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  • il y a 1 semaine
Ce lundi 31 août, la décision de l'agence Fitch de maintenir la note de la dette française à A+, a été abordée par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Edwige Chevrillon à 8h42 sur BFM Business et RMC Live.
00:03Vendredi soir, l'agence de notation Fitch a maintenu la notation de sa dette française à A+.
00:08Une bonne nouvelle à quelques semaines de la présentation du budget,
00:11mais qui n'enlève pas l'objectif de réduire le déficit.
00:14Un déficit que Sébastien Lecornu avait fixé à 5%.
00:18On regarde l'interview du Parisien ce week-end, ça semble difficilement faisable.
00:23Edwige Chevrillon, est-ce qu'il y a une menace financière en dépit du maintien de la note de Fitch
00:28?
00:28Alors, moi ce que je dis, c'est que le verre est dans le fruit en fait.
00:32C'est-à-dire qu'en voulant foutre le feu à la dette française Jean-Luc Mélenchon,
00:36il a braqué les projecteurs des marchés financiers sur les débats de la présidentielle.
00:41Même Sébastien Lecornu, vous vous faisiez allusion à l'instant,
00:44dans son interview, il a eu des mots, je trouve, très justes et très forts.
00:47Il a dit, le petit jeu financier commence là où commence que le risque financier,
00:52pendant que les politiques font leurs calculs, les marchés financiers aussi,
00:55et le calendrier financier finit toujours par dévorer le calendrier politique.
01:00Ou encore, David Daniel, qui est le ministre en charge des comptes publics,
01:04qui a dit, avec les taux qu'on a, c'est un coup de semence,
01:07et puis on se retrouve dans un monde qui a complètement changé.
01:11Alors, pour moi, la machine infernale de la dette, elle s'est mise en route.
01:15On le voit, donc il y a un réel risque.
01:17Alors, je ne dis pas qu'il y a une crise financière,
01:19je dis qu'il y a un risque de crise financière.
01:21Lorsqu'on voit encore les taux à 30 ans ce matin, qui sont à 4,92,
01:25on se dit, là, on rentre vraiment dans cette machine infernale.
01:28Donc, les signaux d'alerte, les taux en haut, je viens d'en parler.
01:31Une dette plus chère, évidemment, le remboursement, vous en parlez tous les jours, Brigitte,
01:34avec Emmanuel, ce montant, il dépassera bientôt les 100 milliards.
01:37Un déficit élevé, on voit bien qu'il n'a pas la...
01:40Malgré sa quatrième voie, le Premier ministre n'a pas trouvé encore la martingale.
01:45Donc, les facteurs sont là, facteurs d'une crise financière sont là,
01:51surtout avec une croissance aussi faible.
01:53Alors, après, Emmanuel, tout ça, c'est aussi de l'agitation politique.
01:56On est en campagne présidentielle, il y a le budget qui doit être présenté le 30 septembre,
01:59et les oppositions, elles disent, nous, on va censurer.
02:02Donc, est-ce que c'est un chiffon rouge, là, qu'on agite ?
02:05Alors, tous les éléments qu'a décrit Edwige sont inquiétants.
02:09En fait, le problème, c'est qu'ils sont là depuis 20 ans,
02:12et que les marchés financiers...
02:13Non, pas les taux ? Non, pas le montant de la dette ?
02:16Alors, on est sur la mauvaise gestion des déficits, sur tout ça,
02:19sur la capacité de la France à tenir ses objectifs de finances publiques,
02:22qui est quand même un objectif, il n'y a rien de strictement nouveau.
02:25Et ça fait 20 ans que, finalement, on n'est pas vraiment sanctionné,
02:29parce que la réalité, c'est que les marchés ne nous ont pas vraiment sanctionné.
02:32Alors oui, on peut être extrêmement inquiet.
02:34Il faut dire les choses comme elles sont.
02:35Les finances publiques sont hors de contrôle, au moins jusqu'à la mi-2027.
02:40C'est-à-dire qu'en gros, on peut espérer qu'après la présidentielle de 2027,
02:42on aura un collectif budgétaire qui rectifiera la donne.
02:46Mais d'ici là, on voit bien que l'objectif 2026, vous pouvez le mettre aux oubliettes,
02:51puisque quand l'INSEE vous dit qu'il y aura deux fois moins de croissance que prévu,
02:54vous ne tiendrez pas l'objectif 2026.
02:56Et alors, la déclaration de Sébastien Lecornu dans le Parisien ce week-end,
02:59elle est lunaire, parce qu'il dit en fait,
03:01bon, moi je vais faire un budget réversible...
