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  • il y a 1 semaine
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00D'accord. Alors attendez, on a une priorité au direct parce qu'on vient d'apprendre à l'instant que
00:06Patrick Bruel annulait sa tournée de concert.
00:10Alors c'est vrai qu'il était sous pression, Patrick Bruel, je rappelle qu'il est mis en examen, qu
00:15'il y a 32 plaintes, je crois, c'est ça, Boris Karlamov, contre lui, 4 mises en examen aussi.
00:22C'est un message Instagram, il faut le préciser.
00:23Il annule sa tournée, il vient de le dire sur ses réseaux sociaux.
00:26– Oui, effectivement, vous le savez, il y avait plusieurs maires en France qui avaient décidé de s'opposer à
00:32des dates chez eux, dans leur commune.
00:35– Alors voilà ce qu'il dit, j'ai profondément souhaité que cette tournée, Stephen Bellery, prévue à partir d
00:39'octobre, puisse avoir lieu, mais il poursuit.
00:43Je constate qu'aujourd'hui, cette tournée est devenue l'incarnation d'un débat qui la dépasse, j'ai donc
00:46pris la décision d'annuler les concerts.
00:48Trop de pression.
00:48– C'est lui-même qui l'annonce.
00:49– Disons que Patrick Bruel avait joué une sorte de coup de poker avant l'été.
00:52– Cette décision ne signifie en aucun cas que je renonce à me défendre, ça c'est le volet judiciaire.
00:56Je le prends librement, ma décision.
00:58La justice ne m'y oblige en rien et personne d'autre du reste.
01:01– Et il dit qu'il continue de se battre et que ça ne veut rien dire, qu'il ne
01:03faut pas analyser cette tournée et cette annulation de la sorte.
01:06Disons qu'au mois de juin…
01:07– Ce n'est pas un aveu de culpabilité, c'est ce qu'il veut dire.
01:09– Au mois de juin, Patrick Bruel avait joué un coup de poker, il avait d'abord annulé ses concerts
01:12parisiens
01:12et cette tournée de festival parce que la pression était trop forte.
01:15Là aussi, il espérait que ces trois mois d'été fassent retomber la pression,
01:18qu'il puisse retrouver la scène, son public, pour cet anniversaire le 2 octobre dans la ville de Chartres
01:23et enchaîner 35 dates partout en France.
01:26Il n'empêche qu'il n'a pas vu nécessairement venir cette fronde des maires menée par le maire de
01:31Chartres
01:31qui, dès la fin du mois d'août, sur ce plateau, annonçait qu'il ne voulait pas voir Patrick Bruel
01:36dans sa ville,
01:36que les gens, les Chartreins et les Chartrennes, ne voulaient pas voir nécessairement Patrick Bruel dans sa ville
01:41et que c'était complexe, que lui avait un levier, que Patrick Bruel n'avait pas signé le contrat qui
01:45le lie à la ville
01:46et qu'il allait donc casser ce contrat puisqu'il n'était pas signé et que Patrick Bruel n'était
01:50pas le bienvenu.
01:52– Il n'y avait pas que le maire de Chartres.
01:53– Il n'y avait pas que le maire de Chartres. Dans la foulée, de nombreux maires ont pris la
01:56parole
01:56et donc il y a eu cette nouvelle fronde qu'on n'avait pas nécessairement vue venir,
02:00qui était plus politique et un débat sociétal a commencé aussi à naître.
02:03– Mais Patrick Bruel est le producteur de sa tournée.
02:05– C'est pour cela que c'est extrêmement complexe aussi de faire monter la pression pour les maires
02:09car il y a cette donnée qui est extrêmement importante.
02:12Patrick Bruel est son propre producteur via sa société de production.
02:16Il produit à 100% ses concerts, cette tournée.
02:22il prenait donc tous les risques financiers, il devait aussi sécuriser ses concerts à venir.
02:27Et donc Patrick Bruel était face à un casus belli parce qu'il va perdre énormément d'argent
02:33en annulant cette tournée.
