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  • il y a 13 minutes
TechnicAtome a une histoire intrinsèquement liée avec la propulsion nucléaire à la française. Créée en 1972 cette filiale du Commissariat à l’énergie atomique travaille dès 1974 sur les chaufferies nucléaires qui vont équiper les sous-marins nucléaires d’attaque, les futurs sous-marins nucléaires lanceurs d’engins ou encore le porte-avions Charles de Gaulle. Aujourd’hui elle est engagée sur le programme du porte-avions nouvelle génération avec ses chaufferies nucléaires K22. Jean Merveilleux du Vignaux, directeur général adjoint de TechnicAtome, nous précise les enjeux autour du « France Libre ».

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00:00...
00:04Technique Atom a une histoire intrinsèquement liée à la propulsion nucléaire française créée en 1972.
00:11Cette filiale du Commissariat à l'énergie atomique travaille dès 1974 sur les chaufferies nucléaires
00:17qui vont équiper ensuite les sous-marins nucléaires d'attaque, les sous-marins lanceurs d'engins
00:22ou encore le porte-avions Charles de Gaulle, une entreprise qui compte aujourd'hui 2200 collaborateurs.
00:27Et nous sommes avec le directeur général adjoint de Technique Atom, Jean Merveilleux Duvigneault.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour.
00:33Alors est-ce que vous pouvez me dire, comme pour le Charles de Gaulle, comment vous travaillez sur le porte
00:40-avions nouvelle génération ?
00:41On vient du stand de Naval Group, on vient de voir les capacités de ce programme.
00:46Vous, à votre niveau sur la propulsion nucléaire, comment vous travaillez dessus ?
00:49Alors nous, on complète Naval Group puisque Naval Group est sur le bateau et nous on est sur la chaufferie,
00:55donc la partie propulsion, la propulsion nucléaire.
00:58Et donc on travaille sur ce bateau comme on travaille d'ailleurs sur les autres,
01:00les sous-marins et le prédécesseur du France Libre, le Charles de Gaulle.
01:05On travaille sur la chaufferie, commençant d'abord par pas mal d'années d'études,
01:08alors qu'ils sont du coup plutôt derrière nous à ce stade.
01:11Et là, on vient de lancer en début d'année la phase qu'on appelle la phase de réalisation du
01:15programme.
01:15Et donc là, on va commencer à approvisionner des matières,
01:19à commander des équipements et à faire des études d'industrialisation,
01:23qui sont des études plus en aval du cycle,
01:26pour après dans une phase ultérieure,
01:28assembler tout ça, comme vous le savez d'abord à Andrette et puis après à Saint-Nazaire.
01:32Donc là, concrètement, que font vos collaborateurs dans les usines ?
01:36Alors, dans les usines, nous on n'a pas d'usines.
01:38Par contre, effectivement, nos collaborateurs à nous,
01:40ils sont sur la fin des études, études d'industrialisation.
01:44Ils approvisionnent, ils approvisionnent pas mal d'équipements,
01:46pas mal d'appro, ce qu'on appelle les appro long délai,
01:49pour la plupart qui sont déjà passés.
01:51Et puis, il y a aussi toute la partie logistique sur laquelle on travaille aussi,
01:54parce qu'il va falloir un jour rejoindre ce que j'aurais dit le village du France Libre à Saint
01:59-Nazaire.
02:00Donc ça, c'est une chose qui s'anticipe aussi.
02:01Donc aujourd'hui, on est dans une phase de fin d'études et de début de réalisation,
02:05où on va, principalement nos sous-traitants,
02:07qui sont en train de fabriquer, vraiment fabriquer les équipements dont on aura besoin
02:11pour la chaufferie du France Libre.
02:13Alors, le Charles de Gaulle, il est équipé d'un K15.
02:16Et là, on passe au K22.
02:18Alors, en quoi la technologie change ?
02:21Et en quoi, qu'est-ce qui diffère entre le K15 et le K22 ?