03:03Alors, un budget réversible, c'est la première fois qu'on entend ça, non ?
03:05Ben oui, le budget réversible...
03:06Ah oui, mais en même temps, il se passe quelque chose, il a raison.
03:09C'est-à-dire, rien de décisif, il ne va pas se lancer dans une réforme des retraites,
03:12il ne va pas se lancer dans des grandes réformes.
03:13Il le dit lui-même, je n'ai pas les moyens de le faire.
03:15Il faut mieux avoir des petites mesures.
03:16Oui, mais donc Edwige, ça veut dire qu'il n'y aura aucune mesure.
03:19Je ne vois pas comment on va aller chercher du coup 30 milliards d'économies,
03:22surtout qu'il dit en plus qu'il va s'en prendre à l'État.
03:24Or, c'est l'État qui a quand même déjà fait le plus d'efforts,
03:26et qu'on peut penser que les gros gisements d'économies,
03:28c'est plutôt les collectivités locales,
03:30ou, effectivement, la santé.
03:33Mais, une fois qu'on a dit ça,
03:35on peut être inquiet pour les 12 mois à venir.
03:37Ah, alors ?
03:38Non, mais, en termes de perspective...
03:40Je vous ai convaincu, madame !
03:41En termes de dégradation des déficits,
03:44oui, mais pour autant, est-ce qu'on est sous la menace des marchés financiers ?
03:48Est-ce qu'il y a un risque de crise ?
03:50Non, pas du tout.
03:51La réalité, regardez Fitch, vendredi soir,
03:53ils ont maintenu...
03:53Regardez les taux a été ce matin.
03:56Oui, mais il y a une petite prime.
03:59Malgré Fitch.
04:00De là à parler de crise financière,
04:02ou même d'acheminement...
04:03Risques, risques de crise financière.
04:04C'est ce que nous disait Edwige.
04:05Non, je pense qu'il n'y a aucun risque de crise financière.
04:07Ce n'est pas parce que les taux remontent un peu.
04:09On voit bien que les agences de notation nous font toujours confiance.
04:12On voit bien qu'on n'est pas du tout...
04:13Attendons le 23 octobre et le 27 novembre.
04:15Oui, mais on n'est pas du tout dans la même configuration.
04:17Les deux grosses agences dont standard 7%...
04:19On n'est pas du tout dans la même configuration
04:19que des pays qui ont eu des graves risques,
04:21puisque quand vous regardez,
04:22d'après ce que nous dit France Trésor,
04:25la souscription de la dette française,
04:27il n'y a absolument aucun problème.
04:29La maturité...
04:30Et puis il faut rappeler que,
04:31bon, cette histoire de hausse des taux d'intérêt,
04:33d'accord,
04:34mais ça ne se répercute pas immédiatement sur la dette.
04:36Vous savez qu'on a beaucoup...
04:36Non, mais les intérêts de la dette...
04:38Il a été soucié avant...
04:39Mais la maturité de la dette française aujourd'hui...
04:40Ça devient le plus gros poste.
04:42Comment est-ce qu'on va faire pour rembourser
04:43tous ces milliards d'intérêts qu'on doit rembourser ?
04:46Sachant qu'en plus,
04:47on doit investir massivement
04:49dans l'intelligence artificielle,
04:51dans des tas de domaine,
04:52dans l'éducation,
04:53dans la police, la justice...
04:54Ça, ça crée une espèce de nœud coulissant.
04:58Et moi, c'est la thèse à laquelle je crois plus tôt,
05:00qui n'est pas la thèse d'une crise financière,
05:03surtout quand vous êtes protégés par l'euro et la BCE.
05:05Moi, ma crainte, c'est qu'en fait,
05:07ce soit beaucoup plus lent
05:08et beaucoup plus douloureux que ça,
05:10c'est-à-dire que ce soit une espèce d'asphyxie progressive
05:13sur plusieurs années,
05:14qui fait qu'on n'a plus de marge de malheur du part.
05:15Un peu le scénario qu'a connu l'Italie,
05:18c'est-à-dire pas de crise financière véritable,
05:20mais vraiment...
05:21Parce qu'il y avait un Mario Draghi qui est merre.
05:23Est-ce qu'on n'est pas un pays du Sud, aujourd'hui ?
05:25Ah, mais complètement.
05:26Mais du reste, on nous compare maintenant à l'Italie.
05:27Mais même, regardez,
05:28Jean-Luc Mélenchon ou d'autres,
05:31on est l'Italie, on est l'Espagne,
05:33on fait partie des pays du Sud.
