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  • il y a 25 minutes
Ce jeudi 1er octobre, Laurent Vronski, directeur général d'Ervor, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:04Bonjour Laurent Wronski, vous êtes directeur général d'AirVor, fondé en 1945,
00:10dernier fabricant de compresseurs d'air destinés au démarrage des moteurs diesel.
00:14Vous êtes basé à Argenteuil.
00:16Alors le budget va être présenté ce matin.
00:19Est-ce que vous êtes inquiet ?
00:22Il y a le baromètre Rodoxa BFM Business qui montre que 90% des Français sont pessimistes.
00:29Le moral économique était vraiment au plus bas.
00:33Moi je suis chef d'entreprise donc je n'ai pas le droit d'avoir le moral dans les chaussettes.
00:38Vous pourriez l'avoir ?
00:39Oui je pourrais l'avoir.
00:40Bon maintenant je ne suis pas non plus si vous voulez complètement naïf.
00:44Par rapport à la question que vous me posez sur le budget, je ne m'attends absolument pas à des
00:48miracles.
00:48La question qu'il faut d'abord se poser c'est qu'est-ce que le gouvernement peut vraiment mettre
00:52en œuvre au niveau budgétaire ?
00:53Budget pour rien ?
00:55Peut-être pas pour rien mais on va avoir droit de nouveau à la grande saga auquel on assiste depuis
01:01la dissolution.
01:02Et on sait très bien que la marge de manœuvre est extrêmement faible.
01:05Et ce qui m'inquiète réellement c'est que les véritables problèmes du pays ne vont pas être traités.
01:10Et là pour l'instant on s'attaque aux symptômes.
01:13Alors je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire parce qu'il faut réduire les coûts.
01:16Mais si on ne s'attaque pas à la racine du mal, ça recommencera dans six mois, dans un an,
01:22dans un an.
01:22Alors qu'est-ce qu'il faut faire ? Qu'est-ce que vous, vous pourriez proposer ?
01:25Écoutez, moi je n'ai pas la prétention d'avoir la solution miracle.
01:28Mais dans le monde que je connais bien, qui est le monde de l'entreprise, de l'économie,
01:34quand vous avez un problème, on s'attaque à la racine du problème.
01:37Et on essaie de le résoudre même si la solution est impopulaire.
01:42Mais la racine du problème c'est quoi ? C'est l'endettement ? Ou c'est la croissance ?
01:46Non, l'endettement est une conséquence. Mais déjà vous voyez, il y a une chose intéressante.
01:49C'est quoi ? C'est la compétitivité ? Qu'est-ce que vous appelez la racine du problème ?
01:52Alors, la dette c'est la conséquence de globalement 30 ans de mauvaise gestion du pays.
01:58Que ça soit au niveau des budgets sociaux, de redistribution,
02:02puisque en clair la moitié de la dépense publique c'est de la redistribution.
02:05Et après le reste c'est des frais de fonctionnement et autres.
02:08Donc on connaît, si vous voulez, les racines du problème.
02:12Il y a eu comité théodule sur comité théodule.
02:15Je pense qu'il y a plus de rapports sur ces questions-là qu'à la Biothèque Nationale.
02:18Et donc ?
02:19On a manqué de courage politique.
02:21Je veux dire que quel que soit le gouvernement,
02:23je veux dire qu'on a repoussé à demain ce qu'il fallait faire tout de suite.
02:25Qu'est-ce qu'il faut faire ?
02:26Donc là, aujourd'hui, en clair, nous avons un État qui est obèse,
02:30qui vit largement pour lui-même et qui ne peut plus se permettre son train de vie.
02:35Donc de toute façon, il faut remettre à plat la dépense publique.
02:37Donc on coupe dans les dépenses, là il y a 54 milliards d'économies qui sont proposées.
02:40Il faut remettre à plat, si vous voulez, étudier l'efficacité de la dépense publique.
02:45Je veux dire que dans le débat, on entend,
02:47si on réduit la dépense publique, il y aura moins de possibles de policiers au carrefour,
02:52il y aura moins d'infirmières dans les hôpitaux, etc.
02:55Non, c'est complètement faux.