02:25Alors, en fait, entre la K22 et la K15,
02:28il n'y a pas de grande rupture technologique.
02:31On est un peu sur les mêmes bases, les mêmes principes.
02:34Par contre, effectivement, la chaufferie est beaucoup plus puissante.
02:37Le K22, il dit bien ce qu'il veut dire par rapport au K15.
02:41Évidemment, on l'améliore.
02:42Mais ce qu'il faut retenir, c'est que c'est en fait la même technologie,
02:45beaucoup plus vitaminée, avec donc beaucoup plus de puissance.
02:48Et on a besoin de plus de puissance parce que forcément, le bateau est beaucoup plus gros.
02:52Le France Libre fait, je crois, de l'ordre de 80 000 tonnes.
02:55Là où le Charles de Gaulle, aujourd'hui, fait 40 000, 45 000.
02:57Donc, on voit bien qu'il y a besoin de beaucoup plus d'énergie pour propulser ce bateau
03:00et aussi répondre aux besoins d'énergie liés au nouveau système d'armes.
03:03Oui, parce qu'il y a des drones, on parle d'un système de guerre électronique plus performant.
03:09Ça aussi, ça nécessite de l'énergie et il faut l'alimenter.
03:12Absolument.
03:13Ça fait partie de l'équation.
03:14Sur le calendrier de Technicatome, est-ce que vous pouvez nous dire là,
03:17à quelle échéance, disons, les chaufferies seront assemblées ?
03:21Alors, vous savez que le bateau est censé prendre la mer en 2038.
03:27Et donc, l'assemblage, qu'on appelle vraiment l'assemblage de chaufferie, va commencer.
03:32Alors, ça se passe en plusieurs étapes.
03:34Il y a assemblage à Indrette, il y a assemblage et montage à Saint-Nazaire.
03:38Ce qu'il faut retenir, c'est qu'au bout d'entour des années 30 et à partir des années
03:412030,
03:41on est dans une phase assez intense d'activité, notamment à Saint-Nazaire.
03:45Et en plus de ce programme, en plus, je le disais, des SNLE 3G,
03:49il faut continuer l'activité toujours en cours.
03:51Les programmes qui ont déjà fait leur preuve, je pense notamment aux sous-marins nucléaires d'attaque de classe Barracuda.
03:56Vous avez raison, il ne faut pas l'oublier.
03:58Il faut aussi finir le programme Barracuda.
04:01Il y a encore deux bateaux à sortir.
04:04C'est en cours, ça sera probablement fini d'ici un ou deux ans.
04:08Et donc, il faut finir ça.
04:09Et puis, en plus de ce qu'on appelle les programmes neufs,
04:11qui sont des programmes où on réalise de nouveaux bâtiments,
04:14il y a tout le récurrent, notamment tout ce qui contribue aux métiers en condition opérationnelle
04:18des bâtiments déjà existants.
04:21Nous avons également l'exploitation des installations d'essai à Cadarache dédiée à l'APN.
04:26Et puis, nous avons aussi un sujet chez nous moins connu,
04:29qui est la transformation du réacteur d'essai à Cadarache,
04:31sur lequel nous travaillons aussi beaucoup,
04:33qui nécessite pas mal d'énergie et nécessite pas mal de travail de notre part.
04:392200 collaborateurs, ça affichait juste derrière nous, je le disais au début.
04:43Comment vous faites face à cette cadence ?
04:45Parce que 2200 collaborateurs, est-ce que finalement vous avez déjà modifié vos process
04:52pour permettre une cadence industrielle qui réponde aux exigences des demandeurs d'ordre ?
05:02Et est-ce que derrière, vous avez aussi un enjeu RH ?
05:04Parce qu'il va falloir peut-être recruter un peu plus et ajouter des collaborateurs à ces 2200.