02:34Il va devoir rembourser évidemment tous les gens qui ont acheté des billets.
02:37Il parle de 150 000 personnes qui avaient acheté des billets.
02:40Il va devoir rembourser les frais de billetterie, les frais de communication,
02:43les musiciens qui étaient engagés.
02:45– Les musiciens qui avaient fait signer une clause d'ailleurs,
02:47une clause d'annulation éventuelle de la tournée,
02:49ils étaient gênés pour dire que si jamais à l'État il est en cours de route,
02:53on était payés sur toutes les dates.
02:54Il avait du mal à recruter les musiciens aussi.
02:56– C'est ce qui se dit évidemment, j'imagine que pour les musiciens,
02:59ça n'était pas évident de partir dans cette tournée.
03:01La situation était devenue intenable.
03:03Évidemment, beaucoup d'associations féministes avaient déjà prévenu
03:06qu'elles viendraient perturber l'entrée de ces concerts.
03:08– Charles Consigny, c'est l'avocat que j'interpelle.
03:11Donc, Patrick Brouel renonce à cette tournée.
03:13Après, on vient de le rappeler, les pressions exercées sur cette tournée
03:17par les maires notamment, mais aussi par les féministes.
03:20Il dit qu'il est innocent, que toutes ces accusations sont fausses.
03:25Donc, pour lui, ce n'est pas un aveu de culpabilité.
03:27C'est simplement, peut-être, simplement, il se rend compte
03:30qu'il ne pourra pas chanter normalement.
03:33C'est une sage décision.
03:35C'est une décision qu'on prend avec ses avocats ?
03:37– Je pense qu'il aurait pu choisir de maintenir ses concerts s'il le voulait.
03:43– Avec le risque de manifestation à chaque fois, de troubles ?
03:47– Le problème, si vous voulez, moi, je suis évidemment à 4000%
03:50pour la présomption d'innocence.
03:53Le problème, c'est que la justice est trop lente en France.
03:56Et donc, quand vous avez 35 plaintes,
03:59c'est vrai que la présomption d'innocence, elle en prend un petit coup
04:02et que ça devient difficile de faire l'équilibre entre les deux.
04:06Je pense qu'il aurait pu maintenir ses concerts.
04:09Moi, si j'avais été son avocat, je lui aurais conseillé de maintenir ses concerts
04:14puisque tant qu'il n'est pas condamné, et d'ailleurs même condamné,
04:18il peut continuer à faire des concerts.
04:19Il ne va pas être condamné à ne pas faire de concerts.
04:22Mais c'est sans doute pour des difficultés pratiques qu'il a laissé tomber.
04:27– Il dit que cette tournée est devenue l'incarnation d'un débat qui la dépasse.
04:31J'ai donc pris la décision d'annuler ses concerts.
04:34François Calfon, beaucoup de maires socialistes d'ailleurs,
04:36à vous demander l'annulation de cette tournée.
04:36– Absolument, je salue Emmanuel Grégoire, le maire de Paris,
04:39Mickaël Delafosse, qui ont beaucoup pesé en cela.
04:41Et en fait, pour moi, ce n'est pas la question du débat
04:44sur la présomption d'innocence.
04:46Elle doit rester et elle doit…
04:47C'est d'abord la question du cumul des plaintes.
04:50Ce n'est pas pareil, une plainte est 32, 35 plaintes.
04:53Et ensuite, sans parler de troubles à l'ordre public,
04:57il vaut mieux quand même qu'il y ait de la paix publique.
04:59Un concert, c'est un moment de divertissement.
05:01Il ne faut pas que tout ça se transforme en tout cas.
05:03– Le trouble aurait été causé par ceux qui seraient venus
05:05perturber le concert, pas par lui-même.
05:07– Finalement, c'est lui qui prend la décision sous pression
05:10et c'est une sage décision d'apaisement, je pense tout à fait.
