Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Ce lundi 2 novembre, l'éventuelle revalorisation anticipée, voire l'augmentation du SMIC face à l'inflation par le ministre du travail a été abordée par Hedwige Chevrillon et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Brigitte Boucher, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Face à le Chypre, Edwige Chevrillon à 8h45 sur BFM Business.
00:03Bonjour à tous les deux.
00:04Bonjour.
00:05Et bienvenue à vous.
00:06On est heureux de vous retrouver cette semaine.
00:09Le ministre du Travail pourrait annoncer une mesure sur le SMIC,
00:13revalorisation anticipée, voire une augmentation face à l'inflation.
00:17Alors que va décider le gouvernement ?
00:19Et puis surtout, doit-il augmenter le salaire minimum ?
00:22Je vous pose la question, Edwige Chevrillon.
00:25Il faut un coup de pouce ou pas ?
00:26Je vois votre scepticisme, celui d'Emma Manuel,
00:29qui est en train de préparer ses arguments,
00:31parce que c'est vrai qu'il y a des vrais arguments économiques
00:32contre une hausse du SMIC.
00:34Mais moi, je voudrais dire, la première raison,
00:37c'est que le gouvernement n'a pas su gérer le mouvement des lycéens.
00:40Vous êtes d'accord, la colère, elle est encore là.
00:41On le voit, il y a des blocages des lycées encore ce matin.
00:44Parce que c'est une semaine à haut risque qui s'annonce,
00:46avec le jeudi prochain, c'est les syndicats qui ont mis la pression
00:51et qui font une journée pour le pouvoir d'achat.
00:54On voit bien que le pouvoir d'achat est au cœur complètement
00:55de la campagne présidentielle, de tout ce qui se passe,
00:58de tous ces mouvements, de cette colère.
01:00Alors, je pense que donner un petit coup de pouce au SMIC,
01:03c'est faire baisser le niveau de tension sociale actuelle
01:06dans cette période de troubles sociaux comme celle que nous connaissons.
01:09Donner un signe aux ménages, je pense que c'est très important.
01:13Parce qu'en fait, d'où elle vient cette colère, cette rélevante ?
01:16C'est qu'en fait, quand vous regardez, tout est fait aujourd'hui.
01:18Pour les vieux, pour les plus de 60 ans,
01:20vous regardez la moitié des déficits.
01:21Il provient déficit de la santé pour les vieux,
01:26déficit des retraites pour les vieux.
01:28Et en fait, quelque part, il n'y a quasiment rien pour la génération Z
01:31et puis pour les salariés, pour les actifs.
01:35On leur dit, c'est formidable, il faut travailler plus.
01:37Mais travailler plus, il faut quand même gagner plus
01:39et puis rapprocher le brut du net.
01:41C'est certainement des réformes importantes qu'il faut faire.
01:43Mais ce n'est pas là où on va les faire, surtout en ce moment.
01:45Et ce ne serait pas un moyen de calmer cette colère sociale.
01:50Donc je pense qu'il y a un vrai besoin d'avoir un signal politique très fort
01:54pour calmer tout ça.
01:56On rappelle peut-être l'inflation quand même, 3,1% en septembre.
02:00Il y a l'inflation.
02:01Il y a quand même aussi, on voit bien,
02:04cette haine des riches qui est en train de se former un peu partout.
02:08Il y a cette décision importante en Californie demain.
02:11Il y a un besoin quand même de plus de justice sociale
02:15et fiscale et de donner un petit coup de pouce.
02:17Alors ça ne va pas répondre à tout.
02:19Mais au moins, je pense que c'est un signal politique important.
02:21Puis en plus, argument quand même économique,
02:23c'est bon pour le pouvoir d'achat.
02:24On sait que les foyers les plus modestes ont le SMIC.
02:28Exactement.
02:29Qu'est-ce qu'ils font ?
02:31Essentiellement, ils consomment.
02:32Et la consommation, on sait que ça reste le moteur de la croissance française.
02:36J'ai d'autres arguments, mais je laisse Emmanuel évidemment démonir mes arguments.
02:38Il faut en garder un peu sous le pied parce que là,
02:41Emmanuel Chypre, lui, évidemment, il est contre.
02:43Il ne faut pas augmenter le SMIC pour vous ?
02:46Non, parce que ça a toujours été une mauvaise solution
02:50et je ne vois pas pourquoi ça changerait.
02:53Le SMIC français, c'est une terrible machine
02:58à fabriquer du chômage et des travailleurs pauvres.
03:01Et vous pouvez retourner le problème dans tous les sens.
03:03Le fait de l'augmenter ne fera qu'aggraver
03:06cet effet de machine à fabriquer des travailleurs pauvres et du chômage.
03:11On a déjà le SMIC le plus élevé d'Europe.
03:14Non, l'Allemagne, non, non, ce n'est pas le cas.
03:15Non, mais en proportion du salaire médian.
03:16Non, mais ce n'est pas le cas.
03:17Si vous regardez par rapport au salaire qui est touché...
03:18Ce n'est pas le cas en Allemagne, Luxembourg ou je ne sais pas où.