05:34Et puis, il suffit de voir ce que disent les pays du Nord,
05:37et notamment les Allemands.
05:39Je le cite toujours,
05:39parce que ça m'a tellement marquée,
05:41quand j'ai interviewé le patron de la Bundesbank,
05:43qui dit, quand je lui demandais
05:44si les rachats des dettes,
05:45est-ce que c'est possible,
05:46parce qu'il y a beaucoup d'investissements à faire,
05:48il m'a regardée, il m'a dit,
05:49il en est hors de question.
05:50C'est niette, niette, niette.
05:52Bon, au moins, la réponse était claire.
05:53Enfin, encore une fois,
05:54tout ça, c'est pas nouveau.
05:55Je veux dire, les buveurs de vin d'un côté,
05:56les buveurs de bière de l'autre,
05:58les pays laxistes et les pays rigoureux,
06:01les pays cigales et les pays fombiques.
06:02Ça fait 20 ans que la France appartient au pays du Sud.
06:05Mais il y a quand même la croissance,
06:07ça ne vous inquiète pas ?
06:08Ah bah si, bien sûr.
06:09Mais ça, ça veut dire que l'objectif 2026
06:11ne sera absolument pas tenu.
06:13Mais encore une fois,
06:14ça fait 30 ans que la France trahit,
06:16année après année,
06:17tous ses objectifs de réduction des déficits publics.
06:19La France est la plus grosse menteuse
06:22de tous les pays de l'Union Européenne.
06:25Et il n'y a aucune sanction.
06:27Là, on est sur la trajectoire.
06:27Donc là-dessus, je ne vois pas l'élément déclencheur
06:29qui pourrait générer une crise financière.
06:31Et puis, ce n'est qu'il y a un peu des doutes
06:34sur l'euro et sur la Banque Centrale Européenne.
06:36Si vous voulez, c'est à la force de taper dessus.
06:38Il y a quand même un sentiment
06:40que les marchés financiers vont dire quoi ?
06:42Ils vont aller se mettre sur le dollar.
06:43Ils vont quitter l'euro.
06:45Ils vont se mettre sur le dollar.
06:45Il y a quand même un risque d'éviction
06:47de la zone euro.
06:49Mais est-ce qu'il y a un risque
06:49qu'on ne nous prête plus ?
06:50Qu'on ne nous prête plus d'argent ?
06:51Mais non, on nous prêtera quand même
06:53parce qu'il n'y a pas 40 placements formidables
06:56à part évidemment la tech ou Nvidia.
06:57Mais on voit bien,
06:59c'est la question de taux.
07:00On trouvera toujours.
07:01Mais à combien ?
07:02Vous voyez ce que je veux dire ?
07:02À quel prix ?
07:03Mais à quel prix ?
07:04C'est ça l'enjeu en fait.
07:06Donc tout l'enjeu,
07:07il est sur le prix de la dette française.
07:10Il faudrait détendre les taux.
07:11Il faut rappeler que les pays
07:12qui ont connu des crises
07:13étaient dans des situations
07:14bien plus graves que nous.
07:15Les pays qu'on a dû financer,
07:16si vous reprenez la Grèce, etc.,
07:18c'était qu'eux, effectivement,
07:19ne pouvaient plus se financer.
07:21Mais on avait quand même
07:22des problèmes budgétaires
07:23qui étaient d'une toute autre ampleur.
07:25Ce qu'on a réalisé quand même,
07:27rappelez-vous,
07:27c'est que les comptes de la Grèce
07:30étaient honteusement truqués.
07:31C'est-à-dire qu'en gros,
07:32le déficit, il était 4 fois plus élevé.
07:35Je pense qu'il faut arrêter
07:36de comparer avec la Grèce
07:37parce que la Grèce,
07:38elle n'est pas du tout
07:38la même situation.
07:39Et puis après, la potion,
07:40elle a été d'une violence inouïe
07:42et on se fait passer à notre pays.
07:43Donc ça, je pense qu'on n'est pas
07:45du tout dans ce scénario-là.
07:46Mais on est quand même
07:47à l'aune d'une campagne présidentielle,
07:48Emmanuel Le Chypre.
07:50On sait que ces 30 milliards
07:51qu'il faudrait faire,
07:52on ne les fera pas
07:53parce qu'on n'aura pas
07:53la majorité non plus pour les faire.
07:55Et on va perdre un an, là.
07:56Alors, c'est exactement ça.
