM TV,
11:44oui, oui, c'est la peluche, le fameux loup,
11:45le loup de votre publicité, d'un terre-marché,
11:48il est adoré par tout le monde ici, la régie, tout le monde.
11:52On veut tous savoir si on pourra se procurer ce loup,
11:55ce mal-aimé que nous aimons tant désormais.
12:00– Écoutez, il n'est plus mal aimé,
12:01je crois qu'il est aimé de tous les Français,
12:03on s'en réjouit,
12:06et écoutez, j'ai surtout envie de vous dire
12:08que justement, on passera un bon moment en fin d'année,
12:11parce qu'on apportera, j'espère, du réconfort,
12:13on rappellera des messages positifs de vivre ensemble,
12:16et donc il y aura un peu de peluche,
12:18mais comme on sait, je vous l'avais dit,
12:19qu'on sera en pénurie, il ne va pas y en avoir assez.
12:22Allez, je vous donne un scoop ce soir,
12:23c'est qu'il y aura aussi des chocolats en forme de loup,
12:25parce qu'on voudrait que tous les enfants aient un petit loup à côté d'eux pour Noël.
12:29– Non, n'ajoutez plus, ça y est, on est conquis.
12:33Merci Thierry Cotillard, non, vraiment merci d'abord.
12:35– Ok, super.
12:35– C'est important ce que vous avez dit,
12:37l'alerte sur l'inflation,
12:39sur ce que vous avez dit autour évidemment des carburants,
12:42c'est très important pour ceux qui nous écoutent,
12:44et on sera en rendez-vous également pour le loup.
12:45Je vous remercie Thierry Cotillard, on s'est dit à bientôt.
12:48Merci encore.
12:49– Merci à vous.
12:49– Sous-titrage ST' 501