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  • il y a 5 semaines
Ce mercredi 2 septembre, les mesures que prendra la BCE face à la hausse de 3,3% de l'inflation dans la zone euro sur un an, ont été abordées par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h43 sur BFM Business RMC Live, face à le Chypre avec Edwige Chevrillon.
00:04Bonjour à tous les deux et merci d'être avec nous ce matin.
00:08Alors l'inflation a augmenté 3,3% en août sur un an dans la zone euro.
00:12Que va faire la BCE la semaine prochaine ?
00:14Elle qui a déjà relevé ses taux en juin.
00:16Les économistes s'attendent à une hausse d'un quart de point pour porter le principal taux directeur à 2
00:21,5%.
00:21Edwige Chevrillon, la BCE doit-elle relever ses taux ?
00:25Oui, j'ai envie de dire d'abord coucou, la revoilà, l'inflation est là.
00:29Donc on a exactement les mêmes ingrédients qu'en juin 2026, comme vous venez de le rappeler,
00:34où la BCE a augmenté son taux de 0,25%.
00:36Ce n'est pas pour rien que les analystes anticipent effectivement une hausse de taux de 60% à penser,
00:43qu'il y aura plus d'inflation et donc une hausse des taux de la BCE.
00:49Surtout lorsque vous voyez ce qui s'est passé là, avec une frappe américaine sur le pétrolier iranien,
00:54puisque ça entraîne évidemment une flambée de l'art noir.
00:57Donc tous les ingrédients sont exactement identiques, on risque d'avoir de nouveau une flambée des prix du pétrole.
01:04Si elle ne le fait pas, qu'est-ce qui va se passer ?
01:05À ce moment-là, on va se dire, les acteurs économiques, les entreprises vont se dire,
01:09au secours, il faut qu'on fasse quelque chose, donc on va commencer à anticiper une hausse des salaires
01:15et on va rentrer dans cette fameuse spirale inflationniste prix-salaire.
01:22Et c'est ça dans lequel il ne faut surtout pas rentrer.
01:24En plus, si la BCE n'augmente pas ses taux, qu'est-ce que vont dire les marchés financiers ?
01:29Ils vont dire, ah, elle n'a pas osé.
01:31Donc ça sera interprété comme un signe de faiblesse.
01:34Et donc ça, c'est dangereux parce que ça met en péril la crédibilité de la Banque Centrale Européenne.
01:39Il faut rappeler que son objectif d'inflation est par statut de 2%.
01:43Et puis en plus, surtout, on est quand même dans un environnement où la question se pose partout
01:48puisque c'est une inflation qui est liée largement aux tensions géopolitiques.
01:52Vous regardez ce qui se passe aux Etats-Unis.
01:55Le nouveau président de la Fed, Kevin Walsh, pose exactement la même question.
01:59Il se dit, il va falloir, l'inflation est de 4% aux Etats-Unis.
02:02Il va falloir que j'augmente sans doute les taux d'intérêt malgré le bras de fer qui le pose
02:07à Donald Trump.
02:07Donc je vois difficilement comment on pourrait échapper à une hausse des taux le 16 septembre prochain.
02:12Emmanuel, vous êtes convaincu par ce qu'a dit Edwige ?
02:15Je pense que c'est effectivement le raisonnement qu'on tient en partie à la BCE.
02:19Même si la BCE a quand même évolué.
02:21Je ne suis pas Christine Lagarde.
02:22Non, non, mais quand vous regardez ce qu'elle dit dans sa stratégie monétaire,
02:26elle dit, oui, on pourrait laisser passer des chocs temporaires d'offres
02:30afin d'éviter une volatilité inutile de l'activité et de l'emploi.
02:34Donc je trouve que déjà, par rapport à la bêtise de la forte hausse des taux de 2022,
02:38qui était quand même une énorme connerie,
02:40puisqu'il faut rappeler que c'est des chocs d'offres.
02:42Et sur des chocs d'offres, la Banque centrale européenne n'a aucun impact.
02:46Une banque centrale n'a pas d'impact sur un choc d'offres.
02:48Elle peut calmer la demande éventuellement pour éviter la surchauffe,
02:53mais elle n'a aucun impact.
02:55Donc là, si elle relève ses taux, zéro impact.
02:56Là où je suis d'accord avec Edwige, c'est qu'on a bien des perspectives inflationnistes
02:59pour l'automne, qui sont liées effectivement au prix...
03:02– Pas automne, il s'en veut plus.
03:03– De l'énergie.
03:04– Au prix de...
03:06– L'agriculture.
03:07– Du pétrole.
03:09– Aux difficultés, effectivement, de l'agriculture,
03:11qui font que les prix alimentaires, en gros, et l'énergie vont sans doute augmenter.
03:14Mais à part ça, on n'a aucun poste qui montre de signe d'accélération.
03:18Si vous regardez d'ailleurs...
03:19– Oui, on est quand même à 3-3, enfin 2-0 et 2-7.
03:22– Le chiffre de 3-3, hors énergie, vous êtes sur des niveaux qui sont...
03:27– Alors, l'économie sous-jacente, effectivement, elle est à 2-4,
03:30elle est quand même au-dessus des 2% de la BCE.
03:32– Oui, mais par exemple, les services sont la composante essentielle du prix baisse.
03:35Et c'est là où il n'y a pas du tout de risque de spirale prix-salaire.
03:39Ça, c'était un truc des années 70.
03:41On ne l'a même pas eu en 2022-2023.
03:43Ce qu'on avait vu en 2022-2023, c'était une spirale prix-salaire au contraire.
03:46– Oui, mais là, on est dans un environnement qui est complètement différent.
03:48On n'y est plus en 2022-2023, Emmanuel.