02:56Quand vous parlez aux gens qui sont en première ligne,
02:58ce que nous les managers ont fait dans le cadre de nos fonctions
03:01tous les jours que le bon Dieu a créé,
03:03eux-mêmes ont des solutions.
03:04Je veux dire, vous avez des services qui fonctionnent mal,
03:06parce qu'ils sont ankylosés, parce qu'ils sont lourds,
03:09parce qu'ils n'ont pas fait la révolution copernicienne
03:11qu'ont fait beaucoup d'entreprises depuis 10-15 ans,
03:14réduire le nombre d'échelons hiérarchiques,
03:18introduire de la technologie pour automatiser certaines tâches qui n'ont pas d'intérêt.
03:20Alors justement, là il y a l'IA qui arrive,
03:22est-ce que ça, ça peut être une véritable révolution
03:24pour rendre nos services publics plus efficaces ?
03:26Mais ça l'est déjà, mais ce n'est pas que ça.
03:29Je ne suis pas sûre que l'IA soit véritablement intégrée dans tous nos process.
03:32Non, mais ce n'est pas que ça.
03:33C'est-à-dire qu'il ne faut pas tout miser sur un outil technologique.
03:36Ce qui compte, ce n'est pas l'outil en lui-même,
03:38c'est comment vous allez l'utiliser.
03:40Et aujourd'hui, pour que les choses soient plus efficaces,
03:43je pense qu'il faut retourner l'étape,
03:45c'est-à-dire demander aux opérateurs eux-mêmes
03:46quelles sont les propositions.
03:48C'est ce qu'on fait dans nos entreprises,
03:49et vous seriez très surprise du résultat.
03:51Donc aujourd'hui, le budget qu'on va nous présenter
03:54ne s'attaque absolument pas, si vous voulez,
03:57aux racines du mal,
03:58et ne propose pas de réorganisation de l'État.
04:02Est-ce que vous avez peur d'une crise financière ?
04:04Sébastien Locornus s'est montré assez alarmiste hier,
04:07et il disait que le réel nous rattrape
04:09avec un OAT au-dessus des 4,8%.
04:12Bien sûr, mais vous savez, je me souviens...
04:14Vous pensez qu'il peut y avoir une crise ?
04:16Mais c'est une évidence, parce que certaines personnes
04:20pensent que la Maison France peut émettre du papier,
04:24qu'il y aura toujours la queue devant la porte,
04:26et qu'on va se battre pour acheter notre papier.
04:29Alors déjà, on n'est pas tout seul.
04:30Pour l'instant, on l'a dit.
04:32Oui, d'accord, mais on est de moins en moins tout seul,
04:34et c'est le propre des crises,
04:35c'est que si vous voulez,
04:36elles n'arrivent pas de façon progressive,
04:38elles arrivent de manière soudaine.
04:39Donc le jour où vous avez un incident de crédit,
04:41c'est-à-dire que finalement,
04:42France Trésor n'arrive pas à placer tout son papier,
04:44c'est là où les choses peuvent se passer très vite.
04:46Est-ce que vous trouvez ça normal quand même,
04:48que dans ce budget,
04:49on voit que tout le monde est mis à contribution,
04:50les entreprises également,
04:52la surtaxe d'IS, même si elle est réduite,
04:55elle est quand même reconduite,
04:56et puis il y a d'autres mesures,
04:58baisse des allégements de charges,
05:00indemnité de licenciement des hauts revenus
05:01qui sont davantage taxées.
05:03Vous trouvez que c'est normal finalement
05:04de participer à l'effort national ?
05:06Alors je vais vous dire, dit comme ça,
05:08c'est comme être pour la paix dans le monde.
05:10Je ne vais pas dire non, je ne suis pas d'accord.
05:12Par contre, ce que je trouve particulièrement démoralisant,
05:14il n'y a pas que pour les chefs d'entreprise,
05:16c'est que le discours est punitif.
05:19C'est-à-dire que tout le monde est en train de regarder le ciel
05:21et de se dire sur quelle tête le missile fiscal va tomber.
05:24Alors c'est toi qui vas payer, c'est toi qui vas payer.
05:26Un peu sur tout le monde,
05:27donc finalement ça ne fait pas de jaloux.