05:14Il était lui-même au théâtre, il a commencé…
05:16– Donc ça veut dire qu'il ne peut plus exercer son métier
05:18tant que la justice ne s'est pas prononcée.
05:21La justice va sans doute mettre des années.
05:23– Vous avez raison, mais il y a aussi maintenant un acteur
05:26qu'on connaît bien, c'est l'opinion publique,
05:28c'est les médias, c'est les réseaux sociaux.
05:29Ils n'ont pas à juger.
05:30Mais il y a eu une forme de débordement de cette affaire
05:33par le cumul, par le cumul.
05:35Je pense que ce n'est pas une affaire comme une autre
05:37qui crée un faisceau finalement.
05:39– Ce n'est pas la première fois qu'un comédien
05:40ou qu'un artiste est obligé de se mettre en retrait.
05:42Après, on sait très bien que même s'il est innocenté,
05:44je ne dis pas que ce sera le cas de Patry Bruel,
05:46c'est très compliqué pour lui de revenir.
05:48Un réhabitant, sa carrière n'est plus la même,
05:51par exemple humoriste, alors qu'il a obtenu un non-lieu.
05:53– Je ne suis surtout pas son avocat,
05:55mais je pense que de tout point de vue…
05:57– C'est sage.
05:58– Oui, c'est sage, c'est absolument sage.
06:00– Une décision de sagesse.
06:01– Oui, parce qu'il y avait chez lui,
06:03lié peut-être à des enjeux économiques et de fierté,
06:07ni son avocat ni son psychologue,
06:08des enjeux financiers assez considérables manifestement,
06:11mais il y avait une forme d'entêtement déraisonnable.
06:15– De déni ?
06:15– Ça, je ne sais pas, mais entêtement déraisonnable,
06:18à l'évidence, il y avait un entêtement déraisonnable.
06:21Cette mesure qui soit prise, sous pression ou pas sous pression,
06:25est une mesure d'apaisement qui répond aussi,
06:27parce que ça existe à toutes ces associations féministes, absolument.
06:31– Il le dit d'ailleurs, alors je fais le choix de l'apaisement,
06:34il utilise ce mot dans sa publication ce soir.
06:37Il y avait probablement aussi une donnée qu'on peut-être sous-estime,
06:41c'est qu'il faut réussir à monter sur une scène
06:43quand vous êtes un artiste et qu'il y a une telle pression,
06:45est-ce que vous pouvez être dans le lâcher-prise,
06:46dans le partage, dans la générosité ?
06:48– Comme si de rien n'était ?
06:49– Comme si de rien n'était, alors qu'il y a peut-être des centaines de femmes
06:53qui crient dehors, qui crient peut-être parfois à l'intérieur.
06:56– Justement, Olivier disait, la justice va prendre du temps,
07:00le dossier patrimoine, il est épais, on le disait,
07:03des mises en examen, 30 plaintes,
07:0532 plaintes selon le dernier déconseur de BFMTV,
07:094 juges d'instruction,
07:10– C'est assez exceptionnel d'ailleurs.
07:11– Avec un contrôle judiciaire, vous savez, on a longuement parlé,
07:15c'était un contrôle judiciaire qui a été allégé pour le chanteur,
07:18notamment avec la suppression de l'interdiction de quitter le territoire,
07:23c'était une demande de la défense de Patrick Bruel,
07:27et le 21 juillet dernier, le juge d'instruction a donc demandé
07:32la levée de ce point du contrôle judiciaire
07:36qui portait donc sur l'interdiction de quitter le territoire national.
07:39Le parquet de Nanterre a interjeté appel de cette décision,
07:45il y a eu une audience, c'était à la mi-août devant la chambre
07:48de l'instruction de la cour d'appel de Versailles
07:50pour rétablir justement cette interdiction de quitter le territoire
07:54et la prochaine échéance pour Patrick Bruel,
07:56et bien ce sera le 16 septembre puisque c'est la date du délibéré
07:59de la chambre de l'instruction de la cour d'appel
08:02qui va donc donner ou non raison au parquet de Nanterre.
