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  • il y a 4 heures
Ce mardi 13 octobre, Alain Favey, directeur général de Peugeot, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business, depuis le Salon de l'Automobile. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Et on va retrouver Alain Favet qui est directeur général de Peugeot.
00:07Il est au micro de Justine Vassaigne depuis le salon de l'automobile à Paris.
00:12Bonjour Alain Favet.
00:13Bonjour.
00:14Merci d'être avec nous sur BFM Business depuis le mondial de l'automobile de Paris.
00:19Vous êtes le directeur général de Peugeot.
00:21Peugeot qui s'est offert un stand de plus de 1000 mètres carrés ici, porte de Versailles.
00:26Alors pourquoi un tel stand ? Qu'est-ce que vous présentez aujourd'hui ?
00:29Écoutez, Peugeot c'est quand même une marque qui compte en France.
00:31On est leader du marché avec la 208, la voiture la plus vendue en France cette année.
00:37Et d'ailleurs depuis une voiture qui a été lancée en 2019.
00:40Donc c'est une belle performance.
00:42Et on a beaucoup de choses à présenter.
00:43Donc la nouvelle 208 GTI qu'on est en train de lancer en ce moment.
00:47Et qui va évidemment ravir tous les passionnés de voitures sportives.
00:53Mais aussi, on présente aussi deux nouveaux concepts ici qui sont particulièrement attractifs.
00:59Et qui montrent la direction que Peugeot veut prendre pour le futur.
01:02Depuis le début de l'année, Peugeot a perdu un petit peu de part de marché en France et en
01:06Europe.
01:07Est-ce que ce mondial de l'automobile, c'est pour vous l'occasion de rebondir, de faire décoller les
01:12ventes ?
01:12Est-ce que vous avez déjà croisé quelques clients, quelques bonnes impressions ?
01:18Bien sûr, le salon c'est toujours une excellente occasion de faire parler de la marque.
01:22De montrer aux clients l'envie d'acheter une voiture et d'acheter une Peugeot évidemment.
01:27Donc ça, ça joue très positivement.
01:30Mais de toute façon, la marque Peugeot s'est engagée sur une croissance à l'horizon 2030.
01:34On a dit qu'en 2030, on vendrait 1,5 million de voitures dans le monde.
01:38Quand on en vend aujourd'hui 1,1 million.
01:40Donc voilà, c'est l'engagement qu'on a pris.
01:42Cet engagement, c'est un engagement sur la durée.
01:44qui inclut le lancement de 7 nouveaux véhicules entre maintenant et 2030.
01:49Donc c'est avec ce renouvellement de la gamme, avec ces nouveaux véhicules que nous allons lancer dans 2027, 2028,
01:542029,
01:54que nous allons arriver à notre objectif.
01:56Et évidemment, pour les années 25, 2026, où il y a moins de nouveautés produites,
02:00c'est tout à fait logique que notre volume soit un petit peu impacté.
02:04Vers quel marché vous voulez aller ?
02:05Il y a évidemment l'Europe, mais pas que l'ambition, c'est de se développer encore un petit peu
02:09plus à l'international.
02:10Notre marché principal, c'est l'Europe.
02:13Et donc on pense qu'on a encore une grande marge de progrès en Europe,
02:16quand on aura encore une fois notre gamme renouvelée.
02:20Mais évidemment, on va aussi se développer à l'international.
02:23On a un partenariat avec les Chinois de Dongfeng,
02:26avec qui nous allons construire un premier modèle qui sera lancé l'année prochaine en Chine.
02:31Un modèle basé sur une plateforme chinoise de Dongfeng,
02:34avec toute la technologie chinoise que l'on connaît bien,
02:36mais avec un style qui est fait par Peugeot dans notre centre de style à Vélizy.
02:42Et puis un plaisir de conduire qui sera aussi typiquement Peugeot.
02:47Donc on pense qu'avec ces véhicules-là, on sera capable de croître,
02:51pas seulement en Chine, mais aussi dans d'autres pays,
02:53puisque nous allons exporter ces voitures vers d'autres destinations.
02:56Aujourd'hui en Chine, vous ne vendez plus vraiment de Peugeot.
02:58C'est terminé ça aujourd'hui ?
03:00Non, ce n'est pas terminé.
03:01On en vend encore à peu près 20 000 par an.
03:03Donc à l'échelle chinoise, vous avez raison, ce n'est pas grand-chose.
03:06Mais justement, on a toujours quand même un réseau.
03:08Et on a aussi un parc de Peugeot qui roule toujours sur les routes chinoises.
03:12Donc on a un existant de clients Peugeot qui est là
03:17et qui ne demande qu'à renouveler une voiture si on leur offre une voiture attractive.
03:21Et c'est ce qu'on va faire avec notre partenaire Dongfeng.
03:23Est-ce que ce n'est pas un peu périlleux de se lancer, relancer sur le marché chinois,
03:27alors qu'on sait qu'il souffre en ce moment ?