07:58C'est-à-dire qu'en gros,
07:59finalement, le prochain rendez-vous
08:00qui va compter,
08:01parce que là, grosso modo,
08:02c'est un budget pour rien.
08:03On est d'accord.
08:04Donc, le prochain rendez-vous...
08:05Oui, il faut quand même le faire.
08:06Oui, il faut quand même le faire.
08:07Si on a un budget.
08:08Oui, c'est ça.
08:09Et il y aura une crise,
08:10enfin, une crise financière.
08:12En tous les cas,
08:12il y aura une secousse
08:13si on n'a pas de budget en 2027.
08:16Oui, mais Edwige,
08:17ça veut dire qu'on va avoir un budget
08:19qui va être un budget...
08:20Oui, un minima.
08:21Un minima.
08:21Et on sait très bien
08:22que de toute façon,
08:23ce que Sébastien Lecornu entend
08:24par budget réversible,
08:26c'est qu'il y a un collectif budgétaire
08:27qui sera porté
08:29par la nouvelle majorité
08:30et le nouveau président
08:31ou présidente
08:33à l'été 2027.
08:35C'est le jeu démocratique quand même.
08:36Oui, mais là, c'est là
08:39qu'on peut être inquiet.
08:41C'est-à-dire,
08:42là, ça va être le vrai signal
08:43en fonction de la politique économique
08:45qui sera annoncée
08:46et de qui seront les gagnants
08:49de la trajectoire
08:50des finances publiques françaises.
08:51Moi, je suis désolé.
08:52Si c'est LFI
08:54qui gagne la présidentielle,
08:56vu les montants de dépenses
08:58qui sont prévus,
09:00je suis assez inquiet
09:01pour nos finances publiques.
09:02Si c'est le RN,
09:03c'est aussi compliqué.
09:04C'est pour ça que quelque part...
09:05Aussi, puisque quand même
09:05les 125 milliards
09:07de baisse de dépenses
09:08qu'a sorti de son chapeau,
09:10Marine Le Pen,
09:11c'est quand même extraordinaire.
09:12125 milliards
09:13et 120 taxes et impôts.
09:14C'est-à-dire que
09:16à la campagne présidentielle
09:18précédente,
09:18avec les trois mêmes mesures,
09:20grosso modo,
09:21économie sur l'immigration,
09:22agence, etc.,
09:23on était à 15 milliards d'économies.
09:24Il n'a pas qu'on passe
09:25à 125 milliards.
09:27Et puis, alors,
09:28les suppressions d'impôts.
09:29Moi, je veux bien,
09:29mais Jordan Bardella,
09:30il dit lui-même,
09:30c'est les impôts
09:31qui ne rapportent rien.
09:32Bon, ben donc,
09:32ça ne va pas avoir
09:33beaucoup d'effets non plus.
09:34Donc, voilà.
09:35Oui, mais pour en revenir
09:38aux risques financiers,
09:40on va quand même avoir
09:41des mois qui vont être difficiles.
09:43Moi, je suis d'accord
09:43avec le Premier ministre
09:44quand il dit
09:45qu'il ne va pas faire un budget,
09:46il faut qu'il trouve un compromis,
09:48il va faire des mesurettes
09:49parce que la nouvelle majorité
09:51qui va arriver,
09:52quelle qu'elle soit,
09:53va appliquer son programme.
09:54À mon avis,
09:55ils ne pourront pas
09:55complètement l'appliquer
09:56parce que là,
09:57il y a un vrai risque
09:58de crise financière.
09:59Et c'est là où,
10:01effectivement,
10:01il faudra qu'ils impriment
10:03ce qu'ils veulent faire,
10:04les mesures principales.
10:05Et à condition que
10:06le nouveau président
10:06ait une majorité aussi
10:07pour faire voter
10:08ces...
10:09Alors, c'est quand même
10:09la seule règle
10:10qui continue à exister
10:11et qui est toujours valable
10:12en politique en France
10:13et que quand vous avez
10:14un nouveau président,
10:15il a, jusqu'à maintenant,
10:17toujours eu une majorité.
10:18Allez, rappelez-vous,
10:19en 2017...
10:20Oui, mais on a changé de monde,
10:21Emmanuel.
10:22Ah oui,
10:22on a changé de monde.
10:24Moi, je considère
10:24qu'on a changé de monde.
10:26On n'est plus dans ce schéma-là.
10:27Ce sera un autre débat.
10:28Pour Emmanuel Macron,
10:28ça a été compliqué quand même.
10:29Prochaine débat, oui, absolument.
10:30Merci à tous les deux.
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