08:06Patrick Bruel va-t-il de nouveau avoir cette interdiction
08:09de quitter le territoire ?
08:11La juge d'instruction avait motivé cela par le fait
08:14qu'il ne présentait aucun risque de fuite,
08:16qu'il avait toutes les garanties de représentation en justice.
08:20Patrick Bruel était parti quelques jours à l'étranger,
08:23et ça la défense l'avait admis avant de rentrer très rapidement
08:26sur le territoire national.
08:27Mais voilà, le prochain gros rendez-vous judiciaire pour l'artiste,
08:30ce sera donc le 16 septembre prochain devant la chambre
08:33de l'instruction de la cour d'appel de Versailles.
08:35On a le maire d'Amiens qui est avec nous, Frédéric Fauvet.
08:38Maire d'Amiens, vous l'aviez dit, monsieur Fauvet, monsieur le maire,
08:41Bonsoir. Patrick Bruel n'est pas le bienvenu dans ma ville.
08:44Il a pris une sage décision, selon vous ?
08:47Oui, une décision responsable.
08:49J'imagine qu'il n'a pas été seul à la prendre.
08:52J'ai quand même une pensée, effectivement, pour toutes les victimes
08:54qui ont été exposées à ce feuilleton,
08:58dont l'issue aurait pu se dessiner beaucoup plus rapidement.
09:01J'ai une pensée aussi pour les salariés qui organisent la tournée,
09:06qui avaient prévu de travailler.
09:06Tout ça, effectivement, j'espère, sera géré avec tout le soin que ça nécessite.
09:12En tout cas, voilà, la clarté nécessaire est de retour.
09:16La justice va pouvoir travailler sereinement.
09:19Monsieur Bruel va pouvoir se défendre également plus sereinement.
09:23C'est effectivement une satisfaction pour nous.
09:26Mais est-ce que vous avez participé à une cabale ?
09:30Cabale, je ne sais pas, mais en tout cas,
09:32j'assume la responsabilité de peser sur le débat public.
09:36Aujourd'hui, la fabrication de l'opinion, la fabrication des consciences,
09:41elle exige que ceux qui représentent les habitants puissent s'exprimer.
09:48Et je ressentais chez nombre de mes concitoyens un émoi,
09:52une émotion particulière sur la possibilité que ce concert puisse se tenir.
09:56Malgré la présomption d'innocence ?
09:58La présomption d'innocence, elle s'exerce pleinement.
10:01Aujourd'hui, personne n'a condamné par avance M. Bruel.
10:05Il est condamné à ne plus chanter, quand même.
10:08Il a pris sa décision seule.
10:10Ce n'est pas moi qui l'ai prise cette décision.
10:11Je ne demande pas le pouvoir.
10:13Il a cette liberté, effectivement, de pouvoir la prendre.
10:16Il a aussi la liberté de nous répondre.
10:18J'imagine que s'il avait souhaité s'exprimer,
10:21il aurait pu le faire.
10:22Et c'est indispensable.
10:23Là, il s'exprime.
10:25Là, il s'exprime.
10:25Il dit que les accusations sont fausses, Stephen.
10:31Depuis le début.
10:31C'est-à-dire que ce n'est pas un aveu de culpabilité, en quelque sorte,
10:35le fait qu'il renonce à sa tournée.
10:37– Cette décision ne signifie que je renonce à me défendre.
10:41La justice ne m'y oblige à rien.
10:43Il veut faire le choix de l'apaisement.
10:45Je pense que les circonstances n'étaient absolument pas…
10:47– Attendez, M. le maire, finissez votre propos.
10:49– Et il souhaitait vraiment cette tournée, Patrick Brouel.
10:51Il l'a redit, d'ailleurs, dans ce message.
10:53– Oui, j'imagine qu'il y avait des enjeux qui, parfois, nous dépassent,
10:57notamment des enjeux matériels, économiques, financiers.