03:30Les ventes sont en berne, le marché est saturé avec plus d'une centaine de constructeurs chinois.
03:36Vous Peugeot, vous pensez pouvoir aller grignoter des parts de marché dans ce marché très compliqué ?
03:40Oui, à une échelle très très très raisonnable.
03:43On n'a aucune envie d'envahir le marché chinois.
03:46Ce n'est pas du tout notre ambition.
03:48Notre ambition, c'est de passer de 20 000 voitures à plus que 20 000 voitures.
03:51Vous voyez, ce n'est pas une ambition très très très débordante.
03:54Mais on pense qu'avec des nouveaux modèles NIV, donc New Electric Vehicles, en Chine,
04:01on est capable de redorer le blason de la marque Peugeot,
04:04qui a besoin de nouveaux modèles pour vivre et donc d'arriver à un volume supérieur.
04:08Ce n'est pas ça qui va avoir un effet massif sur le marché chinois,
04:13mais ça va avoir un effet important pour la marque Peugeot en Chine et en dehors de Chine,
04:18puisque nous allons donc exporter depuis la Chine les mêmes véhicules vers d'autres régions.
04:22Alors, pas seulement pour le marché chinois ?
04:24Non, non, non, non.
04:24Donc les mêmes véhicules vont être vendus dans d'autres régions, pas en Europe,
04:28mais en Asie-Pacifique, en Middle East, en Amérique du Sud.
04:32On va utiliser ces véhicules pour continuer à croître.
04:37Alors, Peugeot est l'un des grands gagnants de la nouvelle feuille de route de Stellantis,
04:41présentée au mois de mai dernier.
04:43Maintenant, Peugeot, c'est une des quatre marques fortes de Stellantis,
04:47avec Fiat, avec Jeep, une marque mondiale.
04:50Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
04:52Ça veut dire ce que je viens de vous dire.
04:53Donc, passer de 1,1 million à 1,5 million, c'est donc un volume tout à fait conséquent
04:58et un volume qui nous permet aussi d'absorber des coûts de développement de nouvelles plateformes,
05:03de nouvelles technologies que peut-être d'autres marques auraient plus de mal à absorber
05:06parce qu'elles n'ont simplement pas la taille, la présence, le volume nécessaire pour justifier ces investissements.
05:12Donc, ce que ça veut dire, c'est que quand il y a une nouvelle technologie, une nouvelle plateforme,
05:16comme la plateforme Stellawan qui va être lancée l'année prochaine,
05:19c'est Peugeot qui va l'inaugurer avec la nouvelle i208 qui sera lancée au deuxième semestre 2027.
05:26Et donc, de ce fait, Peugeot va supporter les coûts de développement de cette nouvelle plateforme
05:31qui sera ensuite mise à disposition à d'autres marques.
05:33C'est ça le principe très intelligent, je pense très malin, de Stellantis pour répartir les investissements
05:41sur les marques qui sont les plus fortes pour les supporters.
05:43C'est vous qui essuyez les plâtres, autrement dit ?
05:45Un peu, voilà, mais d'un bon côté puisque Peugeot a toujours été une marque innovante.
05:50On a toujours cherché l'innovation.
05:52Je pense personnellement que l'innovation est la justification de l'industrie automobile européenne pour le futur.
05:58On ne va pas gagner la bataille des prix contre les Chinois, mais par contre, on va clairement être toujours
06:06respecté comme marque
06:09si on continue à innover.
06:10Et donc, de ce fait-là, on est bien entendu prédestiné à avoir accès en premier à toutes ces nouvelles
06:15technologies.
06:16Est-ce que ça veut dire que Citroën, que DS vont devenir un peu des sous-marques de Peugeot ?
06:20Pas du tout, pas du tout. Je suis sûr que vous avez parlé aux autres marques et elles vous l
06:23'auront dit aussi.
06:24Non, non, non. Sur la même base, c'est tout ça le concept des plateformes qui exigent chez Stellantis comme
06:30chez d'autres constructeurs.
06:31Sur la même plateforme, chaque marque est totalement libre de définir un modèle qui convient à sa clientèle.
06:36Il n'y a pas de risque que des Citroën ressemblent à des Peugeot ?
06:39Écoutez, voyez les modèles qu'on présente ici.
06:42Aujourd'hui ?
06:42Citroën a présenté une 2 chevaux. Nous, on présente une RCZ ou une T16.
06:47C'est des modèles qui ne peuvent pas être plus différents.
06:50Et c'est très bien comme ça. Et ça va continuer comme ça, bien entendu.
06:53Alors, on l'a dit, on le voit, on est au Mondial de l'Automobile de Paris.
06:57Et il y a un sujet dont tout le monde parle aujourd'hui, c'est la préférence européenne, le Made
07:01in Europe.
07:02Emmanuel Macron parle d'un accord imminent avec l'Allemagne sur le sujet.
07:06Comment est-ce que vous regardez, vous, cela, le Made in Europe ?