05:09Alors, vous touchez des doigts à un vrai sujet pour nous et à un vrai défi,
05:13qui est qu'effectivement, la montée en puissance de ces programmes dont on a parlé,
05:17notamment le porte-avions et France Libre et ce qu'on appelle le S3G, l'Invincible, si vous voulez,
05:23nécessite que nos fournisseurs nous suivent et nous accompagnent et montent eux aussi en puissance.
05:28Nos fournisseurs sont souvent les mêmes, pas tous, mais beaucoup sont les mêmes
05:32que le secteur du nucléaire civil.
05:35Donc là aussi, il y a de la demande et là aussi, il y a des besoins d'augmentation de
05:38la capacité.
05:39Donc nos fournisseurs, qui sont pour nous des véritables partenaires,
05:42au sens où nous avons besoin vraiment d'eux pour pouvoir maintenir nos compétences
05:46et avancer sur ces programmes, ont des vrais enjeux, effectivement, d'augmentation de la capacité.
05:50Et donc on les accompagne, on échange beaucoup avec eux et on essaie d'avoir la relation la plus proche
05:54d'eux
05:55pour que les choses se passent bien et qu'à la fin, les moyens nécessaires
05:59à l'accomplissement des programmes soient au rendez-vous.
06:01Sur l'aspect RH, c'est un autre sujet.
06:03Il a fallu augmenter sensiblement les effectifs.
06:05Vous avez peut-être constaté que nos effectifs ont à peu près augmenté de 20% en 4-5 ans,
06:09ce qui est quand même beaucoup.
06:11Là aussi, nous avons dû revoir nos procédures d'embauchement,
06:13être plus présents sur les forums des écoles, inventer des systèmes d'ambassadeurs.
06:17Tout ça a pu permettre de franchir la barre des 2200 collaborateurs il n'y a pas très longtemps.
06:21Juste, je reviens sur, parce que c'est le sujet qui va suivre,
06:24c'est les relations avec les fournisseurs, c'est des TPE, des PME.
06:27Comment vous les accompagnez, vous les soutenez dans leurs investissements ?
06:30Comment ça se passe ?
06:31Alors, le principe de notre relation avec nos fournisseurs,
06:38on leur dit et on aime le redire.
06:40En fait, chez Technicatom, on parle plus de partenaires que de fournisseurs.
06:44Ce sont des PME, comme vous l'avez dit, voire des très petites entreprises
06:47avec lesquelles on travaille depuis très longtemps,
06:49qui ont acquis une vraie compétence, dont on a donc besoin,
06:52et on les accompagne au sens où la relation est très fluide.
06:56Ils vont se voir régulièrement, de façon assez assurée,
06:58qu'on se comprend bien, qu'il n'y a pas de problème particulier
07:01et qu'on avance comme ça de façon harmonieuse.
07:02Donc, on les accompagne plutôt sur cet angle-là,
07:04en donnant le maximum de visibilité,
07:06puisque nous avons la chance d'avoir des programmes à long terme.
07:08Donc, ça, c'est quelque chose qui, pour un industriel, est important.
07:10En donnant de la visibilité, vous facilitez l'investissement
07:13et vous facilitez l'organisation de votre propre entreprise.
07:15Donc, ça, on s'efforce de leur donner et je crois que ça marche plutôt bien.
07:18Et qu'il y a une bonne relation entre, non pas les demandeurs d'ordre,
07:20mais les donneurs d'ordre, pardon, si ça va pour le terme,
07:23mais donneurs d'ordre et pas demandeurs d'ordre.
07:24Merci, Jean-Merveilleux Duvignot.
07:27Je vous en prie.
07:28Merci pour cet entretien.
07:29Je rappelle, vous êtes le directeur général adjoint de Technicatome.
07:32Et on va tout de suite rejoindre, justement, Jean-Marie Dumont,
07:35qui est délégué général adjoint du JICAN,
07:37pour parler et approfondir ce sujet des relations entre les grands groupes,
07:41les PME, TPE, start-up et aussi les établissements de taille intermédiaire.

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