03:20Non, mais par rapport au salaire qui est touché par le salaire médian,
03:26donc 50% des Français au-dessus, 50% des Français en-dessous,
03:28on est à presque 63% du salaire médian.
03:31Il n'y a pas un pays où le SMIC est aussi élevé,
03:34où le salaire minimum est aussi élevé en proportion du salaire médian.
03:37Et donc, qu'est-ce qu'on a fabriqué avec ça ?
03:40On a fabriqué des travailleurs pauvres,
03:42parce que si le SMIC a nettement plus augmenté que les salaires normaux
03:47pour des raisons de politique économique,
03:50eh bien, ça a été fait en contrepartie des allègements de charges,
03:54parce qu'on voyait bien l'effet négatif sur le travail.
03:56Et donc, résultat, vous arrivez à une société qui continue de bloquer,
04:02même si on a essayé de faire quelques défauts,
04:03qui continuent de consigner à vie les SMIC-ars à ce salaire minimal,
04:08qui, encore une fois, dans le monde d'aujourd'hui,
04:10ne leur permet pas de vivre.
04:11Et deux, c'est une machine à fabriquer du saumage,
04:14c'est assez bien documenté.
04:16Vous savez que si vous allez aujourd'hui sur 100 euros,
04:18par exemple, de hausse du SMIC,
04:20vous allez fabriquer 250 000 chômeurs supplémentaires,
04:22parce que vous rendez le coût du travail insupportable,
04:25notamment pour des jeunes et des non qualifiés.
04:27– Et dit le président du MEDEF aussi.
04:28– Voilà, et tout ça, à un moment où la conjoncture est absolument épouvantable.
04:33– Mais vous avez des allégements de charges
04:34qui sont faits justement pour compenser.
04:36– Oui, mais…
04:37– Ils vont peut-être être un peu réduits dans le budget.
04:39– On a déjà tout donné aujourd'hui sur les allégements de charges,
04:41à un moment où les entreprises ne veulent pas embaucher.
04:44Et puis philosophiquement, je ne vois pas pourquoi
04:47ce serait aux entreprises d'assumer seules, finalement,
04:51le pouvoir d'achat des Français.
04:53– Alors oui et non, parce qu'il y a beaucoup de fonctionnaires
04:55qui sont payés au SMIC.
04:55– Oui, mais les entreprises…
04:57– Ou du moins dont la rémunération est liée, justement, au SMIC.
05:00– Les entreprises, leur rôle, c'est de verser des salaires
05:02qui correspondent à leur coût de production.
05:05Ça n'est pas de faire une politique sociale.
05:07Donc il y a d'autres outils pour améliorer le pouvoir d'achat des gens,
05:10mais qui ne reposent pas sur les entreprises comme dans d'autres pays.
05:12– Oui, mais en même temps, on voit bien qu'il y a un problème
05:12du pouvoir d'achat en France, on ne peut pas le nier.
05:14– Mais on ne peut pas le nier.
05:15– La colère, elle est là, le 17 octobre, tout ça.
05:18Même si tout ça est mélangé, on voit bien quand même
05:20qu'il y a un ressenti extrêmement négatif par rapport à…
05:24– Et puis il y a une baisse du pouvoir d'achat aussi.
05:25– Eh bien, quand vous regardez, là, l'Observatoire des inégalités
05:28a dit que la France comptait 5,6 millions de pauvres
05:31si l'on fixe justement le seuil de pauvreté
05:33à 50% du revenu médian, là, ça vous rejoint.
05:36Il y a plus de 2,2 millions de salariés du secteur privant
05:40qui sont payés au SMIC.
05:41Donc on voit quand même qu'il y a un problème de rémunération en France.
05:45Tout le monde le dit, c'est indéniable.
05:47Alors après, on aura peut-être les grandes réformes sur les retraites,
05:51on aura peut-être une TVA sociale, on aura peut-être ceci,
05:52on aura peut-être cela en fonction des candidats
05:54et qui vont l'emporter.
05:55Mais là, il y a une forme de réponse qu'on m'a donnée.
05:58– Sauf que le SMIC, il a quand même beaucoup augmenté
06:00depuis ces dernières années.
06:03– Ah oui, il a augmenté de quasiment 30% depuis 2019.
06:07– Oui, ce qui n'est pas le cas de l'ensemble des salaires.
06:09– Ce qui n'est pas le cas de l'ensemble des salaires.
06:10– Oui, enfin, on est passé de 1 530 à 1 837.
06:14– Oui, mais ce qu'il faut rappeler aussi, encore une fois,
06:16et puis là où ça a un effet totalement négatif,
06:19c'est qu'on va totalement à l'encontre de ce qui devrait être
06:22l'alpha et l'oméga de la stratégie de politique économique
06:25qui consiste à générer davantage de travail
06:28en faisant travailler beaucoup plus de gens.
06:30Or, en réalité, là, le problème, c'est quoi ?
06:32C'est que, qui sont les gens, Edwige,
06:34quand vous regardez dans le détail ?
06:36Qui sont les gens qui souffrent vraiment ?
06:37Qui sont aujourd'hui les travailleurs pauvres ?
06:39Ce n'est pas forcément ceux qui sont payés au SMIC à temps plein.