07:09Je le rappelle, c'est l'idée d'imposer un quota de composants européens dans les voitures fabriquées en Europe.
07:15Est-ce que ça veut dire pour Peugeot, si cet accord, effectivement, est trouvé, une autre manière de travailler ?
07:22Est-ce que ça va changer un peu votre chaîne de valeur ?
07:25Non. On trouve que c'est une excellente idée.
07:28Et pour la bonne raison qu'on pense qu'acheter une Peugeot pour un client français, pour un client européen,
07:34ça doit toujours être un acte de civilité.
07:38Dans le sens qu'acheter une Peugeot, c'est un acte qui fait vivre l'industrie européenne, l'économie européenne,
07:45l'emploi européen.
07:46Puisque, par exemple, sur le segment C, les modèles compacts, comme la 308, la 408, la 3008 ou la 5008,
07:54tous ces modèles-là sont produits en France, dans nos usines de Sochaux et de Mulhouse.
07:58Et donc, il y a une promesse de Peugeot qui est que quand on achète une Peugeot, on contribue à
08:03l'industrie et à l'économie européenne.
08:06Et donc, bien entendu, tout élément qui peut favoriser le Made in Europe, on est tout à fait favorable.
08:12Et quand vous parlez avec Dongfeng, que vous connaissez bien, qu'est-ce qu'ils vous disent de ce Made
08:17in Europe ?
08:17Pour eux, ce n'est pas terrible ?
08:18Je vous ai dit, les voitures qu'on développe avec Dongfeng ne seront pas vendues en Europe.
08:22Donc, on pense qu'il y a largement assez de potentiel pour Peugeot pour croître en Chine et dans d
08:27'autres pays à partir de la Chine, mais pas en Europe.
08:30Et on ne veut surtout pas, justement, brouiller les messages et les pistes.
08:36Une Peugeot vendue en Europe fait vivre l'économie européenne.
08:41Et donc, on ne peut pas le mélanger avec des voitures qui viennent de Chine, ce ne serait pas logique.
08:45Je vais encore vous parler des constructeurs chinois parce qu'il y a un accord qui a été trouvé, tout
08:49ça est très frais, entre Pékin et Bruxelles,
08:53pour limiter l'importation de véhicules hybrides chinois en Europe.
08:58Vous, vous êtes quand même assez fort sur ce marché, le marché de l'hybride.
09:01Est-ce que pour vous, c'est une bonne nouvelle de savoir que certainement, bientôt, il y aura un petit
09:05peu moins de véhicules hybrides chinois sur le marché européen ?
09:08Écoutez, je vous dis un secret, je ne fais pas partie des délégations qui négocient ces accords entre l'Europe
09:13et la Chine.
09:14Donc, je n'ai pas vraiment d'avis sur le sujet.
09:16Tout ce que je peux vous dire, c'est que nous, on accepte la concurrence, on accepte le défi lancé
09:23par d'autres concurrents,
09:24d'être plus innovants, plus avant-gardistes, d'avoir un design qui fait envie.
09:30Mais on souhaite avoir une concurrence qui est basée sur des règles saines et justes.
09:36Donc, tout ce qui peut contribuer à ça est évidemment toujours bienvenu.
09:38Ce sera ma dernière question à la fave, un petit peu.
09:41Voilà, on va sortir un petit peu peut-être de ce mondial de l'automobile.
09:43Enfin, pas tant que ça, puisqu'Emmanuel Macron a fait sa dernière visite lors de ce salon.
09:49Beaucoup d'autres candidats à la présidentielle sont attendus.
09:52Est-ce que vous, c'est un sujet que vous regardez en tant que chef d'entreprise, cette élection présidentielle
09:57française ?
09:57Oui, bien entendu, l'Europe, la France est un marché très important pour Peugeot, je n'ai pas besoin de
10:01le dire.
10:02Ça fait 40% de nos volumes européens.
10:04Donc, évidemment, ce qui se passe en France est extrêmement important pour nous.
10:07Il y a un message, indépendamment des partis, aujourd'hui qui est généralement reconnu par tous,
10:14c'est la nécessité de réindustrialiser la France.
10:18Et notre message à nous, c'est de dire, avant de réindustrialiser, ou en plus de réindustrialiser,
10:23pensons à protéger, à soutenir, à faire prospérer l'industrie française qui existe déjà en France.
10:30Et nous, on a beaucoup d'usines en France et en Europe.
10:32Et donc, je pense que c'est ça le message qu'on essaye de faire passer, c'est que oui,
10:36la réindustrialisation, c'est très bien.
10:37Mais pensons aussi à tout ce qui peut contribuer à faire prospérer l'industrie qui existe déjà en France.
10:44Merci beaucoup, Alain Favet, d'avoir été avec nous sur BFM Business depuis le Mondial de l'Automobile de Paris.
10:49Je rappelle que vous êtes le directeur général de Peugeot. Bon Mondial !
10:53Merci.

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