03:50– Sauf que là, qu'est-ce qui nous dit que, effectivement,
03:53la bouffée d'inflation va durer au-delà du début de l'année ?
03:56Non, et donc, vous risquez d'avoir...
03:57– Mais qu'est-ce qui vous dit que la guerre va s'arrêter au début de l'année ?
04:00– C'est vrai qu'on est quand même dans un conflit géopolitique assez...
04:02– Oui, mais encore une fois, il ne faut pas confondre un niveau élevé de certains prix
04:07avec une dynamique inflationniste
04:10où vous avez, finalement, des spirales et des mécaniques qui s'enclenchent.
04:14– Oui, mais il faut bien calmer.
04:16– Monter la hausse des prix.
04:17– Il faut bien calmer, justement.
04:17– Oui, mais c'est justement là où c'est stupide de monter les taux.
04:20– Non, parce qu'il faut baisser un peu la demande.
04:22– Mais non, vous avez déjà...
04:23– Donc, vous provoquez un deuxième effet négatif...
04:26– Récessif, oui, ça dépend 0,25, ça ne sera pas forcément...
04:29– Une hausse des prix de l'énergie, c'est une ponction sur la croissance et sur le pouvoir d
04:33'achat.
04:33– Et le pouvoir d'achat. – C'est très clair.
04:34Si vous augmentez les taux, vous avez une deuxième ponction sur la croissance et le pouvoir d'achat.
04:39Donc, vous avez une augmentation des taux qui ne résout pas votre problème d'approvisionnement en pétrole
04:44parce que, que je sache, la BCE n'a jamais produit le moindre baril de pétrole.
04:48Et donc, vous vous retrouvez avec une BCE qui va aggraver encore la situation économique.
04:54Donc, je n'ai pas l'impression que ce soit...
04:56– Oui, mais si il ne le fait pas, prenons le problème à l'inverse.
04:58Si il ne le fait pas, on voit bien qu'à ce moment-là, on sera dans une situation très
05:01complexe
05:03parce qu'on aura toujours cette inflation qui peut devenir quand même galopante.
05:07Et donc, in fine, il aura toujours un impact, même si je suis d'accord avec vous.
05:11– Parce qu'on sait que le pouvoir d'achat, c'est quand même la préoccupation numéro un des Français.
05:14– Mais évidemment, mais on le voit bien même avec le prix à la pompe.
05:17Donc, c'est un enjeu essentiel.
05:20Mais si vous maintenez cette inflation, si vous ne la jugulez pas,
05:26à ce moment-là, vous trouvez que ça va arriver.
05:27– En 2022, l'inflation, elle est repartie aussi vite qu'elle était arrivée.
05:31Et là, ce sera pareil.
05:32On ne peut plus aujourd'hui avoir des très forts mécanismes d'inflation.
05:37Mais 2022, le choc énergétique est beaucoup plus violent que ce qu'il est aujourd'hui.
05:41Notamment parce qu'on avait eu aussi des prix d'électricité
05:43qui avaient été très fortement impactés par la hausse du gaz,
05:45ce qui ne sera pas le cas cette fois-ci.
05:46– Là, il y a une hausse du gaz, on le voit.
05:48– Mais ce que vous nous dites, c'est que la BCE, en fait, est-ce que ça ?
05:50– Là, pour le coup, ce n'est pas qu'elle ne sert à rien.
05:53C'est qu'une hausse des taux serait quand même la décision la plus stupide
05:56qu'elle pourrait prendre.
05:58Puisqu'en plus, si jamais, quand on connaît les délais de transmission,
06:01on va se retrouver avec un choc inflationniste
06:03qui se sera sans doute atténué en début d'année
06:05et l'effet récessif de la hausse des taux qui arrivera à plein.
06:08Donc non, c'est vrai.
06:08Alors, elle augmentera ses taux si elle n'a retenu aucune des leçons du passé.
06:13Moi, je pense qu'il y a quelques éléments quand même
06:14qui montrent dans sa stratégie monétaire
06:16qu'elle est capable de laisser passer des chocs ponctuels comme ça
06:19sans mettre en danger la...
06:20– Et c'est pour ça qu'elle n'avait augmenté que de 0,25%.
06:23Là, on va voir ce qu'elle fait.
06:24Surtout, c'est que les autres banques centrales...
06:25– C'est le consensus, là, 0,25%.
06:27– Oui, il y a une espèce même de consensus au niveau des banques centrales.
06:30– Mais moi, ce qui m'inquiète, c'est que si vous mettez tout bout à bout,
06:34les prix de l'énergie, les prix agricoles,
06:36si vous mettez les taux d'intérêt à long terme qui sont beaucoup montés,
06:38vous avez un resserrement des conditions financières qui est quand même très fort.
06:42– Et là où c'est pareil, il y a un argument auquel je ne crois pas,
06:47qui est que la hausse des taux va calmer les anticipations d'inflation
06:50et faire baisser les taux longs.
06:51Non, les taux d'intérêt à long terme, aujourd'hui,
06:52les taux sur les dettes publiques, qui sont quand même les taux référents pour tous les temps...
06:56– Ils explosent, là, l'OAT est passé à 4,25 ce matin.
06:59– Ils explosent, mais pas pour des raisons qui sont liées à l'inflation.
07:01Ils explosent surtout pour des raisons qui sont liées à la dégradation des finances publiques.
07:05– Mais pas que, et aussi aux tensions géopolitiques.
07:08– 8h51, on ne vous mettra pas d'accord ce matin, c'est sûr.
07:11Merci Edwige Chevrillon.
07:12– On verra le 7 septembre, rendez-vous le 7 septembre.
07:14– Merci Emmanuel Lechypre.

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