06:43– Non, ceux qui sont en dessous.
06:44– Non, c'est ceux qui sont payés au SMIC,
06:46mais qui ne font que des temps partiels, etc.
06:49Et elle est là, la vraie précarité, aujourd'hui.
06:51Elle n'est pas tellement dans le niveau du SMIC horaire,
06:54elle est dans le peu d'heures qu'on demande à beaucoup de salariés de faire.
06:57– Elle est haussie, j'ai envie de dire, elle est haussie, quand même.
06:59– Ça ne crée pas des trappables à salaire ?
07:01– Cette hausse du SMIC, c'est vraiment la mauvaise réponse
07:03à tout un tas de problèmes.
07:05– Oui, mais c'est une réponse à court terme.
07:07Et on a besoin d'une réponse à court terme.
07:09– Alors, quand vous ajoutez…
07:10– Calmez la collaboration…
07:11– Non, mais je suis d'accord sur le fait qu'aujourd'hui, on est acculé.
07:14C'est-à-dire que c'est le gouvernement qui n'a pas pris les décisions,
07:16il faut pas les prendre.
07:16– Quand on va rappeler que la hausse du SMIC,
07:19elle est néfaste aussi aux finances publiques,
07:22vous voyez bien que vous prenez une décision
07:24qui est la pire de toutes les décisions possibles.
07:26C'est la décision de la facilité.
07:28C'est un gouvernement qui est en bout de course
07:30et qui, en plus, prend des décisions pas courageuses.
07:33Quand vous êtes en bout de course,
07:34tenez au moins votre ligne, vous n'avez rien à faire.
07:36– Non, parce que je pense qu'il y a une question quand même,
07:37il faut absolument essayer de calmer ce mouvement
07:41social qui prend quand même de l'ampleur.
07:43Même si le gouvernement pariait sur les vacances,
07:46visiblement, ça n'a pas l'air d'être trop le cas.
07:48On va voir ce qui se passe jeudi prochain, le 7 novembre.
07:51– Il n'y a pas de mobilisation massive
07:53des salariés du secteur privé.
07:54Encore une fois, dans la rue, ce sera essentiellement
07:56des fonctionnaires et des retraités.
07:59– Donc vous vous dites qu'il faut tenir bon,
08:02et qu'il ne faut pas lâcher.
08:03– Après, on peut chercher tout un tas de solutions
08:04sur le pouvoir d'achat.
08:06Vous pouvez commencer par essayer de faire baisser les prix
08:08du logement, de l'immobilier, etc.
08:11– Est-ce que vous faites ça avant le mois d'avril ?
08:13– Est-ce qu'on vit bien avec un SMIC aujourd'hui ?
08:15– C'est ça aussi la question ?
08:16– Non, mais la question c'est d'abord,
08:19effectivement, vous ne pouvez pas vivre bien
08:20partout avec un SMIC.
08:22C'est vrai qu'on ne vit pas avec le même SMIC partout.
08:25Mais après, cette idée de faire des SMIC différents,
08:29vous voyez bien que ça ne marche pas,
08:30puisque le vrai facteur…
08:31– Il y a beaucoup de fédérations qui restent encore,
08:33dont le salaire minimum est encore en SMIC,
08:36malgré les promesses des gouvernements…
08:37– Ça, c'est en train de se négocier.
08:39– Ça, c'est en train de se négocier depuis combien de temps ?
08:40– Encore une fois, quand on voit,
08:42ça a été quand même l'alpha et l'oméga
08:44de la stratégie française d'augmentation du pouvoir d'achat
08:47depuis les années 80,
08:50et le résultat, c'est qu'il y a plus de chômage
08:52en France qu'ailleurs,
08:53et qu'il y a moins d'augmentation du pouvoir d'achat
08:57en France qu'ailleurs.
08:58Donc, il y a peut-être un moment
08:59où il faut s'interroger sur l'efficacité d'une telle mesure.
09:03– Et les solutions.
09:03– Oui, mais c'est le seul levier…
09:05– Cette force du SMIC, c'est un poison.
09:06– Oui, mais c'est le seul levier
09:07dont dispose le gouvernement, en fait, le SMIC.
09:10– En tout cas, c'est bien le problème depuis 40 ans.
09:13– Oui, mais attends, il faut aussi que les entreprises
09:14peut-être s'interrogent sur la rémunération,
09:16peut-être qu'il faut moins rémunérer les actionnaires,
09:19peut-être qu'il faut…
09:19– Vous voyez, il y a toute une…
09:21– C'est la tête émanue de Chy.
09:24– Ça, ça vaut pas bien.
09:25– On va en reparler, les 40 boîtes, etc.,
09:27qui font le truc,
09:29et 95% des entreprises qui sont en train de trouver
09:31et qui font le tissu industriel de la France.
09:34– Merci à tous les deux.
09:35– Il restera 40 grandes entreprises en France.
09:36– Et qu'il y a beaucoup de patrons de PME
09:37qui sont au SMIC ou à l'ISR.
09:39– On va se rater là, ça pourrait continuer longtemps.
09:41Merci à tous les deux.

Recommandations