00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Avec Louis Marguerite, bonjour.
00:06Bonjour.
00:07Directeur général de Business France.
00:09On vient de parler des mid-terms, ça a un impact sur l'attractivité ?
00:14Alors c'est a priori non, parce que ce que nous nous observons,
00:19on l'avait déjà observé par exemple sur les droits de douane
00:21qui avaient effectivement des frayes à la chronique à l'époque
00:24et qui sont devenus presque un objet politique, d'ailleurs plus que commercial.
00:28Ce que nous disent en tout cas à la fois les investisseurs américains en France
00:32mais également les belles entreprises françaises que nous nous aidons
00:35et qui se projettent à l'international et notamment sur le marché américain,
00:38ils nous disent que le marché américain reste profond, reste liquide,
00:42avec des belles rentabilités, qu'il y a des barrières d'accès.
00:44C'est là-dessus que nous aidons toutes ces entreprises.
00:47Mais en tout cas, il y aura toujours des belles opportunités sur le marché américain.
00:52Et pourtant, on lit ce matin dans les échos que la Chambre de commerce américaine
00:56dit que les nouveaux entrants américains freinent un peu des cas de fer pour investir en France,
01:02mais ça plutôt à cause du climat social.
01:04Vous le constatez, vous ?
01:06Alors non, ce n'est pas ce qu'on observe.
01:07C'est vrai que les images, elles sont tristes à voir évidemment,
01:10elles ont suscité de l'inquiétude, des interrogations.
01:14Et dès le lendemain matin du 17 octobre,
01:16moi j'ai presque une centaine d'équipiers et d'équipières du Business France
01:19qui, à la fois sur le terrain en France, mais aussi à l'étranger,
01:22sont allées au contact de près de 200 investisseurs,
01:25aux Etats-Unis, mais pas seulement, mais aussi partout dans le monde,
01:27pour leur demander, pour les rassurer,
01:29et surtout pour leur demander évidemment s'ils étaient toujours bien à bord
01:33de leur projet d'investissement en France,
01:34à la fois pour ceux qui avaient déjà investi,
01:35ceux qui sont en projet d'investissement.
01:37Et ce qu'on observe, c'est qu'ils nous ont tous garanti,
01:41en tout cas dit qu'ils continuent à travailler en France.
01:43Donc c'est évidemment des images qu'on doit arriver à contenir,
01:46mais les décisions d'investissement ne se font pas sur un week-end
01:48ou sur une semaine, parfois c'est des mois, voire des années de réflexion.
01:51Et la France, ça reste une porte d'entrée extrêmement puissante
01:54avec des atouts de long terme que les investisseurs reconnaissent
01:57et c'est ça que nous aidons à mettre en place.
01:58Et ça l'est puisque, selon le baromètre de l'attractivité de la France
02:02publié il y a quelques mois par EY, pour l'année 2026,
02:05la France reste le leader européen en matière d'attractivité
02:08pour les investissements étrangers pour la septième année consécutive.
02:11Alors, le climat social, vous nous dites, ça ne joue pas.
02:14Il y a aussi le climat budgétaire, il y a aussi la crise financière
02:18qui se profile.
02:20Est-ce que ça, ça peut quand même donner un coup de frein à l'attractivité ?
02:24Alors, tout ce qui est instabilité, évidemment, ne va jamais dans le bon sens.
02:27Évidemment, on préfère de la stabilité.
02:29Ce qu'attend un investisseur, c'est de la stabilité réglementaire,
02:32de la stabilité fiscale, de la stabilité dans l'environnement des affaires.
02:35Et ce que nous, nous mettons en avant, c'est que,
02:38j'ai presque envie de dire quoi qu'il se passe.
02:40En tout cas, on peut faire le pari, et en tout cas, beaucoup le font
02:42que la France restera d'abord un grand pays, une porte d'entrée dans l'Europe
02:45qui est très puissante dans ce marché européen,
02:48surtout avec un accès à des infrastructures de pointe, de précision,
02:52des infrastructures de transport, des infrastructures aéroportuaires,
02:55portuaires, fluviales, et aussi, surtout, un accès à l'énergie
02:57avec une énergie qui est peu chère, décarbonée et qui est extrêmement puissante.
03:02Et donc, bien sûr qu'un budget, en tout cas l'adoption d'un budget,
03:05irait dans le bon sens, bien évidemment.
03:07Mais au-delà de ça, nous, nous pensons que, quoi qu'il se passe,
03:11la France restera attractive, et c'est ce que nous nous mettons en avant.
03:13Et même s'il y a des questions, on élève justement pour les accompagner là-dessus.
03:16Même s'il y a des problèmes de dette, même si l'OAT dépasse les 5%,
03:19même si Fitch dégrade la perspective de la note de la dette française ?
03:23D'abord, on ne s'adresse pas tout à fait aux mêmes investisseurs.
03:25Bien sûr qu'on préfère que Fitch maintienne sa notation,
03:29on préfère que les investisseurs financiers continuent à avoir confiance dans la France.
03:34Mais ce que nous, nous disons, c'est que les investisseurs qui portent des projets,
03:38et je vous dis, il y en a plus de 200 qu'on a contactés depuis ces 15 derniers jours,
03:42encore une fois, partout dans le monde et aussi partout en France.
03:43On est présent dans 50 pays du monde, donc ça permet aussi d'avoir des capteurs extrêmement puissants,
03:48des capteurs microéconomiques.
03:49Bien sûr qu'ils se posent des questions, mais nous, nous sommes là pour les rassurer.
03:53Et je pense, je reste optimiste.
03:55En tout cas, on a le devoir de l'être.