11:00Je pense également à ces manifestations qui se préparaient dans notre ville.
11:05J'ai vu plusieurs appels à des rassemblements devant la salle de spectacle.
11:10Oui, parler d'apaisement, ça me semble aujourd'hui responsable.
11:14– Oui, mais ces manifestations, c'était des troubles à l'ordre public,
11:18aussi venir faire tourner un concert.
11:21Parce que partout où la tournée était prévue, quasiment, les salles étaient complètes.
11:25Ça affichait complet aussi, M. le maire.
11:28– Quasiment toutes les salles étaient complètes.
11:28– J'ai conscience de ce que ça signifie pour un certain nombre de spectateurs.
11:35– Il y a des gens qui voulaient venir applaudir Patrick Brouel.
11:37– Je l'ai dit tout à l'heure.
11:38– Peut-être que ça a cédé à une minorité, finalement, une minorité agissante.
11:42– Je ne le sais pas, en tout cas, vous non plus.
11:45Sur les mois que j'évoquais tout à l'heure, les réactions étaient nombreuses
11:49sur la possibilité que ces concerts puissent se tenir, des réactions négatives,
11:53des réactions, effectivement, notamment, pas seulement de militants,
11:58mais d'habitants, tout simplement, qui ne comprenaient pas, effectivement,
12:02qu'on puisse continuer à avoir ce type de spectacle.
12:06– Alors, le maire d'Amiens nous dit, finalement, c'est un peu l'opinion publique aussi
12:10qui a fait pression sur ces maires, qui ont demandé l'annulation.
12:13Est-ce qu'on n'a pas basculé dans autre chose ?
12:16C'est-à-dire que maintenant, c'est l'opinion publique, les réseaux sociaux,
12:18la pression qui décide qui doit continuer à faire son métier ou pas
12:22en fonction des accusations ?
12:24– Oui, c'est pour ça que je vous dis que si j'avais été l'avocat de Patrick Brouel,
12:27il a d'excellents avocats, mais moi, j'aurais plutôt conseillé de maintenir la tournée,
12:31parce que sinon, effectivement, vous cédez à des gens qui ne connaissent pas
12:36d'abord les dossiers dont il s'agit et puis qui sont des militants.
12:41Le problème, c'est que comme la justice est lente, ça marche dans les deux sens.
12:45– Si ça prenait six mois, ça serait…
12:47– C'est lent pour les plaignants, c'est lent pour toutes ces associations
12:51qui disent la présomption d'innocence, ça va deux secondes
12:53quand les instructions durent dix ans.
12:56Mais du coup, c'est lent aussi pour la personne qui est mise en cause,
12:59qui en fait, on le voit bien, franchement.
13:01qui on connaît comme artistes, qui ont pu continuer à travailler
13:06après une mise en cause dans une affaire pénale.
13:09– Même en étant innocenté après.
13:10– Que vous preniez Gérard Depardieu, Benoît Jacot,
13:14l'autre réalisateur qui était visé en même temps,
13:16lui son nom m'échappe, Jacques Doyon,
13:19Harry Habitant, et ainsi de suite, Nicolas Bedos.
13:23– Gérard Darmon a dû annuler sa participation.
13:26– Gérard Darmon a retrouvé son travail, il est en tournée,
13:28c'est compliqué pour lui, mais la tournée a repéré.
13:31– Gérard Depardieu a tourné un film au Portugal.
13:33– Sa carrière n'est plus la même à Harry Habitant.
13:36– Depardieu, il n'a pas joué dans le biopic sur le général de Gaulle, par exemple.
13:41– Quel rôle il aurait pu jouer de Gaulle.
13:43– Je pense quand même qu'autour de cette table,
13:46il faut que la parole des femmes, la parole de la société soit entendue.
13:49Il s'agit d'une personnalité publique, la justice va passer, il y a une présomption d'innocence.