05:29Oui, certes,
05:30mais finalement le meilleur remède,
05:31c'est de pouvoir restaurer la croissance,
05:33c'est d'avoir un pays qui soit prospère.
05:34Et donc avant de se dire
05:37qui va payer et qui va passer à la caisse,
05:39c'est de se poser les vraies questions sur comment restaurer la croissance.
05:42Quand le soleil brille, il brille pour tout le monde.
05:44Alors vous, la croissance, vous la connaissez.
05:45Vous produisez à Argenteuil,
05:47votre entreprise est florissante,
05:49elle est mondialisée.
05:50Comment vous restez compétitif
05:52par rapport au marché asiatique ?
05:55Et c'est quoi le handicap
05:57qu'il peut y avoir en France
05:58que vous, vous ne semblez pas connaître ?
06:00Non, alors d'abord,
06:01je ne vis pas en Haute-Franche,
06:03je vous le rassure.
06:05Nous, nous sommes comme tous les industriels
06:07qui ont survécu
06:08et qui sont encore en vie aujourd'hui,
06:10on a tous trouvé des positionnements originaux
06:12et on a travaillé notre proposition de valeur.
06:14C'est-à-dire qu'une fois que j'ai dit ça,
06:16c'est-à-dire qu'on essaie de proposer des choses
06:18que les autres ne proposent pas
06:19à un rapport qualité-prix
06:21qui est acceptable pour nos clients.
06:23Donc c'est exactement ce qu'on a fait.
06:25Mais regardez, dans mon secteur,
06:28je sais que les auditeurs ne connaissent peut-être pas
06:30le monde des compresseurs,
06:31on est dans le B2B,
06:32on est la dernière entreprise française à le faire.
06:34Mais je connais beaucoup d'industriels
06:36qui sont les derniers deux.
06:38Donc là,
06:39toutes ces entreprises ont généralement
06:41un magnifique positionnement,
06:42ont des produits qui se vendent,
06:43dont certains à l'étranger.
06:45Et là, il va y avoir un vrai sujet
06:46de transmission et de périté.
06:48Ça veut dire que quand on a le bon marché,
06:50le bon secteur,
06:51finalement, la France,
06:52ce n'est pas forcément un handicap.
06:53On dit toujours,
06:54le coût du travail est trop élevé,
06:55il y a trop de taxes,
06:57trop de prélèvements, etc.
06:58Mais vous, vous résistez.
07:00Oui, alors, chère madame,
07:01je vais être un tout petit peu impertinent,
07:02mais je vous rassure de façon très amicale.
07:04J'en prie, vous êtes là pour ça ?
07:05Quand vous dites ça,
07:06vous êtes un peu l'écho d'une petite musique
07:08qui dit, oui, les Français,
07:10ils n'arrêtent pas de râler,
07:11mais finalement, tout va bien.
07:12Vous voyez la dette française,
07:14on l'achète,
07:15il y a du pétrole,
07:16on peut...
07:17Bon, c'est pas exactement comme ça
07:19que ça se passe.
07:20C'est-à-dire qu'une entreprise comme la nôtre,
07:22moi j'ai fait un choix délibéré
07:23de rester en France,
07:24nous avons eu des pressions considérables
07:26de clients étrangers
07:27que je ne nommerai pas
07:28pour déménager dans des pays
07:30dont certains asiatiques.
07:31J'ai refusé de le faire,
07:33j'ai refusé de faire des transferts
07:35de technologie,
07:35parce que je crois à certaines choses,
07:38mais les positions ne sont pas tenables
07:41éternellement.
07:41Si le différentiel de compétitivité,
07:44ça croit,
07:45il va falloir,
07:46si vous voulez,
07:46trouver des solutions
07:47en dehors de la France.
07:48C'est pour ça que
07:49beaucoup de chefs d'entreprise
07:50tirent la sonnette d'alarme,
07:51dont votre serviteur,
07:52pas depuis 10 minutes,
07:53parce qu'on nous parle du budget 27,
07:55mais depuis 10-15 ans.
07:57Eh bien c'est dit,
07:58merci à vous Laurent Bronski
08:00d'avoir été avec nous ce matin,
08:02directeur général d'AirVor.
08:04Une interview à retrouver en podcast
08:05et en replay sur l'application
08:07BFM Business.
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