03:56Parce que, aussi, l'international, ce sont des relais de croissance,
03:59à la fois pour nos entreprises françaises,
04:00mais aussi pour les investisseurs étrangers qui viennent en France.
04:02Donc, vous restez optimiste pour 2027.
04:05Sur les 1878 décisions d'investissement qu'il y a eu en 2026,
04:10est-ce que toutes ont été concrétisées ?
04:12Oui, alors, enfin, toutes, pas sur les décisions d'investissement,
04:15parfois elles mettent du temps.
04:17Peut-être, pour avoir un chiffre qui est encore plus parlant,
04:18c'est que sur les 300 décisions qui ont été annoncées
04:21dans les sommets de Choses France depuis 2018.
04:23Vous savez, ce sommet qui se passe au Château de Versailles,
04:26il y en aura un prochain, d'ailleurs, le 18 janvier,
04:28qui sera important, parce que ça permettra aussi d'avoir des nouvelles annonces.
04:32Et parce que ce sera le dernier aussi ?
04:33Ce sera, je ne le ferai pas le dernier,
04:34mais en tout cas, ce sera du quinquennat du Président, effectivement.
04:37Et bien, sur ceux-là, sur les 300,
04:39il n'y en a plus de 100 qui sont déjà sortis de terre.
04:41C'est-à-dire que, concrètement, vous avez une centaine,
04:43soit d'usines, soit de bâtiments, soit de services.
04:45Et je le précise, d'ailleurs, dans plus de la moitié.
04:47La moitié d'entre elles, c'est dans des communes
04:49de moins de 20 000 habitants.
04:50Donc, l'enjeu territorial, il est extrêmement fort aussi
04:52pour nos communes et pour nos emplois.
04:53Donc, oui, et c'est là où il faut regarder, évidemment,
04:56la qualité des projets.
04:57Et nous, nous avons les équipes pour les accompagner.
05:00Ce dernier Choses France, donc 18 janvier,
05:03c'est quoi ?
05:03C'est une dernière opération de séduction pour le Président
05:06ou c'est pour garder, justement, la confiance des investisseurs ?
05:10C'est une nouvelle opération de séduction.
05:12En tout cas, c'est une nouvelle mise en avant de la France.
05:14Ce sera la première fois qu'on le fera à six mois d'intervalle.
05:15Vous savez, Choses France, en 2018,
05:17tout le monde nous avait dit que ça ne marchera jamais,
05:19personne ne viendra.
05:20C'est devenu un rendez-vous incontournable
05:21qui a lieu maintenant au mois de juin.
05:23Et là, effectivement, on en fait un six mois après
05:24avec des projets d'investissement,
05:26des investisseurs qui continuent à nous dire
05:28« Bien oui, nous, on a envie de profiter de cet événement
05:30pour mettre en avant notre projet. »
05:31Donc, un, j'espère que ce ne sera pas le dernier.
05:33En tout cas, ce sera le dernier du Président de la République.
05:36Mais c'est sûr, ce sera aussi l'occasion
05:38de faire un bilan de ces presque dix années
05:41de politique de mise en attractivité,
05:43dont je note, d'ailleurs, qu'elle est devenue transpartisane
05:45quand vous allez sur le terrain partout en France.
05:47Eh bien, vous avez des élus locaux de tous bords.
05:49Et moi, je souhaite que ce soit aussi un débat
05:51des prochaines échéances électorales
05:52qui se félicitent d'avoir des investissements étrangers
05:55parce que ce n'est plus un gros mot
05:56pour nos emplois et pour nos territoires.
05:58D'ailleurs, on a été copié par l'Allemagne,
05:59Chose Allemagne, qui a levé 230 milliards d'euros
06:02d'investissement, qui est un joli record pour elle.
06:06Un mot sur le budget de Business Fonds
06:08qui est amputé comme l'ensemble des budgets.
06:1270 suppressions de postes à la clé.
06:14Comment vous allez continuer
06:16à accompagner les 11 000 ETI et PME que vous suivez ?
06:20Vous l'avez dit, Business France,
06:22comme beaucoup d'agences de l'État,
06:24comme beaucoup de départements ministériels
06:26et soumis à des contraintes budgétaires
06:27qui sont fortes, qui sont extérieures
06:28et qui ne remettent pas en cause
06:29la qualité de ce qui est fait par les équipes
06:31que je salue,
06:33ce que nous allons faire,
06:34ça nous oblige à nous transformer,
06:35en tout cas à nous ajuster
06:35et d'aller vers plus d'impact.
06:37Et donc, nous, nous avons par exemple
06:38ciblé 20 000 entreprises
06:40sur les 120 000 exportateurs,
06:42des PME de croissance, des ETI,
06:43parfois certains grands groupes,
06:45qui, pour faire plus d'impact,
06:47c'est-à-dire plus d'opérations plus fréquemment,
06:48pour les accompagner dans des géographies
06:50qu'ils ne connaissent pas toujours
06:51ou qu'ils connaissent
06:51et on peut les accompagner plus puissamment.
06:53Donc, il y a ça.
06:54Évidemment, la croissance du VIE aussi,
06:56j'en dis deux mots,
06:57parce que c'est un super programme.
06:58C'est l'Erasmus de l'international.
07:00Ça permet d'accompagner
07:00plus de 11 000 jeunes par an,
07:02j'espère demain 12 000, 13 000,
07:03sans doute au-delà,
07:05de jeunes jusqu'à 28 ans.
07:06Donc, c'est ce que nous voulons faire,
07:08plus d'impact,
07:09plus de volume,
07:11plus de volume
07:11avec celles et ceux
07:12que l'on peut amener
07:13à l'international.
07:14Merci Louis-Marguerite,
07:15directeur général de Business France,
07:17d'avoir été notre invité ce matin
07:18dans Good Morning Business.
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