13:55Eh bien, il a pris la sage décision, sous pression, pas sous pression, d'éviter, d'éviter que finalement,
14:02ces concerts fassent l'objet d'autres choses, c'est-à-dire d'un combat légitime des organisations féministes et
14:09au-delà.
14:10Car je pense que tous les témoignages, ce n'est pas rien, les mises en examen, ce n'est pas
14:14rien.
14:15Tous les témoignages de toutes ces femmes qui, en plus, pardon, mais font système.
14:19C'est-à-dire qu'il y a aussi un mode opératoire, ça renvoie à l'affaire PPDA en son
14:24temps.
14:25Tout cela n'est pas rien.
14:27Alors, bien évidemment que l'opinion publique n'est pas la justice.
14:29Mais vous ne pouvez pas demander dans une société ouverte comme la nôtre, où la question...
14:33Que les gens n'aient pas une opinion.
14:34Pardon ?
14:35Que les gens n'aient pas une opinion.
14:36Bien sûr.
14:37Quand ces personnalités-là, par ailleurs, Patrick Bruel avait des opinions politiques qui les exprimaient,
14:42sont des personnalités publiques, même au-delà de leur rôle de chanteur.
14:45Donc voilà, je ne juge pas, je pense que c'est la bonne décision.
14:48Et je pense que ce n'est pas, pardon de vous le dire, M. Truchot, M. Marshall,
14:52ce n'est pas simplement les organisations qui auraient créé un trouble à l'ordre public.
14:56Le trouble à l'ordre citoyen.
14:58Le trouble, finalement, à l'égalité des genres, il a été constitué par cette affaire en lui-même.
15:03Nous sommes avec Muriel Réus, qui est directrice et fondatrice de Femmes Avec.
15:08Bonsoir, Muriel Réus.
15:09Sage décision prise par Patrick Bruel.
15:13Décision responsable, oui.
15:14Je partage complètement les propos de la dernière personne qui vient de parler.
15:17Je suis désolée, je suis en visio, donc je ne sais pas...
15:18François Calfon.
15:20Bonsoir, François Calfon.
15:21Je partage totalement votre opinion à l'encontre de ce que j'ai entendu précédemment,
15:25où vous semblez horrifié qu'on ait pu annuler une tournée.
15:27Mais Patrick Bruel est un homme responsable.
15:30En tout cas, il se présente comme tel.
15:31Il dit ne pas être coupable des faits qu'on lui reproche.
15:36Et donc, il a pris une décision en toute responsabilité.
15:39Donc, c'est un principe de réalité, l'annuation de cette tournée, me semble-t-il.
15:43Oui, mais en même temps, il dit, je constate que cette tournée est devenue l'incarnation d'un débat qui
15:47la dépasse.
15:49Non, je ne crois pas.
15:50Cette tournée, elle est comme tous les autres accusés de violences sexuelles ou de violences, d'ailleurs, tout court.
16:00Il y a, à un moment donné, une France, un public, des institutions, des responsables qui prennent position.
16:08D'ailleurs, si vous regardez bien, tous les maires qui ont décidé de ne pas accueillir la tournée sont en
16:14majorité des hommes.
16:15Donc, oui, on n'a pas affaire à des femmes hystériques et militantes qui ont pris position dans la demande
16:22d'annulation de ce tournée.
16:23C'est-à-dire, en fait, puisque le métier de Patrick Bruel, c'est de chanter, notamment de chanter sur
16:29scène.
16:29On sait que l'instruction va prendre du temps, sans doute plusieurs années.
16:34Donc, ça veut dire que pendant 3, 4, 5 ans, Patrick Bruel ne peut plus faire son métier ?
16:40Non, ça ne dit pas ça.
16:41Ça dit qu'aujourd'hui, à ce moment précis où l'instruction va démarrer, où les plaintes sont en cours
16:48et où peut-être on s'attend encore à de nouvelles plaintes,
16:50il y a des personnes en responsabilité, qui sont des maires de tous bords d'ailleurs, je le constate,
16:56qui ont décidé que ce concert n'était pas la meilleure façon de promouvoir la culture dans leur ville.
17:04Voilà, ce sont des hommes en responsabilité.
17:06Et Patrick Bruel a pris cette décision.
17:09Il l'a pris en responsabilité, j'imagine.
17:11Est-ce qu'il avait vraiment le choix ?
17:14Oui, je pense qu'il avait le choix.
17:16Il aurait pu décider de la matière.
17:18Si effectivement, c'est une minorité agissante, comme vous essayez, ou comme je l'ai entendu dire précédemment,
17:23si c'était qu'une minorité agissante, il aurait pu effectivement continuer sa tournée.
17:28Non, mais parce que ce qui est intéressant, c'est que ces concerts étaient pleins.
17:32Il n'y avait pas vraiment eu d'annulation, a priori, dans ces concerts.
17:35Il faut juste se mettre à la place des spectateurs et des spectatrices un instant.
17:38Il n'a pas proposé aux gens, aux 150 000 personnes qui devaient venir, le remboursement.
17:45Vous n'avez pas envie d'y aller, même si on n'est pas remboursé.
17:47Vous avez envie de perdre 150 euros ?
17:48On peut avoir une question de principe en disant, je n'ai pas envie d'avoir quelqu'un qui est
17:51accusé de viol.
17:52Tant pis pour mes 150 euros.
17:53Il y a beaucoup de gens qui l'auraient peut-être fait.
17:55Il y a d'autres personnes qui ne peuvent pas nécessairement se le permettre financièrement.
17:59Justement, Muriel Reus, que dire aux gens, hommes et femmes confondus d'ailleurs,
18:04qui voulaient aller voir Patrick Bruel ?
18:07Ça fait de quoi ? Des gens aveugles, inconscients, complices ?
18:12Non, mais moi, je ne participe pas à ces débats un peu hystériques dans les mots et dans les propos.
18:16Nul ne... Ben non, je n'ai pas l'impression de l'être.
18:19Nul ne conteste aujourd'hui que Patrick Bruel...
18:21Non, non, c'est pas ça.
18:21Vous avez choisi votre compte, c'est-à-dire de prendre position.
18:24Non, non, mais de prendre position pour dire c'est normal d'annuler la tournée,
18:28mais vous ne voulez pas prendre position sur ceux qui ne voulaient pas aller voir Patrick Bruel.
18:32Je dis que c'est un principe de réalité que d'avoir annulé cette tournée.
18:38Et nul ne conteste le fait que Patrick Bruel est un public et que Patrick Bruel continuera d'avoir un
18:43public.
18:44Sauf qu'aujourd'hui, au moment précis où l'on se parle, cette décision qu'il a prise me paraît
18:49être une très bonne décision.
18:51Une décision d'apaisement.
18:53Merci Muriel Rius, merci d'avoir été avec nous.
18:55On vient d'avoir à l'instant la toute première réaction d'une plaignante, à savoir Karine Wieser.
19:01Vous le savez, cette plaignante belge qui réagit à l'annulation de cette tournée auprès de BFM TV.
19:06Ce pas de côté, dit-elle, n'était pas une option, il était une nécessité.
19:10Une question de décence, de responsabilité et surtout de respect envers les victimes.
19:15À un moment donné, il faut savoir entendre leurs paroles, mesurer ce qu'elles traversent
19:19et leur accorder la considération qu'elles méritent, dit Karine Wieser.
19:22Le respect des victimes ne peut pas être un principe que l'on invoque uniquement lorsqu'il est confortable.
19:27Il doit se traduire dans des actes.
19:30Dans ces actes, c'est donc l'annulation de la tournée de Patrick Bruel.
19:34Donc la première réaction d'une plaignante de Patrick Bruel.
19:36Charles Consigui, vous comprenez, vous qui nous avez dit, moi si j'étais l'avocat de Patrick Bruel,
19:40j'aurais dit de continuer à monter sur scène.
19:43Vous comprenez quand même le soulagement exprimé par cette victime ?
19:46D'abord, vous dites victime, pardon, c'est un abus de langage.
19:50Le bon terme, c'est accusatrice ou c'est gagnant ?
19:51C'est le seul terme, je comprends qu'on utilise ce terme,
19:54mais le seul terme qui est rigoureux juridiquement, non.
19:57C'est l'innocence qui est présumée.
20:00On n'est pas présumé victime, on est plaignant.
20:03Au stade d'une enquête, on est plaignant jusqu'à la condamnation définitive.
20:08Donc moi, je resterai sur cette ligne-là.
20:12À mon sens, Patrick Bruel est présumé innocent jusqu'à sa condamnation définitive.
20:17Nous sommes avec Stéphanie qui est une fan de Patrick Bruel.
20:20On se souvient, vous étiez intervenue en direct sur BFM TV.
20:23Bonsoir Stéphanie.
20:25Pour dire, moi je veux quand même aller voir Patrick Bruel.
20:27La fan que vous êtes est déçue qu'il annule sa tournée ?
20:30Qu'il est cédé ?
20:31Non, je l'attendais en vérité.
20:34Je pense que pour moi, ça paraissait évident que ça allait se terminer comme ça.
20:39Il y avait trop de pression des médias, des associations.
20:44Enfin voilà.
20:44Donc pour moi, ça me paraissait évident.
20:47Et vous aviez des billets pour aller le voir ?
20:49Oui, j'avais des billets pour octobre sur Rouen.
20:53J'avais prévu de façon de ne pas y aller et de m'asseoir sur les 150 euros.
20:58Parce que mon cœur va aux victimes, aux présumés victimes, pour ne pas froisser M. Cosmi.
21:08Vous avez demandé à être remboursée ?
21:10Oui, maintenant que j'en ai la possibilité, oui, je vais demander à être remboursée.
21:14Mais après, s'il avait maintenu ce concert et que je n'avais pas pu être remboursée,
21:21tant pis, je me serais assise sur 150 euros.
21:26Donc Stéphanie, de toute manière, votre choix était fait.
21:29Pas question d'aller le voir sur scène, même si c'est votre chanteur que vous aimez.
21:33Tout à fait, tout à fait.
21:34Pas question d'aller le voir en concert et pas question de revendre les places.
21:38Je voulais absolument qu'il y ait des fauteuils vides.
21:42Donc vous vouliez carrément des fauteuils vides pour signifier quelque chose ?
21:47Pour signifier quelque chose, voilà.
21:50Mais vous avez été déçue en tant que fan de Patrick Bourrel d'apprendre tout ce qu'on a appris
21:55dernièrement, oui ?
21:56Bien sûr, oui, oui, oui.
21:58Oui, j'ai été déçue parce que moi, je suis fan de la première heure.
22:03Ça fait 40 ans que je suis fan de Patrick.
22:07Donc c'est vrai que, ouais, c'est un coup de massue que l'on prend en tant que fan.
22:15Mais après, je ne peux pas ne pas entendre ces fans qui s'expriment et qui disent avoir souffert dans
22:24leur chair, quoi.
22:25Merci Stéphanie, fan de Patrick Bruel.
22:28Donc il n'aurait pas été, bien sûr, de manière au concert.
22:30Est-ce qu'on a une idée des conséquences financières de l'annulation de la tournée ?
22:35Qui se chiffreront probablement en millions d'euros.
22:38Évidemment, elles seront colossales pour l'artiste.
22:40Je pense qu'il y avait aussi cette donnée dans un coin de sa tête, c'est qu'il le
22:43sait.
22:44Le combat judiciaire va durer 4, 5, 6 ans.
22:47Il y aura peut-être plusieurs procès.
22:48Et il se disait peut-être dans un coin de sa tête que ce serait son ultime tournée.
22:51Et ce sera compliqué pour lui de retrouver du travail à l'avenir.
22:54Merci à tous.
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